Distraction XXII : Odeur aguichante / Eau courante {Partie 2}
Traductrice : Hermi-kô
Auteur : ShadowDemon-Gengar
Un petit sourire narquois tordit ses lèvres et il s'avança sous le jet brûlant de la douche, soupirant lourdement alors qu'il passait ses longs doigts au travers des mèches détrempées de ses cheveux décolorés.
Lavé, les muscles relâchés grâce à l'eau chaude, et la pression de ses pensées réduite à de silencieux riens, il gifla paresseusement les robinets, les faisant tournoyer jusqu'à ce que les mitigeurs fussent fermement serrés.
« Fichue bite ! » Grogna-t-il en s'extrayant de la cabine de douche.
Et en fonçant tout droit dans un mur invisible de pêches.
Il recula, clignant des yeux de surprise à la brusque attaque de l'odeur fruitée et douce.
« Bordel… ? » Grogna-t-il, faisant la grimace tandis qu'il agitait la main avec irritation, pour faire disparaitre l'obstacle invisible avant de le franchir.
Nu et trempé, sans en être troublé le moins du monde, il se saisit d'une serviette blanche étalée en travers du comptoir. Il s'attela à se sécher, une tâche difficile avec une seule main. Ça n'avait jamais manqué de l'énerver à la fin : ça lui prenait deux fois plus de temps et il n'avait pas le dos parfaitement sec.
« Tsss ! » Morigéna-t-il en frictionnant ses cheveux.
S'il y avait un moment où il aurait bien eu besoin de l'aide maternelle de la fichue Anezaki, ça aurait été pour l'essuyer correctement.
Anezaki.
Il balança hargneusement sa serviette et fixa son reflet dans le miroir, les yeux plissés et la bouche tordue par un air renfrogné, les pointes de ses cheveux décolorés partant en tout sens.
Sacrée femme, toujours dans sa fichue tête à lui. Elle l'énervait.
Il savait qu'il avait besoin de concentrer toute son attention sur l'équipe, de les préparer jusqu'à la dernière seconde avant le Christmas Bowl, mais putain de dieu, elle arrivait toujours à être en tête de ses pensées ! Quoi avec sa putain de bouche rose, ces putains d'yeux bleus, ces longues cuisses … minuscule putain de taille… ses sacrés bons nichons…
Sa bite eut un tressautement affamé, son sang s'épaissit dans ses veines alors qu'il s'imaginait Mademoiselle chic s'abaissant à sa corruption à lui…
« Putain… j'ai besoin de m'allonger. » Grogna-t-il avec irritation, grattant de fatigue l'arrière de sa tête tandis qu'il jaugeait sa toute nouvelle érection. Et que ne pourrait-il plus apprécier que d'avoir Anezaki se charger de ce problème pour lui… de préférence à genoux, les poignets menottés derrières le dos, obligeamment soumise et prête à l'emploi, à faire tout ce qu'il voulait …
Une vive image sexuelle torride explosa dans son esprit : sa dure bite pompée par cette petite et chaude bouche, une de ses mains à lui agrippant ses doux cheveux bruns à elle, la tenant immobile tandis qu'il baiserait sa gorge avec gourmandise … ces lèvres roses rebondies étirées sur sa largeur épaisse à lui alors qu'elle le sucerait comme une morfale …
Il grogna de dégout lorsque sa bite commença à vibrer.
Avec humeur, il pelotonna la serviette dans l'évier et sortit de la salle de douche.
Ouais… il avait effectivement besoin de s'allonger.
« Ke ke ke ke, tu ressembles à de la merde, putain de manager. »
Ce furent les exacts premiers mots qui sortirent de sa bouche après avoir claqué la porte du club, la théâtralisation habituelle marquant son arrivée.
Elle se crispa à sa railleuse remarque offensante, sa prise se resserrant sur le livre de jeu tandis qu'elle combattait une brusque rougeur sur le visage et une fine pointe d'irritation.
C'était tout ce qu'elle pouvait faire, ne regarder aucun des membres de l'équipe et spécialement le Diable lui-même quand il commença à fouiner, aboyant des ordres et des annonces. Elle pouvait sentir les regards curieux sur elle, et elle réalisa qu'ils avaient eux aussi remarqués son apparence négligée. Mais elle ne pouvait reconnaitre aucun d'entre eux à la place, elle fixa avec détermination les X et les O qui formaient la formation du Shotgun sur la page.
Elle savait déjà qu'elle n'offrait pas un beau spectacle et n'avait pas besoin de la contribution d'Hiruma pour le confirmer.
Elle avait réalisé ce matin, à son grand dam, qu'aucune quantité de maquillage ne pourrait couvrir les sombres cercles creusés sous ses yeux, ni pourrait donner à ses joues pâlottes un air plus sain et coloré. Même ses cheveux étaient crépus et légèrement ébouriffés.
Tout ça parce qu'elle n'avait pas eu une once de sommeil la nuit dernière. Si ce n'était pas la terrible paranoïa, détresse et terreur de ce qu'elle verrait ou entendrait d'Hiruma qui la tenait éveillée, c'était les passionnantes images assombries dans ses rêves…
Un cruel extorqueur d'un blond électrique déposant des baisers chauds et mordants le long de son cou… De longs doigts s'enroulant et pinçant ses mamelons durcis… De dures cuisses solides s'agenouillant entre les siennes plus douces, les forçant grandes ouvertes… Une main brutale creusa profondément à l'intérieur de ses minuscules dessous… Sa voix à lui, si grasse et grinçante… Crachant de sombres menaces érotiques… lui disant les choses qu'il allait lui faire... et ce qu'il allait la forcer à lui faire…
Elle déglutit fortement, sa bouche asséchée alors que son cœur battait dans ses oreilles. Oh, Dieu, qu'allait-elle faire ? Allait-elle maintenant être hantée chaque nuit par des rêves d'attouchements et de mots sexuels par l'homme le plus indésirable qu'elle ait eu dans sa vie ?
Sa seule grâce fut qu'il ne savait décidemment pas qu'elle… l'avait vu…
Elle n'avait vu aucun signe ou poster de chantage, ni entendu aucune rumeur ou surprit des regards bizarres dans sa direction. Toute la journée, elle s'en était tirée sans confrontation ou indice que son innocente faute ait été porté à la connaissance du démon personnel de l'école. Donc c'était réellement un signe qu'il ne savait pas … n'est-ce pas ?
Et même alors, après l'école et coincée dans une pièce avec lui, il n'avait rien dit à ce propos, ni franchement, mystérieusement ou d'une autre manière.
Il n'avait pas abordé le sujet du dossier. D'une certaine manière, il devait avoir loupé qu'elle l'avait laissé là la nuit dernière, donc elle n'avait pas laissé théoriquement de preuves de sa présence dans le club lorsqu'elle était revenue.
Ce qui voulait dire qu'il ne savait pas.
Il ne savait pas.
Ce qui voulait dire qu'il ne le saurait jamais !
Son esprit tournait à toute allure et son cœur battait avec un tel soulagement qu'elle n'avait pas encore remarqué qu'elle était épiée par derrière.
« Putain de manager ! »
Juste dans son oreille.
Elle glapit, sursauta et faillit lancer le livre de jeu au-dessus de sa tête tandis qu'elle s'asseyait immédiatement. Elle envoya au diabolique blond un regard terrifié, se penchant aussi loin que possible de son sourire à dents de requin. Pendant un fol instant elle pensa qu'elle avait été en quelque sorte démasquée parce qu'il lisait ses pensées.
Son sourire fendant son visage se fondit en un rusé sourire goguenard satisfait avant de se contracter de nouveau, imposant au-dessus d'elle. Même sans la masse de son équipement de protection sous le maillot rouge et blanc qui le faisait paraître plus large, il donnait toujours une impression imposante. Même la plus vulnérable vue de son bras toujours enchâssé dans un plâtre serré et reposant dans la lâche écharpe blanche ne faisait rien pour éloigner la sombre intimidation qu'il semblait exsuder sans efforts.
« Sors ta tête de ton cul, sacrée mère, et prête attention, » lança sa voix trainante tandis qu'il allait à l'autre bout de la table, sans savoir qu'il lui faisait une faveur en lui montrant son dos alors qu'il faisait face à tout le monde.
Elle relâcha l'inspiration qu'elle ne croyait pas retenir et se mordit la lèvre, jetant un coup d'œil à la page du livre de jeu. Elle se réprimanda mentalement. Elle avait besoin de se relaxer… ou il allait commencer à soupçonner quelque chose…
« Et Barbichette merdique, arrête de faire le con avec ce putain de … »
Elle leva les yeux alors que l'ordre vulgaire était soudain coupé et vit ses épaules visiblement tendues sous le maillot rouge et blanc. Son cœur commença à battre quand elle sentit que quelque chose n'allait pas brusquement. Le pressentiment se renforça quand il respira profondément l'air autour de lui sans piper mot.
Etant debout en face de la table, tout ce qu'elle pouvait voir de lui était son grand dos aux larges épaules. Son visage était complètement tourné, même quand il arma l'AK - 47 Fusil d'Assaut qu'il pressait auparavant contre son épaule et commença à tirer dans le plafond, le son violent et explosif égal à sa voix :
« RENDEZ-VOUS SUR CE SACRE TERRAIN, PUTAIN D'IMBECILES ! »
Et c'est avec des cris inhumains et terrifiés qu'ils obéirent, évacuant la salle du club en une importante inondation aux couleurs des Devil Bats. Leur départ rendait la salle plus grande désormais.
Mais quelque chose dans la manière d'Hiruma restant juste au même endroit, ne les pourchassant pas dehors alors qu'il abaissant lentement son arme, causant un frisson maladif le long de sa peau à elle. Quelque chose n'allait pas… Et être seule avec lui allait seulement faire empirer ce sentiment. Elle avait besoin de sortir rejoindre les autres.
En ramassant rapidement ses cahiers et ses schémas de jeux, elle bondit de sa chaise et était proche de jaillir à travers la salle… quand elle leva les yeux pour voir Hiruma donner un coup sec à la porte, la claquant pour la fermer sur un gros « bang ! ». L'appréhension pesa comme un poids mort dans son ventre quand il fit tout un spectacle en tournant le verrou de sorte à entendre un « clac ! » qui résonne.
*Oh, s'il-vous-plait, non…* Murmura-t-elle mentalement, ses yeux ouverts sur une panique naissante. Elle recula jusqu'à ce que le coin de la table rebondisse contre ses fesses.
« Alors… »
Elle frissonna, le ton de sa voix à lui envoya une volée d'anxiété dégringoler le long de sa colonne vertébrale à elle. Il était bas et froid, contrôlé.
« …Tu apprécies le putain de spectacle ? »
