Chapitre 7 : Réunion olympienne
Poséidon, dans un couloir d'hôpital bondé, serrait doucement Sally contre lui. Se sentant horriblement coupable. Après tout, c'était de sa faute si elle se trouvait là.
Flash-back
Après s'être amusés à la fête foraine, Sally et lui s'étaient retirés sur les quais où ils avaient ri et plaisanté innocemment. Elle avait alors posé une question innocente mais qui l'avait déstabilisé. Alors qu'il réfléchissait à toute vitesse pour lui fournir une réponse, se récitant toutes les noms d'université qu'il connaissait, il avait entendu un chuintement flotter jusqu'à eux. Sentant la menace, il s'était retourné rapidement. Mais pas assez vite car déjà, Sally était écartée d'un coup de queue de dragon puissant. Il détoura le regard du corps amorphe, entendant à peine le bruit d'éclaboussure, pour se consacrer au monstre qui venait de les attaquer. C'était une Drakaina, un être mi-femme, mi-dragon qui se tenait plus loin sur le ponton, ses écailles luisant à la lueur des réverbères et un sourire maléfique et triomphant illuminant son visage.
-Quand ton cher frère apprendra çççça !
Poséidon se raidit face à la menace. Si jamais Zeus ou Hadès savait ce qu'il faisait de son temps libre… Il ne devait en aucun cas l'apprendre. Une chance, elle n'avait pas prononcé leurs noms mais si elle retournait aux enfers pour en informer son maître, Hadès pourrait le faire chanter ou s'en prendre directement à lui ou à Sally. Il ne pouvait se le permettre. Il devait l'éliminer. Les Drakainas mettaient plusieurs années pour se reconstituer, d'ici-là, il serait retourné dans son royaume et Sally aurait trouvé un autre homme dans sa vie. Ce serait une vieille histoire sans conséquence. Ses réflexions ne lui avaient pris qu'une fraction de seconde. Il leva le bras et un fin filet d'eau y apparut et prit peu à peu l'apparence d'un trident. Il leva son arme et un faisceau d'énergie bleu jaillit à son extrémité. Avec une rapidité dont on n'aurait jamais cru cette espèce capable, la Drakaina esquiva et se réfugia sur le pont d'un navire de pêcheurs qui sentait le cœlacanthe. Il se tourna et attaqua de nouveau. Le monstre esquiva à nouveau et le faisceau d'énergie perça le pont avant de disparaitre dans les cales du bateau. Mais il était certain qu'il avait perforé la coque car l'embarcation commença à basculer et à s'enfoncer dans les profondeurs du port. La Drakaina rampa à toute vitesse vers le quai pour quitter le navire mais Poséidon envoya un nouveau faisceau d'énergie qui, cette fois, atteignit son but, grillant le monstre qui se ratatina en un tas de poussière qui se dissipa parmi les premières vagues qui déferlèrent sur le pont.
Il ne s'attarda pas à regarder le mat couler, il renvoya son trident à sa place, à côté de son trône et regard autour de lui, la cherchant. Il se souvint du bruit d'éclaboussure auquel il n'avait pas prêté attention. Elle avait été projetée dans la mer mais elle aurait du remonter depuis longtemps. Sans attendre, il se jeta à l'eau et scruta le fond du port. Il ne tarda pas à la repérer, inconsciente, près de l'épave, reposant sur le fond du port, recouvert d'algues. Il se laissa couler et l'attrapa par le bras. Aussitôt, ses vêtements séchèrent et il ordonna à l'eau de les déposer sur le quai. L'eau sembla devenir solide et les porter, formant une vague qui les déposa en douceur sur la passerelle de bois. Il s'agenouilla à côté d'elle. Elle était amorphe, même sa poitrine ne se soulevait plus. La panique menaça de le submergé mais il se força à garder la tête roide. Son pouvoir sur la mer lui permis de sentir la présence d'eau dans ses poumons. Il plaça ses mains tremblante au-dessus de sa poitrine et par de petits mouvements va et viens sur sa gorge, il força l'eau à en ressortir. Il évacua ainsi le liquide qui empêchait l'air de rentrer dans ses poumons mais ses mouvements respiratoires ne reprirent pas pour autant.
-Respire ! Respire, je t'en supplie. Gémit-il.
Il plaça ses mains au-dessus de son cœur et commença un massage cardiaque comme il avait vu tant d'humains le faire. Si Zeus avait été là, il aurait pu faire rentrer l'air dan sa gorge mais il était seul et il refusait de laisser Sally rejoindre le royaume d'Hadès. Il était terrifié. Il sentait son cœur battre à toute vitesse et s'il n'avait pas été immortel, il aurait craint qu'il ne lâche. Son pouvoir se déclencha bien malgré lui, réagissant à sa panique qui lui vidait l'esprit de toutes pensées cohérentes, emplissant sa tête de visions plus horribles les unes que les autres qui tourbillonnaient en boucles et le sol se mit à trembler avec force sous eux. La mer s'agita sous les vibrations, des cris et des grincements métalliques lui indiquèrent que plusieurs attractions avaient du céder mais ce fut surtout le grincement du ponton qui menaçant de s'écrouler qui le convaincu de se calmer. Il inspira profondément et se concentra sur le mouvement de ses mains. Styx! Il était un Dieu et il ne la laisserait pas mourir. Pas maintenant qu'il l'aimait tant et pas de cette façon. Pas à cause de lui. Pas si jeune, pas ce soir. Elle ne le méritait pas. Le temps paraissait ralenti, semblant prendre à malin plaisir à faire durer l'agonie de Sally et sa propre angoisse. Ce fut une des rares fois pendant lesquels il se sentit faible et impuissant.
Alors qu'il allait se résoudre à appeler n'importe quel Dieu en renfort Apollon ou même Zeus, au risque de se faire châtier- quoi qu'il arrive, il protègerait la mortelle qu'il aimait, encaissant la punition de ses frères si nécessaire - Sally toussa avant de gémir de douleur, portant une main à sa poitrine qui devait la brûler sous l'action du sel marin et de la pollution de plus en plus présente dans le royaume de Poséidon. Le Dieu de la mer sentit une vague de soulagement s'abattre sur lui et, toujours sous le coup de la peur, il la souleva, la serra contre lui, contre sa poitrine, refusant de la lâcher au risque de la voir partir. Il remarqua qu'elle tremblait de froid. Bien sûr, il n'avait pas commandé à Apollon un soleil rayonnant comme il l'avait autrefois fait pour leur sortie en mer. Pour lui, la mer avait toujours une température idéale mais en cette saison, elle devait être fraiche. Il resserra ses bras autour d'elle et la frictionna pour la réchauffer un peu, lui répétant en boucle de respirer, que ça allait passer, caressant doucement se cheveux sombres.
Enfin, ils finirent par se remettre de leur frayeur et Sally se dégagea doucement de son étreinte, avec un petit gémissement.
-Mon bras… marmonna-t-elle, sa main droite crispée sur son avant-bras gauche.
Lentement, aussi doucement qu'il put, il lui prit le bras et écarta sa main, dévoilant une brulure qui s'étalait du bout de ses doigts à un petit peu plus haut que son coude. La blessure ne semblait pas trop profonde mais la peau était écarlate et sans doute très douloureuse. Il comprit aussitôt ce qui s'était passé. Lorsqu'il avait coulé le bateau, le rayon avait du poursuivre le chemin et se perdre tout près de Sally et l'eau qui avait chauffé sous l'énergie l'avait brulée. En temps normal, Poséidon aurait fait appel à ses pouvoirs sur l'eau pour la guérir mais comme elle était mortelle, consciente, et surtout qu'elle voyait à travers la brume, il ne pouvait avoir recours à cette solution. Il l'aida donc à se relever et l'emmena à l'hôpital.
En chemin, ils entendirent les injures d'un homme barbu à chapeau vêtu d'un jean délavé et d'un T-shirt usés jusqu'à la corde qui sentait l'alcool dans un rayon de trois mètres et qui cherchait désespérément son bateau .Il n'y prêta aucune attention, ni aux quelques ambulances qui quittaient la fête foraine après un violent séisme.
Fin du Flash-back
Sally avait été reçue après plus d'une heure d'attente car le tremblement de terre qui avait ébranlé la ville, bien que pendant une période très courte, avait été très violent et avait causé pas mal de dommages matériels et de blessés. La jeune femme ne semblait pas comprendre d'où venait l'agacement de son ami qui arpentait les couloirs en signe visible d'impatience. Poséidon enrageait. Il était un Dieu, bon sang ! Pourquoi devait-il attendre ? Il éprouvait un vague sentiment de culpabilité lorsqu'il voyait une victime du séisme arriver sur un brancard et une petite voix lui disait que c'était de sa faute si les médecins était surchargés de travail se soir-là mais il l'étouffait. Enfin, lorsque le médecin arriva pour s'occuper de Sally, il du partir pour s'occuper du monde sous-marin ce qui le gêna beaucoup mais la jeune femme se montra compréhensive. Il descendit dans les profondeurs et rejoignit son palais où son fils distribuait des ordres. Delphin, le dieu des dauphins, lui fit un rapport et attendit ses instructions. Il répondit à ses attentes aussi vite qu'il le put, désireux de remonter à la surface au plus vite pour prendre des nouvelles de Sally. Une chance, les temps étaient calmes. Du moins, c'était ce qu'il croyait avant de croiser sa femme, Amphitrite, dans un couloir. Elle paraissait tourmentée. Comme ils étaient seuls, elle s'autorisa à le serrer dans ses bras et il se permit de l'embrasser rapidement.
-Que se passe-t-il ? lui demanda-t-elle en se reculant de quelques pas.
-Comment cela ? S'enquit-il, soudain inquiet.
Une guerre se préparait-elle en souterrain ? Une crise ébranlait-elle l'Olympe ? Une guerre entre dieux menaçait-elle d'éclater ?
-Hermès nous a visités, répondit-elle. Il désirait s'entretenir avec vous. Zeus souhaiterait que vous vous rendiez à l'Olympe aussi tôt que possible.
Un glaçon tomba au fond de son estomac. Zeus. Le nom tomba comme un couperet. Le solstice d'été était passé, ce qui signifiait généralement des vacances pour tous les dieux ou du moins, pas de conseil ni de convocation pour les six mois à venir sauf en cas graves. Et il ne voyait qu'une seule action assez grave pour mériter cela : Sally avec laquelle il trahissait son serment. Son frère avait finalement découvert la vérité. Peut-être était-ce lui lui qui lui avait envoyé cette drakainaet qu'elle avait eu le temps de lui transmettre, d'une façon ou d'une autre, ce qu'elle avait découvert ou alors, il l'avait espionné, bien que ce ne soit pas dans ses habitudes. Mais ce n'était pas cela le plus préoccupant. Ce qui l'inquiétait le plus était le sort qu'allait leur réserver Zeus. Son frère était imprévisible. Ça pourrait aller du simple serment avec interdiction de la revoir à une malédiction en passant par l'option foudroyé par cent millions de volts. Mais il se moquait bien de ce qu'il pourrait lui faire. Il était immortel, quoi qu'il arrive, il s'en sortirait. Pas Sally. Elle était humaine et Zeus pouvait l'effacer de la surface de la Terre d'un simple geste du bras, comme il avait effacé Maria Di Angelo lorsqu'Hadès avait refusé de lui donner ses enfants. Et ça, Poséidon le refusait. C'était pour cela qu'il évitait de s'amouracher de mortelles, c'était trop dur lorsqu'Hadès prenaient leurs âmes. Mais il avait rencontré Sally et il l'aimait plus fort qu'il n'avait aimé depuis des millénaires, il ne voulait pas la perdre et surtout pas pour cette raison, pour payer le prix de ses erreurs. Il était prêt à tout pour protéger Sally quitte à subir l'entier courroux de son frère.
Amphitrite fronça les sourcils et se pencha pour l'examiner de plus près.
-Êtes-vous souffrant, mon ami ? Vous semblez perturbé soudainement. Est-ce en rapport avec la visite de votre neveu ?
-Ne vous tourmentez pas, très chère. Tout est en ordre. Mais je dois m'absenter.
Elle hocha la tête d'un air sombre, presque à contrecœur.
-Bien, Seigneur.
Poséidon l'embrassa sur le sommet de la tête et disparut dans une brise marine. Lorsqu'il reprit consistance solide, il était dans une salle aux proportions gigantesques mais qui, pour lui, semblait simplement vaste car il mesurait à présent plus de trois mètres de hauts. Autour de lui se dressaient de hautes colonnes de marbre finement sculptées et douze trônes placés en U. La salle du trône de l'Olympe. Peut-être la dernière fois qu'il la voyait si Zeus décidait de l'expulser du Conseil. Mais il était prêt à défendre sa place coute que coute et à se battre pour Sally. Il dressait déjà une liste d'arguments. Hadès avait deux enfants au casino lotus, Zeus était descendu sur Terre il y avait quelques années - ce qui avait beaucoup fait jaser, surtout Héra, soit dit en passant, qui avait été d'une humeur exécrable pendant une année entière après ça - et comme lui, il ne faisait que s'amuser. Quoi qu'il arrive, il n'aurait pas d'enfant. Si son frère avait pu vivre une relation platonique avec une mortelle, connaissant son tempérament, il pourrait aussi y parvenir. Ça, il en était certain. Personne ne choisissait de tomber amoureux, mais tout le monde pouvait s'empêcher de devenir père.
A peine s'était-il fait cette réflexion que Zeus, toujours aussi majestueux, entra. Il était aussi grand que lui mais mis à part cela, il était très différent de lui. Il avait des cheveux et une barbe taillés avec soin, marbrés de gris et de noir, comme des nuages d'orage et ses yeux étaient si bleu qu'il paraissait être fait d'électricité. Il portait un costume blanc étincelant si bien qu'à chaque mouvement, un éclat de lumière semblable à un éclair semblait déchirer le tissu.
-Mon frère, salua-t-il solennellement.
-Seigneur Zeus, répondit-il en se penchant très légèrement en avant. J'ai appris que tu souhaitais t'entretenir avec moi.
-En effet, et puisque tu veux en venir directement à la raison de ta convocation, allons-y. Je sais que tu as décidé de prendre des vacances et je ne peux t'en vouloir. C'est très naturel mais pourrais-tu m'expliquer à quoi tu joues ?
Poséidon savait depuis longtemps que c'était une question piège et qu'il ne fallait en aucun cas y répondre. Tant qu'il n'avait pas dit explicitement ce qu'il lui reprochait, mieux valait se taire ou il risquait de lui avouer quelque chose qu'il ignorait encore. Pour l'instant, il y avait encore un espoir pour que Zeus ne connaisse pas l'existence de Sally et ce qu'il faisait vraiment sur Terre.
-Tu m'avais promis, Poséidon ! Tu as promis devant tous et tu as trahi ta promesse volontairement ! Que dira Hadès ? Tu y as pensé?
Poséidon se figea et il se concentra. Prêt à faire apparaître son trident au creux de sa main à chaque instant. Zeus savait mais il ne se laisserait pas faire. S'il tentait quoi que ce soit, il était prêt à provoquer une nouvelle guerre de Troie.
-Je pensais que tu avais muri au cours de ces deux dernières millénaires mais visiblement, je me trompais. Tu n'as pas pu résister.
-Comme si toi tu ne l'avais pas fait, répliqua-t-il d'un ton glacial.
Il se montrait provocateur, il le savait, jouant avec la colère de son frère mais en vérité, il refusait de montrer sa peur. Il savait de quoi son frère était capable mais peut-être que s'il se montrait ferme, que s'il exposait ses argument, il pourrait s'en sortir sans trop de mal… et Sally également.
Zeus, pourtant, ne le foudroya pas sur la minute.
-Mon pouvoir passe plus inaperçu, répliqua-t-il. Et je sais me dominer. Toi par contre, tu as provoqué deux tremblements de terre en à peine une semaine et dans la même région ! Tu as toujours été connu pour être impulsif mais à se rythme là, les mortels vont finir par se poser des questions !
Poséidon, qui avait retenu son souffle, prit une profonde inspiration en comprenant tout à coup de quoi son frère parlait. Sa convocation n'avait aucun lien avec Sally mais avec la promesse qu'il avait faite lors du dernier Conseil, celle de ne provoquer aucune catastrophe naturelle et à laquelle, sur le moment, il n'avait prêté qu'une attention mineure. Il voulait en fait le réprimander pour les séismes qu'il avait provoqués pour se débarrasser du chien des enfers puis de celui de la fête foraine. Il retint un large sourire et un soupir de soulagement. Lorsqu'Atlas était libéré de son fardeau, il ne devait pas se sentir plus léger. Son cœur et sa respiration reprirent un rythme normal.
Il écouta à peine les prochaines paroles du Seigneur des Dieux.
-Quel exemple donnes-tu donc? Tu sais à quel point j'ai du mal à faire entendre raison à Hadès et à le convaincre de respecter nos lois.
Hadès. Était-ce lui qui lui avait envoyé ces chiens oui ou non? Poséidon voulait le savoir et il s'autorisa à pousser les choses à son avantage. Zeus devait bien être au courant des instructions que donnait Hadès, non ? Il le surveillait en permanence, comme si il avait peur que son ainé l'attaque. Zeus avait-il mauvaise conscience ?
-Tu as raison, mon frère. J'aurais du me dominer mais il s'est avéré que je n'ai pas eu d'autre choix. J'étais attaqué.
-Ton aura de dieu attire les monstres et tu le sais ! Pourquoi en faire tant d'histoires ? Pourquoi ne pas utiliser ton trident pour les désintégrer, tout simplement, au lieu de te laisser emporter, provoquant des dizaines de blessés et effrayant ton frère ? Tu sais qu'Hadès craint que tes séismes finisse par faire s'effondrer le plafond de son palais. Il est venu se plaindre il y a quelques heures alors tache de t'en tenir à ce qui a été décidé au Conseil !
Poséidon s'inclina gauchement, rassuré. Ni Zeus, ni Hadès ne semblait au courant de sa relation avec Sally. Les monstres devaient bel et bien sentir sa présence dans une zone déjà proche de la colonie des Sang-Mêlé.
-Je me montrerais plus prudent, Seigneur.
-J'y compte bien. Répliqua Zeus. Je ne te retiens pas. Ajouta-t-il après un court silence en s'installant majestueusement dans son trône tout en désignant la porte de sortie d'un signe du bras.
Poséidon comprit le message. Grinçant des dents, il s'inclina et quitta la salle. Ce qu'il pouvait détester son frère et son air supérieur ! D'accord, il les avait sauvés de leur père mais Cronos n'aurait jamais été envoyé au Tartare sans l'aide de ses frères et sœurs !
Sur son passage, les nymphes s'inclinaient et les muses, la tête basse redoublaient d'effort dans leurs chants. Il ne leur accorda aucune attention mais se figea lorsqu'il entendit pouffer au détour d'un couloir. Il se retourna et découvrit Apollon en pleine discussion avec Aphrodite. Étant jadis sorti avec la déesse de l'amour, il sut parfaitement interpréter son sourire et il se dirigea vers eux, tout en se demandant vaguement ce qu'Héphaïstos dirait en les surprenant.
-Puis-je savoir ce qui te met de si bon humeur ? s'enquit-il.
Et qui sont les malheureuses victimes de tes tours ? Ajouta-t-il dans un silence.
-Oh ! Poséidon, roucoula la jeune femme. J'ai beaucoup pensé à toi, ces derniers temps.
Mauvais signe, pensa le Dieu de la mer.
-Cesse donc de faire l'innocent, tonton, renchérit Apollon en le faisait grincer des dents devant ce maudit surnom. Tu ne pensais pas quand même pas pouvoir nous le cacher à nous ? La déesse de l'amour et le dieu des Oracles ?
Poséidon, pour la seconde fois en quelques minutes, se félicita d'être immortel alors que son cœur ratait quelques battements.
-Vous êtes siii mignons, minauda Aphrodite. Je savais que ce serment était idiot ! Je l'ai toujours dit! Qui pourrait résister à la force de l'amour ? Qui peut contenir ses sentiments ? Qui peut…
-On a compris, l'interrompit Apollon. Mais ne t'inquiète pas, tonton. On ne dira rien.
-Oh, non alors ! convint Aphrodite. Depuis le temps que je n'avais pas eu droit à un amour interdit. C'est si romantique !
-Il faut dire qu'elle est plutôt jolie. Elle mènera loin cette histoire. Promit Apollon. Plus loin que tu ne le voudras, d'ailleurs.
Il se racla la gorge, s'apprêtant à entonner un poème quelconque mais Poséidon le colla contre le mur, soudain terrifié. Son neveux avait beau être insupportable, il était clair qu'il avait vu quelque chose dans l'avenir sur lui et Sally. Et cela ne lui disait rien qui vaille.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? rugit-il. Dis-le-moi !
-Hé, du calme, tonton ! On cherche pas les ennuis. Au contraire, on trouve ça plutôt sympa !
-On n'en dira rien à personne, promit Aphrodite. Motus et bouche cousue comme disent les mortels.
Cela n'apaisa en rien la colère du dieu de la mer et seule la récente entrevue avec Zeus l'empêcha d'inonder l'Inde.
-Je parie que tu t'amuses comme une folle de me voir si fou d'amour pour une mortelle qui est capable de me mener par le bout du nez tout en étant terrifié à l'idée d'être découvert ?
Aphrodite soupira d'un air qui sonnait faux.
-Ça me plait assez, je dois bien le reconnaître. Mais avoue que le risque met du piment dans cette relation.
-Oh, toi et tes tours! Si jamais tu t'en prends à elle, je vais…
-Rien du tout ! la coupa gaiment la déesse en se redressant.
Tout à coup, il se sentit faible, ses jambes semblaient ramollies, flageolantes alors qu'une vague de désir le submergeait tandis qu'il ne pouvait détacher son regard de la déesse rayonnante de perfection. Son regard fut attirée par ses yeux si intenses qui lui rappelaient ceux de Sally, puis par son sourire étincelant, parfait avant de s'attarder sur ses lèvres roses et pulpeuses qu'il avait envie d'embrasser. Une voix au fin fond de sa conscience lui hurla qu'il était en train de succomber à sa magie mais il ne pouvait plus réfléchir. Son cerveau était sur pause, laissant toute la place à ses désirs et à la passion. Aphrodite eut un sourire de conquérant et se pencha.
-Ne t'inquiète pas. Tout ira bien… pour l'instant.
Et sur ces belles paroles lourdes de sous-entendus, elle disparut dans une volute de fumée rose et odorante alors qu'Apollon, qui avait eu la présence d'esprit de fermer les yeux pour ne pas se faire envouter, s'éclipsait à son tour avant que son oncle n'ait pu retrouver tous ses esprits.
Tout irait bien… pour l'instant. Oui, mais jusqu'à quand ?
Pour la première fois depuis plusieurs siècles, Poséidon avait peur.
Salut tout le monde? Vous allez bien? Pas trop de sueur froide en lisant le passage de l'entrevue avec Zeus? Mdr. Lui aussi semble avoir des choses à cacher mais vous savez parfaitement quoi. Alors, qu'en pense-vous? Ai-je mérité une review... ou même plusieurs pourquoi qu'une seule ? Loool. Non, je vais bien, inutile de vous inquiéter pour ma santé mentale. Je vais bien.
Ciao les gens NH.
