Entre la vie et la mort
En italique : les pensées de Spock.
Chapitre 8
Spock sortit à regret et choisit d'aller méditer au même endroit que la veille. Assis à l'ombre d'une dune, son regard se porta sur la chaîne montagneuse formant un demi-cercle sur l'horizon ainsi que sur la vallée de sable s'étendant en contre-bas.
Spock savait que cette vallée était en réalité le cratère laissé par un volcan depuis longtemps éteint. D'ailleurs, la cité elle-même avait été installée dans l'ancienne chambre magmatique de ce dernier. Voilà pourquoi elle se trouvait à plusieurs kilomètres sous la surface.
Fort heureusement pour la cité, le volcan ne montre aucun signe de réveil…Mais il est fort dommage que la chaleur n'y soit pas plus élevée, songea-t-il, cela rendrait notre travail plus confortable.
Les pensées de Spock dévièrent rapidement sur McCoy et ses précédentes déclarations.
…Cette cité est si éloignée de ce que Spock et moi avons pu découvrir sur Yonada…
Léonard en parle toujours avec nostalgie. Je me demande s'il ne regrette pas les décisions qu'il a prises, à savoir quitter Natira et revenir à bord de l'Entreprise.
Spock replongea aussitôt dans ses souvenirs. Il revit Yonada et l'incroyable monde caché sous sa surface. Un monde entièrement créé par les Fabrinis et qui donnait à ses habitants l'illusion de vivre à la surface d'une planète, alors qu'ils vivaient depuis des siècles à bord d'un astéroïde se déplaçant comme un vaisseau dans l'immensité de l'espace…
Même ce monde avait un ciel ! Alors oui, Léonard a raison. Après avoir vu tout ce déluge de technologies utilisées par les Fabrinis pour créer Yonada, cette cité sur Faradrina me semble en comparaison bien fade. Certes, construire cette cité dans l'ancienne chambre magmatique d'un volcan est techniquement admirable, mais la laisser si froide, si vide…Cela est étrange. Le fait que je n'y pense que maintenant est tout aussi étrange, alors que Léonard l'a constaté dès le premier jour.
…Depuis le premier jour où je suis descendu dans cette cité, j'ai l'impression d'être une souris de laboratoire qui cherche à sortir d'un labyrinthe, guidé par l'odeur du gruyère ! Suis-je donc le seul à me sentir observé ?...
Oui, Docteur. Vous êtes le seul. Quant à la description que vous faîtes de la cité, elle est fascinante. Dois-je vous rappelez que nous sommes les Scientifiques et non les rats de laboratoire ? Voilà ce que j'aurai répondu si Torgan m'en avait laissé le temps.
En réalité, Spock s'inquiétait de l'état de fatigue de son ami. Il avait été le témoin silencieux de ses périodes de sommeil entrecoupées de cauchemars. Il décida d'ailleurs de retourner voir McCoy afin de s'assurer qu'il était bien en train de dormir. Il se leva, secoua le sable qui était collé à sa longue robe, et reprit le chemin de la grotte où leur dortoir était installé.
Il ne fut qu'à moitié surpris d'y trouver le lit de Léonard vide, et décida de faire les différentes pièces pour le trouver. Il ne trouva personne dans la salle de bain, personne non plus dans la salle commune où ils prenaient leurs repas et personne encore dans les laboratoires…
Spock ne pouvait envisager que Léonard soit sorti sous cette chaleur. Jamais il ne survivrait dans ce désert. Il ne demeurait donc qu'un seul endroit où il pouvait être : dans la cité !
Quelle motivation l'aurait poussé à descendre les 286 marches ? pensa-t-il…au risque de se perdre ensuite dans ce labyrinthe !
Spock se changea rapidement et partit à la recherche de Léonard sans attendre. Léonard et lui avaient étudié la même pièce depuis trois jours, il était donc possible que Léonard y soit retourné, connaissant à peu près le chemin. Spock décida de s'y rendre au pas de course et un quart d'heure plus tard…
« Docteur McCoy ! Que faîtes-vous ici ? Vous n'étiez pas sensé redescendre ici, ni aujourd'hui ni les prochains jours ! » Dit Spock, haussant de plus en plus le ton, les poings sur les hanches.
« Alors c'est vrai… » Murmura Léonard qui semblait n'avoir rien entendu. Immobile, celui-ci était accroupi au centre de la pièce, face au socle, la poterie à hauteur de ses yeux.
Spock s'approcha de lui, un sourcil relevé. Il se baissa aux côtés de Léonard et observa longuement ce dernier.
« Docteur, que faîtes-vous ? » Spock reposa sa question, surpris par le visage soucieux de son ami.
« Spock…Cette fêlure sur le vase. Elle n'était pas là hier soir ! » Lui répondit Léonard.
Les deux sourcils de Spock se relevèrent dans la seconde qui suivit cette observation.
« La …fêlure, docteur ? »
« Oui, Spock. Regardez ici ! Le vase est fêlé ! » Léonard pointait du doigt une ligne partant d'un bord du vase et traversant l'un des multiples cercles entrelacés et peints sur la vieille poterie en terre cuite rouge.
« Docteur, cette fêlure était peut-être déjà là hier soir mais sous cet éclairage et avec la fatigue…»
« Non, Spock, elle n'était pas là ! Et n'ajoutez pas qu'elle fait partie du dessin, je vous dis qu'elle n'était pas là hier soir et donc que j'ai raison ! Il faut vite partir d'ici ! » S'énerva McCoy.
Spock rattrapa le médecin par le bras tandis que ce dernier s'apprêtait à rejoindre la sortie.
« Docteur, qu'y a-t-il ? De quoi avez-vous peur ? »
« Spock, il ne faut pas perdre de temps, il faut remonter à la surface et quitter ce planétoïde ! » Dit Léonard tout en cherchant à se libérer des bras de Spock qui le serraient comme un étau. Spock ne comptait pas le suivre sans explication.
« Docteur, que voulez-vous fuir ? » Demanda Spock avec une douceur qui contrastait avec la force utilisée pour retenir son ami.
Léonard se mit alors à tituber, ses jambes ne le soutenaient plus. Spock souleva Léonard avant que celui-ci ne s'évanouisse et ne se cogne la tête sur le socle. A présent que le médecin était évanoui dans ses bras, Spock n'avait pas d'autre choix que de remonter les marches avec son lourd fardeau…
A suivre…
