Eclipse1995: Quand le corset est déjà serré au max, ben c'est qu'il est vraiment trop grand xD

Orellia: On reste calme et on tape pas sur Rufus tant que c'est pas fini !

Cracotte16: Merci pour tes reviews :D

Chapitre 7 : Soirée mondaine

- Oh, ma belle Elena, accompagne moi donc, je te veux ce soir ! Tu es si belle et charmante, ne me le refuse pas. De toute façon, c'est un ordre, ce que je suis drôle ! Mais tout de suite votre honneur, je cours vous rejoindre, et pourrai-je cirer vos chaussures s'il vous plaît ? Et puis, pourquoi pas vous faire une pipe, tant qu'on y est !

Essoufflée par mon monologue plus grogné que marmonné, je finis par laisser mes épaules mollement s'affaisser, avant de jouer avec ma coupe de champagne à moitié pleine. Dont j'ignorais totalement le numéro, vu le nombre assez impressionnant que j'avais déjà vidé en me tortillant de manière ridicule pour imiter au mieux mon patron depuis mon coin de pièce, sourcils froncés ou haussés selon le moment et l'humeur. Humeur plus que noire, pour ne pas dire massacrante. J'avais presque envie de me changer en terroriste rien que pour allumer copieusement cette assemblée de tocards pompeux à l'air constamment constipé. M'imaginer courir en combinaison noire comme une dégénérée dans toute l'immense pièce de la réception m'aurait presque fait rire.

Presque. D'un trait, j'avalai ma coupe de champagne sans même la savourer. Je commençais à en connaître le goût, vu le temps interminable depuis lequel je poirotais comme une idiote, à tenir compagnie à un rideau, dans ma si sublime robe rouge. Robe dont le corset me nouait les côtes, m'obligeant à me tenir droite en toute circonstance. Et tout cela à cause d'un enfoiré qui m'avait traîné ici de force, sur un simple ordre, parce qu'il craignait pour son intégrité physique. Et honnêtement, je ne savais pas ce qui était actuellement le pire. Que je me sois faite roulée par ce gosse de riche sans respect, ou que je sois contrainte de le regarder se pavaner au milieu d'une foule de femmes que j'avais envie d'égorger, sans pouvoir le quitter des yeux parce que j'étais payée pour assurer sa surveillance. Et j'en avais plus que marre. Je pense que si un quelconque agresseur s'était manifesté pour agresser sa majesté, je l'aurais embrassé avant de lui coller une balle dans le crâne.

- Elena, tu ne devrais pas boire autant.

Reno venait de débouler à mes côtés, les mains dans les poches. Son costar pour une fois impeccablement ajusté, pas une seule goutte d'alcool dans les veines, il me regardait en souriant à moitié.

- A quoi bon me retenir, grommelai-je en attrapant au passage une énième coupe sur le plateau d'un serveur.

- Parce que tu es censée être la garde rapprochée du patron, soupira Reno en me voyant siroter mon champagne, les yeux dans le vague.

Captivée par les bulles fines de ma boisson, je mis à un moment avant de relever vers lui mes yeux désabusés.

- Non mai laisse moi rire, Reno, finis-je par râler. Je sers à rien ici, faut se rendre à l'évidence ! Je sais même pas pourquoi il m'a traîné dans sa foutue soirée, alors que vous assuré parfaitement sa sécurité. Je fais potiche en talons aiguilles, et je vois pas ce que ça apporte à ma carrière.

Sur ce, je repris mes imitations stupides de mon patron, mimant à plusieurs reprises ses demandes grotesques et implorantes pour que telle ou telle greluche peinturlurée lui accorde une danse. En plus, elles étaient toutes plus ridicules les unes que les autres, et il me sembla même que mon enflure de patron jouait à trouver la plus hideuse pour la faire valser, son petit sourire en coin ne trompant pas ses moqueries. Mais ça, il n'y avait que moi pour m'en rendre compte. Il jouait bien son petit jeu, même si cela me dérangeait de le voir plus séducteur que jamais, rigolant de manière si charmeuse que j'en rougissais plusieurs mètres plus loin. Le plus gênant devait être les sourires complices qu'il s'autorisait à me dédier, de temps à autre, alors qu'il se retenait de rire de la maladresse d'une quelconque femme gloussant comme une poule écervelée. C'était peut être le seul moment où je me sentais un peu moins inutile.

Parce que monsieur se débrouillait tellement bien sans mes services que j'avais eu plus d'une fois envie de me jeter par la fenêtre pour rentrer chez moi, retrouver mon jack daniel et mon lit. Mais comme il était un patron doublé d'un salaud, c'était un plaisir qu'il me refusait, préférant de loin que je serve de plantes vertes au milieu du gratin de la ville.

Et le pire du pire, s'il y avait pire, c'était qu'il était beau. Si beau dans son parfait costume blanc et gris, les cheveux plaqués en arrière, si ce n'est quelques mèches rebelles devant ses longs yeux effilés de félin, ses longs doigts jouant contre les hanches de ses cavalières. J'en crevais d'envie, de ses si belles mains contre mon corps, à un tel point que je ne parvenais plus à me convaincre du contraire. J'en ressentais le désir jusque dans le creux de mon ventre, et je maudissais mes instincts primaires de me jouer un tel coup. Je commençais à croire Reno, quand je ne pouvais m'empêcher de suivre cet enflure du regard, et quand mon poing se serrait alors qu'il touchait d'un peu trop près une minette à longs cheveux.

Je manquais de briser ma coupe de champagne en resserrant mes doigts autour. Parfois, je me haïssais. De plus en plus souvent, d'ailleurs. Coupe de champagne à nouveau remplie, soit dit en passant. Je ne savais même plus comment elle m'était atterrie entre les mains, celle là. A croire que la tête commençait à sincèrement me tourner.

- Arrête de le regarder comme si t'allais le bouffer, finit par me chambrer Reno en me bousculant gentiment. Je sais que t'en meurs d'envie, mais en public, évite.

- Mais enfin, je...Tu m'énerves !

Ce fut tout ce que je parvins à articuler, alors que Reno se tournait déjà vers le rideau pour exploser de rire. Avant de me coller une énorme claque dans le dos, chose qui manqua de me faire recracher ma gorgée de champagne.

- Allez, garde du corps inutile, profite un peu, me dit il en me saisissant par les épaules, me faisant tanguer de tous les côtés. T'es à une putain de soirée de riches, avec du champagne à volonté, le mec avec qui tu meurs d'envie de coucher. Alors, fais moi plaisir, lâche toi, prends toi une cuite de riche, couche avec un riche, danse dans ta robe de riche. De toute façon, tout le monde s'en fout, alors éclate toi !

Reno continua de me secouer comme un prunier pendant quelques secondes avant de me lâcher d'un seul coup pour courir draguer je ne sais qui. Cette soirée voyait notre réputation de gardes et d'agents secrets émérites chuter en flèche. Finalement, ce n'était pas plus mal qu'il ne se passe rien de grave.

Revenant peu à peu sur ce que m'avait dit Reno, je trempais mes lèvres dans ma coupe, laissant l'alcool imbiber mon palais. Il fallait bien que je reconnaisse que la dernière fois que j'avais couché avec quelqu'un remontait à loin. L'effet que me faisait mon patron n'en était que plus grand. Mais avec mon travail, il n'était pas vraiment évident de passer des nuits endiablées et de gérer des dossiers ou des missions, à moins de ne rien foutre dans sa vie professionnelle et s'appeler Reno. Non, décidément, je ne voulais pas m'abaisser à ça, et servir pendant une soirée de repas à un parfait inconnu. Mon patron, au moins, n'était pas un parfait inconnu, mais un parfait enfoiré. Je ne sus pas trop dire ce qui était le mieux, mais l'idée de finir ma nuit avec me fit une fois de plus trembler d'excitation.

- Alors, ma belle Elena, la soirée te plaît ?

L'intégralité de mes muscles se crispèrent alors que je me retournais brutalement, mes cheveux presque dressés sur mon crâne. Adieu belle coiffure de gala.

Rufus, une coupe de champagne dans une main, l'autre fourrée dans sa poche, la tête légèrement penchée sur le côté, un sourire en coin terriblement sexy et provocateur sur les lèvres, me dévisageait sans que je ne puisse rien faire.

- Pour tout vous avouer, je ne me suis jamais sentie aussi inutile de toute ma vie, finis-je par rétorquer en bombant le torse pour reprendre contenance.

Mon patron haussa un sourcil en retenant un rire, avant de faire un pas de plus vers moi, jouant avec sa coupe.

- Tu m'en vois navrée, murmura-t-il en se penchant à mon oreille.

La courbe parfaite de ses lèvres presque venimeuse m'électrisa. Prenant mon courage à deux mains, deux pieds, et tout ce qu'on veut, je reculai autant que lui avait avancé afin de lui faire véritablement face, bien que je sois obligée de lever la tête.

- Je crois me souvenir que je vous étais indispensable en tant que garde rapprochée, attaquai-je en croisant les bras sur ma poitrine.

- En fait, je visais plus le terme rapprochée que garde, contra Rufus en souriant, innocent.

Je me crus capable de lui en coller une alors que mes muscles se tendaient. Je ne savais pas comment il faisait pour être à la fois aussi énervant et séduisant. C'était un véritable cocktail explosif, et j'avais la désagréable impression d'en être la principale allumette, autant que la victime.

- Il y a juste un facteur que vous avez oublié dans votre brillante équation, grognai-je. Je ne suis pas comme toutes ces femmes en talon. Je suis une tueuse et un soldat, pas une putain de bar.

- Je te l'accorde, mais si un lit et un ensemble de lingerie fine pouvait en être la résultante, tu m'en verrais plus heureux encore, souffla Rufus en prenant soin d'articuler le moindre de ses mots.

Je sentis un frisson me parcourir l'échine, alors que je lui retournai le regard le plus noir que j'étais capable de me donner.

- Enfin bon, ne nous fâchons pas maintenant, ce serait dommage, finit par lancer Rufus en souriant divinement. Danserai-tu ?

Je levai les yeux au ciel, presque outrée. Je n'aimais pas du tout la manière dont il s'était adressé à moi, et comme à chaque fois, il balayait l'incident sans se soucier de ce que sa victime pouvait penser. Moi en l'occurrence.

- Ah, parce que nous étions en bon terme ?éludai-je sans même répondre à sa proposition, les bras toujours croisés.

Le sourire charmeur de mon patron se fit plus amusé, et il saisit brusquement ma coupe de champagne pour la poser sur le plateau d'un serveur qui passait par là, sans même accorder un regard au pauvre homme. Lui déposant ensuite la sienne, il me saisit le bras sans que je ne puisse rien faire, avant de me tirer vers le centre de la pièce. Trébuchant à deux reprises, je manquai de lui tomber dessus lorsqu'il se retourna pour m'attraper une main et poser la sienne sur ma hanche.

Je me sentis rougir alors que le souffle de mon patron se répandait le long de mon coup dénudé. Il sentait un peu l'alcool, certainement autant que moi. L'idée que lui aussi s'ennuyait au point qu'il doive boire pour passer le temps m'effleura l'esprit. Pourtant, je le sentis parfaitement détendu lorsqu'il commença à doucement me faire bouger. Chose qui, au contraire, me tendit à l'extrême.

- Je ne danse pas, chuchotai-je simplement en baissant les yeux.

Je n'avais jamais su danser. Tseng et Reno avaient bien tenté de m'apprendre, un jour, mais l'idée s'était vite révélée infructueuse. Je n'étais pas douée pour cela, comme je m'en étais doutée. Je n'étais en réalité douée que pour mon travail, les missions, les courses poursuites, les tueries. Et j'excellais dans ce domaine. Mais pas dans les domaines de prédilection des femmes.

- C'est un ordre Elena, murmura mon patron contre mon oreille.

Chacun de ses mots glissèrent contre ma peau, me faisant de plus en plus trembler. Pour la première fois de ma vie peut être, je ne voulais pas lui faire de mal. En effet, si l'on m'avait dit un jour que j'aurais l'occasion de lui marcher sur le pied, sur le pied de cet homme si détestable, j'aurais hurlé de joie avant de me ruer vers cette si belle opportunité. Mais là, même si je l'avais, je ne voulais pas le faire. Au contraire, je le craignais à un tel point que j'osais à peine bouger, me contentant de le suivre. Et ma tête pleine de champagne commençait sérieusement à me jouer des tours. J'agissais bien plus vite que je ne pensais, et je m'inquiétais de ce que le reste de la soirée allait pouvoir me faire sans que je ne puisse protester.

- Finalement, tu ne faillis pas tant que ça à ta mission, me glissa Rufus.

Je relevai comme je le pus des yeux interrogateur vers lui. Il me regardait avec un tel air de prédateur qu'une sueur froide coula le long de mon dos pourtant brûlant.

- Je ne vois pas en quoi vous servir de cavalière rentre dans mon contrat, répliquai-je.

- Peut être, mais tu ne pourrais pas être une garde rapprochée plus convaincante, chuchota-t-il en resserrant d'avantage la prise qu'il avait sur ma hanche.

Mon cœur s'accéléra dans ma poitrine, manquant de me faire tomber en s'alliant aux vertiges du champagne. De la multitude de coupes que j'avais vidé sans rien manger.

- Vous êtes détestable, lâchai-je alors sans même m'en rendre compte.

Chose que mon esprit regretta aussitôt, alors que mon corps se délectait de la prise ferme que mon patron avait sur lui.

- Puis-je savoir en quoi ?éluda mon patron alors que mon sang ne faisait qu'un tour dans ma tête si lourde.

Il me fallut à peine une seconde pour rassembler suffisamment d'éléments justifiant mon attaque pour remplir une encyclopédie entière de douze volumes. Et mon esprit n'eut pas le temps de fermer mes lèvres à ce flot que je ne me gênais pas de cracher.

- Vous êtes un homme de la pire espèce avec les femmes, lui dis-je en plantant mon regard dans le sien.

- Je ne suis pas tout à fait d'accord, contra Rufus en souriant plus sérieusement. Certes, j'aime bien me jouer d'elle ou jouer avec elle contre mon bureau, comme tu l'as si bien dit une fois, mais c'est tout simplement parce que je ne les aime pas.

Je levai les yeux au ciel avant de lâcher un rire nerveux. Nous n'étions plus du tout en rythme avec la musique. Rufus sembla le remarquer, mais préféra monter sa main dans le bas de mon dos, jouant avec les rubans de mon corset.

- De toute façon, vous n'en respectez aucune, fis-je remarquer.

- Je te l'accorde, il y en a peu qui ont mon respect, concéda-t-il. Mais il y en a au moins une. Il n'y en a même qu'une en vérité.

Je me sentis chauffer à blanc lorsqu'il serra ma main qu'il tenait encore, comme pour s'assurer que je ne tomberai pas. Et dieu sait que mon corps en avait envie. Il mourait d'envie de tomber avec lui, par terre, contre ce parquet lissé. Mon esprit se faisait violence pour l'en retenir, trop embrumé pour véritablement être efficace à autre chose. Je ne réfléchissais même plus aux conséquences de ce que je faisais.

- Alors, quels autres défauts me prête tu ?finis par demander Rufus en rejetant ses cheveux en arrière d'un air impérieux.

- Vous êtes fier, orgueilleux, imbu de votre personne, trop sûr de vous, et le plus énervant, c'est que cela ne vous a jamais fait défaut, m'agaçai-je.

Je sentis Rufus se détendre, à un tel point qu'il lâcha un rire, me traînant de plus en plus sans que je ne sache où il m'emmenait. Cependant, il me sembla reconnaître le balcon. Alors que le vent froid me mordait soudainement les bras, je me sentis violemment rabattue sur le côté, avant de grogner lorsque mon dos rencontra brutalement un mur. Deux mains s'abattirent de chaque côté de mon visage, avant que celui de Rufus ne frôle dangereusement le mien, à un tel point que je tentais de me fondre dans le mur dans un dernier élan de lucidité.

- Mais encore, souffla-t-il, faisant voler mes cheveux de son souffle chaud.

Je dus me concentrer de toute mes forces pour parvenir à répondre quoi que ce soit sans suffoquer.

- Vous êtes l'homme le plus haïssable que je connaisse, murmurai-je, à peine audible, le cœur battant, les joues rougissantes.

Je pense que je me serais pendue si j'avais été totale maîtresse de mes actes. Mais je devais me rendre à l'évidence. J'avais bien trop bu pour me maîtriser, aussi je ne répondais plus qu'à mes instincts les plus primaires. Alors le tirer presque violemment contre moi quant il s'approcha trop lentement de mon visage me parut évident. Si elle en avait encore été apte, ma conscience m'aurait très certainement fusillée, et donnée à bouffer aux expériences des sous sols de la Shinra.

Embrasser cet homme que je me jurais de haïr me fit un bien fou, bien qu'il ne soit pas réellement tendre. Je pus me rendre compte au goût fort de ses lèvres avides que lui aussi avait bu. Sans doute trop.