Hello petit kinder ! Alors, nous voici de retour en direct des révélations croustillantes de Matsumoto ! Attention, alerte à la guimauve : ce chapitre en est rempli ! (désolée c'est ma faute, je suis une incurable romantique)

Ah, et maintenant au lieu de dire "Bonne lecture" j'ai envie de dire "Bankai !"...

Donc, BANKAI ! :D

Chapitre 8 : L'attraction du démon

- Lina, arrête, lâche-moi... protestait Matsumoto tandis que je la traînais derrière moi.

Après ce qu'elle venait de me dire, il était hors de question que je reste sans rien faire à l'écouter se lamenter sur son sort. Du coup, je l'avais attrapée par la main et j'étais en train de l'emmener chez Renji - si vous vous posez la question, je sais où il habite parce qu'avant d'être assez âgés pour aller dans les bars, nous allions souvent chez lui après les cours. La belle rousse protestait peut-être contre le traitement que je lui infligeais, mais elle se laissait diriger gentiment. Brave fille !

En arrivant devant la porte du grand tatoué, je frappais assez fort en espérant qu'il ne soit pas déjà couché. Ça m'étonnerait, à mon avis il devait avoir du mal à trouver le sommeil avec ce qu'il avait dit à ma meilleure amie. Après quelques secondes, la porte s'ouvrit sur... Ikkaku.

- Salut, fis-je, pas vraiment surprise de le voir là. On peut entrer ?

Il avait dû suivre Renji chez lui pour l'empêcher de déprimer. Voyant Matsumoto derrière moi, le shinigami au crâne rasé grimaça.

- Je crois pas qu'il ait envie de la voir ce soir, dit-il en s'écartant malgré tout du passage.

- T'inquiète, je gère, assurais-je avec un clin d'œil à son adresse.

En entrant, je vis le rouquin assis sur son canapé, la tête entre ses bras, les genoux écartés, en train de regarder le sol avec un air absent. Il avait vraiment pas l'air bien (pour une fois que le dépressif de l'histoire c pas Ulquiora ). Je m'approchais, traînant toujours mon "chargement" derrière moi. Chargement qui demeurait extrêmement silencieux depuis quelques minutes.

- Yo Ren ! m'annonçais-je sans préambule en m'approchant de mon ami dépressif.

Il sembla se réveiller en entendant ma voix, se demandant sans doute ce que je foutais là. En levant la tête, il aperçu la belle rousse à mes côtés, qui fixait le sol avec une attention toute particulière. Je lui donnais un coup de coude pour qu'elle lève les yeux. Le grand tatoué avait pris un air buté et restait silencieux tandis qu'Ikkaku se tenait derrière nous, attendant de voir ce qui allait se passer. Je soufflais bruyamment.

- Bon, vu qu'aucun de vous deux ne semble prêt à parler, je vais devoir le faire à votre place, lançais-je en ayant l'impression de faire la morale à deux gosses. Renji, Matsumoto avait une bonne raison (autre que l'alcool !) de t'avoir embrassé tout à l'heure, même si elle n'ose pas te le dire parce qu'elle a peur de savoir ce que tu pense vraiment d'elle.

Le rouquin prit un air surpris et intéressé tandis que ma meilleure amie rougissait pour la seconde fois de sa vie (deux fois dans la même soirée quand même :P) et replongeait dans l'observation du sol (joli parquet dis donc, c'est M. Propre qui fait le ménage ? En parlant de lui Ikkaku pourrait être sa doublure... Pardon, je m'égare ! ). Je me tournais vers cette dernière pour en finir avec cette histoire.

- Quant à toi, Matsumoto, si Ren s'est mis en colère c'est uniquement parce qu'il croyait que tu n'étais pas sincère. Crois-moi, il l'a attendu longtemps ce baiser !

Ce fut le tour du grand tatoué de rougir. Bien, bien. J'eus un sourire de connivence avec Ikkaku avant de pousser ma meilleure amie devant moi.

- Bon, maintenant que c'est dit, on va vous laisser régler vos affaires entre vous, comme des adultes !

Sur ces mots, je pris le shinigami au crâne rasé par la main avant de sortir de chez Renji, laissant mes deux amis seuls pour parler. Une fois dehors, je lâchais Ikkaku et poussais un soupir de soulagement, espérant que ces deux imbéciles ne trouvent pas un moyen de gâcher tous mes efforts.

- Tu crois que ça va aller pour eux ? me demanda mon compagnon.

- Bah, si après ça ils n'arrivent toujours pas à être honnêtes vis-à-vis de leurs sentiments, je vois pas ce qu'on pourrait faire de plus pour eux. Et puis, au bout d'un moment, j'aimerais bien finir ma nuit ! rouspétais-je un peu agacée.

- Hum, dans ce cas là, je vais éviter de te raccompagner chez toi, fit le jeune shinigami avec un sourire contrit.

- Oui, vaut mieux pas, confirmais-je l'air épuisée. Déjà, je me suis fait réveiller par ma meilleure amie en pleurs devant ma porte, je suis crevée et je dois me lever tôt demain pour aller voir Unohana. Un autre soir...

- Ok, alors à demain.

Le shinigami au crâne rasé m'embrassa sur la joue avant de partir tandis que moi-même je me dirigeais vers chez moi. Au moins j'avais la consolation de savoir que je ne serais pas réveillée par un membre de la seconde division cette nuit. Vu qu'il était sorti dans le Hueco Mundo cet après-midi Kenpachi ne risquait pas d'y retourner cette nuit (ou sinon, c'est vraiment juste pour la faire chier XD).

Arrivée chez moi, je m'écroulais sur mon lit. Enlevant mon uniforme avec des mouvements aussi vifs que ceux d'une limace, je finis par m'endormir à moitié habillée. Le lendemain matin, je pris une douche rapide pour me réveiller et effacer les traces que mes draps avaient laissés sur mon visage avant de me rendre au bâtiment des soins. Quand je vis Unohana et son doux sourire, j'eus l'impression que ma journée allait bien se passer.

- Bonjour capitaine, lui lançais-je gaiement.

- Hé bien, tu as l'air de bonne humeur aujourd'hui Lina, me répondit-elle.

- Disons que j'ai de bonnes nouvelles.

Je lui expliquais ce qu'il s'était passé la veille avec les trois adjuchas et le fait que désormais je pourrais accompagner Kenpachi sans me soucier d'être vue. La soigneuse en chef se montra inquiète du fait que j'aie été obligée d'intervenir mais elle me félicita d'avoir opté pour la fuite.

- Yamamoto-sama m'a demandé de te transmettre ses félicitations et ses remerciements pour ton travail. Pour le moment, il n'a pas encore décidé ce que nous devions faire quant à cette... situation. Donc, ta mission reste inchangée, même si j'espère que ça ne sera pas pour très longtemps, souffla ma chef, l'air désolée.

- Ne vous en faites pas pour moi capitaine, dis-je avec entrain. Ça ne me dérange absolument pas.

- Lina, ne prend pas cette mission trop à la légère, ça reste une mission très dangereuse ! me réprimanda Unohana les sourcils légèrement froncés.

- Je le sais très bien et je ferais attention, je vous le promets, l'assurais-je en mettant ma main sur son épaule. C'est juste que... J'ai l'impression d'avoir trouvé ma place depuis que je travaille à la onzième division.

- Je vois, fit la grande brune, rassurée. Eh bien, tu pourras peut-être rester à ton poste une fois tout ceci terminé, si tout se passe bien.

Après avoir remercié ma supérieure avec gratitude, je regagnais les quartiers de la onzième division. En arrivant, je croisais Kenpachi que je saluais avec un sourire étant donné ma bonne humeur. Il y répondit en faisant une tête bizarre mais heureusement Yachiru arriva à ce moment-là.

- Salut binoclarde, pourquoi tu souris comme ça ? me demanda-t-elle en venant me pincer les joues. T'es amoureuse ?

Bon, finalement son arrivée n'était pas si "heureuse" que ça. Rougissant furieusement, je lui ébouriffais les cheveux pour la punir de son insolence.

- Rah, vilain petit chat ! Arrête de poser des questions aussi idiotes de bon matin, j'ai le droit de sourire si je veux d'abord !

J'allais jusqu'à mon banc en pestant tandis que la petite fille aux cheveux roses allait se plaindre de mon comportement auprès de son capitaine. Les hommes de Kenpachi qui étaient présents me regardaient avec un air choqué. Apparemment, Yachiru les terrorisait et ils n'en revenaient pas de ce que je venais de faire. Sauf que la vice-capitaine de la onzième ne m'avait jamais fait le moindre mal à moi. Même quand je l'appelais "mon petit chat", elle se contentais de ronchonner un peu mais c'était tout.

Enfin bon, elle était mignonne mais sortir ça devant Kenpachi, c'était pas malin ! Déjà qu'il s'imaginait que j'étais venue travailler à la onzième pour pouvoir le draguer... Je laissais échapper un profond soupir alors que Yumichika venait s'asseoir près de moi.

- Alors princesse, ça ne va pas ?

Je lui rendis son sourire. Finalement j'en était venue à l'apprécier avec le temps, tant qu'il gardais ses mains dans ses poches. Il était toujours de bonne compagnie et passait son temps à me faire la conversation pour éviter que je ne m'ennuie pendant l'entraînement.

- Si si, juste une mauvaise blague de Yachiru, lui dis-je en retrouvant ma bonne humeur. Tiens, voilà Ikkaku !

Je saluais le jeune shinigami en le voyant s'approcher.

- Des nouvelles de Renji ? demandais-je, curieuse.

Il secoua la tête et je dus expliquer à notre ami aux mèches colorées pourquoi je lui avais demandé ça. Il partit alors dans une longue envolée lyrique sur la beauté des sentiments cachés et le romantisme des amours naissants. Bref... Le laissant plus ou moins à son délire, je me retournais vers le shinigami au crâne rasé.

- Au fait, j'aimerais bien participer à l'entraînement avec vous aujourd'hui ! fis-je avec un sourire espiègle. Ça ne sert pas à grand chose que je reste assise là à regarder, et j'ai bien envie de voir si tu m'as dit la vérité la fois où on s'est entraînés ensemble.

Le sourire d'Ikkaku s'étira.

- Oh, je t'ai dit la vérité, crois-moi. Ça va être moche pour mes gars, se faire battre par une soigneuse, ils ne vont pas s'en remettre !

Je sautais sur mes pieds, impatiente de m'y mettre. Enfin un peu d'action ! (dixit la fille qui a failli se faire tuer par un cero la veille...) En plus, le shinigami au crâne rasé allait sûrement être surpris, j'avais pas mal progressé à force d'observer Kenpachi se battre ces deux dernières semaines. Momo me l'avait fait remarquer lors de notre dernier entraînement ensemble.

Me dirigeant à grandes enjambées (aussi grandes que puissent lui permettre ses petites jambes en fait) vers le terrain d'entraînement, je vis les hommes de la division m'observer avec étonnement alors que je prenais un bokuto dans la réserve. Je me tournais vers eux, un air de défi dans les yeux.

- Alors les mecs, qui veut se prendre une raclée par la vice-capitaine de la quatrième division ?

Je savais que si je ne les provoquait pas, ils n'oseraient pas accepter mon défi. Après tout, pour eux je n'était qu'une fille mignonne et petite qui les soignais quand ils en avaient besoin. Ils ne m'avaient jamais vu combattre et avaient sûrement déjà oublié que j'étais vice-capitaine. Donc, je me rappelais à leurs bons souvenirs et bien sûr, cela eût l'effet escompté.

Les premiers à venir m'affronter étaient vraiment faibles, ils voulaient sans doute simplement me faire plaisir et s'imaginaient pouvoir aisément me battre. Sauf que je m'en débarrassais en deux trois coups avant de demander aux suivants de s'avancer. Voyant cela, les plus faibles reculèrent, beaucoup moins assurés tandis que des adversaires un peu plus forts se présentaient à moi.

Mais là encore, je fus trop forte pour eux. Finalement, Yumichika décida de me faire le plaisir de répondre à mon invitation. J'en fus à la fois ravie et électrisée. L'ayant vu combattre régulièrement, je savais qu'il était environ du même niveau qu'Ikkaku. Avais-je assez progressé pour pouvoir le battre ? Ce combat nous le dirait.

- Désolé princesse, mais je ne vais pas te faire de cadeau ! me lança le bellâtre en m'envoyant tout de même un baiser d'encouragement de la main.

- C'est moi qui suis désolée, tu va sûrement être décoiffé par ma faute ! répliquais-je mielleusement.

J'avais tapé la où ça faisait mal, Yumichika ne supportait pas que l'on touche à ses cheveux. Il plissa les yeux l'air de me jauger. Même si j'avais vraiment envie de me foutre de sa gueule, je me forçais à retrouver mon sérieux. Bon allez Lina, montre leur que t'es pas qu'une petite soigneuse ! m'encourageais-je mentalement. Je me mis en garde et le shinigami aux mèches colorées en fit de même en face de moi.

Le silence se fit soudain dans la grande cour, tous les combattants s'étant arrêtés pour observer notre combat. Je me concentrais sur mon ennemi, ne le lâchant pas des yeux. Puis, tout s'accéléra.

Yumichika s'élança vers moi et frappa un coup de taille vers le bas. Étant un plus de mon gabarit qu'Ikkaku, il était plus rapide que ce dernier, mais moins fort physiquement. Je parais donc son coup en tournant sur moi-même pour avoir assez d'élan pour briser le sien. Nos armes s'entrechoquèrent avec le bruit mat du bois, puis nous nous séparâmes en faisant chacun un bond en arrière.

Ne lui laissant pas le temps de prendre l'avantage, je me mis à courir dans sa direction avant de me laisser glisser à terre pour tenter de lui faucher les jambes. Il esquiva mon coup en sautant en l'air et je réagis immédiatement en prenant appui sur mes pieds pour me précipiter vers lui, l'arme pointée en avant. Voyant qu'il était coincé, il sauta carrément sur mon arme afin d'y rebondir, se mettant du coup hors de ma portée.

- Tsch, laissais-je échapper, furieuse qu'il ait réussi à fuir.

- Alors princesse, tu abandonnes ? ne put-il s'empêcher de me narguer.

Ok, on allait passer aux choses sérieuses ! Je me jetais sur lui en bondissant dans les airs, me laissant retomber avec force sur son arme qu'il brandit vers le haut. Sa garde tient bon et je fus repoussée en arrière, mais j'étais contente de ma manœuvre : j'avais vu ses bras trembler sous l'effort. Me voyant sourire, mon adversaire se mit en rogne. Il se précipita sur moi en faisant tournoyer son arme, pour éviter que je sache d'où viendrait son attaque.

Je l'attendais de pied ferme, restant en garde jusqu'au dernier moment, le dernier centième de seconde, avant de reculer d'à peine quelques centimètres. Son arme me frôla au lieu de me toucher et j'en profitais pour lancer mon bokuto sur le côté, me penchant légèrement en avant. Je m'arrêtais juste avant de toucher son cou, la lame en bois collée sur sa gorge.

- Ippon, dis-je en souriant, fière de ma victoire.

Le visage du shinigami aux mèches colorées se décomposa légèrement avant qui ne se mette à bouder.

- Fait pas la tête, j'ai pas touché à tes cheveux ! lui fis-je remarquer.

Cette remarque provoqua l'hilarité générale et même l'intéressé finit par se mettre à rire. Bras dessus bras dessous, nous nous tournâmes vers Ikkaku qui se tenait à quelques pas de là. Il m'observait les yeux plissés, l'air de réfléchir à quelque chose.

- Ba alors, j'ai même pas me droit à des félicitations ? lui demandais-je l'air faussement attristée.

- Dis donc, t'as progressé depuis notre dernier combat ! se contenta-t-il de dire. Tu veux pas une revanche ?

Je secouais la tête en souriant. Ah là là, ces gars de la onzième division, tous des obsédés du combat !

- Je pense que j'ai eu ma dose pour aujourd'hui, fis-je en faisant un clin d'œil à Yumichika. J'ai peut-être gagné mais c'était pas une mince affaire.

Alors que le shinigami aux mèches colorées se mettait à commenter tous les mouvements que j'avais effectué durant notre combat, j'aperçus Kenpachi au loin, adossé contre la porte du bureau. Avait-il vu le combat ? A cette distance, je ne distinguais pas son expression, mais je sentais clairement son regard me brûler. Puis je le vis rentrer dans le bâtiment.

Ne sachant pas exactement pourquoi, cédant à une impulsion, je plantais mes deux amis en baragouinant une vague excuse pour le suivre à l'intérieur. Devant sa porte, je frappais rapidement avant d'entrer. Il leva la tête vers moi en me voyant et je vis un léger sourire apparaître brièvement sur ses lèvres.

- Alors, tu fais mu-muse avec mes hommes ? me demanda-t-il comme si j'avais fait quelque chose de répréhensible.

- Personne ne m'a interdit de participer aux entraînements, rétorquais-je avec flegme.

- Dans ce cas je le fais aujourd'hui, répondit-il sur le même ton.

Je le regardais un instant, médusée.

- Pourquoi ? le questionnais-je finalement, sentant la moutarde me monter au nez.

- Parce que ça déconcentre les hommes.

Je le fixais, blasée. Bon, c vrai que tout le monde s'était arrêté pour observer mon combat avec Yumichika, mais si je participais plus souvent aux entraînements, ils finiraient par s'habituer à ma présence et vaquer à leurs activités, non ?

- Les combats de ce niveau ont tendance à être un peu trop captivants pour que les hommes continuent de s'entraîner normalement, m'expliqua le capitaine de la onzième, voyant mon air dubitatif. C'est pour ça que Yumichika et Ikkaku ne participent pas à l'entraînement avec les autres, ils s'entraînent chacun de leur côté. Idem pour Yachiru et moi.

Oh. Donc j'avais selon lui un niveau trop élevé pour m'entraîner avec ses hommes ? Je rougis légèrement en comprenant le compliment. Donc, il avait vu le combat et il m'avait vue gagner. Je ne savais pas vraiment me l'expliquer mais ça me faisait plaisir de le savoir.

- Je comprend, lui concédais-je, plus du tout en colère. Bon, je te laisse travailler.

- Tu ne voulais pas me demander quelque chose ?

Sa question me prit au dépourvu. Heu, non. Je l'avais juste suivi, attirée par le magnétisme de son regard tel un papillon par la lumière... Mais bon, j'allais pas lui dire ça quand même ! Lui jetant un regard un peu perdu, je vis une lueur moqueuse dans son oeil, comme s'il savait exactement pourquoi j'étais venue. Je marmonnais une injure avant de m'enfuir rapidement de l'antre du démon.

Avec ce qu'il s'était passé la veille, j'avais l'impression que tout était redevenu comme avant entre Kenpachi et moi... Et c'était pas bon du tout. Je sentis mon ventre se nouer à cette idée. Durant le repas qui suivis, j'eus très peu d'appétit, me contentant d'écouter les âneries que débitait Yumichika sur les pouvoirs extraordinaires des plantes sur les cheveux (il est complètement obsédé par ça ce mec ! Va falloir que je lui trouve une coiffeuse pour le caser avec ).

L'après-midi se passa sans encombre, même si je dus accompagner en toute discrétion une patrouille à laquelle le capitaine de la onzième participait. Je préférais éviter qu'il sache que je le surveillais également durant ses patrouilles, ça lui aurait sûrement semblé suspect. Le soir, je soignais les hommes de la division avant de me rendre dans son bureau pour voir s'il avait besoin de mes services.

Il me fit signe d'approcher quand il me vit, je m'exécutais donc en me préparant mentalement à le soigner. Il n'avait que quelques coupures superficielles et des bleus, vraiment pas grand chose. Ayant fini mon travail à peine quelques minutes plus tard, je relevais les yeux vers son visage. Et je vis son regard de prédateur fixé sur moi. Je me figeais, le cœur battant. Oh merde.

Il avait été sage pendant deux semaines, il n'allait tout de même pas recommencer à me faire chier juste parce que je l'avais suivi dans le Hueco Mundo quand même ? Ou alors c'était parce qu'il m'avait vue combattre tout à l'heure ? Bordel, mais pourquoi il me regardait comme ça à la fin ?! Décidant de réagir, je me relevais lentement, sans le lâcher des yeux. Je me retrouvais debout face à lui, toujours assis sur sa chaise mais qui semblait prêt à bondir.

- Je vais y aller, fis-je en essayant de contrôler ma voix pour éviter qu'elle ne parte dans les aigus.

J'avais dit ça, mais mes jambes me semblaient trop lourdes pour être soulevées. Le démon eut un sourire sadique, comme si c'était lui qui empêchait mes jambes de bouger par l'action d'un quelconque pouvoir (c'est le pouvoir du sex-appeal ! yeah ! ). Je me sentais à la fois irritée et excitée par son regard hypnotisant. Bon sang, dire que j'avais cru que je pouvais rester de marbre face à lui... En fait je n'avais réussi à rester sage que parce qu'il l'était aussi. Dire qu'il ne lui suffisait que d'un regard pour me mettre dans un tel état !

- Kenpachi... soufflais-je la gorge serrée.

Ce fut comme si je venais d'appuyer sur un bouton pour remettre le monde en marche. Le capitaine de la onzième attrapa mon bras et me tira en avant pour que j'atterrisse à cheval sur ses genoux. Il passa un bras dans mon dos pour m'empêcher de m'échapper et son autre main vint se poser sur ma cuisse. Il remonta sa main dans mon dos et appuya dessus pour rapprocher mon visage du sien. Le corps en feu, je tentais tout de même de l'arrêter en posant ma main contre sa poitrine.

- Kenpachi, nous avions convenu d'adopter un comportement strictement professionnel, parvins-je à protester la voix rauque de désir cependant.

- Il me semblait te l'avoir déjà dit hier, répliqua-t-il l'air amusé, une lueur sauvage dans le regard. Je fais ce que je veux, quand je le veux.

Puis il écrasa sa bouche sur la mienne, me faisant oublier toutes les raisons pour lesquelles ça me paraissait être une mauvaise idée de faire ça. Sa langue s'insinua dans ma bouche tandis que ses mains me caressaient avidement, me faisant gémir de plaisir, d'impatience et de tout ce désir refoulé depuis si longtemps. Sans y prendre garde, je me mis à lui rendre son baiser avec passion, une main dans sa nuque et l'autre dans ses cheveux.

Quelques dizaines de secondes plus tard, alors que je sentais une de ses mains se glissait sous mon uniforme, je dus me faire violence pour m'arracher à son emprise. Rompant notre baiser, je reculais brusquement en arrière. Surpris de mon geste, le guerrier n'eut pas le temps de me rattraper avant que je ne réussisse à me mettre hors de sa portée d'un bond. Grognant son mécontentement, il se leva brutalement et je pris mes jambes à mon cou.

Sortant en trombe du bureau, je m'excusais rapidement après avoir bousculé Yachiru et je partis aussi vite, bouleversée. Une fois dehors, je me dirigeais vers la cinquième division, ressentant le besoin de voir Momo. Bon sang, ce mec allait vraiment me rendre folle. Quelle idée de me sauter dessus comme ça ?! En plus, Yachiru avait failli nous surprendre en pleine séance de pelotage ! Je n'osais même pas imaginer ce que la petite fille en aurait pensé ("Vous jouez au docteur ?" XD).

Et puis... Ce baiser avait été différent des précédents. Il avait été plus intense, plus passionné, plus... sincère ? J'avais eu l'impression de sentir mon cœur se serrer quand ses lèvres avaient touché les miennes, comme si ce geste n'était pas uniquement le fruit du désir de deux personnes frustrées. Comme si, pour moi, il revêtait une importance particulière. Je secouais vivement la tête pour chasser ces pensées dangereuses.

En arrivant à la cinquième division je cherchais Momo qui était en train de bavarder avec Toshiro près de la sortie. Je ne me demandais pas ce que le capitaine de la dixième faisait là : tout comme Momo était une sœur pour moi, il était un frère pour elle. Il était un peu glacial au premier abord (ah ah ah ! :P) mais j'avais appris à l'apprécier en côtoyant la petite brunette. En me voyant arriver, cette dernière coupa court à leur conversation et se précipita vers moi.

- Qu'est-ce qui se passe Lina ? Tu as l'air... bizarre, finit-elle par dire inquiète, ne parvenant sans doute pas à déchiffrer mon expression.

Pour une fois qu'elle ne me sortait pas un diagnostic clair et précis, c'était que je ne devais vraiment pas être bien dans ma tête !

- Je voulais te parler, fis-je, ne sachant pas très bien ce que je voulais lui dire exactement.

Nous sortîmes prendre l'air et elle m'indiqua un coin d'herbe où nous pourrions être plus tranquilles pour discuter. Je m'assis à ses côtés et laissais mes yeux se perdre dans le ciel, apaisée par le paysage. Ma sœur de cœur me laissa prendre le temps de me calmer, de mettre un peu d'ordre dans le chaos de mes pensées. Je pris une profonde inspiration, goûtant les senteurs de la nuit tombante.

- Je crois... que j'ai un problème, commençais-je alors que Momo me prenait la main pour me donner du courage.

- Tu crois ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? me demanda-t-elle avec douceur.

- Eh bien, pour te résumer la situation, je travaille au sein de la onzième division pour surveiller Kenpachi...

J'avais décidé de lui dire au moins ça, sinon elle ne pourrait pas comprendre ma situation.

- C'est une mission que m'a confié mon capitaine, je ne peux pas t'en expliquer la raison, c'est confidentiel.

La jeune shinigami hocha la tête, me signifiant qu'elle ne m'en voudrait pas de garder le silence là-dessus.

- Bien entendu, Kenpachi ne sait rien de tout cela, continuais-je. Il se trouve que depuis que je travaille avec lui, j'éprouve une certaine... attirance physique à son égard.

Je rougis en disant cela et Momo me sourit. Dire que je ne voulais pas parler d'homme avec elle à la base !

- Je suppose que ce n'est pas ça ton problème ? me dit-elle amusée.

- Ça a... un rapport. Disons que je me suis efforcée jusqu'ici de résister comme j'ai pu à cette attirance (dixit la fille qui lui a sauté dessus la premier soir), je pensais que ça serait une mauvaise idée de... d'avoir des rapports intimes avec la personne que je dois surveiller.

Bon sang, pourquoi j'étais venue parler de ça avec Momo plutôt que d'aller voir Matsumoto ?! Ah oui, parce la belle rousse devait roucouler avec Renji à l'heure qu'il était si tout allait bien et que je ne voulais pas les déranger. Sans compter que je ne pouvais rien confier de confidentiel à ma meilleure amie, elle était vraiment trop bavarde quand elle buvait - ce qui signifiait : tous les soirs. Bref, j'en étais réduite à violer les chastes oreilles de ma petite sœur de cœur. Quelle dépravée j'étais !

- Je vois, se contenta de dire la petite brune en réfléchissant. Cette attirance, tu sais si elle est réciproque ?

- Oh oui, c'est bien là le problème, répondis-je en soufflant. Kenpachi est... très démonstratif concernant cette "réciprocité", il n'y a donc aucun doute.

- Et lui ne voit pas le problème qu'il y aurait à avoir une relation de ce genre avec toi, comprit mon amie.

- Exact. Ce... Ce n'est pas tout, ajoutais-je en rougissant de nouveau. Je... crois que j'éprouve quelque chose de plus qu'une simple attirance envers lui...

Momo écarquilla grand les yeux, se demandant sûrement si j'étais sérieuse. Oui, ça faisait vraiment longtemps que je n'avais pas été intéressée par un homme de cette façon et elle le savait. C'était d'autant plus étonnant quand on connaissait la personne dont je parlais. Zaraki Kenpachi n'était pas vraiment connu pour son charme et sa gentillesse (*tousse*tousse. désolé, c'est passé de travers ;P).

- Je ne sais pas si c'est parce que je passe mon temps à le soigner, mais je m'inquiète beaucoup quand il se met en danger et ça a tendance à me mettre en colère, tentais-je de m'expliquer. Du coup on s'engueule, on se fait la tête et finalement on finit par s'embrasser !

Oui, expliqué comme ça ça n'avait pas l'air très clair ("Ce que tu dis n'a aucun sens !" ). Ma sœur de cœur semblait abasourdie.

- Tu t'engueule avec Zaraki Kenpachi ?! répéta-t-elle, choquée.

- Mais c'est de sa faute, il passe son temps à me crier dessus ou à me lancer des regards assassins dès qu'il n'est pas content ! bougonnais-je.

- En fait, je crois qu'il agit comme ça avec la plupart des gens, remarqua judicieusement la brunette.

- Oui, bah c'est pas une raison pour que je me laisse faire !

- Mais du coup, qu'est-ce qui t'intéresse chez lui ?

La jeune shinigami venait de soulever un point important. Qu'est-ce qui faisait que la simple attirance physique que j'éprouvais pour lui au début était devenue autre chose ? J'aimais sa force, son aspect sauvage et le fait qu'il soit déterminé dans ce qu'il entreprenait. Il avait un charisme impressionnant et arrivait toujours à faire en sorte qu'on veuille lui plaire, que ce soit moi ou ses hommes.

Mais le plus important, c'était ce qu'il cachait sous ses aspects de gros dur... Le jour où il m'avait fait mal à la main, il avait prit sur lui pour s'excuser le lendemain. Quand il avait eu de la fièvre, il s'était endormi en me caressant le dos pour que je me détende. Hier, s'il s'était énervé contre moi dans le Hueco Mundo, c'était parce qu'il avait eu peur pour moi, quoiqu'il en dise. Et il m'avait même demandé de me soigner pour éviter que je ne souffre sur le chemin du retour, même si cela induisait qu'il devrait me porter...

C'étaient tous ces petits détails, toutes ces petites attentions, qui avaient fait tomber mes barrières.

- Je... Il est gentil. Des fois... marmonnais-je.

Momo me regarda bizarrement puis elle éclata de rire.

- Bon, c'est clair que t'as des sentiments pour lui pour pouvoir dire ça ! s'esclaffa-t-elle.

Je me rembrunis à ces mots et elle cessa de rire.

- Le problème, c'est que même si mes sentiments se révélaient être réciproques, le fait est que je le surveille pour le compte de quelqu'un d'autre. S'il venait à l'apprendre, je ne crois pas qu'il le prendrait très bien.

Momo grimaça.

- Non, en effet. Je ne pense pas qu'il soit le genre de personne à accorder sa confiance facilement, analysa la jeune shinigami. Si vous devenez proches et qu'il découvre cela plus tard, il risque de se sentir trahi.

- D'où mon problème, conclus-je, attristée. Je ne peux pas devenir trop proche de lui mais je ne peux pas non plus lui expliquer pourquoi. Et j'ai bien du mal à le tenir à distance de moi...

Ma sœur de cœur me serra la main, comprenant pourquoi j'étais si chamboulée. Elle ne pouvait pas y faire grand chose, mais le fait qu'elle m'ait écouté m'avait déjà un peu soulagée. Cela m'avait également permis d'y voir plus clair. Désormais, je n'avais plus de doute. J'étais clairement amoureuse du démon Zaraki Kenpachi. Finalement, c'était Yachiru qui avait raison.

Fin du chapitre 8

Oula la, je dois avouer que cette fin de chapitre me plaît beaucoup ! J'ai hâte de vous écrire la suite :D

Bisous de chat 3