Chapitre 8

« Qui veut se baigner?»

Cette questions avait franchi mes lèvres avec tant d'enthousiasme que, pendant un instant, j'ai bien cru que c'était quelqu'un d'autre qui l'avait posée à ma place. Et j'ai bien vu dans le regard de mes amis que je n'étais pas la seule à le penser. C'est dans, ce qui semblait pour moi, un moment de malaise, que Castiel me leva de terre et me lança sur son épaule droite comme si de rien était, me tenant en passant son bras dans le creux de mes genoux. Mon visage s'écrasa dans le creux de son dos. Je n'avais pas tout compris, mais lorsque je fis face à Rosalya, toujours assise sur sa serviette, les intentions du rouge m'ont frappé de plein fouet. J'allais finir le cul dans l'eau! Je me débattais comme je le pouvais tout en lui ordonnant de me poser parterre, bien sûr, il m'ignora et me replaça sur son épaule pour être plus à l'aise. Je posais mes mains sur ses hanches pour remonter mon buste et mieux voir mes amis disparaitre à l'horizon, je tendais une main vers eux. Lysandre me fit un sourire à la fois désolé et amusé, Violette avait une main sur la bouche et un regard un peu rieur, Iris s'esclaffait de bon cœur avec Rosalya, et cette dernière, tout en riant, me fixait d'une expression presque sadique. Personne n'allait venir m'aider. Je me laissais tomber contre le dos du rouge.

« Tu veux bien me poser?» Dis-je un peu plus calme.

J'avais cessé de me débattre. Le bruit des vagues se faisait de plus en plus fort et un «plouf» se fit entendre. Castiel avançait désormais dans l'eau et je sentais que mon heure approchait à grand pas. Quand je pensais qu'il allait me lancer à l'eau, il se contenta de me prendre la taille et de me faire glisser tout contre lui jusqu'à ce que je touche le sol vaseux, et ainsi avoir de l'eau jusqu'au nombril. Je me raidissais, l'eau était si froide.

« Tu sais, j'ai vraiment eu peur que tu…»

Je n'avais pas fini ma phrase qu'il m'avait éclaboussé. Je reculais de quelques pas et lui répondis de la même façon. Voyant qu'il voulait riposter, je me mis à m'éloigner du rivage à la nage. Nous avons continué cette course poursuite tout en s'aspergeant et je fini ma course adossée à un rocher, l'eau m'arrivant au menton, complétement épuisée. Je tentais de monter sur le dit-rocher, mais c'est seulement avec l'aide de Castiel que j'ai réussi à m'installer à plat ventre sur la surface réchauffée par le soleil. Le rouge ne perdit pas de temps pour s'assoir près de moi. Je l'ai détaillé un bon moment, il était dos à moi, et je ne pouvais pas faire autrement de m'attarder sur chaque parcelle de sa peau. Il s'est retourné vers moi et j'ai rapidement porté mon attention sur nos amis qui s'amusaient plus près de la rive, et a mis chemins, entre eux et nous, il y avait Démon qui sautait comme un imbécile-heureux dans les vagues tout en aboyant dans notre direction.

« Mais regarde ton chien!», riais-je.

À peine, avais-je prononcé ces paroles que Démon fut captivé par le mec de tout à l'heure et se mis à lui courir après. Le rouge poussa un long soupire avant de replonger à l'eau. Il commençait à s'éloigner de notre petite île de repos improvisée, je me suis penchée vers lui frôla l'épaule du bout des doigts. J'ai bien eu peur de tomber tête première. Il se retourna, me faisant face.

«_ Iris s'en charge, dis-je en lui pointant la rouquine qui essayait d'attraper le beauceron. Et puis, en ce moment, Démon s'amuse bien. Il s'est trouvé un nouvel ami.

_ Dis plutôt qu'il court après son casse-croute, fit le rouge, moqueur.

_ Ah, tiens, elle l'a attrapé! M'exclamais-je. Si j'étais à sa place, je l'aurais laissé courir après ce mec encore un peu.»

Castiel me regardait sans rien dire.

«_ Ben quoi, ça se voit à des milles à la ronde que ce mec court après tout ce qui ressemble à une fille, riais-je, à ma défense. Je n'ai personnellement rien contre ça, mais c'est juste que tout à l'heure, en venant me voir, il a assumé que j'étais une fille facile…

_ Ce n'est pas ce tu es? Me taquina le rouge.

_ Nah, nah, nah! Chantonnais-je presque, en tapotant la place à côté de moi, lui demandant de prendre place. Je ne suis pas une fille facile, j'aime ma liberté, tu dois comprendre ce que je veux dire, hein? Ne rien devoir à personne… Et puis, j'aime les chalenges

Je me suis retournée sur le dos, les mains derrière la tête. Je fixais le rouge, qui avait fini par prendre place à côté de moi, droit dans les yeux, sérieuse. Castiel est un chalenge, il le sait très bien et il n'avait pas tors sur tout la ligne… Je ne m'intéressais pas, mais il était bel et bien mon genre de mec. Et la seule raison pour laquelle je ne suis pas intéressée, c'est parce que je tiens à ma putain de liberté!

«Veux-tu bien me dire pourquoi t'es allé dire à Lysandre que tu me plaisais?», demandais-je presque hilare.

«Comment?» était écrit dans son regard.

«Rosalya», dis-je pour simple réponse. «Mais ça ne répond pas à Ma question…»

J'avais prononcé ces paroles d'un ton presque aguicheur, mais pas trop, on pouvait toujours entendre l'amusement dans ces mots. Le rouge me répondit d'un sourire en coins et je l'imitais.

«_ T'es peut-être mon genre ou… peut-être pas! Le provoquais-je.

_ Peut-être que je voudrais bien te plaire ou… peut-être pas, imita-t-il en se penchant un peu plus vers moi. Tu n'y avais pas pensé à ça, hein Raton?

_ Mais pourquoi voudrais-tu une chose pareil petit crétin, dis-je d'un ton joueur en me redressant et me callant contre son tors, appuyant mon nez contre sa mâchoire. Hein? Ne me dis pas ce genre de chose, tu sais bien qu'il ne faut pas tenter le diable!»

Je me suis lentement éloignée tout en rigolant. Son sourire en coins ne l'avait pas quitté. J'adorais jouer comme ça en fait et c'est ce qui fait de moi une agasse! Mais ce qui m'a surprise, c'est qu'il s'est prêté au jeu de cette façon.

«_ Dis-moi, la marée elle monte ou elle descend? Demandais-je en regardant la rive qui semblait s'éloigner.

_ Elle monte…»

Je m'étais précipité à l'eau, éclaboussant le rouge. Il grogna tout en se penchant vers le bord du rocher, pour me voir défaire mon chignon. Je le détaillais de mon regard rieur, il semblait énervé.

« On devrait retourner sur la plage, histoire de ne pas à avoir à nager le double de dist…»

Il m'avait éclaboussé. Je crachais la tasse d'eau salé que j'avais presque avalée. Énervée, je me suis lancée sur lui, le callant sous les vagues. Il m'a fermement agrippé par les hanches, émergeant mon corps jusqu'à la mi-cuisse. Mon bassin était plaqué contre le haut de son abdomen, ses bras, refermés sous mes fesses. Ma poitrine écrasait le sommet de son crâne. Je me débattais, au début amusée, puis ensuite un peu mal à l'aise. Je sentais son souffle chaud caresser mes côtes, je me sentis raidir des pieds à la tête et cette petite boulle de chaleur, cette putain de boulle de chaleur, elle venait se former doucement au creux de mon ventre. Autant j'aimais cette proximité, autant je la détestais. Mon corps réagissait trop vite à sa présence. Je resserrais ma prise sur ses épaules. Cette étreinte est purement sadique. Et j'étais en colère contre moi-même pour être si faible à cause d'une simple étreinte amicale. Il fit quelques pas avant de se laisser tomber à l'eau, m'entrainant da sa chute.

C'est en rigolant et en se bousculant comme deux attardés qu'on a fini par s'échouer sur la rive. Nous étions tous les deux étalés sur le sable fin et chaud, et je serrais toujours son bras contre ma poitrine. C'est bien la première fois que je vois le rouge rire aux éclats et je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il était mignon. Je laissais tombé son bras et me retourna sur le dos pour rencontrer le regard d'une Rosalya en colère. Mon rire stoppa net.

«Castiel, pendant que tu fricotais avec Yui près du rocher, TON chien nous a mené la vie dure!»

Fricotais?

Le rouge se relevait en vitesse et je restais assise devant Rosalya, qui soutenait le regard de Castiel, les poings sur les hanches.

« _ Fais chier, Rosa! Grommela-t-il en s'en allant.

_ Et puis, Yui, j'ai à te parler, fit Rosalya un peu plus calme.»

J'allais m'assoir avec elle sous son parasol, agrippant mon sac au passage. Je grignotais ce que j'avais amené ce matin, une bouchée de fromage et une croquée de pomme, alors que Rosalya me regardais un peu sceptique.

«_ On s'amusait, me justifiais-je avant même qu'elle ne dise quoi que ce soit.

_ Oh je n'en doute pas Yui, fit-elle avec un regard qui en disait long. C'est juste que c'est rare de voir Castiel aussi proche de quelqu'un mise-à-part Lysandre.

_ On n'est pas spécialement proche, riais-je avant de prendre une gorger d'eau. Je suis comme ça avec pratiquement tout le monde. Pour lui je ne sais pas, mais de mon côté ce n'est rien de plus normal.»

Iris et Violette ont pris place à côté de Rosa et moi. Elles nous ont montré tous les coquillages qu'elles avaient ramassés au bord de l'eau.

J'ai relevé la tête vers les garçons. Ils étaient tous les deux face à la mer, Castiel, lançant un bout de bois à son chien en regardant au loin, Lysandre, retourner vers son ami tout en hochant la tête. C'était étrange de voir Lysandre porter des vêtements moins élaborés, si on veut…

Le beauceron courait dans tous les sens, la langue sorti de deux mètres. Son maitre lui lançait le bâton pour une dernière fois. Je suivais attentivement chaque mouvement du rouge, oubliant presque mes trois amies derrière moi. Mon regard détaillait d'abord le creux de ses reins pour ensuite tracer sa colonne vertébrale, s'arrêtant sur ses omoplates puis ses larges épaules, finissant par suivre son bras droit puis le bâton… On venait de me faire une pichenette derrière la tête.

« Et c'était pour quoi ça au juste, Rosa?»

J'avais pratiquement hurlé ces paroles, mes trois amies ont éclaté de rire. Un regard de parfaite interrogation et un toujours aussi moqueur nous mitraillaient presque. Putain de sourire en coins! Pourquoi j'ai l'impression qu'il sait que je le matais?

Démon regardait le bout de bois s'écraser dans les vagues et remonter à la surface pour y être doucement bercé, il finit par se diriger vers nous et se coucher sur ma serviette. Je sorti mon autre bouteille d'eau pour lui en donner un peu, le pauvre, en plus d'être à bout de souffle, devait avoir très soif.

«_ Ce n'est pas parce que tu donnes de l'eau à mon chien que ta dette est payé…

_ Dette? Ah! La bouteille d'eau du dépanneur, riais-je.»

Je me suis précipiter vers le vendeur ambulant, mais je me fis intercepter par le surfeur. Encore lui… Il m'attrapa par l'épaule et je me suis défaite de sa poigne d'un mouvement brusque, presque agressif. Je continuais mon chemin, mais il insistait. Avant même que je comprenne pourquoi, il brandissait mon haut de Bikini devant mes yeux. Je plaquais mes bras contre ma poitrine, le fixant les sourcils froncé à leur maximum.

«_ Rends-moi ça tout de suite, gros connard! Hurlais-je

_ Donne-moi ton nom et ton numéro en échange, ria-t-il.

_ Tu crois vraiment que je ferais ça pour un mec dans ton genre, grognais-je en tentant de lui reprendre mon haut.»

Je n'étais pas près de l'attraper, le blond me narguait en le brandissant hors de ma portée. Je sautillais sur place en grognant. Puis le surfeur se figeait, et un flash rouge avait passé devant mes yeux. Un tissu blanc, ainsi qu'une main se posa au sommet de mon crane. Je faisais la navette entre Castiel, qui menaçait de frapper le surfeur, et Lysandre, qui venait de me couvrir avec sa chemise. Les filles nous fixaient, debout et à mi-chemin. J'enfilais le vêtement et attrapa le poing du rouge.

«_ Castiel! Non!

_ C'est pas une façon de traiter les femmes, grogna Castiel. Et toi Yui, ne te laisse pas faire comme ça!»

Le rouge lui repris violemment mon haut pour me le rendre. Puis nous nous dirigeâmes vers notre emplacement.

«_ Oubli la bouteille, soupira-t-il… Faut jamais te laisser seule toi, hein? T'es un vrai aimant à problème. Faut te surveiller.

_ Ça me fait étrangement penser à quelqu'un, fit Lysandre, amusé.»

Castiel roula les yeux tout en bousculant un peu son meilleur ami.

Arrivés à notre emplacement, Rosalya s'est jetée sur moi pour m'ordonner de me changer, m'affirmant que c'était pour mon bien. « Vois-tu Yui, la chemise Lys' est un peu transparente…» fut ses mots exacte. Elle me cacha derrière une serviette pour que je puisse me changer. Ce que je fis.

« Tiens Lysandre, ta chemise, dis-je en lui lançant. Au fait, sympa le tatouage!»