Suivant ses sentiments, Harry lança un Avada Kedevra sur Godric Gryffondor pour se venger de ce qu'il venait de faire, mais il vit alors que le rayon vert qui lui était destiné le transperça de part et d'autre.
'Allons Harry, si je fais ça, c'est pour que tu réussisses !' lui dit Godric Gryffondor.
'Pour mon bien ! Vous avez tué Ginny !' vociféra Harry, en se projetant sur lui, rempli de haine. Tout comme son sort, il le traversa.
'Je ne l'ai pas tué, mais si on traîne trop, elle ne va pas rester en vie, c'est sur !'
'Elle n'est pas morte ? Que lui aviez vous fait ?' cria Harry, alors qu'il prenait dans ses bras la dépouille de Ginny, inerte.
'Je lui ai lancé un sort qui va la tuer à petit feu, et c'est irrémédiable.'
'Mais vous aviez dit que si on ne traînait pas…'
'Il y a une seule manière de la sauver, c'est de transférer le mal qui agit chez elle en toi, et pour cela, il va te falloir une potion.'
'Dîtes moi où la trouver !' hurla Harry, alors que quelques larmes lui venaient aux yeux.
'D'accord, tu as l'air pressé, alors je ne vais pas te retarder.' Lui dit alors Godric Gryffondor.
D'un geste de main, le décor changea une fois de plus, et ils se trouvaient maintenant dans une grande salle, assez similaire à celle de Poudlard. Il y avait un foisonnement visuel de tables sur lesquelles il y avait une rangée de fioles. Ces fioles s'étendaient à perte de vue.
'Bien, Harry, je vais t'expliquer comment tu devras procéder. Tu vois ce sablier, c'est le temps qu'il lui reste à vivre. Il te faut trouver l'unique fiole parmi celles qui sont devant toi. Il y a vingt-six rangées, représentant les lettres de l'alphabet, et plus d'une centaine de fioles par lettre. Ce qui nous fait un total d'environ deux milles six cents fioles. Il y en a qu'une seule qui te permettra de sauver ta petite amie.'
'Et comment je la trouve cette fiole ?' excédé par le temps qu'il perdait.
'La dernière énigme de la seconde épreuve te permettra de la trouver. Tiens, elle est ici !' fit-il en lui tendant un bout de papier.
Harry inspecta longuement ce bout de papier, où il put enfin prendre connaissance de l'énigme.
D'abord, j'y suis, mais aux abords, je n'y suis plus.
Je suis l'incarnation de la chance et je suis parfois sacré, neutre ou bien encore merveilleux.
'C'est ça, votre énigme ?' demanda Harry, le regard hautain.
'Oui, elle ne te plait pas ? Pour une fois que je l'invente moi-même…Il doit te rester approximativement vingt minutes Harry, dépêche toi !'
Il se dirigea donc dans l'une des rangées et regarda comment se présentaient les fioles. Un nombre et une lettre. L'énigme doit me dire lesquels, se dit Harry.
Dans son raisonnement, il conclut immédiatement qu'il fallait séparer l'énigme en deux : la première phrase concernait la lettre, et la seconde le chiffre. L'adjectif « sacré » est accordé au masculin, donc il ne peut pas s'agir d'une lettre, car ça aurait été « sacrée ». Enfin c'est ce qu'il espérait.
Il fallait qu'il se dépêche, car Ginny commençait à s'agiter sur le sol. Elle était parcourue de spasmes, et lorsque Harry lui posa sa main sur son front, il constata qu'elle était fiévreuse.
Réfléchis, Réfléchis, se répétait Harry.
« D'abord, j'y suis, mais aux abords, je n'y suis plus. » Mais de quels abords parle t'il bon sang ! Il commençait à s'embrouiller, et commençait à répéter les mots : d'abord, aux abords, d'abord, abords, d'abord, abords…
C'était si logique, après tout, pensa t-il, ce n'est que des énigmes de bas niveau, pensait Harry.
En effet, d'abord, j'y suis, mais aux abords, je n'y suis plus, ce n'était qu'une question superficielle, pas besoin de chercher plus loin.
Par contre, il n'avait aucune idée du chiffre en question, et commença à perdre du temps sur ce problème. Il ne lui restait que dix minutes maintenant, et il n'avait que la lettre. Il ne pourrait pas prendre au hasard une fiole, car la chance d'avoir la bonne était infinitésimale…
Il se remit alors à se concentrer, en lança régulièrement des regards sur Ginny, dont l'état ne cessait d'empirer.
« Je suis l'incarnation de la chance et je suis parfois sacré, neutre ou bien merveilleux. »
Cette phrase, il ne la comprenait guère, mais il se devait d'entendre la totalité, car de cette compréhension dépendait le sort de Ginny. Il ne se pardonnerait jamais d'avoir perdu Ginny, il ne pouvait vivre sans elle, c'était clair pour lui.
Il ne manquait plus que le chiffre, mais quel chiffre ?
L'incarnation de la chance…Il n'en connaissait qu'un seul. Mais par rapport aux autres adjectifs il n'était pas sûr du tout, et il ne pouvait se permettre de douter dans un moment comme celui-ci où le sort de sa petite amie dépendant de lui. Il ne pouvait pas échouer à ce moment, car il mourrait avoir elle.
Oui, il venait de trouver aussi une autre signification à ce chiffre, il connaissait ça. Tout le monde connaît ça, même si ce n'est que des vestiges, enfin pour la plupart, il venait de trouver à quoi renvoyer l'adjectif 'merveilleux'.
Cependant, c'était le trou noir en ce qui concerne les autres adjectifs, et Godric vint le tirer de sa rêverie.
'Harry, c'est terminé ! Va chercher ta fiole.'
Il était pétrifié à l'idée qu'il se trompait sur la totalité de son raisonnement, il espérait tant avoir la bonne fiole. Il ne voulait pas que Ginny soit la victime de son incompétence, il ne voulait pas qu'elle meure, car il mourrait de tristesse sans elle.
C'est donc avec une incertitude grandissante qu'il l'avança dans une allée, pour prendre une fiole.
Il revint auprès de Godric, en lui montrant l'étiquette qui désignait la lettre et le nombre.
'Pourquoi celle-ci et pas une autre ?' demanda t-il alors que Harry venait juste d'arriver à ses côtés.
'Euh…' marmonna Harry, alors qu'il était dans un état de profond doute. 'J'ai pensé à la lettre D, car d'abord, elle y est, au début, mais elle n'est pas au début de « abords »…'
'Mais cette lettre se trouvait à la fin de 'abords'…' fit Godric Gryffondor pour déstabiliser Harry.
'Oui…' fit Harry, le doute prenant sur lui un contrôle quasiment total.
'Je te chambre, c'est la bonne lettre.' Lui dit Godric, en lui tapant dans le dos. 'Mais pour le chiffre, pourquoi le sept ?'
'Parce qu'on associe ce chiffre à la chance, et qu'il y a sept merveilles dans le monde…'
'Et pour 'sacré' et 'neutre' ?' demanda Godric, en souriant.
'Je ne sais pas…' fit Harry sur un ton d'excuse.
'Tu as de l'audace, mais sache que ton audace paye ! Dans la religion chrétienne, Dieu a mis sept jours pour bâtir ce monde, donc c'est un chiffre sacré. Et on considère sept comme neutre lorsqu'on parle du pH. Bien, Harry, tu as réussi ta seconde épreuve.'
Il claqua des doigts, et tout le décor disparut de nouveau, et ils se retrouvèrent tous les deux dans la chambre où Harry s'était réveillé.
'Où est Ginny ? Je dois lui faire boire cette potion…'
'Ginny ? Elle n'a jamais été là Harry.'
'Arrêtez de mentir, je l'ai vu ! Vous lui aviez jeté un sort tout à l'heure !'
'Ah, tu parles de l'illusion de Ginny… Il faut que je t'explique Harry ! Je viens de tester tes capacités physiques, ainsi que ta logique, ta concentration. Mais aussi ton amour, ou encore ta technique. Je t'avoue que je suis surpris qu'un si jeune sorcier arrive à faire cela en un temps record. Tu as été plus rapide que Helga, d'environ trois heures, mais elle a terminé la troisième épreuve en seulement une semaine, nous verrons si tu fais mieux !'
'Une semaine…' baragouina Harry, surpris.
'Oui, une semaine, même ta mère a mis plus d'un mois. Cela dépend des personnes, et aussi de ton entourage.'
'En quoi elle consiste, cette épreuve ?'
'Tu verras par toi-même, bois cette fiole !'
'Que contient-elle ?'
'Un peu de sang de re'em, et d'autres ingrédients. Ne t'en fais pas, ce n'est pas dangereux !'
Et Harry bu alors cul sec la fiole.
Il se sentit soudain fatigué, et le sommeil l'emporta sur lui.
Lorsqu'il se réveilla, il était de nouveau devant le monument de Godric Gryffondor. Il rouvrit lentement les yeux. Il faisait nuit. Il essaya de se révéler, mais rien à faire, aucun de ses muscles bougeait, il n'arrivait même pas à changer la direction de son regard. C'était comme s'il était sujet à un sortilège tel que Stupéfix.
Cependant, il sentait qu'il pouvait bouger un peu ses doigts, très légèrement, mais cela ne lui sera d'aucun secours, et il en était conscient.
Ne pas paniquer ! se répétait-il. Il scruta alors ce qu'il avait en face de lui.
Il avait en pleine ligne de mire le mur qu'il avait touché auparavant. Seulement le détail qui avait changé, c'est que les écritures n'étaient plus incompréhensibles, Harry savait les lire !
Cependant, une seule attira son attention, elle était assez récente, et rougeoyante.
Il sut la lire sans difficultés.
Dans son sang coulera pouvoir et amour,
Qui se décupleront lorsque le blanc apparaîtra,
Pour vaincre et achever la discorde passée.
En dessous de cette inscription, il y avait son nom et son prénom.
Mais que voulait dire ce message, il n'en savait rien.
Il resta alors ainsi de nombreuses minutes, en réfléchissant à ce message, et c'est le charivari qui se rapprochait de lui qui l'enleva de ses pensées.
Harry entendait par ci par là des gens parler, mais il ne pouvait voir qui parlait. Il essaya alors de se concentrer sur l'arrivée de ces personnes autour de lui.
'Oh, il est si jeune…'
'Les médicomages arrivent ?'
'Oui, ils arrivent.'
'Vous pensez qu'il a réussi ?'
'A voir ces runes sur ce mur qui brillent, il faut croire que oui !'
'Laissez moi passer ! Laisser moi passer !' fit une voix. Apparemment, cette personne jouait des coudes pour se faufiler aux premières loges. 'Oh non…Harry ! Maman, Papa, c'est Harry !'
'Comment !' grogna une voix au loin.
Il vit alors devant lui Alessa s'agenouiller, et lui poser délicatement sa main sur sa joue.
'Il est brûlant, ils se dépêchent ces médicomages ?' cria t'elle. 'Ne t'en fais pas Harry, ils seront vite là. Pourquoi…Il faut prévenir tes amis…Mais qui ? Abraäm, qui peut-on prévenir ?'
'Il faudrait peut être prévenir Lupin, son père était un de ses copains, il saura quoi faire je pense.' Fit une voix qui se rapprochait.
Comme pour montrer qu'il était d'accord, il cligna des yeux.
Pendant plusieurs minutes il resta là, avec Alessa à ses côtés qui le réconfortait.
Les médicomages le mirent sur un brancard, et il partit en direction de Sainte Mangouste.
Il sentit alors qu'on avait fait pression sur son bras, et ce fut ensuite le noir total. Il s'était endormi.
Il se réveilla dans le même état. Il n'arrivait juste à cligner des yeux, à bouger un peu ses doigts, sinon aucuns muscles ne semblaient être régit par les stimulations envoyées par son cerveau. Il était à présent dans une chambre, visiblement, et il ne pouvait rien faire d'autre que de fixer le plafond. Il n'y avait âme qui vive à ses côtés, et il resta donc un instant à se remémorer ce qui s'était produit ce soir là, l'apparition de Godric Gryffondor, les épreuves, Ginny, la potion.
La porte s'ouvrit. Et plus d'une personne entra dans la pièce. S'il se fait à son ouïe, au moins cinq personnes venaient de rentrer dans sa chambre.
'Il est réveillé !' fit la voix de Lupin.
'Oh Harry!' murmura Mrs Weasley. Harry s'en voulait, car il savait que Mrs Weasley le considérait comme un fils, et elle devait beaucoup s'inquiéter.
'Ne t'en fais pas,' dit Abelforth, 'Normalement tu seras pas indéfiniment dans cet état Harry, tout cela est une question de mental ! Tu seras vite sur pied !'
'Si je me rappelle bien, Lily avait mis trente deux jours !' annonça Lupin.
'Oui, il va falloir que tu sois fort, Harry !' lui dit alors Mr Weasley.
Quelqu'un frappa à la porte.
'Ah, entre Ginny !' lança timidement Lupin.
'Venez, on devrait les laisser seuls ! Harry, aie confiance en toi !' dit Abelforth.
'Bon courage Harry, sache qu'on sera toujours derrière toi !'
Et ils sortirent tous, à l'exception de Ginny.
Elle s'approcha de lui, et lui prit la main.
'Harry…Si tu savais comme j'ai eu peur,' bafouilla t'elle, 'J'ai eu si peur que tu ne reviennes pas…Qu'il t'arrive une chose…Harry…'
De son côté, Harry n'arrivait pas à contenir tout les sentiments qu'il expérimentait en ce moment : il s'en voulait pour avoir fait subir ça à sa petite amie, mais ce sentiment d'impuissance était insupportable.
'Harry, je t'aime plus que tout…'
Elle déposa un baiser sur ses lèvres. Dans les yeux de Harry, on voyait maintenant des gouttes apparaître, et lorsque Ginny le vit, elle lui assura :
'Harry, ne pleure pas s'il te plait, je serai toujours là pour toi…'
Harry eut soudain un sursaut, suivi des spasmes violents. Ginny était terrifiée, et bien qu'elle était sous le choc, elle arriva tout de même à sortir demander de l'aide.
Tout le monde accoura à l'appel de Ginny, et Abelforth déclara :
'Oh, ça a été rapide avec lui ! Peut être qu'il mettra moins d'un mois !'
De son côté, Harry ne savait pas ce qui se passait, c'était comme si on essayait de le sortir de son corps. Oui c'était cela, c'était comme si sa tête venait de s'extraire de son corps. Et tout cela lui faisait un mal qu'il n'avait jamais ressenti, même lorsque la cicatrice le démangeait.
Il avait très peur de ce qui allait se produire, mais l'apparition en face de lui de Godric Gryffondor lui procura un peu de sérénité. Il lui souriait, et avec cette présence à ces côtés, il ne pensait plus à la douleur. Maintenant le buste. Une dernière douleur, et ses bras, et ses jambes firent de même. Tout son corps venait de se séparer de son enveloppe charnelle, enfin c'est ce qu'il craignait.
Et en regardant derrière lui, il remarqua que ce fut bel et bien le cas, il y avait toujours son corps allongé sur ce lit, où il était prisonnier de ces membres.
Seulement, il ne comprenait pas, il y avait une chaîne qui le reliait toujours à son corps. Une chaîne qui était accroché au niveau du torse de son corps, et qui se raccrochait au même endroit sur son ectoplasme.
'Harry ! Tu as été rapide !' lui annonça Godric Gryffondor, un peu surpris et admiratif.
Harry regardait les gens autour de lui, il y avait Abelforth qui souriait faiblement, Lupin était dans tous ses états de paniques, et Ginny était à son chevet, en train de lui prendre la main. Par pur réflexe, Harry essaya de serrer la main de Ginny, et il remarqua que la main de son corps se refermait sur celle de Ginny. Elle semblait maintenant moins effrayée, enfin c'est ce qu'il espérait par-dessus tout.
Et là, il vit Jaana, appuyée sur un des montants de la porte, en train de pleurer.
Qu'est ce qu'il s'en voulait maintenant ! De savoir que des gens s'inquiétait pour lui, alors que lui était contraint à rester prisonnier de son corps. C'est la pire des tortures, pensa t-il. Sentir les gens autour de soi, mais ne pas pouvoir converser avec eux.
Il se retourna vers Godric Gryffondor, afin de lui demander ce qu'il se passait.
'La potion que tu as bue, il faut un temps plus ou moins long pour que ton corps l'accepte. Tu te demandes comment je savais que tu allais me poser cette question, n'est ce pas ?'
Harry était bouche bée, en effet, il se posait cette question.
'Tu auras ce don lorsque tu repartiras !' fit Godric, joyeux. 'Mais ne préfères-tu pas aller avec moi pour le moment dans le monde des spectres ? Je suis sûr que tu y verras des gens qui te manquent !'
Sirius…Maman, Papa ! Ce fut à eux que Harry pensa immédiatement, et lorsque Godric lui eut expliqué comment faire pour s'y rendre, Harry se pressa de trouver ses parents et son parrain.
Il y avait des gens de toutes les époques, de tous les continents, mais bientôt des rires lui furent familiers. Il y avait un groupe d'une dizaine de personnes qui rigolaient, apparemment à la blague d'une personne qu'il reconnut à l'instant même où il l'aperçu : Sirius.
Mais, à sa droite, il remarqua qu'il y avait une magnifique femme, qui riait aux larmes à la blague de son ami.
Harry ne pouvait pas se tromper, les yeux de cette femme, il les avait vu à chaque fois lorsqu'il se regardait dans un miroir. C'était sa mère.
Il restait planté là, incapable de faire un pas de plus, tellement heureux de voir enfin ses parents. Harry ne cessait pas de la regarder, il était sous le charme : sa mère était magnifique.
Sentant un regard sur elle, Lily croisa son regard. Elle semblait surprise, si bien que son état euphorique disparut à l'instant même où elle l'aperçu.
'Maman… ' Murmura Harry.
