J'espère que ma FF vous tient en haleine, n'hésitez pas à formuler des critiques, elles sont toujours bonnes à prendre !
Ce chapitre est relativement plus court que les précédents mais pour des raisons "logistiques", il fallait que je coupe là.
Adios muchachos.
La maison du légiste retrouva peu à peu son calme et Jane s'écroula après avoir refermé la porte d'entrée sur ses frères, Angela avait déjà capitulé depuis longtemps et dormait certainement.
Maura lui tendit un verre de vin avant de venir s'installer à côté d'elle.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- J'avais raison ? Enfin Maura, je ne saisis pas l'intérêt de tout ce mystère autour de monsieur Bomb Tech.
- Arrête de l'appeler comme ça, rétorqua-t-elle en lui assenant un coup de poing dans l'épaule, l'air faussement outré.
- Tu ne réponds toujours pas à ma question...
Maura prit le temps d'ingurgiter une nouvelle gorgée de vin rouge avant de répondre.
- Oui il s'agissait bien de Brandon.
- Brandon ? s'esclaffa la jeune femme. Je comprends mieux pourquoi tout le monde l'appelle BT. Pour moi cela restera Bomb Tech. Il a le physique et le nom qui va avec pour jouer dans Dallas, renchérit-elle, écroulée.
Maura s'efforçait de paraitre offusquée mais elle dû bien admettre que son amie avait raison.
- Et c'était comment ?
- C'était très bien.
- C'est tout ? Je n'ai même pas eu le droit à long discours compliqué, bourré de références scientifiques dont la traduction serait équivalente à un "il est super bien membré".
Le rire de la légiste retentit dans la salle à manger.
- J'ai dit une bêtise ? demanda Jane.
- Non, répondit simplement la jeune femme, reprenant son souffle et débarassant les reliques du diner qui trainaient encore ça et là.
Alors que son amie prenait toujours sa douche, Maura redescendit au rez-de-chaussée, son instinct lui intimait qu'elle oubliait quelque chose d'important. Elle en profita pour passer un coup supplémentaire sur son plan de travail et trier son courrier. Elle s'appretait elle aussi à monter quand lui revint en mémoire les résultats d'analyses communiqués plus tôt par Susie, elle avait failli oublier.
Elle toqua à la porte de sa chambre d'amis et trouva Jane en train de préparer son lit pour la nuit.
- Je suis désolée, cela m'était complètement sorti de la tête, s'excusa-t-elle en tendant les documents à sa coéquipière.
Jane s'assit en tailleur sur le lit et Maura prit place à côté d'elle.
Après avoir abordé les nouveaux éléments dont Jane et son équipe disposait la fatigue se fit doucement sentir, les deux jeunes femmes baillant à tour de rôle.
- Tu savais que le baillement était à la fois associé au besoin de sommeil, à l'angoisse, la faim, la sexualité ou encore l'ennui ? En fait, tous les vertébrés baillent sauf la girafe... Et si quelqu'un baille en ta présence, ton corps reproduira l'action de bailler par mimétisme.
- Alors d'après toi si je baille là maintenant c'est sûrement parce que je suis fatiguée, que tu m'ennuies ou que j'ai envie de faire l'amour par exemple ? Tu es stupide, éclata de rire la jeune femme.
Maura rougit aux mots prononcés par son amie, se félicitant d'avoir éteint la lumière. Elle pouvait sentir la présence de Jane à quelques centimètres à peine, ne la laissant pas indifférente.
- Tu te souviens du médecin, travaillant pour Médecins Sans Frontières justement ou je ne sais plus quelle organisation internationale...
- Bernard Kouchner ? s'empressa de répondre Maura, sans comprendre l'intérêt que portait Jane à ces problématiques.
- Non pas lui, son nom me dirait quelque chose, tu sais celui avec qui tu...
- Ah. Tu veux parler de Ian, répondit la jeune femme, comprenant où son amie voulait en venir. Tu veux savoir pourquoi je ne t'ai pas parlé de BT ?
Jane ne put s'empêcher de pouffer de rire avant d'enchainer.
- Tu sais, je t'en ai voulu à l'époque de ne pas t'être confiée. Toi pourtant tu cherches toujours à me tirer les vers du nez quand il s'agit de Casey ou encore de Martinez.
- C'est bien que tu avoues qu'il se passe quelque chose avec le lieutenant Martinez...
- Maura ! L'interrompit Jane. J'ai l'impression de revivre la même situation s'agissant de BT.
La jeune femme prit son temps avant de répondre, choisissant ses mots avec précaution.
- La situation était différente et c'est très mal tombé, je ne vois pas pourquoi je serai venue t'en parler, répondit la légiste, faisant allusion à la dispute récente entre les deux femmes. Quant à Ian, lorsqu'il a refait irruption dans ma vie, cela faisait de nombreuses années que nous ne nous étions pas vus. Je ne voulais pas être jugée, et Dieu sait ce que tu peux être critique vis à vis des hommes, ajouta-telle. Il faisait partie de ma vie d'avant et je préférais savourer ça seule.
- Tu vas le revoir ?
- Qui ça, Ian ?
- Maura, ne te fais pas plus bête que tu ne l'es déjà.
- Je ne sais pas. Sûrement.
- Lui n'a pas l'air d'avoir de cadavres dans le placard, renchérit Jane, avant de réaliser qu'elle venait de commettre une bêtise.
Sur les hommes qu'avaient fréquenté sa meilleure amie, beaucoup avait révélé une part de noiceur qu'elle n'avait pas soupçonné. Garrett, riche héritier de la famille Fairfield, avait assassiné son frère et c'était Maura qui en avait apporté la preuve.
Dennis, un beau brun à qui Maura avait sauvé la vie dans des circonstances plus que particulières - le jeune homme avait atterit sur sa table d'autopsie, les deux amies avaient fait un bond en réalisant que le cadavre présumé avait une érection. Or, celui qui avait tapé dans l'oeil de son amie avait aussi la facheuse habitude de recouvrir de plâtre ses victimes afin de leur donner un aspect proche de celles taillées dans l'Antiquité Gréco-Romaine. Et dans un registre plus léger, Ian s'était rendu coupable de trafic de médicaments, que son statut de médecin pour des ONG facilitait.
Devant le silence que gardait sa meilleure amie, Jane s'en voulu de lui avoir rappelé de si mauvais souvenirs.
- Pardon, dit-elle simplement en se retournant pour prendre Maura dans ses bras. Sa tête heurta maladroitement celle de la blonde qui lui faisait face.
- Jane, c'est gênant... Souffla Maura, consciente du peu de distance qui séparait leurs deux visages. Elle ne voulait pas se retrouver dans une énième situation équivoque, mais son inconscient ne l'entendait pas de cette façon. Elle se surprit à imaginer les lèvres de son amie se posant sur les siennes, ses mains glissant sur chaque centimètre carré de sa peau, leurs corps se mêlant pour ne faire plus qu'un.
Afin de mettre un terme à ses divagations, Maura tourna le dos à la brune qui se rapprocha pourtant davantage pour l'étreindre à nouveau, plus chastement cette fois. Jane avait enfoui son nez dans son cou et son souffle lui chatouillait agréablement la nuque.
- Je serai toujours là pour toi, lui chuchota-t-elle dans le creux de l'oreille. J'ai toujours été là pour toi, certes à ma façon, concéda-t-elle, mais j'ai toujours cherché à te protéger. Et il n'y a pas de raisons que cela cesse. Fit-elle, comme en écho aux épreuves qu'elles avaient traversées.
Maura ne sut quoi répondre à ces mots prononcés par sa meilleure n'était pas question qu'elle flanche une nouvelle fois devant Jane. L'autre nuit, celle qui avait suivit leur dispute, elle s'était jurée de ne plus laisser ses sentiments prendre le dessus. Son attitude envers Jane ne devait pas changer d'un iota, sans quoi son amie se douterait de quelque chose, mettant ainsi leur amitié en péril.
Maura restait persuadée qu'il ne s'agissait que d'une passade, que les choses allaient s'arranger et qu'elle se réveillerait un matin, consciente que les sentiments qu'elle avait cru éprouver pour sa meilleure amie n'avaient été qu'une illusion
La blonde attrappa simplement la main que la jeune femme avait passée autour de sa taille, ne se sentant pas d'ajouter quoi que ce soit de plus.
Jane ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour Maura, plus les semaines défilaient, plus elle agissait étrangement et ce tout particulièrement depuis quelques jours. Comme si elle avait perdue tous ses repères, pensa-t-elle. Mais quel avait été l'élément déclencheur ?
Là encore, Maura aurait pu aller se coucher de son côté, mais la légiste s'était arrangée pour dormir avec elle et cela n'avait pas été pour déplaire à Jane. Ce sentiment persistait et à force de se répéter leur conversation, le lieutenant en arrivait à ne pas considérer d'autres options.
Elle m'apaise, elle me fait du bien, réalisa-t-elle, ses manies et son incapacité à agir normalement en société lui procurait une véritable bouffée d'air frais.
Elle dégagea son bras à regret, elle ne parviendrait jamais à s'endormir si elle restait dans cette position. Comme pour pallier à cela, Jane roula sur ventre, un bras en travers de la poitrine de son amie.
