Chapitre 8 : Akito

Chacun réagit à sa manière.

- Aya : J'aurais dû tenter ma chance avec To-chan, c'est trop bête !

Hatori était seulement à moitié surpris, il n'aurait jamais imaginé les pincer dans cette situation. Shigure, lui, resta interloqué (il doit penser la même chose qu'Aya !).

- Yui : nous devrions entrer, nous serions plus à l'aise pour discuter…

- Umberto : D'ailleurs, Aya-chan, j'ai ramené plein de vêtements de Paris qui vont sans doute te plaire

- Aya : Vraiment, tu as pensé à moi !!

- Umberto : Comme si je pouvais t'oublier.

Shigure s'était rapproché, comme s'il avait une idée en tête, mais il hésitait à la concrétiser. Hatori, flegmatique, attendait de savoir ce qu'il en était. Umberto paraissait parfaitement à l'aise, tout comme Aya, Yui, elle se demandait comment elle allait s'en sortir. Si elle disait tout, ils penseraient qu'elle les avait mené en bateau, sinon, ils allaient se méprendre sur leur relation (Non, tu crois !?). Ainsi, dès leur entrée dans l'appartement, Umberto entraîna Aya jusqu'à la chambre (Neteria : non, je n'ai pas l'esprit mal tourné !!!) afin de préparer leur défilé de mode improvisé.

Quand ils revinrent, ils les trouvèrent installés au salon. Yui, faisant une entorse à ses habitudes, avait sorti le saké et en avait servi un verre à chacun.

Aya avait enfilé un long manteau, bleu foncé, que venait de lui offrir Umberto. Les boutons en étaient nacrés (Umberto avait été jusqu'à faire graver les kanji de son nom dessus). Dessous, il portait un costume, bordeaux, et une chemise plus claire, dont les manches étaient bouffantes. Je vous éviterais la description de la tenue d'Umberto, surtout parce que je suis nulle en mode !!.

Pendant qu'Ayame dissertait sur les différences entre les modes françaises et japonaise, il en avait profité pour annoncer au moins 10 fois qu'il avait été reçu dans l'école de stylisme, Shigure s'était approché de Yui. Soudain, il l'enlaça (il n'a pas froid aux yeux !)… et se transforma en chien. Umberto sursauta, se frotta les yeux et éclata de rire. Yui, qui n'avait pas l'air vraiment choquée, se leva et ramassa les habits de Shigure, avant qu'il ne se retransforme.

Aya, Hatori et Shigure venaient de comprendre que leur professeur adoré était, en réalité une femme… Hatori était le plus mal à l'aise des trois, si cela tournait mal, si quelqu'un l'apprenait, il devrait sans doute effacer leur mémoire et il détestait cette idée. Hatori décida de tout raconter sur la malédiction qui touchait leur famille. Shigure s'était rhabillé, gêné, et Aya, enfin, il n'est jamais vraiment cohérent, je l'imagine très mal raconter la malédiction et vous ? Puis Yui expliqua l'histoire du pari.

- Yui : Maintenant que nous connaissons votre secret, pour être juste, nous allons vous dévoiler le notre

- Umberto manqua avaler son saké de travers. Ça n'était pas le genre de Yui de déballer tout, comme ça. Surtout à des gamins.

- Shigure : Un autre ?

- Yui : Vous avez déjà entendu parler des Immortels ?

Un masque d'incompréhension se forma un moment sur les visages des héros et des lecteurs, (Neteria : non, je ne suis pas folle)

- Shigure : Immortels ?

- Yui : oui, ça veut dire qui ne peut pas mourir. Pour résumer simplement, Umberto, moi-même et quelques autres personnes vivons depuis plusieurs centaines d'années. Nous avons eu une vie mortelle puis, le jour de notre mort, nous avons découvert que, la seule manière pour nous de vraiment mourir, était que l'on nous tranche la tête. Je suis née (non, pas en Ecosse !), suivant le calendrier actuel, en 690 à Nara. J'ai donc vu le Japon se développer. Je suis morte à Byzance en 717.

- Umberto : Quant à moi, je suis né sous Cosme de Médicis, le 27 janvier 1456 et je suis mort le 12 avril 1492.

- Hatori : en essayant de voler une épée ?

- Umberto : tu as tout compris. Je suis un voleur. Quant à Yui-chan, elle est censée être une prêtresse shinto ou quelque chose d'approchant (Neteria : c'est fou ce que tu écoutes ta petite amie, toi !

- Yui : Vous comprendrez que des humains maudits par le zodiaque chinois, ce ne soit que très moyennement surprenant…

Shigure et Aya restèrent silencieux un moment. Ils digéraient la nouvelle. Hatori, lui, avait l'air visiblement sceptique. Yui décida d'employer les grands moyens (façon de parler). Elle attrapa un couteau et se le planta dans la main (c'est quand même douloureux), la blessure se referma aussitôt. Maintenant, ils la croiraient.

Au bout d'un moment, Hatori fit signe à ses amis qu'il était temps de partir. Ils devaient prendre une décision au sujet d'Akito et discuter de cela entre eux. Ils se reverraient le samedi suivant, pour aller au musée, et auraient le temps de discuter de tout cela.

Le samedi suivant

Finalement, plus de la moitié de la classe était venue, mais c'était surtout pour le plaisir d'aller se promener à Tokyo. Yui ne se faisait pas d'illusions. Umberto était déjà sur place, il avait insisté pour participer à la visite.

Shigure passa une bonne heure à détailler les estampes, tout en discutant avec Umberto, laissant les autres les distancer. Kira restait sur les talons d'Aya, il était facile de comprendre qu'il n'était pas venu visiter le musée mais profiter d'Ayame avant de lui dire adieu (il avait été refusé à l'école). Le reste du groupe, une vingtaine d'élèves, écoutait les explications de Yui qui était incollable sur l'art du Japon de l'ère Edo.

La matinée s'écoula paisiblement. Puis, vers 15h, Yui accorda 2h de quartier libre à chacun de ses anciens élèves. Shigure et Umberto partirent se balader en ville, Yui aurait même parié qu'ils avaient prévu un mauvais coup. Ils furent rapidement rejoints par Kira et Ayame qui rêvait de découvrir de nouvelles boutiques pour faire ses emplettes (s'il dénichait quelque chose de digne de son auguste personne).

Les autres se dispersèrent, laissant Hatori et Yui en tête à tête. Cela leur laissait presque 2 heures pour parler d'Akito :

- Yui : de quoi lui avez-vous parlé ?

- Hatori : de rien. ? Nous avons décidé de garder le secret. S'il l'apprend ça fera du vilain, mais, pour l'instant, il vaut mieux ne rien dire.

- Yui : c'est une fille n'est-ce pas ? Si tu m'expliquais où est votre problème, peut-être pourrais-je alors vous aider ?

- Hatori : je ne suis pas certain d'en avoir le droit. Et puis, Shigure t'expliquerait sans doute mieux cette histoire ?

- Yui : pourquoi ?

- Hatori : Akito n'est pas uniquement notre chef de famille, il, non elle, est aussi le Dieu du Junninshi. C'est à cause de cela que nous lui sommes liés. Aucun Maudit ne peut trahir, ou même envisager de s'opposer à elle

- Yui : et si elle vous trahissait ?

- Hatori : quoi ?

- Yui : non rien, je réfléchissais à voix haute. J'aimerais comprendre, j'aimerais pouvoir vous aider. Quand est-ce que je pourrais la rencontrer ?

- Hatori : tu veux vraiment la voir ?

- Yui : oui, je sais ce que je risque, mais, à cause de nous, vous pourriez voir des ennuis. Tout ce que je vous demande c'est qu'Umberto reste en dehors de tout ça, que son nom ne soit même pas cité.

- Hatori : d'accord, je vais lui en parler. Mais elle va être furieuse. D'ailleurs, lorsque tu la verras, parle lui comme à un homme s'il te plaît.

Le lendemain, Hatori appela pour lui donner rendez-vous. Umberto était resté à Tokyo et elle devait l'y rejoindre le soir même. Ils convinrent qu'elle irait voir Akito à son retour.


Deux semaines plus tard, Takeru Yui revint seule, et furieuse, de son séjour à Tokyo. Le seul fait de prononcer le nom d'Umberto provoquait des cris d'hystérie et Shigure eut un mal de chien (ha, ha, ha !) à savoir ce qui c'était passé.

- Yui : volé, il a osé voler MON musée !

- Shigure : calme toi et explique moi ce qui c'est passé.


Neteria : je reprends la parole pour tout résumer. Ma pauvre Yui est trop furieuse pour le moment. Yui et lui venaient de visiter le musée de Tokyo. Umberto avait adoré une estampe de Sharuki, les « Portraits d'acteurs des trois théâtre d'Edo » et ils en discutaient car Yui avait préféré celles d'Utamaro (Yui, arrête de faire des commentaires artistiques !). Durant la visite, Umberto avait conçu le projet de voler l'estampe et il en avait profité pour étudier le système de sécurité ! Il s'étaient séparés ce soir là comme si de rien était et il est retourné au musée. Mais, il n'avait pas réalisé, qu'il y avait aussi une caméra dissimulée derrière l'estampe, du coup, il était en prison !

Surtout, Yui et lui avaient été vus ensemble et elle fut soupçonnée d'être sa complice. Yui va mettre 10 ans à lui pardonner, et il faudra même l'intervention de Marcus, le fils adoptif d'Umberto, pour régler le problème


Maintenant, reprenons le récit. Shigure avait fini par comprendre le problème (il est intelligent, alors il aurait pu deviner). Une fois calmée, Yui décida d'aborder le sujet "Akito". Elle tenait à la rencontrer le plus rapidement possible.

Rendez-vous fut pris pour le lendemain. Aya et Shigure, contrairement à Hatori, s'étaient vu interdire l'accès à la pièce où ils se rencontreraient. Seul Hatori pouvait peut-être empêcher le pire d'arriver, mais, il l'avait déjà expliqué, les Maudits ne s'opposent pas à Dieu, cela leur est, tout simplement, intolérable. Leur rencontre fut pire que la précédente, Yui ayant osé demander si la malédiction pouvait être brisée. Hatori s'interposa à temps pour que Yui ne soit pas blessée, mais il était trop tard.

- Akito : tu sais ce qu'il te reste à faire

- Yui sourit et murmura : fait le, ça n'est pas grave. J'ai le temps de vous rencontrer une nouvelle fois.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE