Merci à Little Eve, Nass, Hahn tah Yhel et IIRSI pour leurs reviews !
Sans attendre, voilà la suite !
Chapitre 8
Ou
Sa Majesté fait une mauvaise chute
Le petit groupe qu'ils formaient passa plutôt inaperçu lorsqu'ils sortirent du temple, l'ensemble des autres personnes présentes étant trop occupées à regarder leur chef accueillir en lui un roi Démoniaque.
Mais à l'extérieur, c'était une autre histoire.
A peine avaient-ils fait un pas dehors que les soldats donnaient l'alerte et se lançaient à leur poursuite.
Hilde ne sachant pas se battre, Duo étant dans les vapes, Heero saignant encore et les deux petits vieux manquant sérieusement de motivation pour croiser le fer, ils décidèrent tout simplement de fuir.
- Nous devons trouver un moyen de transport, et rapidement ! déclara Monsieur Jenkels, essoufflé par la course.
Les soldats les perdaient rapidement dans les détours des différentes tentes, mais finissaient toujours par leur retomber dessus.
Au détours d'un des croisements, ils tombèrent sur la carriole dans laquelle Heero et Duo étaient arrivés ici. Sans hésitation, ils se dirigèrent vers cette dernière.
Alors que Monsieur Jenkels aidait à charger Duo à l'intérieur, un soldat arriva derrière Heero et leva son épée. Le jeune chevalier eu à peine le temps de se retourner pour croiser les yeux écarquillés par la surprise du pauvre homme.
En baissant les yeux, Heero vit une épée dépasser largement du torse du soldat. Raven repoussa le corps à terre, et regarda le petit groupe en souriant.
- Vous n'irez pas loin en vous enfuyant comme ça.
Heero le regarda avec colère. Il était prêt à se battre, s'il le fallait, même si son corps ne tiendrait pas longtemps.
Le vieil homme prit la parole.
- A quoi joue-tu au juste, Raven ?
L'homme haussa les épaules.
- A trop rien. Je fais juste ma vie.
- Et maintenant que les démons sont libres, que comptes-tu faire ?
Raven fronça les sourcils.
- Pour l'instant, le vieux, contente toi d'être heureux que j'ai envie de vous aider à vous en sortir.
Et sans les laisser parler plus, il attrapa Heero par la taille et le jeta presque dans la carriole avant de se mettre à l'avant et d'ordonner aux chevaux d'avancer. Heero, trop choqué encore, mit quelques secondes avant de se rendre compte de ce qu'il venait de se passer.
Se tournant vers le vieil homme, il lui demanda durement :
- A quoi est-ce qu'il joue lui au juste ?
Le vieil homme haussa les épaules.
- Raven a toujours été un garçon compliqué.
- Parce que vous le connaissez ?
- Pour pouvoir parler de lui, il me semble logique que je le connaisse.
La carriole passa sur un nid de poule et Heero faillit tomber. Il préféra s'assoir sur le sol en face du vieil homme.
- Je croyais que vous étiez du monde de Duo.
- Eh bien, j'y ai vécu un moment, c'est vrai. Mais je suis originaire de ce monde ci.
- Et vous connaissez Raven parce que… ?
- Je suis le prêtre qui l'a bêni en tant que chevalier d'une des déesses.
Hilde se contenta de soupirer longuement. Elle ne comprenait rien à cet endroit. Voilà qu'il y avait des monstres, des prêtres, des chevaliers… Elle avait l'impression d'être en plein Final Fantasy.
Quand à Madame Meldens… elle ne comprenait pas beaucoup plus, mais elle était juste heureuse d'être là. Elle n'avait pas besoin de tout comprendre pour profiter des choses et, après tout, il n'était jamais trop tard pour tenter de vivre une grande aventure !
Heero regarda le vieil homme, tentant de comprendre comment quelqu'un d'aussi peu distingué pouvait occuper un poste aussi important que prêtre de l'une des cinq déesses. Mais l'agitation d'Hilde l'empêcha de réfléchir plus.
S'étant rapprochée de lui, elle entreprenait de regarder ses blessures et de tenter de faire… quelque chose. A vrai dire, elle était en première année de médecine et ne voyait pas forcément ce qu'elle pouvait faire d'utile face à des trous dans la peau, mais elle pouvait au moins tenter de stopper un peu le saignement.
Quand au prêtre, il préféra veiller un instant le prince, sachant pertinemment qu'il n'était pas prêt de se réveiller après avoir repoussé un démon de son corps.
- J'ai tout de même une question… avança Madame Meldens.
Les deux hommes originaires de l'endroit se tournèrent vers elle en attendant qu'elle la pose.
- Oh, ça ne doit pas être très important, mais j'aimerais tout de même savoir si vous avez une idée de l'endroit où cet homme est en train de nous emmener. Certes, il semble avoir retourné sa veste, mais jusque là, il était un ennemi, non ?
Monsieur Jenkels ouvrit un instant la bouche, mais la referma aussitôt. Il n'avait visiblement aucune idée de l'endroit où Raven était en train de les mener. Mais c'était sans doute en sécurité.
Enfin, normalement.
Aussi, après un petit instant de réflexion, il se contenta de répondre.
- Je pense que tout ira bien.
Hilde soupira agacée.
- Non mais vous vous entendez ? Comment vous pouvez dire que tout ira bien ? On est dans un monde de fous ici ! Ils se poignardent, ils se battent, ils libèrent des démons, répandent le mal, tuent des gens…
Un choc sourd retentit alors, comme si quelque chose avait heurté violemment la carriole qui continuait de rouler à un train d'enfer. Hilde se releva et hurla :
- Et en plus ils sont mal polis !
Un choc plus violent lui répondit, et la carriole fit un écart sur le côté, la jeune fille tomba en arrière mais fut réceptionnée par Heero.
- Qu'est-ce qu'il se passe au juste ? demanda-t-elle à Monsieur Jenkels, le prenant visiblement pour celui qui savait tout.
- Je pense que nous sommes attaqués. Ou bien Raven est vraiment un très mauvais conducteur…
Au moment où ils disaient ça, la carriole sembla soudainement projetée sur le côté, et elle se renversa, glissant un long moment sur le sol.
Quand tout arrêta de bouger, Heero se releva difficilement, ses blessures le faisant souffrir de plus en plus. Il fut soulagé de voir que personne ne semblait trop blessé.
Monsieur Jenkels ouvrit la porte et s'arrêta un instant avant de se tourner vers les autres.
- J'ai deux nouvelles. Une mauvaise, et une un peu plus mauvaise. Par laquelle je commence ?
Hilde soupira en se relevant.
- La mauvaise.
- Visiblement, nous sommes attaqués par des monstres, mais Raven semble s'en occuper.
- Et la plus mauvaise ?
- Nous nous trouvons actuellement en équilibre au dessus du vide. Visiblement, nous longions un ravin depuis un moment…
- Et y a quoi en bas ?
- De l'eau, mais comme c'est très bas, une chute risque quand même d'être fatale.
- Donc, ça fait trois mauvaises nouvelles, marmonna Heero.
Madame Mendels tenta d'être rassurante.
- Mais non, nous allons juste sortir tout doucement pour ne pas tous nous précipiter dans cette rivière tout en bas.
Et sur ces mots, elle se dirigea très calmement vers la sortie, prenant la main de Hilde pour l'aider. La carriole ne balançait pas réellement et, si elle se trouvait très proche du ravin, elle n'était pas tout à fait en équilibre au dessus.
Madame Meldens et Hilde furent rapidement hors de la carriole, et elles furent surprises par le spectacle d'un Raven très occupé à couper des sortes de chiens sans poils, noirs, avec une queue qui semblait faite de flammes, en deux.
- C'est pas… Normal ces trucs, si ? demanda Hilde en regardant les crocs acérées de ce qu'il restait de l'un de ces animaux.
- Non, je ne pense pas que ce soit normal, répondit calmement Madame Meldens en vérifiant que Monsieur Jenkels sortait bien de leur moyen de transport.
- Vous croyez qu'ils vont nous attaquer ? demanda Hilde en voyant Raven retirer sa jambe in extremis de la gueule d'un de ces chiens des enfers.
- Eh bien, comme on dit, qui vivra verra, répondit la vieille femme avec tout le calme dont les personnes âgées pouvaient faire preuve devant une mort prochaine et inévitable.
Hilde ne se sentit pas rassurée du tout, et elle attendit plutôt nerveusement que le chevalier sorte Duo de là.
Ils devaient se mettre à l'abri le plus vite possible et laisser le type en armure noire se faire bouffer par les chiens. Parce que, si elle avait bien comprit, il était quand même méchant, et il avait un peu laissé la même chose arriver à Tristan.
Hilde n'avait pas un fond méchant ! Mais se faire dévorer ne lui disait rien. Et elle était réaliste, elle ne parviendrait pas à tuer une seule de ces créatures.
Mais, alors qu'elle songeait sérieusement à partir en courant sans demander son reste, elle vit avec effrois l'une de ces créatures se tourner vers elle et relever les babines.
Les crocs devaient être encore plus impressionnants vus de prêt, mais elle ne voulait pas le vérifier. Finir entre deux rangées de dents n'avait jamais été son objectif principal dans la vie.
Alors que ce chien sans poils allait se jeter sur elle, elle sentit clairement que de fines mains la tiraient sur le côté. Sans réellement comprendre, elle se retrouva protégée par l'étreinte rassurante de Madame Meldens, et le chien, ne comprenant pas non plus, referma ses crocs dans le vide et continua à courir droit devant lui.
Mais il ne couru pas longtemps dans le vide. Rapidement, il heurta de plein fouet la carriole renversée, achevant de la faire reculer vers le ravin et, finalement, de l'y faire basculer avec tous ses occupants.
Hilde ne parvint pas à s'empêcher de hurler en songeant que son meilleur ami était encore à l'intérieur.
Elle hurla à nouveau lorsque Raven lui toucha l'épaule. Il venait visiblement de venir à bout de l'ensemble de ces créatures.
Monsieur Jenkels se relevait péniblement, dernière personne à avoir réussi à descendre à temps de ce qui serait probablement le tombeau de Duo et de son chevalier.
- On ne doit pas rester ici. D'autres créatures pourraient nous repérer.
Le chevalier noir fit demi-tour sans accorder un seul regard aux eaux tumultueuses qui venaient d'engloutir leur moyen de transport. Monsieur Jenkels, essoufflé par tant d'activités sportives, lui demanda calmement :
- N'est-ce pourtant pas ce que tu attends ? Une autre occasion de sortir ton épée pour combattre ?
Raven ne se retourna même pas.
- Et alors ? Y en a déjà deux qui sont morts, si vous en voulez plus, faut me le dire, je peux toujours arranger ça.
Hilde sentit un sanglot monter dans sa gorge, mais elle réussi à le refouler. Le vieil homme se contenta d'affirmer :
- Ils ne sont pas morts. En tout cas, pas Duo.
Raven haussa un sourcil.
- Ah oui ? Eh bah, si t'as envi d'y croire…
Le chevalier commença à avancer calmement, et les personnes âgées se contentèrent de le suivre. Hilde regarda un instant au fond du ravin, et se contenta de murmurer :
- J'espère qu'il ne se trompe pas…
Puis, comme elle ne savait tout simplement pas où aller ou quoi faire, elle se mit à suivre les trois autres personnes, ne cherchant pas à comprendre pourquoi elle se trouvait ici, et ne réfléchissant pas non plus à la manière dont elle allait bien pouvoir rentrer chez elle.
Au bout d'une dizaine de mètres, Madame Meldens demanda calmement au chevalier noir.
- Maintenant que nous avons un peu de temps pour discuter, peut-être pourriez vous nous expliquer votre soudaine motivation à nous aider.
Le chevalier ne la regarda pas, mais il se contenta de répondre :
- Il ne méritait pas de finir comme ça.
La vieille dame dû comprendre ce qu'il venait de dire, car elle se contenta de sourire et de laisser Raven prendre un peu d'avance. Mais Hilde ne voyait pas ce qu'il voulait dire :
- Qui ne méritait pas de finir comme ça ?
- Tristan, répondit Raven avant de se murer dans un silence inconfortable.
Monsieur Jenkels se contenta de sourire, reconnaissant parfaitement Raven dans ce genre de motivation.
Le jeune homme avait toujours suivit la voie qui lui semblait la meilleure. Et si la raison qui l'avait poussé à trahir les déesses restait un mystère, elle devait néanmoins exister.
La mort de Tristan n'avait pas été belle, et cela était largement suffisant à Raven pour décider de changer totalement de camp.
Les grands idéaux ne l'avaient jamais intéressés, seuls les actes de chaque personne comptaient à ses yeux.
Et si ce qu'il faisait n'avait pas toujours de sens pour le commun des mortels, lui, comprenait toujours ce qui le guidait.
En tout cas, c'était ce que Monsieur Jenkels pensait avoir comprit de la manière d'agir de Raven, mais il ne connaissait pas tout de lui, loin de là.
Alors que les quatre nouveaux compagnons cheminaient doucement vers le nord, bien plus au sud, une jeune fille allait tout simplement à la rivière pour y jeter des cailloux.
Pendant qu'elle faisait des ricochets de plus en plus longs, elle vit quelque chose qui flottait au loin.
Curieuse de nature, elle se posta un peu plus en hauteur pour regarder ce que cela pouvait bien être. Elle ne vit que quelques morceaux de bois, probablement mis en pièce par le courant.
Déçue que ce ne soit pas quelque chose de plus extraordinaire, tel qu'un animal de légende ou un beau jeune héros blessé, elle redescendit de son perchoir pour jeter rageusement quelques cailloux de plus, maudissant le destin de ne jamais rien lui apporter.
Alors qu'elle jetait une pierre un peu plus rageusement, elle entendit distinctement un râle de douleur juste après un bruit mat.
En se penchant en avant, elle vit ce qui avait tout l'air d'un chevalier peu consciencieux de son apparence.
Des cheveux trop longs, une barbe de quelques jours, des vêtements en lambeaux et du sang partout, elle se dit que le destin se foutait de sa gueule.
Il y avait tout de même une grande différence entre beau prince et chevalier pouilleux.
Mais Réléna avait tout de même du cœur, aussi, elle se pressa de rejoindre le jeune homme pour vérifier s'il était possible de le sauver.
Et alors qu'elle allait lui demander s'il allait bien, le jeune homme se contenta de tendre le doigt dans une direction bien précise.
Se tournant de ce côté, elle vit un autre garçon aux longs cheveux, qui ne bougeait plus. Il semblait en meilleur état que l'homme à ses côtés. En se retournant vers l'inconnu, elle se contenta de lui faire un sourire rassurant.
- Ne vous en faîtes pas, je m'occupe de tout.
Et, alors que l'inconnu perdait connaissance, elle retroussa ses manches. Elle allait avoir du pain sur la planche.
Elle ne le savait pas, mais celui qu'elle sauvait, c'était Sa Majesté.
A suivre...
Bien, j'espère que cette histoire vous plaît toujours ^-^ N'hésitez pas à donner vos commentaires, vos impressions et que sais-je encore !
A très vite !
