Coucou tout le monde!!
Désolée de cette longue absence, due pour moitié à un déménagement épuisant, et pour moitié à l'arrivée d'un adorable chaton très dynamique qui se laisse emporter par sa verve littéraire à chaque fois que j'approche de mon clavier! Résultat : il m'écrit des paragraphes entiers sans le moindre sens, ou pire, m'efface tout ce que je venais d'écrire!!
Il s'est enfin calmé de ce côté et j'ai pu reprendre une activité normale!
Bonne lecture!
Chapitre 8
- Je me rends bien compte, mon cher, que cela vous gâche la surprise mais vous allez engendrer avec Harry une charmante fille que vous prénommerez Elianthe, nom dans lequel je reconnais sans doute possible le goût très sûr de la famille Malfoy, répondit gaiement Dumbledore.
- Et comment pourriez-vous être au courant d'un tel événement, en admettant qu'il se produise effectivement ? s'enquit suspicieusement Lucius, persuadé que cette fois le directeur de Poudlard était mûr pour la célèbre maison de retraite pour sorciers azimutés 'Les Citronniers', dans la campagne tranquille du pays de Galles.
- Mais parce que nous avons eu l'indicible plaisir de la rencontrer, ainsi que plusieurs de ses amis, y compris son fiancé, badina Albus.
- Comment ça, fiancé ? intervint Severus d'un ton pincé.
- Oh, Althaїr ne vous a point parlé de sa relation avec Miss Potter-Malfoy ? demanda innocemment Albus, l'air légèrement contrit.
- L'un d'entre vous aurait-il l'extrême obligeance de daigner me fournir une explication cohérente ? s'énerva Lucius, la moutarde lui montant doucettement au nez.
Il ne s'attendait pas à ce que la réponse lui vienne d'Harry, qui prenant une profonde inspiration regarda le vampire bien en face.
- Il y a quelques semaines quatre personnes ont atterri dans la Grande Salle à l'heure du dîner, projetés dix-sept ans dans le passé à cause d'une potion expérimentale ratée : Elianthe Potter-Malfoy, Samael Malfoy, Althaїr Black et Mya Zabini. Il apparaît que Lili et Al se fréquentent assidûment en dehors des cours.
- Samael Malfoy ?
- Ton petit-fils, descendant de Draco et de Ronald Weasley, précisa Severus, un peu contrarié de ne pas avoir été mis au courant de la liaison de son fils avec la jeune Malfoy.
Il n'avait rien à redire à son choix, la jeune fille était belle, gracieuse et bien élevée malgré son ascendance potterienne, mais il eut apprécié de se voir gracier d'un minimum de confiance de la part du garçon. Il refusait d'admettre que son fils n'avait pas cherché à lui dissimuler quoi que soit, leur relation étant évidente pour tous, et qu'il n'avait tout simplement rien vu, incapable d'imaginer que son fils de dix-sept ans soit déjà engagé alors que lui en était au point mort à trente-sept ans.
- Draco avec un Weasley ? Pourquoi ne m'en a-t-il point informé ? s'indigna Lucius, les yeux flamboyants, en oubliant sa future fille, au grand soulagement d'Harry qui préférait ne pas penser à cet élément bien trop réel de son avenir.
- Je présume qu'il n'en a pas encore eu le temps, eut égard à votre incarcération dans les geôles de Voldemort, déclara gentiment Dumbledore pour calmer l'aristocrate.
- Il aurait dû commencer par là !!! Il est absolument hors de question qu'un Malfoy s'abaisse à marivauder avec un Weasley !
- Vous devriez peut-être attendre de voir s'ils ont réellement un avenir ensemble avant de les condamner ainsi, protesta Sirius. Ron n'est pas un garçon très brillant, je vous l'accorde – ne dis rien, Harry, tu sais que c'est la vérité – mais c'est quelqu'un de bien et de loyal. S'il s'avère être en mesure de rendre votre fils heureux, rien d'autre ne devrait entrer en ligne de compte.
Lucius ne daigna tout d'abord pas répondre, se contentant de toiser froidement l'animagus. Bien évidemment, le bonheur de son fils lui importait, bien plus que Black ne pourrait jamais le comprendre, mais il ne pouvait tolérer un Weasley. Lucius n'avait guère envie de faire étalage de sa vie privée mais sa position restait au mieux précaire dans le camp de la Lumière, même s'il était désormais lié au Golden Boy, et peut-être serait-il judicieux de ne pas se montrer comme un parfait sans-cœur à leurs yeux s'il souhaitait obtenir informations et soutien contre le Lord, sans omettre protection pour sa famille.
- Je me préoccupe de l'avenir de mon fils, finit-il par déclarer, sa voix empreinte d'un soupçon de dédain. Je n'ai pas questionné une seule seconde ses motivations lorsqu'il m'a demandé de renoncer aux préparatifs de ses fiançailles avec la fille Parkinson et m'apprêtais à lui fournir une liste de candidates potentielles pour la remplacer, le laissant faire son choix parmi elles. S'il envisageait de batifoler avec l'un des rejetons d'une famille à laquelle les Malfoy sont opposés depuis des générations lorsqu'il m'a envoyé cette missive, il va s'en mordre les doigts.
- Cela concerne rarement l'héritier, il est vrai, mais un mariage est une façon honorable de mettre fin à une vendetta, musarda Sirius, s'attirant le regard durement glacial de Lucius.
Bien sûr, Sirius avait parfaitement raison, Lucius en était tout à fait conscient. L'une des techniques les plus courantes pour obtenir réparation d'un grief si ancien que plus personne ne savait réellement ce qui l'avait provoqué était de marier deux enfants, généralement les derniers-nés de chaque lignée, et de considérer ainsi que table rase avait été faite du passé. Le duel des chefs de famille était une autre possibilité mais elle donnait souvent lieu à certaines rancœurs, le camp perdant ayant invariablement tendance à accuser le vainqueur de tricheries et traîtrises diverses, et la situation ne s'en trouvait guère améliorée.
Et quand bien même le mariage était la solution choisie, le résultat donnait parfois naissance à des difficultés plus importantes qu'une vieille querelle à demi oubliée. Pour peu que l'union soit mal équilibrée ou malheureuse, les hostilités risquaient fort de reprendre de plus belle, au grand détriment des éventuels enfants qui en venaient fréquemment à détester l'une des deux, voire les deux familles responsables et à ajouter ainsi des tensions supplémentaires au sein de la bonne société sorcière déjà grandement affectée par les alliances et mésalliances qui y pullulaient.
Non vraiment, Lucius ne se voyait pas autoriser un tel acte de sitôt. Il tenait trop à son fils pour sceller un pacte aussi froidement professionnel et commercial que celui-ci. Cela ne sous-entendait nullement qu'il ne se réservait pas un droit de regard sur la jeune personne que son héritier accepterait en noces et qu'il ne poserait pas son veto le cas échéant. Ne croyant pas le moins du monde aux mariages d'amour et aux grandes déclarations passionnées, il était favorable aux mariages arrangés lorsque ceux-ci étaient conduits avec bon sens et un minimum de respect pour les deux concernés. Mais un Weasley… Il ne pouvait se résoudre à professer un tel irrespect pour son petit dragon.
- Ça ne sert à rien de s'énerver, grommela Harry. Ils ne peuvent pas se voir en peinture alors d'ici à ce qu'ils se retrouvent en couple…
- Oh, ça peut venir vite, Harry, soupira Sirius. Tu en es la preuve vivante.
- Je – ne – suis – pas – en – couple ! martela Harry d'une voix tendue. Mais pourquoi tout le monde lui répétait-il cela sans arrêt, hein ??
- Harry, bien que je déteste l'idée d'être en accord avec Snape sur quoi que ce soit, il a raison cette fois. Un vampire et son calice forment un couple, que cela te plaise ou non. Le lien qui les unit est très semblable au mariage, il ne lui manque que la reconnaissance du Ministère. Tu sais à quel point ces abrutis sont étroits d'esprit dès qu'il est question de créatures magiques…
- Marié ?!?!?! couina pathétiquement Harry, interrompant son parrain de son cri affreusement aigu.
- Et bien, en quelque sorte… Je crois que je ferais mieux de commencer par le début pour que cela soit plus clair, indiqua Sirius sous le regard dubitatif de Severus, pas convaincu pour deux Noises que l'animagus soit capable de présenter clairement les choses. Ceux qui naissent vampires ne reconnaissent pas comme valide un mariage classique, au sens propre du terme, soit effectuer cette cérémonie ennuyeuse avec flonflons, discours, buffet, danses et invités indisciplinés. Pour eux, le mariage est l'accomplissement du lien qu'ils forment entre eux et la personne que leur magie a reconnue, leur calice. Il consiste en un échange de sang – que Malfoy a réalisé hier soir – et en une consommation de l'union, généralement quelques heures à quelques jours après l'échange en fonction de la capacité de récupération de l'organisme du calice, qui change pour s'adapter aux besoins accrus de régénération sanguine.
- Par consommation tu veux dire… ? chuchota Harry, pas très rassuré sur son avenir.
- Par les caleçons de Serpentard, Potter !! Il n'y a que vous pour trouver moyen de poser question si stupide ! Un mariage, quelque soit sa forme, n'est effectif que s'il est consommé, c'est-à-dire lorsque l'un des partenaires a pénétré l'autre. Dans le cas présent, le lien ne sera complet que lorsque vous aurez couché avec Lucius, grimaça Severus, refusant de penser à son ami au lit avec Potter. Le vampire étant toujours dominant, en toutes circonstances.
Harry rougit violemment et Sirius lança un regard noir en direction du maître des potions qui n'en fut pas le moins du monde affecté.
Lucius comprit enfin les paroles sibyllines des deux hommes la veille au soir. Il ne s'en réjouissait guère. Son propre sexe n'avait vraiment pas sa préférence, indépendamment de la réaction embarrassante que le fait de mordre Potter avait pu lui procurer. L'instinct prendrait sûrement le dessus sur ses sentiments à ce sujet à un moment ou à un autre mais cela ne satisfaisait nullement l'aristocrate.
Surtout s'il mettait tôt ou tard le gosse enceint. Lucius avait toujours désiré une famille relativement nombreuse, enfin deux enfants au moins, mais il n'était pas sûr d'être prêt à faire face à une grossesse masculine, réputées pour être plus délicates à gérer que les grossesses classiques, les hommes n'étant pas physiologiquement faits pour porter des enfants et subir les flots d'hormones débilitantes qui accompagnaient le processus. Il pensait se remarier calmement, après s'être débarrassé de Narcissa, avec une femme suffisamment – mais raisonnablement – jeune pour être joliment décorative, modelable selon ses désirs, et qu'il aurait pris le temps choisir consciencieusement pour éviter une nouvelle Mangemorte froide et désintéressée, sans oublier irrespectueuse.
Mais non, il était condamné à œuvrer pour un camp en lequel il ne croyait pas et coincé avec le Survivant, un gamin d'à peine 17 ans, pour une durée indéterminée. Chacun avait le loisir de trouver en Lucius Malfoy un nombre incalculable de défauts, comme en chaque être humain, mais il n'avait certes pas celui de prendre ses partenaires au berceau.
Harry n'aimait pas Severus Snape, ce n'était pas là une grande nouvelle, mais il apprécia son franc-parler. Sirius aurait tourné autour du pot pendant une décennie, jusqu'à ce qu'il estime son filleul assez âgé pour effectivement avoir une relation plus poussée qu'un flirt. Dans un certain sens, Harry pouvait le comprendre, il l'avait connu bébé et avait sûrement du changer quelques couches avant le décès de ses parents, mais rien ne le protégerait de la réalité. Il avait beau considérer Lucius comme l'un des hommes les plus sexy qu'il ait jamais rencontré, il ne tenait pas en haute estime le passé, les opinions politiques et les actes de l'élégant aristocrate et n'était certainement pas prêt à avoir avec lui la plus petite aventure, encore moins partager sa vie et lui donner une fille. Il n'avait jamais été plus loin que quelques baisers échangés avec Colin Creevey l'an passé, et Théodore Nott en début d'année. L'idée d'une relation sexuelle lui faisait un peu peur, aussi séduisant que soit Lucius.
- Donc je suis sensé… d'ici peu… murmura Harry sur un ton un peu incertain.
- Merlin ! soupira Severus devant le manque de précision du garçon. Je n'aurais jamais cru qu'un adolescent de 17 ans puisse être aussi coincé…
- Oh ça va vous, hein, râla Harry. Il n'était pas très fier de se révéler si peu digne de sa Maison et n'avait nul besoin des sarcasmes de Snape pour accentuer ce fait.
- Peu importe, intervint Sirius. Pour ce qui est de l'acte en lui-même, tu composeras avec Malfoy, vous êtes, après tout, les seuls concernés. La magie du lien vous y poussera tôt ou tard. Une fois l'union consommée, vous serez très légalement marié en vertu des lois vampiriques et formerez un couple reconnu par toute créature magique… et par les sorciers pas trop réactionnaires. Puisque Malfoy n'est pas né vampire, il vous sera possible de vous marier pour officialiser la situation dans notre société, si jamais vous le souhaitez.
- Il est déjà marié aux dernières nouvelles…
- Tout mariage antérieur à sa nouvelle condition ne peut être poursuivi, à moins qu'il n'ait eu lieu avec la personne qui deviendra son calice. Il y a plusieurs millénaires, les vampires ont commencé, devant leur nombre faiblissant, à transformer des humains pour assurer la perpétuation de leur espèce car, bien que les descendants de ces vampires tardifs n'en soient pas eux-mêmes, ils portent les gènes et peuvent les transmettre. L'ennui était que lorsque ces nouveaux vampires trouvaient leur calice, celui-ci devait vivre avec la famille que le vampire possédait déjà avant sa transformation, si d'aventure famille il y avait. Alors que les enfants de leur compagnon ou compagne n'étaient pas perçus comme un danger potentiel par les calices, ils étaient en revanche extrêmement jaloux de la précédente femme ou du précédent mari. Les couples étaient très souvent déséquilibrés par ces trios forcés et la situation aboutissait fréquemment à des drames. Ils ont donc mis en place une loi, reconnue par la société sorcière dans laquelle la majorité des nouveaux vampires étaient choisis, qui rend caduque toute union antérieure – les parchemins officiels statuant sur l'état marital du vampire se dissolvent en flammes directement dans les tiroirs du Ministère, ainsi que toutes les copies existantes conservées en dehors du bâtiment – mais n'empêche pas les mariages postérieurs.
- Alors il n'est plus marié ? Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose...
- Vous vouliez faire ménage à trois avec Narcissa ? Et moi qui croyais innocemment que vous étiez exclusivement gay, ainsi que vous l'avez seriné à Miss Weasley… railla Severus.
- En pleine guerre, il n'est guère judicieux de fournir à une Mangemorte un motif supplémentaire de souhaiter ma mort prématurée. Cela ne prête pas à rire, déclara Harry d'une voix acide. Pourquoi ce genre de chose n'arrivaient-elles qu'à lui ? A croire qu'une conjonction cosmique avait juré sa perte.
- Narcissa ne sera certes point ravie de la tournure des événements, mais je n'ai nullement l'intention de la laisser exprimer son mécontentement, intervint Lucius.
- Qu'est-ce que tu voulais dire avec les mariages postérieurs, Siri ? demanda Harry, ignorant superbement Lucius qui faillit gronder tout haut devant l'aisance avec laquelle son calice le méprisait ouvertement. Il allait devoir mettre quelques petites choses au point avec le jeune Gryffondor sur la place qu'il occupait désormais. Il ne serait pas dit que son calice se conduise avec une telle indignité en public.
- Il faut que tu comprennes qu'une union calice/vampire n'est pas obligatoirement un mariage d'amour. Ce n'est pas parce que la magie d'un sorcier et celle d'un vampire sont compatibles que les individus le sont. Le lien va vous forcer à vous unir une fois pour qu'aucun autre vampire ne puisse jamais te réclamer comme sien mais il ne forcera aucun sentiment à s'épanouir. Ce que cette relation deviendra ne sera que le résultat de ce que vous souhaiterez. Vous pouvez passer toute votre vie à vous détester cordialement et à vous faire la guerre, entraînant une union malheureuse pour vous deux. Ou bien vous pouvez finir par vous respecter et par mettre en place une amitié, voire une certaine complicité. Ou encore tomber amoureux l'un de l'autre.
- Génial, l'éternité va me paraître très longue… souffla Harry.
- Pas l'éternité, Potter, coupa la voix agacée de son professeur de potions. Les vampires issus de transformations vivent plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires, en fonction de leur puissance et de celle du vampire qui les a engendré, mais ne sont pas immortels. Leur calice voit bien évidemment son espérance de vie augmenter exponentiellement.
- Quoi qu'il en soit, reprit Sirius en toisant sévèrement le directeur de Serpentard, si la relation s'avère être dénuée de contacts intimes, le vampire peut choisir de se marier avec une tierce personne.
- Et le calice ? demanda suspicieusement Harry sur un ton qui ne laissait rien présager de bon.
- Lui ne peut pas, répondit Dumbledore, l'excuse parfaitement audible dans sa voix, lorsque Sirius baissait les yeux, se perdant dans la contemplation du tapis pour éviter d'affronter son filleul sur ce point.
Albus avait jusqu'ici laissé Sirius et Severus gérer la situation, avec un résultat plutôt satisfaisant, mais il sentait que Sirius ne dirait rien et que les manières froidement désinvoltes de Severus ne feraient de nourrir la colère d'Harry à cette flagrante injustice.
- QUOI ?????? Et en quel honneur ??? siffla violemment Harry.
- Les vampires sont dominateurs, jaloux et absurdement possessifs, Potter, expliqua Severus d'une voix traînante. Un vampire confronté à ce cas de figure tuerait immédiatement son rival, d'où l'interdiction pour les calices de se marier avec tout autre que son vampire, ainsi que l'impossibilité de prendre un amant ou une maîtresse dont ce dernier pourrait percevoir l'odeur en se sustentant.
- Je croyais les calices jaloux aussi, alors pourquoi… ?? demanda-t-il durement, dubitatif.
- Ils le sont, Harry, l'apaisa Sirius, mais un calice n'est pas une créature magique particulièrement dangereuse qui étripera le premier venu sur un simple soupçon. Mise à part la capacité à régénérer son sang plus rapidement qu'un sorcier normal, un calice n'est en rien différent du premier quidam venu. Leur jalousie est… comment dire ? soupira l'animagus. Que la relation vampire/calice soit amoureusement épanouie, ou un combat perpétuel, ne pèse guère dans la balance. Il ne s'agit pas automatiquement d'une jalousie passionnelle mais, s'il n'existe aucun sentiment entre le vampire et le calice, plutôt de celle que tu peux ressentir envers une possession qui t'échappe. Le calice est la nourriture du vampire, raison première pour laquelle il est possessif quelles que soient les circonstances, et le vampire est la protection du calice, protection dont il a désespérément besoin s'il ne veut pas mourir d'angoisse et qu'il refuse de partager. Il va sans dire qu'un calice a une large palette de moyens à sa disposition pour faire comprendre au vampire concerné tout le mal qu'il peut penser de l'intrusion d'un tiers dans leur vie.
Le regard étincelant et mortellement froid que Sirius posa sur Lucius ne laissait nulle place au doute : Lucius n'avait pas intérêt à tenter l'expérience s'il ne voulait pas devoir faire face à de lourdes représailles à la mode Black. Pas une perspective des plus réjouissante au vu des crises que Narcissa avait piquées deci delà au fil des ans. Un Black en colère était magnifiquement dangereux et Lucius n'était pas pressé de renouveler l'exploit qui avait bien failli lui coûter une partie fort importante de sa précieuse anatomie, quelques années auparavant.
L'estomac d'Harry gronda distinctement, faisant rougir le garçon jusqu'à la racine des cheveux sous le petit rire amusé de Dumbledore et interrompant Sirius dans sa noble entreprise d'intimidation.
- Au vu de l'heure tardive, peut-être pourrions-nous prendre le petit-déjeuner dans le salon et laisser Harry et Lucius intégrer tout cela ? Je suis sûr que vous resterez tous deux disponibles pour répondre à une question éventuelle, si le besoin s'en faisait sentir, n'est-ce pas Messieurs ? demanda le directeur, se tournant vers alternativement vers Sirius et Severus.
Albus pressa rapidement son petit monde dans le salon des appartements qu'il avait alloués à Lucius, sans requérir plus avant leur opinion. Il appela un elfe pour passer commande et entreprit de papoter à tort et à travers dans le but, bien inutile puisque personne ne l'écoutait, de distraire les quatre hommes qui prenaient place autour de la table.
A part le directeur, qui avait apparemment décidé de saouler de paroles tout son entourage si l'on en juge par la célérité avec l'elfe couina et se sauva après avoir déposé les plateaux, nul ne parlait, chaque homme plongé dans ses pensées.
**********
A l'extérieur de la Grande Salle, 7h30.
Draco était en retard.
Il était généralement installé à sa table, entouré de sa cour, un peu avant 7h tous les matins. Mais il n'avait pas pu quitter le confort rassurant de sa chambre à son heure habituelle, inquiet de ce à quoi il devrait faire face.
Maintenant qu'il avait réussi à rassembler suffisamment de courage pour sortir et affronter la réalité, il hésitait bêtement devant la porte.
Il étriperait le premier qui oserait le souligner, bien entendu.
Il devait se reprendre.
Il ne laisserait pas se répandre la rumeur selon laquelle un Malfoy serait perturbé, impressionné ou ne serait-ce que gêné par les actions d'un Weasley !
Inspire… Expire… Inspire… Expire… Ça ne peut pas être si terrible après tout… Je vais seulement être la risée de tout Poudlard…
Une paille !!
Draco vérifia une dernière fois la perfection de sa tenue, remis en place une mèche vadrouilleuse, neutralisa toute expression sur son visage délicat et poussa la lourde double porte de la salle.
Son entrée passa remarquablement inaperçue.
Il fronça légèrement son petit nez aristocratique, étonné. Il se demanda s'il préférait cette absence totale de réaction à sa présence ou bien une Grande Salle silencieuse, le regard braqué sur lui, un sourire prêt à poindre. Même s'il s'avouait faiblement être soulagé de ne pas avoir rejoint la table des Serpentards sous les ricanements, il n'aimait guère être tenu ainsi pour quantité négligeable. Un Malfoy n'est jamais snobé, où qu'il soit et quelle que soit la compagnie.
Peut-être Weasley n'avait-il rien dit finalement… Draco n'aurait pas hésité une seule seconde avant d'utiliser un matériel de chantage aussi juteux mais apparemment la belette plaçait son honneur gryffondoresque au dessus d'une belle opportunité. Ou alors il s'était contenté de glousser avec ses amis dans leur salle commune. Le Serpentard n'avait aucun moyen de s'en assurer outre le fait de poser la question directement au concerné, ce qu'il éviterait à tout prix, préférant subir une séance de torture dans l'antre du Lord que d'approcher Weasley et ses amis.
L'absence des invités surprises du château et de Potter, en revanche, faisait marcher les langues et les commentaires allaient bon train. Pourquoi n'étaient-ils plus là, étaient-ils repartis à leur époque, si oui comment, pourquoi personne n'avait été prévenu, que pouvait bien faire Harry Potter de si bon matin pour ne pas être, comme il sied, présent au petit-déjeuner… La liste semblait interminable mais Draco ne parvenait pas à s'y intéresser. Sa future petite sœur était adorable et il allait la regretter mais il avait tout simplement trop de choses à l'esprit pour s'appesantir sur le sujet.
Sur sa faiblesse, pas un murmure.
Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir.
Il fixa silencieusement son assiette remplie de la nourriture que Blaise avait empilée sans son consentement. Il n'avait pas envie de manger. Pas alors qu'il était dans l'incertitude vis-à-vis des intentions fumeuses de Weasley et qu'il se devait de prendre le thé avec son père dans l'après-midi…
Un remue-ménage subit s'éleva de la table des Gryffondors et Draco leva les yeux sans enthousiasme. La Weaselette agitait les bras dans tous les sens, râlant visiblement contre son frère et Granger qui essayaient péniblement de la calmer alors qu'ils semblaient eux-mêmes assez éprouvés pour une obscure raison. Il ne lui traversa pas l'esprit que l'absence de Potter ait pu considérablement stresser ses amis.
Alors que son regard errait sur la tablée, il croisa par mégarde deux yeux bleus inquiets. Il fut bien malgré lui aspiré par l'éclat si vivant de l'âme qu'ils renfermaient et resta là, sans bouger, un toast beurré en main, les yeux fixés dans ceux de cette personne qui rougit brusquement jusqu'à la pointe des oreilles, le tirant de sa transe. Clignant rapidement des paupières, Draco se concentra et réalisa que les prunelles qui l'avaient fasciné l'espace d'un instant appartenaient à Ronald Weasley. Le jeune homme avait baissé la tête, le visage toujours aussi coloré, et semblait en proie à une forte émotion.
Draco était partagé entre un profond dégoût de lui-même pour avoir oser trouver les yeux d'un Weasley ne serait-ce que vaguement intéressants et une sincère curiosité devant la réaction étrange du rouquin. Il se serait attendu à recevoir un regard noir en retour, ou tout du moins à des insultes, lancées la bouche pleine puisque rien ne paraissait pouvoir détourner un Weasley d'un repas, pour avoir voulu lui jeter un sort ou tout autre action aussi insensée.
Mais non.
Rien de tout cela.
Pour peu, il croirait presque que Weasley était… gêné ?
Il ne comprenait décidément rien au comportement étonnant de la belette ces derniers temps. Il s'occupait de lui en pleine crise de larmes, ne révélait pas qu'il avait été le témoin de ladite crise de nerfs indigne de Draco, ou gardait l'information soigneusement confinée dans son cercle d'amis, lui épargnant un scandale public, et maintenant il rougissait en croisant son regard ?
Le Prince des Serpentards renonça à ses tentatives d'analyse weasleyenne vouées à l'échec et se leva, quittant la salle sans un regard en arrière.
**********
Blaise ne tentait pas de remonter le moral de son meilleur ami, se sentant curieusement vide. La jeune fille sage et posée qu'il avait côtoyé les semaines passées lui manquait. Il fixait la table des Gryffondors, et plus précisément la sorcière châtain à la chevelure frisottant de manière indisciplinée, avec dans le regard une étincelle d'interrogation fervente. Hermione Granger n'était pas ce qu'il considérait comme la plus séduisante jeune femme de la Grande Salle mais elle possédait un corps souple et mince à la peau légèrement hâlée tout à fait intéressant. Sa personnalité, une fois l'impasse faite sur sa manie des plannings, était attrayante et soutenir une conversation intelligente et cultivée ne lui faisait pas peur. Ils avaient plus de points communs qu'il ne l'aurait imaginé au premier abord.
Oui…
Elle lui plaisait.
La question était : allait-il agir ? Il ne savait pas vraiment comment aborder une Gryffondor. Blaise avait bien plus d'une conquête à son actif mais aucune chez les lions et les différences qui existaient entre les modes de pensées des Maisons de Poudlard n'étaient pas que des rumeurs ou des divisions schématiques. Elles étaient bien réelles et pouvaient singulièrement vous embrouiller la situation. Hermione avait beau être une sorcière astucieuse, elle n'avait pas la finesse d'analyse des comportements que les Serpentards perfectionnaient tout au long de leur existence. Il ne pouvait se permettre d'être trop subtil – recommandé pour les Serdaigles qui aimaient à voir leur intelligence soulignée de la sorte, et pour les Pouffsoufles qui prenaient si facilement peur –, pas plus qu'une approche trop directe ne serait indiquée – idéale avec les Serpentardes qui n'appréciaient que moyennement de devoir perdre du temps en vaines parades.
Ennui supplémentaire : Hermione Granger était toujours officiellement avec la belette, qui ne manquerait pas l'occasion de lui aplatir son poing dans la figure s'il approchait à moins de deux mètres de la jeune femme en sa présence, complication dont il se serait volontiers passé.
Il ne savait pas trop sur quel pied danser… Il avait commencé à faire la connaissance d'Hermione et ne voulait pas revenir en arrière maintenant que leur future fille était partie mais il refusait de lui faire tout bonnement des avances comme s'il ne cherchait qu'une partenaire pour la nuit. Ce n'était pas le cas. Il allait devoir trouver le juste milieu et le jeu pouvait s'avérer dangereux s'il venait à la connaissance du petit ami officiel bien que snobé.
Il ignorait si cette relation entre eux fonctionnerait, si Hermione accepterait sa proposition, malgré l'assurance qu'il avait reçue de sa descendance. Il n'était certainement pas amoureux de la jeune femme mais sa curiosité était piquée.
Il était prêt à tenter le coup et advienne que pourra.
Le brusque mouvement de Draco le fit sursauter mais il ne le suivit pas alors qu'il continuait à grignoter son petit-déjeuner, son regard ne quittant pas les agités griffons. Il jeta brièvement un coup d'œil exaspéré vers l'assiette encore pleine de Draco et prit mentalement note de faire une leçon de morale bien sentie à son ami plus tard dans la journée.
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Hermione avait suivit Ron dans la Grande Salle sans même y penser, concentrée sur ce qui aurait pu forcer Harry à ne pas revenir dans son lit de la nuit et accessoirement entraîner la disparition de ses affaires de son dortoir, ainsi qu'un rouquin au bord de la crise de nerfs le lui avait appris peu auparavant, agressant ses tympans dès l'aube.
Elle tentait de ne pas s'inquiéter, sachant qu'Harry avait couru dans le bureau du directeur la veille pour lui faire part du retour de leurs enfants dans leur trame temporelle, et qu'il n'existait pas au monde d'endroit plus sûr que le bureau d'Albus Dumbledore. Cela dit, bien qu'il ne soit en rien extraordinaire de noter l'absence du directeur au petit-déjeuner, cet événement fut loin d'apaiser ses craintes.
Les hurlements convulsifs de Ginny lorsqu'elle découvrit que son Survivant vénéré n'était pas avec ses amis et que ceux-ci ignoraient où le garçon pouvait bien se trouver ne firent que renforcer sa frayeur qu'un malheur ne soit survenu.
Ron n'aidait en rien.
Il mangeait, un air triste et anxieux plaqué sur le visage.
Pas un mot de soutien, simplement quelques demi-tentatives sans grande implication pour calmer la furie hystérique qui bondissait sur place comme un chaton en manque de distraction.
Hermione soupira.
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Ron était perturbé par la disparition de son meilleur ami. Il n'était pas rentré – ce qui n'était pas en soit si inhabituel et ne l'avait guère inquiété la veille au soir, il arrivait fréquemment que le jeune homme ne revienne qu'après que lui se soit déjà endormi – et il ne restait pas un fil de ses vêtements dans la tour Gryffondor, pas un livre, pas même une vieille plume cassée au fond d'un tiroir.
Rien.
Le plus jeune des mâles Weasley ne vouait pas à Dumbledore une confiance sans faille, estimant que certaines de ses décisions ne prenaient vraiment pas en compte les individus et leurs desideratas dans ses si savants calculs, ainsi qu'il l'avait récemment prouvé lors de l'apparition des enfants, et n'était guère rassuré quant aux difficultés dans lesquels le directeur avait encore dû plonger son ami.
Comme si Harry Potter n'attirait pas déjà tout danger potentiel à dix lieues à la ronde sans l'aide de personne !
Les cris aigus et insupportables de sa sœur faillirent l'assourdir avant qu'il n'ait eu le temps de se resservir une troisième assiette de viennoiseries et il fit l'effort surhumain de tenter mollement de la raisonner lorsqu'il vit à quel point Hermione ramait de son côté.
Peine perdue, bien évidemment.
Personne ne se place entre une femelle Weasley et sa juste colère.
Il retourna sans plus s'en préoccuper à son repas, laissant traîner un regard douloureux sur la pièce. Un éclair métallique croisa son champ de vision et il y tourna tout naturellement des yeux, plongeant involontairement dans un puits de mercure en fusion. L'impression d'infinie tristesse et la résignation fragile qu'il y lu le déstabilisa et un moulinet expressif de Ginny, plus virulent que les autres, le fit sortir de sa torpeur et il se rendit compte que cette couleur si particulière ne pouvait appartenir à aucun autre que Draco Malfoy. Il rougit incontrôlablement et baissa les yeux, envahi par l'image sans cesse repoussée d'un Draco humain et troublé, en larmes dans une salle poussiéreuse.
Il retourna à son assiette, toute passion l'ayant déserté.
**********
Appartements de Lucius Malfoy, 7h50.
La porte se referma derrière Albus Dumbledore qui entraînait avec lui un Sirius Black récalcitrant, laissant Lucius et Harry seuls à seuls.
Severus était parti quelques minutes auparavant pour préparer sa salle de classe alors que le directeur indiquait à Harry qu'il n'avait pas à aller en cours, qu'il avait encore besoin de rester à proximité de son vampire, et qu'il pourrait reprendre le lendemain, lorsque le lien serait suffisamment stable et qu'il se serait reposé. Le vieux sorcier avait bien insisté sur le fait qu'il passerait le reste de l'année avec Lucius dans cet appartement privé dans lequel ses affaires avaient déjà été transportées, mais que cela ne l'empêcherait en rien de voir ses amis et de suivre ses leçons comme tout autre élève.
Le jeune calice, inquiet de se retrouver avec un Mangemort renommé sans personne pour le protéger le cas échéant, alla s'asseoir dans le canapé de cuir crème qui occupait une place de choix devant l'âtre et considéra silencieusement le foyer vide.
Lucius s'éclipsa dans la salle de bains et laissa le jet brûlant apaiser son corps encore douloureux, souffrant des tortures et privations qu'il avait subies. Le sang du garçon avait soulagé sa faim et bon nombre de séquelles mais il ne pouvait faire de miracles. Il faudrait certainement plusieurs jours avant que son organisme ne soit remis. Il se nettoya scrupuleusement, lavant sa longue chevelure trois fois d'affilée pour se débarrasser de l'odeur de terre humide et moisie des cachots qu'il sentait encore sur lui, et resta plus longtemps qu'il n'était nécessaire sous l'eau cascadante. Il avait besoin de se détendre un peu, de s'habituer à sentir les émotions bondissantes du garçon, et de faire le point.
Il devait faire comprendre au petit Gryffondor assis dans la pièce d'à côté ce que le fait d'être techniquement marié à Lord Malfoy impliquait mais il sentait qu'il allait devoir composer un peu. Il s'adressait au Golden Boy de Dumbledore, sorcier extrêmement puissant, craint de Voldemort malgré son grand âge, manipulateur de génie et fouineur invétéré. S'il voulait éviter l'ingérence du vieux fou dans sa vie privée et assurer la sécurité de son fils, il se devait de ne pas fournir de motif de récrimination majeure à son calice. Le vampire, qui jusqu'ici était resté relativement calme, s'éveilla et commença à protester tout au fond de l'esprit de Lucius qu'il était hors de question de faire éprouver à son calice tout chamboulé le moindre mécontentement. Lucius comprit bien vite qu'il était inutile de tenter de faire taire cette petite voix exaspérante qui se renforçait chaque fois qu'il l'oblitérait. Il soupira et sortit de la cabine de douche, achevant rapidement de se préparer.
Lorsqu'il revint dans le salon, Harry mordillait nerveusement sa lèvre inférieure. Il leva le regard sur l'aristocrate qui se tenait sur le seuil et demanda sur un ton incertain s'il pouvait procéder à ses ablutions matinales. Lucius haussa un sourcil inquisiteur, surpris de la question.
- Il me semble qu'il n'existe qu'une seule salle de bain en ce lieu et vous habitez dorénavant cet appartement alors pourquoi vous enquérir de mon opinion en la matière ? Je n'ai aucun désir de partager ces pièces avec un souillon à l'odeur intolérable.
Harry rougit mais ne répondit pas et courut s'enfermer dans la douche, laissant Lucius perplexe devant les émotions tourbillonnantes qui l'assaillaient. Emanant du jeune homme, il ressentait un mélange de peur, qui fit grincer des dents le vampire blotti dans sa tête, de gêne et… d'incrédulité ? Quoi, son calice s'attendait-il à ne pas pouvoir bouger le petit doigt sans la bénédiction de Lucius ?? Il ne comprenait pas et n'aimait pas cela.
Il n'avait jamais entretenu de très bonnes relations avec Narcissa, Merlin lui en soit témoin. Elles s'étaient toujours avérées froides et tendues, au mieux, mais il comprenait toutefois ses réactions et ses souhaits.
La plupart du temps, tout du moins… Son choix en matière d'amants est rédhibitoire…
Sa femme était une adulte, Serpentarde, qui cherchait toujours à obtenir quelque chose et protégeait ses intérêts. Elle était également issue d'une grande et vieille famille de Sang Purs et il ne lui viendrait pas à l'esprit de remettre en question le fait que la famille et l'honneur étaient les pierres angulaires de leur société et de leurs traditions. Une attitude qu'il jugeait parfaitement saine. Il avait toujours laissé sa femme suivre ses fantaisies, pourvu que celles-ci ne soient pas contraires au code de conduite des Malfoy et ne lui nuisent pas personnellement.
Mais le Gryffondor, encore adolescent, avait été élevé par des moldus qui n'avaient pas la moindre notion de tout cela et la tendance innée qu'il avait de courir au secours de la veuve et de l'orphelin indiquait assez son manque de considération pour sa propre vie. Il semblait croire que Lucius prenait un malin plaisir à tout régenter, lui qui avait horreur de passer son temps à donner d'inutiles instructions. Il avait bien assez de l'incompétence de ses collaborateurs et employés pour se préoccuper de contrôler son petit monde. Lucius avait toujours estimé que chacun faisait ce qu'il voulait, dans les limites imposées par la bienséance bien entendu, et prenait ses responsabilités, quels que soient ses choix.
Vraiment Lucius ne pouvait pas trouver deux personnes aux caractères plus opposés.
Résultat : il était complètement perdu.
**********
Son calice occupait la salle de bains depuis presque une heure désormais et, bien qu'il ait senti les émotions du garçon reprendre une intensité plus modérée, il commençait à trouver le temps long. Il n'avait pas l'intention de poireauter gentiment toute la journée et se dirigea vers la chambre qui séparait le salon de la salle d'eau.
A l'instant où il allait faire irruption dans la pièce, faisant fi de la modestie du jeune homme, celui-ci ouvrit la porte et sortit, négligemment vêtu d'un jean de deux tailles trop grand et d'un pull ne comportant pas moins de trois trous et baillant à l'encolure.
Lucius en avala sa salive de travers.
- Pourriez-vous me dire, je vous prie, quelle est cette… tenue ? demanda-t-il d'une voix traînante.
- Ben… un jean avec un pull ? railla légèrement Harry, à qui la réponse semblait évidente.
- Issus de la plus proche poubelle, sûrement.
- Non, déclara le garçon sur un ton sec, rougissant de colère. Il n'avait pas choisi d'hériter systématiquement des vieux vêtements bien trop larges de son cousin.
- Vous m'étonnez… Au vu de votre célébrité et de la place que vous occupez dès à présent dans notre société, et ce même si vous ne portez pas le nom de Malfoy, un certain standing est requis. Je pense qu'une sortie chez mon tailleur sera de mise dès que possible. Je refuse de vous voir vêtu ainsi en ma présence.
- Je ne vous demande pas votre avis !! Je ne suis pas un gosse de riche pourri gâté, moi !
- Je vous demande pardon ? s'étonna Lucius. Les Potter sont une ancienne famille de Sang Purs très fortunée. Pas autant que les Malfoy, je vous le concède, mais je doute que, même avec la meilleure volonté du monde, votre père ait pu dilapider un tel héritage.
- Je n'ai pas d'argent à dépenser en vêtements, mon coffre est presque vide. Mon oncle s'en débarrasserait de toute façon alors je ne vois pas l'intérêt, répliqua Harry en haussant les épaules.
- Vous parlez de votre coffre de tutelle sûrement. Il est normal qu'il s'épuise à la fin de votre scolarité. Je peux cela dit comprendre qu'une telle garde-robe puisse offenser votre oncle…
- Un coffre de tutelle ?? Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry, perdant pied en territoire inconnu. Il ne releva cependant pas la remarque de Lucius sur son oncle, peu désireux de devoir s'en expliquer. Si l'homme oubliait qu'il avait prononcé ces paroles indésirables, il n'allait certes pas le lui rappeler et s'humilier.
- C'est un coffre que la banque met à votre disposition pour payer les frais inhérents à votre éducation lorsque vous êtes orphelin, la somme étant calculée en fonction de l'école à laquelle vous êtes inscrit et prélevée sur votre héritage pour subvenir à vos besoins en attendant que vous puissiez réclamer la totalité de ce qui vous appartient à votre majorité. Vous devriez le savoir. Tout comme vous devriez savoir qu'il ne s'agit certainement pas là du seul coffre que vous possédez, bien que les autres ne vous soient pas encore accessibles.
Lucius n'avait pas prévu de faire un cours de fonctionnement bancaire à Harry Potter ce matin mais il était sidéré que le jeune homme puisse ne pas connaître des faits aussi évidents. Sang mêlé ou non, il descendait d'une grande famille de Sang Purs respectueuse des anciennes traditions, bien qu'appartenant à la Lumière, il aurait dû savoir cela. A croire que personne n'avait pris la peine de faire son éducation correctement…
- Mais je suis majeur ! protesta Harry, malgré lui intéressé par la conversation et oubliant presque qu'il papotait avec un Mangemort.
- Pour la société oui, mais pas pour les Gobelins. Ils ne vous donneront pas accès à vos coffres avant vos dix-neuf ans. Vous pouvez cependant négocier avec eux l'approvisionnement de votre coffre de tutelle si vous avez suffisamment d'argent en réserve, ce qui ne devrait pas être un problème dans votre cas. Quoi qu'il en soit, je ne tolèrerais pas que vous portiez ces guenilles en public alors que nous sommes pratiquement mariés, acheva Lucius d'un ton définitif et hautain.
- Je ne suis pas votre esclave ou votre petit chien ! Je ne vais pas vous laisser me dire ce que je dois faire ! s'emporta tout à coup Harry, pas prêt à abandonner son libre arbitre entre les mains élégantes et jadis manucurées de Lucius Malfoy.
- Être associé à la famille Malfoy implique un certain nombre de contraintes, dont celle d'avoir toujours une présentation impeccable, reprit Lucius d'une voix nettement plus froide, le regard dur, fixant son calice sans ciller. Je disais donc qu'une nouvelle garde-robe était indispensable, ainsi qu'une coupe de cheveux et de nouvelles lunettes si une intervention pour améliorer votre vue n'est pas médicalement possible à effectuer. Vous vous comporterez comme un consort se doit de le faire en public, avec la politesse et la bienséance requise, et comme une bonne épouse en privé.
- PARDON ??!!??!!??!!??!?! Il est hors de question que je devienne votre potiche, votre bouillotte personnelle ou votre esclave sexuel, est-ce bien clair ?!? exigea vivement Harry, haussant le ton.
Le vampire prit très mal les hurlements de son calice et Lucius gronda sauvagement sa réponse, tentant de ne pas lui signifier physiquement davantage sa colère alors qu'il l'avait déjà acculé contre le mur, une main posée de chaque côté de la tête brune :
- Écoutez-moi bien, Mr Potter, parce que je ne me répéterai pas ! Vous mettrez un point d'honneur à paraître convenable en public, même lorsqu'il ne s'agira pour vous que d'aller en cours. Vous présenterez toujours un front uni avec moi en société, quels que soient vos convictions ou sentiments en la circonstance, et veillerez à toujours montrer les meilleures manières, même si je dois vous les inculquer à l'ancienne mode. Croyez-moi, vous apprendrez très vite avec un nombre raisonnable de coups de règles sur les doigts, excellente technique avec laquelle on enseignait la bienséance dans ma jeunesse et qui venait à bout des plus récalcitrants. Vous assurerez également le rôle intime qui vous est dévolu dans cette relation. Je ne crois absolument pas en l'infidélité, ce qui m'oblige à ne pas rechercher d'autre compagnie que la vôtre malgré l'absence d'intérêt que je porte aux hommes en général. Il n'est que justice que vous me retourniez la courtoisie, Mr Potter.
Harry n'en menait pas large, bloqué contre le mur, Lucius le surplombant d'un air menaçant et le transperçant de ses yeux froids. Il se rappela tout à coup parfaitement pourquoi cet homme était si redouté. Une partie de lui ne voulait que faire acte de soumission devant son vampire et se faire pardonner d'avoir crié mais son esprit rationnel s'insurgea et hurla à la trahison puis repoussa la petite voix timide du calice dans les profondeurs de son cerveau. Harry ne put ceci dit que déglutir faiblement, incapable d'exprimer sa consternation lorsque le visage de Lucius s'approcha dangereusement du sien. La crainte que le Mangemort ne profite de la situation pour l'embrasser, voire achever le lien, le submergea lentement.
Lorsque Lucius vit le bref éclair de rébellion illuminer les yeux du garçon avant qu'il n'avale péniblement sa salive en tremblant légèrement, le vampire fut étrangement satisfait d'avoir remis son calice à sa place et il ressentit soudainement le besoin de le réclamer, d'affirmer sa domination sur le fragile calice, abaissant vers lui son visage.
Sa satisfaction fut cependant quelque peu ternie par la sensation de frayeur qui s'insinuait en lui en provenance du Gryffondor. L'émotion était invisible sur son visage, transparaissant tout juste dans ses yeux verts, si peu qu'il aurait cru l'avoir rêvée sans cette capacité innée de ressentir l'état d'esprit de son calice.
Il se domina difficilement, réalisant brusquement qu'il avait brièvement eu réellement envie d'embrasser le jeune homme, de le mordre et de le marquer, montrant à tous qu'il lui appartenait.
Il n'avait pas voulu lui faire peur, simplement lui expliquer quelles étaient les contraintes de la haute société à laquelle il n'avait pas d'autre choix que d'appartenir dorénavant. Mais bien sûr, il ne pouvait demander à un Gryffondor d'écouter calmement au lieu de hurler instantanément qu'il refusait.
Tant pis, ça lui apprendra ! La prochaine fois, il se taira.
Et tu crois qu'il va te nourrir gentiment de son plein gré après cela, hmm ??
Lucius fit taire la voix exaspérante qui se permettait de commenter les événements. Le vampire en lui n'appréciait pas la rébellion mais ne pouvait s'empêcher de lui rappeler que le lien n'était encore scellé et qu'effaroucher son calice était une très mauvaise idée s'il ne voulait pas faire la grève de la faim pour une durée indéterminée.
Il recula souplement et déclara simplement :
- Je constate que nous sommes d'accord.
Il laissa le garçon se sauver dans le salon et ne tenta pas de le suivre pour le moment, s'asseyant sur le fauteuil qui trônait près du lit. Lui-même avait besoin de temps pour remettre ses idées en ordre. Il n'était jamais impulsif – enfin rarement – et ne perdait pas son sang-froid. Il se devait de maîtriser les crises intempestives du vampire s'il ne voulait pas faire une scène en public pour une peccadille, un jour qui ne serait pas fait comme un autre. La conversation n'avait pourtant pas trop mal commencée et Potter semblait être capable de porter un masque, imparfait certes mais qui ne manquerait pas de progresser sous sa tutelle.
Surprenant pour le Golden Boy, mais incontestablement utile.
Peut-être certaines choses ne seraient-elles pas si terribles…
**********
Tour Gryffondor, 16h.
Harry entra précautionneusement dans la salle commune, prêt à disparaître en un clin d'œil si elle se trouvait être pleine d'élèves qui l'assommeraient immanquablement de questions. Heureusement, il ne vit que Ron et Hermione, installés dans l'un des sofas, et Neville qui bichonnait une plante hideuse sur le rebord de l'une des fenêtres. Quelques premières années étaient assis dans les escaliers menant aux dortoirs mais il ne leur prêta pas attention et se dirigea vers ses amis.
- Harry !! Merlin mais où étais-tu passé ?? Tu vas bien ?? Je te trouve une petite mine, tu sais. Tu devrais faire attention, c'est l'année des ASPICs, tu ne peux pas te permettre d'être malade…
- Mione, laisse-le respirer, intervint Ron qui libéra son ami de l'étreinte tentaculaire de la préfète.
- Je ne suis pas malade, croassa le Survivant avec difficulté. Hermione avait de la force malgré sa petite taille.
- Je l'espère pour toi parce que si tu étais malade et que tu n'es pas allé à l'infirmerie, ainsi que je l'ai vérifié ce matin après le cours de potions, tu vas m'entendre Harry James Potter !!
- Si tu le laissais plutôt nous dire ce qui s'est passé ? demanda Ron, pas vraiment rassuré par l'état d'abattement manifeste d'Harry.
- Calme toi Mione. Il y a eu un imprévu hier soir…
Harry fit une pause pour reprendre son souffle et placer un sort de silence autour d'eux, avant de leur raconter tout ce dont il se rappelait, laissant quelques détails embarrassants de côté. Ron prit graduellement un air verdâtre peu engageant alors qu'Hermione semblait peser soigneusement le pour et le contre.
- Ainsi c'est de cette manière que vous vous êtes mis ensemble… murmura-t-elle pensivement.
- Tu dis ça comme s'ils étaient volontairement en couple ! s'exclama Ron, scandalisé.
- Je ne dirais pas volontairement, non… Mais il faut voir le bon côté des choses. Lucius Malfoy peut apporter beaucoup d'informations cruciales pour nous dans cette guerre.
- Sûrement mais pourquoi le ferait-il alors qu'il lui suffit de retourner ramper aux pieds de son maître en lui livrant Harry ?
- Ron ! Ne dis pas de bêtises !! Il ne pourra jamais faire ça ! C'est un vampire maintenant, il doit protéger son calice envers et contre tout. Et puis les vampires sont farouchement indépendants, il ne sera jamais plus au service de personne, ce que Tu-sais-qui risque de mal prendre. Sans oublier qu'il doit s'assurer que son fils soit en sécurité et à l'abri des Mangemorts. Non, il ne fera rien d'aussi drastique que ta supposition…
- Ben me vlà rassuré ! railla amèrement Harry. Je n'ai plus qu'à le supporter toute ma vie, outre le fait de coucher avec !
- Ne l'aurais-tu pas décrit comme sexy il n'y a pas si longtemps ? demanda malicieusement Hermione, provoquant chez Harry un rougissement intense et faisant sauter Ron sur ses pieds.
- MIONE ! Comment peux-tu lui dire ça ? Ça ne va pas l'aider de lui rappeler un égarement temporaire !
- Parce que faire l'autruche va aider peut-être ??
- Arrêtez, s'il vous plait. J'ai suffisamment entendu crier comme ça pour la journée. C'était assez dur d'entendre Lucius Malfoy en personne me déclarer que j'avais tout intérêt à me comporter en bonne épouse alors n'en rajoutez pas.
- Il… il a dit ça ? demanda Ron, un peu surpris.
- Entre autres, oui.
- Oh.
Hermione et Harry le regardèrent attentivement, curieux de connaître la raison de cette exclamation dont ils ne voyaient pas le dessein.
- Ben… Comment dire… S'il a dit qu'il espérait que tu te conduises avec la bienséance requise, alors il prend ça…, vous… enfin bref, cette histoire… très au sérieux. Pour les Sang Purs, la famille et l'honneur qui est associé à son nom sont les choses les plus importantes. Puisque vous êtes plus ou moins mariés, tout ce que tu feras va rejaillir sur lui et sur le nom des Malfoy. D'où le fait qu'il ait un peu insisté, expliqua Ron, un peu gêné. Je crois qu'il veut s'assurer que tu ne détruiras pas sa réputation, qui devient aussi la tienne d'ailleurs, et que tu as conscience du fait que la famille est tout.
- Hhhmmppffffff… Il m'a surtout paru vouloir que j'obéisse au doigt et à l'œil, oui !
- Tu devrais peut-être demander des explications à Sirius sur les coutumes familiales si tu préfères ne pas aborder le sujet avec Lucius Malfoy ? hasarda Hermione. Après tout, les Black sont une ancienne famille et ses parents ont du lui apprendre tout ça…
**********
Appartements de Lucius Malfoy, même heure.
Draco se tenait sur le pas de la porte, hésitant.
Encore.
Il faisait décidément une habitude de perdre son assurance. Et il n'aimait pas ça.
Il respira un grand coup et frappa.
Lucius le fit entrer et l'installa courtoisement dans un fauteuil moelleux, en bon hôte, et attendit que son fils prenne la parole, assis sur le sofa, une tasse d'Oolong à la main. Draco savait que son père ne le pousserait pas à parler puisqu'il avait reculé et éludé la question la veille, lorsque celui-ci avait requis des explications. Il n'allait sûrement pas lui simplifier la vie maintenant.
- Où est passé Potter ? demanda-t-il, incapable d'aborder directement le sujet devant l'air aristocratiquement froid et fermé de Lucius.
- Probablement avec ses amis. Je lui ai demandé de nous laisser seuls pour cette discussion et je pense que, si je ne l'avais fait, des Gryffondors en furie auraient eu tôt fait de démonter ce château pierre par pierre pour le retrouver.
- Comment… comment cela s'est-il passé entre vous, ce matin ? osa timidement Draco.
- Étrangement, je dirais. Il n'a pas la plus petite notion de la manière dont fonctionne notre société en dehors de ces murs, répondit Lucius, un sourcil élégamment haussé devant l'impertinence de la question. Mis à part cela, nous nous sommes réciproquement ignorés à trois mètres l'un de l'autre, durant toute la journée.
Conscient du manque d'aise de son fils, et connaissant parfaitement les raisons qui se dissimulaient derrière les légers tics que montrait le garçon, Lucius ne releva pas cette inconvenance. Il se contenta d'exprimer son déplaisir quant au détournement manifeste de la conversation, ce qui fit se colorer imperceptiblement les joues minces du petit blond qui lui faisait face.
- Tu n'es pas assez aguerri pour te soustraire à l'inquisition d'un vieux Serpentard, Draco. Explique-toi.
- C'est assez compliqué, Père. Je… je vous ai demandé de venir dans la lettre que je vous ai adressée car des élèves de Poudlard arrivant d'un futur relativement lointain ont atterri sans prévenir dans la Grande Salle à l'heure du dîner. L'un d'entre eux a prétendu être mon… descendant, ainsi que celui de Weasley, une des filles a déclaré que vous l'aviez engendré avec Potter, Blaise serait marié avec la Sang de Bourbe Granger et Oncle Severus avec Black, narra le jeune homme avec une pointe de dégoût évident dans la voix. Le directeur a placé plusieurs sorts pour nous empêcher de transmettre l'information mais il me semblait primordial que vous veniez vous rendre compte de la situation, alors j'ai suggéré une visite d'inspection.
Draco se tut et ne paraissait pas devoir reprendre dans l'immédiat.
- Ce qui explique ton post-scriptum. Pas le reste de la missive, le poussa un peu Lucius.
Severus a omis de me préciser cela… Il semblerait que je ne sois pas le seul à avoir fait preuve de malchance dans cette affaire… Black a un caractère de chien !
- Je… Ce gamin qui a le culot de se considérer comme mon fils semblait haïr Pansy pour une raison que je ne m'expliquais pas et il a fini par la confronter dans la salle commune de Serpentard. Il a lancé des accusations graves de… tromperie… à son sujet et, à ma plus grande stupéfaction, j'ai vu le sang se retirer complètement de son visage… Il avait raison, elle m'avait trompé et il parait qu'elle est enceinte d'un Poufsouffle…
La voix jusqu'ici posée du Prince des Serpentards s'étrangla et il fit une pause pour reprendre sa respiration et détendre ses muscles crispés par l'humiliation qu'il ressentait.
- J'ai instantanément signifié à Pansy mon refus de la revoir de quelque manière que ce soit et je vous ai écrit pour mettre un terme à tout préparatif. Je ne cherche pas le scandale ou la vengeance, je veux seulement qu'elle disparaisse de ma vie…
- Quel est le rôle du dernier fils Weasley dans tout cela ? exigea Lucius d'un ton glacial.
- Aucun, Père, répondit Draco, les yeux légèrement élargis par la surprise.
- Que les choses soient bien claires dans ton esprit, Draco. Tu n'es absolument pas autorisé à rechercher la compagnie de ce garçon. Si tel est ton désir, je peux intégrer une sélection de jeunes hommes dans la liste que je ne manquerais pas de te soumettre en temps voulu pour que tu y choisisses ta future épouse ou ton futur époux, mais il est hors de question que tu ne t'abaisses à folâtrer avec un Weasley.
- Je n'en ai pas le moins du monde l'intention, Père ! s'exclama Draco. Et je suis partial en ce qui concerne la compagnie féminine.
Lucius soupira. Il ne comprenait que trop bien les réserves de son fils à ce sujet. Rien que de penser à achever le lien avec Potter… Brrrrrr… Il en frémissait, et certes pas d'impatience ! Que lui était-il passé par la tête ce matin de vouloir… ?? Non, il préférait l'ignorer…
Voyant l'air peiné que son héritier arborait, Lucius ne put résister à l'impulsion toute paternelle de le consoler.
- Draco… Je me devais d'aborder la question et tu le sais, s'excusa presque Lucius. Ce vieux fou intoxiqué à l'essence de citron m'a annoncé ce matin avec total manque d'égards que j'étais sensé avoir une fille avec son Golden Boy et j'ai appris dans le même temps pour la soi-disant relation que tu entretiendrais hypothétiquement avec un Weasley… Il me fallait quelques assurances. Je ne te reproche nullement de souhaiter rompre tout lien avec Miss Parkinson dans la présente situation et je comprends malheureusement parfaitement ce que tu as éprouvé.
Lucius Malfoy se leva et vient s'asseoir à côté de son fils, le prenant gentiment dans ses bras. Draco ferma fortement les yeux et profita de cette trop rare étreinte. Il savait qu'il devait lui révéler dès à présent sa petite crise de larmes, quand bien même la belette n'en parlerait à personne. Si d'aventure Lucius venait à le découvrir de lui-même, Draco était sûr de se l'entendre reprocher jour et nuit pendant des lustres. Ce fut avec une extrême récalcitrance que le blondinet commença à parler, sa voix étouffée par la robe de sorcier de velours vert sombre brodé d'arabesques d'argent.
- Je dois vous dire que mon présumé fils m'a enfermé avec Weasley dans une affreuse salle de classe vide et pleine de toiles d'araignée pour une nuit. Je… je ne savais pas ce qui vous arrivait, j'étais sans nouvelle depuis des semaines et… et… j'ai craqué et…
- Et quoi ?? susurra Lucius d'une voix polaire.
