Chapitre 8
Le bâtiment de quelques étages ressemblait à n'importe quel chantier en cours de finition, avec ses échafaudages couvrant les murs de béton bruts, ses fenêtres encore protégées par leurs enveloppes de plastique bleu, et ses accès terrestres rendus impraticables par les engins. L'édifice se composait de deux corps imposants, séparés par ce qui allait devenir un vaste hall d'entrée en son centre.
D'un commun accord, leur groupe s'était divisé en deux pour explorer chaque partie : Elizabeth avec Reddington et Dembé, Diana Martin avec Sinclair. Ils étaient armés et prêts à toutes éventualités.
Le silence régnait sur les lieux qui semblaient abandonnés. De récentes traces de pas humides sur la dalle en béton attestaient cependant du contraire. Sinclair montra les empreintes à Diana Martin et lui fit signe de se tenir sur ses gardes. La criminelle lui désigna alors l'accès au fond et avança vers son objectif en prenant son temps pour observer et écouter.
Instinctivement, elle avait retrouvé des gestes familiers et était retombée dans une routine professionnelle aguerrie. Avant de pénétrer dans le bâtiment de droite, Sinclair l'avait vue sortir une arme à feu qu'elle avait minutieusement inspectée. Elle portait également un poignard et une petite arbalète de poing fixée sur sa cuisse. Le recul de cette armes était moindre, lui avait-elle expliqué, donc moins traumatisante pour son épaule.
Il avait tout de suite senti à quel point elle était dans son élément et avait déjà vécu des situations similaires. Même si son service militaire était loin derrière lui, l'aristocrate n'était pas non plus un novice. En bon chasseur, il savait manier les armes, avait des notions de combat et conservait surtout son calme en toutes circonstances.
Méticuleusement, Diana atteignit l'encadrement de la porte. Régulièrement, elle envoyait un signal à Dembé dans son oreillette. 1 bip : RAS... 2 bips : danger... Ils ne se parleraient qu'en cas de nécessité. Sinclair la rejoignit près de l'ouverture. Il faisait sombre dans cette partie du 3ème étage et ils allumèrent leur lampe torche, avant d'entrer.
Diana Martin balaya l'endroit avec son faisceau de lumière. La salle était vaste et en pente accentuée avec des escaliers qui plongeaient vers ce qui devait être une scène au fond. Ils se trouvaient sans doute dans une future salle de cinéma ou de conférence…
Sinclair et Diana Martin avancèrent en se couvrant l'un et l'autre, et continuèrent leur inspection. Aucun des deux ne vit les deux hommes cachés derrière des matériaux qui les observaient avec leurs lunettes à vision nocturne.
Un coup de feu assourdi par un silencieux éclata soudain dans le silence. Sinclair porta la main à sa poitrine. Diana Martin vit son compagnon perdre l'équilibre et s'affaisser sur lui-même, sans même crier. Elle réagit alors par réflexe et se jeta au sol alors que le second tir retentissait…
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Dembé avançait à pas de loup dans le vaste couloir des sous-sols, ouvrant la voie à Elizabeth et à Reddington. Autour d'eux sur les murs couraient toutes les conduites et tuyaux d'alimentation du futur hôtel. L'absence de lumière compliquait leur avancée. Ils avaient conscience que leur maigre éclairage faisait d'eux des proies faciles en cas de rencontre intempestive, mais ils n'avaient pas le choix. Red fermait la marche et couvrait les arrières en protégeant Elizabeth.
L'hôtel était un véritable labyrinthe. Ils avaient déjà exploré bon nombres d'endroits sans rien découvrir de suspect, mais ils sentaient instinctivement que l'ennemi se terrait quelque part en s'efforçant de ne produire aucun bruit. Dans des bâtiments aussi vastes et aussi vides, tous les sons étaient immédiatement amplifiés.
Ils arrivèrent au bout du couloir et croisèrent un escalier sur leur droite et une cage d'ascenseur vide. Plusieurs entrées s'offrirent à leurs vues sur leur gauche. Après un regard vers Red, Dembé choisit la première et pénétra dans ce qui ressemblait à un grand sas fermé par une porte au fond.
Dembé avança et poussa la porte devant lui pour constater qu'elle était fermée. Il tenta de forcer l'ouverture. Sans succès. Ils entendirent trop tard le déclic du battant que Reddington avait franchi quelques secondes plus tôt. Red se retourna et jura tout bas. La porte n'avait pas de poignée de ce côté-ci. Ils étaient pris au piège.
Dembé leva son arme automatique alors qu'Elizabeth et Reddington se reculaient. L'africain s'apprêta à tirer lorsqu'une odeur le frappa. C'était doucereux, sucré comme… comme… Il chercha dans sa mémoire olfactive pour replacer cette odeur entêtante qu'il avait déjà respirée. Il inspira plus intensément et se tourna vers Reddington qui, lui aussi reniflait l'air avec suspicion.
« On dirait… » Commença Dembé. « … On dirait… »
Elizabeth avait senti elle aussi la fragrance qui n'était pas désagréable en soi. Elle était juste… déplacée en ce lieu. Elle renifla encore en essayant de décrypter l'odeur et eut l'impression que la tête lui tournait.
« … De l'orgeat… » Finit Reddington, qui secoua la tête, comme pour se débarrasser de quelque chose qui le gênait. « … Le parfum masque du sévoflurane… Dembé ! Ouvre vite la porte !… »
Mais alors qu'il prononçait ces paroles, il sut qu'il était déjà trop tard. Sa vision se troubla et tout se mit à tourner autour de lui. Il aperçut de façon distordue Dembé qui s'écroulait sur lui-même, grande masse de muscles devenus soudain atoniques. Il entendit vaguement Elizabeth l'appeler et tourna la tête vers Lizzie avec une lenteur effarante alors qu'elle glissait vers le sol, inconsciente… A son tour, il se sentit aspirer inexorablement vers les ténèbres et l'oubli… Reddington dormait déjà quand sa tête heurta le sol.
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Avec un sursaut, Red ouvrit les yeux et le regretta instantanément. Les muscles de sa nuque étaient douloureux et protestaient contre le traitement qu'on leur infligeait. Et ce n'était pas les seuls, se rendit-il compte immédiatement.
En réalité, tout son corps hurlait contre l'étirement qu'on lui faisait subir. Il releva la tête plus doucement et essaya de focaliser son regard devant lui, mais les objets et les choses continuaient à danser. Il ferma les yeux et inspira profondément pour chasser la nausée qu'il ressentait.
« Ah, la Belle aux Bois-Dormant se réveille, on dirait… »
Quelqu'un venait de parler dans son dos. La voix ne lui était pas inconnue, même s'il n'arrivait pas à la cerner. Il tenta de bouger un peu pour alléger son inconfort mais se rendit vite compte de la futilité de ses efforts. Cela ne faisait qu'accentuer la pression sur ses poignets et ses épaules. Il ouvrit les yeux, leva la tête à nouveau et vit les chaînes au dessus de sa tête… Il grogna. Il allait encore avoir des courbatures dans les bras et le dos pendant des jours après ça…
« Qu'est-ce que vous avez tous à m'enchaîner comme si j'étais un animal sauvage ?… » Demanda t-il d'une voix rauque, non sans humour.
« Vous êtes l'animal le plus dangereux que je connaisse, Reddington. Je ne ferai pas l'erreur de vous sous-estimer. » Répondit la voix mystérieuse.
Red eut un rire qui s'arrêta net lorsqu'il aperçut enfin Elizabeth Keen, ligotée sur une chaise devant lui, la tête penchée sur sa poitrine. Son cœur fit un bond mais il se garda bien de montrer à quel point cette vision l'affectait. Elle devait encore dormir, sinon pourquoi aurait-on pris la peine de la maintenir attachée ? Ses yeux balayèrent rapidement la grande pièce, observant le moindre recoin pour voir quel avantage il pourrait en retirer le moment venu, puis vinrent à nouveau se poser sur la jeune femme toujours assoupie en face de lui.
« Red ? »
Il leva la tête vers l'endroit d'où provenait l'appel et aperçut la coursive suspendue à environ cinq mètres du sol, où étaient menottés ses trois amis. Wilde lui sourit doucement. Dembé lui fit un signe de tête car on l'avait bâillonné. Et Sinclair… était effondré contre le mur.
« Danny ? Sinclair va bien ? »
« Oui, il est juste inconscient. Tout le monde est sain et sauf. »
« Pour l'instant… » Répliqua la voix mystérieuse derrière Red.
« Où est Diana ? » Demanda Red.
« La femme qui accompagnait Sinclair se prend pour John McClane et nous donne du fil à retordre. »
Reddington se mit à rire.
« Diana va faire mieux que ça, elle va venir vous botter le cul, Syracuse ! »
« Je ne crois pas… » Dit l'homme en s'approchant de lui par derrière. « … Vous allez lui parler et lui dire de se rendre sinon elle sera abattue... »
Syracuse apparut devant Reddington qui ouvrit de grands yeux en reconnaissant le visage juvénile et barbu de sa Némésis… Tom !... Tom était Syracuse ?
« … Vous ne vous attendiez pas à ça, Reddington ? » Ricana l'ex-mari d'Elizabeth Keen.
Red l'observa en silence et tenta immédiatement de faire le lien avec ce qu'il savait de Tom et son implication possible dans son passé.
« J'entends les rouages tourner dans votre tête… » Tom se mit à rire. « Ça tourne, ça fait un bruit d'enfer mais ça ne percute pas… Aurais-je réussi à coller le rusé Reddington ?...
Comme Red ne répondait toujours pas, Tom s'approcha de lui, le sourire moqueur.
« Le Concierge du Crime aurait-il aussi perdu sa langue ? »
« Tom… J'ai toujours eu un étrange pressentiment vous concernant. Je n'arrivais pas à vous situer mais cette impression m'a poursuivi encore et encore, jusqu'à maintenant… Le fait que vous vous soyez attaqués à des hommes qui ont un passé lointain en commun avec moi me laisse à penser que vous êtes impliqué dans des événements datant d'il y a vingt cinq ans… » Reddington eut un sourire. « … Et on en revient toujours au fameux axiome de Sherlock Holmes : lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse, doit être la vérité… Vous aviez quoi ? Neuf, dix ans à l'époque ? Je ne me trompe pas, hein… Ritchie ?… »
Tom le fixa longuement, visiblement déçu que son effet soit tombé à plat. Un combat de volontés commença entre eux où aucun ne voulut baisser les yeux, jusqu'à ce que les gémissements d'Elizabeth s'élèvent. Tom détourna alors le regard avec un sourire pervers et s'approcha de la jeune femme qui émergeait. Il attendit qu'elle refasse surface et qu'elle le regarde avant de l'apostropher.
« Bonjour chérie, ça fait plaisir de te retrouver… »
Elizabeth sursauta violemment et eut un mouvement de recul avec son corps, vite restreint par ses liens.
« Tom ? »
La jeune femme le regarda, les yeux agrandis par la peur. Celui qui se faisait appeler Syracuse eut un rire.
« Qu'est-ce que tu veux, Tom ? » Demanda-t-elle.
Pour toute réponse, Tom s'écarta et tendit la main pour la laisser découvrir Reddington enchaîné. Elle sentit un nœud lui tordre l'estomac à la vue de l'homme qu'elle aimait, suspendu par les poignets. Elle déglutit et souffla :
« Red… »
Le criminel lui fit un sourire rassurant, voire confiant.
« Ça va, Lizzie ? »
Elle hocha la tête, de peur de parler, et tenta de ravaler les larmes qui lui avaient montées aux yeux. Tom poussa un soupir de satisfaction.
« Je crois que j'ai tout ce que je veux sous la main. »
« Pourquoi Tom ? Pourquoi tu fais ça ? »
« Uniquement par vengeance, Liz. »
« Pourquoi t'en prendre à lui ? C'est moi qui t'ai enfermé et torturé pendant quatre mois dans ce cargo… C'est moi qui ai décidé que tout était fini entre nous… »
« Oh, non, tout n'est pas fini entre nous parce que tu ne sais pas tout. Ce monstre… » Il désigna Reddington du doigt. « … a détruit tout mon univers. Il a tué mon père et m'a abandonné en pensant que j'allais mourir. Mais non, je suis là, bien vivant, et je me délecte d'avance de ce que je vais vous faire subir à tous les… »
Il y eut soudain un grand fracas dans son dos alors qu'une silhouette furtive se glissait avec rapidité vers le plus proche abri, à savoir des caisses de matériaux disposées dans un coin. Tom se retourna et brandit son arme à feu dans la direction de l'apparition et tira sans réussir à atteindre la cible en mouvement.
D'autres coups de feu retentirent également, tirés par d'autres hommes de main de Tom. La fusillade dura quelques longues secondes avant que Tom n'ordonne l'arrêt des tirs confus.
« Sortez, Diana, et je vous jure qu'il ne vous sera fait aucun mal ! » Cria Tom.
Il n'y eut aucune réponse. L'attente se prolongea lorsque soudain un son strident retentit. Sur la passerelle, un homme qui tachait de s'approcher discrètement de Diana, s'affaissa en poussant un cri étranglé et bascula par-dessus la rambarde pour s'écraser cinq mètres plus bas.
« Diana ! Rendez-vous ! » Tom s'approcha de Red et pointa son arme sur la tempe du Concierge du Crime. « … Ou Reddington prend une balle dans la tête… »
Un rire léger s'éleva de derrière la caisse.
« Mais je vous en prie, faites donc… Vous m'éviteriez de devoir le faire moi-même… »
Ce n'était certainement pas la réponse que Tom attendait. Il hésita, l'espace d'une seconde et jeta un coup œil vers Reddington, qui lui rendit un visage peiné et lui expliqua en murmurant ironiquement :
« Elle n'a pas très bien pris notre rupture... Elle est tellement jalouse de ma relation avec Elizabeth qu'elle préférerait me voir mort… »
Devant la confirmation de ce qu'il soupçonnait, Tom sentit involontairement son sang ne faire qu'un tour. Le coup de poing partit et frappa Reddington dans le plexus solaire. Red se contracta violemment et chercha de l'air dans les secondes qui suivirent.
Pendant ce temps, Diana n'était pas restée inactive. Un autre homme avait essayé de la prendre à revers mais elle le cueillit avant qu'il ait pu se mettre à l'abri. L'homme se retrouva allongé, une fléchette plantée dans la poitrine.
Tom décida d'appeler le reste de ses troupes à la rescousse. Une minute plus tard, les hommes qui s'étaient massés dans le couloir attenant firent une entrée en force dans la salle. Mal leur en prit.
Diana vida sur eux le contenu d'une arme automatique qu'elle avait récupérée sur un homme de Tom. Les valides refluèrent vers la sortie aussi vite qu'ils le purent, laissant derrière eux leurs camarades blessés ou morts.
La diversion procurée par cette attaque en masse avait laissé du temps à Tom qui s'était approché rapidement de la caisse derrière laquelle se cachait Diana Martin.
Wilde qui l'avait vu faire prévint Diana qui, pour éviter les premiers tirs en revers, dut sortir de sa cachette et courir vers un autre abri. En vain. Tom l'ajusta et tira sur elle. Deux fois.
La tueuse à gages s'effondra et ne bougea plus. Tom s'approcha d'elle, l'arme pointée en avant, prêt à faire feu, et la retourna sur le dos. La mare de sang s'élargit. Elle semblait avoir son compte.
Elizabeth n'avait rien vu de ce qui s'était passé, mais elle vit le visage de Reddington se durcir, et envisagea le pire. Ce dernier leva les yeux vers la coursive, où heureusement, Sinclair était toujours inconscient. Il croisa le regard choqué de Wilde et celui de Dembé, impassible.
Tom revint tranquillement vers lui en souriant.
« Bon, où en étions-nous ? »
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« … Je n'ai pas pu revenir te chercher, Ritchie. Quand je suis sortie de la maison, l'homme avec le lance-flammes s'est dressé devant moi... J'ai à peine eu le temps de me retourner pour protéger Elizabeth… »
Lizzie observa Reddington avec horreur… Dans son souvenir, elle entendait encore le hurlement de son sauveur, mais elle ignorait tout des circonstances exactes à l'origine des graves brûlures sur le dos de Red.
« J'ai juste eu le réflexe de l'abattre avant de me rouler par terre pour éteindre les flammes… »
Reddington fit une grimace et serra la mâchoire au souvenir des événements de cette nuit là qui revenaient le hanter régulièrement.
« Tu mens ! Tu mens ! » S'écria le dénommé Tom/Ritchie.
« Non, Ritchie, et tu le sais très bien. Tu m'as vu sortir sain et sauf, et je serai revenu te chercher s'il n'y avait pas eu ce type. »
« Tu ne voulais pas de moi ! Tu ne voulais qu'elle ! La fille de Karen et de Wilde. Tu n'avais pas pu avoir sa mère, alors tu l'as prise, elle ! Tu la voulais pour toi tout seul. »
« Non, Tom… Tu ne comprends pas. »
« Et tu es revenu dans sa vie pour me la prendre une seconde fois ! Quel genre d'homme es-tu donc ?... »
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… Diana Martin souleva les paupières et fixa le plafond au dessus de sa tête. L'image devint floue. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant de parvenir à se focaliser à nouveau sur la dalle de béton, irrégulière, grise, froide… Qu'avait-elle de si intéressant pour qu'elle y accorde autant d'attention ? Pourquoi ne pouvait-elle détacher son regard de sa surface en essayant d'en deviner toutes ses aspérités ? Fascinante question…
Un marmonnement de voix indistinctes lui parvint sans qu'elle lui accorde de l'attention. C'était juste du… bruit. Un bruit persistant, égal, lointain... Elle entendait les mots sans les entendre. Sans les comprendre… De guerre lasse, elle passa à autre chose.
Au-delà de sa perception, elle flottait. Lentement, au ralenti. Ce n'était pas une sensation désagréable, loin de là… C'était apaisant, comme si elle s'était trouvé un endroit où se reposer enfin, où trouver la paix, une parenthèse infinie... Elle avait envie de rester dans cette petite bulle qui semblait la protéger du monde extérieur et de sa dureté. Elle était bien.
Sauf que les voix revinrent perturber cette harmonie de gris, cet état de grâce, cette stabilité... Un frisson lui parcourut le haut du corps et elle prit tout à coup conscience qu'elle avait froid. Très froid même.
Je suis comme ce bloc de béton au dessus de ma tête, je suis froide, immobile, incassable… Je suis détachée de tout… Une seconde, pourquoi suis-je allongée sur le sol ?
Ce fut sa première pensée cohérente et elle fut suivie immédiatement d'autres questionnements qui lui traversèrent l'esprit en l'espace d'une demi-seconde, la laissant confuse… et angoissée.
Comment me suis-je retrouvée allongée sur le sol ? Pourquoi mes dents claquent-elles comme ça ? Pourquoi je tremble ? Et pourquoi… pourquoi j'ai l'impression que mon corps pèse une tonne ?
Un rire, ou du moins un bruit qu'elle identifia comme un rire, éclata sur sa droite. Elle tourna la tête dans cette direction et considéra la scène devant elle sans vraiment lui en attribuer un sens.
Un homme en noir était debout et lui tournait le dos. Il marcha de long en large et révéla un autre individu enchaîné. En face de cet homme, une jeune femme était assise, elle aussi. Elle pleurait.
Diana Martin se concentra sur cette personne et donna enfin un sens aux mots qui sortaient de sa bouche.
« Je t'en supplie, Tom, laisse-le… »
« Tu ne comprends pas, Liz, je ne peux pas l'épargner… Dieu sait combien il mérite de mourir pour tout le mal qu'il a fait ! »
« Tom, pitié… »
« Regarde-le bien… Je vais le faire souffrir comme j'ai souffert par sa faute ! »
Elizabeth Keen eut un sanglot de bête blessée… L'homme promena lentement la pointe d'un couteau sur la cuisse de Reddington qui se tendit soudain…
« Je vais ôter la vie au Concierge du Crime… Le monde va enfin être débarrassé d'un être malfaisant et manipulateur et ne s'en portera que mieux... »
Un sentiment d'urgence saisit alors Diana et elle émergea soudain de son cocon floconneux et confortable. Avec une certitude absolue, elle sut ce qu'elle devait faire…
Elle ordonna d'abord à son bras infirme de se tendre vers l'arme près de sa main et s'en saisit au prix de tremblements incontrôlables…
« Je t'en supplie… Tom ! »
L'homme leva le couteau lentement et suspendit son geste de façon sadique…
« Tom, non !... NON ! »
La criminelle visa, se concentra et pressa la détente en priant pour atteindre sa cible… Elizabeth Keen hurla…
A suivre…
Mama Mia ! Diana Martin a-t-elle réussi ou pas à atteindre sa cible ? Vous le saurez dans le prochain chapitre... J'ai bientôt fini de me torturer les méninges et de vous en faire voir de toutes les couleurs ! J'aspire désormais à des choses plus légères, promis ! Merci aux personnes qui suivent cet fic et qui se manifestent (ou pas) mais qui sont bien là !
