Aujourd'hui, je mets à l'honneur un couple que j'aime beaucoup mais que je retrouve rarement. Je tenais encore à remercier mes revieweuses. Je vous adore !


8. Lait et biscuits ~ SwissAus

Vash fit claquer sa langue lorsqu'il entendit la porte de son atelier s'ouvrir et se refermer. Il connaissait déjà l'intrus qui avait osé pénétrer dans son antre secret, et Dieu savait à quel point il haïssait que des gens pénètrent son territoire. Mais cette fois, il ne dit rien, il ne visa même pas la tête de l'importun avec son fusil de chasse. En même temps, il se voyait mal tirer sur la personne avec qui il partageait son lit… et sa vie par extension. C'est pourquoi il ne prit même pas la peine de se retourner vers le nouvel arrivant. S'il avait quelque chose à demander, il pouvait le faire sans que Vash soit nécessairement tourné vers lui. Pourtant, aucun mot ne fut prononcé, rien que le silence derrière lui, si bien que le Suisse se demanda un instant si son amant ne venait pas de faire un infarctus silencieux. Vash releva les yeux pour les planter dans le lointain… quelle idée stupide ! Il l'aurait quand même entendu tomber. Il arrêta donc de lustrer la crosse de son fusil et se retourna pour voir que son amant était bel et bien en face de lui, bien vivant.

Cependant, il ne laissa son regard sur l'Autrichien que le temps d'une seconde avant de retourner face à son plan de travail. C'était seulement pour vérifier qu'il n'allait pas trouver un cadavre derrière lui, comme ce n'était pas le cas, ce n'était pas important.

Mais bientôt, ennuyé d'être ainsi ignoré, Roderich se racla la gorge, ce qui eut le don de faire souffler d'irritation le Suisse.

- Quoi ?

L'attitude de l'Autrichien se fit tout de suite plus froide après ce « quoi » lancé sèchement.

- Excuse-moi de te déranger dans ton si précieux travail, qui n'en est même pas un en plus, je voulais me montrer gentil et prévenant envers mon petit-ami, et lui apporter des gâteaux et du lait chaud, mais visiblement, comme d'habitude, je ne suis pas le bienvenu.

Il posa rageusement une assiette de gâteau et un verre de lit sur la table à côté de Vash et tourna les talons avant de repartir, blessé une fois de plus par le comportement froid et détaché de celui qu'il considérait comme l'amour de sa vie, ce qui n'était apparemment pas réciproque.

Lorsque l'Autrichien quitta la salle, le faisant savoir en claquant violemment la porte, le Suisse se retourna vers l'endroit où il avait disparu et poussa un autre soupir, triste cette fois. Pourquoi fallait-il qu'il foire tout à chaque fois ? N'était-il donc pas foutu de rendre ses sentiments à Roderich, qu'il ressentait lui aussi mais dont il était incapable de le montrer ? Il était vraiment un bel enfoiré, des fois. Il passa une main rageuse dans ses cheveux blonds décoiffés avant de se lever, résolu à réparer les pots cassés avec son brun. Mais pas si aisé de le retrouver dans le large chalet du Suisse qui le chercha partout. Vash en arriva rapidement à la conclusion que l'Autrichien n'était plus dans la maison. Ses poings se crispèrent lorsqu'il comprit que son amant était sans doute sorti… dans le froid hivernal des Alpes. Il enfila rapidement son manteau le plus chaud, de grosses bottes fourrées et partit à la recherche de son amant.

Il ne mit pas longtemps à le trouver près d'un lac à proximité, sous un arbre duquel ils avaient l'habitude de traîner en été. L'Autrichien regardait le lac dont l'eau ne devait dépasser les 2 degrés °C avec ce froid. Il n'était vêtu que de sa redingote bleue habituelle. Vash crut faire un arrêt cardiaque en imaginant que s'il n'était pas parti le chercher, Roderich aurait pu rester là des heures, dans une température ne dépassant pas les 0°C avec pour seule protection contre l'air gelé qu'une pauvre petite veste.

Il se dépêcha de le rejoindre et le reconduit à la maison en lui murmurant des mots doux à l'oreille qui finirent par convaincre le brun de rentrer avant de crever de froid.

Finalement, ils mangèrent ces biscuits, accompagnés de lait chaud sous un plaid devant la télévision, tous les deux blottis l'un contre l'autre.