Bon, celui-là m'est venu comme l'envie de manger une glace : sans me demander mon accord. Tout ça pour dire que ne m'en voulez pas trop de l'embêter à nouveau. Je l'aime ce p'tiot mine de rien.

P.S. : Un petit big up à Akane, qui me laisse des reviews en anonyme. Désolé de t'avoir perdu avec le changement de titre, et heureux que ça te plaise toujours.

P.S.S : Et merci à ceux qui lisent sans laisser de reviews, je vous aime aussi - moi non plus je ne laisse pas toujours de reviews, c'est pas grave.


Ce ne fut qu'une nuit.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il s'attendait à la main de son frère dans la sienne. Il s'attendait à la présence rassurante de celui qui jusqu'au bout, serait rester son âme-soeur – dans le sens le plus noble du terme, de celui dont-il ne pourrait jamais se passer, se séparer, malgré tout ce qu'il avait pu tenter. Mais il n'y eut que le froid, que l'obscurité d'une chambre de motel, les ombres jouant sur les murs cloqués et pourris.

Il était seul, roulé en boule sur un canapé à l'odeur d'amoniaque et de cuir vieilli. Des bouteilles brunes roulaient calmement sur le parquet abimé tandis que le bruit silencieux de la pluie martelant le toit lui parvenait. Il était seul, et ce fut sans doute là sa plus grande peur.

En se levant d'un bond, il poussa la couverture, s'élança vers la porte du motel pour en tirer la poignée. Mais alors qu'il en sortait, s'élançant avec espoir, il ne découvrit que la même chambre, le même papier peint abimé, les mêmes bouteilles. Il courut à la fenêtre, observa une seconde la nuit noire à l'extérieure et l'enjamba, prêt à sentir l'eau ruisseler sur son corps; Mais ce ne fut que la chambre, le vent qui soufflait dans son dos et le hululement d'une chouette à l'horizon.

Pendant une éternité, il tenta de s'échapper de là. Inlassablement. Même lorsqu'il réussit à sortir, ne quittant pas l'extérieur du regard, il suffit d'un clignement malheureux pour se retrouver sur le plancher du motel. Et l'eternité pris son droit, alors qu'il s'épuisait à vouloir s'échapper. S'épuisait à tenter de sortir de cette pièce. À tenter de récupérer sa liberté.

Et l'éternité passa, laissant place à une autre éternité. Et une autre. Dans un infini ballet sans début ni fin, elles s'enchainaient, traitresses, menteuses, lueurs d'espoir.

Jusqu'à ce qu'il cède, qu'il s'effondre sur le canapé, s'enroule dans la couverture pour ne plus bouger, s'apprêtant silencieusement à ne plus jamais se mouvoir d'ici. À ne plus jamais voir autre chose que ces quatre murs, cette pièce qu'il n'arrivait pas à quitter, ces deux lits vides et tirés à quatre épingles qui le narguaient dans le silence de la pièce.

Il céda en pleurant. Ceda brutalement. Et pour la première fois, il eut droit à un moment de répit.

Il ne put sortir de la pièce. Il n'eut pas le droit de s'échapper, de courir. Mais l'obscurité s'éloigna à l'extérieur. La fenêtre ne grondait plus sous les assaults du vent et de la pluie. Un Soleil, de l'herbre, et le visage rayonnant de son frère et de lui-même, se sautant dessus pour se chamailler. Combats affectueux devant lui. Un Bobby plus jeune qui observait la scène, un Père Jim qui discutait à voix basse avec lui.

Mais juste eux deux. Toujours eux deux. Jamais qu'eux deux.

Et si la nuit refit surface. Si la pluie tomba à nouveau. Et si Sam ne sut jamais qui lui permit ce souvenir, il sut au moins une chose : il avait tenu une nuit. Une nuit de plusieurs éternité.

Il tiendrait une seconde s'il le fallait.

Il tiendrait.

Parce que Dean arrivait.