Nerdanel lui avait donné deux choses à faire, à accomplir un soir : aller voir chacun de ses enfants pour leur souhaiter une bonne nuit et parler avec Maedhros.

Il était passé voir chacun de ses fils dans leur chambre, même les plus jeunes qui étaient presque majeurs et vaccinés, et en avait surpris plus d'un mais tous avaient apprécié grandement cette attention de sa part. C'est ainsi qu'il se rendit compte que ces fils avaient soif de son amour et de sa reconnaissance.

Belle, douce et intelligente Nerdanel le savait et l'aidait ainsi à montrer à ses enfants qu'il les aimait. Même s'il n'arrivait pas encore à le leur dire de vive voix.

Maintenant, il restait Maedhros, ne pas lui souhaiter une bonne nuit mais parler avec lui. Il hésita à la porte de son aîné puis toqua. Il entra lorsque son fils lui en donna l'autorisation.

Maedhros le regarda avec étonnement, les sourcils très haut. Fëanor s'arrêta dans l'encadrement de la porte, regardant son très grand enfant replié sous les couvertures et assis contre la tête de son lit pour lire un épais volume.

- Viens avec moi, Nelyo, demanda Fëanor en faisant un geste vers le couloir.

- Atar, il est un peu tard pour aller à la forge. Je ne suis même pas habillé et-

- S'il-te-plait, Maitimo.

Maedhros capitula et suivi son père sans avoir le temps de s'habiller, prenant seulement sa robe de chambre au passage. Pour que son père l'appel par son nom maternel, c'est qu'il avait vraiment besoin de Maedhros tout de suite, maintenant et pas question d'attendre qu'il soit habillé correctement.

Il fut d'autant plus étonné qu'ils n'allèrent pas dans la forge mais dans l'étude de son père.

- Viens, assieds-toi là, je reviens dans un instant, dit Fëanor en déplaçant tout son désordre d'un canapé, dont son fils ignorait jusque là l'existence, sur son bureau déjà surchargé avant de disparaître dans le couloir.

Maedhros s'assit, ne sachant pas ce qui était attendu de lui. Il fronça les sourcils, intrigué. Si Fëanor l'avait fait venir dans son bureau pour parler, c'est qu'il ne voulait pas que ses frères puissent entendre quoi que ce soit. Bien sûr, il ne savait pas ce que son père avait dit à ses frères mais il avait pu entendre quelques éclats de joies et son père passer dans les chambres. Qu'est-ce qu'il voulait lui dire qui requière tant de discrétion ?

Fëanor revint avec un plateau sur lequel reposait une théière embaumant le chocolat et deux tasses disparates, sans doute prises sans regarder de quel service elles pouvaient provenir. D'ailleurs, Fëanor ne se souciait pas qu'elles soient de services différents. Il leur versa la boisson chaude et déposa les gobelets sur la table devant eux, dégagent un peu de place pour les tasses. Il posa le plateau et la théière par terre à côté.

Il prit place à côté de son fils, le corps tourné vers lui. Maedhros regarda son père, attendant qu'il entame des explications sur une idée ou une autre comme il en avait l'habitude.

- Ta mère m'a conseillé de parler avec toi de... ta situation amoureuse, hésita Fëanor en le regardant.

Heureusement, que le chocolat était trop chaud pour être bu, sinon Maedhros était convaincu qu'il se serait étouffé sur l'instant.

- Tout va très bien, Atar. Vraiment, je ne pense pas qu'il faille parler de quoi que ce soit qui ait rapport-

- Maitimo, ta mère veut que je parle d'histoire de cœur avec toi et je veux aussi en parler avec toi. Elle m'a dit que tu étais déjà engagé. Commence par me dire avec qui ? proposa cavalièrement mais gentiment Fëanor.

Maedhros sembla se dégonfler. L'usage de son prénom favoris par son père avait plus de pouvoir sur lui que ce que ce dernier semblait s'en rendre compte.

- Je ne sais pas si tu as envie de le savoir, Atar, hésita Maedhros.

Fëanor serra brièvement le genou de son fils en signe d'encouragement. Il ne comprenait pas pourquoi son aîné en faisant un tel secret. Il s'empara de sa tasse en signe que la conversation ne le bouleverserait pas au delà de l'irraisonnable.

- J'aime Findekáno.

Fëanor se figea, sa tasse presque à ses lèvres. Ça, c'était inattendu.

- Et il m'aime.

Fëanor reposa soigneusement sa tasse pour observer son fils. Maedhros faisant de même, regardant son père, refusait rien que par son regard à suivre tout ce que Fëanor pourrait dire contre sa relation ou Fingon en général.

- C'est... inattendu, hésita Fëanor, mais si c'est la personne qui te rend heureux, je ne me m'opposerais pas à votre union. Seulement...

Maedhros fut extrêmement étonné que son père ne soit pas contre sa relation avec son demi-cousin, encore moins un homme. Mais l'hésitation de son père qui ne finit pas sa phrase le tendit. Il n'avait jamais entendu Fëanor hésiter aussi souvent dans une conversation que ce soir.

- Oh, mon grand bébé, se lamenta Fëanor en prenant son fils dans ses bras. Les valar ne sont pas doux envers ceux qu'ils considèrent comme déviant. S'ils vous voient être tendre publiquement, ils peuvent décider de vous châtier pour ce qu'ils considèrent comme être anormal ou vous laisser le choix que l'un de vous ne devienne du sexe opposé pour que votre amour soit accepté, expliqua Fëanor. Je me fiche que tu aimes un homme ou que Finno soit ton demi-cousin. Je me serais bien plus inquiété si tu m'avais dit aimer Aredhel ou Artanis, les enfants nés d'une union de parents consanguin n'ont jamais été épargné de pathologie physique ou mentale. Je pense que c'est pour cela que les valar son contre les couples de même sexe, l'impossibilité de procréer, mais qu'ils tolèrent les couples qui ont des enfants consanguin, peu importe les souffrance médicale de l'enfant.

Maedhros resta figé dans les bras de son père durant son monologue. Devait-il rendre l'étreinte ? Quand Fëanor se tut et le serra plus fort, il comprit qu'il n'était qu'inquiet pour lui. Il l'enlaça à son tour.

- Tu te fiches vraiment de savoir que Finno soit un homme ? Ou le fils d'Oncle Ñolofinwë ? demanda Maedhros en s'écartant.

- Je ne vais pas dire que je sois ravi que tu aimes l'un des enfants de l'autre demi-vanya. Cependant, s'il est la personne que tu veux, celui qui te fait sourire et te rend heureux, alors je ferais avec. De plus, Findekáno est une personne agréable, intelligente et avec de la conversation qui ne soit pas vide de sens et pleine d'aire. Bois ton chocolat, il va finir par être froid.

Maedhros profita encore un peu de la présence de son père. Échangeant avec lui quelques anecdotes romantiques. Il fut surpris d'apprendre que son père s'était fait remarquer par sa mère, non pas pour son talent à la forge de Mathan, mais pour sa capacité à brûler constamment ses cheveux au début de son apprentissage. Apparemment, il ressemblait les premiers mois à une sorte de mouton carbonisé.


Hello !
Ce texte est dans la continuité du précédent, une première dans Apsenossë. ^^ J'avais en tête une ébauche de discussion entre Fëanor et Maedhros, dans la première version du scénario -que j'ai oublié puisque je ne l'ais pas noté-, Fëanor finissait comme une épave émotionnelle. Ici, ce n'est pas le cas et en fait, le dialogue entre les deux s'est presque écrit tout seul. Bizarrement, il n'y a pas de pots cassés et personne ne pleure. Je pense que c'est pas mal ! ^^ Après, il est possible que vous puissiez crier à l'OOC mais j'aime ces elfes comme ça, gentil, ouvert, soucieux. Peut être cliché.

Je m'excuse des faute qui se promènent très certainement encore.

N'hésitez pas à me laisser une petite review, ça fait toujours plaisir et je serais ravie de vous répondre ! (Vous verrez, je peux être très bavarde si on me donne de la matière à discuter.)

Merci à UnePasseMiroir pour sa review !