Cruauté réveille toi, Qu'importe le coup, Qu'importe la ruine, Et que l'aube soit rouge.
Le commencement
- Je ne répondrai pas à la demande de votre seigneur !
- Nous saurons nous en souvenir, semi-elfe, si vous prenez ce parti, nous n'hésiterons pas à bruler votre demeure et à asservir votre peuple !
Elrond siffla de rage et retint son cheval qui s'énerva de sentir son cavalier si tendu.
- Nous ne voulons pas la guerre ! Nous n'avons pas ce que désire votre maitre et nous ne le chercherons pas pour vous !
- Vous mentez, le semi-homme est avec vous et si vous refusez de nous le livrer, nous viendrons le chercher sans sommation !
- La question est close, démon ! Nous refusons de vous le livrer !
Le semi-elfe leva les yeux au ciel et le nazgûl tourna vivement la tête vers Thorin dont la rage pulsait puissamment. Les deux spectres s'affrontèrent durement du regard.
- Dans ce cas, c'est la guerre que vous nous déclarez, nain.
Elrond fit reculer son cheval tandis que l'âme de Thorin s'évapora. Le Nazgûl fit volte face et s'éloigna au galop dans un hurlement lugubre auquel répondirent plusieurs cris au loin.
Le semi-elfe dégluti et fit volter son cheval pour retourner à l'intérieur de ses murs.
L'activité dans Fondcombe y était intense, cela faisait plusieurs jours que les éclaireurs elfes relevaient une alarmante concentration de wargs, orques et trolls autour de la demeure, chose qui n'avait pas été démenti par les errances des deux spectres nains et cela faisait donc quelques jours que les elfes se préparaient à la bataille.
Mais la vallée cachée n'était pas une forteresse et la défendre relevait de l'utopie.
Les Nazgûls avaient appelé à eux tous les serviteurs et adorateurs de Sauron qui grouillaient dans la région et n'avaient pas mis longtemps avant d'organiser leurs troupes.
Dans la salle du conseil, l'agitation était à son summum. Les elfes étaient coincés ici et le savaient. Pourtant, pas un seul des hauts elfes n'envisageait l'hypothèse de donner le hobbit ou bien l'anneau en échange de la paix et la question tournait surtout autour de la manière de tenir le plus longtemps possible en attendant les renforts des elfes gris, dirigés par Glorfindel, des nains des Montagnes Bleues, appelés par Fili, dont la résurrection approchait alors à grand pas mais qui pouvait toujours voyager rapidement tout en se faisant comprendre des vivants, ou bien des soldats, plus éloignés, que dame Galadriel venait de faire partir de Lothlorien.
Bilbo, assit dans un coin, muré dans un silence douloureux, se fustigeait d'être la cause de la perte de cette si belle vallée à la renommée légendaire et souhaitait ardemment avoir eu l'idée de partir dans l'autre direction lorsqu'il avait s'agit de s'enfuir de Cul-de-Sac. Il leva les yeux lorsqu'une ombre se pencha sur lui et croisa le regard indéchiffrable du seigneur de ces lieux.
- Allons Bilbo, vous n'y êtes pour rien, tout notre malheur vient de cet anneau que vous avez eu la bonne idée de mettre hors de porté de nos ennemis.
- Hors de porté… mais pour combien de temps ?
L'elfe et le hobbit se regardèrent gravement, sachant tout deux ce qu'il se passera si jamais cet anneau venait à tomber dans les mains de Sauron. Puis Elrond eut un pauvre sourire et tendit sa main pour encourager Bilbo à se relever.
- Je vous fait confiance, si jamais les choses venaient à mal tourner, rappelez-vous de ce que je vous ai enseigné et prenez le chemin que je vous ai indiqué, vous êtes léger et savez passer inaperçu, nos ennemis ne vous suivront pas et je sais que vous avez un ange gardien.
Le porteur de l'anneau hocha la tête et allait se saisir de la main qui lui était tendue. Mais un courant d'air apparut à ce moment et Elrond fit immédiatement un pas en arrière pour se préserver de la colère du dit ange gardien. Bilbo, quant à lui, se remit vivement sur pied et pénétra dans la salle vide la plus proche, le courant d'air sur ses talons. Il sorti l'anneau sans attendre et le nain apparut, lui sourit gentiment et le prit dans ses bras après lui avoir posé un baiser sur le front.
- Ils vont bientôt passer à l'attaque…
- Il n'y a rien à faire pour empêcher ça ?
- Rien qui ne soit en ton pouvoir.
- Je suis pourtant le mieux placé pour arrêter cette folie.
- Je te l'interdis !
- Si je me livre à eux, le temps qu'ils découvrent que je ne porte pas l'anneau, toi où Fili aurez le temps de le mener à la Montagne du Destin.
L'étreinte se resserra et chacun pu constater que l'autre tremblait. Ils pouvaient faire ça oui, s'ils n'étaient pas si égoïstes…
Si Bilbo se sacrifiait pour offrir la diversion nécessaire à l'un des deux spectres pour se rendre en Mordor, s'ils détruisaient l'anneau, alors la terre du milieu serait sauve, alors Ilmaris ne disparaitra pas dans les flammes.
Tous ceux qui se préparaient aujourd'hui à la bataille en étaient conscients et cela rendait Bilbo malade de voir qu'autant de personnes partaient affronter la mort et la douleur pour les lui épargner.
- Je pourrai l'y emmener, je pourrai affronter Sauron et jeter l'anneau dans le feu sans que tu n'ai à te rendre.
- Sauron est bien plus puissant sur le plan dans lequel tu te trouves que sur celui des vivants, il ne fera qu'une bouché de toi et récupèrera son anneau. Surtout que, nous savons tout les deux que ton esprit commence déjà à se corrompre, nous ne pouvons pas nier cette évidence et fermer les yeux. L'anneau te ronge Thorin, lorsque tu te trouveras au dessus des flammes, si tu sais que je suis encore en vie, tu ne le lâcheras pas parce que c'est l'unique porte que tu as pour pouvoir goûter à la vie ou même me tenir dans tes bras. Alors que si je me rends, si Sauron concentre toute sa volonté sur moi, si je tiens suffisamment longtemps avant qu'il ne me fasse disparaître, il ne fera pas attention à toi et tu sauras trouver la force ou le désespoir de…
- Tait-toi ! Les choses ne se passeront pas ainsi ! Tu m'entends ?
- Thorin, tu es mort à cause de ta cupidité et de ton orgueil… Ne vois-tu là un moyen de changer les choses ? De te racheter ?
- En me condamnant à une errance éternelle et solitaire dans ce monde en paix, me rappelant tous les jours de quelle manière a fini celui pour qui je me suis damné ? Je ne les laisserai pas mettre la main sur toi. Je ne regrette pas autant d'avoir rejeter les humains et les elfes que de t'avoir mis à la porte d'Erebor !
Bilbo s'accrocha à la tunique de Thorin et se colla plus encore à lui, la gorge serrée par l'angoisse et la terreur, le cœur tremblant de peur. Il avait beau dire, lui non plus ne voulait pas que cela se passe comme ça. Mais savoir qu'ils couraient au devant d'une guerre qui pourrait être évitée si seulement lui et Thorin faisaient chacun un geste, un geste fatal pour eux, mais qui résoudrait tellement de problèmes…
Et c'est ainsi enlacé qu'ils furent témoins de la première pluie de flèches enflammées qui s'abattit sur les contrebas des territoires de Fondcombe, mettant le feu aux jardins et à la forêt proche. Mais le pouvoir qui résidait dans la vallée ne resta pas endormi et l'eau, allié des elfes, fut la première à entrer dans la bataille. Dirigée par les hauts elfes de la maison d'Elrond, elle noya le premier incendie et riposta en attaquant les archers qui avaient eu le malheur de trop s'approcher.
Thorin plaça la tête du hobbit contre lui et enfouit son visage dans les boucles qu'il aimait tant, refusant de voir le désastre qui s'était mis en marche tandis qu'il sentait une culpabilité terrible monter en lui pour le ronger.
Ces flèches là tombaient parce que Thorin refusait de ne plus pouvoir tenir Bilbo ainsi dans ses bras.
Puis ils se séparèrent, sourds à la clameur qui avait pris place en Fondcombe et Thorin caressa doucement la joue du hobbit.
- Que comptes-tu faire, porteur de l'anneau ?
- Je.. Je pense que je vais rester ici jusqu'à ce que l'espoir ne soit plus permis, puis je partirai et je me rendrai au Mordor, de toute façon, tu seras avec moi, n'est-ce pas ?
Le visage fermé, Thorin hocha la tête et repris le hobbit dans ses bras.
- Et toi ? Lorsque tu seras au dessus des flammes, sauras-tu faire le bon choix ?
- Jure moi que tu ne m'empêcheras pas de jeter cet anneau dans le feu.
- Je le jure, de tout mon cœur, je le jure, j'espère seulement que celui-ci ne sera pas corrompu lorsque le moment arrivera.
- Ne dis pas ça !
Thorin se tut puis se sépara du hobbit une nouvelle fois, il lui prit la main et l'entraina sur l'un des fauteuils de la pièce, il s'y assis puis attira le hobbit sur ses genoux avant de l'étreindre avec douceur.
- Thorin ? Tu es sûr que c'est le bon moment ? Elrond a peut-être besoin de toi et Fili va arriver d'un moment à l'autre, si tu veux lui faire tes adieux…
- C'est le bon moment. Tout va bientôt commencer et, dès que les choses seront en route, toi et moi, nous ne pourrons pas partager ce genre de moment pendant longtemps, voire peut-être plus jamais. J'ai déjà fait mes adieux à Fili. Maintenant c'est à ton tour.
Bilbo ferma les yeux et se bouina contre le torse chaud du nain qui vint lui embrasser le front. Le hobbit avait refusé la moindre interaction physique avec Thorin, de peur d'y prendre goût et de ne pas pouvoir supporter le manque lorsque celui-ci adviendra. Mais, ainsi prisonnier des bras puissants de celui qu'il aimait tant, il décida que le nain avait raison et que, s'il y avait un temps pour les choses mauvaises et désagréables, il y en avait aussi un pour les bonnes choses, celles qui nous offrent des souvenirs à chérir.
Il se redressa alors et, tandis qu'une deuxième slave de flèches tombait sur la vallée, enflammant les fondations de la demeure d'Elrond, Bilbo passa une main dans les cheveux de Thorin tout en approchant son visage du sien.
Le baiser fut d'abord très doux : deux bouches qui se caressaient, des lèvres qui se rencontraient tandis que les langues se mêlaient. Puis, grisé, Bilbo se mit à genoux, cherchant à approfondir l'échange, le roi fit de même en lui attrapant la nuque et sa langue repoussa sans ménagement celle du semi-homme et pour aller découvrir sa bouche. Ce dernier passa ses doigts sous les habits de son nain pour caresser et découvrir son corps, ne sachant pas quand sera la prochaine fois qu'il pourra l'avoir sous son aspect physique. Il adora sentir la fermeté des abdos, la puissance des pectoraux qui frémirent sous sa main tandis que, de leur côté, les mains de Thorin parcouraient le dos du hobbit. Le baiser dura de longues minutes que chacun savoura, chacun faisant le plein de souvenirs, chacun sachant que, lorsque cela cessera, la réalité les rattrapera.
Néanmois, Thorin se sépara brusquement de Bilbo et resta immobile quelques secondes, ses lèvres frôlant celles du cambrioleur, semblant écouter un appel.
- Que se passe-t-il ?
- Ca commence...
- De quoi ?
- Sa résurrection.
Thorin expira rapidement, posa une dernière fois ses lèvres sur celles du hobbit, lui caressa la joue dans un geste d'adieu amère, lui ordonna de rester là, à l'abri, puis retira l'anneau. Personne ne savait à quoi s'attendre pour le retour de Fili parmi les vivants, mais Elrond avait supposé que la chose sera sûrement très douloureuse et le roi ne voulait pas laisser son premier héritier, qui avait donné sa vie pour lui, seul face à la souffrance. Il savait que Kili sera là pour l'accueillir, mais, en attendant, son oncle allait être celui qui l'accompagnera jusqu'aux frontières de la vie.
- Lindir, mène tes troupes au ponton Est ! Normalement, l'accès est caché mais s'ils découvrent l'entrée, ils pourront pénétrer ici sans problème !
- A vos ordre seigneur Elrond !
Le garde héla ses soldats et les conduisit de l'autre côté de Fondcombe alors qu'un nouveau cri inhumain déchira l'air.
- Bon sang ! Où sont ces maudits spectres lorsque l'on a besoin d'eux ? Aragorn ! Où allez vous ? Ce combat n'est pas le vôtre, viendra le temps où votre sang sera appelé à se dresser, mais il n'est pas encore venu ! Retournez à l'intérieur !
- Vous vous trompez, ce jour est arrivé, je ne laisserai pas Imlaris se consumer dans les flammes des serviteurs de Morgoth!
- Vous ne pouvez rien faire contre eux ! Aucun homme vivant ne le peut !
Un cri plus rauque se fit entendre non loin, appuyé par plusieurs autres grognements. Immédiatement, Elrond lança un ordre et une escouade de cavaliers elfes s'élança sur la troupe d'orque qui venait de pénétrer dans la vallée cachée. Aragorn désigna la source du bruit du menton.
- Contre eux, je puis me battre !
Et, avant que Elrond n'ait pu dire quoi que ce soit, le jeune Dunedain attrapa un cheval et se lança à la suite de la troupe de cavaliers. Le semi-elfe serra les dents en voyant la silhouette de son protégé disparaître à travers la fumée noire qui s'échappait des bâtiments en feu. Il talonna son cheval et s'élança en sens inverse, sur la route de l'Ouest, suivi de sa cohorte de chasseurs. Les deux cents cavaliers s'élancèrent au galop dans une formation serrée. Ils galopèrent un moment avant que le seigneur de Fondcombe ne lève le bras, immobilisant la colonne de soldats sur le pont principal. Ils n'attendirent pas longtemps avant d'entendre un claquement de sabots sur le pavé et, à travers la pénombre de l'aurore enfumée par l'incendie se dressèrent neuf ombres de cavaliers immobiles qui leur faisaient face, de l'autre côté du pont. Elrond sorti son arme, imité par tous ses soldats et, en réponse, les créatures devant eux hurlèrent lugubrement, instaurant une terreur sourde dans le cœur des défenseurs elfes dont les chevaux paniqués se cabrèrent et ruèrent. Elrond raffermit sa prise sur son épée et lança la charge, les nazgûls en firent de même, les orques et trolls derrière eux rugirent avant d'abaisser leurs hallebardes et de tirer leurs armes.
Déterminée, Arwen traversa la demeure enflammée, elle vola par dessus les brasiers, traversa les écrans de fumée et rien n'arrêtait sa course. Elle se rendit au cœur des appartements consumés d'Elrond, là où ce dernier entreposait sa réserve de plantes et breuvages médicinaux. Elle se dirigea sans hésiter sur une étagère et s'empara de plusieurs remèdes avant de repartir aussi vite. Elle ferma les yeux en entendant la clameur de la bataille au loin, cherchant à ne pas se laisser envahir par l'inquiétude qu'elle ressentait pour son père et ce jeune humain dont le regard lui faisait tourner la tête. Elle retourna vers les habitations protégées qui avaient été épargnées par les flèches enflammées de leurs ennemis. Elle accéléra sa course lorsqu'elle entendit un nouveau hurlement de douleur et serra les lèvres en se demanda par quel funeste destin les choses avaient pu si mal concorder.
La tension de la pièce dans laquelle elle pénétra était palpable et lui prit la gorge. Elle s'approcha du lit sur lequel gisait Fili, tremblant, sa peau translucide recouverte d'une sueur glacée et la mâchoire serrée à s'en briser. Elle lança un regard à Kili qui comprit et qui, lâchant la main de son frère, lui prit le menton et, d'une caresse, lui fit ouvrir la bouche. L'elfe ne perdit pas de temps et y versa le contenu d'une petite fiole. Ils le découvrirent ensuite rapidement et l'enduisirent d'une huile concoctée par le seigneur Elrond en personne.
- Ca suffira ?
- Je ne crois pas, mais c'est ce que je connais de plus puissant pour calmer un peu la souffrance…
Fili se tendit soudainement dans un râle de douleur et se cambra, un claquement sec se fit entendre et Kili du retenir un haut-le-cœur en entendant les tendons et les nerfs prendre leur place. Le corps du blond reprenait consistance et ça ne se faisait pas sans douleur.
- Combien de temps cela va durer ?
- Je n'en sais rien, je n'ai jamais entendu parler de ce genre de chose…
Kili serra les lèvres à défaut de pouvoir fermer les yeux et reprit la main de son frère qui s'agrippa à la sienne de toutes ses forces, le brun ne dit rien et n'exprima pas sa douleur, mais la poigne retrouvée du blond lui avait déjà cassé plusieurs doigts depuis que cela avait commencé, depuis que son corps recouvrait enfin la force qu'il avait perdu.
Un nouveau hurlement franchit les lèvres du blond et Kili serra les yeux à s'en faire mal lorsqu'il entendit les muscles se déchirer pour prendre en matière.
Plusieurs plaies s'ouvraient et se refermaient à intervalles irréguliers et un sang d'un carmin transparent s'écoulait. Kili les reconnaissait toutes, ces blessures, c'étaient celles que Fili s'était faites lors de sa première vie, celle sur le flanc avait été récoltée lorsqu'il avait trente ans et qu'il avait participé à sa première bataille. Le brun n'attendit pas longtemps avant d'entendre un os se casser, sans surprise, faisant hurler Fili, et il se rappela du jour où son frère avait fait une chute avec son cheval après que l'animal ait été abattu d'une flèche, le plus vieux n'avait pas pu utiliser son bras pendant plusieurs mois dû aux multiples fractures qu'il avait y eu. Fili hurla à nouveau lorsque les os de son bras se soudèrent rapidement, reprenant cette petite malformation qui ne l'avait pas quitté depuis sa chute. Le blond lui sera rendu à l'identique, Kili souffrait seulement de devoir en passer par là et redoutait le moment où il verra l'immonde balafre se former sur son torse, signe que Fili ne sera jamais totalement en vie, ni vraiment mort.
Mais malgré tout, Kili ne cédait pas au désespoir parce que la peau de son frère prenait de plus en plus de couleur, son corps était de plus en plus chaud et ses cris, même s'ils portaient cette douleur intenable qui faisait frémir Kili, étaient de plus en plus discernable à l'oreille, et non plus à l'âme.
Un nouveau craquement se fit entendre et le brun se mordit la joue en fermant les yeux, cherchant à juguler les larmes de douleur. Il ne savait pas dans quel état il retrouverait sa main, mais il n'allait sûrement plus pouvoir l'utiliser avant un bon moment.
L'air frémit et Kili se doutait que, de l'autre côté, sur un autre plan, Thorin tenait aussi la main de Fili qu'il accompagnait dans son retour à la vie en lui murmurant des paroles réconfortantes teintées d'un adieu douloureux.
Kili posa ses yeux sur son frère lorsqu'il sentit, puissant, libre et fougueux, le cœur se mettre à battre irrégulièrement, à grands coups désordonnés, envoyant le sang reprendre ses droits.
Arwen, quant à elle, avait quitté la pièce, estimant que ce qu'il s'y passait était bien trop intime pour qu'une inconnue comme elle puisse y assister, déjà que les elfes étaient très pudique face à la mort, alors pour ce qui concernait une résurrection...
Elle tira son épée lorsqu'elle entendit un bruit qui lui glaça les entrailles. Sortant de l'habitation, elle se trouva nez à nez avec un warg qu'elle mit à mort d'un mouvement fluide, ne lui laissant aucune chance. Mais dans son cri d'agonie, l'animal appela ses alliés, qui vinrent encercler la femme elfe. L'étoile du soir se dressa, prête à protéger les deux jeunes nains qui accueillaient la vie au milieu d'une bataille en phase d'atteindre son apogée.
