Auteur : Chocow

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Tite-Kubo.

Rating : M.

Pairing : Grimm/Ichi, of course =D

Theme song : U-turn (lili) – Aaron

Bon, hein, je précise au cas où, on reprend là où on en était, à la vraie histoire.

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« Grimmjow ? »

La voix d'Ichigo lui parvenait de loin. Sa main glissa sur le plâtre jauni du mur en crépi, tandis qu'il reprenait son souffle, peu à peu. La douleur cognait toujours derrière son sourcil, régulière, sourde. Bom bom. Il sentit la main du roux se poser sur son épaule, douce, légère, presque maternelle. En temps normal, il l'aurait rejetée, il détestait inspirer la pitié. Mais là, il n'en avait pas la force. Il fixait le vide avec désarroi, essuyant du revers de sa manche un filet de bave. Sa gorge le brûlait. Il ouvrit grand la bouche, avalant précipitamment quelques goulées d'air.

« C... Ça va ?

-... C'est bon. J'vais bien. »

Il ferma les yeux un instant, avant de se redresser, rajustant sa chemise. Non. Non, ça n'allait pas, mais il n'allait pas le lui dire. Pour plusieurs raison, la principale étant qu'il était Grimmjow Jaggerjack, un type insensible qui ne montrait jamais aucune faiblesse. Il fallait également savoir qu'il ne comptait pas la drogue comme étant une faiblesse. Le rouquin plissa légèrement les paupières, l'air peu convaincu, restant silencieux en fixant le bleuté.

« Qu'est-ce que t'es arrivé ?

-Rien du tout !, Répondit précipitamment Grimmjow.

-Tu... C'est à cause de la drogue ? »

Son ton était inquiet, et en relevant le visage, la panthère put voir que l'étudiant affichait à présent une mine déconfite. Il en fut à la fois touché et agacé, et secoua la tête en levant le menton.

« Arrête de dire des conneries ! C'était rien, j'te dis !

-C'était pas rien ! Je m'inquiète, c'est tout, alors dis-moi ! »

Le bleuté avait encore la tête qui tournait, il n'était pas d'humeur à supporter ces cris, et n'avait pas la moindre envie de donner une quelconque explication. Il fronça les sourcils en grognant, se détournant du rouquin pour se mettre à marcher droit devant, titubant légèrement. Le plus jeune le rattrapa bien vite, décidé à obtenir une réponse à ses questions, ayant déjà complètement oublié leur précédente conversation.

« Grimmjow ! Tu es malade, tu ne veux pas aller à l'hôpital ? »

Le drogué en question s'arrêta pour river son regard sur le roux, l'air mauvais.

« Écoute, gamin. J't'ai dit que c'était rien. T'es sourd ? T'es vraiment lourd, là. Fais pas chier, hein ! »

Ah, gamin. Il l'appelait gamin – Ichigo haïssait ce sobriquet-là. Seulement, il réagit comme tel. Un enfant. Esquissant une moue boudeuse, il se renfrogna, sans rien répliquer. D'une part, parce qu'il n'osait pas, il fallait dire que Grimmjow savait se montrer autoritaire, d'autre part, parce que l'insulte l'avait quand même sacrément vexé. Ils continuèrent à marcher l'un à côté de l'autre, le gosse et le tueur, un couple qui se remarquait par son ambiguïté. Le temps était à la pluie, le ciel était gris, et pourtant, Ichigo étouffait. Il avait chaud, et il passa ses doigts sous son col pour laisser passer l'air sur sa peau.

« … On dirait qu'il va pleuvoir », Fit le bleuté.

Le rouquin ne répondit rien sur le moment. Le ton du drogué s'était calmé, et il était presque doux. Presque, disait-on. Il restait Grimmjow, malheureusement, et on ne pouvait associer à son nom le mot douceur aussi facilement. Ichigo leva les yeux au ciel et constata l'amoncellement de nuages gris noir.

« Il va y avoir de l'orage, annonça-t-il d'un ton presque scientifique.

-Et ben quoi ? T'as peur ?

-Mais non, j'disais ça comme ça, c'est tout ! », Répliqua-t-il, outré et gêné.

Malgré tout, ils pressèrent le pas. Après quelques minutes, ils arrivèrent à un convini où Ichigo se chargea de faire les courses, tandis que Grimmjow restait à l'extérieur, pour surveiller, disait-il – le roux le soupçonnait plutôt d'exécrer la corvée de courses, mais bon... Soucieux de ne pas trop faire attendre le plus âgé, l'étudiant fit de son mieux pour acheter tout ce dont il avait besoin le plus rapidement. Après tout, les humeurs du bleuté étaient aussi instables que celles d'une femme enceinte, et il redoutait de devoir faire face, une fois de plus, à son effrayant visage en colère. C'est donc avec une certaine fierté qu'il rejoignit le drogué, après seulement quelques minutes d'attente.

« T'as fait vite.

-Je sais. Bon, on rentre ? »

Grimmjow opina du chef en s'allumant une cigarette. Le rouquin fronça les sourcils, lui demandant alors où il s'était procuré ces cigarettes, et quand. D'ailleurs, depuis quand Grimmjow fumait ?

« J'ai toujours fumé, Répondit-il avec nonchalance, Et j'ai acheté ces clopes quand t'étais parti faire des courses.

-Ah...

-Quoi, ça t'pose un problème ? J'peux pas m'droguer, j'peux pas fumer... J'peux juste te baiser, quoi.

-Hé !

-Quoi, 'hé' ? C'est la vérité, p'tit chaton...

-Petit quoi ? »

Ses sourcils remontèrent alors qu'il esquissa une grimace de pure stupeur. Grimmjow venait de lui donner un surnom totalement dégoulinant de niaiserie. En était-il conscient ? Sûrement, vu le ricanement amusé qu'il émit avant de reprendre le chemin. Ichigo fourra les mains dans ses poches; le bleuté se moquait de lui, tout simplement. Qu'avait-il espéré ? Que ce drogué de première se mette à lui parler en susurrant ? Quoique, ça ne lui aurait pas déplu... Soyons sincère, cet enfoiré de type était attirant, c'était indéniable. Il était, disons... Peut-être un peu faible, face à ses charmes. Ichigo se renfrogna un peu plus.

« Grimmjow...

-Quoi ? Qu'est-ce que t'as, à geindre tout le temps ?

-Sérieux, qu'est-ce qui t'es arrivé tout à l'heure ? C'était grave ?

-Putain, mais t'es vraiment, mais alors vraiment lourd, tu le sais ? »

Le plus jeune ne répondit rien, il ne voulait pas mettre son vis-à-vis en colère – encore une fois. Il se mordit nerveusement la langue. L'état de Grimmjow l'inquiétait au plus haut point, et le fait que ce dernier ne veuille rien lui dire l'inquiétait encore plus. Il réfléchit. Y avait-il une seule façon au monde de faire parler le bleuté ? Il réfléchit encore. Hum... Peut-être qu'il avait la solution. Peut-être. Et elle ne plairait sûrement pas au drogué, mais bon, il faisait ça pour son bien. Il n'eut pas trop le temps d'y penser, une main se posa sur son crâne, ébouriffant ses cheveux roux.

« Arrête de t'prendre la tête pour ça, j'te dit. »

Ce geste attentionné de la part d'un homme comme Grimmjow toucha Ichigo, même si il ne le montra pas. Le bleuté se serait moqué de lui, encore. Il hocha seulement la tête dans un sourire rassuré. Mais croyez-moi, il comptait tout de même mettre son plan à exécution, et son envie redoubla d'intensité quand il sentit la main glisser sur sa nuque, le long de sa colonne vertébrale pour aller se poser sur ses fesses. L'étudiant se dandina sur le côté pour éloigner la main de son postérieur, dans une expression outrée qui fit sourire la panthère. Non mais oh.

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« Hey, Ichigo. Mais arrête de faire la gueule, quoi ! Qu'est-ce que t'as ? »

Ils venaient de rentrer, mais le rouquin était resté tête basse tout le chemin, ruminant ses pensées et s'éloignant à chaque contact physique que le bleuté cherchait. Ichigo retira sa veste silencieusement en fixant Grimmjow d'un œil noir.

« Il y a que je me suis fait peloter en public par un pauvre toxico en chaleur, voilà ce qu'il y a !

-Roh, t'exagères, là...

-Je n'exagère pas. Grimmjow, voyons ! Tu sais ce que c'est, l'espace personnel ?

-Non », Répondit aussitôt le drogué.

Ichigo fut déstabilisé par une réponse si franche et si rapide, et ouvrit la bouche d'un air abruti. Il se reprit bien vite, allant s'asseoir sur le canapé en croisant les bras, la moue boudeuse. Grommelant un 'abruti', il pinça les lèvres. Le corps chaud du bleuté vint se coller à lui. Ichigo soupira bruyamment et se décala, s'arrachant avec une certaine amertume de ce torse musclé.

« … Qu'est-ce qu'il y a ?

-Tu... Tu ne me toucheras pas tant que tu ne m'auras rien dit ! A propos... de tout à l'heure. »

Grimmjow haussa un sourcil. Ichigo lui lança un regard qui se voulait imperturbable. Il s'attendait à toutes les réactions possibles, sauf à celle-là; le bleuté éclata de rire. Le rouquin grinça des dents, fronçant les sourcils. Le bleuté reprenait petit à petit son souffle, n'ayant visiblement pas pris Ichigo au sérieux.

« Je... Je ne rigole pas !

-Tss, Ichigo... »

Était-il possible d'être littéralement allumé par une voix si suave ? Le rouquin plissa les yeux; il devait résister. Oh Dieu, et cette main qui glissait si lentement sur sa cuisse... L'étudiant la rejeta avant de tomber dans les bras de Grimmjow. Il s'éloigna un peu plus, alors que son corps tout entier lui criait, lui hurlait même de retourner se blottir contre cet homme.

« Sérieux, tu plaisantes ? On a couché ensemble, voyons... »

L'idée fit violemment rougir Ichigo. C'est vrai, ils l'avaient déjà fait, et...

« Et alors ?

-Oh, pitié... Tu vas pas continuer à m'faire chier avec cette histoire. Ça arrive à tout le monde, ça.

-Non, justement ! Tant que tu ne seras pas décidé à me dire quoi que ce soit, tu garderas tes mains loin de moi !

-Mais bien sûr... »

Et il soupira longuement, avec la persuasion totale qu'il vaincrait. Après tout, il avait bien convaincu le prude Ichigo de le faire avec lui une fois, il y arriverait sûrement une seconde fois. Il savait, car il était doué pour déceler ce genre de choses, qu'il déclenchait chez le jeune homme un effet que ce dernier ne contrôlait même pas. Il fallait qu'il se voie, à frissonner au moindre contact de ses doigts sur son corps. Cela le faisait doucement sourire, et le fait que l'étudiant se croit capable de lui résister semblait, à ses yeux, bien pathétique. Ichigo se releva, décidant de ranger les courses pour au moins échapper à la présence trop oppressante du bleuté. Ce dernier fit semblant de se désintéresser de lui, se levant à son tour pour faire les cents pas près de la fenêtre. Ichigo le regardait d'un œil seulement, son regard s'attardant sur son profil d'une beauté incomparable et ses yeux d'un bleu si profond. Soudain, Grimmjow se stoppa, ouvrant de grands yeux.

« Oh merde, Ulquiorra ! », Lâcha-t-il, en se précipitant vers Ichigo.

Celui-ci n'en menait pas large. Il venait de sursauter violemment rien qu'à l'évocation du nom de cet homme, et jeta un regard apeuré vers la fenêtre. Grimmjow passa une main sur ses épaules, l'emmenant d'un pas rapide vers la chambre. Il claqua la porte, alors que le rouquin paniquait de plus en plus. Le bleuté se tourna alors vers lui, esquissant un énorme sourire carnassier. Le roux fronça les sourcils, décontenancé, avant de comprendre.

« Ne me dit pas que...

-Tu m'as vraiment cru, gamin ?, Ricana la panthère, hilare.

-Putain, mais t'es vraiment pas drôle ! J'ai failli faire un arrêt cardiaque, merde !, Répliqua le plus jeune en posant une main sur sa poitrine.

-T'es trop adorable quand t'es effrayé, comme ça. On dirait un petit faon poursuivi par un chasseur. Ou un chaton devant un gros chien.

-Je t'emmerde ! T'es vraiment un gros enfoiré, tu sais ? Ce genre de plaisanterie de mauvais goût,

c'est... De quoi ? Tu viens de dire que j'étais adorable ? … Hé ! Mais... Déverrouille cette porte tout de suite ! Tu m'entends ? Et... Recule ! Mais, att... »

Le bleuté avançait d'une démarche presque féline vers le malheureux – ou pas – roux qui reculait peu à peu. Ce dernier finit par buter dans le lit, avant de tomber en arrière, mollement. Grimmjow en profita pour le pousser sur le dos, plaquant ses mains de chaque côté de son visage. Dans un sourire satisfait, il se pencha sur Ichigo pour poser ses lèvres sur les siennes, dans un baiser maladroit, brutal et fiévreux.

« Fais pas ta mijaurée, je sais qu't'en crèves d'envie ! »

Et sa main se posa sans douceur sur l'entrejambe de l'orangé, le massant avec ardeur. Ichigo laissa échapper un cri de surprise, se contorsionnant pour se dégager du corps imposant qui l'écrasait presque. Il n'était pas question de se laisser faire. Il n'était question de rien du tout ! Il voulait des réponses, il les aurait. Et il ne se laisserait pas baiser gentiment, il avait sa fierté, non mais. Quoique... Peut-être que sa fierté s'en était allée le jour où il avait gémi comme une fille dans les bras puissants de Grimmjow. Quoi qu'il en soit, le roux posa une main sur le torse de son vis-à-vis, poussant de toutes ses forces.

« Non ! » C'était presque une plainte, un cri désespéré. « Tu ne m'as pas dit... » Bon sang, il était déjà essoufflé. « Pour tout à l'heure... Ce qui t'es arrivé... »

Mais Grimmjow ne l'écoutait plus – ou plutôt, il ne l'écoutait pas. Il avait déjà entreprit de débarrasser Ichigo de ses vêtements, pour une activité qui n'en nécessitait pas. Puis, glissant ses doigts sur la peau brûlante sur rouquin, il traçait des cercles imaginaires le long de son ventre. Ichigo continuait de se débattre, se sentant réagir malgré lui, ce qui fit bien ricaner la panthère. Et puis, il y avait cette cuisse qui remontait le long de sa jambe, avant de s'arrêter juste sur son bas-ventre. Les doigts se l'étudiant se crispèrent sur le bras de Grimmjow. Merde. C'était trop bon. Et puis, ça y est, son pantalon était déjà trop serré. Dans un soupir à la fois lascif et déçu, il cessa de se débattre. Au contraire, il se colla un peu plus à Grimmjow, se frottant contre lui alors qu'une langue chaude et mouillée descendait le long de sa mâchoire. Il s'attaquait à son cou, quand Ichigo lâcha un bref gémissement.

« Zone érogène, hein ? »

Ah merde, il haïssait ce type ! Il était si hautain, si prétentieux, si moqueur, si... Si bandant. Le roux se mordit la lèvre inférieure en plissant les yeux, se contentant de rougir. Il se sentait comme une sainte-nitouche, face à Grimmjow. Merde, il réagissait comme une vraie gamine. Mais cette langue, si entreprenante, entre sa nuque et son oreille eut tôt fait de le faire taire. Frissonnant d'extase, Ichigo laissa ses mains glisser le long des hanches du drogué. … Il se laissait totalement faire. Oui, il avait per... Hé ! Mais que... Le bleuté venait de se lever, laissant Ichigo dans un état d'excitation peu négligeable, les cheveux en bataille et les lèvres enflées.

« Que..., Commença l'étudiant, confus par le désir et cette chaleur qui s'était soudainement envolée.

-Tu veux que j'te baise, hein ? »

… Ah, il comprenait. Il fallait le dire, hein. Ichigo hésita, partagé entre sa douloureuse érection et les quelques miettes de fierté qu'il lui restait. Ce n'était déjà pas assez, de se laisser faire et d'écarter les jambes ? Il fallait en plus s'humilier jusqu'au bout ? Il se mordillait la langue, encore haletant, les joues rougies.

« Dis-le... »

Et la voix de Grimmjow était si chaude, si grave, si veloutée que le sang redescendit en masse vers le bas-ventre du rouquin. Il se tortilla sur lui-même, gémissant.

« ...-moi...

-Plus fort.

-...se-moi...

-Encore.

-Baise-moi, putain ! »

Un rire incroyablement lubrique résonna dans la pièce. Littéralement bouillant, Ichigo baissa les yeux, fixant le vide. Oh, il avait honte, honte, honte... Il n'arrivait pas à croire qu'il avait osé réclamer une chose pareille, et rien que le fait d'y repenser le rendait totalement fou. Et puis, son entrejambe lui faisait foutrement mal, à présent. Gonflé d'excitation à n'en plus pouvoir, il attendait que Grimmjow daigne le soulager, rien qu'un peu. Un bruissement le fit relever les yeux, et il vit un tee-shirt qui tombait par terre, et des lèvres qui se posaient à nouveau sur les siennes. Qu'importe l'éthique, qu'importe sa fierté, Ichigo n'en pouvait plus, alors il s'abandonnait. A ce corps, cette langue, ce torse qui lui étaient offerts. Il en oubliait presque Ulquiorra, sa famille, ses amis... Il n'était plus rien à présent, sinon un corps mu par le désir, dans des gestes désordonnés et tremblant de plaisir.

Quand il sentit les lèvres de Grimmjow glisser à nouveau dans son cou, il ronronna, plus docile que jamais alors qu'une main débouclait avec adresse sa ceinture. Une main prenait possession de son entrejambe, appliquée et agile, si bien qu'il s'en mordit les lèvres, ne pouvant que subir. C'était foutrement agréable, et il en gémissait, tout près de l'oreille du bleuté. Ce dernier, encouragé par les bruits douteux que poussait l'orangé n'en était que plus enthousiaste, allant pousser encore plus loin les préliminaires. Préliminaires qui allaient bien vite s'abréger, songea t-il, en se sentant de plus en plus à l'étroit dans son jean. Et puis, face à cette vision de rêve qu'était le roux tout trémoussant de désir, il n'en était qu'encore plus libidineux. Déboutonnant son propre pantalon, Grimmjow retira celui de l'étudiant, qui étonnamment, ne poussa pas un gémissement de protestation. Un sourire malsain apparut inconsciemment sur ses lèvres, il l'avait sous son pouvoir, cette belle petite chose.

Ichigo, les joues brûlantes, légèrement haletant, se mordillait nerveusement la langue. Il commençait à stresser. Oui, on pouvait se laisser prendre, mais ça n'empêchait quand même pas d'appréhender. Hey, ça faisait un peu mal, quand même. Il fallait dire que Grimmjow ne faisait pas toujours dans la douceur – pas que ça lui déplaise, même si il ne l'avouait pas. Quand il vit le bleuté glisser ses doigts dans la bouche pour les humidifier, il nota mentalement qu'il était vraiment sexy quand il faisait ça. Le rouquin se crispa toutefois, quand un doigt se glissa dans son intimité. Non, il ne fallait pas penser à ça. Plutôt, à euh... Par exemple, au nombre de fois qu'il avait couché avec Grimmjow. Ça, ça faisait la deuxième fois – parti comme ça, ils allaient aller jusqu'au bout. Le plus jeune glapit quand le doigt effleura sa prostate, déclenchant chez le plus âgé un ricanement hautain. Ichigo rougit violemment, de honte et de plaisir. Le drogué se débrouillait merveilleusement bien avec ses mains – trop bien, même. C'est qu'il allait finir par virer de bord, si ça continuait.

Un gémissement plaintif lui échappa quand les doigts se retirèrent. Ah merde, il n'en pouvait plus, il voulait jouir. Il allait finir par en mourir sinon – et Dieu sait qu'il serait vraiment trop stupide de mourir de cette manière. Frustré au possible, Ichigo se cambra quand le bleuté se présenta à l'entrée. Le roux serra les dents quand Grimmjow le pénétra, mais il en oublia bien vite la douleur. Il était déjà abruti par le plaisir des préliminaires, et trop bien préparé. De toute manière, il en voulait. D'ailleurs, inconsciemment, il ondula ses hanches, incitant la panthère à le prendre plus fort. Grimmjow, gémit-il entre ses lèvres que le plus vieux torturait gentiment en les mordillant. Ichi, répondit le drogué en s'abandonnant à ce plaisir le plus primitif qui soit. L'étudiant criait presque de plaisir, sous les coups de reins rapides et puissants de son protecteur. Il finit par se libérer, dans la main du bleuté, qui jouissait au même moment. Et puis, errant dans une brume extatique, il mit quelques minutes à récupérer quelques parcelles d'esprit.

« … Redis-le, Souffla Ichigo, entre deux respirations, perdu dans les draps moites du lit.

-Quoi ?, Grogna Grimmjow avec un semblant d'agacement alors qu'il fixait le plafond, l'esprit carrément ailleurs.

-Comment tu m'as appelé.

-... Ichi ? »

Ce dernier sourit béatement. Ichi. Pas gamin, Ichi. Il aurait pu se repasser ce nom prononcé par cette voix de ténor dans sa tête encore et encore, mais des lèvres glissèrent sur les siennes. Il ferma les yeux, répondit au baiser avec moins de fougue que tout à l'heure. Pas de violence, de la douceur, et son cœur en battait deux fois plus vite. Grimmjow, lui, doux. Avec lui. C'était comme... Un très violent coup de poing avec un gant de boxe en plumes. Fort et doux à la fois. Ichigo avait peur. Ichigo se sentait totalement démuni. Ichigo était amoureux.

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« Grimmjow ? »

Il n'osait pas l'appeler Grimm, ni Grimmy, ni quelque surnom que ce soit. Ils avaient pris une douche, s'étaient rhabillés, et avaient repris leurs activités comme si de rien n'était. Ichigo, dans la cuisine à siroter un café, Grimmjow sur le canapé à fixer la rue par la fenêtre. Le bleuté émit un bruit qui ressemblait à un vague grognement animal, signe qu'il l'écoutait. Le roux prit sa tasse en main. Il alla prudemment s'asseoir sur le canapé, à une distance respectable de son amant d'un instant. Son regard brun alla lui aussi se perdre dans la contemplation du paysage, le regardant sans trop le voir.

« Tu... Tu penses à la mort, des fois ?

-Nan.

-Mais quand même ! Tu as fait un métier dangereux, tu... tu te drogues... Tu n'y as jamais songé ?

-P'têt'. »

Ichigo soupira, il n'obtiendrait rien de plus de sa part, il le savait. Il détestait Grimmjow quand il était comme ça ! … Merde. Non, même quand il était comme ça, il continuait de l'aimer. Ah, bon sang. Ça craignait. Vraiment. Il ne lui dirait rien. Déjà il mourrait de honte, et il était certain que face à une déclaration de sa part, Grimmjow ne pouvait qu'éclater de rire. Et là, c'en serait la fin de son pauvre petit cœur. Alors il garderait cela pour lui, même si il en souffrirait – il en souffrait déjà. L'amour, c'était vraiment nul. Mais ce qui était le plus nul, c'était qu'il était amoureux, amoureux d'un type horrible, avec qui il avait couché deux fois ! Comment avait-il pu tomber aussi bas ? Comment ? Ah, et pourquoi tout cela arrivait ?

« Et moi ? Tu crois que je vais mourir ?

-Bah, on crève tous un jour, gamin ! »

La remarque le fit tiquer, le 'gamin' lui pinça le cœur. Gamin. Pas Ichi, gamin. Il ne répondit rien, pinçant les lèvres en fixant sa tasse. Grimmjow tourna la tête, vit à quel poitn Ichigo semblait décontenancé, et soupira.

« Tant qu'tu s'ras avec moi, tu risques rien, j'te dis ! »

Ichigo ne disait toujours rien. Il tourna le dos à Grimmjow, fit mine de laver sa tasse. En vérité, il avait envie de pleurer. Mais il ne pleurerait pas, pas devant Grimmjow. Il fallait qu'il se rende à l'évidence, Grimmjow était un homme brusque, insensible et cruel. Un type comme lui ne pouvait que lui briser le cœur, encore et encore. Il le savait, et pourtant... Et pourtant... Il l'aimait. Bon sang, il l'aimait, il l'aimait déjà trop. C'était dangereux, c'était malsain, cet amour ! Il fallait qu'il se reprenne, mais il était trop tard...

« Gamin ?

-... Ouais, si tu l'dit ! »

Il avait rassemblé toutes ses forces pour ne pas répondre d'une voix tremblotante. Ses doigts se crispèrent sur la tasse fissurée. Elle allait bientôt se casser, il aurait dû en acheter une autre. Il était amoureux d'un drogué tueur. Il était poursuivi par un dangereux mafieux. Mais la seule chose qui importait pour lui en cet instant, c'était de garder cette tasse en état, au moins jusqu'au prochain café.

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Merci à vous tous de me lire et de rester fidèle au rendez-vous. Sincèrement. Un grand merci.