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[La neige tombait à un rythme régulier sur le sol d'ores et déjà recouvert d'un blanc immaculé. La température était fraîche, mais plutôt agréable et, quoi qu'il en soit, le simple fait de penser à la période des fêtes ainsi qu'à la dégustation de chocolats chauds brûlants devant la cheminée suffisait à réchauffer les corps.]
Oula, alors dans un univers parallèle, peut-être bien mais, en attendant, chez moi, il pleut, le chauffage fonctionne par intermittence et je déteeeeste le chocolat chaud... En tout cas, si votre noël est sur le point de ressembler à ce que j'ai décrit plus haut, c'est vraiment tant mieux !
D'ailleurs... Quelle meilleure occasion pour publier un nouveau chapitre que le jour du réveillon ? Autre petite surprise : les six premiers chapitres ont été entièrement corrigés ! :p
Sans plus de bavardages inutiles, je vous souhaite une bonne lecture, un réveillon mémorable ainsi qu'un joyeux noël avec un peu d'avance !
Meadow
Chapitre 8 : Le pouvoir des émeraudes
Après cet aveu, le sorcier se sentit obligé de laisser à nouveau place au silence et attendit donc patiemment qu'il soit brisé par Lily, ce qui fut le cas après plusieurs minutes.
- Il est… Coincé entre les deux mondes, articula-t-elle en détachant lentement sa tête de lui.
En guise de réponse, le Serpentard afficha un simple air interrogatif.
- Voldemort –l'homme dut retenir un frisson en entendant son nom- lui a lancé un Avada, mais au lieu de le tuer, il n'a fait que détruire la partie de son âme qui vivait en Harry.
De grâce, enfin une bonne nouvelle…
- Le fait est que, même s'il n'a rien, poursuivit la jeune femme, Harry se trouve tout de même là où seuls les gens sur le point de rejoindre ce monde sont censés être. Ce n'est pas sa place, il faut qu'il retourne chez les vivants.
- Alors qu'attend-il pour le faire ?
Par Merlin, ce gamin avait décidément un don universel pour lui faire perdre son sang-froid…
- Il n'a aucune idée de ce qu'il est censé faire. Il ne sait même pas où il se trouve...
C'était bien ce qu'il craignait… Saint-Potter était à nouveau en train de jouer l'enfant gâté qui refuse de faire un pas en avant sans que la moitié du monde magique ne soit derrière lui pour l'inciter à avancer. Quand apprendrait-il enfin à se débrouiller par lui-même ?
- Albus n'a donc pas jugé bon de lui expliquer tout cela en détail ? questionna-t-il à nouveau tout en masquant son irritation.
- Albus ne peut pas aller le voir Sev'. L'endroit ou Harry se trouve, celui où tu étais il y a encore quelques jours à peine, ne fait partie ni de ce monde, ni de celui des vivants et, en dehors du jour de notre propre mort, on ne peut s'y rendre qu'une seule fois.
- Alors…
- Lui et moi, nous ne pouvons plus y retourner.
A mesure que la colère l'envahissait, le maître des potions pouvait sentir le sang lui monter à la tête, l'obligeant à fournir un effort surhumain pour paraître calme.
Le vieillard le savait. Il savait forcément qu'il ne pourrait pas y retourner une seconde fois et pourtant, il avait préféré gâcher sa chance en venant… S'assurer de son état mental plutôt que d'informer l'Elu des dernières informations essentielles qui lui permettraient de mettre fin à la guerre. Tout cela pour quoi ? Pour l'obliger à s'en charger, bien évidemment ! Dix-huit années d'espionnage et de bons et loyaux services en tous genres n'avaient décidément pas suffi à satisfaire l'insatiable soif de délégation d'Albus Dumbledore.
Non, c'était définitif, jamais l'ex-mangemort ne pourrait connaître la paix et la tranquillité et ce où qu'il soit. Quelque chose lui disait que, même s'il choisissait de disparaître définitivement, le vieux fou serait tout de même capable de trouver un moyen de le ramener dans ce monde et de lui assigner une mission quelconque.
- Malheureusement, il l'a appris il y a quelques heures et, de mon côté, je n'en savais absolument rien non plus… continua Lily.
Bien que méfiant quant à la véracité de cette première information, Severus put sentir une partie de ses nerfs se détendre et sa colère s'apaiser un tant soit peu. Quelque chose pouvait donc échapper à l'omniscience d'Albus Dumbledore… Intéressant.
- Sev', il faut que tu ailles lui parler.
- Que… Quoi ?
L'homme se surprit lui-même à formuler un argumentaire si mûrement réfléchi et se fit la réflexion qu'il n'y avait pas grand-chose au monde qu'il détestait davantage que de se faire à ce point prendre au dépourvu. Voyant que Lily ne changeait pas d'attitude, il jugea indispensable de lui faire plus expressément part de ses pensées.
- Lily, je suis la personne qu'il exècre le plus. J'ai fait de sa vie à Poudlard un enfer et il ne m'a jamais considéré comme autre chose qu'un fidèle Mangemort qui a creusé la tombe de ses parents. Je peux t'assurer que je lui inspire plus de dégoût que le Seigneur des Ténèbres en personne. Pour couronner le tout, il n'a jamais pris la peine de m'écouter ne serait-ce qu'une fois en six années et il n'y a aucune raison pour que les choses changent. J'aurai beau lui dire n'importe quoi, il prendra toujours un malin plaisir à ignorer la moindre forme d'autorité.
- Ça n'a rien à voir avec l'autorité Sev', tu dois simplement lui parler et l'aider à trouver une solution.
- Mais… Je n'ai pas la moindre idée de ce que je pourrais lui dire et, quand bien même je le ferais, en quoi mes mots pourraient-ils avoir le moindre impact ?
- Parce que tu ne lui diras pas ce qu'il a besoin d'entendre, mais ce qu'il doit entendre. Je croyais que tu ne considérerais ta mission terminée que lorsque Harry débarrasserait le monde magique de Voldemort ? Eh bien il n'y a pas d'autre moyen d'y parvenir.
Le sorcier garda le silence, bien trop absorbé par ses pensées. Il ne reprit pleine conscience qu'une fois que la main de la Gryffondor fut posée sur sa joue.
- Fais-le pour moi, s'il te plaît.
Après plusieurs secondes d'hésitation, ses lèvres remuèrent.
- Je vais voir ce que je peux faire.
Le léger sourire que la Gryffondor lui offrit eut pour effet de faire disparaître la totalité de ses doutes et réticences. Elle déposa ensuite un doux baiser sur ses lèvres et le sorcier ferma alors brièvement les yeux. Il ne les rouvrit que lorsque la jeune femme s'écarta sensiblement.
- Comment dois-je m'y prendre pour le rejoindre ?
Avec attention, il observa Lily se décoller de lui, puis se lever, avant de se rendre jusqu'à la cheminée. Il n'avait jamais prêté attention à la minuscule fiole blanche qui se trouvait sur la tablette au-dessus du foyer, bien qu'elle ne soit on ne peut plus visible. La Gryffondor revint vers lui en la tenant entre ses doigts et, lorsque l'homme se releva, elle la lui tendit.
- Tu dois simplement boire ça.
En le prenant, il songea que le flacon était assez semblable à ceux dont il se servait pour conserver du Veritaserum, hormis le fait que celui-ci était opaque, tandis que le maître des potions préférait de loin utiliser des fioles transparentes, afin de pouvoir constamment apprécier la beauté des liquides qu'il confectionnait.
- Pour revenir ici, il te suffira de poser à nouveau ta main sur l'obélisque.
- J'avoue ne pas avoir réellement prêté attention au chemin que nous avons emprunté.
- Ne t'en fais pas, si tu le cherches, tu n'auras aucun mal à le trouver.
A nouveau, il posa les yeux sur la fiole avant de retirer le bouchon qui la gardait hermétiquement fermée. Avec un dernier regard pour Lily, il avala le liquide dénué du moindre goût et la dernière chose qu'il vit fut un sourire de reconnaissance sur son visage.
L'instant d'après, il se retrouva dans un lieu immense et vide, baigné par la lumière. Il fallut au sorcier quelques secondes afin de s'habituer à ce blanc immaculé mais, une fois cela fait, il se mit immédiatement à la recherche de Potter junior.
Contrairement à la première fois où il s'était rendu dans cet endroit, une étrange brume l'entourait et semblait lui masquer le restant du décor. Ce n'est que progressivement que le sorcier put déceler ce qui se trouvait autour de lui : un grand dôme de verre s'étendait sur une distance impressionnante au-dessus de sa tête, tandis qu'il marchait sur un sol lisse et brillant. Lorsqu'au loin, parmi cette apparente étendue de vide, il discerna une masse informe, il accéléra le pas tout en prenant soin de se montrer parfaitement silencieux.
Bientôt, il reconnut la silhouette de l'Elu. Il était assis par terre, habillé d'une robe de sorcier et avait son regard fixé sur quelque chose dont on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un enfant si l'on n'y prêtait qu'une brève attention. La créature, recroquevillée sous un siège, semblait agoniser. Sa peau, nue, était à vif et quelque chose faisait naître en Severus une incroyable crainte mêlée à du dégoût en regardant cette chose lutter pour respirer.
Ses yeux se détachèrent automatiquement de ce spectacle affligeant lorsqu'il vit le Gryffondor lever très lentement une main en direction de la créature. L'homme se mit alors à ignorer parfaitement les pitoyables bruits qu'elle émettait et se rapprocha rapidement.
- Potter !
Curieux… Sans même y réfléchir, il l'avait interpellé de la même manière que lors de son premier cours de potions… Devait-il prendre cela pour un mauvais signe ?
En retour, l'adolescent se retourna vivement et se contenta de le dévisager pendant quelques secondes, les yeux ronds. Le Serpentard nota l'absence de lunettes sur le nez du garnement.
- Snape ?
- Toujours aussi perspicace, Potter.
La remarque ne fit même pas ciller le Gryffondor, qui se contentait de conserver son air choqué.
- Mais… Vous êtes…
- Mort, effectivement, merci de m'y faire songer.
Les mots semblaient manquer à l'adolescent, une première… Étonnement, la présence de Potter junior lui était bien moins insupportable lorsque ce dernier se retrouvait dépourvu de son arrogance habituelle. Quoi qu'il en soit, Severus devait garder en tête que s'il était ici, c'était pour l'aider et non pas pour sauter sur l'occasion pour régler ses comptes.
- Pouvez-vous m'expliquer ce que vous fabriquez assis par terre ?
- Je… se contenta-t-il d'articuler en fixant piteusement l'étrange créature.
Un éclair de compréhension traversa soudainement l'esprit du sorcier.
- Vous n'avez tout de même pas l'intention de tenter quelque chose pour… L'aider ?
L'air qu'afficha l'Elu fut une réponse suffisante aux yeux du Serpentard.
- Stupide garnement, marmonna-t-il pour lui-même avant de reprendre d'une voix normale, éloignez-vous de cette chose, Potter.
Voyant que le Gryffondor ne bougeait pas, il insista.
- C'est un ordre.
Bien qu'il n'eût aucune raison particulière pour lui obéir, le jeune sorcier se leva et s'éloigna de la masse informe qui continuait de produire des gémissements, ainsi que des coups sourds réguliers.
- Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il a ?
- Ces questions n'ont aucune importance.
- Il n'y a rien que l'on puisse faire ?
- Non.
Le silence s'installa et le Gryffondor fit un nouveau pas en arrière avant de poser les yeux sur son aîné.
- Je suis mort ?
- A votre avis, Potter ?
- Si je vous pose la question, c'est que je n'en sais rien, répliqua-t-il, une pointe de frustration mêlée à de la colère perceptible dans la voix.
- Non, vous ne l'êtes pas.
- Comment est-ce possible ?
- L'utilisation d'un muscle que vous ne sollicitez assurément que trop peu devrait vous permettre de trouver la réponse à cette question.
Merlin, la tâche s'annonçait bien plus difficile que prévu… Il fallait qu'il se reprenne avant de se mettre définitivement le garçon à dos sans pouvoir espérer l'aider à quitter cet endroit.
- Venez avec moi, dit-il simplement d'un ton sensiblement moins dur.
Tout en parlant, il commença à avancer et même si l'adolescent mit quelques secondes avant de réagir, il se résigna finalement à le suivre. La tension que l'ex-professeur de potion avait réussi à faire émerger du jeune sorcier en quelques mots était palpable et il espérait qu'un peu de marche pourrait lui rendre une partie de son calme, ce qui lui faciliterait la tâche.
- Je ne vous apprendrais rien en vous disant que lorsque le Seigneur des Ténèbres a tenté de vous tuer alors que vous n'aviez qu'un an, il a, sans le vouloir, fait de vous son septième horcruxe. Cette fois encore, en cherchant à vous supprimer, il a commis une grossière erreur et, au lieu de vous atteindre, il n'a fait que s'affaiblir lui-même.
- Alors… La partie de son âme qui vivait en moi a disparu ? Pour de bon ?
Quelle rapidité d'esprit, ne put s'empêcher d'ironiser mentalement l'homme.
- Oui.
- Mais pourtant, c'est bien sur moi qu'il a lancé l'Avada et c'était bien moi qu'il voulait tuer alors comment se fait-il que je ne sois pas mort ?
- L'autre erreur qu'il a commise était d'user de votre sang pour retrouver une enveloppe corporelle. En faisant cela, il n'a fait que renforcer le lien qui vous unissait déjà.
- Pourquoi ?
- Parce que vous demeurez sous la protection de votre mère, Potter, et que, par conséquent, le Seigneur des Ténèbres dispose également d'une partie de cette protection. Tant qu'il sera en vie, vous le resterez aussi.
Le garçon sembla assimiler lentement l'information et toute trace d'animosité émanant de lui avait désormais disparue. De ce fait, le maître des potions décida de changer sa trajectoire et s'installa sur l'un des nombreux sièges, tous alignés, qui venaient visiblement d'apparaître. Après quelques secondes, Potter junior daigna s'asseoir également, à sa gauche.
- Professeur…
- Au cas où la chose n'aurait toujours pas percuté votre esprit, je ne suis plus votre professeur, Potter.
- Je… tenta-t-il simplement avant de pousser un soupir de frustration en se prenant sa tête entre ses mains.
Une frustration due à son propre manque de coopération, nota le Serpentard.
- Posez votre question.
Bien que réticent, l'adolescent finit tout de même par parler.
- Tout ce que j'ai vu dans la pensine était réel, n'est-ce pas ?
- Bien sûr que non Potter. Vous savez mieux que quiconque que je suis et resterai toujours un serviteur aveugle des forces du mal dont l'objectif ultime est de vous voir tomber entre les griffes du Seigneur des Ténèbres. N'est-ce pas ?
Son regard noir planté dans celui, vert, de son interlocuteur, Severus s'appliquait à adopter une expression allant de pair avec l'implacable froideur de son ton. Sur le visage du Gryffondor, il décelait la présence ténue du choc, ainsi qu'un indéniable malaise. Jugeant avoir parfaitement réussi son effet, l'ex-mangemort détourna les yeux. Lorsque Potter junior parla –après un long silence-, sa gêne avait inexplicablement laissé place à une certaine décontraction.
- Est-ce que vous…
- Non.
- Mais…
- N'avez-vous donc pas le sentiment d'avoir suffisamment violé ma vie privée comme cela ?
- Mais ce n'est pas ma…
- Suffit, Potter. Je ne suis pas venu ici pour répondre à vos questions me concernant.
Suite à cette remarque, le jeune sorcier se mit à maugréer et, parmi ses paroles, son aîné ne parvint à discerner qu'une bribe de phrase semblable à : « pas venu… répondre tout court ». En posant à nouveau les yeux sur lui, le Serpentard se rendit compte à quel point son comportement (et tout particulièrement ses bras croisés et son regard désormais tourné à l'opposé de lui) lui rappelait quelqu'un…
Patiemment, l'homme attendit que le garnement finisse de bouder.
- Où sommes-nous ? demanda finalement ledit garnement.
- Quelque part entre votre monde et le mien.
- Et… Si je ne suis pas mort, ça veut dire que je dois retourner là-bas ?
Le sorcier haussa un sourcil tout en se remettant à observer le garçon.
- Cela vous poserait-il un quelconque problème ?
- Non, non, c'est juste que… Je… commença-t-il avant de soupirer. Laissez tomber.
Vraiment, le spectacle de Potter junior dénué de toute confiance en lui et visiblement abattu était on ne peut plus… Improbable et cette attitude le faisait également paraître plus jeune.
- Monsieur Potter, pourquoi vous êtes-vous décidé à rejoindre le Seigneur des Ténèbres dans la forêt interdite ?
La question sembla quelque peu surprendre l'adolescent, pourtant, il ne mit que quelques secondes pour y répondre.
- Parce qu'il a menacé de s'en prendre à mes amis et à des innocents si je ne le faisais pas.
- Votre sottise typiquement Gryffondor est tout à votre honneur, mais je ne réitérerai pas la question une troisième fois : pourquoi avez-vous délibérément fait face au Seigneur des Ténèbres ?
Heureusement pour l'ex-mangemort, à défaut de s'emporter, le rouge et or sembla réfléchir activement.
- Parce que… J'étais prêt à mourir, répondit-il après de longues secondes.
- Non.
Si, précédemment, l'adolescent avait réagi avec calme, le Serpentard était persuadé que cela ne durerait pas s'il ne se donnait pas la peine de poursuivre.
- Vous l'avez fait parce que vous vous savez prêt à affronter votre destin. Vous avez compris qu'il était temps pour vous de mettre fin au règne de terreur qu'il a instauré et ce, peu importent les conséquences.
Le jeune sorcier considéra les paroles de son aîné et, lorsqu'il releva les yeux vers lui, Severus comprit, à son grand étonnement, qu'il avait su trouver les bons mots. Cependant, après quelques secondes, le rouge et or baissa à nouveau le regard.
- Il a la baguette de Dumbledore…
Bien qu'il ne pouvait pas en être certain, le maître des potions était convaincu que cette simple phrase n'était qu'un très bref aperçu de toutes les appréhensions que ressentait le Gryffondor. Machinalement, il se leva et vint se placer en face de lui.
- Dites-vous bien une chose, c'est que vos parents ne sont pas morts en vain, articula-t-il d'une voix plus basse et grave qu'à l'habitude, me suis-je bien fait comprendre ?
Après quelques secondes, il le vit acquiescer. A travers ses yeux verts, l'homme pouvait déceler une forme de confiance, mais aussi de la détermination et, pour une fois dans sa vie, il ne considéra pas celui qui se trouvait devant lui comme l'arrogante progéniture de son pire ennemi, mais bien comme le fils de Lily.
- Bien, continua-t-il sur le même ton, désormais, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Sans plus de cérémonie, le sorcier fit un pas en arrière, puis un second, avant d'entamer un demi-tour, mais il se fit rapidement stopper par un adolescent de toute évidence pris au dépourvu.
- Pro… Monsieur, vous pourriez… Enfin…
D'ordinaire, le maître des potions se serait indéniablement contenté de hausser un sourcil et d'attendre que le Gryffondor se décide à cracher le morceau en lui balançant au passage quelques piques de son cru mais, cette fois, il se contenta de faire instinctivement apparaître, sur le siège que le jeune sorcier venait de quitter, un bout de parchemin, une plume, une enveloppe ainsi que le nécessaire pour la cacheter.
- Dépêchez-vous.
Avec frénésie, il s'empara de la plume, s'accroupit et commença à griffonner sur le parchemin avec une concentration dont il n'avait jamais fait preuve en six années de cours de potions réunies. Lorsqu'il eut fini, il le plia, le rangea à l'intérieur de l'enveloppe et la scella soigneusement, après quoi il la tendit à l'homme qui la déposa avec précaution dans la poche intérieure de sa cape.
- Merci, dit-il avec reconnaissance.
En retour, le sorcier hocha sensiblement la tête avant de s'éloigner, comme il en avait eu l'intention plusieurs minutes auparavant. Malheureusement, il n'eut pas l'occasion de faire plus de quelques mètres.
- Monsieur ?
Partagé entre l'agacement et l'intrigue, Severus s'arrêta à nouveau, mais ne se contenta, cette fois, que de tourner légèrement la tête.
- Je… Je suis désolé de vous avoir traité de lâche, vraiment.
Lentement, il se retourna, puis se mit à détailler avec stupéfaction l'air d'excuse sincère que l'adolescent était en train d'afficher. Son étonnement était tel qu'il eut besoin de plusieurs secondes afin de pouvoir lui répondre.
- Excuses acceptées. Bonne chance, Potter.
Ses derniers mots furent prononcés avec un ton des plus inhabituels pour le Serpentard, et ce tout particulièrement envers le garçon. Sans plus attendre, il se mit à la recherche de l'obélisque et, si Harry avait ajouté quoi que ce soit après cela, il ne l'entendit plus.
