Titre : T.H.E.M.I.S.

Auteur: Suzan

Note : Les personnages, les lieux et autres appartiennent tous à la grande prêtresse, j'ai nommé JK. Rowling - sauf mention contraire.

Avertissement : Ce texte mets en évidence des relations entre adultes, considérez-vous comme prévenus. Il y aura possiblement des morts (pas atroces) et des mentions de tortures (on est dans une fiction d'espionnage).

Résumé : UA / En 1972, la Confédération Internationale des Mages et Sorciers crée un groupe d'espions et de chercheurs d'élite afin de combler les lacunes de la Communauté Magique sur le Monde Moldu. Lorsque le Dr Charles Granger disparaît tandis qu'un certain activiste du nom de Jedusor tente un coup d'état en Angleterre, deux agents sont envoyés. Leurs noms ? Potter et Malefoy.

NDA : Salut à tous et bienvenue dans ce huitième chapitre ! (Merlin déjà !) La publication de ce chapitre a été légèrement décalée pour cause de panne d'ordinateur... Ceux qui suivent mes autres fictions le savent, mon cher portable a décidé de faire une crise cardiaque en début de semaine. Pour le moment cela ne m'empêche pas totalement de publier et si jamais, vous serez prévenus bien entendu. Bonne lecture à tous !

Petit précision : Je sais que normalement le Manoir Gaunt devrait se trouver dans le Yorkshire puisque Little Hangleton s'y trouve mais j'ai pensé que Voldemort aurait voulu renier cette partie de sa vie et donc a installé son manoir et quartier général dans le Sussex. Voilà. Cela ne changera pas grand chose à votre lecture mais au moins vous savez pourquoi nous changeons de région =°)


Chapitre 8 - Révélations


Impasse San Remo, Locarno,
14 octobre 2010

Drago apparut dans une ruelle derrière l'Hôtel San Remo, le poids d'Harry pesant contre son flanc gauche. Le redressant il le laissa glisser doucement au sol pour se reposer. La séance de torture puis de récolte d'informations avait durement éprouvé les ressources magiques de son coéquipier. Il lui faudrait quelques heures pour récupérer, peut être un peu moins avec les potions qu'il lui avait fait boire.

Le sorcier blond sortit un téléphone portable jetable qu'il avait trouvé dans le refuge. Il ne pouvait pas y emmener Potter car il grillerait la planque pour d'autres agents français. Il composa rapidement un numéro et attendit qu'il sonne.

- Parkinson, aboya sa supérieure dans la combiné.

Drago eut envie de soupirer et se retint. La Sous Directrice détestait par dessus tout se servir de la technologie moldue. Elle n'y comprenait pas grand chose et se plaignait sans cesse - avec une mauvaise foi grandissante - que cela fonctionnait une fois sur deux.

- Malefoy à l'appareil. Notre couverture est grillée, Granger nous a vendu. Potter est en mauvais état. Demande d'extraction immédiate.

Le silence lui répondit. Il finit par entendre dans le fond un bruit d'agitation. Il patienta quelques minutes supplémentaires avant que Parkinson ne réponde sur un ton rogue :

- Allez au bar Lugano. Attendez devant la cheminée. Un agent est en route.

La tonalité de fin d'appel retentit. Drago soupira. Harry lui lança un regard interrogateur.

- On doit aller dans un bar, on vient nous chercher. Allez, Potter.

Le sorcier brun se redressa et prit quelques inspirations calmant les tremblements de son corps pour suivre Drago. Sa démarche était presque la bonne. Ils transplanèrent devant le point de repli et pénétrèrent dans le bar. Un homme apparut dans la seconde cheminée et les agents eurent un mouvement de recul.

Face à eux se tenait Severus Prince.


Refuge n°102 des S.B., Vienne, Autriche
14 octobre 2010

L'appartement dans lequel ils atterrirent était aussi lugubre que le cachot de torture du Manoir Lestrange, si c'était possible. Au moins n'y avait-il pas une chaise et des instruments inquiétants mais bien une table et quatre sièges. Baguette tirée, Drago aida Harry à s'asseoir tandis que Severus Prince lançait un sort pour qu'une tasse de thé apparaisse devant eux.

Le téléphone du blond sonna tandis que la cheminée du logement prit une délicate couleur verte. Drago décrocha alors que Mr Prince, encore Mangemort une heure plus tôt, allait tranquillement répondre à son appel par Cheminette.

- Malefoy, ici Parkinson.

La voix de sa supérieure était toujours aussi désagréable, surtout après une pareille journée.

- Ecoutez attentivement. L'agent Rogue des services britanniques doit se trouver avec vous dans une planque sécurisée. Il va vous briefer sur la suite de la mission, vous serez sous ses ordres.

Le visage de Drago se tordit dans une grimace. Il détestait avoir un supérieur, alors deux…

- C'est leur mage noir, cracha Parkinson sur un ton entre l'agacement suprême et l'ironie totale. Vous allez en Angleterre. L'objectif reste le même : extraire Granger de là et le ramener sur le sol français. Prenez toutes ses recherches. Vous avez carte blanche.

Le jeune sorcier hocha la tête, comme si la Sous Directrice était face à lui.

- J'ai du négocier pour que vous restiez sur cette mission avec pas moins de huit imbéciles finis. Ne faites pas tout foirer.

La tonalité indiqua à l'agent français qu'elle avait raccroché. En jetant un œil aux alentours, il vit Potter à genoux devant la cheminée et… Rogue tranquillement assis à la table, sirotant sa tasse de thé. La situation commençait doucement mais surement à l'agacer. L'américain se releva le visage fermé et l'expression douloureuse.

- Buvez ça, Harold, ordonna Severus en désignant trois fioles de potions.

L'agent le considéra avec la plus extrême méfiance. Il s'avança pour s'affaler sur l'une des chaises tandis que Drago prenait place sur la troisième, plus élégamment.

- Donc vous êtes un espion et un Mangemort, pointa Potter fort inutilement.

Le manque de subtilité de l'agent américain n'était plus à démontrer mais dans ce cas précis, Drago le remercia de ne pas être celui qui enfonçait les portes ouvertes.

- En effet, confirma l'agent britannique.

- Et… je dois boire vos potions ? S'enquit Harry d'un ton quelque peu halluciné.

- Vous êtes un tantinet spécial pour un auror surentrainé, Harold, émit précautionneusement Severus. Cela vous arrive-t-il souvent de remettre en cause l'autorité de vos supérieurs ou êtes-vous simple d'esprit ?

Un silence s'installa entre les trois hommes, jusqu'à ce qu'après un soupir de pur fatigue, Severus Rogue prononce en articulant exagérément.

- Ce sont des potions pour aider votre état, vous ne pouvez pas combattre ainsi. Potion contre la Douleur, potion de Vitalité et potion pour la Reconstruction des Nerfs, indiqua-t-il en en pointant successivement une fiole.

Harry sentit chacune des mixtures avant de les boire avec une franche grimace de dégoût.

- Donc en plus d'être un espion, un Mangemort et mon supérieur hiérarchique pour la fin de cette mission, vous êtes également Maître des potions.

- Vous étiez plus vif lorsque vous étiez bébé, Harold, cingla la voix de Severus en buvant une lampée de thé.

Drago trouvait tout à fait divertissante cette joute verbale mais il aurait aimé comprendre ce qu'il se passait exactement ici. Aussi, prit-il la parole.

- Et si au lieu de vous foutre de la gueule de Potter, vous nous expliquiez ?

- Bien, passons aux choses sérieuses. A l'heure où nous parlons, Charles Granger et un otage encore non identifié sont enfermés au Manoir Gaunt, dans le Sussex. Nous savons que le Seigneur des Ténèbres sera en Ecosse jusqu'à ce soir où il rentera à son quartier général. Ce qui nous laisse à peu près six heures pour aller en Angleterre, vous introduire dans le Manoir, récupérer le docteur, l'otage et mon agent infiltré.

- Un agent infiltré ? Répéta plus fort Potter.

L'illumination parvint au cerveau de Drago. Oh, Merlin. Il fixa le visage de Rogue, soutenant son regard noir.

- Je commence à flairer l'ironie de cette situation, émit-il d'un ton circonspect.

Cette simple phrase sembla provoquer la même illumination chez l'autre agent.

- La Fraülein travaille pour vous ? Questionna rageusement Potter.

- Vous êtes extrêmement lents à la détente, nota Severus en resservant chacun d'un coup de baguette. Hermione Granger était la fille de notre principal indice sur les plans de Tom Jedusor. Lorsque nous avons compris que son père avait disparu il y a un peu plus de six mois, nous sommes allés la voir. Je sais combien Voldemort apprécie de pouvoir manipuler et torturer ses otages avec leurs proches. Nous l'avons donc formée et laissée là où il pouvait l'atteindre…

- Attendez, elle nous a dénoncé… Se récria Harry nerveusement.

Drago se pinça l'arête du nez sous les récriminations de son collègue. Evidemment qu'elle avait lâché l'information, il l'aurait lui-même fait s'il avait été dans sa situation.

- Sur mon ordre, uniquement. Il lui fallait quelque chose pour que Bellatrix Lestrange lui fasse confiance. De plus, je vous remercie au passage d'avoir presque fait échouer un plan que nous avions préparé pendant près d'un an.

- Ce n'est pas de notre faute si vos services ne communiquent pas, nous ne sommes que des exécutants… Vous semblez être bien plus.

La remarque de Drago eut le mérite d'établir le silence dans l'appartement. Harry se massa les tempes.

- Donc en résumé, vous nous demandez d'aller repêcher Hermione qui nous a vendu sur votre ordre mais comme maintenant vous l'avez perdue, vous vous servez des deux chiens fous pour la sortir de là.

- C'est une synthèse médiocre, dirais-je, mais vous avez compris l'essentiel, Harold, reprit Severus sur un ton docte qui n'aurait pas déparé dans la bouche d'un professeur particulièrement grincheux.

- Arrêtez de m'appeler Harold, je m'appelle Harry et puis pourquoi vous m'appelez par mon prénom ? S'insurgea Potter avec quelques minutes de retard.

Drago eut la satisfaction brève de voir son homologue à cours de mots lorsque Severus répondit :

- Votre mère vous a nommé Harold, c'était une femme extraordinaire et j'ose le dire, une amie. Je ne déformerai pas votre prénom avec un ridicule diminutif. Habituez-vous.


Manoir Gaunt, Sussex,
14 octobre 2010

Hermione était occupée à dresser des barrières d'Occlumencie redoutables pour éviter de penser à ce qui l'avait amené ici. Une partie d'elle s'en voulait terriblement d'avoir dénoncé deux agents et espérait qu'ils aillent bien. L'autre, la plus rationnelle et la plus entrainée, s'exhortait à laisser ça de côté pour le moment et à se concentrer sur l'instant présent. Après le déjeuner, si elle pouvait l'appeler comme ça, Bellatrix était arrivée dans un état proche de l'extase au Manoir. Elle avait un invité dans les cachots et Hermione s'était retenue de frissonner en croisant son regard sadique.

Apprenant ce qu'il s'était passé dans les moindres détails, Mrs Lestrange avait trouvé judicieux d'introduire Hermione au Manoir Gaunt afin de motiver le Dr Granger à aller un peu plus vite. Tout suivait le plan de Severus jusque-là. Elle était arrivée par l'âtre de la cheminée et on l'avait fouillé puis installée dans une pièce fermée à clé. Son micro-émetteur avait été détruit, le bracelet qui lui servait à communiquer avec son supérieur également. Seule sa bague avait réchappé à l'inspection car elle ne semblait rien contenir de magique. Hermione, quant à elle, était persuadée que l'agent français y avait appliqué un sort d'Ecoute qui s'était dissout avec le temps. Un micro ou un émetteur y était peut être caché et c'était certainement sa seule chance pour qu'on vienne la secourir s'il était parvenu à s'enfuir à temps.

Le cerveau d'Hermione s'emballait. Elle respira profondément. Elle ne pouvait compter que sur ses propres capacités. C'était sa première mission mais elle n'était pas sans ressources. Il fallait juste qu'elle respire et se concentre. Assise sur un fauteuil empire, elle attendit que quelqu'un se décide à venir la chercher. Comme si ses souhaits étaient directement exaucés, une porte claqua faisant apparaître Mrs Lestrange, un sourire carnassier aux lèvres.

- Miss Granger si vous voulez bien me suivre, nous allons vous mener au laboratoire de votre père.

Hermione refoula une bonne partie de ses attitudes habituelles, se levant plutôt calmement pour suivre cette femme qui la terrifiait profondément. A ses côtés, le second frère de son mari, Rabastan, la suivait comme son ombre. Elle savait que ce dernier était profondément amoureux et admiratif de la femme de son frère. Celle-ci le traitait comme un domestique et il ne s'en plaignait pas. Rodulplus en tant qu'aîné avait du épouser la première née des sœurs Black mais ce mariage était une pure convenance. Hermione inspira le plus silencieusement possible.

Severus lui avait assez répété qu'il fallait que se soit elle mais elle jurait ses grands dieux qu'elle ne referait plus jamais un truc aussi dingue. Elle essaya de retenir le chemin mais le dédale de couloirs lui semblait interminable. Elle détermina qu'ils se situaient sous le sol lorsqu'ils parvinrent après plusieurs escaliers à une porte close qui n'aurait pas déparé dans une prison de haute sécurité. Rabastan réalisa un informulé d'un geste compliqué de la baguette et la porte s'ouvrit.

Sur un signe de Bellatrix, Hermione entra, suivie des deux Mangemorts. Elle se fit violence pour ne pas réagir. Son père était au milieu de la pièce, installé devant des paillasses dans ce qui semblait être un laboratoire de potions et de chimie extrêmement pointu. Vêtu de son inaltérable blouse blanche, il semblait en assez bonne santé quoique cerné et amaigri.

- Granger… Le salua Bellatrix avec une voix légèrement trop aigue. Nous vous avons amené un cadeau…

Le chuchotement sembla pénétrer le cerveau de son père et Hermione se força à rester silencieuse.

- Votre fille est là pour vous aider et bien sûr, vous motivez à trouver la solution au problème qui nous préoccupe...

Son père hocha la tête, solennel.

- Bien je vous laisse discuter.

La porte claqua et Charles se précipita sur sa fille, l'enfermant dans ses bras pendant de longues minutes. Hermione profita sans honte de cette étreinte qui lui avait tant manqué.

- Que fais-tu… Commença le docteur en regardant sa fille, perdu.

Hermione le regarda dans les yeux et lui posa une question. Lui seul connaissait la véritable réponse.

- Comment maman est morte ?

Le choc se lut sur le visage de Charles Granger.

- Elle a été assassinée, répondit l'homme en murmurant. Elle savait bien trop de choses notamment sur les secrets des diagrammes protecteurs.

Hermione hocha la tête, certaine que l'homme en face d'elle était son père. Le polynectar n'aurait pas été à exclure et si elle y avait pensé, Bellatrix aussi. Elle avait peut être surestimer la compétence des Mangemorts à comprendre le fonctionnement réel et basique des recherches de son père. Elle se dressa sur la pointe des pieds et colla sa bouche contre l'oreille de son père.

- Je vais t'expliquer papa, chuchota-t-elle.

Elle lui confia que cette situation était voulue, qu'elle avait été formée, qu'elle était présente pour l'aider à sortir de cette prison et qu'elle était navrée de n'avoir pu agir plus tôt. Un doux sourire s'esquissa sur les lèvres de Charles Granger. Ils se séparèrent et Hermione posa la question cruciale :

- Qu'as-tu découvert ?


Une heure plus tard, Hermione était ébaubie, il n'y avait pas d'autres mots. Son père était un génie, rien de plus et rien de moins. Les soupçons des services secrets au sujet de ses travaux n'atteignaient pas le centième de ce qu'il avait véritablement trouvé. Après son enlèvement, et Hermione le devina une séance de torture visant à le rendre coopératif, le Lord Noir l'avait enfermé dans ce laboratoire avec douze cobayes issus de toutes les couches de la population anglaise : moldu, cracmol, né-moldu, sang-mêlé et même un sang pur.

Ils étaient à la fois ses assistants et ses sujets d'études. Il leur garantissait un traitement décent et ils lui permettaient d'avancer dans ses recherches et de garder tout le monde en vie. La situation n'était pas parfaite mais il avait ainsi pu obtenir leur collaboration et pendant quelques mois ils avaient fait découverte sur découverte. Les demandes de matériel n'étaient visiblement pas un problème, comprit Hermione en regardant des équipements dernier cri de technologie moldue. Si le laboratoire était situé sous le Manoir c'était en parti pour échapper aux ondes magiques et faire fonctionner l'électricité.

En parcourant ses notes, Hermione vit que son père avait découvert la source de la magie. En ayant un échantillon précis, il avait pu étayer ses principales hypothèses de recherche. La génétique expliquait en grande partie le mystère de cette forme de pouvoir. En réalité, la nature de sorcier n'était rien de plus qu'une mutation génétique récessive qui apparaissait au hasard des métissages. Il avait décomposé chaque brin d'ADN pour les étudier et découvrir quel marqueur véhiculait cette capacité. En fonction du code génétique et de ses variations, cette compétence s'exprimait fortement ou non.

- Il est remarquable de penser que nos ancêtres avaient vu juste sur la nature de la magie, enchaina le Dr Granger avec passion. En effet, la solution se trouve dans notre sang et plus particulièrement dans nos cellules. C'est pour cela que nous sommes sorciers.

Hermione comprit à la suite d'explications, que la magie découlait du spectre électromagnétique (1), ce qui était totalement censé lorsqu'on considérait qu'une grande partie de la technologie moldue ne fonctionnait pas dans le monde sorcier –notamment certains radios. Elles n'émettaient simplement pas sur les bonnes ondes.

- La magie est une énergie qui irradie le spectre électromagnétique et qui permet d'agir sur la matière. En soi, chacun a des dispositions pour faire jaillir cette capacité d'action. Nous possédons tous les mêmes bases de l'ADN mais ce sont nos gènes qui nous prédisposent ou non à pouvoir l'utiliser.

- Et tu as réussi à expliquer ça à des Mangemorts ? Chuchota la sorcière complètement sonnée.

- Oui, soupira le Dr Granger, j'ai du parler de portes et mystifier un peu mes explications mais j'ai réussi à leur faire comprendre ça. Enfin, je crois.

- Cette découverte est incroyable… Cela change complètement la vision des choses…

- Oui, malheureusement, reprit son père d'un ton las. Une fois que j'ai pu expliquer d'où provenait la magie, on m'a ordonné de trouver un moyen pour l'inhiber chez certaines personnes et… créer cette compétence chez d'autres.

Hermione inspira calmement pour se reprendre, réalisant la portée de ses recherches.

- As-tu réussi ?

- Pas entièrement, non, répondit avec un certain soulagement le docteur en lui montrant un graphique. J'ai trouvé une potion qui permet d'empêcher cette capacité de s'activer sous l'effet de la volonté de son détenteur. L'effet dure en moyenne trois heures. Il est nécessaire ensuite de renouveler la dose pour que la situation perdure mais…

- Mais ? Insista Hermione.

- Ce n'est pas encore sans conséquence sur l'intégrité physique de la personne. Je ne m'y connais pas assez en potions pour réduire les effets secondaires qui sont une détérioration générale de l'état de santé et un amaigrissement progressif.

La jeune femme croisa le regard de son père et un déchirement intérieur survint lorsqu'elle comprit.

- Depuis combien de temps t'obligent-ils à la prendre ?

- Environ un mois, chuchota Charles en tordant la bouche dans une grimace. Tu as toujours été très perspicace.

- Comment vas-tu papa ?

Charles haussa les épaules.

- Pas si mal. J'ai pu faire des potions pour contrer la détérioration des reins et des poumons. Mon sang n'est pas touché, mon cœur et mon cerveau sont intacts.

Le sorcier soupira profondément.

- D'autres n'ont pas eu ma chance, Hermione.

La jeune femme comprit qu'il faisait référence aux cobayes qui étaient avec lui. Son père lui tendit un dossier dont la première page présentait douze photographies sorcières avec des noms, statut de sang et âge. Hermione lut chaque description attentivement :

Helena Baddock, sang-pure, vingt-cinq ans.
Marcus Belby, né-moldu, vingt-trois ans.
Eleanor Branstone, née-moldue, vingt-neuf ans.
Pénélope Deauclaire, sang-mêlée, vingt-deux ans.
Cédric Diggory, sang-mêlé, vingt-deux ans.
Arabella Figgs, cramole, cinquante-cinq ans.
Terrence Higgs, sang-pur, vingt ans.
Geoffrey Hooper, né-moldu, vingt-deux ans.
Franck Hopkins, moldu, quarante-et-un ans.
Angelina Jonhson, sang-mêlée, vingt-deux ans.
Andrew Kirke, sang-mêlé, vingt-deux ans.
Demelza Robbins, née-moldue, vingt-deux ans.

- Ils étaient… Emit Hermione saisie d'horreur.

- La majorité était très jeune, ce qui ne fournit pas un échantillon si représentatif d'un point de vue scientifique mais ils ont mieux résisté que ceux qui avaient le malheur d'être plus âgés et sans pouvoirs magiques, regretta amèrement Charles.

- Et pour le reste ? Pour ce qui est d'intégrer la magie dans des corps non-magiques ? On parle bien de mutations génétiques provoquées ici ?

- Tout à fait, répondit son père d'une voix lasse. Il faut provoquer cette aptitude avec une potion injectée directement dans le sang de la… personne. Pour le moment, les tests ont été pires que non concluants. Les personnes sont trop âgées pour subir ce genre de choses et je me refuse à leur laisser entendre que cette mutation devrait être produite bien avant la naissance… Ils n'ont pas encore eu ça de moi, chuchota-t-il.

Hermione le prit dans ses bras, le serrant contre elle dans une étreinte désespérée face à l'horreur de la situation.

- Ce n'est pas tout, reprit le docteur en écartant sa fille. Il faut que tu saches tout.

Il sortit un autre cahier de notes et lui tendit.

- Le… Maître a demandé à créer une sorte de… super sorcier. Un sorcier qui pourrait accumuler les compétences d'autres sorciers.

- De quoi es-tu…?

La question d'Hermione mourut sur ses lèvres. Parcourant les notes frénétiquement, elle ne put s'empêcher d'être saisie d'un frisson d'horreur et de fascination. Mais que se passait-il ici, exactement ?


(1) Cette théorie provient d'un essai présent sur EHP « Quand la magie rencontre la technologie moldue » par PrefectMarcus, publié le 29/07/2002.


Papotage ultra-spécial

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? De la trahison d'Hermione ? Du statut de Severus ? Cela faisait-il parti de vos hypothèses ? Et qu'est-ce qu'Hermione a découvert selon vous pour être aussi choquée ? J'attends vos réactions avec impatience ! Très bonne semaine à tous.