Ch8 - Hormones ou pas hormones ? Telle est la question.

Mardi 8 Juin 2027 – Bayswater Townhouse :

Elle était pelotonnée sur le large fauteuil méridienne de la salle de cinéma de la maison et regardait une vielle adaptation d'Orgueil & Préjugés. Jamais elle ne s'était sentie aussi bien ; elle se sentait protégée et ce n'était pas la couverture en laine, aux mailles devenues lâches par le temps, dans laquelle emmitouflée qui lui donnait cette impression. Non, les bras forts qui enserraient sa taille étaient responsables de son état. Elle se recroquevilla plus encore contre le corps chaud blotti contre le sien et poussa un soupir bienheureux.

- Doucement… chuchota une voix tout près de son oreille, si tu continues à te tortiller comme ça, je ne réponds plus de rien...

Le souffle chaud et les promesses murmurées la firent frissonner de délice et elle se mordit la lèvre pour ne pas gémir.

- Alors comme ça, on fait la sourde oreille ? taquina la voix avant de mordiller son oreille. Tu sais pourtant que je sais te faire chanter comme personne…

Une main quitta sa taille et se mit doucement à remonter son torse, de son ventre à ses côtes, avant de finir sa course sur un sein. L'autre main, elle, se promenait tranquillement sur une de ses cuisses et ne cessait jamais sa course. Elle allait, venait, traçait des arabesques, puis se posait un instant tout près de son sexe avant de repartir explorer d'autres endroits, bien trop lointain à son goût. Elle se tortilla de plus belle et pressa ses fesses tout contre celui qui la torturait.

- Peut-être que je pourrais me montrer clément si tu y mets du tien… murmura la voix en pinçant un de ses tétons.

La main qui la tourmentait remonta lentement et caressa du bout des doigts l'ourlet de sa culotte.

- Peut-être que je pourrais me faufiler ici si tu gémissais mon nom… promit la voix en laissant son index et son majeur se glisser sous le satin pour caresser la peau nue qui se cachait à sa lisière.

Elle voulait qu'il cesse ce supplice et qu'il soulage le feu qu'il avait allumé en elle. Elle voulait qu'il la touche, qu'il la prenne.

- James… expira-t-elle.

- Ma lionne, souffla-t-il avant de lui tourner délicatement la tête pour l'embrasser à pleine bouche.

Hermione se réveilla en sursaut, le cœur battant la chamade et les sens en alerte. Elle pouvait toujours sentir les caresses ressenties dans son rêve, sa peau la picotait là où les doigts oniriques étaient passés.

Dix nuits qu'elle subissait les assauts de son subconscient. Dix nuits que la situation la plus simple devenait propice à tout autre chose. Au début, elle rêvait de Teddy mais depuis peu, James s'était ajouté à l'équation et ses songes s'emballaient un peu plus à chaque fois. Les premiers temps, elle avait cru que c'était le décalage temporel qui faisait qu'elle rêvait de situations impossibles et improbables. Elle pensait que c'était le fait qu'elle ne se sente pas à sa place qui la poussait, la nuit, à s'imaginer vivre une histoire qui l'ancre dans cette nouvelle réalité. Mais depuis peu, ses rêves étaient résolument érotiques. Ce que son subconscient produisait la mettait mal à l'aise. Elle avait l'impression d'être un prédateur sexuel et elle détestait ça. Si dormir résultait à ce genre de choses, alors autant cesser et s'atteler à quelque chose de plus productif, comme traduire ce maudit journal ! Et au pire, elle n'aurait qu'à dénicher un moldu consentant si ses hormones étaient les seules responsables !


Mercredi 09 Juin 2017 – Le Terrier :

Cet après-midi-là, Molly s'affairait en chantonnant dans sa cuisine, tandis qu'Arthur bricolait un de ces nouveaux objets moldus en teck. La chose n'avait rien à voir avec le bois dont elle tirait le nom, mais Arthur ne semblait pas s'en formaliser – ce qui arrangeait bien Molly puisqu'elle était libre de faire ce qu'elle voulait dans son antre. Elle avait tellement à faire ! D'ici quelques jours, et pour la première fois depuis longtemps, tous ses enfants seraient à la maison. Ils avaient certes quitté le nid des années auparavant et tous avaient leur propre famille dorénavant, mais lors de certaines occasions, comme Noël, la maison se remplissait de nouveau d'éclats de rire et de bruits en tous genres. Ladite occasion était toute autre puisqu'il s'agissait d'accueillir Hermione de nouveau dans leur vie et aussi de la présenter à la nouvelle génération qu'elle n'avait pas eu la chance de connaître.

Comme de nombreuses fois depuis que la jeune femme était revenue, Molly songeait à ce qu'aurait été leurs vies si elle avait pu en faire partie. Et chaque fois qu'elle le faisait, elle ne pouvait s'empêcher de verser quelques larmes. Le Sort s'était joué d'eux mais avait fini par leur ramener Hermione et Molly le remerciait chaque jour de sa mansuétude.

- Mollynette ?

- Ici Arthur ! Tu as des soucis avec ton morceau de bois ?

- Rien à voir… bien qu'il y ait un de ces morceaux qui n'arrête pas de bouger tout seul, marmonna-t-il en se grattant l'arrière du crâne. Tu viens de recevoir une lettre, Mollynette.

- Merci Arthur, tu veux bien surveiller le chaudron un instant ?

Elle saisit la missive qu'Arthur lui tendait et le laissa un instant seul dans la cuisine pour aller s'installer sur la chaise du petit secrétaire coincé entre la cheminée et la fenêtre au cas où elle doive envoyer une réponse de suite.

Molly,

Je suis entrée en contact avec la responsable évènementielle de l'endroit dont nous avions parlé. Je sais que vous préfèreriez tout organiser vous-même, et de préférence chez vous, cependant pourquoi ne pas faire notre repas de fête au Terrier vendredi soir, et ainsi utiliser l'immense salle que Mlle Patil nous propose samedi ?

À moins que ce ne soit trop tôt pour Hermione ? Mlle Patil est tout à fait disposée à écouter nos requêtes, quelles qu'elles soient. Qu'en dites-vous ?

Fleur

À la fin de sa lecture, Molly arborait un grand sourire. Elle aimait recevoir sa famille chez elle, c'était une évidence en plus d'être un fait avéré. Cependant, elle avait toujours rêvé d'organiser une de ces soirées grandioses comme le Ministère ou bien Narcissa savaient si bien le faire…Trois jours étaient trop peu pour ce qu'elle avait en tête, mais ajoutez-y sept jours de plus…

Elle se saisit de sa plume préférée – une de celles ayant appartenues à Errol – et commença à écrire sa réponse. Elle avait toute confiance en ses sorts, si Arthur ne touchait à rien, la tarte à la mélasse serait cuite quand elle aurait terminé.

Bien évidemment, il fallut qu'Arthur n'en fasse qu'à sa tête et essaie de l'aider. Elle eut néanmoins le temps d'envoyer sa lettre juste avant que le chaudron n'explose.


Jeudi 10 Juin 2017 – Bayswater Townhouse :

Victoire était déçue. Il y avait peut-être un autre mot mais pour le moment c'était ce sentiment qui primait. Quand elle avait lu la lettre de ses parents annonçant le retour d'Hermione Granger, elle avait sauté sur place et hurlé comme ses fans pouvaient le faire lors de ses concerts. Elle n'avait aucun souvenir d'Hermione mais comme chaque enfant Weasley, elle avait grandi en buvant chaque parole de ceux qui l'avaient côtoyée. Alors quand elle avait appris que son héroïne n'avait jamais disparu mais avait Merlin seul savait comment atterri à leur époque, elle avait pris le premier portoloin en direction de Londres juste après avoir honoré sa dernière date, et attendu avec une impatience grandissante de pouvoir enfin rencontrer la plus grande sorcière depuis Rowena Serdaigle – si l'on exceptait Minerva McGonagall. Seulement… Seulement voilà ! Qu'était-il donc advenu de ladite sorcière ? Tout ce que Victoire voyait était une jeune femme au teint blafard, aux cheveux ternes et… Oh Morgane ! Elle les avait attachés avec un… un… un chouchou ?! Ces trucs informes et ridicules existaient encore ?! Elle jeta un œil en direction de Lily et haussa un sourcil interrogateur. Sa cousine lui indiqua la porte d'un geste de la main et elle la suivit.

- Il s'est passé quoi ?! chuchota Victoire en indiquant Hermione qui écrivait furieusement sur un bout de parchemin tout en marmonnant.

- Je crois qu'elle n'a pas dormi depuis Merlin seul sait quand. Elle n'a même pas sourcillé quand on est entrée et que je t'ai présentée… Je ne suis même pas sûre qu'elle nous ait vues, murmura Lily.

- J'avais remarqué ! Tu peux me dire ce qui l'a changée en Inferi bureaucratique ?

- Elle n'arrive pas à traduire un livre... hésita sa cousine.

- Merlin Lily, c'est seulement un bouquin ! Je croyais qu'elle aimait les livres !

- Bon, si je t'ai fait venir ici avant le repas de samedi, c'est pour une bonne raison ! Le livre en question est en vieux français, et ni ma mère ni la tienne n'ont étudié la langue à Beauxbâtons ! Mais devine quoi ! L'une de nous, en plus d'être une star du rock sorcier, est aussi une doctorante d'histoire sorcière française ! Tu sais ce qui t'attend ! s'exclama Lily d'un ton faussement guilleret en lui tapant l'épaule.

Lily repartit en direction d'Hermione et s'installa près d'elle, laissant Victoire sur le pas de la porte du petit salon.

- Bon, lança Victoire en claquant la porte, y'a intérêt que ça aide le véracrasse à se changer en... C'est quoi l'expression déjà ? demanda-t-elle à Lily qui haussa les épaules en signe d'ignorance. Passons, décida Victoire. Salut Hermione, vu que tu n'as absolument pas remarqué notre présence à Lily et moi, je vais me servir, déclara-t-elle en saisissant un grimoire.

- Oh Merlin ! s'écria la voyageuse temporelle.

- Mais elle parle ! se moqua Victoire.

- Pardon ? Je… Vous êtes arrivée quand ? demanda Hermione. Et tu es ?

- Victoire Weasley, fille aînée de William et Fleur Weasley. Désolé de te dire ça mais je m'attendais à des retrouvailles larmoyantes ou un truc du genre, bien que je ne me souvienne pas vraiment de toi, donc comment pourrais-tu savoir qui je suis ?

- Victoire ? Oh Merlin ! Je suis désolée, je travaillais sur ce projet et je n'ai pas vu le temps passer !

Victoire recula quand Hermione se pencha vers elle, envahissant son espace vital sans aucune gêne. Elle fut cependant stoppée dans son action quand Hermione prit son visage entre ses mains pour mieux la détailler.

- La dernière fois que je t'ai vue, tu suivais Teddy comme son ombre. Tu rendais folle ta mère quand tu revenais de vos excursions couverte de boue et avec des brindilles plein les cheveux, dit-elle en souriant. Tu as toujours été plus Weasley que Delacour niveau comportement et du peu que j'ai pu voir…

- Très peu, marmonna Victoire.

- Du très peu que j'ai pu voir, concéda Hermione, ça n'a pas changé. De nouveau, je suis désolée de ma réaction, Victoire, tu peux me croire.

- Tu as raison sur un point, mon oncle préféré est George et ce n'est pas pour rien. Étant donné que tu as gâché nos retrouvailles, tu vas m'expliquer ce qui t'a mis dans cet état. Selon Lily, ce serait à propos d'une traduction.

Ce fut à Hermione de se reculer cette fois-ci. Victoire l'observa se tortiller sur elle-même et lancer des regards désespérés à Lily, visiblement à la recherche d'une quelconque explication pour se défausser. Malheureusement pour elle, Lily l'ignorait totalement et oncle George n'était pas le modèle de Victoire pour rien.

- Merlin sait que c'est la première fois que nous nous voyons depuis ton retour mais tu as gâché l'idée que je me faisais de nos retrouvailles. Deux solutions s'offrent à toi, Hermione. L'une d'elle est d'une simplicité enfantine et consiste à m'expliquer les tenants et les aboutissants de ta venue parmi nous.

- Et l'autre solution ? demanda Hermione d'une toute petite voix.

- C'est une surprise, annonça Victoire avec un grand sourire. Pense à tout ce qu'oncle Fred et oncle George ont pu faire lorsqu'ils étaient ensemble, ajoute à cela le quotient intellectuel de mes parents et multiplie le tout par moi. Le tout te donnera une idée de ce que je suis capable de faire, ajouta-t-elle en sortant sa baguette. Rien de méchant, ne t'inquiète pas. Pense au moment le plus gênant que tu as vécu et dis-toi que ce ne sera qu'un doux souvenir à côté de ce qui est susceptible de t'arriver…

Elle retint de justesse le cri qui menaçait de sortir quand Hermione lui tendit un cahier en cuir de belle facture et datant visiblement de plusieurs siècles. Victoire le saisit délicatement et le posa doucement sur la table basse.

- Quand j'étais Langue-de-plomb, j'étais affectée à une Salle, commença Hermione. Et pas n'importe laquelle, cette foutue salle de l'Amour, cracha-t-elle presque. Vous devez savoir qu'il est impossible d'ouvrir la porte qui y mène, sauf si la Salle le décide, et bien évidemment, elle s'est ouverte ! Pour faire simple, un imbécile de miroir trouveur d'âme-sœur m'a envoyé dans le futur et m'a fait perdre mon travail !

- Oh Morgane ! Tu as trouvé le Miroir d'Isis ?! C'est donc là qu'il était ! continua Victoire sans se soucier de l'expression abasourdie d'Hermione. J'en ai entendu parler lors de mes études et l'histoire m'avait fascinée. Je n'arrive pas à croire que… Merlin ! Il s'agit du journal de Mélie de Mechtilde, c'est ça ?!

Victoire se pencha vers le carnet, elle l'ouvrit avec révérence et se mit à examiner ce qui y était inscrit. Nul doute que pour un profane, les mots qui couraient sur les pages ressemblaient à s'y méprendre à du vieux français. Cependant, pour l'œil averti qui était le sien, la vérité était toute autre.

- Mais comment ? finit par demander Hermione.

- Ma thèse portait sur les sorciers et sorcières du seizième siècle, j'ai passé beaucoup de temps à Chambort, expliqua-t-elle. Tu as déjà entendu parler de la langue de feu ?

- La langue de quoi ?

- Le français est adepte de l'argot, expliqua Victoire. Chaque profession avait, en son temps, sa propre façon de parler. La langue de feu est un de ces argots, seulement les moldus ont eu connaissance du nom, des siècles plus tard, en entendant des sorcières ou sorciers en parler et ils en ont fait leur propre interprétation. Ils ajoutent une syllabe commençant par « f » entre chaque syllabe du mot qu'ils veulent cacher. La langue de feu dont je te parle est bien plus maligne que n'importe quel argot. Le texte que tu cherches est caché entre les syllabes et la seule façon de le faire apparaitre est d'utiliser un...

- Un sort de feu! coupa Hermione avec excitation. Donc, quand bien même j'aurai trouvé le sort adéquat pour traduire ce texte...

- Il n'aurait rien donné de plus qu'un charabia incompréhensible puisque le vrai texte était caché, compléta Victoire.

- Oh Merlin, tu es géniale! s'exclama Hermione en lui serrant le bras.

Victoire sentit le sang affluer et se concentrer sur ses joues. Finalement, si c'était pour recevoir un tel compliment de la part d'une sorcière comme Hermione Granger, alors ça valait le ratage complet de leur présentation.


Hermione regarda Victoire s'affairer les yeux remplis d'admiration. Non seulement la jeune femme était sublime – plus que Lily, Gabrielle ou Fleur – mais en plus elle était intelligente. Le combo parfait. Nul doute que les hommes comme les femmes devaient être sous son charme.

Elle ne rata pas un seul des gestes que la jeune sorcière esquissait à l'aide de sa baguette et tentait tant bien que mal de rattacher ce qu'elle observait avec ce qu'elle avait déjà pu lire ces derniers jours. Elle était tellement absorbée par ce que Victoire faisait qu'elle manqua de renverser son encrier en posant un coude sur la table basse. Victoire cependant ne sembla pas se formaliser de son attitude et continua à s'affairer en silence. Au bout de quelques minutes – si interminables qu'elles semblèrent durer des heures – le journal se mit à luire et ses pages tournèrent sur elles-mêmes avant de finir par se calmer. Victoire tapota le journal de sa baguette et le tendit, radieuse, à Hermione.

- Voilà ! Et puisque même traduit, le patois qu'elle utilise reste lourd à la lecture, je l'ai adapté à notre époque, ajouta-t-elle en lui tendant le carnet.

Hermione regarda Victoire avec des yeux ronds ; du moins c'était l'impression qu'elle avait et sa bouche entrouverte devait faire d'elle l'imitation parfaite d'un poisson sur son étal.

- J'en ai trop fait, c'est ça ? s'inquiéta celle qui devait être la parfaite réincarnation de Rowena Serdaigle.

- N… Non, non c'est parfait ! Merlin, tu es parfaite ! Tu as fait tout ça en un temps record, non-verbalement qui plus est ! renchérit Hermione, la voix pleine d'admiration. Le ou les sorts que tu as employé doivent s'utiliser silencieusement ? Ou tu n'as pas le droit de les divulguer ? Tu sais qui les a créés ? Godric, j'ai tellement de questions à te poser !

- Je vois ça, dit Victoire en souriant. Je serais ravie d'y répondre mais ma curiosité est plus forte, désolé. On peut le lire avec toi ?

- Voilà, ça c'est une question qui mérite d'être posée, s'exclama Lily. Vas-y Hermione, lis à voix haute !

Hermione commença sa lecture, après s'être assurée que personne d'autre ne viendrait les déranger. Le contenu du journal de Mélie était différent de ce que l'on pouvait trouver dans les autres journaux intimes du monde. Elle y parlait certes de sa vie, de ses aspirations, de ce qu'elle voyait, faisait ou encore de la cour de François 1er mais le ton était celui de quelqu'un écrivant ses mémoires. Elle lisait l'autobiographie de Mélie de Mechtilde, devineresse au service du roi de France puis sorcière à la recherche de sa destinée. Hermione finit par atteindre le passage qui avait été traduit dans le grimoire qu'elle avait copié et continua sa lecture un instant avant de tomber sur un passage semblant comporter quelques éléments de réponse.

De mon âme-sœur, je ne savais rien. Je savais simplement que son ombre était plus grande que la mienne, mais cela ne m'avançait en rien. Ayant hérité de la stature de ma mère, tous les hommes du pays me dépassaient d'une tête en moyenne.

J'avais vite appris, comme je l'ai écrit plus tôt, que j'étais arrivée plusieurs siècles dans le passé. Je ne savais rien des mœurs des sorciers et des moldus de l'époque, cependant je dois l'admettre, mes talents pour l'art de la potion me permirent de ne pas dépérir et de me sustenter sans trop de difficultés. Ce siècle était néanmoins un siècle de guerre et de barbarie, pourtant je refusais de croire que ma magie m'avait menée là pour rien. J'avais foi en elle et en moi-même. Mon promis était là, quelque part, et j'allais le trouver. Sa magie m'avait appelée, j'en étais certaine.

Forte de cette assurance, je me mis à parler à tout le monde. Non pas de ma quête, mais d'eux, de leurs besoins. J'avais besoin de les comprendre, j'avais besoin de m'intégrer à cette époque qui était dorénavant la mienne, j'avais besoin de connaître suffisamment ces gens pour qu'ils ne soient pas rebutés de mon toucher. Car c'était ceci qui m'aiderait, j'en étais certaine. Le toucher était la clef de mon avenir.

Je sus que j'avais raison quand les rêves commencèrent…

Hermione lâcha le journal. Elle le ramassa et l'épousseta avant de reprendre sa lecture. Elle avait certainement mal lu. Oui, elle lisait à voix haute depuis deux heures au bas mot, sa gorge était sèche, ses lèvres également et son cerveau un peu perdu.

Ses yeux coururent sur les pages. Une fois. Deux Fois. Trois fois. Mais les mots ne changèrent pas. Ils étaient immuables.

- Bon, et ces rêves ? demanda Lily. La vie au moyen-âge, ça va bien cinq minutes mais pour être franche, comme dans tout bon roman sentimental, c'est la scène de sexe qui est la plus intéressante ! Je devrais peut-être demander à Mipsy de nous amener du pop-corn ?

- Je te signale que le témoignage de Mélie ouvre de nouvelles perspectives sur la place des sorcières et des femmes en général à cette période, contra Victoire. Sans compter les recettes de potion qu'elle a laissé et…

Hermione savait qu'elles parlaient mais ne parvenait pas à les entendre. Ses oreilles bourdonnaient, ses membres étaient lourds et le choc n'arrangeait rien à son état.

- Les rêves, murmura-t-elle.

Lily se redressa vivement et se rapprocha d'elle de la même façon, clairement motivée par ce qui venait d'être chuchoté.

- Tu as eu des rêves, c'est ça ? interrogea-t-elle, avide de détails.

- Pas vraiment, tenta Hermione. Une fois ?

La jeune Potter ne fut pas dupe et elle avait surtout l'ouïe fine.

- Tu as dit et je cite « Les rêves », ne me prends pas pour une licorne, Hermione. J'ai choisis Poufsouffle mais j'aurai pu faire ma scolarité aux côtés d'Albus et Scorpius. De qui as-tu rêvé ?

- Lily, peut-être qu'Hermione n'a pas envie de le lire, s'interposa Victoire. Ce qui est compréhensible. En plus, ça n'a peut-être rien à voir avec ce qu'écrit Mélie…

- James, lâcha Hermione.

Autant le dire, peut-être que Victoire ou Lily sauraient lui dire que c'était une erreur.

- Qui d'autre ? continua Lily. Tu ne ferais pas cette tête s'il ne s'agissait que de James. Il y en a un autre ? Une autre ? C'est l'une de nous, c'est ça ?

- Quoi ? Non ! Je n'ai rien contre vous mais non ! Je…

Hermione lança un regard vers Victoire. Teddy lui avait parlé de son histoire avec la magnifique blonde quand ils avaient discuté la première fois qu'elle l'avait vu après son arrivée à cette époque. Lily aussi lui en avait parlé. Hermione savait qu'ils s'étaient quittés en bon terme mais ignorait tout du motif de leur rupture. Tout comme elle ignorait comment réagirait Victoire…

- J'ai vu deux ombres dans le miroir, dit Hermione doucement. Et j'ai rêvé de deux hommes. L'un d'eux est James et l'autre… L'autre est Teddy, avoua-t-elle en regardant l'ex petite-amie de sa potentielle âme-sœur.

Victoire resta silencieuse un instant, a priori le temps de digérer l'information. Hermione srcuta son visage avec attention, cherchant le moindre mouvement qui lui indique ce qui se passait dans la jolie tête blonde aux reflets roux qui lui faisait face. Devait-elle avoir peur ou tout son contraire ? Elle était tellement absorbée par ses pensées qu'elle manqua l'éclat qui passa dans les yeux azur de Victoire. Lily, elle l'apprit bien plus tard, ne l'avait pas manqué et avait même répondu au signe d'un imperceptible mouvement de tête.

- Bon courage ! lança soudainement Victoire. C'est tout ce qui me vient en tête en entendant ça. Oui, tu vas avoir besoin de bien du courage, parce que Teddy tient oncle Harry en haute estime et qu'il pensera d'abord à sa réaction avant de penser à toi…

- Je… mais… tu ? balbutia Hermione.

- Hermione, Teddy et moi, c'est terminé depuis des années ! Qui suis-je pour dicter ses choix ou les tiens ? Vous êtes adultes, libre à vous de faire ce que vous voulez ! Je suis tout à fait disposée à répondre à tes questions si tu en as, mais avant ça, continue donc de lire ce journal, qu'on sache s'il n'y a pas autre chose qui nous assure que ce ne sont pas tes hormones qui te mènent la vie dure, finit-elle en souriant.

Hermione la regarda avec gratitude. Victoire avait su trouver les mots et qui sait, ses hormones étaient peut-être les seules responsables de ses récents états-d 'âme !


Vendredi 11 Juin 2027 – Pré-au-Lard, Les Trois Balais :

Albus arriva au pub cinq minutes avant l'heure que Lily et lui avaient fixé. Sa sœur était généralement ponctuelle mais il arrivait qu'elle soit en retard, surtout si elle devait assister le professeur Zeller.

- Comment va la plus belle tenancière du monde sorcier ? dit-il en guise de salut.

- Qui aurait cru que le seul Serpentard de la famille Potter serait également le seul à savoir parler aux femmes ? lança Madame Demelza, tout en continuant de s'affairer derrière son comptoir. Si tu veux mon avis, je pense que plus les Potter sont doués au Quidditch et moins ils s'en sortent dans les autres domaines, ajouta-t-elle avec un sourire. Que puis-je pour toi ?

- Lily devrait me rejoindre sous peu et ce serait adorable si vous pouviez nous apporter une bièraubeurre et une citrouille latte à la table juste derrière, répondit Albus en lui offrant un sourire dévastateur.

Madame Demelza lui fit un clin d'œil et s'activa à préparer la commande. Albus se dirigea vers la table qu'il avait indiquée et s'installa dos au mur. C'était une habitude qu'il avait développée tout jeune, à force d'observer son père. Elle l'avait suivi jusqu'à son internat au Ministère et lui avait sauvé la mise plus d'une fois. Aujourd'hui, elle lui permit simplement de voir Lily passer à toute vitesse devant le pub.

- Tu m'as attendue longtemps ? demanda Lily en se laissant tomber, hors d'haleine, sur la chaise d'en face.

- Juste assez pour commander, dit-il alors que leurs boissons flottaient jusqu'à eux.

- Merci Demelza ! lança Lily avec un grand sourire. Bon, et si tu me disais pourquoi tu voulais me voir ? Non pas que je ne sois pas contente de passer un moment avec toi.

- Je me suis simplement dit que nous pourrions échanger quelques informations, annonça Albus avec un sourire en coin, que tu aimerais savoir comment Ted et James ont passé leur temps en attendant qu'Hermione se rappelle qu'elle est une Gryffondor…

- Arrête ton balai, Al ! Je sais très bien que tu me proposes ça parce qu'Hermione n'a rien dit et que ne pas savoir te rend aussi fou qu'un niffleur devant Gringotts.

Lily n'était pas sa sœur pour rien, Albus devait bien le reconnaître. Elle aurait fait une formidable Serpentard si elle n'avait pas été si… douce, pensa-t-il avec un frisson. Il avait toujours eu du mal avec le côté optimiste et cotonneux des Poufsouffle.

- Tu es sûre de ne rien vouloir savoir ? Hermione a mentionné ce qui a provoqué la crise de panique de James ? À quel point il s'est ridiculisé ? lâcha-t-il l'air de rien.

- Comment ça il s'est ridiculisé ? Elle a dit qu'il avait lâché son Allure parce qu'elle lui avait fait peur quand elle était entrée et que c'était elle qui s'était ridiculisée !

Ainsi, elle n'avait aucun souvenir de la scène, songea Albus. Intéressant. Il lui relata rapidement, bien que de façon extrêmement détaillée, ce qu'il appelait affectueusement l'épisode du verre d'eau.

- Attend, réussi à articuler Lily entre deux éclats de rire, il s'est… Oh Merlin, c'est trop ! Il s'est tout recraché dessus ?! Mais quel souafle !

- J'ai tout vu par legilimancie, assura-t-il. Il se peut que j'ai réussi à en extraire un souvenir de première qualité…

- Donne-le moi ! Je pourrais enfin rendre mon patronus corporel avec un tel souvenir ! implora Lily en lui faisant ses yeux de fléreur.

- Dis-moi exactement ce qui s'est passé pendant qu'Hermione était avec toi et ceci, dit-il en sortant une petite fiole, sera à toi…

- Tu es vraiment un Serpentard ! cracha-t-elle presque.

- Merci, répondit-il avant de boire une gorgée de sa bièraubeurre.


je poste rapidement parce que je l'avais promis mais une soudaine invitation a fait que ce chapitre n'arrive que maintenant. Je répondrai au reviews des lectrices non logguée demain en updatant ce chapitre de nouveau.

en attendant, bonne nuit !