1. Appartenance: Les personnages présents dans cette fiction ainsi que son univers appartiennent à J.R.R Tolkien, et tiré du célèbre livre The Hobbit, du même auteur.
2. Rating: Cela dépend des chapitres, mais je préfère les poster sous l'avertissement " M ", même si certains d'entre eux seraient plutôt " T+ ".
3. Autre: Désolé de poster ce chapitre un peu en retard, mais j'ai été prise par la série Being Human UK, où notre bel Aidan Turner interprête le personnage de John Mitchell, et j'ai pas pu détacher mes yeux de cette série jusqu'à la fin de la saison 3... Oui, pour ceux qui l'ont vu, j'en suis toute retournée et je n'arrête pas de pleurer " BREF ! Faut simplement se dire que si ça a terminé ainsi, c'est parce que Aidan Turner est allé jouer notre jeune Kili ! héhé (auto-conviction échouée...beuuuh)
Petiteloutre : Je savais que je n'avais pas été cool sur le chapitre précédent mais de là à me faire des menaces de mort et de tortures xD, je t'avoue que mon sang n'a fait qu'un tour en lisant ta review, mais j'ai finalement rigolé (peut-être nerveusement ?) me disant que je l'avais probablement mérité ! M'enfin, voici un nouveau chapitre maintenant !
Chapitre 8
Point de vue de Kili.
Voilà maintenant trois jours que nous avons repris la route. Nous partions en direction de Mirkwood, une vaste région selon Balin, qui est surtout connue pour sa vaste forêt noire ainsi que la Halle du Roi des Elfes, dirigée par Thranduil.
Depuis les bains, je ne parlais que très peu avec Fili. Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé dans ces sources... Mais tout ce que je sais, c'est que je suis perdu. Perdu dans mes sentiments. Je ne sais pas qui je suis réellement pour Fili, ni pour mon oncle, qui m'a fait une sorte d'aveu la dernière fois. Je ne savais pas trop quoi en penser. J'avais aimé être avec Fili, avoir retrouvé cette intimité avec lui. Mais c'est allé un peu loin... Même si j'ai apprécié son baiser, je ne sais pas quoi en penser. Et puis il y a Thorin, avec qui j'ai renforcé les liens lors de la disparition de Fili, des liens que j'avais beaucoup aimés, mais que je ne devais pas abandonner parce que mon frère était revenu. Là encore, je ne sais ni quoi faire, ni quoi en penser.
Je suis complètement perdu.
« Hé Kili ! Me cria Dwalin, Tu m'la dégommes ? »
Il prit la pomme qu'il était en train de manger et la jeta en l'air, haut et loin devant nous.
Je dégainai alors mon arc, saisit une flèche et transperçai la pauvre pomme de cette dernière. Je pus entendre Dwalin s'esclaffer de surprise puis applaudir.
« Quelle précision ! Tu ne dois pas rater les filles, toi !
— Dwalin ! Intervint Thorin, c'est un jeune nain, tu crois sérieusement qu'il- (il me regarda un instant, alors que je restai perplexe) Kili, tu n'as quand même pas...
— Oh oh ! On se calme, fis-je un peu énervé. Premièrement, il s'agit de ma vie privé alors je ne vais pas vous dire ça comme ça. Deuxièmement, en quoi ça vous regarde ? »
J'étais un peu irrité mais ne tapai pas du pied pour autant. Ils se regardèrent puis continuèrent leur marche. Je soupirai d'agacement et les suivis pour finalement arriver au niveau de Balin et Fili, qui lui tenait la flèche que je venais de lancer. Il ancra ses yeux bleus dans les miens et me tendit la flèche.
« Tiens... Ce serait bête de perdre inutilement tes flèches. Tu pourrais en avoir besoin si-
— Merci Fili. »
Je la lui pris et continuai mon chemin. Je savais que j'étais dur avec mon frère en ce moment, mais tout était tellement confus dans ma tête, que quand je lui parlais, je n'arrivais pas à lui dire quelque chose de cohérent. Et mon comportement d'embarras vis-à-vis de lui m'énervait. J'avais l'air d'un petit garçon trop timide pour assumer de discuter avec plus âgé que soi.
« Ah c'est malin, fit Dwalin en ramassant le fruit, je n'ai plus de pomme maintenant...
— Bah voyons ! Tu t'attendais à quoi ? Fit Balin en soupirant. Désespérant, petit frère...
— Ah ah, rit Thorin, vous me faites penser à Fili et Kili (L'entente de mon nom me fit tourner la tête vers eux). Kili qui agit parfois sans réfléchir aux conséquences, et Fili qui commente pour l'agacer. »
Mon regard tourna vers mon frère, qui lui m'observait aussi. Il s'approcha lentement de moi, et s'arrêta à deux mètres de moi.
« Penses-tu agir sans penser aux conséquences, à cet instant ? »
Je sentais de la tristesse et du reproche dans sa voix. Ma mâchoire se resserra, ne sachant que répondre à sa question. Je laissai sortir un long soupire, et lui tournai le dos. Je le fuyais. Je fuyais les problèmes qui se dressaient devant moi, car j'en avais peur...
"N'ayez pas peur de ce qui s'offre à vous. Vous aimez les aventures, et parfois elles font peur. Il faut savoir vers qui se tourner, et passer outre ces peurs. Sachez que rien n'est impossible quand on y croit. Y croyez-vous maître Kili ?"
Sur cet instant, je n'avais pas compris ce que le Seigneur Elrond avait voulut me dire... Mais je crois savoir désormais.
Je jetai un regard à Fili, qui semblait perdu dans ses pensées, les yeux larmoyants, et immobile. Je m'approchai lentement de lui, et posai une main sur son épaule.
« Fili, je...
— Tais-toi. Si c'est pour encore me faire du mal, je préfère partir. »
Il dégagea violemment ma main et partit à l'avant. Mon cœur se serra douloureusement à sa réaction. Peut-être est-ce tout ce que je mérite après tout ?
Nous continuâmes notre traversée des Monts Brumeux pendant de longs jours et dans le silence. Parfois Dwalin chantait avec Thorin ou bien racontait, avec incongruité, ses anciennes aventures obscènes avec d'autres nains et naines, tout cela devant le feu le soir.
Dwalin était comme ça. Il n'avait aucune gêne pour parler de ça, bien au contraire, c'était un de ses sujets préférés. Je n'avais d'ailleurs jamais vu et connu cette facette chez lui. Dwalin un coureur de jupons et qui avait eu de multiples amants. Il ne nous cacha pas qu'il n'avait aucune préférence entre les sexes. Ce qui me mit mal à l'aise, car c'était en fait une grosse question que je me posais depuis quelques jours maintenant.
« Le soleil commence à se coucher, dit Balin en regardant l'horizon.
— Oui, il faut trouver un abri pour la nuit, fit Thorin. Une grotte ou à l'abri sous un bouquet d'arbre. Je sens l'air s'humidifier.
— Je suis d'accord, intervint Dwalin, de l'eau commence à perler sur mon crâne ! »
Nous nous mîmes alors à chercher un abri, et ce fut un renfoncement dans un gros rocher qui fit l'affaire. Il n'était pas assez profond pour qu'on puisse le qualifier de grotte, mais nous rentrions facilement à cinq dedans.
« Fili, Kili, allez chercher du bois pour le feu, ordonna Thorin.
— Bien, fit Fili. Tu viens ?
— Oui oui, j'arrive, lui répondis-je »
Nous partîmes donc tous les deux dans les sillons à la recherche de bois pour faire le feu de ce soir. La plupart des branches que nous trouvions étaient trop humides, ce qui nous embêtait beaucoup, car si nous ne ramenions pas assez de branches sèches, le feu ne tiendrait pas longtemps et nous gèlerions la nuit.
« Tu trouves des trucs ? Demandai-je à Fili. »
Je n'eus le droit qu'à un long silence comme réponse. Je me retournai pour voir où était mon frère mais j'étais seul. Je m'avançai lentement de l'endroit où je l'avais vu pour la dernière fois et montai sur la roche pour mieux voir.
« Fili ? Soufflai-je bruyamment »
Il n'était plus là. Mon cœur commença à s'emballer à l'idée qu'on puisse me l'avoir encore enlevé, mais je trouvai ça absurde. Fili et moi étions distant depuis quelques-temps, nous nous parlions pas tellement pendant nos longues marches, nous ne dormions plus ensemble la nuit... Alors pourquoi avais-je peur qu'on me sépare de nouveau de lui alors que nous étions constamment à l'écart l'un de l'autre ? C'était presque une sombre ironie.
Le ciel commençait à s'obscurcir, et je me dis que Fili était peut-être retourné au camp pour ramener le peu de bois qu'il avait trouvé.
Je fis donc de même, mais une fois arrivé sur place, je ne vis que mon oncle, ainsi que Balin et Dwalin. Mon sang ne fit qu'un tour.
« Fili n'est pas là ? Fis-je paniqué
— Non, il n'est pas avec toi ? Fit Thorin étonné
— I-Il s'est volatilisé... »
Thorin se leva et vint à mes côtés. Il ordonna à Balin et Dwalin de rester dans l'abri, le temps que nous partions à la recherche de Fili.
Nous retournâmes alors à l'endroit où j'avais perdu mon frère de vue. Nous nous mîmes à le chercher, sans trop crier pour ne pas attirer l'attention des créatures qu'il pourrait avoir dans le coin, mais l'obscurité n'était pas en notre faveur. Nous ne voyons quasiment plus rien.
Cela faisait bien une vingtaine de minutes maintenant que nous étions en train de le chercher, et mes jambes commençaient à trembler toutes seules sous le stress et l'angoisse.
« Bon sang, mais où a-t-il pu aller ? Gronda Thorin
— Tu penses que...que les orques auraient pu...
— Ne dis pas de bêtises, je t'ai déjà expliqué ce que je pensais de Fili. Il ne doit pas être en danger, il a simplement dû se perdre. »
Je restais septique face à son raisonnement. S'il s'agissait de moi, je n'aurais pas été étonné, car j'ai un sens de l'orientation affligeant. Mais Fili sait se repérer facilement.
Soudain, quelque chose me tira en arrière et une main bâillonna ma bouche. Une lame froide vint se plaquer contre ma pomme d'Adam, alors que mon corps butta contre un autre.
J'avais étouffé un son de surprise, ce qui avait attiré l'attention de Thorin, qui s'était tourné vers moi. Ses yeux étaient grands ouvert de stupéfaction et de panique.
« Si tu avances, fit Fili qui me tenait, je n'hésiterais pas à l'égorger !
— F-Fili, calme-toi... dit calmement Thorin. Relâche Kili tout de suite, et parlons ensemble...Tu veux ?
— Non ! Le Maître m'a ordonné de vous tuer ! »
Il resserra la lame contre ma peau, ce qui me fit pencher davantage ma tête en arrière. Ma respiration était courte, et mon cœur battait à toute allure. Pourquoi Fili agissait comme ça ? Était-ce… ce trouble du comportement ? Et puis pourquoi réagir ainsi presque deux semaines après ? J'étais persuadé que ses yeux avaient prit cette sombre teinte...aussi noire que les ténèbres.
« Le Maître ? S'interrogea Thorin. Qui est-il ?
— Toutes ces terres seront plongées dans les ténèbres les plus sombres. Ici régnera le chaos et la désolation ! Le peuple des Hommes, des Elfes et des Nains seront anéantis par le pouvoir du Maître ! Les orques y régneront en seigneurs, sous l'œil observateur et attentif de notre Maître ultime!
— Mais enfin ! Tu vas cesser de raconter des choses aussi inconcevables ?! Personne ne possède un pouvoir aussi puissant ! Pas même le grand Smaug ! Relâche Kili immédiatement ! »
Il se mit à rire de cette façon si terrifiante que des frissons désagréables m'avaient parcourus le dos. Il appuya l'arête de la lame contre ma peau. Un seul coup brusque et je suis mort. Il glissa sa bouche près de mon oreille et commença à murmurer.
« Alors Kili... Si on discutait de ce qui te tracasse ? Qu'est-ce que ça te fait de te trouver aussi proche de moi tout à coup, hein ? Tu ne serais pas un peu lunatique, d'ailleurs ? Veux-tu toujours savoir ce que je pense de toi ? ( il glissa lentement la lame contre ma peau). J'ai envie de te tuer... Pas seulement pour le Maître... Mais parce que tu es un salaud, et que tu t'amuses à me faire souffrir et languir ! »
Il me trancha la peau et me poussa par terre. Je portai instinctivement ma main contre mon aorte pour que le sang cesse de couler. Je n'arrivais plus à respirer, j'avais l'impression de m'étouffer avec mon propre sang. Je pouvais sentir ce goût de fer dans ma bouche qui coulait abondement, et que je crachais dans l'herbe sombre.
« Kili ! Hurla mon oncle »
Je pus le voir prendre sa hache à l'envers et frapper violemment Fili avec son manche. Il tomba au sol, inconscient. Thorin jeta sa hache et se précipita vers moi.
« Kili ! Kili ! »
Je ne pouvais pas lui répondre, j'avais du sang qui me coulait dans la gorge, et n'arrivais plus à respirer correctement. Je pouvais seulement tousser et vomir du sang. Mes doigts ne servaient à rien contre ma plaie. Fili m'avait sûrement tranché l'aorte.
Il hurla à l'aide, et en moins de trois minutes, Balin et Dwalin arrivèrent en courant. Je commençais à perdre connaissance.
Non, en vérité, je me sentais mourir.
Point de vue de Fili.
Je pouvais entendre un bruit agréable, le crépitement du feu et des grillons. L'air était frais mais à la fois chaud et doux.
Je sentis soudainement une douleur atroce au niveau de ma tête, ce qui me poussa à ouvrir les yeux et à gémir. Je pus voir alors une lumière pourpre danser devant moi, et Dwalin qui était assis dos à moi. Brusquement, je n'entendis plus les crépitements du feu et le chant des grillons. J'entendais autre chose... des plaintes horribles et inquiétantes. La peur commença à m'envahir brutalement, car je réalisai qu'il s'agissait de la voix de Kili.
Je me redressai d'un seul coup, mais Dwalin se retourna vers moi et me plaqua sa hache sous la gorge.
« Oh Bordel ! claquai-je de surprise. Ça va pas bien ou quoi ?!
— Toi. Tu ne bouges pas. Dit-il sèchement. »
Je me penchai légèrement pour voir par-dessus son épaule gauche et je vis l'horreur. Kili était assis, appuyé contre la roche de l'abri, et du sang dégoulinant de son cou sur ses vêtements. Mon souffle se coupa.
« Kili ! Criai-je en me jetant sur lui
— Je t'ai dis de ne pas bouger ! Hurla Dwalin en me plaquant contre le sol.
— Dwalin lâche-moi ! Je dois savoir ce qu'il a ! Savoir ce qu'il s'est passé ! »
Je croisai alors le regard de Kili. Il semblait très loin de nous... ils étaient embués, vide de lueur.
Balin, qui était à ses côtés, lui faisait humer les vapeurs d'une mixture qu'il avait préparé sur le feu. Kili semblait se détendre, et ses gémissements devinrent des silences. Thorin prit alors le bol et le maintint sous le nez de mon frère, pendant que Balin fit pénétrer une aiguille dans sa plaie pour le recoudre.
« Encore une chance qu'il ne lui ai pas tranché l'aorte, dit-il en recousant sa peau. Oh bon sang, il est réveillé ! »
Balin me fixait, et Thorin également. Que se passait-il exactement ? Pourquoi Kili était si gravement blessé ? Pourquoi Dwalin m'empêchait d'aller vers lui et m'avait menacé de sa hache ?
Soudain, j'eus comme une flèche qui me transperça la tête. Est-ce que...c'était moi, qui...qui avais fait ça ? Je commençai à me débattre mais Dwalin m'immobilisa plus violemment et douloureusement qu'avant.
« Lâche-moi ! Tu me fais mal ! Lui criai-je
— Hors de question que je lâche un fou furieux comme toi ! »
Je cessai alors de me débattre, car je me faisais encore plus mal qu'en ne bougeant pas. Je ne comprenais rien à ce qu'il se passait. J'avais besoin de réponses mais personne ne semblait vouloir m'en donner d'eux même. Il allait falloir que je pose des questions dans ce cas. Mais je préférai attendre, car ce qui me préoccupait le plus était la santé de Kili.
Après avoir recousu la plaie de son cou, Balin y appliqua une petite pâte verdâtre dessus puis enroula le tour de cou de mon frère avec un long bandage. Il lui fit boire un peu d'eau avant de lui faire avaler un peu de cette mixture qu'il humait et que Balin avait appliqué sur sa plaie.
« Je pense que ça suffit pour ce soir, fit Balin en s'asseyant. Le plus important est fait... En revanche, nous avons un autre problème, dit-il en me regardant.
— Je vais m'en occuper, dit Thorin en se levant.
— Ça va aller ? Demanda Dwalin
— Oui, relâche-le. »
Dwalin me lâcha comme convenu, et je pus donc me relever et m'asseoir correctement. Mon regard se posa aussitôt sur Kili, mais Thorin vint se mettre en travers. Je fronçai un instant les sourcils de colère, mais Thorin semblait plutôt inquiet, ce qui me détendit.
« Fili.. ?
— Qu'est-ce qu'il vous prend bordel ? Et puis qu'est-ce qui est arrivé à Kili ?
— Tu ne te souviens pas.. ?
— Et de quoi devrais-je me souvenir ? Fis-je agacé de tourner autour du pot.
— C'est toi qui lui a fait ça, Fili. Tu as tranché la gorge de ton frère il y a quelques heures de cela. »
Mes yeux s'ouvrir en grands. Il devait vraiment se moquer de moi. Je ne suis pas capable de faire du mal à Kili, même s'il m'en faisait. Voyant ma confusion, Thorin se mit alors à tout m'expliquer. Je ne pouvais pas croire ce qu'il me disait. Non... J'ai manqué de tuer mon petit frère...
Les larmes me montèrent aux yeux, et je réfugiai donc ma tête contre mes genoux. Kili était déjà distant de moi, alors qu'est-ce que ça allait être maintenant ? Je suis rien sans lui, et voilà que j'ai voulu l'éliminer pour de bon !
Je relevai lentement la tête, les yeux pleins de rage. Tout ça était la faute de ces orques. Même si j'avais été sortit d'affaire pour le poison, j'avais toujours cette malédiction en moi. Cette chose qui me faisait perdre le contrôle.
« Thorin, si ça doit se produire encore une fois... N'hésite pas à me tuer avant que ça ne dégénère.
— Quoi ? Je ne ferais jamais une telle chose Fili !
— Je t'en supplie ! Si ça doit se reproduire, élimine-moi avant. Je ne veux pas revivre ça. Je ne veux pas que Kili meurt par ma faute.
— Et je ne veux pas que mon neveu meurt par ma faute non plus. »
C'était un dilemme. Et je pouvais comprendre son refus. Mais il fallait trouver une solution, et pas après que quelqu'un ai été blessé presque à mort.
Plus tard, dans la nuit, je fus réveillé par Kili qui commençait à gémir de douleur, probablement parce que les effets de la mixture se dissipaient.
J'avais attendu quelques instants avant de me décider de me lever pour le rejoindre, de peur que quelqu'un d'autre l'aurait entendu et m'aurait empêché de l'approcher.
Je marchai silencieusement jusqu'à lui, qui était allongé sur le sol, enroulé dans sa couverture. Il semblait toujours dormir, mais il ne cessait de trembler. De la sueur perlait sur son visage, et tous les muscles de ce dernier étaient contractés. Je m'accroupis alors à ses côtés et passai ma main sur son front. Bon sang, il était brûlant.
Le feu demeurait toujours, je pus donc voir les yeux marrons de mon petit frère s'ouvrirent lentement et me fixer. Je pouvais y lire de la terreur et cela me fit énormément de peine. Je pouvais voir qu'il paniquait, qu'il voulait crier à l'aide, mais il était tellement faible qu'il n'y parvenait pas. Je reposai lentement ma main sur son front pour le caresser et le rassurer. Ce qui ne fonctionna pas du premier coup, car il eut un mouvement de recul au contact de ma main contre sa peau.
« Shh...fis-je presque silencieusement, je ne vais rien te faire... Je... Je suis terriblement désolé Kili... Rien de tout ça n'aurait dût arriver... dis-je en continuant de lui caresser le front. Je suis... tout au moins je pense, être encore sous l'emprise des orques... »
Ses yeux me fixaient et étaient tout larmoyants. Je ne savais pas s'il comprenait ce que j'essayais de lui dire, ou bien s'il me croyait. Je n'arrivais pas à sonder son esprit ces derniers temps, et c'était encore plus difficile dans cet état-là.
« J'ai... J'ai demandé à notre oncle de m'éliminer, si ça devait se reproduire... »
Je vis alors ses yeux s'écarquiller puis s'embrumer. Il semblait parfaitement comprendre mes propos. Sa respiration saccadait et son regard ne voulait plus se détacher du mien. Je vis alors une larme dévaler du coin de son œil et atterrir dans ses cheveux.
« Non... I-Il ne faut pas que tu pleures Kili... Je suis trop dangereux pour toi... Je suis ton grand frère, je suis sensé te protéger, pas te faire du mal ou manquer de te tuer... »
Je sursautai à l'entente d'un grognement parmi nos compagnons. Je me pinçai les lèvres comme pour me faire plus discret, mais aucuns bruits ne se firent entendre après celui-ci. Ils dormaient toujours.
Je regardai Kili et constatai qu'il essayait de me parler, mais qu'aucun son ne sortait de sa bouche. En revanche, je pouvais lire mon nom sur ses lèvres.
« Je suis là... N'essaie pas de parler si ça t'est difficile... J'ai vu Balin recoudre la plaie de ton cou. Tu ne devrais plus risquer grand-chose... À moins que je- »
Sa main saisis alors violemment mon bras, ce qui me fit sursauter et manquer de crier. Ses sourcils étaient froncés, comme si j'avais dit quelque chose qui ne lui avait pas plut.
« Ne dis...pas ça...
— Shh, shh... ne parle pas Kili... Tu vas te faire encore plus mal...
— J-J'ai...soif... »
Je regardai autour de moi et vis sa gourde d'eau. Je me penchai alors pour la saisir et l'aidai à se redresser. Je lui portai le goulot à ses lèvres, et lui versai lentement l'eau fraîche, qu'il but par petites gorgées, jusqu'à ce qu'il mette sa tête vers l'arrière. Je pris l'initiative de lui passer de l'eau sur le visage pour le rafraîchir...
« Je suis...désolé...me dit-il haletant.
— Mais qu'est-ce que tu racontes ? C'est moi qui devrais m'excuser, et je suis même certain que ça ne suffirait pas à pardonner un tel acte...
— Non...de...te faire...souffrir...fit-il difficilement. D'être...un s-salaud... »
Je fronçai les sourcils. C'est étrange, c'est comme s'il avait lu dans mes pensées ce que je ressentais pour lui il y a quelques jours, voir heures de cela. Il remarqua ma confusion et se mit à sourire. Pourquoi ? Pourquoi me donner un sourire si radieux et franc dans un moment pareil ?
« Tu... me l'as d-dit... P-Pardonne-moi...
— Tu sais très bien que je te pardonne tout, Kili... Tu es mon petit frère, et je suis prêt à tout pour toi. Demande-moi n'importe quoi et je le ferais. Sauf de te faire du mal, là je refuserais catégoriquement.
— E-Embrasse...m-moi.. »
Je restai surpris à sa demande, et me reculai un instant pour l'observer. Kili devait sûrement être dans un état second pour me demander une telle chose, ça devait probablement être à cause de la fièvre. Et puis, la fois où je l'ai embrassé aux sources chaudes n'a pas arrangé les choses. En fait, les deux fois où nous nous sommes embrassés, quelque chose de douloureux s'est passé par la suite. On dit souvent "Jamais deux sans trois" mais je n'ai pas envie de recommencer cette erreur.
« N-Non Kili... Les conséquences sont assez importantes et je-
— T-Tu as dit q-que... tu ferais n-n'importe q-quoi...
— Mais Kili, je...(mon cœur se serra à cet instant) Je ne veux pas que tu t'éloignes encore de moi à cause de ça...
— F-Fili... »
Ses yeux étaient pleins de supplications. Je ne sais pas exactement pourquoi il voulait que je l'embrasse, mais s'il s'agissait d'une quelconque aliénation, je ne manquerais pas de le lui dire quand il aura repris ses esprits. Je ne veux pas encore lui cacher un truc pareil. C'est beaucoup trop lourd à porter pour soi-seul.
Je m'assis donc contre la paroi de l'abri et l'attirai contre moi dans un premier temps. Même s'il n'avait peut-être pas conscience des choses qui allaient suivre, je voulais qu'elles soient bien faites.
Son regard fiévreux se plongea dans le mien. Je passai doucement ma main sur son front et constatai qu'il était toujours aussi brûlant. Ma main glissa sur son visage comme une caresse avant de se faufiler dans ses cheveux bruns, presque dépourvus de tresses. Kili n'aime pas trop cette coutume, c'est pourquoi il ne porte que deux tresses pour le moment, qui sont rattachées l'une à l'autre à l'aide d'une pince de mithril derrière sa tête. Celle qui montre son appartenance au rang royal et celle qui fait de lui un célibataire.
Ses yeux s'étaient fermés sous mon touché, et un léger gémissement avait réussi à s'échapper de sa gorge meurtrit. Je ne pouvais m'empêcher de le contempler... Malgré sa fièvre et sa pâleur, mon frère était très séduisant, et mes sentiments pour lui n'avait pas changés depuis que j'en avais pris conscience. Je ramenai ma main sur sa joue pour la caresser. Ses yeux s'ouvrirent de nouveau et me fixèrent.
Je rapprochai lentement mon visage du sien et déposai mon front contre le sien. Nos nez se touchaient, le mien était froid alors que le sien était brûlant, ce qui donnait une étrange sensation. Je frottai un instant le mien contre le sien puis fini par sceller délicatement mes lèvres aux siennes.
Cette sensation était indescriptible. Ses lèvres étaient si douces et si chaudes, que je ne voulais plus les lâcher. Je le sentis répondre à mon baiser en accentuant ce dernier. Il avait saisi ma lèvre inférieure entre les siennes pour ensuite mieux les emprisonner ensemble, dans un baiser plus prolongé et plus profond. Un de ses bras s'était aventuré sur mon torse, pour me coller davantage contre lui.
Bon sang que c'était bon de sentir de nouveau ses lèvres contre les miennes, mais la situation n'était pas des meilleures... Kili avait énormément de fièvre et avait été blessé au cou par ma faute. J'aurais préféré que ce baiser se déroule dans de meilleures circonstances.
Je me séparai un instant de lui pour l'observer. Il avait les yeux clos, la bouche entre-ouverte et le souffle chaud qui s'écrasait contre mes lèvres. Il était si beau comme ça. Je m'emparai de nouveau de ses lèvres, et sentis sa langue venir taquiner la mienne, qui s'était faufilée à l'intérieur de sa bouche. Mon cœur battait à toute vitesse, et j'avais du mal à contenir l'excitation qui montait en moi.
Je pressai la tête de Kili avec ma main, qui s'était glissée dans ses cheveux, pour appuyer notre baiser.
« Saleté de poulet rôti ! Reviens par ici, que je te mange ma cocotte ! »
Kili et moi avions sursauté à l'entente de la voix rocailleuse de Dwalin qui s'était soudainement élevée dans la nuit. Nous nous penchâmes en même temps pour l'observer mais le grand nain semblait encore dormir. Quel étrange rêve était-il en train de faire ?
Je jetai un regard à Kili qui étouffa un rire en logeant sa tête dans mon cou. Nous avions eu très peur de nous faire surprendre. Je jetai un regard sur nos compagnons de route pour m'assurer que la grosse voix de Dwalin n'avait pas réveillé l'un d'entre eux mais ils semblaient tous dormir à poings fermés.
Je tournai de nouveau la tête vers Kili, qui avait toujours la sienne contre mon épaule. Je pouvais sentir qu'il était immobile, et que sa respiration était plutôt lente et profonde. Il s'était endormit.
Je m'installai un peu plus confortablement et le gardai contre moi. Je crois qu'il est temps pour moi de dormir aussi, car ce fut une journée éprouvante et chargée d'émotions aujourd'hui.
Voilà le chapitre 8 ! J'en suis actuellement au 12eme ( vous gagner du terrain ! aaaah !)
J'espère qu'ils vous a plu ^^ meme si notre Fili a pété un peu un cable mais ça s'est finalement arrangé =)
Bref ! vos reviews !
Et bon weekend !
(moi je pars en dépression à cause de Being Human U.U)
