Notes : Bonjour à tous ^^ ! Voilà la suite. Bon week-end à tous =^p^= !
En fin de compte, ils m'avaient tous agacé – tous !... même Anja qui préférait aller manger avec son père. Raison pour laquelle lorsque j'ai sonné chez Dominika, j'étais excédé. Raison pour laquelle quand elle m'a ouvert la porte en déshabillé de satin noir, son rictus aguicheur au coin des lèvres, mon cerveau s'est déconnecté et je n'ai alors plus pensé qu'à ce que j'allais faire avec elle dans les instants qui suivraient.
J'avais la rage. Jamais encore je n'avais fait l'amour aussi bestialement.
*et il y en a une qui ne s'en est pas plaint.*
Jamais une chose qui symbolisait autant l'affection et la passion n'avait été dépossédée de sa beauté. Jamais encore je ne m'étais senti aussi mal, n'éprouvant aucun désir, aucune satisfaction... Une véritable overdose de sexe et de haine. Je m'étais défoulé… pour finalement n'en arracher aucun apaisement.
Une fois nos ébats terminés, alors que Dominika roucoulait sur mon torse, je suis resté étendu, silencieux et amorphe, faisant abstraction de tout ce qui m'entourait et réalisant soudain, avec la même brutalité que la gifle que je m'étais pris un peu plus tôt… que je m'écœurais. Tout seul, comme un grand, sans l'aide de personne. Putain !, mais qu'est-ce que je foutais là à m'envoyer en l'air avec une fille dont je n'avais rien à faire mais qui devait pourtant penser qu'elle était la seule qui ait jamais autant compté pour moi ?
C'était pitoyable. J'étais pitoyable.
Tout à coup, franchissant la brume de mon cerveau :
- Oh toi, il y a quelque chose qui ne va pas…
J'ai lentement tourné la tête vers Dominika qui me regardait avec un petit sourire en coin. C'était peut-être une greluche, cette nana, mais elle n'était pas dépourvue d'intelligence et savait également « voir » certaines choses.
- Pourquoi tu dis ça ?, lui ai-je répondu sans émotion. La machine n'a pas bien marché ?
- T'es bête, a-t-elle rigolé en me caressant le torse. Nooon… Mais quand tu es comme ça, il y a toujours un petit quelque chose qui te turlupine. Depuis le temps, je te connais, mon ange.
J'étais donc si facile à lire ?
- Non, ça va, ai-je quand même nié.
Mais…
- Evidemment que tu ne veux pas m'en parler, a-t-elle susurré en me mordillant l'oreille. Tu ne veux jamais le faire. Mais moi, je le sais… je le sens. A qui penses-tu ?
Je l'ai brusquement dévisagée, stupéfait. « A qui… ? ». Hormis ma petite personne totalement instable dans le domaine affectif, je ne voyais pas encore.
*Oui, bon, d'accord ! Disons plutôt que je ne voulais pas encore voir, ça vous va ?*
Face à mon expression ahurie, elle a durci son regard et sorti les griffes, frôlant alors avec plus d'intensité ma peau qui demeurait sans réaction.
- Tu es toujours comme ça quand tu penses à une autre, Karl…
Elle essayait de me dominer ou quoi ?
- A qui penses-tu ?, a-t-elle murmuré, joueuse. Jamais ça n'avait été aussi… intense. Elle te met dans un sacré état, celle-là.
- Ça suffit !
Je me suis levé d'un bon, la bousculant au passage sans m'excuser et suis resté debout, à côté du lit, tentant de contrôler ma respiration. En vain…
Et l'autre qui en rajoutait.
- Qu'est-ce que tu es beau, mon apollon…
Elle n'avait rien d'autre à faire que me mâter ? Elle ne voyait pas que j'étais à deux doigts de péter un câble ?
- … et quand tu es en colère comme ça, c'est encore… pire.
Ah ? Si, elle le voyait. Et si j'avais été railleur, je lui aurais demandé si elle attendait que je la frappe, histoire de satisfaire ses fantasmes de sado-maso. Malheureusement, je n'étais pas d'humeur. Un coup d'œil sur la droite, j'ai repéré mes vêtements jetés pêle-mêle sur une chaise. Elle l'a vu et s'est brusquement redressée dans le lit, en alerte, tirant vers elle le drap. J'ai attrapé mes affaires et sans mot dire, suis allé dans la salle de bain pour me rhabiller.
- Karl ?... Karl ?...
Rien. J'étais tellement hors de moi qu'il ne m'est même pas venu à l'esprit de lui répondre. Je n'ai pas cherché non-plus à comprendre ce qu'il m'arrivait. Fallait juste que je parte de là, j'étouffais.
- KARL ?
Je l'ai entendue se lever et approcher de la salle de bain. Elle a cogné une fois à la porte. A la seconde, j'ouvrais et sortais sans la regarder, le regard enflammé, la mâchoire crispée.
- Karl ! Vas-tu m'expliquer ce qu'il te prend ? Qu'est-ce que tu as ?
J'ai traversé le hall en l'ignorant et suis passé devant la salle à manger où elle avait dressé une table de « dîner aux chandelles » à laquelle nous ne nous étions finalement pas assis. Arrivé devant la porte d'entrée, je me suis tout de même arrêté et retourné vers elle. Au milieu du couloir, vêtu d'un simple drap, elle me dévisageait avec incompréhension. Mais quand nos regards se sont croisés, elle a compris. Elle a fait comme si, mais elle a vu. Parce que si je ne parvenais pas encore à nommer ce que je ressentais, elle, l'a su de suite. Pourtant…
- Très bien, a-t-elle dit soudain très conciliante. Tu as besoin de te retrouver seul, rentre donc chez toi et reposes y toi.
Elle s'est avancée vers moi et a arrangé le col de ma veste avec une attention déplacée compte tenu de la situation extrême que nous vivions alors.
- Et n'oublie pas que je t'aime, mon ange…, a-t-elle ajouté avec un sourire que certains auraient trouvé adorable, alors que personnellement, il m'a fait froid dans le dos.
Je n'ai même pas eu la force de lui répondre – qu'avais-je à lui dire de toute façon ? Plus rien en vérité, si ce n'est qu'elle m'avait (malheureusement pour elle) aidé à commencer à mettre de l'ordre dans ma tête et dans ma vie.
Je suis rentré chez moi sans le souvenir d'avoir traversé la ville. Le lendemain je me demanderais peut-être si je n'avais pas grillé un feu ou deux, mais pour le moment, tout ce qui m'importait, c'était de me retrouver dans un endroit paisible et inviolé où je pourrais me reposer.
A peine arrivé, je suis allé m'écraser sur mon lit, tout habillé, dans l'obscurité de la pièce. Mon regard vide s'est posé machinalement sur la grande baie vitrée de mon appartement qui offrait un panorama privilégié sur la ville endormie, mais lumineuse de toutes parts. Mais moi, ces lumières, elles m'ont vrillé la tête et j'ai comaté avant même d'avoir l'idée de me lever les chaussures pour mieux dormir.
Oh ! L'état dans lequel j'étais quand le réveil a sonné, le lendemain matin !
*Au passage, j'ai regretté qu'il ait été trop loin posé sur ma table de nuit pour pouvoir l'attraper et l'envoyer voler à travers la pièce, celui-là.*
Et pourquoi il sonnait d'abord, ce réveil ? Ah oui, c'est vrai… Mercredi, entraînement. Ma tête ! Je me suis retourné sur le dos – étais-je resté toute la nuit dans la même position, sans bouger ? – et ai passé une main sur mon visage. Bon sang ! Un lendemain de bringue, j'étais dans un meilleur état. Une douche était plus que conseillée. D'abord pour me réveiller physiquement parlant, ensuite, pour me rappeler ce que j'avais à faire d'ici peu, mais surtout, pour voir si ces quelques heures de sommeil m'avaient permis de mettre à plat ma situation.
Et effectivement, un peu de chemin avait été fait. Déjà, à me remémorer ce qu'il s'était passé la veille au soir avec Dominika, je savais que je ne voulais plus le vivre. Avais-je donc eu besoin d'un déclic pour me rendre compte que cette vie-là n'en était pas une ? Avais-je donc eu besoin de revoir Anja pour comprendre que… Ah… C'était quand même encore un peu embrouillé. Trop de choses nouvelles qui vous tombent dessus comme ça, d'un coup… J'ai beau être un athlète, c'en faisait un peu trop et j'avais besoin de calme pour décanter tranquillement.
Oui, voilà ! Voilà ce dont j'avais besoin : être tranquille et laisser voir sans forcer les choses.
… Ne me restait plus qu'à m'y tenir.
Quand je suis arrivé au stade, je me sentais toujours un peu vaseux et j'avoue que si j'avais pu éviter d'aller croiser du monde ce jour-là, je ne m'en serais pas plus mal porté.
*Eh ! Vous vous rendez compte de ce que je dis ? Pour la première fois de ma vie, j'aurais préféré rester chez moi, couché, plutôt que d'aller jouer au foot ! Non, là vraiment, j'étais malade – aucun doute.*
Mais le fait est que je pouvais bouger et tenais debout. Je me suis donc rendu à l'entraînement où personne n'a semblé remarquer mon état.
*Bon comédien ?*
En tout cas, mon père n'a rien relevé et m'a dit « bonjour » normalement. Quand à Stefan et Shunkô, ils se sont abstenus de me demander comment s'était terminée ma journée. C'était mieux – mais pas suffisant, parce qu'à peine un ballon entre les pieds, j'ai senti une bouffée de fraicheur me réveiller complètement, me remettre quelques idées en place et me rappeler que je devais un petit quelque chose à quelqu'un…
- Aïeuuuh ! 'Tain ! Faites gaffe ! Z'avez failli me casser le n… Oh ! Karl… ?
Eh oui !, ai-je assumé avec un grand sourire, un autre ballon au pied, prêt à partir.
Mais…
- Karl !, a crié Günter (vous vous souvenez de lui ? le charmant adjoint de mon père). Arrête de faire l'imbécile et tire dans les cages plutôt que sur tes coéquipiers – ça sera plus productif !
Déçu de ne pouvoir envoyer une seconde salve, j'ai grogné un petit coup. Quant à Shunkô, bizarrement, il a immédiatement cessé de rouspéter et a filé se mettre un peu d'eau sur le nez. Sachant qu'il me regardait, je me suis ensuite tourné vers Stefan qui a levé les yeux au ciel en remuant doucement la tête.
*Oui, je sais : je suis irrécupérable – on me l'a déjà dit. Mais si vous saviez comme ça m'a fait du bien de lui shooter dans la poire. Etrange même. Car à tout bien y réfléchir, ce sont les plaies de service qui m'auront été salutaire dans cette histoire.*
Je me suis tout de suite senti mieux. Ainsi, en plus de me mettre en stand-by, il fallait aussi que je me débarrasse de ce qui me tracassait – j'avais donc encore une chose à faire.
Libéré en partie, j'ai alors pu profiter de mon entraînement et retrouver de ce plaisir qui me paraissait bien loin quand j'étais arrivé un peu plus tôt au stade.
Plus tard, je suis rentré chez moi pour maigrement déjeuner et suis revenu à l'heure pour ma seconde séance de la journée. En sortant des vestiaires avec les autres joueurs, j'ai aperçu Anja – toujours du côté du bureau paternel – à qui je suis allé rapidement (j'entendais déjà Günter hurler), mais amicalement, dire bonjour.
Ça m'a fait bizarre de la revoir. Je l'avais quittée depuis, quoi ?... moins de vingt-quatre heures, mais pourtant, j'avais l'impression de ne plus l'avoir vue depuis des jours tellement de choses m'étaient passées par la tête. Mais quoi qu'il ait pu en être, Anja n'était pas responsable de tout ça. Ainsi, je me devais de la protéger et non l'exposer à mes conneries. J'ai donc soufflé un bon coup et me suis avancé le plus naturellement du monde… sous le regard évidemment enthousiasmé de son père.
- Salut Anja, ai-je dit l'air de rien.
- Oh... Bonjour Karl...
Euh… C'est moi qui devenais réellement parano. ou elle était… crispée ? Je l'ai trouvée nerveuse. Quand je lui ai dit bonjour, elle m'a répondu immédiatement, du tac au tac, comme si elle redoutait quelque chose. Comme si… Ah ! J'en sais rien en fait.
… Et le pire, c'est que je devais tout imaginer.
- KARL-HEIIIINZ ! Tu te bouges, oui ?
Oh ! Qu'entends-je ? La mélodieuse voix de Günter.
… Il tombait peut-être bien pour une fois.
J'ai lancé un petit sourire d'excuse à Anja et ai rejoint mes coéquipiers. La séance s'est ensuite déroulée plutôt bien. Il faut dire que j'ai pris un grand soin à rester concentré sur ce que j'avais à faire, quitte à me rappeler à l'ordre dès que mon esprit s'éloignait un peu trop vers le bureau du fond.
Je n'ai par la suite revu Anja qu'à la fin de la journée, avant d'aller me changer, pour lui dire « au revoir ».
Etrangement, alors que je me dirigeais vers le fond du terrain, j'ai eu l'impression qu'elle évitait délibérément de regarder dans ma direction.
*Mais bon, vu mon état, je pouvais tout aussi bien interpréter de travers son intérêt soudain pour un papillon inconnu. Donc, passons.*
Ce qui fut certain par contre, c'est qu'une fois planté devant elle, je n'ai rien trouvé à lui dire – pas même lui souhaiter une bonne soirée (mais pour ça, avec l'amour que m'inspirait son père, ça n'était guère étonnant). Alors plutôt que de rester en souffrance devant cette fille, j'ai préféré m'en aller.
En retournant aux vestiaires, j'ai cru que ma tête allait exploser. Mais bon sang de bonsoir ! Qu'est-ce que j'avais ? Je me l'étais pourtant dit et répété : calme et tranquillité. Purée !, j'étais loin du compte.
… Tellement loin d'ailleurs que j'ai dû sensiblement ouvrir la porte des vestiaires trop fort – enfin, du moins, c'est l'impression que j'ai eu quand j'ai soudain entendu ladite porte se fracasser contre le mur et vu tous ces regards se tourner vers moi avec incrédulité.
- Oups ! Euh… pardon…
Je suis allé m'assoir en toute (utopique) discrétion à côté de Stefan qui en avait déjà fini, mais qui a eu le bon goût de me glisser (cette fois-ci efficacement) discrètement à l'oreille avant de partir : « Va te coucher et ne parle plus à personne jusqu'à demain ». Et bien sûr, il avait raison le suédois – comme toujours.
*C'était agaçant ça aussi, de se dire qu'un gars du même âge que moi avait tellement plus de jugeote sur certains trucs.*
… Et bien sûr, je n'ai pas suivi son conseil.
Comprenez-moi. Au plus tôt je me dégagerais d'une dernière tâche, au mieux je me porterais. C'est pourquoi pour la seconde fois en deux jours, je m'apprêtais à aller chez Dominika…
