Disclamer: Rien ne m'appartient, tout est à JK Rowling et à BajaB qui me permet de traduire sa fic.
Bonjour, bonjour, voilà l'avant dernier chapitre, avec beaucoup de retard, nous en sommes fort désolées, cependant, il est clair que vu le nombre de reviews que nous avons eu, comparé au travail de traduction fourni (sérieusement, vous avez vu la taille des chapitres?) ça ne nous a pas vraiment encouragé à se dépêcher, donc je le répète les gens: SI VOUS AIMEZ, LAISSEZ VOS COMMENTAIRES!
Commençant les cours dans peu de temps, vous avez de la chance, le dernier chapitre est déjà en court de traduction et arrivera bientôt.
Bonne lecture!
Chapitre 8: Face à face
Dernière édition de la Gazette du Sorcier:
Loi sur l'Enregistrement des Sangs-Purs adoptée par le Ministère
Le Ministre de la Magie, Gilderoy Lockhart célèbre la première d'une longue lignée de mesures
Le Ministre de la Magie, et six fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur décerné par Sorcière Hebdo, Gilderoy Lockhart, a montré aujourd'hui son engagement à renforcer le monde magique, en adoptant la loi très controversée sur l'enregistrement des Sangs-Purs.
…
« Cet article reconnaît tout simplement les familles qui ont fait preuve d'un remarquable engagement au Monde Magique sur plusieurs générations de service dévoué, » a déclaré le Ministre « Tout le monde peut s'inscrire, en venant au Ministère et en fournissant des documents valables sur votre arbre généalogique. »
…
Quand interrogé sur la valeur d'une énième loi sur la généalogie sorcière, le Ministre répond que « Encourager les Sorcières et Sorciers à être fiers de leur héritage est une noble cause qui ne peut que mener à une amélioration de la population sorcière à venir. »
…
L'enregistrement n'est pas obligatoire, mais promet de nombreux bénéfices en contrepartie d'une petite cotisation d'entrée.
Hagrid déposa les énormes tasses à thé devant ses invités avant de prendre place. N'étant pas la personne la plus recommandée dans les dîners guindés, il faisait aujourd'hui de son mieux pour être agréable et serviable.
« Je vous ai fait venir tous les deux, Ron, et Hermione, parce que, et bien parce que... »
Il prit une grande inspiration avant de se forcer à lever les yeux de ses mains tremblantes qu'il tordait dans tous les sens.
« Ce que j'essaie de dire, c'est, et bien, je suis désolé pour l'état dans lequel vous m'avez vu l'autre jour, » termina-t-il rapidement pour en finir. « Je n'aurais pas dû boire dans l'enceinte de l'école, et à une heure de cours, et je n'aurais sûrement pas dû ouvrir la porte alors que j'étais dans un état pareil. C'était odieux de ma part de vous faire subir de genre de chose, et j'espère que vous pardonnerez. »
Son discours terminé, Hagrid attrapa sa tasse et but nerveusement une grosse gorgée, n'osant pas croiser son regard honteux avec ceux du jeune couple devant lui qui devait probablement se sentir aussi mal-à-l'aise que lui.
« Oubliez ça, Hagrid, » rigola Ron, prenant totalement au dépourvu le garde chasse. « Vous ne pensez tout de même pas que je n'ai jamais vu quelqu'un de soûl de ma vie quand même? J'ai deux grands frères qui sont assez âgés pour s'imbiber légalement d'alcool, et des douzaines d'oncles et de tantes qui aiment tâter de la bouteille de temps en temps. Ma tante Muriel pourrait vraisemblablement vous en donner pour votre argent lors des réunions de familles. »
« Il n'y a rien à pardonner, Hagrid, » approuva Hermione, en posant une main apaisante sur la sienne. Ses doigts fins avaient l'air de ceux de bébés à côtés des mains massives de Hagrid. « On comprend. Ça n'a pas dû être une année facile pour vous non plus. »
Hagrid soupira de soulagement, et sortit un mouchoir à poids de l'une de ses nombreuses poches pour essuyer les larmes qui, ces temps-ci, avaient l'air de toujours vouloir couler.
« Je ne me rappelle pas très bien, » avoua-t-il, après quelques minutes d'un silence gênant. « J'espère que je n'ai rien dit de trop embarrassant, et je comprendrai très bien si vous m'en vouliez pour ça. »
« Non, Hagrid, » répondit Hermione. « C'est plutôt le contraire en fait. Vous nous avez parler d'avoir essayer de prendre la place de Harry à Azkaban. C'était très courageux de votre part. »
Juste entendre le nom de Harry fut comme un coup de poignard dans la poitrine de Hagrid.
« Vous pensez qu'il va bien? » demanda-t-il, avant d'avoir pu s'empêcher.
« Sans aucun doute, » répondit Ron immédiatement.
La conviction sans faille dans sa voix apaisa un peu le grand cœur du demi-géant.
« Moi aussi, » opina Hagrid solennellement. « Très bien, passons à autre chose. Je vous ai demandé de venir pour autre chose que pour m'excuser. J'ai quelque chose pour vous deux. »
Il se leva de table et se dirigea d'un pas affairé vers une pièce annexe. Quand il revint, une magnifique chouette blanche était joyeusement perchée sur son énorme épaule.
« Hedwige! » s'écria Hermione fiévreusement.
La chouette s'envola avec grâce de l'épaule de Hagrid et se posa en douceur sur la table en face de Hermione.
« Elle est revenue juste ce matin. Je ne sais pas où elle était, ou pourquoi elle est soudainement revenue, mais je suppose que Harry aimerait que l'un d'entre vous prenne soin d'elle, » expliqua Hagrid. « Je le ferais bien, mais je pense qu'elle sera plus heureuse si on faisait appel à elle plus souvent, si vous voyez ce que je veux dire, et je n'ai pas vraiment grand monde à qui envoyer des lettres. Vous, les jeunes, vous n'avez pas de chouette, n'est-ce pas Hermione? »
« C'est très gentil de votre part, Hagrid, » dit Hermione, en ayant l'air soudainement excitée. « Mais j'ai une meilleure idée. »
Hagrid regarda avec une certaine confusion la jeune sorcière plonger dans son sac et en sortir une plume et du parchemin. Elle écrivit rapidement quelques mots et plia le parchemin avant de le montrer la chouette.
« Hedwige, est-ce que tu peux apporter ça à Harry pour moi s'il te plait? » s'enquit-elle.
L'oiseau tendit avec obéissance sa patte pour que la jeune fille puisse y attacher la lettre.
« Tu penses que ça va marcher? » demanda Ron, en faisant écho à ce que Hagrid se demandait. « Aucun des autres oiseaux ne l'a trouvé. »
« Elle est très intelligente, » répondit Hermione, en attachant avec précaution la lettre. « Et si Harry doit faire confiance à quelqu'un, ça sera évidemment elle. »
La lettre soigneusement nouée, la chouette bondit de la table et sortit par la petite fenêtre de la maison de Hagrid.
« J'ai aussi quelque chose pour toi Ron, » dit Hagrid en cherchant dans l'une de ses grandes poches.
« Ça fait un bon bout de temps qu'il est avec moi. Mais j'oublie à chaque fois de te le dire, parce qu'il n'arrête pas de se cacher, » expliqua Hagrid, en farfouillant à l'intérieur de son manteau. « Cela dit, on dirait qu'il a essayé de se blesser mortellement. Je lui ai donné du Fortifiant, de temps en temps, mais il n'a pas l'air de vouloir se remettre? Ah, le voilà. »
Hagrid tendit ses mains pour que Ron et Hermione puisse voir ce qui était pelotonné à l'intérieur.
« Croûtard! » s'exclama Ron gaiement.
Elle sentait qu'elle était proche.
La magie pulsait avec force maintenant, un bruit sourd résonnant dans son esprit et exigeant libération, mais sans pourvoir trouver de sortie adéquate.
La brève lettre qu'elle était venue chercher après tout ce chemin claquait dans le vent de son vol; en témoignage de sa nature exceptionnellement sensible.
Elle sentait son maître se rapprocher à chaque battement d'aile qu'elle donnait, mais n'arrivait pas à le localiser avec précision. C'était comme s'il n'était pas vraiment là.
Un énorme et terrifiant oiseau de proie entra dans son champ de vision, faisant des acrobaties aériennes au dessus du terrain de Quidditch qui était normalement le domaine des sorciers maladroits avec leurs encombrants balais.
C'était normalement quelque chose de craint parmi tous les autres oiseaux, mais celui là appelait sa magie comme aucune autre créature ne l'avait jamais fait.
Aucune excepté son maitre.
Le soleil avait déjà disparu derrière l'horizon quand Ron et Hermione quittèrent la cabane de Hagrid. Il ne faisait plus vraiment attention au couvre feu ou à l'heure du dîner, ayant appris depuis quelques temps déjà à ne plus s'inquiéter pour ce genre de futilité dans leur emploi du temps.
« Je n'arrive pas à croire que Hagrid a trouvé Croûtard, » répéta Ron pour la dixième fois alors qu'ils cheminaient vers le château. « Ne t'inquiète pas mon vieux, » murmura-t-il au rat. « On va te ramener à l'intérieur et je te nourrirais correctement. »
« Ron, tu réalises que Hagrid ne se rappelle pas avoir vu le crochet du Basilic? » s'enquit Hermione.
« Quoi? Ah, oui. Et bien quoi? On n'aura qu'à lui montrer une nouvelle fois quand Dumbledore sera revenu – et qu'il sera sobre, » répondit Ron, sans cesser de s'inquiéter pour son rat.
« Je me disais qu'on pourrait peut-être l'emmener au Professeur Lupin, avant d'aller voir le Directeur – pour avoir un second avis, » expliqua Hermione.
« Lupin? Pourquoi pas. Vu que Hagrid a déjà confirmé nos soupçons, je suppose que l'avis de Lupin ne peut pas faire de mal, et ça nous fera plus de poids devant Dumbledore – C'est quoi ton problème, crétin de rat? Reste tranquille – AIE, il m'a mordu! »
Le rat se tortilla entre les doigts de Ron, tomba par terre, et s'enfuit en trottinant dans l'herbe.
« Croûtard! » appela Ron, paniqué. « Reviens! Par ici, mon vieux. Reviens ici. Vite, Hermione, aide moi à le retrouver. Il n'est pas lui-même. »
« Ron, » dit Hermione en essayant de l'apaiser.
« Tu ne comprends pas, Hermione, » coupa Ron en élevant sa baguette pour éclairer la scène. « Il est effrayé et paniqué. On doit le trouver avant qu'il ne se perde à nouveau. Croûtard, viens là. »
« Franchement, Ron, » sourit Hermione narquoisement en levant à son tour sa baguette pour lui secouer sous le nez. « Es-tu un sorcier ou quoi? »
Ron regarda sa propre baguette qui émettait de la lumière, et sourit d'une manière penaude. « Ah, oui, bien sûr. Sauf que, euh. Tu sais quel sort utiliser? »
Hermione sourit.
« Accio Croûtard, » incanta-t-elle.
Quelque chose de poilu vola dans les airs pour atterrir à ses pieds. Le rat se remit immédiatement sur ses pattes et décampa à nouveau, mais Hermione était prête pour ça aussi.
« Petrificus Totalus! » s'écria-t-elle en pointant sa baguette sur le rongeur en fuite.
Le rat arrêta de courir et s'affaissa sur le côté, ses pattes raides pointant nettement de son corps.
« Tu es tellement intelligente, Hermione, » congratula Ron, en se précipitant pour ramasser son familier pétrifier.
Rougissante, Hermione sourit, mais il se mua en un froncement de sourcil en voyant le sang couler à flot de la main de son ami.
« Je pense qu'on devrait aller à l'infirmerie, et demander à Mme Pomfresh de jeter un œil à cette morsure, » dit-elle. « Elle a besoin d'être refermée et surtout désinfectée. »
Ron fronça les sourcils et était sur le point de protester, mais ensuite il réalisa à quel point son doigt meurtri commençait à lui faire mal. Acquiesçant, il enfourna le rat rigide dans sa poche avant d'essayer d'enrouler son index blessé dans un mouchoir, d'une manière à ralentir la perte de sang.
« Ce stupide animal m'en a arraché un sacré bout, » grogna-t-il, alors qu'Hermione approchait pour l'aider à accrocher le pansement de fortune. « Quelle reconnaissance! »
« Oh, Ronald, » soupira Hermione. « Il est probablement juste terrifié à l'idée d'être emmené loin de la cabane de Hagrid. »
Ron acquiesça à nouveau, choisissant de garder pour lui davantage de remarques concernant son ingrat d'animal qui, pour le moins que l'on puisse dire, ne semblait pas ravi de le voir.
Bras dessus, bras dessous, ils continuèrent leur chemin jusqu'au château.
Aucun d'eux ne remarqua le faucon dans le ciel, ou la chouette blanche qui faisait des cercles autour.
Harry se laissa tomber du ciel à une altitude bien supérieure à celle où un Attrapeur volerait, et à une vitesse qui ferait trembler son balai incontrolablement. Il ouvrit grand ses ailes et stoppa le piqué dans une manoeuvre si violente qu'elle réduirait même le plus résistant des balais de course en allumettes.
Pendant un bref instant, ses serres étendues frôlèrent effectivement le gazon du terrain de Quidditch, avant que l'élan ne s'inverse et qu'il soit tiré vers le haut.
En un battement de cil, il était de retour à une altitude normale pour s'amuser, observant des cercles paresseux autour du terrain bien entretenu.
C'était marrant de faire semblant de jouer encore, même si la solitude du terrain vide lui laissait un petit pincement au cœur.
Il voulait croire qu'un jour il aurait la possibilité de rejouer au Quidditch normalement, avec son bien-aimé balai et ses merveilleux coéquipiers, mais en ce moment, il pouvait toujours rêver.
Parfois il sortait juste sur le terrain pour voler le vif aux innocents Serpentards quand ils s'entrainaient.
Secrètement, il avait prévu de ruiner Draco de son argent de poche en le forçant à remplacer tous les vifs d'or qu'il « perdait » à chaque entrainement, et en même temps en donnant au reste de l'équipe de sérieux doutes sur les compétences du blond en tant qu'Attrapeur.
Personne n'avait encore fait le rapport entre les apparitions du Faucon et les pertes des vifs, mais Harry passait aussi pas mal de temps sur le terrain quand l'équipe n'y était pas, pour maintenir l'illusion.
Une douleur persistante résidu de sa bataille avec les jumeaux l'empêchait de voler autant qu'il le voulait, malgré l'excellente magie médicale dont Remus avait fait preuve.
Se remettre de ses épreuves mensuelles permettait à Remus d'être plus que compétent dans ce domaine. Avec un tout petit peu plus d'entrainement il pourrait être Guérisseur professionnel, s'il on escomptait les nombreuses lois qui le maintenaient éloignés de telles responsabilités.
Un soudain flash de blanc fit virer Harry sur une aile en réflexe avant de se retourner pour voir ce qui s'était approché aussi près pour le surprendre. Pas beaucoup d'oiseaux oseraient utiliser le même espace aérien que l'énorme rapace qu'il était.
Volant gracieusement en cercle au-dessus de lui, grâce aux doux battement de ses magnifiques ailes, Hedwige suivait Harry.
Un feu de joie embrasa la poitrine d'Harry à la vue de son familier, et il ne pu s'empêcher de pousser un cri rauque, avant de ralentir pour atteindre la vitesse de l'autre oiseau.
D'une quelque manière, elle l'avait reconnu, même si lui avait beaucoup de problème à localiser les gens qui n'étaient pas sous leur forme humaine, mais elle avait toujours été une chouette spéciale après tout, pour Harry en tous les cas.
Ensemble, ils survolèrent les terres de Poudlard, superposant leur vols comme s'ils pouvaient lire dans les pensées l'un de l'autre; tournant, montant et planant dans une synchronisation parfaite, en appréciant chaque instant.
Quiconque aurait regardé, se serait émerveillé de la beauté de ces oiseau si différents, exécutant un balai aérien aussi élaboré, voir presque intime, au-dessus de l'école.
Heureusement, personne ne les remarqua, mais tandis que le soleil disparaissait à l'horizon, Harry s'envola vers le sommet d'une tour au milieu de l'école apparemment abandonnée, et se posa.
À l'intérieur du bâtiment en ruine, il y avait un endroit où il pouvait s'asseoir et réfléchir lorsque les quartiers de Remus le rendaient un peu trop claustrophobe. Un ancien tunnel pour les Elfes de maison depuis longtemps barricadé par des planches était la seule entrée non aérienne qui menait au toit, rendant l'endroit relativement sûr pour qu'Harry regagne sa forme humaine. Une douzaine de vifs hors d'usage étaient empilés dans un coin, l'un d'eux agitant toujours ses ailes tordues et brisées faiblement.
Se re-transformant alors qu'il se posait, Harry étendit le bras pour que la magnifique chouette se pose, son poids le prit par surprise.
« Salut ma belle, » ronronna-t-il, la déposant sur un mur bas, pour pouvoir caresser les douces plumes de sa tête avec douceur. « Je t'ai manqué? »
Il reçut comme réponse immédiate un mordillement de la main, le faisant rire alors que c'était sa manière à elle de dire « Évidemment ».
« Tu m'as manqué aussi, Hedwige. Je pensais que je ne te reverrais jamais, ma fille. » répondit-il à la chouette sincèrement.
Les Détraqueurs avaient détruits une partie de ses plus beaux souvenirs, mais depuis quelques mois suivant leur évasion, quelques uns revenaient. Malheureusement, la compagnie d'Hedwige durant les horribles vacances d'été chez son affreuse famille lui paraissait toujours plus proche du rêve que de la réalité, mais se souvenir de la joie qu'il avait ressenti la première fois qu'on lui avait présenté l'oiseau lui permettait de produire son Patronus le plus épais bien qu'incorporel.
Elle profita de l'attention encore un petit moment, avant de tendre brusquement sa patte d'où une lettre à délivrer était attachée.
Surpris, Harry attrapa la lettre et pris son temps avant de l'ouvrir.
Nous espérons que tu vas bien. Nous sommes à Poudlard, si tu as besoin de quoi que ce soit. Nous pensons qu'ils nous surveillent toujours, mais on fera ce qu'on pourra pour aider.
Prends soin de toi.
Hermione et Ron.
Draco aperçu son père et se rua presque sur lui, seulement pour se rappeler à la dernière minute de ralentir pour amener son pas à une vitesse appropriée ainsi que recomposer son visage en un masque de neutralité nécessaire en public, comme il seyait à quelqu'un de son rang.
Lucius ne lui pardonnerait jamais s'il agissait comme un enfant devant une partie de ses associés.
« Père, » salua-t-il, sa voix formelle et sans émotion.
« Ah, Draco, excellent, » reconnut Malfoy senior, le gratifiant d'une esquisse de sourire pour montrer à Draco son plaisir quant à son comportement. « Tu te souviens de Messieurs McNair et Yaxley, bien sûr. »
« Bien sûr, » répondit Draco, inclinant la tête pour saluer les deux hommes, qui lui retournèrent son geste.
« Êtes-vous ici, en réponse à ma lettre, Père ? » s'enquit Draco, essayant par tous les moyens d'avoir l'air seulement poliment intéressé.
Lucius fronça les sourcils comme pour s'excuser, « Je suis navré Draco, mais j'ai été quelque peu occupé au travail, et je n'ai pas eu le temps de lire mon courrier. Le Ministre me fait pratiquement gouverner à sa place ces derniers temps. »
Les trois hommes eurent un petit rire appréciateur au sous-entendu de la blague. Draco sentit une pointe de chagrin dans sa poitrine devant ce désinvolte congédiement, mais sourit tout de même.
« Non, » continua Lucius alors que son ton et son expression devinrent plus sérieux. « Nous sommes ici pour rendre justice concernant la vile créature qui t'a attaquée. Apparemment, le Directeur est actuellement absent, mais nous n'avons pas vraiment besoin de l'impliquer dans ce qui est, après tout, un problème du Ministère, n'est-ce pas? »
Lucius s'arrêta un instant, comme réfléchissant à ses prochaines actions avant de parler.
« Voudrais-tu venir voir? » s'enquit-il, comme s'il octroyait un grand honneur à son fils.
La déception de Draco s'évanouit à la perspective d'être inclus dans l'exécution, mais il se força à garder sa voix calme et relativement sans émotion; c'était ce qu'on attendait de lui.
Il fallait jouer son rôle. Chaque interaction publique était une étude attentive en intimidation et manipulation.
Il pouvait marquer de précieux points contre son père en cet instant, en détournant les intentions de l'homme de leur but originel, vers un que Draco guidait. Le changement de plan permettrait à Draco d'avoir un léger contrôle sur lui.
Cela démontrerait que Draco était quelqu'un d'important qu'il fallait prendre au sérieux, et pas juste un extra à qui on accordait une autorisation d'assister à l'un des triomphes de Lucius.
Son père avait fait une erreur en ne prenant pas la peine de lire la lettre de Draco avant de venir, et maintenant il allait payer pour ça.
Il n'y avait aucune peur à avoir d'être puni pour impertinence, car après tout, c'était ce que Lucius attendait de lui. Tout était au bénéfice des témoins, qui prendrait note du jeu de force de Draco et leur respect pou lui augmenterait en conséquence.
« Je suppose que c'est la moindre des choses, » répondit-il, inclinant sa tête dans un signe d'approbation réticente. « Toutefois, peut-être seriez-vous intéressé d'examiner ce que j'ai découvert à l'infirmerie... »
Dans le plus profond, le plus calme, et le plus inaccessible laboratoire de potions de Poudlard école de Magie et de Sorcellerie, Severus Snape fixa avec perplexité les restes fumants de la potion sur laquelle il venait de travailler sept heures durant sans pause. Ses yeux ne voyaient pas le chaudron vomir des nuages âcres, ou le gâchis bouillonnant qui coagulait à l'intérieur.
Son esprit fatigué ne se demandait même pas comment, au moment crucial, il avait serré un peu trop fort le compte-goutte approvisionnant l'ingrédient volatile nécessaire à la potion de la même manière que l'aurait fait un Neville Londubat.
Heureusement, le résultat de cette erreur n'était pas explosif comme l'était la majorité des gaffes du gamin.
Les yeux dans le vague, Severus gratta la démangeaison qui le brûlait et qui avait été la cause de son échec monumental seul quelques instants auparavant dans la préparation de sa potion.
Son cerveau refusait de reconnaître ce qu'impliquait le fait que cette dérangeante situation était située juste au centre de sa Marque des Ténèbres à demi effacée.
Harry serrait le petit mot dans son bec tandis qu'il volait à travers les couloirs menant aux quartiers de Remus.
Normalement il prenait les tunnels réservés aux Elfes de maison quand il revenait de ses promenades, comme ça les gens ne remarquaient pas qu'il passait toutes ses nuits dans le château. Cette fois, il mit à profit la longueur du chemin à parcourir en faisant en sorte que la lettre soit bien visible dans son bec pour faire croire qu'il la délivrait à Remus.
Hedwige faisait route vers la Volière pour un petit somme bien mérité. Il ne valait mieux pas que Ron et Hermione la voit voler autour du château alors qu'elle devait donner une lettre à Harry; ils pourraient se poser des questions sur la distance qui les séparaient réellement. C'était aussi une bonne raison pour lui de se faire voir de tous apportant du courrier.
Des émotions contradictoires faisaient rage à l'intérieur de lui.
Les premiers pincements de solitude l'avaient étreint lorsqu'ils étaient revenus au château et qu'il avait été obligé de regarder ses amis et camarades de classe de loin. C'était devenu pire quand les frères Weasley avaient été soumis au sortilège d'Oubliette. La lettre de Ron et Hermione n'était que le dernier d'une longue série de coup de poignard dans le cœur du jeune garçon.
Ses amis lui manquaient, énormément.
Pourtant, il y avait un moyen pour qu'ils soient réunis, d'une manière ou d'une autre, et cela le rendaient inquiet et excité en même temps.
Il ne pouvait pas prendre le risque de se montrer à tout le monde à Poudlard, de cela il en était sûr. Les éloigner tous les deux de l'école pour leur donner rendez-vous était probablement aussi inacceptable, puisque même si la Cabane Hurlante était dangereusement proche, ses deux amis n'avaient pas les moyens de voyager plus loin.
Le fait qu'ils soient espionnés n'aidait pas vraiment non plus à organiser une quelconque rencontre, mais peut-être qu'il pouvait leur écrire.
Il faudrait prendre des précautions, et utiliser un code, mais il y avait toujours assez d'occasion pour eux de communiquer sans danger.
Il devait parler à Sirius et Remus avant tout. Il y avait peut-être des choses à lesquelles il n'avait pas pensé, ou d'autres manières d'atteindre son but qui seraient plus sûres.
Atteignant la porte qui menait aux quartiers de Remus, Harry y entra par la petite fenêtre située au-dessus. Sirius avait sa propre chatière qui était assez grande pour que certains premières années puissent la traverser sans ayant à sa baisser. Un sortilège sur ladite empêcher quiconque excepté l'Animagus de l'utiliser, et était bien trop large pour qu'Harry l'utilise de toute façon. La petite fenêtre était parfaite.
Presque sans ralentir, Harry s'engouffra dans la chambre normalement déserte en direction du sanctuaire fortifié et caché de tous du Loup-Garou. Une deuxième fenêtre, cachée celle-là, lui permettait d'entrer dans la chambre-forêt magiquement transformée et agrandie.
Se faufilant entre les branches des arbres métamorphosés, il se posa avec souplesse devant une réplique du Pavillon. Construire la cabane pour qu'ils puissent y vivre tous les trois confortablement était une autre expérience éducative dont se rappelait Harry avec affection. Les parties extérieures du bureau de Remus produisaient l'illusion d'un homme seul vivant avec ses familiers, mais la plupart de leur temps libre se passait ici. La cabane était plus large de l'intérieur que l'originale, même si l'extérieur était considérablement plus petit, et les sortilèges qui la maintenaient cachée aux yeux trop curieux étaient encore plus complexes.
Harry ouvrit la porte, utilisant la petite combine spéciale, et entra dans la pièce principale de leur modeste demeure.
Il sentit immédiatement que quelque chose n'allait pas.
La pièce était vide, mais on aurait dit qu'on l'avait quitté en hâte. Un sandwich à moitié mangé gisait sur la table, qui était recouverte de la carte du Maraudeur, et une tasse de thé était explosée sur le sol; un bazar que Remus n'autoriserait jamais.
Les deux Maraudeurs avaient été entrain de travailler sur la carte, ajoutant des nouveaux endroits dont ils n'avaient pas accès quand ils l'avaient créé. La plupart des tunnels des Elfes et des quartiers privés des professeurs n'étaient plus des espaces blancs dorénavant.
Harry examina le plan du château, recherchant le nom de son parrain. La magie à l'œuvre dans la création des Maraudeurs étaient au delà de sa compréhension, mais l'utilité de la carte était indéniable.
Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver l'Animagus et le loup-garou; les empreintes signalant leur présence bougeaient plus vite que toutes les autres sur la carte.
Padfoot distançait Remus, sa forme canine ayant un avantage significatif quand il était question de vitesse,mais apparemment Remus courrait aussi.
Le coeur battant à tout rompre, Harry essaya de deviner où ils pouvaient se diriger dans une telle hâte. Il regarda la direction dans laquelle ils allaient, cherchant quelque chose qui pourrait expliquer leur course.
C'est là qu'il les vit, des noms qu'il redoutait de voir un jour au même endroit.
Peter Pettigrew
Ron Weasley
Hermione Granger
Ginny Weasley
Lucius Malfoy
Il y avait d'autres noms mais ils ne signifiaient rien pour lui.
Remus et Sirius se ruaient vers eux, se rapprochant rapidement, et il ne savait pas s'ils avaient vu qu'il y avait d'autre personnes, ou s'ils n'avaient d'yeux que pour le traitre.
Prenant sa forme d'oiseau dans un crack bruyant, Harry se précipita hors de la cabane avec une seule idée en tête:
Quoi qu'il se passe là-bas, il devait y être.
Padfoot courrait à en perdre haleine. Les étudiants s'écartaient de son passage, instinctivement terrifiés par la vue de l'énorme chien se ruant vers eux, une expression mauvaise et implacable sur son visage d'habitude placide.
Ne subsistait en cet instant, aucune trace de l'amical et du malicieux familier, pour être remplacés par une vicieuse intensité inhérente à tous les vrais descendants de la race canine.
Ce n'était pas la bête que l'homme avait domestiqué pour l'accompagner à la chasse – C'était la bête qui chassait l'homme de son plein droit; la créature qui lui avait fait la guerre pendant des millénaires, et avait souvent gagné.
Il n'y avait plus la place de raisonner dans l'esprit de Padfoot, tant il était concentré sur son but.
Il ne réalisa même pas que le sang qu'il pouvait déjà sentir n'était pas celui de sa proie, mais de sa propre langue lacérée.
Remus courrait, véritablement reconnaissant pour la première fois que la plupart des derniers mois avait été passé à faire de l'exercice physique.
À peine une année auparavant, il aurait ralenti jusqu'à atteindre une marche rapide mais guère plus; une pauvre alimentation et la manque d'exercice régulier avait réduit sa condition physique à celle d'un vieil homme.
À cet instant cependant, son souffle lui brûlait les poumons alors qu'il accélérait un peu dans un futile effort pour rattraper le Grim.
Sirius avait vu le nom de Wormtail sur la carte et s'était enfui sans explication. C'était comme si son esprit humain était parti et le cerveau de chasseur de Padfoot avait prit le dessus.
La seule raison pour laquelle Remus était plus ou moins proche de l'Animagus était parce que celui-ci avait eu du mal à sortir par les portes de la pièce, aussi fou était-il devenu à la vue du nom du traitre.
Pour l'une des rares fois dans sa vie, Remus souhaita pouvoir devenir le loup, comme Padfoot, pour arriver jusqu'au Rat en premier.
Pas pour le sauver, non.
Le Rat allait mourir, d'une manière ou d'une autre. Rien de moins ne les satisferait, en ce qui les concernait, eux ou Harry. Le parjure de James et de la douce Lily ne méritait rien de moins.
Non, Remus voulait être le premier là-bas pour être sûr que cela n'arrive pas trop vite.
Faisant abstraction de tout ce qui se passait autour de lui, Lucius poussa l'infirmière récalcitrante de côté et se dirigea directement vers le fond de l'infirmerie.
Ses sinistres menaces et ses avertissements creux tombèrent dans l'oreille d'un sourd tandis qu'il se dirigeait vers un coin de la pièce apparemment vide, il leva la main pour arracher le rideau dont son fils lui avait parlé – ceux qui possédait des charmes de Dissimulation complexes et puissants.
L'un de ses hommes attrapa l'infirmière, la retenant brutalement sans tenir compte de ses objections, mais Lucius n'y prit garde.
Dans d'autres circonstances, il aurait probablement été impressionné d'une part par les sortilèges mis en place sur les rideaux, et d'autre part par la capacité de son fils à percer le brouillard générés par lesdits sortilèges.
Draco n'était pas avec eux. Il avait renvoyé le gamin, en promettant de venir le chercher dès que ce problème mineur aurait été résolu.
En réalité, il ne voulait pas laisser son renard de fils voir à quel point il était désespéré d'avoir le bouquin et la fille sous son contrôle. Autoriser cela aurait donné au garçon beaucoup trop de savoir, et le savoir c'était du pouvoir.
Ce n'était pas par coïncidence que deux des employés du Ministère les plus loyaux à la cause avait été choisi pour l'accompagner, ou que cette visite s'effectuait un jour où le Directeur était absent, et que la Sous-Directrice était au Ministère, jouant des coudes à travers un véritable carnaval de paperasserie.
C'était un signe que le Destin lui souriait.
Derrière les rideaux ensorcelés, sur le lit d'hôpital, reposait la fille Weasley, telle une princesse de conte de fée, attendant qu'un quelconque prince vienne la réveiller d'un baiser.
Dans ses mains serrées se tenait le journal – l'héritage que lui avait transmis son maitre, Voldemort.
Les conséquences de l'insertion du journal dans les livres d'école usagés de la gamine, et ainsi relâcher sa puissance dans Poudlard, allèrent au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer.
Jamais dans ses rêves les plus fous il aurait pu se rendre compte de l'importance que cet acte avait pris; comment il avait mené à la chute du Survivant, du Ministre de la Magie, de Albus Dumbledore, et en même temps remplir son agenda plus rapidement que cela n'aurait du l'être.
Lucius attrapa sa baguette pour tapoter le livre, annulant les sorts qui le liaient à la poitrine de la jeune fille. Il avait une idée de ce qu'ils essayaient de faire, et il ne pouvait permettre que cela réussisse.
Derrière lui, les cris outrés de l'infirmière montaient crescendo, tandis que deux nouvelles voix entrèrent dans la conversation.
Lucius rangea sa baguette et prit doucement le livre noir dans ses mains, presque avec révérence.
Il se retourna pour découvrir deux adolescents ayant leurs baguettes tirées et en joue, l'une directement vers son visage, et l'autre en direction de ses deux acolytes, dont l'un retenait toujours l'infirmière qui protestait.
« Enlève tes sales pattes de ma sœur, » gronda Ronald Weasley, ayant l'air beaucoup plus menaçant qu'un élève de quatorze ans n'ait le droit.
Harry fusait dans les airs, battant des ailes si violemment qu'il lui semblait que ses anciennes blessures se rouvraient et hurlaient ; leurs cris : une tourmente de douleur.
Son sang brûlait dans ses veines, consumant ses pensées et son esprit d'humain.
Sirius parlait parfois de devenir la bête, de se perdre dans le monde de Padfoot. C'était ça qui l'avait maintenu ne serait-ce qu'à demi sain d'esprit dans l'enfer d'Azkaban. Harry n'avait encore jamais vraiment atteint un tel niveau d'immersion mais il avait quelques fois sentit qu'il en était proche.
Maintenant, Harry comprenait ce qu'il voulait dire.
C'était différent de lorsqu'il avait combattu les jumeaux Weasley, lorsque l'énergie du désespoir l'avait poussé au-delà de ses limites d'endurance ordinaires. C'était plus profond, plus primitif, plus puissant.
Il ne suivit pas ses mentors et n'essaya pas de rattraper son retard en forçant l'allure. A la place, il sortit de l'enceinte, tirant parti de sa forme ailée pour éviter les détours et les virages des couloirs de l'école en passant par le ciel.
Pour lui, le plus court chemin vers l'infirmerie ce n'était pas par ses portes mais par ses fenêtres.
Mais avantage ou pas, il savait qu'il arriverait trop tard.
Les derniers vestiges de sa conscience humaine espéraient que les deux autres garderaient assez de présence d'esprit pour échapper à Malfoy après avoir attrapé Wormtail.
Alors qu'il pointait sa baguette contre Malfoy, Ron ne put s'empêcher de souhaiter de tout son être avoir appris un ou plusieurs sorts plus violents. Défigurer l'un des responsables de la pire année de sa vie lui aurait procuré une grande satisfaction. Malheureusement aucun des sortilèges qu'il maitrisait à ce jour n'étaient aussi mortel ou handicapant qu'il l'aurait voulu, à part le Stupéfix.
Hermione connaissait certains sorts dangereux mais refusait catégoriquement de les lui enseigner, se rangeant du côté de ses Guérisseurs qui pensaient que se rapprocher la magie noire après les épreuves qu'il avait traversées n'était pas une idée raisonnable.
Lucius se ressaisit et essaya d'intimider Ron comme il l'avait fait tous ces mois auparavant lors du procès de Harry.
« Baissez votre baguette M. Weasley, ou vous aurez à répondre de vos actes. Voulez vous vraiment retournez en soins continus ? »
« Écrase crétin, » répondit Ron sans reculer. « J'ai appris plein de choses depuis que vous m'avez fait passer pour un imbécile au procès et je ne vous laisserais pas sortir d'ici avec ma sœur. »
Lucius sembla être pris au dépourvu. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui parle sur ce ton surtout depuis qu'il faisait légalement partie du gouvernement.
« Lâchez-la, » ordonna Hermione en agitant sa baguette vers l'homme qui retenait Mme Pomfrey.
« Maintenant ! » ajouta-elle lorsqu'il ne réagit pas immédiatement.
De petites étincelles crépitèrent à l'extrémité de sa baguette, leurs rappelant que même des écoliers pouvaient être dangereux armés.
Avec réticence il relâcha l'infirmière. Mme Pomfrey s'éloigna de son agresseur, tira sa propre baguette et se plaça aux côtés des deux enfants, l'air un peu perdu mais tout aussi déterminé qu'eux.
« Écoute gamin, » grogna Lucius en colère. « A moins que tu n'aies envie d'occuper la même cellule que ton ami, M. Potter, je te conseille de baisser ta baguette. Maintenant ! »
« Ça ne se passe pas vraiment comme vous l'aviez prévu, hein Malfoy ? » rigola Ron. « Nan, vous et vos gorilles vous pouvez récupérez vos affaires et déguerpir parce qu'il n'y a rien que vous puissiez dire ou faire qui me fasse changer d'avis. Alors à moins que vous ne vouliez essayer de sortir votre baguette de sa jolie canne avant que je ne vous pétrifie, vous allez partir et sans Ginny.»
Ron savait qu'il exagérait mais il savait aussi que paraître faible maintenant aurait réduit à néant les chances qu'ils avaient. Lucius avait joué de la peur et des incertitudes des gens pour retourner les témoignages contre Harry. La vraie malice de cet homme résidait dans sa capacité à prétendre qu'il agissait de manière juste alors que secrètement il s'apprêtait à vous arracher le cœur.
Son autorité en tant que membre du Ministère l'autorisait peut être même à emmener Ginny en toute légalité, mais à en juger par la manière brutale et odieuse avec laquelle l'homme avait traité l'infirmière, Ron suspectait qu'il n'était pas non plus totalement en droit.
« Le journal reste également ici, » ajouta Mme Pomfrey en pointant le livre que tenait Malfoy lorsqu'elle eut retrouvé sa voix.
Lucius serra le petit livre plus fermement.
A cet instant, les portes de l'infirmerie s'ouvrirent et laissèrent entrer le chien massif qu'était le familier du professeur Rémus.
De l'écume sortait de sa gueule, lui donnait un aspect effrayant et alors que les poils de son dos se hérissèrent en signe flagrant d'agressivité, un long grognement sortit de sa gorge. Il était cependant difficile de dire à qui la menace s'adressait.
L'une des personnes accompagnant Lucius jura à la vue du Grim et marmonna quelque chose à propos d'un « présage de mort ».
Ron ne le blâma pas une seule seconde.
La seule chose qui l'avait autant effrayé que la vision de cette bête était sa rencontre avec les araignées géantes de la Forêt Interdite avec Harry.
Le chien s'arrêta de grogner un instant et huma l'air comme à la recherche de quelque chose. L'instant d'après il se ruait sur Ron.
Il eut seulement une fraction de seconde pour crier avant que l'impressionnante créature ne le percute.
La première réaction d'Hermione en voyant entrer le Grim dans l'infirmerie fut de se sentir soulagée. A ses yeux, l'apparition soudaine du chien ne pouvait que vouloir dire que l'aide, sous la forme du Professeur Lupin, arrivait.
Elle garda Lucius et ses acolytes en joue et eut à peine le temps de réaliser que le chien n'agissait pas comme à son adorable habitude avant qu'il ne bondisse sur Ron, le plaquant au sol sous son poids.
Son propre cri noya celui de Ron lorsque les deux tombèrent et que Ron tenta désespérément de repousser les mâchoires claquantes de l'animal.
Hermione se retourna pour aller l'aider mais les trois hommes en profitèrent.
Un Expelliarmus arracha sa baguette de la main de la jeune fille. Elle fendit l'air et finit par se loger dans la main d'un des deux compagnons de Lucius. En même temps un éclair rougeoyant venant de l'autre acolyte frappa Mme Pomfrey qui s'écroula sans cérémonie.
Lucius se tint, droit, baguette prête à l'usage, un sourire aux lèvres en contemplant le combat inégal entre le garçon et le chien. Le Grim lacérait la jambe de Ron à chacune de ses puissantes morsures.
Ron criait et lui frappait la tête et le museau, essayant même de maintenir les énormes mâchoires à distance à mains nues, sa baguette disparue et oubliée.
« Aidez le ! » pleura Hermione.
Lucius se contenta de rire.
« Oh, je ne pense pas qu'il ait besoin de nous, » dit-il. « Ce chien à l'air de très bien s'en sortir tout seul. »
Hermione allait se précipiter vers Ron quand un jet flamboyant lui coupa la route.
« Uh uh, » dit l'homme qui avait pétrifié Mme Pomfrey en remuant sa baguette d'un geste négatif. « Il va falloir que tu attendes ton tour. »
Pour la seconde fois de la nuit, les portes de l'infirmerie s'ouvrirent et admirent quelqu'un.
Rémus Lupin entra sans même ralentir sa course. En un instant, il dut prendre conscience de la situation car il se jeta sur son familier, encerclant son cou massif de ses bras.
Il maitrisa et arracha le chien du garçon avant que les trois hommes armés ne puissent réagir.
Hermione rejoint Ron qui était couvert de sang.
« Arrête, Padfoot arrête, » dit Rémus, serrant les dents sous l'effort qu'il devait fournir pour le restreindre. « Calme toi. Ressaisis toi. Allez vieux frère. Tu dois arrêter. »
Les trois hommes se tenaient sur le côté, leurs baguettes en main regardant le professeur lutter contre le chien.
Finalement, Rémus vint à bout de la bête qui se calma, mais ne la lâcha pas pour autant.
Ron jurait entre ses dents et agrippait sa cuisse à deux mains. Du sang s'écoulait des plaies, gouttant sur le sol.
Hermione repéra des bandages sur une table proche et sans perdre une seconde les enroula autour de la jambe de Ron.
« Et bien, ce n'est pas un spectacle que l'on a la chance de voir tous les jours, » fit remarquer Lucius à ses acolytes. « Un chien contre un loup-garou. C'est rare ça, vous ne trouvez pas ? »
Ron étouffa un cri de surprise et Hermione sentit son cœur s'affoler. Elle savait qu'il y avait quelque chose d'étrange chez le Professeur Lupin, cela semblait si évident tout à coup qu'elle se demanda comment elle avait pu pour passer à côté.
« C'est dans des moments comme ça que je suis content de ne pas l'avoir fait mettre à la porte dès que j'ai été informé de sa présence. » ajouta Lucius en lançant un sourire méprisant à Rémus.
Le Grim sembla finalement remarquer ce qui l'entourait et recommença à grogner en direction de Lucius Malfoy.
« Tout doux Médor, » prévint Lucius. « On a déjà prévu d'exécuter un bête pour avoir attaqué un élève aujourd'hui, tu pourrais être la deuxième et ton maître la troisième. Mais c'est vrai que tu nous as aidé à maîtriser M. Weasley, je vais donc fermer les yeux, pour cette fois. »
« Cependant, je ne pense pas que laisser cet incident remonter au grand jour soit une bonne idée, » dit il en levant sa baguette.
« Oubliette ! »
Il se rapprochait de la fenêtre à une vitesse inquiétante. S'il n'arrivait pas à se faufiler dans l'étroit entrebâillement de cette dernière, il se fracasserait surement contre et son plat serait très probablement suivi par une chute fatale.
Le faucon replia ses ailes contre lui et avec une confiance frôlant le suicidaire plongea. L'instant où il passa l'embrasure, il déplia ses ailes et reprit de la hauteur.
Juste devant lui, Lucius Malfoy abattait sa baguette sur une forme agenouillée.
Harry n'hésita pas.
Ses serres acérées tendues, il les planta dans le bras levé avec une force qui d'ordinaire brisait l'échine des grands oiseaux, juste quand le sort était lancé.
« Oubliette ! »
Le bras se tordit sous le poids lancé de Harry et émit un craquement audible. Le sort heurta le mur. Lucius hurla de douleur en tombant.
Harry, dont les serres étaient toujours profondément plongées dans la chair de l'homme, tomba avec lui et s'écrasa au sol. Lucius l'arracha de son bras et jeta plus loin contre le pied d'un lit. La vision de l'oiseau se troubla quand sa tête heurta le métal, l'étourdissant un instant.
Toutes les flammes de l'enfer se déchainèrent alors et les sorts commencèrent à voler dans tous les sens.
Rémus et Sirius se battaient contre les deux Aurors, se protégeant et contre attaquant plus vite jamais. Derrière eux Ron essayait de protéger Hermione en se servant de son corps comme d'un bouclier humain, tous les deux étaient couchés au sol, les mains sur la tête pour éviter le verre et autres débris qui pleuvaient dans toute la pièce.
Lucius ramena son bras blessé contre sa poitrine et, de sa main valide, essaya de lancer un sortilège qu'Harry reconnu comme étant sensé re-briser puis lier le membre visé s'il était employé correctement.
Il s'extirpa du dessous de lit sous lequel il avait été envoyé, se maudissant d'avoir oublié la baguette de rechange que Rémus avait réussi à obtenir après bien des efforts pour qu'ils puissent s'entrainer au duel. Elle ne convenait réellement à aucun d'entre eux et ne leur permettait que d'utiliser les charmes les plus faibles et basiques, c'était pourquoi ni Sirius ni Harry ne prenaient la peine de la garder avec eux lorsque ce n'était pas à leur tour d'avoir la baguette de son grand père. Mais maintenant, elle aurait fait la différence.
Alors qu'il cherchait autour de lui, espérant trouver une arme quelconque, il repéra un ancien vase sur une table de chevet.
Soudain, il y eut un changement dans le rythme du combat. Harry vit du coin des yeux un des Aurors s'écrouler après avoir été frappé par un sort bien placé de Sirius. Quelques secondes plus tard, les attaques des deux Maraudeurs eurent raison du deuxième qui alla rejoindre le premier.
Le silence fut assourdissant.
« Harry ! » appela Sirius. « Harry, où es tu ? »
Harry se transforma et se releva, juste au moment où Lucius bondit sur ses pieds, le bras enroulé dans des bandages, et pointa gauchement sa baguette contre Sirius et Rémus.
Les deux sorciers avaient bêtement baissé leurs baguettes après avoir battu les deux Aurors, se laissant à la merci de Lucius, quelques précieuses secondes. Mais Harry se trouvait derrière lui.
Le vase atteint sa cible dans un craquement sonore, mettant à terre le père Malfoy avant qu'il ne puisse ne serait ce qu'entamer un sort.
« Harry, » s'écria Sirius une nouvelle fois avant de courir vers lui pour le serrer dans ses bras.
« Harry ? »
C'était Ron. Son visage était un mélange de douleur et d'espoir alors qu'Hermione l'aidait à se tenir debout. Elle ne montrait rien et resta à ses côtés, attendant patiemment qu'Harry se dégage de l'étreinte de Sirius et ne s'avance vers eux pendant que Rémus immobilisait Malfoy et les Aurors en les ligotant et les pétrifiant. Un grognement s'échappa de Lucius quand son bras blessé se retrouva coincé contre ses côtes.
« Salut Ron, Hermione, » dit il d'une voix chevrotante. « Je vous ai manqué ? »
« Un peu, » répondit Ron d'un ton détaché, mais ne pouvant cacher son sourire. « Et toi ? »
« Nah, » répondit il négligemment. « Je suis là depuis le début, alors... »
Il fit un pas en avant, incapable de se retenir plus longtemps mais fut arrêté par la baguette de Ron qui se retrouva pointée entre ses deux yeux. Hermione semblait sur le point d'exploser tant elle avait de questions mais elle se retint vaillamment, laissant Ron parler en premier.
« Tu vas bien alors, Harry ? » demanda Ron, son sourire remplacé par une expression inquiète.
« J'ai connu mieux, » répondit Harry compréhensif. « Je suis toujours entier là dedans, si c'est ce que tu veux dire. » Il tapota sa tempe du doigt tout en parlant.
« C'est quoi leur histoire ? » dit Ron, désigna d'un signe de tête Rémus et Sirius.
« Sirius est mon parrain, » expliqua Harry. « C'est lui qui m'a sauvé et qui m'a aidé à m'échapper. Rémus et lui étaient les amis de mes parents. »
« Pourquoi est-ce qu'il a essayé de m'arracher la jambe ? »
« Désolé pour ça, » dit Sirius. « Mais tu as quelque chose de très important pour moi dans ta poche. »
Ron eut l'air confus un instant puis sembla réaliser sans vraiment comprendre.
« Croûtard ? Vous voulez Croûtard ? Mais pourquoi faire ? Qu'est ce qu'il veut dire, Harry ? »
« Ron, Croûtard n'est pas un rat. C'est un sorcier appelé Peter Pettigrew. Il a trahi mes parents et a fait accuser Sirius de meurtre, » répondit Harry tout en réalisant que cela semblait ridicule même à ses oreilles.
Hermione ne put se retenir plus longtemps.
« Harry, tu dois nous expliquer où tu étais et ce qui se passe. Pourquoi est ce que tu penses que Croûatrd est un Animagus et comment est ce que tu en es devenu un ? »
« Hermione, stop ! » l'interrompu Harry en souriant aux souvenirs qui allaient avec la nature insatiablement curieuse de son amie. « Je répondrais à toutes tes questions après, là maintenant, on a besoin du rat. »
Il regarda Ron dans les yeux et arrêta de sourire.« Ron, donne moi Croûtard. »
Ron regarda Rémus, un homme qu'il ne connaissait que sous le nom de Professeur Lupin, un enseignant sensé être fiable mais qu'il savait maintenant loup garou. Rémus se tenait calmement sur le côté, là où Mme Pomfrey était toujours pétrifiée. L'homme acquiesça de la tête.
« C'est vrai, » dit Rémus sur le ton qu'il employait en classe.
Puis Ron regarda Sirius Black, le criminel en fuite craint dans tout le monde magique, réputé pour être un meurtrier sans pitié usant de la plus noire des magies. Sirius paraissait impatient.
« J'ai attendu douze pour ça, mon garçon. » dit il.
Finalement Ron regarda Hermione. Elle se mordait les lèvres, indécise. « On devrait peut être d'abord réveiller Mme Pomfrey, » suggéra-t-elle.
Sirius grogna, frustré et impatient.
« Miss Granger, si nous la réveillons, la première des choses qu'elle fera, c'est s'enfuir en criant à la vue de Sirius, » expliqua Rémus. « Il vaut mieux qu'elle reste en dehors de tout ça pour l'instant. »
Hermione ouvrit la bouche pour protester mais la referma rapidement.
Ron regarda de nouveau Harry.
« S'il te plait, » demanda Harry en tendant la main.
Cela sembla suffire.
N'hésitant pas une seconde de plus, Ron fouilla sa poche abimée et en sortit la forme raidie de Croûtard.
« Il est mort ? » s'étonna Harry lorsque Ron plaça dans sa main le corps immobile.
« Nah, on a été obligé de le pétrifier parce qu'il n'arrêtait pas d'essayer de s'enfuir. Je suppose que je sais pourquoi maintenant, hein? » dit Ron en souriant.
Et comme ça, d'un coup, tout sembla étrangement aller mieux.
Harry serra ses amis contre lui, les larmes coulant sur leurs joues alors qu'ils bredouillaient des excuses et des pardons.
Il leurs fallut quelques minutes avant de réaliser que Sirius leur parlait.
« Le rat, Harry. Donne moi le rat, » s'impatienta il en les interrompant.
Harry relâcha ses amis et s'en éloigna puis, il hésita.
« Comment est ce qu'on va faire ? » demanda-t-il a Sirius.
Peter savait qu'il n'avait plus d'issue.
Bien qu'il ait été pétrifié par magie, il avait tout de même entendu la majeure partie de ce qui s'était déroulé autour de lui et maintenant, son pire cauchemar allait prendre vie.
Son corps se crispa de douleur quand il fut forcé de reprendre sa détestable forme humaine pour la première fois depuis bien longtemps. La pétrification disparut aussi mais la peur le garda tout aussi immobile que s'il en était toujours victime. Tout autour de lui se tenaient les personnes qui le terrifiaient le plus au monde, le Seigneur des
Ténèbres mis à part.
Rémus Lupin, le loup-garou qui l'avait toujours mortellement effrayé, pointait sur lui sa baguette, déterminé. Un éclair de colère passa sur ses traits âgés réduisant à néant les dernières bribes d'espoir de Peter pour une forme d'amitié quelconque de la part du Maraudeur le plus sensible.
Sirius Black, dont le poing se serrait et se desserrait de manière compulsive autour de sa baguette. Peter vit de la rage dans ses yeux et sut que le Grim n'avait jamais autant été aussi éloigné de son ancien ami qu'à cet instant précis.
Harry Potter, qui ressemblait à une jeune reproduction de l'homme que Peter avait trahi, mais infiniment plus sérieux et dangereux.
« Debout, » ordonna Sirius.
Peter gémit. « Pitié- »
Il reçu un coup de pied qui manqua de lui briser une côte.
« J'ai dit debout, » répéta Sirius sinistrement.
Lentement Peter se mit à genoux tremblant et gémissant de peur et de douleur. Dans un ultime effort, il se hissa sur ses pieds mais ne put relever les yeux pour croiser le regard des personnes qui allaient mettre un terme à sa misérable existence.
« Et bien Peter, as tu quelque chose a dire avant de payer enfin pour ta trahison ? » demanda Sirius.
Ces mots finirent de briser le peu de contrôle qu'il avait sur ses nerfs. Il éclata en pleurs et regarda désespérément autour de lui, cherchant le visage des personnes qui l'entourait, finalement il s'arrêta face à l'homme qu'il avait trahi encore plus que James Potter.
« Sirius, Sirius qu'est ce que je pouvais faire ? Le Seigneur des Ténèbres...tu ne comprends pas...Il a des armes...tu ne peux même pas imaginer...j'avais peur, Sirius, je n'ai jamais été brave comme toi ou Rémus ou James. Je ne voulais pas que ça arrive...Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom...il m'a forcé- »
Un grognement de colère venant de Rémus stoppa ses suppliques. Il se laissa tomber à genoux devant Sirius, le suppliant de l'épargner, mais il ne trouva pas de pitié au fond de ses yeux noirs et froids.
Une petite voix interrompu ses pensées.
« Harry ? »
C'était la jeune fille – la brillante sorcière qui accompagnait toujours Harry et Ron depuis qu'ils étaient à Poudlard.
« Harry, qu'est ce que tu fais ? » demanda-t-elle.
Peter se tourna vers la plus jeune des trois personnes qui devaient être ses juges, avocats et bourreaux. Ses étonnants yeux verts étaient toujours durs mais il y brillait également quelque chose d'autre, quelque chose que James n'avait complètement développé qu'après avoir finalement conquit le cœur de sa sorcière aux yeux émeraude.
De la compassion.
Un espoir désespéré éclata dans sa poitrine.
« Il a tué mes parents, Hermione, » répondit le jeune Potter d'une voix tremblante. « C'était leur ami, et il les a trahi. Il a fait accuser Sirius et l'a laissé pourrir en prison. »
« Mais Harry, tu n'as pas le droit de le tuer, » protesta-t-elle.
« Lui, non, » fit Sirius. « Mais moi oui. »
« Non ! » s'écria Harry, dégouté mais déterminé. « Si tu le fais, alors moi aussi. »
« Harry tu n'as pas a prendre part à ça, » dit Rémus. « C'est notre responsabilité- »
« C'était mes parents ! » répondit Harry, haussant la voix de colère. « J'ai passé dix ans dans un placard à cause de ce lâche. Tout est de sa faute ! »
« Non, ça ne l'est pas, » dit Ron. « C'est la faute de Tu-sais-qui, Harry. C'est lui qui a tué tes parents- »
« Seulement parce que Pettigrew lui a dit où les trouver. Ils étaient en sécurité avant qu'il ne les trahisse. »
« Ce n'est pas ça l'important, » contra Ron, la jeune fille à ses côtés acquiesçant de la tête. « Croûtard, ou Peter, peu importe son nom, était juste un autre serviteur de Tu-sais-qui. Il mérite probablement de mourir, mais as-tu vraiment le droit de le tuer ? Est ce que tu veux réellement devenir le meurtrier qu'ils ont cru que t'étais pendant le procès ? »
« Moi oui, » gronda Sirius.
« Professeur Lupin, » c'était la fille, Hermione, à nouveau. « Est ce que vous allez les laisser faire ? »
La détermination de Rémus sembla vaciller à cette question.
« Sirius, » commença Rémus, une pointe de doute dans la voix. « Peut être- »
« Non ! » hurla Sirius. « Je suis allé en enfer parce que ce rat avait la trouille. James et Lily sont morts, et tu as vécu comme un clochard parce qu'on a fait confiance à ce lâche. Il a détruit nos vies, celle de Harry et maintenant je vais enfin avoir ma vengeance. ».
Sirius leva sa baguette et Peter se recroquevilla sur lui même, les bras au dessus de la tête, attendant que l'éclair verdâtre qu'il savait proche, ne le frappe.
« Tu pourrais être libre. » dit Rémus.
Peter releva la tête. Sirius s'arrêta, le bras toujours tendu au dessus de sa tête.
« Penses-y Sirius, » continua le loup garou. « Si on livre Pettigrew, tu seras blanchi. Tu pourrais être libre, et ne plus avoir à te cacher. »
« Le livrer ? A qui ? Malfoy ? » cria Sirius en désignant les hommes pétrifiés et ligotés. « Tu crois vraiment que j'aurais droit à un procès juste, avec quelqu'un comme lui aux commandes ? Et même si c'était le cas Harry serait toujours recherché. »
Hermione s'avança dans un bruissement de tissu et fouilla dans son sac un instant avant d'en tirer un objet enveloppé d'une serviette.
« La Chambre des Secrets est ouverte. » dit elle, en découvrant l'objet. « Le Professeur Snape a trouvé un moyen d'y entrer, et avec ça on peut prouver la version de Harry. Ça devrait suffire pour obtenir un nouveau procès, un procès où la vérité pourrait éclater. »
Elle tenait dans ses mains une longue dent. Harry était bouche bée.
« C'est un crochet, un des crochets du Basilic, » expliqua Hermione voyant la confusion de Rémus. « Ce sera amplement suffisant pour prouver que Lockhart a menti. »
Rémus sembla comprendre et Peter se remit à espérer, il ne mourrait peut être pas sur le sol de l'infirmerie.
« Elle a raison Sirius, » dit Rémus. « Ce sera peut être assez pour avoir un autre procès et si on arrive à faire en sorte que Wormtail avoue que tu étais innocent en premier, ça remettra en question le verdict concernant Harry aussi, juste par association. »
« On a besoin de Dumbledore, » fit Ron. « Il saura quoi faire. »
Sirius reprit une expression sinistre, le visage de Harry prit un air de mépris et Rémus devint pensif.
« Dumbledore, » cracha Sirius. « Il n'a même pas essayé de m'aider, et grand bien il a fait à la cause de Harry. »
« Mieux vaut Dumbledore que Malfoy, » admit Harry. « Écoute, je ne lui fais pas confiance non plus, tu le sais, mais peut être qu'on pourrait laisser Pettigrew, s'en aller et se cacher en attendant qu'ils se rendent compte que tu étais innocent ou quelque chose comme ça. »
Peter se redressa légèrement et regarda Sirius.
L'homme étant en proie à un conflit. Visiblement il mourrait d'envie de lancer le sortilège mais il hésitait, n'étant plus tout à fait sûr de ce qu'il devait faire.
« Oh et puis tant pis, ça marchera aussi juste avec le corps, » lança-t-il finalement, s'apprêtant à jeter le sort. « Pas besoin qu'il soit vivant. »
« Attends, » couina Peter, cherchant désespérément à plaider sa cause. « Je peux témoigner – contre Malfoy ! Il était là, il était là aux rassemblements. Je l'ai vu, je peux prouver qu'il n'était pas sous l'influence d'un Imperium. »
Un grognement étouffé venant de l'endroit où Malfoy était ficelé, lui répondit. Il se débattait contre la malédiction et la douleur.
Les lumières de la salle faiblirent un instant.
Lentement et avec dégout, Sirius se résigna et baissa sa baguette.
Peter frissonna quand une vague de froid le submergea en même temps que son soulagement d'avoir échappé à la mort de si peu. Son témoignage contre Malfoy en faveur de Harry, plus les informations qu'il avait en réserve pour les derniers recours lui permettraient peut être même d'éviter les niveaux les plus sombres d' Azkaban, mais il savait qu'il ne pourrait probablement plus jamais être libre.
Il se sentit faible et remercia Merlin de ne pas avoir été debout.
Les lumières de la pièce clignotèrent encore une fois, plongeant momentanément l'infirmerie dans l'obscurité. Une nouvelle vague de froid gela Peter comme seule la peur le gelait d'ordinaire.
« Harry ? »
Peter leva les yeux et vit Harry et Sirius trembler, de la peur clairement inscrite sur leurs visages.
« Qu'est ce qui se passe ? » demanda Ron.
Le murmure qui sortit de la bouche de Harry fut à peine audible mais il fut largement suffisant pour raviver chez Peter, une peur toute aussi violente que celle des minutes passées.
« Les Détraqueurs, » murmura Harry.
REVIEWS!
