Épilogue
Le visage de son oncle était grave. Triste aussi peut-être. Albus ne le connaissait pas tellement.
- Viens.
Quelques mots une main tendue, et il le suivait. Ils transplanèrent.
- Tu es déjà venu ici ? questionna Ron.
- Non, où sommes nous ?
- Au ministère de la Magie.
Il en avait si souvent entendu parler. Par son père et toutes sortes de gens importants. C'était un endroit impressionnant et prestigieux, un sentiment de grandeur l'envahissait chaque fois qu'il en entendait parler. Son regard toujours enfantin s'émerveillait devant chacun des détails de cet endroit magique.
Son oncle resserra légèrement la pression sur sa main.
- Tu vois cette statue près de la fontaine ?
Il acquiesça. Oui, une énorme statue d'une blancheur éclatante se trouvait juste derrière la fontaine. Un sorcier était représenté, tournant le dos au deux roux.
- Tu sais, personne ici ne se soucie de James et Lily. La plupart ignore même qui ils sont, mais cet homme, dit il en désignant la statue, cet homme tous le connaissent et l'admirent.
Deux grands yeux interrogateurs, si semblables à ceux de sa sœur, se levèrent vers lui.
- Vas le voir, lui glissa son oncle avec un sourire.
Le petit garçon lâcha la main de l'adulte et commença à marcher d'un pas peu assuré. Il contourna la fontaine, esquivant quelques fonctionnaires pressés, et se retourna pour faire face à l'homme de pierre son cœur battant peut-être plus qu'il n'aurait du.
Un visage de marbre doux et souriant, enfantin presque malgré les marques du temps lui faisait face et, sous ses lunettes en demi-lune, des yeux pétillants semblaient l'observer, le reconnaître et lui sourire.
Sur le socle on pouvait lire : Albus Perceval Dumbledore
Directeur de Poudlard, président du Magenmagot, Docteur en Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers, fondateur de l'Ordre du Phénix.
Sans bruit, Ron l'avait rejoint et guettait la réaction de son neveu avec espoir. Peut-être qu'il pouvait l'aider à prendre conscience de la vie qui l'attendait en dehors du monde d'Harry. Peut-être qu'il pouvait changer le sens de ce nom, lui en inventer un autre.
Le petit se retourna doucement vers lui arborant un sourire éclatant. Un instant, Ron fut ébloui. Ce petit garçon fragile à côté de ce titan de pierre, tous deux avaient la même expression sans âge de sagesse qu'ont la vieillesse et l'extrême jeunesse. Le même sourire sibyllin. Deux anges, l'un déjà parti, l'autre en devenir.
L'Espoir renaissait.
"Même si la vie n'a pas de sens, qu'est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ?" Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles
Merci à ceux qui ont lu jusqu'ici.
Cassie
