Quel jour est-on aujourd'hui ? ... J'attends... Répondez pas tous à la fois... Bon, ok, tant pis- oui ? Je l'ai entendu ? Oui ! en effet, nous sommes mercredi. Et le mercredi qu'y a-t-il ? Non, il n'y a pas DLPDLM, vous avez bien vu mercredi dernier. Non, le mercredi il y a le scan de naruto, et par hasard, ce mercredi, le chapitre 8 que vous avez bien mérité.
Ce qu'il s'est passé ? J'ai sous-estimé la prépa littéraire, pardi. Et surestimé mes connaissances dans à peu près toutes les matières sauf l'anglais. Donc : c'est la grande joie, mes amis. J'ai plus que jamais besoin de recevoir des reviexs, et pour avoir des reviews, eh : il faut un nouveau chapitre, que voilà.
Un chapitre plus long que d'habitude, parce que j'avais trois longues scènes à y caser. Mesdemoiselles (mesdames ? messieurs ?) voici venu le temps des confrontations.
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II avait retrouvé sa couleur de cheveux naturelle et s'apprêtait à refaire une apparition dans le salon.
A nouveau, il devrait jouer un rôle. Amorcer son départ de la team des Avengers.
Bientôt, il irait enlever l'enfant à l'hôpital et changerait à nouveau d'identité. Martin Wilson ou quelque chose du genre. Il irait habiter à Cleveland ou dans un autre coin paumé des Etats-Unis où il pourrait être tranquille.
Il ne pouvait pas élever un enfant en continuant ses activités de super-héros, et ce pour deux raisons : de un, un missile de Fatalibot perdu et tout s'écroulait. L'enfant, abandonné à son sort, devenait une bombe à retardement, sans doute incapable de contrôler ses pouvoirs et récupéré un jour ou l'autre par le Shield. Il ne pouvait pas se permettre de mourir maintenant. L'entrée de Spidey dans la team tombait vraiment à pic, et puis il laissait l'Iron patriot (comme l'avait renommé le gouvernement avec un mauvais goût atroce) à Rhodey.
De deux, il ne voulait pas reproduire la même erreur que son père. Même s'il savait qu'il allait être un père merdique, il savait déjà ce qu'il ne voulait pas faire (et puis de toute manière, engager une baby-sitter sans savoir si le gamin allait se mettre à transformer ses doigts en allumettes du jour au lendemain était suicidaire. Il avait vu Les Indestructibles, lui. Donc il s'en occuperait tout seul, et il ferait de son mieux.).
Finalement, c'était beaucoup de bouleversements pour 22 minutes de sexe. Il avait perdu au change.
Mais il n'aurait pas pu se voir dans une glace s'il ne l'avait pas fait. Déjà qu'il avait du mal à soutenir son propre regard dans le miroir le matin, alors s'il avait tué un bébé, autant acheter la corde tout de suite.
Et puis Jarvis avait raison. Et puis Loki avait raison. Il avait une revanche à prendre avec son père.
Je ne serai pas comme toi, Howard Stark. Je ne serai pas un père merdique aveugle à l'amour et aux besoins des siens.
Il entra dans l'ascenseur et monta vers le salon. Il répéta son rôle dans sa tête et se demanda qui il allait voir en premier.
« Jarvis, qui est dans le salon ?
-L'agent Barton et l'agent Romanoff jouent à Mortal Combat tandis que le docteur Banner fait des simulations de rayonnement radioactif sur sa StarkPad.
-… Je suppose que je préfère leur parler tous les trois ensemble que d'être seul avec Steve. Merci Jarvis. »
La porte de l'ascenseur s'ouvrit, et le jingle sonnait comme un glas.
Les trois Avengers tournèrent la tête vers lui et Clint lança :
« Tony ! T'étais pas mort finalement !
-Crise d'ermitage ? s'enquit Bruce
-Mh, lança-t-il avec un sourire trop mince et une mine légèrement soucieuse.
-Qu'est-ce que t'as fait à ta peau ? Et à ton bouc ? demanda Clint.
-Ah, le bronzage ? En marcel pendant une expérience sur les rayonnements lumineux. Et pour le bouc, j'ai complètement raté mon rasage ce matin, j'ai préféré tout enlever et attendre que ça repousse.
-Je vais t'offrir de la crème solaire à Noël, promit Clint en retournant à son combat. Et te conseiller un barbier. Y'en a un sympa sur Hambury Street… Enfin je suppose que tu peux t'offrir la visite à domicile. Au fait, merci pour la PS3, fit-il en retournant au jeu.
Alors qu'il se rapprochait d'eux, Natasha sembla pressentir quelque chose, et éteignit la télévision.
-Eh ! protesta Clint. J'étais sur le point de gagner !
-Tony a quelque chose d'important à nous dire.
-Non, je suis sûr que t'as éteint parce que j'allais gagner, marmonna l'espion.
-Les gars, je… J'ai un souci.
Clint se détourna de la télé et haussa un sourcil, le regard de Natasha s'était fait instigateur tandis que Bruce s'était levé, se rapprochant de lui.
-Vous voyez… Le 4 juillet dernier ? La soirée complètement arrosée où personne n'a fini dans son lit ? fit-il avec une grimace hésitante.
-Tony, tu es le seul à faire ce genre de chose, répliqua sans méchanceté Natasha.
-Bruce est prudent, vous vous êtes un couple, Steve est vierge et Thor va être papa. Evidemment, ponctua-t-il.
-Continue avant qu'on te tue.
-Donc… voilà, je me rappelais plus trop de cette soirée, mais… Il semblerait que j'ai merdé.
Clint se leva d'un bond.
-T'as un mouflet sur les bras.
-Clint, le rabroua Bruce, ce n'est pas ce que veut dire Tony.
-Si. Si, c'est ça.
Il récupérerait cette vidéo dans les archives de Jarvis plus tard. Leurs têtes, même celle de l'impassible Natasha, étaient impayables.
-C'est une blague, Anthony Edward Stark.
Oh que c'était mauvais signe quand Natasha l'appelait comme ça… Mais il décida de continuer quand même.
-Ce n'est pas tout.
La tension était à la limite du supportable dans cette pièce.
-La mère avait une malformation cardiaque… Elle est morte en couche il y a 10 jours.
Le meilleur mensonge est celui où on insère le plus de vérité possible.
Les mâchoires de ses trois coéquipiers étaient sur le point de se décrocher.
-J'espère sincèrement pour toi que tu nous mènes en bateau.
-J'aimerais bien Nat', soupira-t-il en se laissant tomber sur un fauteuil. Mais non. J'étais à l'hôpital ce matin. J'ai vu le gamin. Et… Je crois que je vais le garder.
-Tu es conscient que tu ne peux pas laisser un enfant ici ? fit Bruce.
-Je le suis. Je vais quitter les Avengers.
Il y eut un silence de mort dans la pièce. Il y eut des pas dans le couloir, et ils tournèrent la tête.
-Salut Tony. Tu n'es plus en mode ermite ?
Oui, Captain America venait de faire une référence à Naruto. Et vu sa tête, il en était fier. Si les circonstances n'étaient pas si graves, ils l'auraient tous balancé par la fenêtre.
-Steve, Tony vient de nous faire une annonce importante.
-Ah oui ? Il arrête l'alcool ? lança-t-il, d'excellente humeur.
-Il vient d'avoir un fils.
Il aurait tellement aimé prendre en photo l'expression faciale du capitaine Steve Rogers à ce moment précis. Il se félicita d'avoir des caméras dans chaque coin de cette Tour, il trouverait peut-être un bon angle de vue.
-Anthony Edward Stark, murmura-t-il.
-Et la mère est morte, crut bon d'ajouter cet enfoiré de Clint Barton.
Steve écarquilla encore plus les yeux, si c'était possible.
-Tu ne l'as pas-
-Elle est morte en couche, Cap', ne te fais pas de films, fit Tony en levant les bras (pour se protéger ?). Et je ne veux pas laisser un orphelin.
-Mais… Tu as conscience que…
-Je sais. Peter tombe à pic, vous serez toujours six.
Le soldat se rapprocha de lui et Tony fit prudemment un pas en arrière. Il ouvrit les bras et Tony se détendit quand il posa ses mains sur ses épaules.
-Tu vas l'adopter ?
-C'est mon fils, je dois juste dire que j'accepte de m'en occuper…
-Tu as fait le bon choix, Anthony. Bien que ton départ sera douloureux pour nous tous, je suis fier de toi.
L'ingénieur eut un sourire. Les mots de Steve le touchaient plus qu'il ne se l'avouerait jamais.
-Vous ferez attention au monde quand je ne serai plus là pour le protéger ?
-C'est promis, Iron Man. Elève ton fils l'esprit tranquille.
Tony sourit et s'autorisa une étreinte virile avec Steve. D'une manière trop honteuse pour être dite, ça lui faisait beaucoup de bien que leur leader approuve une de ces plus délirantes décisions. Bon, il n'avait pas dit que le gamin qu'il allait élever était la réincarnation de Loki, mais de loin ça semblait une noble et altruiste décision.
Il relâcha Steve et sourit à ses coéquipiers. Ils allaient leur manquer.
-Et où veux-tu qu'on déménage ? s'enquit Bruce.
-Comment ça, « qu'on déménage »?
-Ben… C'est ta Tour.
-Vous restez ici, dit-il d'une voix ferme. Cette tour est le quartier général des Avengers, et je tiens à ce qu'elle le reste.
-Mais…
-Le but, c'est que le gosse ne grandisse pas entouré de tabloids. Je pensais me retirer dans un trou paumé type Kansas ou un truc du genre, et changer de nom pour Winston Smith, James Moore ou David Johnson.
-Carrément… murmura Clint à coté de lui. En fait tu nous fais une crise de la cinquantaine, c'est ça ?
-J'ai que 45 ans, Robin Hood, fit-il en lui claquant gentiment l'arrière de la tête. C'est sérieux, fit-il alors que son sourire se fanait. Je ne veux pas tout foutre en l'air comme j'en ai l'habitude.
Le silence revint. Tony supposa qu'ils avaient trop de questions.
-Comment s'appelle-t-il ? s'enquit Steve.
Aïe. Vite, un truc, n'importe quoi.
-Luke.
-… Tony, tu as trop regardé Starwars, accusa Clint
-C'est la mère qui a choisi avant l'accouchement.
-Et comment s'appelait-elle ? s'enquit Bruce.
-Elsa Vuurvliegson. Un mannequin d'Europe du Nord, je crois. Mais je ne l'ai jamais revue.
-C'est un coup terrible pour les Avengers, mais je pense que tu as pris la bonne décision, répéta Steve. Tu ne pouvais pas abandonner ce bébé.
-N'empêche que je vais devoir faire deux fois plus de blagues de merde sans toi… marmonna Clint.
Natasha lui lança le regard « T'es vraiment pas obligé » et Tony sourit.
-Je compte sur toi, Legolas. Et veillez sur Peter aussi, j'ai cru comprendre qu'il avait perdu sa copine récemment.
-On va chouchouter le nouveau, t'en fais pas.
-Et faites gaffe à vos fesses à vous, aussi.
-Tony, tu ne pars pas dans la minute, j'espère ? s'enquit Steve.
-Si on n'a plus le droit d'être romantique dans cette Tour…
-Dis Tony, t'as prévenu Virginia ? s'enquit Natasha.
Le sang de Tony se glaça, et ça se vit sur son visage.
-Tu veux que je lui en glisse deux mots, proposa l'espionne, ou… ?
-Je préfère lui parler moi-même. J'irai la voir au bureau cet après-midi.
Il y eut un silence gêné, que Tony rompit avec une remarque presque sérieuse.
-Par contre je veux bien que quelqu'un informe Fury et que je passe le reste de ma vie à fuir dès que je vois le bout de sa cape."
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Il frappa timidement à la porte d'acajou, et une voix douce l'invita à entrer. Avec précautions, il pénétra dans le bureau, offrant un sourire à son ex.
« Bonjour Pepper, fit-il avec gentillesse.
-Tony ? s'étrangla-t-elle, stupéfaite. Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je t'ai ramené des fleurs. »
Il retira le bouquet de roses blanches et rouges de derrière son dos et observa les yeux écarquillés de son Pdg. Oui, c'était très bizarre venant de sa part de lui offrir des fleurs, mais ça faisait partie de son rôle. Autant la jouer franco et paraître perturbé dès le début (en plus, il n'avait pas vraiment à faire semblant : il était perturbé.)
Virginia Potts plissa les yeux.
« Oh toi… Tu as un truc à te faire pardonner.
-… On pourrait dire ça comme ça, répondit-il avec un sourire triste.
Il se rapprocha du bureau, Pepper s'étant levée. Son expression était inquiète à présent. C'était une bonne chose.
-Pepper je… commença-t-il. Plus rien ne sera comme avant.
C'était malheureusement vrai.
-J'ai un fils, Pepper, avoua-t-il d'une traite.
A l'inquiétude s'ajouta l'incompréhension et la suspicion, que l'ingénieur tenta de dissiper.
-Il n'a que quelques jours. J'ai merdé il y a neuf mois, mais la mère avait une malformation cardiaque, et elle est morte en couche : et même si ça paraît bizarre, je ne veux pas laisser un orphelin derrière moi.
Non, par contre, cette ride soupçonneuse n'était pas du tout, mais alors pas du tout bon signe.
-Anthony Edward Stark (Tony ne savait pas exactement qui de son ex ou de Natasha avait prise cette habitude de l'autre. Mais c'était dangereux dans les deux cas), tu es en train de me mentir.
Merde, merde, merde.
Il fronça les sourcils et tenta de récupérer un peu de confiance dans les yeux de Pepper.
-Non, je t'assure, c'est la vérité. Il s'appelle Luke, je suis allé le voir ce matin.
-Tu as arrêté de coucher à droite à gauche depuis plus de deux ans. Je pense même que ça fait un bail que tu n'as personne. Ne crois surtout pas que je vais gober que tu as couché avec une fille ces derniers neuf mois et sans te protéger. Ne m'insulte pas en me mentant, Tony, je te connais trop bien.
Ses yeux lançaient des éclairs, et s'il continuait, il allait se faire foudroyer sur place. Touché, coulé. Plan A à l'eau mon capitaine, envoyez le plan B à son secours.
-… Oui, c'est vrai. C'est autre chose, soupira-t-il.
Pepper s'approcha de lui et lui prit les fleurs, qu'elle posa sur son bureau. Puis elle l'invita à s'asseoir d'un petit geste qu'il avait toujours adoré chez elle. Ordinaire mais irrésistible, à son image.
-La version que je viens de te donner, c'est celle que j'ai racontée à l'équipe. Je te demanderai de ne pas la démentir, pour des raisons que tu vas bientôt comprendre.
Pepper, après un instant durant lequel sa ride inquiète s'élargie, hocha doucement la tête. Et Tony se haït pour ce qu'il allait faire. Il savait qu'il pouvait mentir à Pepper, en terme de capacité : il l'avait fait bien des fois, pour le palladium, ses insomnies, et des tas d'autres choses. Mentir était quelque chose qu'Anthony Edward Stark faisait souvent. Exagération, remplacement, enjolivement, omission, que des mauvaises langues ( dans le vrai) appelaient du mensonge. Finalement, le caractère bien ou mal de ses mensonges dépendait de pourquoi il le faisait : souvent pour protéger son entourage, ne pas l'inquiéter. Et là, il protégeait Loki, en l'élevant incognito. Non ? Etait-ce parce qu'il était incapable de justifier son choix à quiconque ? Sans doute un indigeste mélange de beaucoup de raisons plus ou moins bonnes. Mais il mentit comme un arracheur de dents, et s'en voulut énormément.
-A la dernière mission… C'était un truc horrible. Y'avait des civils partout, des Doombots à chaque tournant : une horreur. Et tu vois, j'ai fait des nouvelles flèches à Clint : des bien fines, bien résistantes, qui transpercent en continuant leur course, expliqua-t-il à Pepper, qui d'après ses yeux horrifiés, voyait lentement où il voulait en venir. Clint a tiré en plein sur un de ses putain de robots, je l'ai félicité pour son tir et il est allé autre part chercher un meilleur angle. Sauf que j'ai entendu un cri à 30 mètres, dans un immeuble. Je suis allé voir, et…
Il fit semblant que sa gorge le serrait tout à coup. Il se dégoutait lui-même d'accuser Clint de la mort d'un civil, ce qui serait impossible en temps normal. Il maîtrisait parfaitement sa force pour faire en sorte que la flèche reste dans sa cible, afin de limiter les dommages collatéraux. Il se força à continuer.
-C'était fichu, elle était déjà morte. Par contre, y'avait un gosse de deux jours qui chialait. Je les ai emmenés à l'hôpital et je suis revenu après, mais le gosse n'a rien, pas de père, pas de grands-parents, que dalle. Et je… C'est partiellement de ma faute, et je songeais depuis longtemps à changer de vie. Je sens que je fatigue plus vite, que je fuis les patrouilles… Je veux prendre ma retraite et essayer d'offrir un avenir à ce gosse.
Pepper fouillait en lui du regard, et c'était à la fois désagréable et terrifiant. Mais il tint bon, soutint ces yeux instigateurs, jusqu'à ce qu'il lise au fond de ses pupilles qu'elle le croyait. Elle se leva lentement et dit d'une voix douce :
-Tony, je… Je ne comprends pas tout, mais tu te rends compte que c'est totalement délirant venant de ta part ? Les journalistes ne comprendront pas, ils vont fouiner partout… Et puis ce bébé ne vivra pas tranquille, tu es bien trop célèbre…
-Pepper, Pepper, l'interrompit-il. J'en suis conscient. C'est pourquoi je veux faire un truc délirant que tun'approuveras sûrement pas.
Il prit une respiration et dit d'une traite, pour éviter que Pepper ne l'interrompe d'un cri outragé :
-Je veux kidnapper le gosse demain soir et m'installer avec lui dans un trou paumé sous une fausse identité de père célibataire.
Sans s'en rendre compte, il avait fermé les yeux. Il en rouvrit un prudemment, pour découvrir que Pepper avait un air pensif et paraissait réfléchir à ce qu'il avait dit. Avant qu'il ne puisse s'en étonner, elle fit :
-Ca se tient. Je penchais pour cette option aussi. Il y en a d'autres, mais c'est celle-là la moins risquée.
Tony crut que ses yeux allaient sortir de ses orbites. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux en murmurant :
-Tu es sérieuse ?
-Bien sûr que je le suis, répliqua-t-elle. Tu n'imagines pas le nombre de stars qui l'ont fait.
D'une manière assez honteuse, la seule image mentale que l'ingénieur eut à ce moment fut Kurt Cobain dans un parc privé avec un charmant bambin jouant avec une mini-guitare en plastique dans les bras.
-C'est le moment où tu me dis que tu as croisé Mickael Jackson avec sa descendance dans les Maldives lors de, je sais pas moi, un voyage d'affaires ? s'enquit-il.
-Tu n'as pas idée, fit-elle avec un sourire malicieux.
Tony éclata d'un rire franc, un qu'il n'avait pas eu depuis des semaines, qui mit longtemps à s'arrêter. Une fois remis, Pepper le fit asseoir à son bureau pour qu'il planifient tous les deux ce qu'ils devaient faire. Elle lui expliqua calmement qu'elle pouvait voir avec lui les maisons dès aujourd'hui, organiser une conférence de presse le soir même, voire même lui expliquer comment s'y prendre avec un bébé, pour éviter que Jarvis soit assailli par des questions telles que « Jarvis, il pleure encore, je fais quoi ?! Comment ça il a faim, ça fait à peine trois heures ! » « Jarvis, il dort toujours, c'est normal ? Tu peux vérifier ses paramètres ? Non Jarv' : de un, il dort depuis plus longtemps que 2h, et de deux je peux tout à fait rester 72h sans dormir, pourquoi mon fils ne serait-il pas pareil ? » « Jarvis, comment on fait un biberon ? » « Jarvis, comment on change une couche ? ». Tony leva les yeux au ciel à ça : il n'aurait jamais dit des choses pareilles. Il savait que les bébés avaient besoin de dormir au minimum toutes les 48 heures (il se félicita le lendemain de ne pas l'avoir dit à voix haute, Pepper lui aurait interdit de manière rapide et efficace d'approcher ce bébé : en passant par son assassinat).
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Tony inspira lentement, et expira pour se calmer. Tout était prêt, les journalistes étaient présents, la conférence commençait dans cinq minutes. La seule chose qui n'était pas conforme à ses plans était l'absence du Shield. Normalement, Natasha avait fait son office, et Fury était déjà prévenu. Alors pourquoi n'y avait-il que Pepper dans cette pièce ?
« Ca va Tony ? Tu as l'air fatigué.
Il offrit un air rassurant à la Pdg. Evidemment, qu'il avait l'air fatigué, c'était le but. Il avait même piqué son crayon quand elle avait le dos tourné pour se mettre un peu de khôl. Plus il avait l'air épuisé, au bout du rouleau, des cernes violettes tirant sur le noir sous les yeux, mieux c'était. La version qu'il communiquerait à la presse sur son départ des Avengers serait sa vieillesse. A 46 ans, on ne faisait plus de pirouettes dans les airs à poursuivre les méchants. Ce n'était pas vrai (il se sentait en pleine forme) mais l'opinion publique croirait cette version. D'autant que pas mal de rumeurs le décrivaient comme dépressif, alcoolique et insomniaque depuis l'invasion de New York et sa rupture avec Pepper.
… Ce qui n'était pas vrai, bien sûr. Les rumeurs étaient des rumeurs : sans une once de preuve.
Heureusement que Jarvis n'était pas encore télépathe. Sinon son téléphone aurait toussé de manière franchement sceptique.
Comme pour lui donner une attaque cardiaque en croyant à l'incarnation de Jarvis dans un robot, ou autre scénario apocalyptique, un toussotement reconnaissable entre mille se fit entendre derrière son dos.
« Coulson ! s'écria-t-il avec entrain en faisant volte-face. Je ne vous attendais plus.
-Je n'aurais pas manqué votre annonce fracassante, lui répondit-il dans un sourire qui n'appartenait qu'à lui. Mademoiselle Potts, salua-t-il la Pdg (actuellement au téléphone) qui lui répondit avec un sourire. Alors monsieur Stark, allez-vous renforcer votre image de play-boy en annonçant votre paternité ?
-Ne soyez pas si pressé, c'est une surprise, fit-il avec un clin d'oeil. Vous êtes tout seul ?
-Affirmatif.
-Parfait, commenta Tony. Je n'avais pas besoin d'un œil instigateur sur moi pendant cette conférence.
-D'une certaine manière, commença Coulson, ayant deviné de qui il voulait parler, le directeur Fury a dit qu'il… Comment reformuler ça poliment… Qu'il y avait des affaires autres que la crise de la cinquantaine d'un milliardaire pourri gâté qui méritaient son attention.
-Je n'ai que 45 ans, répliqua Tony alors que Pepper se retint de pouffer de rire dans son portable."
Clint était allé avec Natasha au Shield, ce n'était pas possible autrement. L'espion pouvait toujours courir pour qu'il lui fasse de nouvelles flèches avant son départ.
Phil préférait la version qu'il avait servie au milliardaire. L'autre sonnait moins joliment aux oreilles. C'était quelque chose comme… Je m'en contrefous que cet enfoiré égoïste de Stark ait un sursaut de bonne conscience, c'est pas parce qu'il est sans défaut qu'il y a des iron man dans tous les magasins. Je m'en bats les noix de ce gamin, je suis sûr que Stark en a des tonnes qui grandissent très bien sans leur super-héros de père. Qu'il soulage sa conscience en lui créant un compte à cinq chiffres et qu'il redescende sur terre après.
"Malheureusement pour Fury, reprit Tony, comme Coulson paraissait perdu dans ses pensées, ce n'est pas une crise passagère. Je compte quitter les Avengers définitivement.
-Tony, l'interpella Pepper, les journalistes s'impatientent.
-J'y vais, répondit-il. Phil, dites à Fury d'allumer sa télé."
L'agent leva les yeux au ciel et suivit le milliardaire, qui passait les portes.
Tony arbora une mine fatiguée et soucieuse, fit un sourire faux sans prendre la peine de cacher qu'il l'était. Les flashs fusèrent, la baisse de volume qu'avait provoquée son entrée fut de courte durée. Il monta sur l'estrade, et jeta un regard vide sur son assemblée.
Phil haussa un sourcil. Stark était métamorphosé. Il ne le savait pas si bon acteur. Il était pimpant et plein de vie il y avait quarante secondes, il avait maintenant l'air d'avoir été déterré après une lente décomposition parmi les vers.
« Bonjour à tous, lança-t-il sans entrain. Alors, qui veut commencer ?
Une journaliste au premier rang leva la main.
-Oui ?
-Est-ce vrai que Spiderman va intégrer les Avengers ?
Ce n'était pas la question dont il avait besoin, mais il l'attendrait patiemment.
-Vous êtes bien informée, fit-il avec un sourire fatigué. En effet, Spidey rejoint l'équipe très bientôt.
-Pourquoi ce soudain recrutement ? s'enquit un autre journaliste. Un départ s'amorcerait-il ?
Il n'en demandait pas tant.
-Vous avez tapé dans le mille, fit-il simplement, sans rien ajouter de plus pour ménager son suspense.
-Est-ce l'incroyable Hulk ? demanda une petite brune.
-Non, ce n'est pas Hulk.
A sa grande satisfaction, aucune proposition ne fut rajoutée. Bien.
-L'avenger allant quitter l'équipe bientôt… C'est moi.
Comme il l'avait prévu, il y eut un gigantesque brouhaha qui mit très longtemps à s'apaiser.
-Je quitte l'équipe, continua-t-il sans attendre qu'on lui pose la question, parce que les rumeurs sur mes insomnies, ma consommation d'alcool, et j'en passe, sont vraies, ce qui me rend dangereux et en danger pendant nos opérations. Je laisse ma place à quelqu'un de plus jeune et de plus compétent au sein des Avengers, et pour ma part je vivrai une retraite paisible.
Il choisit de prendre un ton neutre, tranquille, pour lâcher cette bombe. Les exclamations de stupéfaction et les commentaires divers reprirent de plus belle, alors que des mains se levaient. Il en choisit une au hasard.
-Où allez-vous vous retirer ?
Il eut un sourire.
-Secret défense, répondit-il en choisissant une autre main.
- Y'aura-t-il un nouveau porteur de l'armure ?
Ah, enfin une question pertinente.
-Je laisse l'Iron Patriot au commandant James Rhodes, les autres armures seront détruites.
Augmentation du brouhaha. Bon, Tony avait la migraine, et avait répondu aux questions qu'il l'intéressaient.
-Fin de la conférence, fit-il en levant un bras et en portant son autre main à son front, en exagération de sa migraine.
"
Il descendit les marches sous de vives protestations, et réussit à retourner dans l'antichambre grâce aux vigiles. Une fois en sécurité, il s'adossa contre la porte et se rendit compte qu'il avait laissé Pepper et Phil tous seuls face à la furie des journalistes. Tant pis. Il eut un long soupir d'épuisement : il n'avait jamais aimé ce genre de petite causerie avec l'humanité par paparazzis interposés.
Il avait fait ce qu'il lui avait paru le plus difficile. Peser, soupeser chaque parole, chaque geste, calculer, anticiper les réactions : il n'avait jamais été très fort à ce genre de choses. Ce qu'il aimait, c'était l'instinct, l'action, le réflexe. Il voulait devenir espion ou super-héros quand il était petit.
Il était temps de réaliser les rêves d'enfants.
Il était temps de passer à l'action.
-o-o-o-
Je m'excuse pour les fautes éventuelles, je voulais absolument vous le donner ce soir.
Ma voisine de chambre, être humain très courageux et compositrice de génie m'a dit au moins trois fois, que quand elle avait 8 ans, "elle voulait être espion, et pas princesse." Ce chapitre, même si elle ne lit pas ce genre de littérature, lui est dédié, ainsi qu'à vous tous, reviewers et followers, qui me permettez de tenir en ces temps de montagnes russes émotionnelles. Merci infiniment à vous tous. Dédicace également à PoneyRose pour la fin de la partie Pepper (YouKnowWhatIMean).
Le prochain chapitre devrait prendre deux ou trois semaines à arriver. Continuez d'être patients et adorables face à cette auteure ingrate. Bon courage à vous tous, merci d'avoir lu, et à bientôt !
