Chapitre 7 - Le passé

« Le roi ne peut être dérangé, il est en réunion. » dit le garde à Cersei. Mais Cersei entendait très bien les cris des prostituées à l'intérieur de la chambre, combien étaient-elles ? 6 ? 7 ? Robert voulait d'elles mais de Cersei. Ce qui blessa beaucoup Cersei. C'était ainsi chaque jour, Cersei ne pouvait voir son désormais mari. Elle ne voulait pas l'épouser, mais son père l'obligea. Bien qu'elle fût reine, Cersei ne voulait pas d'une vie ainsi. Elle n'avait même pas pu goûter à son nuit de noce, Robert étant rentré tellement soûl qu'il s'endormi directement à ses côtés. Elle ne voulait pas d'un comme lui pour mari, elle ne voulait pas qu'il la touche, ce n'était qu'un rustre l'insultant dès qu'il en avait l'occasion. Mais Cersei faisait tout pour trouver une once d'affection pour lui… Il était son mari après tout, elle allait vivre avec lui le restant de sa vie. Mais que dirait Jaime ? Lui en voudrait-elle ? Elle aimait tellement son frère, c'était le seul qui la comprenait. Mais c'était mal… Pourtant il lui manquait, elle était seule ici, personne pour se soucier d'elle.

Cersei repartit alors en direction de ses appartements en pleurs, elle était faible. Mais elle en avait assez, assez de cette vie où personne ne la considérait. Elle se sentait seule, tellement seule. Alors qu'elle marchait, un homme croisa son chemin : « Ma reine, que se passe-t-il ? Vous allez bien ? » Cersei ne répondit pas et partit d'autant plus vite. Mais elle se retourna un instant pour voir son interlocuteur qui n'était autre que le grand Eddard Stark, le meilleur ami de son fichu mari. Elle croisa son regard, les yeux mouillés par les larmes. Ned la regarda avec compassion, ce n'était pas la première fois qu'il la voyait ainsi. Ce qui énerva Cersei qui ne voulait pas être prise pour une faible… C'était trop tard. Elle continua alors sa route en l'ignorant. Elle devait se préparer pour le banquet de ce soir, Robert avait coutume d'organiser des banquets avec des nobles et Cersei devait s'y présenter obligatoirement en son rôle de reine. Mais ce soir, elle voulait que Robert porte son attention sur elle, pour une fois… Elle décida alors de laisser ses longs cheveux blonds lâchés et de porter une robe rouge lui seyant la taille. Cette robe possédait un long col en V laissant entrevoir sa poitrine. De plus cette robe ne possédait pas de manches, de simples rubans de soies tenaient le tout sur ses épaules. Il était l'heure, elle devait sortir et se rendre dans la salle principale. Robert l'attendait à sa porte. Il sentait déjà l'alcool. Il lui dis alors, peut-être simplement par politesse : « Vous êtes très en beauté ce soir ma reine, cette robe vous va à ravie. » Cersei était touché. Robert la mena ainsi jusqu'à la salle où se déroulait le banquet. Lorsqu'elle entra elle y vit beaucoup de mondes, habillés de parures bleues, turquoise, vertes. Les bannières montrait la présence de plusieurs familles hautes placées, les Stark, les Baratheon, les Lannister, les Arryn… Robert la fit s'assoir à ses côtés. Il prononça alors son discours habituel : « Mes nobles amis, je suis fière de vous recevoir ce soir dans mon humble château, buvez, mangez ! De toutes façons c'est ce que vous allez faire comme c'est moi qui paye ! » Il finit sa phrase avec un rire. Tous les convives s'assirent. Cersei se sentait puissante, de là où elle était, elle pouvait voir les faits et gestes de chacun, elle présidait cette assemblée avec son mari. Des plats multiples passèrent, de la viande surtout, mais Cersei n'était pas affamé. Elle mangea simplement quelques légumes, et but du vin, quelques coupes. Robert à côté d'elle lui échangea quelques paroles, mais plus la soirée avançait, et plus il buvait, mangeait, riait. Cersei restait gênée à côté de cet homme. Mais vint le moment de la danse, Robert lui proposa de l'accompagner à la grande surprise de Cersei. Ils étaient entourés d'autres couples dansant sur une simple musique jouée au luth et à la harpe. Robert la prit par les hanches et la serra contre lui. C'était la première fois que Robert lui exprimait une telle marque d'affection. Il la fit tourner et posa sa tête contre son épaule. Mais il murmurait quelque chose, Cersei tendit donc l'oreille Lyanna, Lyanna. Cersei lui lança alors : « Que dis-tu ? » Robert leva la tête et la regarda d'un air féroce en lui aboyant : « Pourquoi j'ai dû t'épouser toi ? Pourquoi tu n'es pas Lyanna ? » Cersei la lâcha violemment. Comment pouvait-il dire ça ? Maintenant… Elle était décédée, et Cersei, elle, elle était là. Ce n'était que pour la faire souffrir. Elle qui croyait s'être rapprochée de lui grâce à cet instant. Elle le regarda d'un regard noir mais Robert haussa les épaules et attrapa la servante qui passait par les fesses et la colla à lui. S'en était trop, Cersei quitta la pièce en courant, elle en avait assez. Assez d'être prise pour une débile, assez de ce mari qui ne l'aime pas, de ce mari qui la déteste. Elle ne voulait pas d'une vie comme cela. Elle décida de se rendre dans la salle du trône, là où il n'y avait personne. Elle regarda le trône, il était glorieux, majestueux. Ainsi c'était pour ça que son père l'avait marié à cet homme. Ce trône fait d'épées d'hommes n'existants même plus dans ce monde. Cersei s'assit dessus, il était inconfortable, comment la main du roi pouvait-elle rester des heures sur ce trône ? Mais Cersei ne pensait pas qu'à cela. Elle pleurait encore. Elle avait assez de pleurer. Mais sa vie aussi était horrible. Elle ne pouvait faire confiance en personne, personne ne l'appréciait. Elle voulait partir, rejoindre Castral-Roc, revoir sa famille. Même revoir Tyrion la ravirait plus que de rester ici.

Mais soudain Cersei entendit des pas, ils se rapprochaient, de plus en plus. Ils venaient de sa gauche. Mais Cersei ne bougea pas. Une silhouette d'homme se dessina dans l'obscurité, Cersei crut reconnaitre quelqu'un. La lumière des flambeaux révéla son visage, c'était Eddard. : « Vous êtes partie bien tôt dans la fête ma reine, dit –il en se rapprochant d'elle.

-Que voulez-vous que je fasse ? Que je regarde mon mari se soûler pour qu'il m'insulte de plus belle. Je ne veux pas de ça, pas de cette vie.

-Robert n'est pas un très bon mari je vous le conçois, mais ne pleurez pas pour lui, vous êtes une femme forte, ça je le vois dans vos yeux.

-Bien sûr… Comment être forte dans une ville où vous n'avez aucun amis ? Personne pour vous soutenir ou vous épauler.

-Vous m'avez.

-Mais… » Cersei ne savait que dire, elle ne pensait pas qu'Eddard avait autant d'estime pour elle, elle ne pensait pas qu'il l'appréciait autant, ce qui l'a ravi. Ainsi elle n'était pas aussi seule qu'elle le pensait dans cette capitale. Eddard demanda alors : « Venez, pour vous changer les idées et sécher vos larmes, je vous propose que l'on partage une coupe de vin dans ma suite.

-Je ne sais que dire, vous êtes trop bon. J'accepte. » Eddard prit la main de Cersei et la fit descendre du trône. Ils marchèrent sans un mot jusqu'à la suite de Ned. Ils entrèrent et s'assirent face. Ned servit une coupe de vin à Cersei et à lui-même. Ned dit alors : « Buvons alors à…. Je ne sais pas, à une amitié naissante ?

-Oui, tout à fait. » Mais une fois leurs coupes finis, d'autres furent servis. Cersei expliqua ses problèmes à Ned et Ned lui expliquait les siens en retour. Pour ne fois Cersei se sentait écoutée.

« Je suis heureuse de pouvoir vous parler, je ne pensais pas que vous aviez un minium d'affection pour moi.

-Oh vous savez, vous êtes une femme très intelligente, très intéressante, je ne peux qu'avoir envie de vous connaitre mieux.

-Mais, votre pays, Winterfell, ne vous manque-t-il pas ?

-Si, énormément, mais je ne pourrais y retourner de suite, Robert a besoin de moi. Vous savez j'ai ressenti le même sentiment de solitude lorsque je suis arrivé ici, tout comme vous. Nous ne sommes pas si différents vous savez.

-Nous avons tous deux envie de rentrer chez nous, c'est normal... » Et ils burent, comme pour oublier leurs problèmes, comme si cela était la seule solution. Cersei trouvait réellement un confident en Ned, il était sympathique, drôle et mystérieux. La part de mystère que Cersei possédait aussi. Ils se ressemblaient, avaient le même caractère de rebelle, et ça Cersei le savait. Au bout d'un moment, Cersei mit fin à cette soirée : « Je vais devoir y aller, retourner dans mes appartements.

-Déjà ? Je pensais que nous pourrions parler plus longtemps. » Tout deux était alcoolisés. Ce qui rendait la voix de Ned et les pas de sérieux plus hésitants. Cersei se leva et Ned aussi, il l'accompagna jusqu'à la porte. Il l'ouvrit et regarda une dernière fois Cersei dans les yeux. Cersei voyait de la détresse dans ses yeux. Cersei n'arrivait pas à sortir, elle le voulait. Ned lui attrapa la taille et l'embrassa fougueusement. Cersei lui rendit son baiser. Etait-ce des vrais sentiments ou c'était juste dû à l'alcool ? Comment pouvait-elle le savoir ? Son corps agissait seul désormais. Ned la ramena près du lit. Il lui défit les nœuds tenant sa robe qui glissa le long du corps de Cersei. Elle lui enleva sa chemise de lin avec du mal. Ned la jeta sur le lit et l'embrassa de plus belle. Ned était doux, plus doux que Jaime… Jaime, comment pouvait-elle lui faire ça ? Elle devait l'oublier… maintenant.

Le lendemain, Ned se réveilla très tard, le soleil était déjà très haut dans le ciel. Il allongé dans le lit. Cersei était toujours endormie à ses côtés. Elle était nue. Son corps était à demi recouvert par les draps de soie. Ned la trouva très belle. Ses cheveux d'or cachaient une petite partie de sa poitrine. Cette nuit avait été longue, violente, mouvementée. Mais Ned pensa à Catelyn. Qu'avait-il fait ? Il ne fallait pas qu'elle le sache, elle ne le saura jamais. Bien sûr. Il s'en voulait tellement mais voir cette femme allongée à ses côtés… Il devait cesser de la regarder, elle lui donnait trop envie. Soudain elle ouvrit les yeux et croisa le regarde Ned.

« Ned… Je… Je pense que nous devrions en rester là…. Cette nuit ne devra pas se reproduire, jamais. » Elle prit sa robe qu'elle remit furtivement avant de partir rapidement. Ned ne savait que dire, que faire. Il avait trompé sa femme, son meilleur ami. Personne ne devait le savoir, personne ne devait être au courant. Personne ne le saura se dit-il.