Bonjour à tous ! Normalement je préfère les fins tragiques où Batman se rend compte de sa partie sombre haha mais j'avoue que je m'habitue au côté fluffy de Batjokes. Et je sais que les happy end vous aimez ça ! L'histoire n'est pas finie mais elle prend une tournure complètement différente de ce que j'avais imaginé. Merci à vous de me lire et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Enjoy ! ~

Dans sa cellule stérile, le Joker se tenait dans un coin, prostré, un sourire nerveux encré sur son visage. Sa camisole l'empêchait de bouger mais de toute façon c'était la dernière des choses dont il avait envie. Cela faisait deux semaines que le Batman ne s'était pas montré depuis qu'il l'avait fait enfermer. Pas même un mot d'excuse, pas une visite.

Il avait beaucoup ruminé dans sa cage en fer. Il s'était retrouvé en cellule d'isolement après avoir tué un des détenus. Le pauvre n'avait fait que parler d'un amour d'enfance qu'il avait eu ( son ours en peluche probablement ) ce qui avait vite eu fait de rappeler sa triste perte au Joker. Il s'était donc retrouvé roué de coups par le clown frustré qui ne riait même pas de cette altercation. Il déversait purement sa haine contre cet être insignifiant.

Est-ce que ça l'avait aidé à oublier son Batman? Bien sûr que non. Voir le sang et la lymphe couler sur ses doigts lui avaient rappelé à nouveau à quel point les luttes ensanglantées avec son âme sœur lui manquaient.

Et à présent, dans le silence cadavérique de sa cellule, il pensait encore. Son homme l'avait trahi. Oh... Bien sûr qu'il ne l'avait pas encore rien que pour lui, qu'il n'avait pas avoué ses sentiments et qu'il lui faudrait le convaincre davantage encore. Mais c'était trop lent. Il ne voulait plus attendre. Chaque seconde dans ce silence le rendait plus fou qu'il ne l'était déjà.

Ses commissures souriaient mais son âme pleurait et se gonflait de haine. La frustration rongeait son âme et les coups des infirmiers lui paraissaient si ternes face à ceux de son bourreau favoris.

Mais bientôt, son vœux le plus cher fut exaucé. Le créateur aurait-il prouvé son existence? Oh... Peu lui importait tant que Batman, dieu vivant, lui apparaîtrait de la sorte devant ses yeux brillants et fatigués.

La chauve-souris se présenta au barreaux sans briser le silence qui régnait dans la salle et le Joker pencha sa tête sur le côté.

- Je savais que tu viendrais, Batsy.

Le chevalier noir ouvra la porte métallique, referma derrière lui et lança les clefs au garde qui les attrapa immédiatement en suivant les ordres indiqués plus tôt. Il s'en alla en annonçant qu'il coupait les caméras et éteignit la lumière du couloir. Le seul éclairage qui restait s'éteignit ensuite avec les caméras peu de temps après que l'homme se soit éloigné.

- Que me vaut cette visite?

Le Joker entendit des pas résonner contre les murs et se rapprocher de lui lourdement. Il ne disait encore rien et laissa un suspens planer dangereusement. Toujours assis et ligoté par sa tenue blanche, il se mit à glousser doucement.

- C'est moi qui devrait être fâché, non? Mais je ne suis pas rancunier. Je te pardonne! C'est tout. Heureux? Que dirais-tu d'un petit baiser de réconciliation?

Les morts finirent à peine de quitter ses lèvres qu'un grognement étouffé émana de sa gorge. Soulevé contre le mur par la gorge, un rire éclatant ponctuant le geste, il fut heureux de voir que son Batman n'avait pas oublié leur passe-temps préféré. Batman le jeta contre le sol, appréciant avec dégoût le son du corps contre le sol et de son rire compulsif puis se jeta sur lui une deuxième fois pour l'attraper par le col.

- Je voulais te parler.

- Je n'aime pas les bagues; un collier ou une laisse en diamants pourrait me satisfaire devant le curé!

Un poing qu'il avait entendu arriver s'écrasa dans son visage avant qu'il ne puisse rire. Batman sentait que le Joker souriait. Son crâne fut soulevé du sol et il sentit le souffle chaud de la chauve-souris contre lui. Le parfum en était agréable: sertie de sueur par moments, elle-même agrémentée d'une odeur âcre dûe au kevlar chaud.

Soudain, il sentit ses liens se désserrer autour de ses bras et compris bien assez tôt qu'il l'avait détaché. Les bras ballants dans les manches interminables de la camisole de force il se mit à sourire de plus belle. Il comprenait Batman. Il savait toujours par avance - ou presque - ce qu'il allait faire. Et il sentait qu'un changement opérait en lui. Qu'il ne l'acceptait pas, qu'il se passait malgré lui et qu'il ne savait toujours pas comment réagir face à cela, mais qu'il le prenait en compte de façon non négligeable.

Les mains toujours autour de son cou qu'il ressera sans douceur, Batman se mit à parler de sa voix rauque et grave.

- Si je t'ai mis dans cet asile, c'est pour savoir où tu es à chaque instant. J'en ai assez de te courir après sans cesse. J'ai passé l'âge de jouer au chat et à la souris.

Joker sourit dans l'ombre, se demandant si son homme se rendait compte de la métaphore qu'il venait d'employer et s'il se rendait compte que dans l'histoire, la chauve-souris, c'était lui.

- Je sais que tu souris, que tu crois que tu as gagné. Mais c'est faux. Je viens juste mettre un terme à notr-, ton jeu malsain. Si tu crois que je...

- Shh...

Le Joker pressa un doigt sinueux sur ses lèvres et en rapprocha les siennes. Son onomatopée siffla sur les lippes sèches du Batman, le faisant frissonner de parts en parts. Il avait été déterminé à mettre fin à ce jeu traumatisant mais une fois encore le charisme et l'érotisme écœurant qui émanaient du Joker le rendait dans l'incapacité de faire quoique ce soit de raisonnable.

Le clown embrassa son propre doigt, touchant à peine la bouche de son partenaire puis les fit couler sur son visage.

- A-arrête. Je ...

Mais Batman ne pouvait pas l'arrêter. Il avait tellement envie de ses bras, de ses lèvres, de ses côtes saillantes sous ses doigts... Il serra sa mâchoire entre ses doigts gantés et retira la camisole du corps frêle du Joker. Il le libérait physiquement mais aussi mentalement d'un poids. Cette fois, il n'avait aucune raison de satisfaire le Joker et pourtant, le voilà torse presque nu contre son corps massif et désireux.

- Batsy, darling...

Ses doigts caressaient tous les reliefs de son masque comme un aveugle qui découvrait un faciès pour la première fois. Il se mordait les lèvres inconsciemment et il pouvait sentir les gémissements étouffés de sa Némésis contre la pulpe de ses doigts lorsqu'il passait sur ses lèvres.

- Je veux voir ton visage...

Batman se crispa. Entendre des paroles si douces venir de ce monstre était terrorisant et grisant à la fois. Il secoua la tête de gauche à droite, puis les douces caresses du Joker ainsi que son soupir de déception enfantin eurent raison de lui. Il soupira à son tour et acquiesça.

- Mhm. Très bien...

Il alluma une lampe bleutée à son poignet ainsi qu'à sa ceinture et baissa les yeux avant de chercher le regard de son harceleur. Le Joker souriait, les sourcils froncés et ses lèvres pincées entre ses dents. Ses yeux violacés brillaient. Était-il en train de pleurer?

Frustré, désemparé, Batman essaya de se reprendre. Merde! Le Joker était un meurtrier, un fou, un psychopathe! Il ne méritait pas de vivre, il avait blessé son amie, tué Jason et pourtant... Et pourtant une partie de lui le pardonnait. Il voulait lui laisser une deuxième chance. Il se sentait monstrueux de réagir ainsi. Les larmes aux yeux lui-même, il attrapa inlassablement sa gorge entre ses doigts en grognant.

Il lui en voulait de le rendre si faible, de ne plus pouvoir se contrôler et rester raisonnable en sa présence. Derrière sa voix transformée par son masque, on entendait sa gorge se serrer et sa voix s'érailler de détresse.

- Je te hais! Je te hais Joker!

Il lança le corps contre le sol, le frappa au visage plusieurs fois, attrapa ses poignets et les serra jusqu'à les entendre craquer entre ses larges phalanges puis recula jusqu'à heurter les barreaux froids et rouillés de leur cage. Le Joker riait, du sang remplaçant son rouge à lèvre, ses joues gonflées et des vaisseaux sanguins éclatés décorant son corps.

Batman pleurait. Il se haïssait comme jamais il n'avait hait quelqu'un, ni même comme il haïssait le Joker. En position fœtale, il sanglotait. Ses sanglot déformés ressemblaient plus à des grognements de robots mais ils ne répugnèrent pas le clown qui s'avança calmement vers son interlocuteur.

Un sourire pourpre sur son visage, il essuya doucement la salive et le sang de sa bouche avant de s'agenouiller en face de lui. Il passa ses bras suavement autour de lui et sourit alors qu'il approchait ses lèvres de ses oreilles.

- ça fait mal hein? D'aimer un monstre comme moi.

Batman leva la tête en fronçant les sourcils. ça lui faisait mal de l'entendre dire ces choses à propos de lui. Mais il avait raison, il était un monstre.

- Tu as enfin compris que tu avais besoin de moi?

Le coeur de Batman accéléra dans sa poitrine, cognant de parts en parts comme s'il voulait fuir la situation. Il voulait le contredire, l'envoyer valser comme à son habitude. Mais la vérité qu'il entendait l'empêchait toujours de faire quoique ce soit. Il se tenait puérilement entre ses bras, honteusement consolé par l'un des plus terribles criminels de la planète.

Il passa ses doigts autour de son dos tuméfié puis remonta l'une de ses mains vers sa nuque. Le Joker en frissonna et grogna en souriant toujours, sourcils froncés. Il se cambra en sentant le kevlar contre sa peau puis gémit lorsque ses cheveux tirés lui forcèrent à renverser sa tête en arrière.

- Tu me le paiera...

Batman, les yeux suintants et l'amour glissant le long de ses joues, laissait le désir s'emparer de lui. Joker le sentit et son caleçon pris une autre forme presqu'instantanément. Le chevalier de la nuit ne le sentait pas encore mais il en eu un aperçu lorsqu'il le poussa sur le sol et le vit étalé devant lui, vulnérable et en redemandant déjà.

Il était écoeuré. Mais il était amoureux, trop amoureux. Il lança son corps furtivement et se plaça au dessus du Joker qui n'attendit pas une seconde pour placer ses bras autour de sa nuque, un sourire de défi habillant son visage. Batman grogna, fit la grimace et ouvrit les lèvres afin de l'insulter.

Sa phrase fut avortée par les dents du Joker qui, dans la tentative d'un baiser fougueux vinrent se cogner contre les siennes. Ce baiser violemment maladroit lui fit ouvrir de grands yeux étonnés mais il ne mit pas longtemps à se laisser aller à cette étrange douceur.

Le maniaque gloussa contre sa bouche, heureux à en mourir, loin derrière sa folie meurtrière. Il ne relâcha ses doigts qu'un instant autour de sa gorge puis décida de retirer ses gants. Il voulait sentir la peau de l'homme qu'il voulait depuis si longtemps.

Et cette fois, il ne le violerait pas comme il l'avait presque fait dans ce hangar. Le Joker trépignait d'impatience et aimait voir son Batman se soumettre à lui. Mais Batman commençait lui aussi à sentir un changement opérer en lui. Effrayé et rassuré à la fois, il changea ses plans. Il mis fin au baiser passionné et renfila ses gants avant même d'avoir pu profiter de la peau abîmée de son partenaire.

Le Joker fronça les sourcils et le Batman aperçu sa moue dans la lumière bleutée. Le clown paniqua et s'énerva à nouveau en voyant son amant s'éloigner. Il se mit ensuite à rire de façon incontrôlée mais des larmes coulaient déjà sur son visage de façon incontrôlée.

Mais Batman souriait lui aussi dans la lumière de son poignet. Le Joker s'arrêta de rire un instant pour écouter ce qu'avait à dire le traître.

- Je sais que tu sauras comment sortir d'ici. Une condition: pas de morts. Rejoins-moi dans deux jours à 8 heures sur le pont d'Arkham.

Il s'enfuit ensuite de la cage grâce à l'un de ses gadgets, referma derrière lui terriblement frustré par le fait de n'avoir pas été plus loin avec la personne qu'il reconnaissait aimer. Il remercia les policiers, prétexta qu'il devait tout de suite mettre à profit les informations qu'il venait de recevoir et s'en alla, sourire aux lèvres.

Il y avait peut-être une chance pour le Joker. Une chance de renouveau. Une chance pour lui de devenir sage et sain d'esprit. Bien sûr, il devrait vivre en fugitif, mais c'eût été son rôle de le protéger tant qu'il prouverait qu'il n'était plus le meurtrier d'auparavant.

Le Joker lui, se retrouva penaud, à moitié nu et sa camisole qu'il enfilait bien sagement jusqu'à sa taille. Un sourire sincère et presque niais caressa les lignes de son visage alors qu'il enfilait ses doigts dans les manches puis il s'assied sur son lit, le regard dirigé vers le plafond.

Deux jours, huit heures...Deux jours, sept heures et cinquante-neuf minutes... deux jours, sept heures et cinquante-huit minutes... deux jours, sept heures et...