Mai, à ce moment précis, était en compagnie d'Haruka lui faisant un rapport plus que complet de ses derniers jours. Mai n'en avait que faire et ne cherchait qu'une seule chose Sortir de ce château Mais être reine n'avait pas vraiment que des bons côtés. Elle ne pouvait pas faire un pas sans être suivie ou sans être recherchée. Après plusieurs tentatives, valant notamment une incompréhension de la part de ses sujets, Mai capitula. Elle se retrouva assise sur son trône à écouter les récits sans fin d'Haruka.
- Les esclaves, que nous avons délivrés, sont dans la cour Ma reine
Mai hocha la tête sous le regard interrogatif d'Haruka.
- Vous vous devez d'aller les saluer Ma reine
- Ah ? Heu ah oui c'est vrai…Eh bien allons donc dans la cour… Je pourrais au moins prendre l'air frais…
Mai se leva et passa devant une Haruka quelque peu surprise. Après quelques minutes de marche, Mai se retrouva dans la cour et fixa plusieurs jeunes filles ayant courbées l'échine. Haruka se pencha à proximité du Mai suite au mutisme de celle-ci
- Le discours Ma reine
Mai se figea un instant et murmura.
- Discours ? … Je… vous rends votre liberté … vous êtes toutes libres alors partez
Haruka regarda incrédule sa Reine
- Vous leur rendez à toutes leur liberté ?
- Oui c'est exact. J'ai le droit non ?
- Vous avez tous les droits ma Reine
- Donc c'est réglé. La liberté est la meilleure chose que je peux faire pour elles
Mai sourit légèrement et remarqua une jeune femme qui lui semblait familière. Elle murmura
- Shizuru ?
Celle-ci se releva, valant un léger coup sur le côté, de la part d'un garde la maintenant en position de soumission. Haruka intervint légèrement
- Vous vous méprenez Ma reine. Je me suis entretenue moi-même avec cette esclave et elle se nomme Kyohime Ma reine
Mai hocha la tête et fixa Shizuru Il ne reste plus que quatre personnes à retrouver. Mai s'avança vers Shizuru et murmura
- Je suis contente de te voir
Haruka semblait confuse
- Vous la connaissez Ma reine ?
Mai hocha la tête. Haruka semblait réfléchir puis murmura à l'oreille de sa Reine
- Est-elle une esclave de chair ?
Mai regarda un instant Haruka puis Shizuru et ne sachant pas la signification des propos d'Haruka, hocha simplement la tête accompagnée d'un sourire époustouflant. Celle-ci blanchit mais murmura
- Je vais donc demander qu'on l'escorte dans vos quartiers
Une fois qu'elle avait reçu de nombreux remerciements de la part des jeunes esclaves fraîchement libérées, Mai se rendit directement dans ses quartiers et fut surprise de découvrir une Shizuru légèrement dénudée
- Qu'est-ce que …. ?
Shizuru sourit légèrement et répondit d'une voix malicieuse
- Je suis votre esclave de chair, oh Ma reine
- Hein ?
- Nous sommes dans l'Antiquité moderne, à ce que j'ai pu voir et entendre. A cette époque, le terme esclave de chair équivalait à dame de nuit
- Dame de nuit ?
- Prostituée si vous préférez Mai-san
Mai rougit d'un coup et secoua la tête
- Je… je suis désolée, j'ignorais.
Shizuru rigola face à la gène de la jeune femme et reprit d'un ton plus sur
- Nous devons retrouver les autres
- Je sais
- J'ai entendu parler le vendeur d'esclave. Il semblerait que les trois déesses Chpinaka ont élu domicile dans une contrée de l'ouest
Mai fixa un instant Shizuru
- L'ouest est divisé en deux parties à ce que j'ai pu comprendre de leur géographie. L'une correspond à ce royaume et ….
- L'autre est le domaine des déesses.
- Non, il n'y a que du sable à perte de vue. Aucun royaume ne s'étend là-bas
Shizuru se releva, et fixa un instant les environs, à travers les fenêtres
- Nous devons demander de l'aide
- A qui ?
Shizuru sourit et prit un ton plus enjoué
- A ton bras droit, oh Ma reine
- Qui est ?
- Haruka
Une lumière vint éclairer les différentes zones d'ombres contenues dans le cerveau de Mai
- C'est pour ça qu'elle est toujours sur mon dos ? Et qu'elle semble si concernée par tout ce qui me touche… Je ne savais pas
Shizuru réfléchit un instant et murmura
- Nous devons rencontrer les trois déesses. C'est notre unique chance de pouvoir comprendre ce qui se passe.
- Je regrette ma Reine mais vous ne pouvez quitter votre trône, surtout pour rencontrer les trois déesses
- Et pourquoi cela ?
Haruka secoua la tête
- Vous le savez très bien
Mai renchérit
- Alors réexpliquez-moi je vous prie
Haruka souffla et fixa Shizuru
- Connaissez-vous les dires associés à ses trois déesses ?
Shizuru secoua la tête. Haruka pris une profonde inspiration
- On raconte que les trois déesses ont été envoyées sur Terre pour protéger l'humanité. Grâce à leurs pouvoirs et à leur immortalité, celles-ci ont été craintes de tous laissant une certaine paix dans notre royaume mais…
- Mais ?
- La légende raconte que les trois déesses ne sont pas sur Terre dans ce but. Elles auraient défié leur mère Kami et ainsi eut comme pénitence de finir leur jour ici-bas. De sorte à rompre le lien avec leur monde d'origine, les trois déesses décidèrent de renoncer à l'usage de leur pouvoir. Leur seul souhait est de trouver un humain leur apportant la véritable vie. On raconte qu'en échange de la rencontre avec leur âme-sœur, les trois déesses offriraient une partie de leur immortalité, permettant une jeunesse éternelle à leur âme sœur et leur permettant ainsi d'être liée jusqu'à la fin des temps.
- C'est vraiment romantique
Haruka fixa durement Shizuru
- Leur égoïsme n'est pas une bonne chose ! Ceci amènera la destruction de notre royaume
- Comment ?
- Croyez-vous que l'Envahisseur s'arrêtera une fois que les déesses n'auront plus leur pouvoir ?
- L'Envahisseur ?
Haruka fixa sa Reine de façon assez déroutée
- Ma reine… Je sais que vous n'appréciez pas que l'on utilise son nom… Pardonnez-moi je vous prie.
Haruka s'agenouilla devant sa Reine. Mai ne sachant pas quoi faire. Elle s'empressa de rassurer sa conseillère
- Je vous pardonne. Dites-moi les nouvelles à ce sujet
- Depuis qu'il a abattu vos parents Ma reine, il n'est plus connu de nos Terres. Mais il reviendra si les trois déesses ne sont plus
Shizuru essaya de comprendre
- Vous voulez dire que les trois déesses sont ce qui permet de maintenir l'Envahisseur loin de vos Terres ?
Haruka secoua la tête
- C'est plus compliqué que cela…Selon les dires, Kami a laissé un délai à ses filles pour trouver leur âme sœur. Si les âmes sœur sont trouvées et que le combat a lieu, la paix sera sauvegardée.
- Alors pourquoi le craindre ?
- Les âmes-sœur sont les faiblesses des déesses. Elles restent des humaines et donc mortelles.
Shizuru se souvint de son rêve et murmura
- En perdant leur pouvoir et leur âme sœur, les déesses ne deviennent plus que des humains à coquilles vides
- Pas exactement
- Alors qu'en est-il ?
- La légende raconte que Kami leur laisserait un dernier sort malgré leur condition
- Qui est ?
- Personne ne sait
Shizuru fixa Mai qui s'empressa de rajouter
- Quelle rapport avec le fait que je veuille sortir de ce château?
- De grâce ma reine… La déesse du Feu ne cesse de vous courtiser de façon très marquée à chacune de vos rencontres
Mai rougit légèrement et essaya de reprendre de la contenance
- Je dois la voir
- Ma reine vous ne pouvez accepter son offre
- Son offre ?
- D'être l'humaine connue comme son âme sœur. Cela mettrait votre peuple en danger
Haruka s'inclina, légèrement offusquée, laissant les deux femmes seules. Shizuru fixa Mai et murmura
- La déesse Gakutenou et la Reine Kagutsuchi… un couple si imprévisible
Mai semblait lointaine
- Je ne comprends pas
- Quoi ?
- Pourquoi avoir choisi l'amour là où elles possédaient l'immortalité ?
- Ara l'amour est une chose essentielle
- L'amour n'est basé que sur le mensonge
Shizuru fixa Mai serrant les poings. Elle se rapprocha d'elle et l'enlaça délicatement
- Le vrai amour n'est jamais un leurre
- Vous croyez vraiment à tout cela ?
Shizuru hocha la tête et murmura
- J'attends moi-même de le trouver
Mai se décala et sourit légèrement
- Vous risquez de le rencontrer d'ici quelques jours… Natsuki… ou plutôt la déesse Duran
Shizuru rougit à son tour mais décida d'user d'un peu d'humour
- Je ne pense pas que les évènements du passé se reproduiront… sinon cela voudrait dire que vous êtes l'âme-sœur de Midori
Mai resta songeuse Peut-être qu'elle l'est après tout, sinon pourquoi serions-nous ici à vivre une histoire ne nous appartenant pas…
