Attention !! Désormais, risques de spoilers de Tome7 !! (même si tout n'est pas encore cohérent avec l'histoire de JK Rowling !
Auteur : Rose Potter
Titre de la fic : Ma vie assassinée
Genre : Mytery/Adventure/Tragedy
Rating : T (ancien PG-13)
Disclaimer : Beaucoup de choses ne m'appartiennent pas : le monde Harry Potter et donc bon nombre de personnages appartiennent à JK Rowling ! Le titre de la fiction est le titre d'un livre écrit par Agnès Ruiz et les titres des chapitres sont référentiels, le plus souvent tirés d'une chanson, ou du titre d'un livre dont je mettrai à chaque fois les paroles, ou le titre du contenu car celui-ci peut éclairer le chapitre. Enfin, je ne touche aucun revenu, si ce n'est les éventuelles reviews que vous me laissez !
Avertissement : Désormais, risque de certains spoiler du tome 7 qui sont encore adaptables dans la fic (vu qu'à la base elle a été écrite à la sortie du tome 5, beaucoup de choses ne correspondent pas !) ! Mais beaucoup de choses sont encore très différentes. Cette fic est loin de raconter la septième année d'étude à Poudlard de nos jeunes amis ! Enfin, mon sadisme, entre l'écriture de l'Enfant Secret et cette fic n'est certainement pas parti .
Résumé général de l'histoire : Et si, en 2017, une jeune femme d'une vingtaine d'année tentait de découvrir les circonstances exactes (celles qu'on lui a toujours cachées) de la mort de son père, un certain Harry Potter ? Que va-t-elle découvrir ? Quelle réalité effrayante se cache derrière ces questions non élucidées ? Alors que les forces du Mal semblent renforcer leur activité qui était presque inexistante quelques années auparavant, elle se lance dans des recherches qui vont faire basculer sa vie à un point qu'elle n'aurait jamais imaginé. Mais tout cela a un prix, qu'il lui faudra payer… Car après tout, n'est-il pas mieux parfois de ne pas connaître la vérité et de penser à construire son avenir plutôt que de rassembler les vestiges du passé ?
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Résumé des chapitres précédents :
Prologue: Description de la vie dans un orphelinat tenu par une vieille femme Moldue (même s'il semble qu'elle ait déjà entendu parler de Voldemort autour d'elle), Sofia, et son assistante, Elena. Le réveillon de Noël se prépare alors que dehors une tempête de neige fait rage. Une petite fille d'environ quatre ans, les cheveux noirs et emmêlés et les yeux vert émeraude, frappe à la porte de l'orphelinat et déclare « papa est mort ».
Chapitre 1 : Zoëlina reçoit chez elle son amie et collègue Andréa. Elle lui a avoué son secret, qu'elle est une sorcière, et lui présente le monde magique. Plusieurs allusions à Harry sont faites mais Zoëlina fait tout pour rester évasive. A dix heures le soir, la Gazette du Sorcier arrive (alors que Zoë n'est pas abonnée) avec un article sur Hermione, disant qu'il y a eu une attaque au Ministère de la Magie la veille et que Hermione étant Auror, est blessée et a été transportée à un hôpital Ste Eulalie. Bien décidée à saisir sa chance, Zoëlina décide qu'elle lui rendra visite pour tenter d'en apprendre plus sur son père.
Chapitre 2 : Zoëlina va à l'hôpital Ste Eulalie après avoir laissé la biographie de son père à Andréa qui a passé la nuit dans le salon. Elle rencontre un infirmier nommé Andrew puis Hermione qui ne se souvenait plus d'elle. Zoë lui raconte comment elle a vécu jusque là. Zoë se demande qui est sa mère. On lui a seulement dit que c'était « une femme bien », « une très grande sorcière ». Hermione, elle, ne sait pas non plus. Hermione lui annonce qu'elle va mourir de ses blessures et qu'aucun transfert à Ste Mangouste n'est possible. Hermy donne un papier à Zoëlina qu'elle devra remettre à McGonagall. Andrew raccompagne Zoë qui lui dit que son père est mort. Zoë est troublée par Andrew. Elle revient chez elle. Andréa est partie en lui laissant un mot. Invitation de McGo pour devenir prof de DCFM avancé. Andrew lui tel pour l'inviter à faire un tour dans le parc. Zoë furieuse de ne pas pouvoir lui résister.
Chapitre 3 : Andrew vient chercher Zoëlina pour une promenade dans le parc avec Andrew. Lors de son retour chez elle, Stephen (son collègue Moldu amoureux d'elle) lui téléphone et s'impose chez elle le lendemain. Elle parvient à lui faire croire que tout est normal malgré les objets magiques qui sont présents chez elle. Arrive Andrew et c'est le clash entre les deux hommes, même si l'infirmier venait pour donner des nouvelles d'Hermione. Après avoir mis Stephen à la porte, Zoë se rend à Poudlard et atterrit dans la cheminée du prof Rogue qu'il l'emmène voir le professeur MacGonagall. Après un entretient, elle retourne chez elle et fait un étrange rêve : la mort de Sirius Black.
Chapitre 4 : Zoë repense à son rêve sur Sirius. Elle va voir Hermione pour lui annoncer que McGo ira la voir dès que possible et qu'elle a été prise à Poudlard comme professeur de DCFM avancé. Hermione lui avoue qu'elle commence à retrouver la mémoire mais ne veut rien lui dire pour le moment. Elles se disputent un peu et Zoë repart chez elle. Elle va à Poudlard, est présentée aux élèves, et fait la connaissance du professeur de métamorphose, McDowel, qui lui montre sa chambre (qui n'est autre que son repère secret lorsqu'elle était étudiante). Son amie, Elena, professeurs de Sortilèges et Enchantements vient la voir. Premier cours : les Détraqueurs et production de Patronus. De retour chez elle, Stephen l'invite à dîner le samedi soir suivant. A Poudlard, elle fait un rêve étrange : les hommes du Ministère sont chez elle, avec son père, et semblent rechercher quelqu'un. Elle est sur le point de se faire attaquer par un Détraqueur (toujours dans son rêve) et se réveille brusquement.
Chapitre 5 : Rogue propose à Zoëlina de l'aider dans ses recherches sur Harry, proposition qu'elle ignore. Dans la Grande Salle, McGonagall donne une lettre d'Andrew à Zoëlina (elle a donc rendu visite à Hermione), et Zoëlina la lit enfin lorsqu'elle arrive à se soustraire au harcellement moral d'Elena. Il s'agit d'une invitation pour la fête foraine de Nutley Hutching le vendredi soir. Dispute avec Elena qui l'incite à y aller et à arrête de penser trop au passé. Le vendredi soir, Zoë va donc avec Andrew à la foire, et, installés dans une bouée, ils se rapprochent l'un de l'autre (Zoëlina a d'ailleurs des soupçons sur l'identité d'Andrew et se demande s'il n'appartient pas au monde de la Magie). Mais ils sont dérangés par Malefoy et Rosier qui se lancent à leur poursuite. Cachés, ils voient Elena et Andréa. Les deux sorcières partent à la poursuite des deux mangemorts et Zoë, après avoir vu des étincelles dans le ciel se rend sur le parking pour sauver Elena qui est en danger, mais se fait assommer par Malefoy.
Chapitre 6 : Zoëlina se réveille chez elle, entourée de ses amis. Stephen arrive pour emmener Zoëlina au restaurant où il lui fait une déclaration (paraît beaucoup plus mature que d'habitude) et se font offrir le champagne par un couple de sorciers ayant reconnu Zoëlina. Lorsqu'ils reviennent chez elle, ils s'embrassent dans le hall d'entrée, sous les yeux médusés d'Andrew. Une fois que Stephen est parti, ils ont une vague discussion et Andrew s'en va. Zoëlina passe une mauvaise nuit en repensant à cela, car après tout elle ne comprend pas très bien pourquoi elle a embrassé Stephen. Le lendemain, Elena incite Zoëlina a accepter la proposition de Rogue, et, lorsqu'elles sont de retour à Poudlard, celui-ci leur présente son nouvel assistant : Drago Malefoy. Zoë le surveille depuis sa chambre grâce à la carte du Maraudeur et finit par s'endormir. Elle rêve du Détraqueur chez elle où elle se voit sauvée par Malefoy qui menace son père et toute sa famille.
Remerciements : A tous ceux qui me soutiennent pour cette fic mais aussi tous les jours ! Merci aussi aux lecteurs éventuels de venir vous aventurer ici ! Réponses aux reviews à la fin du chapitre . (lisez-les seulement après avoir lu le chapitre ;) )
Où en sommes-nous dans l'histoire : 7/17
A propos du titre du chapitre : L'horloge, poème magnifique de Charles Baudelaire, présent dans le recueil des Fleurs du Mal et repris en musique par Mylène Farmer qui en a fait une version superbe !!! Contrairement au dernier titre de chapitre, celui-ci est significatif, vous comprendrez en quoi en lisant le chapitre ! ;)
L'Horloge, Charles Baudelaire
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible
Dont le doigt nous menace et nous dit "Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;
"Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de sa coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
"Trois mille six cent fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
"Remember ! Souviens-toi, prodigue Esto memor !
Mon gosier de métal parle toutes les langues
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
"Souviens-toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
"Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le repentir même oh ! La dernière auberge !
Où tout te dire : Meurs, vieux lâche ! Il est trop tard !"
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Chapitre 7 : l'Horloge
J'ouvre mes yeux humides ; je tremble de la tête aux pieds. Pourquoi ? Pourquoi ces rêves surgissent-ils ainsi après toutes ces années sans aucune manifestation ?! Pourquoi pas avant ? Pourquoi juste au moment où j'entame des recherches sur mon père ? Peut-être que mon passé m'obsède trop en ce moment et qu'elles influencent beaucoup trop mon inconscient… Pire encore… puis-je me fier à mes rêves et les tenir pour vrais ? Je repense aux recommandations d'Hermione... Les mangemorts ont repris leur activité depuis quelques temps, à en voir quelques faits inexpliqués qui se produisent en ce moment dans le monde Magique. Si c'étaient eux qui m'envoyait ces rêves pour me tendre un piège ?
Une autre chose m'agace. Aussitôt mon rêve fini, les scènes revécues deviennent floues, perdent leur enchaînement logique et les personnages que j'ai vus deviennent imprécis et ne sont plus du tout clairs dans mon esprit. Tout s'embrouille et se mélange au fur et à mesure que je redeviens lucide. Les bribes de mes rêves m'échappent, petit bout par petit bout alors que je me bas pour les rattraper et les éclaircir. Plus je les cherche, plus ils me fuient… L'autre jour, j'étais incapable de me souvenir du visage de ma mère, de ses cheveux, de ses yeux, de son odeur. Même Malefoy dans mon rêve devient flou ! Seule me reste l'impression laissée par le regard assassin qu'il a jeté à mon père, celui glacé qui m'a été adressé et la dureté de son ton. Un hoquet franchit ma gorge nouée au souvenir du Détraqueur penché sur moi… de son souffle glacé… du râle qui s'échappait de son être par sa bouche béante. Malefoy m'a sauvé, quelle nouvelle atroce. L'homme qui est probablement à l'origine de la mort de mon père m'a sauvé. Enfin après tout, ce n'est pas grave, vu qu'il a certainement voulu me tuer l'autre soir à la foire ! En effet, maintenant, je suis sûre que c'est lui. Le visage de Drago, même s'il lui ressemble fortement, ne lui correspond pas exactement.
Alors que lentement je reprends mes esprits, mes yeux scrutent la pièce plongée dans une semi pénombre qui me permet de voir à mon aise. Je tombe bien vite sur la Carte du Maraudeur toujours à côté de moi, où les points se promènent au gré de ceux qu'ils représentent. Drago Malefoy ! J'avais presque fini par oublier qu'il était arrivé à l'école la veille !!! Qu'en est-il de lui ? Je doute qu'il ait choisi un autre chemin que son père... Mais pourtant, Rogue lui fait confiance. Pourquoi ? Il fuaut que j'en ai le coeur net. Cessant de me torturer l'esprit, je reporte mes yeux sur la carte et repère Malefoy qui est dans la Grande Salle, très probablement en train de prendre son petit déjeuner. Quelques autres professeurs sont présents, dont Rogue, Elena et McDowel, le professeur de métamorphose.
« A nous deux, Drago Malefoy ! »
Je me prépare en vitesse, traverse les différents couloirs et descends les quelques escaliers qui me séparent de la Grande Salle. Une fois entrée, je rejoins la table de mes collègues, salue à peine Malefoy pour lui rappeler mon antipathie qui n'avait, malgré tout, absolument pas changée depuis la veille et commence à discuter gaiement avec Elena. Elle me raconte comment, la veille, alors qu'elle avait demandé à ses élèves de faire tomber de la neige dans la classe, un élève de Serdaigle en septième année avait totalement fait geler la classe, la transformant ainsi en patinoire.
- Et qu'as-tu fais alors ? commencé-je à rire.
- Qu'est-ce que tu crois ?! s'écrit-elle. Je n'allais tout de même pas laisser les choses comme ça !!! Alors j'ai métamorphosé quelques chaises en patins à glace et nous avons passé le reste de l'heure à patiner !!!
Nous rions aux éclats, elle se souvenant précisément de la scène, et moi l'imaginant parfaitement. Nous essayons de réprimer nos rires lorsque nous surprenons le regard courroucé que nous lance Rogue.
- Mesdemoiselles, je crois qu'il vous faudrait apprendre à devenir plus adulte si vous voulez offrir une éducation et une formation un tant soit peu efficace à vos élèves…
- Ils aiment s'amuser, or l'occasion s'y prêtait, tenté-je de le raisonner patiemment, sachant au font de moi qu'il a raison.
- Ils ne sont pas ici pour s'amuser mais pour acquérir un certain niveau en Magie… Ils en ont besoin, même si notre époque "ressemble" à un temps de paix ! réplique-t-il avec conviction mais d'un ton toujours aussi froid. Oui je dis bien ressemble ! Vous-même le savez, Potter.
« Potter » ; il ne m'a pas appelé aussi sèchement depuis que je ne suis plus élève… à en croire qu'il est vraiment fâché. Si je ne partage rarement, voire jamais, les opinions de Rogue, je dois avouer que pour une fois je suis d'accord avec lui : la paix ambiante ne me dit rien de bon… Certaines manifestations de Magie Noire se sont déjà produites, et ma rencontre avec Malefoy (que je ne peux m'empêcher de soupçonner) l'autre soir n'était en rien anodine… et ses intentions le sont peut-être encore moins. Les Forces du Mal pourraient resurgir d'un moment à l'autre. Mais d'un autre côté, ce n'est pas tout juste une heure passée à patiner qui aura fait défaut à ces élèves. Surtout que la méthode d'Elena semble plutôt valable.
- Maintenant, si vous voulez former une nouvelle sorte de Cracmol, qui auraient donc tous les pouvoirs magiques à disposition mais seraient incapables de s'en servir, c'est votre problème… Et ça deviendra le leur quand ils se retrouveront face à la nouvelle génération de Mangemorts qui se prépare !
Lui aussi se doute de quelque chose… On dirait même qu'il est certain de ce qu'il avance. Mais le monde sorcier dans son ensemble ne paraît pas vraiment s'en soucier, mis à part les quelques articles publiés par la Gazette du Sorcier de temps à autre.
- Et je ferais tout pour que rien de tel ne se produise dans cette école, conclut Rogue d'un ton vaguement menaçant.
Il a l'école à cœur, on ne peut pas le nier… C'est légitime. Ne trouvant rien à redire vraiment sur ses paroles, je laisse Elena maîtresse de la répartie qu'elle lui offrira.
- Vous savez, grogne-t-elle d'ailleurs, les capacités des élèves dépendent souvent des professeurs qu'ils ont eu et du goût que ce dernier leur a donné de la matière.
- Vous voulez dire ? grogne Rogue d'un ton sec.
- Que si un élève apprécie son professeur, il n'apprécie que d'autant plus la matière. Combiné à la capacité pédagogique de l'enseignant, l'élève sera donc plus à même de travailler la matière concernée et y aura plus de facilités car plus envie de comprendre et de travailler pour progresser.
Elle semble hésiter et marque un arrêt de courte durée.
- A vrai dire, je comprends mieux maintenant pourquoi je n'ai jamais réussi à faire une potion correcte à partir d'un certain niveau…
Je reste stupéfaite qu'elle ait osé lui lancer cela en pleine figure. La réaction de Drago Malefoy ne se fait pas attendre et celui-ci se lève brusquement, baguette en main, prêt à s'en servir contre Elena.
- NON ! disons-nous en même temps, Rogue et moi.
Nous nous regardons rapidement, aussi surpris l'un que l'autre de cette double intervention.
- Mr Malefoy, dit Rogue doucement. Je doute que ce genre de démonstration devant nos élèves soit une très bonne idée. Miss McBeth a au moins raison sur une chose : elle a toujours été une catastrophe ambulante en Potion… Quant au reste, je lui laisse sa liberté d'opinion… Cependant, certains de mes élèves ont parfaitement réussi, et vous en êtes vous-même la preuve ! Après, nous avons tous des techniques différentes… nous verrons bien les résultats lors des BUSES et des ASPIC en fin d'année.
Malefoy se rassoit après un reniflement hautain et Elena en fait de même. De mon côté, je me permets de respirer à nouveau. Si quelques élèves se sont tournés vers nous durant l'altercation, ils n'auront pu voir qu'une discussion animée. Qu'auraient-ils pensé en voyant leurs professeurs se battre en duel ? Cela aurait été absurde, le mot et l'action « division » ayant été bannie de Poudlard depuis les dernières années de terreur dues à Voldemort. Finalement, nous prenons le reste de nos petits déjeuners en silence et, une fois ceux-ci terminés, nous dirigeons chacun vers nos salles de classe respectives. Si finalement je n'aurais pu me concentrer sur Malefoy ce matin, je garde bien en tête de surveiller ses moindres faits et gestes ; son arrivée à Poudlard ne me dit rien qui vaille.
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Un mois est passé… et si rapidement ! Nous sommes déjà début novembre, le froid est désormais omniprésent, le ciel a pris une teinte grise, les arbres sont totalement dénudés, le paysage est triste ; une ambiance mélancolique que j'apprécie. Peut être parce qu'elle s'approche souvent de mon état d'esprit le plus courant. Je suis « une fille de l'hiver » si on peut dire ainsi. Même si j'apprécie aussi particulièrement l'été. Côté cours, mes élèves font des progrès incontestables et ils acquièrent peu à peu des connaissances beaucoup plus poussées en matière de défense contre les Forces du Mal. Je suis plutôt fière d'eux ! Patronus parfaits en toute circonstance, défense acceptable contre l'Impero, quelques progrès en Occlumencie, et reconnaissance d'aliments empoisonnés plutôt bonne. En revanche, je n'ai pas vraiment eu le temps, ni l'occasion de revenir chez moi depuis trois bonnes semaines entre l'espionnage intensif que je voue à Drago Malefoy, mes espiègleries avec Elena avec qui nous avons trouvé de très bonnes occupations pour passer le temps ; Peeves a de nouvelles concurrentes… Je ne sais pas pourquoi je me suis laissée embarquer là-dedans ! Résultat ? Je n'ai pas encore revu Stephen, ni Miss Granger... ni Andrew. Chaque fois que j'y pense la culpabilité me ronge, mais je compte donc bien me rattraper ce week-end où j'ai enfin pris la liberté de m'absenter de l'école pendant tout le week-end.
A peine arrivée chez moi par le réseau de cheminée que McGonagall a ouvert spécialement pour mon départ, je jette mes affaires sur mon canapé, et sans quitter mon manteau enfilé à la va-vite sur mes habits Moldus que j'avais pris soin de mettre avant de partir, je compose le numéro de Stephen. Personne ne répond. Je laisse donc un rapide message sur le répondeur, en lui indiquant que je serais de retour chez moi en fin d'après-midi puis raccroche. Je me dirige vers la porte et après un dernier coup d'œil jeté au miroir du hall d'entrée, je sors dans le froid glacial. Un bref sort de réchauffement pour plus de confort et me voilà partie vers l'hôpital Ste Eulalie, avec cependant une certaine appréhension. Comment la santé d'Hermione aura évoluée pendant ces trois semaines ? Dans quel état sera-t-elle ? Un peu tremblante et sentant me cœur tressauter en moi, je me dirige vers l'ascenseur de l'hôpital et entame la longue montée de sept étages. En sortant, je regarde autour de moi, dans l'espoir, inconscient très certainement, d'y voir quelqu'un… Andrew et ne peux m'empêcher de ressentir de la déception en constatant qu'il n'est pas là. Sentiment extrêmement complexe puisque je me sens en même temps soulagée de ne pas avoir à soutenir son regard. Après un léger soupire, je me faufile dans le couloir et prends la direction de la chambre 713.
Lorsque je la pousse, la première chose qui me saisit est l'odeur qui monte à mes narines. Un haut le corps me prend et je marque un arrêt avant d'entrer. J'inspire et expire plusieurs fois de suite pour me donner de la contenance puis ferme la porte derrière moi et avance plus-avant dans la chambre. Mes pas sont tremblants, j'ai peur de ce que je vais voir… Saurai-je dissimuler mes sentiments ? Mes impressions ? J'avance encore un peu plus et voit enfin le lit dans son ensemble. Aussitôt je remarque son visage horriblement émacié, ses yeux plus enfoncés dans leurs orbites, ses cheveux beaucoup moins épais qu'avant, sûrement à cause de la perte de la plupart d'entre eux, sa peau légèrement jaunie, et enfin, la maigreur abominable de son corps. Elle tourne lentement ses yeux vers moi, me donnant presque l'impression d'être en face d'un Inferi. Je tente un bonjour que j'essaie de faire enjoué mais seul une petite plainte parvient à sortir de ma gorge.
- Horrible, n'est-ce pas ? me dit-elle avec difficulté dans ce qui s'assimile plus à un murmure qu'autre chose.
Elle semble tellement affaiblie…
- Bonjour, parviens-je enfin à dire.
- Bonjour Zoëlina, me répond-elle dans un sourire qui tranche avec son visage cadavérique.
Je dois me donner contenance… Ne surtout pas flancher devant elle, cela ne lui serait d'aucune aide, bien au contraire.
- Ça me fait vraiment plaisir que tu viennes me voir ! dit-elle en me faisant un petit clin d'œil.
- Je suis désolée de ne pas être venue plus tôt mais…
- Je comprends qu'avec l'école tu n'as pas trop le temps. Ces enfants ont bien plus besoin de toi… ils sont l'avenir. Alors que moi, comme tu peux le voir… je mets de plus en plus les pieds dans le passé.
- Ne dites pas cela ! m'écrié-je.
- Si je ne le disais pas, ça n'empêcherait pas le sort de continuer à faire son effet, Zoëlina. Ton père m'a appris à appeler Voldemort, Voldemort. Grâce à lui je peux aussi appeler la mort, la mort. Enfin peut importe. Raconte-moi plutôt ce que tu as fais pendant tout ce temps !
- Pas grand-chose à part donner mes cours…
- Je vois, et comment ça se passe ?
- Plutôt bien, réponds-je. C'est très intéressant pour moi, une très belle expérience.
Elle me sourit. Elle m'avait déjà dit qu'elle aurait aimé faire enseignante si elle n'avait pas été Auror et qu'elle l'avait fait principalement pour aider mon père. A sa mort, elle avait poursuivi le combat, refusant un poste de Sortilèges et Enchantements que McGonagall lui avait proposé.
- Tu as fais quelques recherches sur Harry ? me demande-t-elle tout à coup.
- Euh je… oui… enfin non, pas vraiment. Je n'ai pas beaucoup avancé, dis-je hésitante.
- Tu as demandé de l'aide à quelqu'un d'autre que moi ?
- Non. Mais… Rogue m'a proposé la sienne, finis-je par dire.
- Excellent !! s'exclame-t-elle. Je pense que Rogue est la personne après moi qui pourrait le plus t'aider. Or comme je te l'ai dit, tu ne peux pas trop compter sur moi. Premièrement, il ne reste plus longtemps à vivre, et deuxièmement, j'ai toujours des soucis de mémoire ; sûrement dus au choc…
Hum… j'aurais sans doute dû préciser tout de suite que je n'ai pas encore accepté la proposition du Maître des Potions. Pourtant, j'aimerais bien tenter de lui parler prochainement, afin de savoir si sa proposition tient toujours. Elena et Hermione me conseillent d'accepter son aide, et pour une fois, je ferais peut être mieux d'écouter ce que l'on me dit. Mais avec Malefoy qui lui tourne sans cesse autour, je ne vois pas comment l'approcher… Rogue n'aimerait sans doute pas que son « petit Drago » sache qu'il m'a proposé son aide ; et je peux au moins respecter cela…
- Et que t'a-t-il appris ? demande Hermione au bout d'un petit moment, voyant que je ne réagis pas.
- Je euh… et bien… hésité-je. En fait je… je n'ai pas vraiment accepté son aide… avoué-je pour finir. Mais je compte le faire très prochainement ! Vous êtes la deuxième personne à me le conseiller alors…
- Qui est l'autre personne ? me coupe-t-elle, intriguée.
- Elena MacBeth, ma meilleure amie à Poudlard depuis la première année.
- Je vois, me dit-elle en souriant. C'est normal que tu l'aies mise dans le secret. Mais par pitié pour toi, évite de trop répandre tes idées de recherches sur ton passé autour de toi. On ne sait jamais, ça pourrait tomber dans de mauvaises oreilles, si tu vois ce que je veux dire.
Je la remercie du conseil, mise devant l'évidence qu'elle a raison.
- Bien, en attendant que tu t'arranges avec Rogue, et parce que le temps me presse, reprend Hermione, je dois te raconter quelques petites choses. Assieds-toi ici, m'invite-t-elle en me désignant un côté du grand lit dans lequel elle se trouve.
Je lui obéis, m'installe fébrilement dans une position qui se veut confortable et lui fait signe que je suis prête à l'écouter. Pour sa part, elle se redresse en grimaçant pendant que je cale au mieux son coussin derrière son dos.
- Bien. Je vais en priorité te raconter quelque chose que seuls quatre personnes savaient.
- Qui ça ? demandé-je avide de savoir.
- Ton père, Ronald Weasley, moi, et plus tard, ta mère, me répondit-elle un peu tristement.
- Ronald Weasley ? Qui est-ce ? demandé-je persuadée d'avoir déjà entendu ce nom quelque part.
Je la vois fixer ses draps, jouant avec ses maigres doigts.
- Le meilleur ami de ton père… et celui qui aurait dû être mon mari, parvient-elle à dire finalement.
Je reste abasourdie par la nouvelle. Tout me revient alors : Ron Weasley, son père travaillait au Ministère pendant les années de terreur crées par Voldemort. Avec mon père et Hermione ils étaient inséparables et faisaient les quatre cents coups ensemble à Poudlard… Hermione et lui était donc ensemble… Or… il serait mort ?!
- Si je tiens à te raconter cela avant tout, c'est que je suis la dernière à pouvoir le faire et que le temps m'est compté. C'est à propos de ce qui aurait dû être notre septième année à Poudlard, continue-t-elle en dissimulant comme elle peut son trouble.
- Je vous écoute, lui assuré-je ma curiosité piquée à vif.
- A la fin de notre sixième année, enchaîne-t-elle alors, quand Dumbledore est mort, Harry a pris la décision de quitter Poudlard pour se lancer à la recherche des Horcruxes. Je t'explique, continue-t-elle voyant que je vais lui poser la question. Toute l'année, Dumbledore a tenté d'en faire apprendre le plus possible à ton père à propos de Voldemort… enfin plutôt de Tom Elvis Jedusor. Ils ont fini par apprendre tous les deux que Voldemort avait séparé son âme plusieurs fois afin de disposer du plusieurs vies ; sept au total. Ses lambeaux d'âme se trouvaient donc protégés par des objets qui, pour la plupart, lui tenaient à cœur, et il y en avait donc six car Voldemort conservait la dernière partie de son âme en lui-même bien entendu. Harry en avait déjà détruit un lors de sa deuxième année : le journal intime de Jedusor, dans la Chambre des Secrets. Je suppose que tu en as déjà entendu parler dans les biographies de ton père.
J'acquiesce et l'invite rapidement à poursuivre son histoire.
- Dumbledore avait détruit un anneau de la famille Gaunt, descendante de Serpentard lors de notre sixième année. Il restait donc quatre Horcruxes à retrouver et détruire avant de pouvoir en finir définitivement avec Voldemort. Bien sûr, Ron et moi n'avons pas hésité à le suivre et avons pris nos dispositions pour cela : il avait apprivoisé une goule pour la faire passer pour lui malade, et pour ma part, j'avais effacé provisoirement la mémoire de mes parents et les avait fait déménager en Australie afin qu'ils ne courent aucun danger. Lorsque ton père a eu 17 ans, la protection de sa mère, Lily, a pris fin : il n'était plus en sécurité chez les Dursley. Nous avons donc dû fuir et sommes allés au Terrier, chez les Weasley où nous avons eu bien du mal à préparer notre départ puisque Molly Weasley se doutait de quelque chose et faisait tout pour que nous ne puissions pas nous parler en privé. Enfin soit, lors du mariage du fils aîné, Bill, le Ministère de la Magie est tombé et des mangemorts ont transplané à la fête. Nous avons fuit aussitôt et nous sommes réfugié au 12 square Grimmaurd, l'ancienne maison des Black. Plus tard, nous sommes partis à la recherche des Horcruxes : nous avions réussi à récupérer le médaillon, qui avait appartenu à Regulus Black, mais nous avons dû chercher un moment avant de trouver comment le détruire. En effet, il fallait quelque chose de très puissant pour pouvoir le faire, et seule l'épée de Godric Gryffondor, qui avait été imprégnée de venin de Basilic au cours de notre seconde année pouvait le faire, à notre connaissance. Quand nous avons fini par la trouver, c'est Ron qui a détruit l'Horcruxes. Il y a eu ensuite la coupe de Poufsouffle, pour laquelle nous avons dû entrer dans Gringott's car elle était conservée dans le coffre d'une famille de mangemorts, les Lestrange. Je suis désolée, je dois passer rapidement sur les détails, je suis si fatiguée... et je ne sais pas... bref. Nous avons finalement détruit cet Horcruxe, et nous avons trouvé le troisième à Poudlard : le diadème de Rowena Serdaigle et il a aussi été détruit alors que la Bataille de Poudlard était en train de se produire... Je suppose que tu en as déjà entendu parler !
- Bien sûr, dans le cours d'Histoire de la Magie !
- Oui. Beaucoup de gens sont morts ce soir-là. Remus Lupin a été tué lors de cette bataille, avec Nymphadora Tonks.
- Remus Lupin... j'ai déjà entendu parler de lui...
- C'était un ami de ton grand-père, un Maraudeur, lui aussi. Il a été professeur pendant une année à Poudlard, l'année même où Harry a tout découvert à propos de Sirius Black.
- Je vois, et comment est-il mort ?
- Toujours le même traître, grogne Hermione en réponse. Ce sale rat, Peter Pettigrow !! En sacrifiant son avant-bras pour Voldemort, il s'est vu recevoir une main argentée très puissante... Il a étranglé Remus Lupin avec. Vois-tu, Remus était un loup-garou et...
- Et l'argent pure tue les loups... continué-je.
- Exactement... Peter Petigrow aura fait tuer tes grands-parents, fait enfermer Sirius Black à sa place pendant quatorze ans, sachant que celui-ci n'a jamais été rétabli, tué Remus Lupin et participé au retour de Voldemort. C'est beaucoup pour un pareil crétin. Bon. Je suppose en revanche, que tu sais ce qu'il s'est passé ensuite... Je veux dire, pour ce qui est des Horcruxes.
- Oui, mon père a à nouveau été touché par un Avada Kedrava et a survécu. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi.
- Très simple au final. La première fois, il a survécu parce que Lily lui avait offert une protection d'amour. Mais ce que Voldemort ne savait pas, c'est qu'en voulant tuer Harry, il a créé un autre Horcruxe : une partie de son âme était en ton père depuis ce jour-là. Ton père était le dernier Horcruxe ! C'est pour cela qu'on a cru Voldemort mort pendant tant d'années : en créant un nouvel Horcruxe, il avait poussé trop loin les limites, son âme était trop instable et il n'a pu y "survivre". Tu vois où je veux en venir ?
- Pas vraiment, avoué-je assez secouée par la nouvelle.
- Eh bien Voldemort, en envoyant un sortilège de mort sur Harry le jour de la Bataille de Poudlard s'est tué un peu lui-même ! Ou plutôt une partie de son âme. Mais pendant des années, Harry a dû attendre avant de l'affronter, toujours Voldemort repoussait le combat, il voulait être sûr de pouvoir survivre car il n'avait plus qu'un Horcruxe à disposition. Enfin là les éléments commencent à se brouiller... Voilà, toujours, pourquoi la bataille qui a opposé Voldemort a ton père s'est passée si tard, finalement.
Je l'écoutais, émerveillée. A 17 ans seulement ils avaient pris la décision de fuir leurs familles afin de lutter contre ce qui aurait fait fuir une grande partie des sorciers et sorcières de cette époque : les Forces du Mal et par-dessus tout Voldemort !
- Bien sûr, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, ajoute-t-elle en devinant mes pensées. Et puis Harry savait que quoi qu'il arrive, Voldemort se lancerait à sa poursuite. Donc il fallait mieux pour lui qu'il trouve au plus vite ces Horcruxes et les détruise !
- C'était quand même très courageux !!! Et c'est une belle preuve d'amitié que vous lui avez faite en le suivant, commenté-je. C'est extraordinaire... Y a-t-il autre chose que vous vouliez me dire ?
Elle me sourit d'un air sans doute un peu triste de remuer ainsi le passé. Il semble cependant très important pour elle de me raconter tout cela ; et je dois avouer que cela m'intéresse au plus haut point. Cependant, il est très fatiguant pour elle de faire tant d'effort.
- Je pense que je vais essayer de faire vite ; je suis épuisée, me confirme-t-elle. Et j'aimerais vraiment t'avoir tout dit aujourd'hui…
- Je vous écoute, dis-je en posant ma main sur la sienne, osseuse.
- Je me souviens maintenant... Il nous manquait donc un Horcruxe. Nous étions persuadés que Nagini, le serpent du Maître des Ténèbres en était un, mais nous n'avions pas pu approcher le serpent le soir de la bataille.
- Comment pouviez-vous en être sûrs ? demandé-je pas certaine de suivre leur raisonnement.
- Et bien tout simplement parce qu'en cinquième année, Harry avait sauvé Mr Weasley, le père de Ron. Il avait eu une apparition en rêve qui l'avait averti du danger. Or, pendant ce rêve, il était dans le corps d'un serpent, donc très certainement Nagini. Harry ayant toujours été très lié à Voldemort, il ne serait pas étonnant qu'il ait été en « contact » ce jour-ci avec une partie de l'âme de Voldemort à l'intérieur du corps du reptile. De plus, Voldemort voulait des symboles forts… Quoi de mieux qu'un serpent, symbole de Salazar Serpentard. Et puis lors de la Bataille de Poudlard, il l'avait tellement protégé qu'on voyait que Nagini était pour lui bien plus qu'un simple reptile, tout Serpentard qu'il fût.
- Je comprends oui, dis-je après cette explication. Donc vous avez réussi à trouver Nagini ?
- Oui, répond-elle gravement. Tu étais déjà née, tu sais ? Et cette fois-ci, nous avions pris d'énormes risques. A vrai dire… c'est même là que Ron est… enfin…, nous n'aurions pas dû y aller aussi inconsciemment, continue-t-elle.
Je sens sa gorge se serrer si bien que je me mets à exercer une petite pression sur sa main, geste qui se veut rassurant. Je ne voulais pas lui faire de mal en lui faisant remuer tous ces souvenirs… je m'en veux un peu, même si d'un autre côté, je suis curieuse d'en savoir plus sur leur recherche des Horcruxes.
- Nous nous sommes introduits dans le repère de Voldemort… C'était horriblement risqué !! Nous avions toutes les chances de rencontrer Voldemort en s'approchant autant de son serpent ! D'un certain côté nous pouvons dire que nous avons eu la chance de ne pas le rencontrer… dit-elle avec une pointe d'amertume dans la voix. Mais nous avons bien trouvé Nagini... je serais tentée de dire "malheureusement". Elle s'est tout de suite rendue compte de notre présence bien entendu, mais au lieu de chercher à fuir, elle s'est dressée de tout son corps au-dessus de nous. Bien entendu, Harry a essayé de lui répondre en fourchelangue, mais elle n'a rien voulu entendre. Au contraire, elle s'est jetée sur Harry. Ron a voulu l'intercepter et elle l'a mordu… Nous avons continué à la combattre car elle ne voulait pas se contenter d'une seule morsure.
Je la regarde en silence, légèrement tremblante, sans oser l'interrompre.
- Harry et moi nous sommes donc battus sans nous rendre compte qu'au bout d'un moment Ron ne produisait plus aucun sort. Enfin, quand nous avons réussi à venir à bout de l'animal... c'est seulement à ce moment-là que nous avons vu Ron allongé un peu plus loin, inerte. Il était déjà mort. Nous avons transplané à Square Grimmaurd avec son corps et le monde des sorciers l'a enterré peu de temps après. Les Weasley ont été formidables par la suite avec nous deux... Tu comprends, ils auraient pu nous rejeter étant donné que nous étions ceux qui le rappelait toujours à eux ! Par la suite, Harry m'a demandé si je voulais arrêter, si je voulais rentrer chez moi, ou à Poudlard pour reprendre ma formation de professeur. Mais bien sûr j'ai refusé ; j'avais une raison de plus pour combattre les Forces du Mal.
Elle me gratifie d'un léger sourire, sans doute pour prendre une pose dans le récit afin de rassembler les quelques forces qui lui restent.
- Après cela, nous avons cherché sans relâche Voldemort. Pendant plus d'un an encore il nous a fui. La tâche était devenue plus compliquée du fait que Harry n'avait plus aucun lien avec lui pour le retrouver plus facilement. Et finalement, nous avons cessé les recherches en nous disant qu'il se présenterait bien à nous tôt ou tard... nous devions seulement nous tenir prêts.
Elle émet un petit rictus, en se tenant le ventre à cause de la douleur engendrée par un mouvement de dépit accompagnant son récit. Elle reprend son souffle pendant plusieurs longues minutes alors que ses yeux chancellent irrémédiablement vers le sommeil.
- Je suis désolée, Zoëlina, je ne vais pas pouvoir m'attarder très longtemps, je suis épuisée… finit-elle par me dire après plusieurs tentatives.
- Et... et ma mère ? Qui était-elle ? J'ai besoin de savoir ! insisté-je tout de même.
Elle me regarde tristement, puis ferme les yeux, semblant se concentrer et rassembler tous ses efforts pour attraper rapidement quelques souvenirs au plus profond de sa mémoire.
- Je suis désolée; dit-elle enfin en accompagnant ses mots d'un signe négatif de la tête.
Je reste quelques instants silencieuse, non seulement pour ravaler ma déception mais aussi pour remettre de l'ordre dans les informations que je venais de recevoir. Il avait fallu à Hermione, Ron et mon père près de trois ans pour retrouver et détruire tous les Horcruxes… Or, je suis née en 1998, mon père avait tout juste 18 ans… Je serais donc née avant qu'ils ne soient parvenus à tous les retrouver, deux ans avant, environ. Et ils avaient donc dû attendre encore plus de temps avant de livrer le combat final puisque je venais d'avoir quatre ans lorsque cela c'est produit. Je rassemble mon courage pour en demander la raison à Hermione.
- Juste une chose, s'il vous plaît, lui demandé-je.
- Je t'écoute, me dit-elle en posant sa main sur mon genoux qui est posé sur le lit, juste à côté d'elle.
- Comment se fait-il que vous n'ayez pas poursuivi vos recherches pour retrouver Voldemort plus rapidement ?
- Ah oui ! Je sais cela ! dit-elle heureuse d'enfin pouvoir me renseigner. Tout simplement parce que tu avais tout juste trois ans, et qu'il ne voulait pas… que sa fille se retrouve sans père au cas où le combat n'aurait pas l'issue que nous espérions… Et son opinion s'est encore renforcée lorsque ta mère nous a quitté.
Elle s'arrête quelques instants, sans doute pensant elle aussi que, quoi qu'il en soit, le résultat avait été à peu près le même.
- Nous avons donc décidé d'attendre, reprend-elle, mais Voldemort lui, n'a pas attendu. C'est tout ce que je peux t'en dire pour le moment… je ne me souviens de rien de plus.
- Merci beaucoup Hermione, lui dis-je en me penchant sur elle pour l'embrasser. Vous êtes épuisée, je vais vous laisser vous reposer.
- J'espère que cela ne t'ennuie pas trop…
Je lui souris. Non, cela ne m'ennuie pas, on voit largement qu'elle a besoin de repos et je m'en voudrais de trop l'affaiblir. Je l'embrasse donc à nouveau, chaleureusement. Puis, je sors de la pièce assombrie par la tombée de la nuit après avoir répondu affirmativement à sa demande angoissée qui était de venir lui rendre visite le lendemain.
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La luminosité éblouissante du couloir contraste fortement avec l'ombre régnant dans la chambre ; je plisse les yeux, attendant quelques secondes pour m'y habituer. Je regarde l'horloge du couloir, il est 19h45… Les visites sont normalement terminées depuis un bon quart d'heures… Je me faufile dans le couloir, essayant d'éviter tout personnel de l'hôpital… J'ai presque atteint l'ascenseur lorsque je manque de heurter une blouse blanche… mes yeux se posent instantanément sur l'étiquette placée sur le côté gauche du vêtement. « Hodowal Andrew, infirmier »… C'est bien ma veine… J'ose à peine relever les yeux vers ceux, couleur chocolat qui m'attendent sur ce visage.
- Bonjour, dis-je en reportant mon regard ailleurs faute de pouvoir soutenir le sien.
- Bonjour Zoëlina, me répond-il.
Sa voix semble légèrement nouée, moins décontractée qu'à l'habitude. Plus faible aussi. L'aperçu que j'ai eu de son visage m'a montré un état de fatigue plutôt avancé. Essayons d'éviter toute conversation tournant autour de nous…
- Comment l'avez-vous trouvé ? me devance-t-il à mon plus grand soulagement.
- Euh je… plutôt mal en fait, répondis-je dépitée. Qu'en pensez-vous ?
Il soupire d'un air qui ne laisse rien présager de bon.
- A vrai dire… son état empire toujours…
- Oui, j'ai remarqué d'autant plus que je n'étais pas venue depuis près d'un mois, réponds-je toujours plus mal à l'aise de constater à nouveau que j'ai délaissé Hermione pendant tout ce temps.
- Ah, déjà… commente-t-il un peu tristement. Je dois vous avouer que je n'ai pas grand espoir pour elle, d'autant plus que nous n'avons toujours pas trouvé ce qu'elle avait. Un mystère total ! Une maladie sûrement extrêmement rare.
Je préfère ne rien répondre. Je sais qu'ils ne pourront jamais la sauver. Il faudrait absolument qu'elle intègre Ste Mangouste au plus vite, peut être que eux pourraient faire quelque chose… s'il n'est pas trop tard. En parler à Andrew me démange ; c'est la seule relation que j'ai dans cet hôpital et lui seul pourrait m'aider.
- Nous devons la sortir d'ici, lâché-je finalement.
- Pardon ? me dit Andrew ahuri. Nous ne pouvons pas prendre le risque de la déplacer !
- Nous savons tous les deux qu'elle va mourir de toutes façons, même si nous ne la bougeons pas ! m'écrié-je.
Il me fait signe de parler moins fort et, après avoir jeté un coup d'œil dans le couloir, m'entraînent dans une petite pièce où je l'avais vu la dernière fois et qui doit être le bureau des infirmiers.
- Que comptez-vous faire ? me demande-t-il une fois la porte refermée.
Etrangement, il semble comprendre lui aussi la nécessité de la changer d'établissement et me fait assez confiance pour me demander mon point de vue.
- Cet hôpital est le meilleur de la région... Si vous avez une meilleure idée, je vous écoute… même si cela me semble hautement risqué.
- Je connais un hôpital qui sera plus apte à soigner ses blessures. Eux sauront ce qu'elle a. Je ne doute pas de la compétence de votre hôpital ! ajouté-je pour le rassurer. Mais il est claire que personne dans ce genre d'endroit, que ce soit ici à Londres, ou ailleurs, ne pourra la soigner. Faites-moi confiance, s'il vous plaît. Seulement, promettez-moi de ne rien me demander à propos de cet endroit, d'accord ?
- Je vous écoute, me répond-il gravement après un rapide acquiescement.
Je réfléchis rapidement.
- Avez-vous accès aux ambulances ? lui demandé-je faute de meilleure idée.
- Pas vraiment… mais ça peut s'arranger ! J'ai un ami ambulancier, m'assure-t-il.
- Bien… alors nous devons la prendre et la transférer à l'hôpital que je connais !
- Et où se trouve-t-il ? me demande le jeune infirmier, semblant réfléchir à toute vitesse.
- A Londres aussi ! Mais ne posez pas d'autres questions s'il vous plaît, je ne pourrais pas y répondre. Et il faudrait aussi que vous me fassiez confiance, et que, quand on y sera, vous ne regardiez pas ce que je fais. C'est très important !
- Il semble hésiter et me considère gravement pendant plusieurs longues secondes. Finalement, il hoche la tête prudemment.
- Bien ! Je vais rentrer chez moi ce soir, pour y réfléchir encore un peu, et demain soir nous pourrons agir, dis-je d'un air décidé. Vous serez là demain ?
- Oui, et je suis d'après-midi, donc je serais là jusqu'à tard ! J'espère seulement que ce n'est pas trop risqué.
- Beaucoup moins que de la laisser ici, lui assuré-je.
Je me sens plus légère ; je me dis qu'un espoir subsiste. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres, ce qui fait sourire Andrew à son tour. Je ne suis pas ignorante du fait qu'il risque sa place en faisant une chose pareille. Je suis impressionnée par son courage et sa dévotion envers ses patients.
- Merci beaucoup, murmuré-je à son intention.
- Cela fait parti de mon métier : sauver des vies. Si la transférer en secret est sa plus grande chance, alors pourquoi pas ?
- Mais vous risquez quelque chose...
- La radiation du métier d'infirmier… et de tous les métiers de la santé en fait.
- Oh… vous êtes sûr de vous ?
- Ne vous inquiétez pas pour moi, me coupe-t-il.
- S'il y a quelque chose que je puisse faire pour vous... dis-je alors sans vraiment réfléchir.
Il sourit doucement et hoche légèrement la tête en signe de négation.
- Non, rien. Je ne peux pas vous demander quelque chose dont je sais que vous n'êtes plus en mesure de l'offrir.
Si je pouvais rougir, je ressemblerait à un homard, mais le fait de ne pas rougir ne m'empêche nullement de me sentir gênée, bien au contraire. Toutefois, je ne peux résister longtemps à l'envie de le serrer dans mes bras. Il semble surpris par ce geste et passe ses mains dans mon dos, ce qui me réconforte énormément. Après l'avoir remercié, je prends la direction de l'ascenseur, et sort sous le regard sévère de la réceptionniste qui semble remarquer ma demi-heure de retard.
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Un bon quart d'heure plus tard, je suis de retour chez moi. Je n'aime pas rentrer de nuit, j'ai toujours peur d'être observée, toujours peur de voir une ombre tapie dans un coin de la rue… Lorsque j'arrive, Stephen est déjà sur le pas de ma porte. A ma vue, il se précipite sur moi, me soulève de terre en riant et me serre dans ses bras. Je suis heureuse de le retrouver, et la gêne (ou le regret ?) que j'ai éprouvé tout à l'heure en face d'Andrew s'efface presque instantanément.
- Je suis si heureux de te retrouver ma douce ! me dit Stephen en passant son bras sur mes épaules en même temps que nous nous dirigeons vers la maison.
- Moi aussi, avoué-je. Cela faisait longtemps ! Tu m'as manqué !
Je me sens à l'aise avec Stephen, les mots me viennent tous seuls, sans même que je n'y réfléchisse. Nous entrons et posons nos manteaux et autres vêtements d'hiver dans le hall d'entrée.
- Tu as mangé ?
- Non ! me répond-il.
- Bien, des pâtes, ça te convient ?
- C'est parfait ! Il y a longtemps que tu es rentrée ?
- Je t'ai appelée dès que je suis arrivée ici ! lui répondis-je en me dirigeant vers la cuisine pour préparer le repas.
Alors que les pâtes sont déjà plongées dans l'eau bouillantes, je le sens s'approcher derrière moi et ses mains m'enlacent et je sens son menton se poser sur mon épaule. Je tourne le visage pour lui embrasser le front et reporte mon attention sur les pâtes.
- Ça fait du bien de pouvoir te serrer contre moi, me murmure-t-il.
Je souris, heureuse du compliment et de me sentir aussi bien. Une fois le repas prêt, nous mangeons à notre aise devant la télévision. Je suis blottie tout contre lui et il passe tendrement sa main dans mon dos. Le film est d'un intérêt moyen et ma tête finit par glisser sur ses genoux. Je m'endors ainsi, épuisée par cette journée, et par les semaines précédentes.
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Tic, tac, tic, tac.
Le balancier de l'horloge du salon marque chaque seconde, gravement, irrémédiablement. Marque du temps qui passe, de la vie qui s'écoule... de la mort.
Je suis assise dans le fauteuil en cuir blanc du salon, le feu ne brûle plus depuis la veille... papa a dû oublier de le rallumer hier soir. Le froid s'est installé dans la pièce depuis hier soir, engourdissant peu à peu mes membres. Mes mains sont glacées, mon regard est fixe, perdu dans le vide, perdu dans ce salon froid et sans vie, lui non plus.
Doucement je me lève sur mes petites jambes tremblantes, j'ai l'impression qu'un lourd fardeau pèse sur mes épaules. Mais quoi ? Depuis la veille, rien n'est plus pareil dans cette maison. Tout est devenu si calme… Où sont donc passés la joie, l'ambiance, les cris d'enfants qui résonnaient ici, hier encore ? Où est donc passée… la vie ?
Tic, tac, tic, tac.
Mes pas suivent le rythme du balancier de l'horloge. Je monte les escaliers, lentement et machinalement. J'arrive au second étage, tourne à droite et arrive face à une porte qui se confond avec le mur, effet accentué par l'obscurité qui règne dans l'endroit. Habituellement, elle est toujours ouverte, là, elle se dresse devant moi, close, muette, gigantesque.
Je lève le bras pour tourner la poignée ronde et pousse de toutes mes forces pour parvenir à me glisser mon mètre dix par l'entrebâillement qui s'est ouvert. Au fond dans la pièce plongée dans l'ombre, un bureau, et une chaise. Sur cette chaise, une silhouette que je reconnais instantanément. Mon père. Il tient sa tête entre ses mains, ses lunettes sont posées sur la table, il n'esquisse aucun geste à mon arrivée. M'a-t-il même remarquée ?
Je reste quelques instants à le regarder, silencieuse ; il me donne dos. Je le fixe durant plusieurs secondes, mes grands yeux détaillant son habillement, ses cheveux étrangement ébouriffés, ce qui n'était plus dans ses habitudes. Si mes souvenirs sont bons, c'est maman qui avait trouvé un sortilège pour les lisser. Je me risque enfin, après plusieurs secondes d'hésitation, à faire un pas vers lui. Puis deux, puis trois, quatre.
Il sursaute ; je fais de même, surprise de sa réaction. Il se retourne brusquement vers moi, ses yeux émeraude reflétant presque de la démence. Je suspends ma respiration, interdite. J'ai peur. Peur de lui, peur de sa réaction, mon papa que j'aime tant et qui me le rend si bien en riant toujours avec moi, participant à mes jeux de petite fille pour mon plus grand bonheur, là, j'ai peur de lui !
Pendant quelques secondes, le silence envahit à nouveau toute la maison. J'entends vaguement le tic tac puissant de l'horloge en bas. Nous nous regardons et je sens le froid parcourir mon corps.
Papa ?
Un son est sorti de ma gorge, étranglé, tremblant, presque inaudible.
Sa réaction ne se fait pas attendre. Son corps se met à trembler, il porte ses mains à ses cheveux, presque à se les arracher, son visage entier reflète la douleur. Il pose ses coudes sur ses genoux, sa tête dans ses mains. Un sanglot lui échappe et se transforme vite en un ruissellement de larmes et en un cri déchirant.
Je cours vers lui, affolée. Ma petite main vient se poser sur son épaule. Il relève la tête ; je vois son visage creusé, miné par la tristesse… On dirait presque que… la folie s'est emparée de lui. Son regard s'ancre dans le mien.
Zoëline…
Il me prend par l'épaule et m'attire à lui, contre lui. Il me serre très fort dans ses bras où je me sens si bien. Je le serre moi aussi, autant que je le peux. Je veux qu'il sache que je l'aime. Il me hisse sur ses genoux et nous restons ainsi, enlacés, lui pleurant sur mes épaules, moi, interdite, ne sachant que faire, décontenancée par la tournure qu'ont pris les événements. Zoëline ? Je ne m'appelle pas ainsi… comment a-t-il pu confondre le prénom de son enfant ? Je m'appelle Zoëlina… peut être une simple erreur de prononciation… étonnante de sa part.
Tout à coup, une lueur blanchâtre brille dans un coin de la pièce, tout prêt de la porte. Je me redresse et observe cette petite forme argentée qui commence à bouger. Elle s'approche tout doucement vers nous, sans bruit, comme un rêve, un songe. Une silhouette humaine, on dirait, si ce n'est l'étrange transparence de cet être. Très vite, je peux distinguer ses traits… et je constate avec stupeur qu'elle me ressemble. Elle est désormais à quelques mètres de moi, peut être un, ou deux. Nous nous observons. On dirait, moi, exactement moi. Trait pour trait, geste pour geste. Seuls ses yeux semblent avoir été plus clairs. Elle porte son doigt à sa bouche, m'ordonnant de me taire, puis me fait un clin d'œil, suivit d'un sourire triste. Et, après quelques secondes, elle se retourne doucement, ne prend même pas la peine d'ouvrir la porte, et disparaît à travers celle-ci.
Je reste sous le choc, toujours serrée très fortement par papa. Que vient-il de se passer ? Pourquoi est-ce que je viens de me voir sous cette forme ? J'ai envie de me lever, de courir pour rattraper mon moi, mon double, lui demander une explication !!! Pourquoi est-elle partie si vite ?
Mon père desserre peu à peu son étreinte et me regarde. Il parvient à me faire un pâle sourire.
Heureusement, tu es encore là, toi.
Ses mots résonnent étrangement dans ma tête comme une parole douce-amère. Il jette un coup d'œil sur son bureau, son visage se ferme instantanément. Ses yeux clos me montrent sa douleur profonde. A mon tour, je me décide à regarder ce qu'il y a sur son bureau, tordant mon corps vers l'arrière.
Là, juste devant lui, un cadre avec, à l'intérieur, une photo. Je me tourne sur ses genoux, afin d'être face à la table, mon cœur commence à se serrer, à battre plus fort, plus vite aussi. Je saisis la photo entre mes petits doigts.
Un soir d'été, ciel rouge, orange, jaune et violet. Quatre couleurs mélangées harmonieusement, donnant au paysage une ambiance mystérieuse. Sur une balançoire, deux petites filles se balançant, ensemble, riant de tout cœur, les cheveux au vent. Elles se ressemblent étrangement, trop peut être. Leurs traits sont identiques, leurs habits le sont presque, leur manière de se balancer semble être la même. L'un à les yeux d'un vert émeraude très lumineux et profond, l'autre à des yeux gris plutôt froid mais rieurs, ce qui leur redonne de la chaleur. On dirait… deux sœurs. Plus que deux sœurs, même ; des jumelles. L'une me ressemble… l'autre aussi.
Mes doigts malhabiles commencent à trembler, je sens les larmes monter à mes yeux, venant picoter mon nez au passage. Mon cœur bat, de plus en plus fort. Une larme vient rouler sur ma joue.
Une vague glacée m'envahit, le vide, le temps qui passe, tic tac, la mort.
Le cadre s'échappe de mes mains et tombe au sol, se brisant. Papa resserre son étreinte sur moi ; il sait que je viens de comprendre, que pour moi, une partie de ma vie vient de se finir, qu'une page vient de se tourner. Tout comme pour lui d'ailleurs.
Je n'ai plus jamais revu le fantôme de ma sœur.
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FIN DU CHAPITRE
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BLABLA de l'auteur
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Voilà enfin le dernier chapitre où il n'y a pas vraiment d'action et où les recherches de Zoëlina avancent lentement !! Je suis contente d'y être enfin et je suis super pressée d'être la semaine prochaine pour partager avec vous le chapitre 8 !!!
Cette semaine, j'ai rédigé entièrement le chapitre 13, il y en a pour plus de 30 pages Oo' word. Et quand les profs auront enfin décidé de me lâcher les baskets en me harcelant, ainsi que toute la classe, avec leurs travaux de rechercher à la noix, je pourrais m'y mettre encore un peu plus afin que tout soit rédigé avant le début des examens de janvier (utopie quand tu nous tiens...)
Sinon, une petite remarque/question de ce que je ne peux que constater : Manifestement, cette fic remporte un succès plutôt moyen et e dois dire que l'accueil est beaucoup plus froid qu'il ne l'avait été pour L'enfant Secret. Et je dois dire que cela me peine un peu car j'investis beaucoup dans cette fic, non seulement dans son contenu mais encore dans le temps que je prends pour la peaufiner et pour m'y appliquer de mon mieux, mettant parfois de côté mon travail universitaire et mes relations sociales ." car je tiens à ce que ces chapitres soient publiés régulièrement afin de ne pas impatienter les lecteurs. Bref, je suis donc assez triste qu'elle laisse si indifférent et donc que je reçoive aussi peu de reviews (merci néanmoins à adenoide et Karine mes plus fidèles revieweuses (l) ).
Il doit donc y avoir un problème, mais lequel ? C'est ce que j'aimerai que vous me disiez !! Quel est le problème de cette fic ? Le style ? L'histoire en elle-même ? Les événements qui s'y déroulent ? L'idée de base ? est-elle ennuyeuse ? Enfin j'aimerais savoir tout ce que vous en pensez parce que votre avis est très important pour moi, c'est principalement pourquoi je le mets en ligne. J'ai vraiment besoin de vos commentaires afin de me faire une idée sur mon travail ! So... LAISSEZ-MOI DES REVIEWS !!! En plus, j'en suis très friande ! Tous commentaires acceptés, les bons, mais aussi les mauvais (ce sont souvent les plus constructives !!) Bon, euh... voilà ' à bon entendeur, merci !
Mais maintenant, place aux réponses aux reviews :
adenoide : Ah ! une question à laquelle je peux répondre sans rien brûler de l'histoire : Drago est tout simplement un p'tit con .oui, ça, ça n'a pas changé :p Il a beau être du côté de la Lumière, cela ne veut pas dire qu'il ait été le meilleure copain de Harry ;) Et pourquoi tout le monde se tait ? Parce que si tout le monde parlait cette fic ne serait plus classée dans "mystères" !!! XD ! Je sais que ça peut devenir tiré par les cheveux que personne ne sache (ou ne veule) renseigner Zoëlina, mais bon... j'essaie de trouver une explication pour cela qui soit à peu près cohérente et serve l'intrigue. Merci d'être fidèle à la lecture et aux reviews ! A bientôt !
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karine/owitchygirl : Coucou . Euh ? "tof" ? Qu'est-ce que ça veut dire, ça :p Contente que tu aies aimé et que tu aies ri :p Enfin comme je l'ai annoncé plus haut, l'histoire s'accélère vraiment maintenant... enfin surtout à partir du chapitre suivant. J'espère que tu aimeras la suite ;) Ce chapitre-ci est loin d'être mon préféré, mais il contient une scène que j'ai toujours voulu mettre : celle de la fin. Le chapitre est surtout un prétexte pour mettre ce passage ! Enfin, vivement la semaine prochaine ! A bientôt et merci beaucoup pour tes reviews !
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Review s'iou plaît yeux de Patmol battu
