Disclaimer: Les personnages sont à J.K. Rowling mais l'histoire m'appartient.
Rating : M(Relations homosexuelles explicites entres hommes)
Note : Merci à Manoirmalfoys, heureusement que tu es là pour me motiver, et à Mamoshi pour ses MP.
Quant aux autres...Bonne lecture
Severus se trouvait dans le laboratoire, il se pencha au-dessus du chaudron qui contenait la fameuse potion. Il y versa d'abord les pétales qu'Albus avait pu leur fournir, il espérait avidement qu'il ne s'était pas trompé et que les pétales seraient suffisants. Il tourna ensuite trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre puis cinq fois dans l'autre sens avant d'y ajouter les écailles de chimères.
Comment diable Black avait trouvé une chimère et avait pu la vaincre ?
Enfin, maintenant il devait attendre trente minutes avant d'y incorporer l'élément le plus délicat. Lorsque l'essence de vie de Licorne serait relâché il fallait à tout prix qu'elle aille dans la potion et non pas qu'elle se disperse dans l'air. Il avait fait des recherches le jour précédent ne sachant pas quoi faire.
Vraiment sur ce coup-là, le Gryffondor l'impressionnait et ça l'énervait énormément. Mais il ne lui dirait jamais, il ne le remercierait pas non plus. Il prendrait encore plus la grosse tête sinon.
La demi-heure passé, il ouvrit l'Illuminis et à l'aide d'un sort trouvé dans un vieux grimoire, il n'eut aucun souci. Désormais il fallait attendre quelques minutes et il saurait s'il avait réussi. Il n'avait pas le droit à l'échec, pas le droit à une seconde chance. Si tout c'était bien passé la potion devrait prendre une jolie teinte lilas.
Voilà, la potion commençait à se modifier, il retint son souffle, avant de laisser un léger cri de satisfaction passer ses lèvres. Il mit la potion dans plusieurs petites fioles. Après tout on n'était jamais assez prudent il valait mieux en avoir sur soi, si jamais un mangemort décidait de leur lancer le sort ou bien si une autre sphère du type qu'avait trouvé Draco persistait dans la maison.
Il prit donc une des fioles avec lui et sortit du laboratoire en montant les marches quatre à quatre.
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Pendant ce temps-là Lucius avait fait du mieux qu'il pouvait pour soulager le brun en face de lui. Il resterait à Severus de voir s'il pouvait faire quelque chose de plus, à moins qu'Albus ne puisse faire venir Madame Pomfresh.
Il n'avait eu aucun mal à soigner les blessures aux jambes et au bras de l'homme, il était déjà plus incertain en ce qui concernait les côtes et quelques autres os cassés. Il avait également réchauffé au mieux le Gryffondor, il avait peur qu'il ne soit tombé malade.
Le plus gros problème avait été les lacérations, qu'avait subi l'arrière du Gryffondor. A peine y avait-il lancé un sort, que le brun s'était réveillé en sursaut, et quand il avait voulu y déposer un onguent cela avait été pire. Enfin il lui semblait avoir pu écarter le risque d'une infection, mais il n'en était pas certain, il lui avait donné les potions adéquates mais bon. Il faudrait continuer à surveiller son état. Il avait ensuite bandé son dos.
Le brun l'avait remercié du bout des lèvres. Lucius avait voulu lui donner une potion de sommeil, mais Sirius ne le voulait pas tant qu'il n'aurait pas vu Severus administrer la potion à l'adolescent à côté de lui et qu'il ne l'avait pas vu ouvrir les yeux.
Quel homme borné !
Malgré tout c'était grâce à lui qu'il pouvait espérer que son fils vive. Il avait tenté l'impossible pour le sauver et il ne pouvait que lui en être reconnaissant. Sirius avait les yeux braqués sur Draco, semblant réfléchir. Finalement Black n'était peut-être pas qu'un simple imbécile un peu fou, peut-être qu'il pouvait essayer de lui faire confiance. Peut-être qu'ils... Il en était là de ses réflexions, quand la porte s'ouvrit et que l'homme en noir fit irruption dans la chambre.
Tous retinrent leur souffle, lorsque ouvrant la bouche du jeune homme, il y fit couler le liquide et l'aida à avaler.
Cela faisait quelques secondes et rien. Aucun changement, Draco ne bougeait pas. Severus lui-même était perplexe. La potion était réussie il en était sûr.
Lucius agrippa sa main à celle de son fils et pria silencieusement pour qu'il se réveille.
Quand tout d'un coup Draco fut pris d'un soubresaut et se mit à happer l'air frénétiquement, ses yeux étaient grands ouverts. Puis son corps se calma et se reposa sur le matelas.
Il avait l'air hagard et ne savait pas vraiment ce qu'il lui arrivait. Pourquoi son parrain et son père étaient autour de lui, pourquoi Sirius semblait mal en point et surtout dans sa chambre ?
-Que.., il avait du mal à parler, que s'est-il passé ?
Il se rappelait vaguement être tombé après avoir ouvert la petite sphère qu'il avait trouvée au grenier.
-Tu as été victime d'un sort très sombre, tu es resté souffrant pendant un peu plus de deux jours. Il fallait réaliser une potion complexe pour te sauver.
Draco regarda son père buvant ses paroles et les assimilant.
-Sans la potion, je .. est-ce que je serais... ?
-Mort ? finit son parrain, oui.
-Merci, dit le jeune homme en regardant son parrain.
-Ce n'est pas moi qu'il faut remercier.
-Mais tu as fais la potion.
Le maître des potions ne répondit rien, alors Lucius prit la parole.
-La potion nécessitait des ingrédients très rares, Albus en a trouvé un grâce à ses connaissances mais c'est Sirius qui s'est battu pour trouver les autres. Il a failli y perdre la vie.
Draco n'était pas sûr de ce qu'il devait faire pour le moment et il se contenta de remercier l'homme. Il avait du mal à croire qu'il ait pris des risques si important pour lui, juste pour lui. On lui aurait dit que c'était pour Potter, aucun problème, mais pour lui ? Et ça lui fit de bien de savoir que peut être quelqu'un d'autre que son père et son parrain, se souciaient un peu de lui.
Il bailla et après que Severus eut vérifié ses constantes, il lui conseilla de se reposer. Il répliqua qu'il avait dormi pendant deux jours, mais Snape lui expliqua qu'il n'était pas vraiment endormi et que son corps essayait de combattre le sort. Puis il sortit de la pièce, il devait aller faire part des derniers éléments à son mentor, le directeur de Poudlard.
Une fois son fils endormi, Lucius tendit la potion de sommeil à un Sirius un peu plus apaisé. Avant qu'il ne la boive, il le remercia.
-Je... j'ai été un peu dur avant-hier. Finalement tu ne m'as pas écouté, tu es sorti et tu as sauvé mon fils. Je te devrai toujours quelque chose.
-Non, aucune dette. Je n'en veux pas, je n'ai pas aidé pour ça.
Ils se regardèrent un moment avant que Lucius ne se penche et embrasse les lèvres du Gryffondor, il le prit dans ses bras, puis se recula.
Sirius étonné mais fatigué but la potion quand il vit Lucius repousser les couettes du lit de son fils et s'y allonger en le regardant. Il allait le veiller, les veiller et il s'endormit le sourire aux lèvres.
Lucius lui était aux anges, son fils, son bébé allait bien. Il ne pourrait jamais assez remercier Albus et Sirius, surtout ce dernier. Le regardant encore une fois, il se dit qu'il serait bien qu'ils aient une discussion le lendemain. Une bonne et longue discussion. Il n'avait plus envie d'être en froid avec lui, pas après tout ça et ce qu'il avait fait. La discussion risquait d'être un peu difficile, il détestait se sentir comme un Pouffsouffle tout gentillet et mièvre. Mais bon vu l'état dans lequel il s'était mis ses derniers jours pour son fils, ça n'allait pas trop le changer.
Enfin, s'il était dur et froid en public, il était tout le contraire en famille et peut-être pourrait-il s'autoriser à être ainsi devant Sirius ?
Il verrait bien le lendemain.
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Draco se réveilla en douceur, un peu courbaturé. En ouvrant les yeux il aperçut son père qui le fixait. C'était bizarre tout ce qu'il pouvait lire dans son regard. Certes il savait que son père l'aimait mais à ce point c'était... c'était bouleversant.
Lui ne s'était pas vraiment rendu compte dans quel état il était, il se rappelait juste d'être tombé au sol. Mais ça avait vraiment dû être très grave. D'ailleurs, il se dit qu'il aimerait discuter avec Sirius. Il aimerait en savoir plus sur ce qu'avait fait le Gryffondor pour lui. Il regarda autour de lui, mais le brun n'était plus dans sa chambre.
-Comment te sens-tu ?
-Plutôt bien, un peu faible c'est tout.
-Hum, tu vas rester au lit encore quelques jours pour te reposer. Aucune activité physique ou mouvement brusque et Severus passera pour vérifier que tout est en ordre.
Draco souffla légèrement autant il admirait son père et le trouvait génial, autant il trouvait qu'il exagérait quand il agissait en véritable père poule... Et puis ça n'était pas très Malfoyen.
Mais bon ça faisait bien longtemps que Draco avait compris qu'en famille son père était plus souple sur les convenances, encore plus depuis que Narcissa, sa mère était... morte...
Finalement Lucius sortit de la chambre pour aller se laver. Après tout il s'était complètement négligé ces derniers jours.
Draco, lui, d'un côté était bien content de rester au lit, pour une fois qu'il avait le droit de traînasser ! Mais d'un autre côté, il risquait vite de s'ennuyer !
Après avoir lu quelques magazines, il souffla en les reposant, quand il vit une forme passer devant sa porte.
-Black ! appela-t-il.
Ce dernier s'arrêta brusquement et revint sur ses pas, initialement il se dirigeait vers la cuisine. A son réveil Severus bien qu'un peu à contre cœur, lui avait donné des potions. Celles-ci s'ils les prenaient régulièrement finiraient par le remettre définitivement sur pied. Pour le moment il avait du mal à se déplacer mais ne voulait pas rester sans cesse au lit.
-Oui, tu as un problème ?
-N.. Non, je voulais juste.. hum... peut-être discuter un peu...
Si Sirius était étonné, il n'en dit pourtant rien et vint s'installer à côté du lit. Il prit la chaise du bureau et s'y assit à l'envers, les coudes sur le dossier.
Draco ne savait pas trop quoi dire en fait, il était un peu intimidé aussi.
-Je voulais encore vous remercier, mais voudriez-vous bien m'expliquer exactement ce qui s'est passé et ce que vous avez fait ?
Sirius le regarda un moment avant de répliquer.
-A une seule condition : ne me vouvoie plus jamais, d'accord ? Ça me donne l'impression d'être un vieux croulant, dit-il en souriant légèrement.
Le blond acquiesça et le brun commença son récit. Il lui expliqua tout mais passa sur quelques détails. Il avait bien changé le garnement qui pourtant à l'époque de Poudlard ne laissait pas passer une seule occasion pour se vanter.
Mais malgré sa modestie, il ne pouvait changer les événements, et Draco était éberlué qu'il est pris autant de risque pour un inconnu. La réponse du brun l'étonna.
-Inconnu, inconnu..., on est cousin quand même, non ? souffla-t'il gêné.
D'habitude il n'avait pas de mal à parler avec son filleul et ses amis. Mais il devait avouer qu'il n'avait pas vraiment des conversations très profondes et là il ne savait pas comment s'y prendre. Il avait passé sa vie à mépriser les Malfoy après tout. Pas facile de se rendre compte que les apparences sont bien trompeuses quand on creuse un peu.
Draco n'avait pas non plus l'habitude de ce genre de comportement. A part envers ses parents, il avait toujours eu à être maître de lui-même, et ce, même face à ses amis. Seul Blaise l'avait vu plus détendu. Mais s'il prenait au mot ce que venait de lui dire le Gryffondor, ils étaient en famille là.
-Vrai, alors merci cousin.
Et lui tendit la main. Le bras en l'air, il attendait une réaction. Ca lui rappelait sa première année d'études quand Potter l'avait ignoré, il ne voulait pas reconnaître ça.
Finalement Sirius, lui prit la main et le regarda dans les yeux.
-Bienvenue dans la famille, petit, sourit-il.
Puis il se fit plus sérieux et serra un peu plus fort.
-Mais attention, on ne me l'a fait pas à l'envers, je ne t'ai pas sauvé et ne vous donne pas ma confiance à toi et ton père pour que vous me trahissiez c'est compris. Ma vengeance n'en serait que plus terrible.
Draco déglutit devant le regard noir de son vis-à-vis et hocha la tête. Malgré les déclarations de Sirius, il lui faudrait encore un peu de temps pour être à l'aise. Mais il était content de la situation, finalement vivre ici n'était plus aussi terrible. Enfin Poudlard lui manquait quand même mais bon...
En parlant de Poudlard, il serait bien que Sirius pense à répondre à la lettre qu'Harry lui avait envoyé quelques jours auparavant. Avec tout ça il avait fini par oublier. Il prit congé de Draco et s'en alla vers sa chambre.
Il s'installa tranquillement au bureau et se mit à rédiger sa missive.
Louveteaux,
Ici, ça a été plutôt mouvementé ! Pour faire court le petit blond a failli mourir à cause d'un sort de magie noire très dangereux qu'un membre de ma si "merveilleuse" famille a inventé... Mais il s'en est sorti grâce à moi, tu te rends compte, j'ai sauvé un de ces foutus Serpy ! Où va le monde... J'ai même failli y laisser ma peau !
Enfin je te passe les détails, je te raconterai quand on aura l'occasion de se revoir.
Sinon, oui Slughorn était bien mon prof à l'époque, avec lui tu peux faire tout ce que tu veux du moment qu'il t'as à la bonne. Et pour Snivelus, fais lui en voir de toutes les couleurs ! Aucune hésitation à son sujet !
Je suis désolé de n'avoir pu te soutenir pour Halloween mais je suis sûr que tes parents sont en paix là où ils sont.
Comment vont tes amis ? J'espère qu'Hermione n'en fait pas voir de toutes les couleurs à Ron.
Tu me manques aussi.
Patmol.
Sirius plia le parchemin et souffla légèrement. Il essayait de rassurer son filleul et se demandait si James et Lily étaient vraiment en paix. Il était quasi sûr qu'il n'avait pas imaginé la voix de son meilleur ami... Quand il l'avait raconté à Draco, il avait bien vu que le jeune homme avait pris ça pour une hallucination. Tans pis. Il passerait pour encore plus fou s'il essayait de convaincre les autres que ce n'était pas le cas.
Enfin... il sortit de la pièce et se dirigea vers le salon afin d'envoyer la lettre à Dumbledore afin qu'il la fasse parvenir à Harry. Une fois fait, il regarda dans le vide quelques secondes.
Il ne savait pas vraiment quoi faire. Tout était calme, ça lui changeait des derniers jours... Quoiqu'il ait failli y perdre la vie, tous ces événements l'avaient remplis d'adrénaline. Et ça lui avait vraiment fait du bien, en plus il s'était senti utile !
Alors que ça faisait des mois qu'il avait l'impression d'être un poids mort pour tout le monde, là non ! Mais voilà c'était terminé, il se sentait un peu égoïste, de penser comme ça après tout, tout était rentré dans l'ordre.
Après plusieurs minutes d'inactivité, il finit par remonter à l'étage, il pensait à aller voir Buck quand il se stoppa devant une porte entrouverte. Hésitant il finit par la pousser.
Leur vieille salle de musique... Au centre, trônait le piano à queue contre lequel était posé un violon. C'est tout ce qui restait. Il vint s'assoir sur le petit banc et scruta la pièce. Les rayons du soleil entraient par endroits, éclairant doucement la salle. Mais faisant indubitablement ressortir la poussière qui reposait depuis des années sur le sol et les instruments.
Sirius souleva le couvercle qui protégeait les touches du piano, et appuya sur une. Il semblait encore en bon état. Nostalgique, un léger sourire vint fleurir sur ses lèvres.
Il se revoyait encore dans cette pièce, obligé à prendre des leçons avec son petit frère... Combien de fois n'avait-il pas tempêté que la musique était pour les filles ! Mais Walburga Black avait toujours été intransigeante sur ce point.
S'il devait ne garder qu'un souvenir passé ici, ce serait l'après-midi où ses cousines étaient venu leur tenir compagnie.
Regulus était un vrai petit virtuose, ses doigts experts savaient comment manipuler le petit violon qu'il avait reçu pour ses 4 ans. Lui était au piano, tandis que Narcissa rayonnait à la harpe. Andromeda n'avait jamais été très doué et se contentait de taper dans un tambourin. Pour Bellatrix qui était hyperactive, il avait été difficile de la faire tenir suffisamment en place pour apprendre à jouer. Jusqu'au jour où elle avait vu jouer Sirius et s'était pris d'une passion débordante pour cet instrument. C'est donc tout naturellement que ce jour-là elle s'était installé à ses côtés pour jouer un morceau à quatre mains. C'était d'ailleurs l'un des seuls moments où il pouvait se rappeler apprécier Bella.
Ils étaient si jeunes... insouciants... mais surtout heureux... Oui ce souvenir était heureux. Sirius souffla perdu dans ses pensées, les yeux au loin, il continuait à se remémorer cette journée.
Sans s'en rendre compte ses doigts bien qu'un peu hésitant depuis tout ce temps, s'était mis à frôler les touches. Revenant à lui, il entama un morceau, lent, triste, mais magnifique.
Lucius, au pas de la porte, l'observait. Qu'il semblait fragile ainsi, mais si envoutant ! Ses cheveux bruns virevoltaient doucement au gré de ses mouvements, ses doigts longs et fin, si agiles, parcouraient les touches comme s'ils caressaient le corps d'un amant...
A cette pensée, le blond déglutit. Il le trouvait séduisant. Pas attirant comme les autres fois où il lui avait sauté dessus, non. Là c'était différent, c'était cette sorte de fragilité qui émanait de lui, qui lui donnait envie de se rapprocher et le prendre dans ses bras.
Un peu plus tôt, caché dans un coin, Malfoy avait entendu toute la conversation que le Gryffondor avait entretenue avec Draco. Il était satisfait que leur relation est tourné en ce sens. Si jamais il devait lui arriver quelque chose ou s'il devait être séparé, Sirius accepterait peut-être de s'occuper de son fils.
Mais il n'avait pas eu le courage d'aller l'aborder de suite. Il savait qu'ils devaient avoir une discussion mais il ne savait pas par quel bout commencer.
Avançant à pas de loup, ce ne fut que lorsqu'il arriva à sa hauteur que le brun le vit. Il stoppa net ses mouvements et leurs yeux s'accrochèrent.
Quelques secondes plus tard, Lucius s'assit sur le banc à ses côtés. Il finit par rompre leur échange et posa à son tour ses mains sur l'instrument, lui aussi en bon aristocrate avait reçu des leçons et savait jouer de trois instruments tout comme Draco.
-On joue ? demanda-t-il doucement, comme pour ne pas rompre l'intensité du moment.
Hochant la tête, Sirius se positionna à son tour et se mit à jouer le morceau que lui et Bella adorait faire. Il verrait bien si Malfoy le suivait ou pas et ce fut le cas. L'instant était magique. La musique emplissait la pièce et résonnait dans le reste de la maison.
Severus -venu pour ausculter le plus jeune- et Draco, étaient venu voir ce qui se passait mais devant ce tableau ils avaient préféré s'éclipsait et les laisser seul. Ils se sentaient de trop.
Sirius tourna son visage vers le blond. Beau. Ce mot seul suffisait à le désigner. Quand il s'était retrouvé en haut de cette montagne, mourant, il avait eu une pensée pour lui. Triste de ne pas avoir pu le connaître mieux. Il avait toujours cru que cette idée selon laquelle on revoyait toute sa vie au moment de mourir était fausse. Pour lui, c'était vrai et faux, il n'avait revu que ses souvenirs les plus heureux et avait pensé à ceux qui allaient lui manquer. Harry bien sûr, Remus, quelques membres de l'Ordre et... le visage de blond s'était imposé à lui.
Il ne comprenait toujours pas quel lien les unissait réellement, mais Sirius n'avait plus vraiment envie de le combattre. Avoir été si proche de la mort, bien plus près que toutes les autres fois, lui donnait envie de prendre les choses comme elles venaient. Et si le blond en faisait partie, alors soit, il s'en accommoderait.
Le son de la musique finit par s'évanouir au fur et à mesure qu'ils arrivaient au bout du morceau.
Reposant leur main sur leur genou, ils ne dirent rien. Aucun d'entre eux ne souhaitaient rompre le silence. Ils étaient bien ainsi.
Ils finirent par se regarder et s'embrassèrent. Juste un effleurement rien de plus, doux, léger...
-Sirius... je...
Le Serpentard se leva, lui tourna le dos et se lança
-Je voulais qu'on mette les choses à plat. Je suis sorti de mes gonds lorsque j'ai su que tu étais sorti. J'ai certes peut-être exagéré mais je pense tout de même que ce n'est pas une bonne chose. Bien sûr cela a ensuite permis que tu sauves mon fils. Chose pour laquelle je te serai d'ailleurs éternellement reconnaissant et redevable. Mais je pense qu'à l'avenir pour que notre cohabitation soit "vivable", il faudrait instaurer quelques règles. Comme au moins me prévenir lorsque tu souhaites te dégourdir les pattes. Finit-il légèrement agacé.
-Je le ferai à l'avenir, je ne peux pas promettre que je ne ressortirais pas et je n'accepterai pas que tu me fasses à nouveau une scène mais d'accord je te préviendrais.
-Une.. Une scène ! Un Malfoy ne fait pas de SCENES !
-Haha haha
Sirius se mit à rire et Lucius sourit simplement. Ce n'était pas le moment de se disputer, encore.
Se calmant Sirius reprit.
-Je promets de faire encore plus attention qu'avant. Mais personne ne m'a jamais suivi jusqu'ici.
Lucius hocha la tête.
-Oh et, repris le brun, je t'ai déjà dit que je ne souhaitai aucune dette, tu n'a pas à m'être redevable.
Le blond ne dit rien, le Gryffondor pourrait dire ce qu'il voulait, mais lui, il avait le sens des responsabilités et il remplissait toujours ses devoirs.
-Concernant notre... situation, je ne suis pas réticent à poursuivre, finit-il par énoncé.
Sirius n'en croyait pas ses oreilles. Venait-il bien de prononcer ces mots ? De cette manière si, si froide et comme s'il parlait d'une simple affaire.
Il avait fini par se retourner, et tandis que le brun pensait jouer un peu avec lui, il se rendit compte que le blond était tendu. En fait il attendait sa réponse et espérait qu'elle serait positive, il ne voulait pas se voir refouler. Il n'avait juste pas su le dire autrement et que ça paraisse plus chaleureux. On ne changeait pas si facilement de caractère après tout.
Sirius se leva et vint se positionner bien en face de lui.
-C'est d'accord, mais à une condition.
Son vis-à-vis souleva bien haut un de ses sourcils en une demande muette.
-Que tu te sortes le bâton que t'as là où je pense !
-Comment oses-tu, s'offusqua l'autre.
-C'est exactement de ça que je parle, on est entre nous ! Il n'y a personne à part moi, ton amant, et ton fils. Aucune société mondaine, personne. Alors essaye d'être plus naturel. C'est le meilleur moyen pour que je ne prenne pas un truc de travers et m'énerve pour rien.
Lucius souffla, ça allait être difficile, même avec Narcissa il agissait souvent comme ça. Il n'y a bien qu'avec Draco qu'il arrivait parfois à n'être que lui-même. Un homme tout ce qu'il y a de plus normal avec ses joies et ses blessures. Il avait toujours rêvé du jour où il pourrait être ainsi avec un amant, où il pourrait se sentir en famille. Mais ça n'était jamais arrivé et bien qu'il sentait que le lien qu'il pouvait partager avec le brun pourrait être plus intense qu'avec ses aventures passées, il avait vraiment du mal à croire, que ça pourrait être LUI. Lui, la personne sur qui il pourrait s'appuyer sans conteste.
-Sirius... j'essaierai mais je ne promets rien. Tu dois comprendre que j'ai mes habitudes et mon caractère -pas toujours facile à vivre certes- et que je ne compte pas changer du tout au tout. Tout comme toi je suppose. Alors si je fais des concessions pour que nous nous entendions, tu dois en faire aussi.
-Comme ?
-Arrêter d'être trop impulsif, de prendre des décisions sans réfléchir, d'être...d'être un Gryffondor.
Sirius ne put s'empêcher de rire à nouveau, ils allaient en avoir du boulot pour que ça fonctionne un peu entre eux.
Mais bon, là il ne voulait plus se prendre la tête, après ces quelques jours de folie, ils pouvaient bien vivre quelques instants tranquilles tous les deux. Il se pencha donc vers lui, posa ses lèvres sur la commissure de ses lèvres et le serra sans ses bras.
Le Serpentard après un moment lui rendit son étreinte.
Enfermé dans cette demeure, autant essayer de cohabiter non ?
Bercés par les rayons du soleil, ils passèrent le reste de la matinée à discuter essayant de se connaître autrement qu'en partageant un lit.
A suivre…
Le passage dans la salle de musique est celui que j'ai préféré à écrire ^^ Vous l'aimez ?
Ça serait super sympas de me dire ce que vous en pensez globalement, parce que sinon je ne peux pas vraiment savoir si vous aimez l'histoire même si vous lisez...
A la prochaine :p
