Aussi grand que toi
Reconnaissance de dette: Tout appartient à Square Enix, c'est donc dans l'illégalité la plus totale que je poste ceci. Gnouiiiiii, vive l'illégalitéééé! XD (avale ses petites pilules roses)
Note heu...non rien. juste "note": J'aurais mis longtemps à le finir, celui-là aussi! Pour ceux que ça intéresse, l'idée m'est venue en relisant le tome 14 de Fruit Basket. (J'aime bien la relire, cette vieille série!^^) En fait dans un dessin "bonus" on apprend que Hastuharu se fixe souvent des règles très strictes mais stupides, dans le genre "je vais attendre d'avoir la taille de Rin avant que..."
Sur ce bonne lecture!^^
Il se haussa sur la pointe des pieds, discrètement. Il avait retiré ses pantoufles afin d'éviter que le son du plastique ne claque contre le carrelage froid de la pièce à vivre et alerter ainsi la gouvernante. Ses pieds s'étaient rapidement refroidis au contact du sol et il était à présent frigorifié par la température glacial qui remontait de ses orteils jusqu'à ses chevilles. Ses épaules frissonnèrent, mais il s'en moquait. Il se dressa encore un peu, essayant de toute sa hauteur d'atteindre le trait de marqueur bleu tout en prenant appui avec son dos contre le bois rongé par les mites -il ne remarquerait que bien plus tard que l'état lamentable de l'orphelinat datait d'avant son départ. Mais il avait beau tout essayer, il ne parvenait pas à dépasser la marque. Il arrivait au mieux à l'égaler. Hélas, ce n'était pas son but.
Le garçonnet brun retomba lourdement sur ses pieds en retenant un grognement de colère. Le bruit sourd de son poids le statufia sur place: la gouvernant l'avait-elle entendu de sa chambre, à l'autre bout du couloir? Il resta une minute entière immobile à scruter dans le noir la vague forme de l'encadrement de porte. Il pouvait presque deviner les motifs vieillots de fleurs du papier peint jaunis sur les murs et désigner les endroits où les lais abimés se décollaient et pendaient mollement. La porte si crainte ne s'ouvrit pas, laissant plongé dans la pénombre le pot de pétunias et l'étagère où on rangeait les livres de lecture des enfants.
Rassuré de ne pas être découvert Squall se retourna vers le pilier de pierre où s'amoncelaient des dizaines de lignes multicolores. Certaines se trouvaient bien plus en hauteur que celle que visait Squall mais la plupart avaient été tracées en dessous. La gouvernant Edéa avait ainsi donné cette habitude aux enfants: tous les ans elle leur demandait de s'appuyer contre la colonne décrépie -"et attention! Sans tricher!"- avant de prendre sa grande pochette de feutre. Chaque couleur correspondait à l'un des enfants dont elle avait la charge: elle marquait la taille de son petit protégé en prenant soin d'inscrire la date et la taille pour la comparer avec celle de l'an passé. Et chaque année, lors de ce grand enregistrement, Squall ne pouvait s'empêcher de comparer sa hauteur à celle de son pire ennemi: Seifer.
Il suivit du bout du doigt le trait bleu, pensif. Comment allait-il donc faire pour le surpasser? Car c'était bien de cela dont il était question pour le brun. Il fallait à tout prix qu'il réussisse à battre Seifer, quelque soit le domaine dans lequel ils se battaient. Cependant Seifer était bien plus costaud que lui. Jamais Squall n'était parvenu à lui voler une victoire lorsqu'ils en venaient aux poings! De plus il courait plus vite, apprenait ses leçon plus facilement, finissait ses devoirs en premier, était toujours le dernier à se faire attraper au jeu du chat...en un mot il avait constamment une longueur d'avance sur lui. Squall avait alors compris que peu importait ce qu'il entreprenait: son adversaire ayant une année de plus, il était forcément le plus fort. Il était venu à la conclusion qu'une fois qu'il aurait acquis plus de muscles que lui il pourrait lui faire concurrence. Malheureusement manger de la soupe et dévorer sa viande ne suffisait pas pour accomplir le but qu'il s'était fixé.
Des pas retentirent dans le couloir. Squall sentit un frisson glacé lui courir le long de la moelle osseuse en s'imaginant déjà la femme vêtue de noir, une chandelle à la main, le découvrir dans la pièce qui était supposée être vide et froncer les sourcils, ce qui donnait à son visage une expression colérique, puis le houspiller à voix basse pour s'être relevé à une heure aussi tardive alors qu'il devrait dormir depuis longtemps, sans oublier de le punir des soixante minutes journalières de récréation qui suivaient le repas du midi.
-Qu'est-ce que tu fiches debout, le nabot?
Il ne l'aurait même pas craché sous la torture mais un immense soulagement s'empara de lui quand il reconnut la voix de Seifer et il relâcha un souffle retenue. D'un bloc il se retourna vers le nouvel arrivant, affichant une expression hautaine absolument parfaite pour un enfant de huit ans, et lui répondit le plus froidement possible:
-Ce ne sont pas tes oignons. Retournes te coucher.
-J'obéis pas aux ordres des morveux, siffla le blond en réponse. Réponds, pourquoi t'es pas couché? T'es en train de faire une bêtise, c'est ça?
-Je t'ai dit que ça ne te regardais pas.
Seifer tira sur un pan de son T-shirt noir pour replacer le col qui l'étranglais. Évasé sur le bas par de trop nombreux lavages, le vêtement retombait largement sur les hanches du garçon, donnant un aspect exagérément décalé à ce pré-adolescent dont le corps grandissait plus vite que les muscles ne se développait. Il avait beau prendre des centimètres son visage restait toutefois enfantin. Cette apparence semi-adolescente était d'ailleurs à l'origine de sa toute nouvelle arrogance: il prenait un malin à plaisir à rappeler qu'il était plus fort et plus grand que tous les autres, imposant sa domination sur les plus jeunes.
Le blond s'approcha de la colonne et effectua le même geste que son cadet quelques minutes plus tôt, suivant la ligne de couleur, avant d'adresser un sourire narquois vers son camarade.
-Tu désespères de ne pas me rattraper, Squally-boy? le nargua-t-il en lui administrant une pichenette sur l'aile du nez. T'inquiètes, il parait qu'il font de super chaussures orthopédiques avec des talonnettes pour les nains.
-D'abord c'est des chaussures orthopédiques, le corrigea Squall, et ensuite on ne donne pas ça pour les nains mais pour les gens qui ont mal au dos. Je m'en fiche d'être grand, de toute façon.
Seifer ne fut pas dupe du mensonge. Ses lèvres s'étirèrent un peu plus néanmoins il jugea bon de garder le silence. Non, il était bien trop malin pour se moquer ouvertement de son rival: l'humiliation serait bien plus cuisante quand elle arriverait à un moment où il ne s'y attendrait pas! Si Seifer avait appris une chose dans le "baston magasine" qu'il cachait sous son lit pour éviter que la Gouvernante ne tombe dessus, c'était bien que l'attaque surprise était la plus efficace.
-Qu'est-ce que vous faite encore debout à cette heure tous les deux?
Les deux enfants sursautèrent et se retournèrent d'un même bloc vers la matrone de l'orphelinat qui les observait d'un œil accusateur sur le pas de la porte, un main tenant en hauteur une bougie pour agrandir au maximum le cercle de lumière, l'autre maintenant les deux pans de sa robe de chambres fermés sur une chemise de nuit vieille comme le monde. Bien que le ton n'ait pas été particulièrement méchant ils étaient terrifiés par cette soudaine apparition et aucun des deux ne fut capable de bafouiller une excuse quelconque pour justifier leur sortie secrète.
-Alors? fit-elle.
-J'ai entendu Squall se lever alors je suis venu voir ce qu'il faisait.
Fier de balancer son camarade de chambrée tout en disant la vérité, le blond esquissa un sourire fier à son cadet qui le lui rendit par un regard féroce. Le brun aurait pu répondre qu'un cauchemar l'avait tiré du lit cependant cela aurait été rabaisser sa fierté devant Seifer et il préférait de loin se faire punir plutôt qe ça.
-J'arrivais pas à dormir. Le sommeil ne vient pas.
-Et bien il va falloir te débrouiller pour le trouver parce que si dans moins d'une minute vous n'êtes pas tous les deux dans votre lit alors je peux vous assurer que le jardin trouvera quelqu'un pour le désherber pendant longtemps!
La menace fut à peine prononcée que les enfants volèrent jusqu'à la chambre commune où ils se réfugièrent des orbes courroucés sous les couvertures, sans oublier a passage de s'offrir quelques coups de coude dans la grimpée de l'escalier.
-Oh, Squall, regardes!
Le brun ne retint pas le soupir un soupir d'ennui. Au contraire il le laissa échapper en soufflant fortement, espérant vaguement que cette manifestation ostentatoire de sa fatigue nerveuse finirait pas faire comprendre à sa jeune amie que les élans d'enthousiasme vis à vis de leur enfance ne faisaient pas partis de son programme de réjouissances. Néanmoins quand il tourna son regard vide d'émotions vers la jeune femme celle-ci ne parut pas le moins du monde troublée. Elle lui souriait, les lèvres étirées d'une oreille à l'autre en passant par le menton, en désignant une vieille colonne de pierre. Il fronça les sourcils en constatant qu'elle avait retiré la végétation qui la recouvrait -du lierre- et les amas de terre et de poussière que l'acte avait fait saupoudrer le sol.
-Ce n'est qu'un peu de poussière, le rassura-t-elle en voyant son air accusateur. De toute façon c'est tellement délabré, ici! Franchement: un peu plus ou un peu moins, tu crois vraiment que la Gouvernante va remarquer quelque chose? Viens par là au lieu de rester planter bêtement!
Elle le tira par la manche pour lui montrer, aussi fière qu'un chocobo ayant trouvé une pépite d'or, sa trouvaille. Il jeta un œil suspicieux de la roche mais son expression passa rapidement à la surprise ravie, au grand contentement de Selphie qui avait hâte de raconter cette réaction pour le moins habituelle à Quistis une fois qu'elle retournerait à la BGU.
Ses doigts effleurèrent les marques défraîchies, un geste tant de fois répété durant son enfance! A présent on ne pouvait plus distinguer les couleurs les unes des autres, les traits épais ne manifestant plus que des variances de noirs et de gris terreux, cependant d'un simple regard il parvenue à retrouver le dernier coup de feutre effectué par la Gouvernant pour signaler sa hauteur. Au-dessus de la sienne celle d'Irvine puis celle de Seifer. Le charmeur de ces dames était aujourd'hui le plus haut de tous mais pourtant dans l'esprit du balafré c'était Seifer qui avait la supériorité...sans doute dû au fait qu'en plus de la taille supérieure à celle des autres, le blond était le garçon aîné de leur "fratrie".
-Il faut absolument que je trouve Zell pour lui montrer ça! glapit la brunette.
Il sautilla un instant sur place puis vola comme une hirondelle vers la porte de bois qu'elle passa, bousculant involontairement la personne qui tentait de rentrer dans le temple de leur enfance, lançant un rapide "désolée!" avant de disparaître.
-L'a pas retenu les leçons de politesse, celle-là! grommela Seifer en franchissant le seuil, grognon. Quoi? ajouta-t-il en voyant le mince sourire qui éclairait le visage de son ami. T'as la tête de Zell qui vient d'enfiler son douzième bretzel d'affilé...
-Viens voir ça!
Il l'amena à lui en le tirant par la main. Le blond suivit le regard du brun et ne put retenir à son tour un sourire de quatre kilomètres de long en apercevant les marques de leur enfance.
-J'arrive pas à le croire! s'exclama-t-il. C'est resté là tout ce temps!
Après un instant d'observation silencieuse teintée d'un sourire et d'une caresse sur la pierre il reprit:
-J'étais le plus grand d'entre nous à l'époque. Maintenant c'est le playboy. C'est marrant comme les choses changent, hein? Enfin sauf pour toi: tu as toujours été plus petit que moi, ne put-il s'empêcher de taquiner.
-Rigole, gros malin! Tu sais que ça m'a posé un gros problème cette histoire de taille?
-Ah oui?
Le visage du brun se rembrunit. La mode sourcils froncés et absence de sourire était de retour sur la planète Léonhart.
-Il y a des choses que je m'étais promis de faire...mais uniquement le jour où j'aurais atteint ta taille. Histoire de ne pas être désavantagé, tu vois. Et à chaque fois j'en avais tellement marre d'attendre que je finissais par le faire, ce qui me menait toujours à l'échec vu que tu étais plus grand que moi.
-Genre?
Squall esquissa un demi sourire au ton rongé de curiosité.
-La première fois que je t'ai provoqué en duel avec ma gunblade, la fois où j'ai parié mon premier salaire que je te battrai au parcours du combattant, ce genre de truc, énuméra-t-il. Il n'y a qu'une seule chose pour laquelle j'ai tenu.
Il exprima son dédain envers lui-même par un grognement contrarié en s'adossant contre un des seuls murs encore debout, sous l'oeil de plus en plus intéressé de Seifer.
-Cette fois-ci c'est fichu, poursuivit-il. Même si je changeais radicalement d'alimentation je ne pourrais jamais rattraper onze centimètres d'écart.
-Bah! Tu m'as déjà filé une déculottée pendant que je servais la sorcière alors tu sais, je pense que c'est pas onze centimètres qui font la différence entre une victoire et une défaite. Pas entre toi et moi en tout cas.
-En même temps ça ne sert plus à rien que je me pose ce genre de limite, du moins sur ce sujet-là. Je m'étais promis d'attendre d'être aussi grand que toi avant de te dire que je t'aimais, expliqua-t-il d'une voix calme mais qui ne trompait personne, en vue des plaques rouges qui se formaient à la base de son cou.
L'aîné des deux homme resta un bon moment interdit face à cette révélation. Non pas qu'il ait ignoré le fait, puisqu'ils étaient ensemble depuis un bon mois maintenant, mais c'était la toute première fois que le brun prononçais clairement la phrase qui correspondait aux sentiments qu'ils partageaient. Un marmonnement le sortit de ses pensées:
-T'aurais pas pu être un peu moins grand?
-Qu'est-ce qu'on s'en fiche? De toutes façons je me suis déclaré alors le problème est résolu, non?
Il embrassa doucement les lèvres boudeuses en laissant échapper un rire léger, puis saisit la main de son partenaire pour commencer à le guider vers l'extérieur, où certainement les autres devaient les attendre.
-Oui, mais...
-Mais quoi?
-Tous ces litres de lait...pour rien!
Une fin toute pourrie, je sais! XD Mais on est un génie ou non, et ce n'est pas mon cas!^^
Une p'tit commentaire? Pour me faire plaisir? (sort de sa poche son arme secrète, un chocobo aux yeux de chiot battu). Pour mon petit chocobo alors?
