Yo ! Vous savez, ces derniers jours j'ai passé mon temps sur youtube à traquer toute la bande son du musical Hamilton. Je suis fan. Les tirades d'Aaron Buur, waoh. Et l'accent traînant de Jefferson ! I love it. Donc voilà, je me suis enregistrée au moins quatre chansons sur mon téléphones, et je fredonne l'air de "l'élection de 1800" à tout bout de champ. Et du coup, dans le tome 3 de la saga, Elisa lira un bouquin sur les Pères Fondateurs des Etats-Unis x)
Enfin bref.
Ce chapitre manquait d'action, quand je l'ai écrit. Du coup je l'ai coupé en deux et j'ai comblé les blancs avec un Challenge ! Parce qu'on a jamais assez de Challenge x) Et puis, j'avais bien envie d'écrire un match entre Elisa et un de ses potes Serpentard x) Et de faire appaitre davantage Helen et Rhonda ! Du coup j'espère que ça vous plaire.
Mais avant tout, voici les réponses aux reviews !
Yo Aomine ! Toujours premier à commenter, c'est génial =D Pour le nom des MagicoGlisseur, tu va vite remarquer un thème très simple... Le Spoutnik, le Saphira, le Salamandre, le Skywalker, le Simbad, le Stormtrooper... Eh oui, tous les noms commencent par S x) Y a pas de raison particulière, mais comme j'ai réalisé ça en cours de route et que ça me plait, je crois que je vais garder ce thème. Domage pour l'Atom, comme idée de nom, mais le concept est pas mal ! Quant au nom de la colonie... Hum, gard eà l'epsrit qu'on est en 1991 et que les connaissances d'Elisa sur sa vie antérieure sont relativement limitées. Elle fait des références à Star Wars parce que c'est de son époque, mais elle ne s'épanche pas sur la saga de l'Héritage parce que pour elle, ça fait plus d'une décennie qu'elle l'a lu. Donc c'est dommage, mais les référence à un manga ne vont pas vraiment lui venir à l'esprit...
Salut Mayoune ! Oui, Elisa se lance dans un truc monstrueusement compliqué, c'est pas étonnant qu'il elle soit vite dépassée x) Heureusement qu'elle a Trisha avec elle ! Et je suis contente que les personnages du canon prennent de l'épaisseur, ce n'est pas parce qu'Elisa ets le personnage principal qu'il faut les oublier...
Merci Leguramine =) C'est cool que ça te plaise, le chapitre sur les vacances de Noël n'a pas beaucoup d'action pourtant. Ca sera différent dans le tome 2, qui est plus développé.
Hello Louny ! Tu as du retard sur les fics de Zeidra toi aussi ? Oui, relis tout, et ensuite tu pourras hurler avec moi en lisant le dernier chapitre x) Yep, les parents d'Elisa sont assez particuliers. Sa mère est plus ou moins inspirée de Luna, et son père est inspiré de mes deux parents. Quant à Heather... C'est vrai qu'elle a un joli prénom (je le ressort régulièrement dans mes différentes fics !). Je suis ravie qu'elle te plaise, j'ai moi-même un faible pour cette Serpentard Sang-Mêlée qui ne s'en laisse pas compter. Elle est la forte-tête de sa bande de serpents x)
Coucou Simpson31 ! Contente de voir que tu as cédé à l'attrait de la lecture malgré le genre un peu inhabituel. Il m'a fallu trois excellentes fics pour dépasser mes préjugés sur les SI, alors je comprends si tu traînes les pieds x) J'espère que ça va te plaire malgré tout ! Elisa est un personnage assez spécial, soit on l'aime soit on peut pas la supporter...
Yo DreamerInTheSky ! Yep, c'est un plan parfait. Etape 1 : devenir blindée de pognon. Etape 2 : l'investir pour changer le monde. Etape 3 : Enjoy. Aucun défaut ! xD
Salut Titietrominet =) Le retard, ça arrive à tout le monde x) Avec le boulot que j'ai, j'ai du renoncer à lire plusieurs fics que je suivais, c'est horrible. Enfin bref. Tu trouves les MagicoGlisseurs impressionants ? Franchement, c'est un peu le principe des balais, mais avec nettement moins d'aérodynamisme. Ce qui doit avoir pris autant de temps à Elisa, ce n'est pas tant l'assemblage de sort que le dessin d'une planche équilibrée x) Contourner Dudu pour soustraire Harry aux Dursley ne devrait pas être difficile. Le directeur n'a pas l'air de surveiller personnellement Privet Drive, et Mrs Figgs pourrait facilement être bernée (Pétunia n'a qu'à lui dire qu'Harry reste souvent dans sa chambre, etc.). Tant qu'Elisa agit discrètement, c'est faisable. En revanche, oui, Dobby ne va pas renoncer à apparaitre...
Hello Amazaria ! Ton pseudo est superbe, au passage x) Et ta longue review m'a fait me frotter les mains parce qu'elle soulève plein d epoints intéressants ! Oui, le coup des Détraqueurs était une sale idée. Mais étant donné qu'ils sont loin de l'école, les enfants n'ont sans doute pas senti leur présence en permannece. EN revanche, c'est complètement irresponsable de la part du Ministère d'avoir laissé les Détraqueurs en liberté. Ca les aurait tué d'envoyer dix Aurors capables de Patronus pour s'assurer qu'aucune créature n'essaierait de boulotter un gamin ?! Raaah, ça me tue. Enfin bref. La présentation aux parents Moldus, je pense que ça doit être une visite un peu plus longue que dix minutes. Des visites de plusieurs heures, durant deux à trois jours : puis les parents Moldus font leurs achats sur le Chemin de Traverse en groupe, accompagné par un prof ou un délégué du Ministère. Quant à retirer leurs baguettes aux élèves entre les cours... Je crois que c'ets une très mauvaise idée. Ces gamins doivent apprendre le plus tôt possible ce que fait cette chose. S'ils jouent aux petits cons à l'âge de onze ans, c'est encore mieux, parce que tout ce qu'ils pourront se faire sera de se couper un doigt ou de se teindre les cheveux en vert. Ca leur servira de leçon et leur apprendra la prudence, mais c'est un dommage qui est facilement réparable par l'infirmière. A vrai dire, je pense que les élèves veulent éviter de se faire prendre et apprennent donc vite à réparer eux-même leurs erreurs. Mme Pomfresh n'a donc pas tant de travail que ça ! Donc bref, sur ses points, je crois que Poudlard se débrouille. En revanche la limite d'âge sur la Réserve est une EXCELLENTE IDEE. Je vais la reprendre dès que possible ! Et pour la santé dans le monde magique... Même chose que pour les baguettes des jeunes sorciers, je pensent qu'ils sont beaucoup plus autonomes en la matière que les sorciers. Genre, ils ont des potions qui leurs permettent de se faire repousser les os, etc. Pas besoin de davantage d'hôpitaux !
Yo Streema ! Mettre Elisa dans une année supérieure, c'était un choix fait à la fois pour ne pas tomber dans le cliché... Et à la fois pour donner à Elisa une foulée d'avance. Quand Harry débarque et que l'histoire commence, elle a déjà prit ses marques et posé son empreinte. Du coup, ça me facilite un peu la vie, je n'ai pas à développer sur des pages et des pages la façon dont Elisa sympathise avec le reste de sa promotion. Et, en bonus : ça me permet d'introduire plein de personnages originaux xD
Salut Lumerotte ! Merci, merci =D Je suis contente que le style te plaise ! Avec une Self-Insert (quoique, Elisa commencera très rapidement à devenir une OC, une Original Character, parce qu'elle est plus elle-même qu'elle n'est moi... Je ne sais pas si c'est très clair xD), c'était un pari risqué x) Mais je suis ravie de voir que le synopsis te plais !
Hello Harry ! Yep, Elisa sème des références culturelles comme les cailloux du petit poucet. Je trouve l'image assez approprié. Pour tous ses projets, par contre... Ne retient pas ton souffle, elle n'a quand même que treize ans ! Il va se passer un bail avant qu'elle parvienne à quoi que ce soit x) Et je suis ravie que tu ait aimé ce combat ! Il partait assez mal mais je suis contente d'avoir trouvée une raison plausible pour qu'Elisa gagne x)
Salut Lufynette ! Tu me flatte xD Je suis contente que ça te plaise autant ! Et je suis extrêmement contente que tu approuve d'Elisa et de son génie x)
Merci beaucoup Ylymance ! J'essaie de publier un chapitre par semaine, alors tu ne sera pas à court de lecture. Mais si tu es en panne, n'hésite pas à lire "Polydipsie". Après coup, la saga d'Elisa te semblera bien tristouille, mais je te garanti que "Polydipsie" te fera bien rigoler ! Oui, je me fais de la pub x) Mais j'assume. Au fait, j'aime beaucoup ton pseudo, on dirait une discipline magique x) Du genre xylomancie...
Salut Alia00 ! Merci, merci =) Eh oui, les OC et SI ont une assez mauvaise réputation, mais ça peut donner des récits pleins d'humour. La première fic correcte (et française !) avec une SI que j'ai lu, c'était "pour une utopie" sur le fandom d'Harry Potter. Et puis bien sûr, j'en ai lu toute une floppée en anglais x) Tu lis l'anglais ? Parce que je peux t'en conseiller si tu veux =D
Yo Lucie ! Ca faisiat un bail, dis donc x) Oui, désolée, mais le tome 6 de Renouveau est... perdu dans les limbes de mon cerveau, je crois. J'espère qu'Elisa te fait quand même bien passer le temps x) Et puis, cette fic devrait te sembler familière, vu la similitude entre Helen et Alva, entre Adrian et Al', et entre Terence et Reg... Oui, j'ai puisé mon inspi dans mes propres fics, je suis une feignasse x)
Hello Kalwen ! Oh, merci, merci =D Je suis ravie que ça te plaise ! Elisa débarque dans un monde qui a trente ans de retard (voire plus) sur ses conceptions de la technologique, de la société, de la justice x) Alors elle veut le changer pour qu'il convienne à sa vision de ce qui devrait être. Arrogant de sa part ? Oui, sans aucun doute. Mais si elle réussi, eh ben, elle aura eut raison d'être arrogante ! x) Les fics où un perso décide de changer le monde sans s'encombrer de modestie sont mes favorites x) Enfin bref, j'espère que les chapitres suivants te plairons tout autant !
Salut Charliflex ! J'espère que tu vas aimer les romans de Bottero, ils ont changé ma vie =D Et j'irais très vite jeter un oeil à ton OS, promis !
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Woah, ça fait beaucoup de reviews ! Merci à tous ! Et à présent... Le chapitre !
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Idées brillantes et décisions moins concluantes
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Elisa acheva le Skywalker et le Salamandre à mi-avril, en y consacrant une grande partie de ses vacances de Pâques. Le dernier jour du mois, elle termina finalement le petit rituel nécessitant une goutte de sang et la magie des nouveaux propriétaires, pour que les Glisseurs ne répondent qu'à eux.
Bulstrode entrait en pleine période de révision de ses ASPICS : les septièmes années commençaient déjà à potasser leurs cours à la fin du mois d'avril, pour tout savoir sir le bout des doigts au début de juin. Bref, du coup il n'avait pas beaucoup le temps de profiter de Salamandre : mais il compensait ça en se déplaçant d'une classe à l'autre presque exclusivement sur son petit Glisseur, se faufilant agilement entre les autres élèves. Quant à Drago, qui venait d'entrer en possession de Skywalker, il commença aussitôt à frimer à la moindre occasion avec son nouveau jouet, exécutant looping et vrilles dans le parc ou surfant sur la rampes des escaliers (ou les murs des couloirs) pour devancer la foule des élèves.
Elisa reçu une coquette somme d'argent de la part de Lucius Malefoy et de Lord Allen Bulstrode, et se frotta les mains. Son plan génial marchait !
Bon, un certain nombre d'élèves faisaient la tronche et étaient morts de jalousie. Sauf le Trio d'Or, curieusement. Cela dit, à en juger par leurs fréquentes visites chez Hagrid et leurs chuchotements préoccupés (et le fait qu'Hermione avait innocemment demandé à Elisa si les sorciers pouvaient posséder des dragons), les trois petits Gryffondor devaient essentiellement être préoccupés par l'œuf de dragon d'Hagrid.
Bref. Pas mal d'élèves auraient voulu un MagicoGlisseur eux aussi. Mais, eh, elle leur avait donné ses prix pour des MagicoGlisseurs sur commande. S'ils en voulaient, soit ils avançaient la monnaie, soit ils attendaient qu'elle ait du stock !
Et un employé, il lui fallait définitivement un employé. Ne serait-ce que pour le travail du bois, qui lui prenait un temps fou. Ensorceler la planche lui prenait trois jours, peut-être, si elle se gardait du temps pour ses devoirs, ses activités extrascolaires comme le CEM et le Challenge, et du temps pour se détendre avec ses amis. Mais fabriquer la planche en elle-même prenait plus de deux semaines ! Elle avait un stock de bois qu'elle avait ramené des vacances, mais il fallait polir, sculpter, vernir, ensorceler, redessiner, déformer le bois pour relever les extrémités du Glisseur…
Yep, c'était du boulot. Il lui fallait un employé, définitivement. Et un employé pas trop cher, histoire qu'elle puisse économiser un maximum d'argent… Pff. C'était compliqué, la vie active.
D'autant plus que comme elle n'arrivait pas à se décider entre le Saphira et le Simbad, elle avait décidé de fabriquer les deux et de proposer à Ruth Sullivan de choisir. C'était chiant, parfois, d'être une perfectionniste…
– Hey, Trisha ! lança Rhonda.
Trisha et Elisa, toutes les deux plongées dans leurs devoirs de Potions dans la salle commune, levèrent la tête. Cédric, qui avait une affreuse gueule de bois, poussa un gémissement en enfouissant la tête dans ses bras. La veille, ils avaient fêté la victoire des Poufsouffle sur les Serpentard jusqu'à très tard dans la nuit, et un des élèves plus âgés avait insisté pour qu'ils boivent tous un peu de whisky Pur-Feu. Cédric avait eu l'air d'un zombi toute la journée. Il avait encore la migraine ce soir : la seule raison pour laquelle il n'était pas encore parti se coucher parce qu'il avait des devoirs à finir et que Rogue l'utiliserait comme ingrédients de potion s'il ne rendait pas sa dissertation comme tout le monde.
– Je boirais plus jamais, gémit Cédric sans ouvrir les yeux.
– Sage décision, approuva Elisa.
– Qu'est-ce qu'il y a ? fit Trisha à Rhonda en ignorant ses deux amis.
– C'est vrai que tu peux nous fournir de la Bièraubeurre à volonté ?
Trisha haussa les sourcils :
– Sûr. Mes parents en ont toujours un stock. Il suffit de demander à un elfe des cuisines d'aller en prendre dans leur cave. Techniquement, ils ne font que me ramener ma propriété, donc ils peuvent obéir à cet ordre-là.
– Magnifique ! s'exclama Rhonda.
– Comment t'as découvert ça ? fit Gabriel avec curiosité.
– C'est à cause d'Elisa, dénonça Trisha. Elle utilisait son elfe pour lui ramener des trucs de chez elle en première année.
– Ah bon ? s'étonna Elisa qui avait complètement oublié ça.
Trisha commença à compter sur ses doigts :
– Ton pyjama, tes chaussettes préférées, tous les livres avec lesquels t'as monté ton club de lecture, une énoooorme encyclopédie sur la numérologie qui sert toujours de cale-porte dans le dortoir…
– Pour quelqu'un d'aussi obsédée par les listes et les plannings, t'es vraiment désorganisée ! se moqua Cédric toujours avachi sur la table.
– J'ai pas bien entendu, tu peux répéter ?! fit Elisa en haussant très fort la voix juste à côté de des oreilles de son ami.
Cédric poussa un couinement absolument pathétique, se cachant la tête sans ses bras. Elisa ricana et était en train de retourner à ses devoirs de Potions, laissant Rhonda essayer de négocier avec Trisha l'apport de Bièraubeurre à volonté dans la salle commune, quand soudain une idée de génie lui traversa l'esprit.
Les elfes de maison !
Mais bien sûr ! Pourquoi elle n'y avait pas pensé avant ?! Elle cherchait quelqu'un pour l'aider à fabriquer des MagicoGlisseur, quelqu'un de compétent, de digne de confiance, et qui ne demanderait pas un salaire trop haut. Alors… Pourquoi pas un elfe ? Ok, il faudrait leur apprendre à travailler le bois, mais c'était tout. Les elfes étaient doués, obéissant et refusaient d'être payés. Bon, elle les paierait s'ils le demandaient : mais apparemment Dobby avait été le seul elfe assez excentrique pour réclamer un salaire.
Et puis… Sérieusement, elle pourrait utiliser les elfes pour faire bien davantage que des MagicoGlisseurs.
C'était comme si une porte s'ouvrait dans son esprit. Chappy appartenait à sa mère, elle ne pouvait pas l'exploiter comme elle voulait, parce que les tâches ordonnées par Isabelle (nettoyer la maison, faire les repas, retrouver sa boule de cristal…) prenaient précédence. Mais si Elisa avait son propre elfe… Ou mieux, ses propres elfes ! Alors dans ce cas, elle pouvait faire absolument n'importe quoi !
Les elfes étaient travailleurs, ils n'avaient pas à être payés, ils n'étaient pas affectés par certaines limitations magiques comme les sorciers… Mais surtout, ils étaient loyaux.
Et la loyauté était tellement utile, dans cet univers.
Tout devenait possible si elle avait un elfe. Elisa voulait envoyer un message à Harry alors que celui-ci était surveillé ? Aucun problème. Elle voulait se téléporter à l'autre bout du pays alors qu'elle n'avait pas de permis de Transplanage ? Pas de souci. Elle voulait défier les ordres de Dumbledore ? Fastoche. Elle voulait voler un truc dans la maison des Black à Square Grimmauld, ou dans la maison des Malefoy ? Les elfes s'y baladaient librement. Elle voulait espionner quelqu'un ? Facile. Elle voulait un garde du corps perpétuellement prêt à faire voler à trois mètres le premier idiot qui cherchait la bagarre avec elle ? C'était faisable.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle n'y avait jamais pensé avant. Elle vivait avec un elfe de maison, pour l'amour du ciel. Elle avait vu, depuis des années, à quel point la magie de Chappy était utile.
– Je reviens, lança-t-elle en bondissant sur ses pieds. J'ai un truc à faire aux cuisines !
– C'est presque l'heure du couvre-feu ! protesta Cédric.
– Que quelqu'un aille avec elle, fit l'un des Préfets sans lever les yeux de ses propres devoirs. On ne veut pas qu'un incident comme celui de février se reproduise.
– Oh, je crois que Warrington a compris la leçon ! s'esclaffa un garçon de quatrième année.
Il n'empêche que Cécile Engelhorn, la Préfète de cinquième année, se leva de son canapé pour escorter Elisa : et que la jeune Poufsouffle réalisa qu'elle avait vraiment une place privilégiée. Si n'importe quel autre élève de troisième année était allé se dégourdir les jambes à dix minutes du couvre-feu, aucun des Préfet n'aurait approuvé, et ils se seraient encore moins déplacés pour l'accompagner.
Comme quoi, eh. Faire preuve d'autorité et s'établir comme leader quand elle avait onze ans et que le reste de ses camarades était pétrifiés de trouille, finalement, ça avait des bénéfices sur le long terme.
– Ne me dis pas que tu as un creux, fit Cécile quand elles quittèrent la salle commune.
– Non, juste un coup de génie !
Les sourcils de Cécile se levèrent très haut :
– Et ça nécessite d'aller aux cuisines ?
– Ça nécessite de parler aux elfes, rectifia Elisa.
– Quelle drôle d'idée, marmonna la métisse.
Les cuisines étaient à deux couloirs à peine de la salle commune des Poufsouffle, et tous les membres de la Maison en jaune et noir apprenaient dès leur première année comment y entrer. C'était une sorte de rituel de passage. Les élèves rencontraient donc très tôt les elfes de Poudlard. Pour autant, ils adoptaient assez vite l'attitude classique des sorciers à l'égard de ces petites créatures : un elfe, c'est vaguement stupide, mais surtout servile, et ça adore rendre service.
Même Elisa avait absorbé cet état d'esprit, comme tout le monde. C'était juste quelque chose de normal pour les sorciers. Mais malgré tout, elle avait gardé dans un coin de sa tête la certitude que les elfes de maison étaient grandement sous-estimés. Elle se souvenait parfaitement de l'importance de Kreattur et Dobby dans la saga originale.
– On y est, fit inutilement Cécile quand elles arrivèrent devant le portrait d'une coupe de fruit. J'espère que ça ne va pas prendre trop de temps, le couvre-feu est bientôt.
– Euh, hésita Elisa qui réfléchissait encore à la manière d'aborder le sujet avec les elfes. Ça risque de prendre quand même un petit moment…
Cécile fronça le nez. Elle avait les BUSES à la fin de l'année, se souvint Elisa : elle avait sans doute mieux à faire que de baby-sitter la star des Poufsouffle.
Surtout que Cécile, contrairement aux autres Préfets qui étaient des mères-poules, n'était pas du genre à mettre de côté ses études pour s'occuper des gamins. Non, elle avait pour principe de laisser les gens apprendre de leurs erreurs, et se sortir de leurs propres ennuis.
– Je me débrouillerai pour rentrer, l'assura donc Elisa avec confiance. Et puis, à cette heure, je ne risque pas de croiser un Serpentard !
– Pas faux, concéda Cécile avec une certaine réticence. Mais si tu dépasses le couvre-feu, ne te fais pas prendre. Et ramène-nous du chocolat chaud !
– J'amènerai même des cafés pour ceux qui veulent réviser, promit Elisa.
Cécile hocha la tête, puis tourna les talons et repartit en direction de la salle commune. Elisa la regarda s'éloigner une seconde, puis elle se retourna face au tableau de fruits et se frotta les mains. A l'attaque !
Elle chatouilla la poire du tableau, et celui-ci s'ouvrit obligeamment, la laissant pénétrer dans les cuisines de Poudlard.
Les cuisines étaient une salle plus vaste que la Grande Salle, au plafond haut, et éclairée par plusieurs cheminées qui servaient à faire cuire les repas. La plus grande partie de l'espace était occupée par cinq grandes tables, identiques à celles de la Grande Salle qui se situait juste au-dessus : c'était sur ces tables que les elfes plaçaient les plats avant de les téléporter à l'étage supérieur. Le reste de l'espace était occupé par des plans de travail, des armoires d'argenterie, des bassines pour faire la vaisselle, de marmites, de paniers de fruits ou de légumes. Et surtout, l'endroit était rempli par des elfes de maison. Il devait y en avoir une bonne centaine. Une grande partie était occupée, mais une bonne dizaine d'entre eux convergèrent vers Elisa dès qu'elle entra.
– Bonsoir Miss ! Qu'est-ce que Miss voudrait ?
– Miss voudrait un thé ?
– Miss voudrait un dessert ?
– Miss voudrait un dîner ?
Elisa esquissa un sourire un peu embarrassé (elle parlait rarement à d'autres elfes de maison que Chappy, et leur enthousiasme était un peu déconcertant), et agita les mains :
– Non, non, merci, pas tout de suite. Mes amis dans la salle commune de Poufsouffle voudraient du chocolat chaud et des cafés, mais ça peut attendre quelques minutes. Je suis surtout venue poser des questions… Parce que je voudrais employer des elfes de maison.
Il y eut une grande inspiration surprise de la part des elfes, mais aucun n'eut l'air choqué ou offensé. Encouragée, Elisa poursuivit :
– Ma mère a hérité de son elfe, mais j'aimerai en embaucher d'autres. A mon service personnel. Mais je ne sais pas vraiment comment m'y prendre. Est-ce que vous savez si des elfes recherchent du travail ? Des elfes qui n'auraient plus de maître et qui chercheraient une maison ?
Les elfes se regardèrent, hésitants et chuchotant entre eux. L'un d'eux bégaya :
– Miss doit savoir… Les elfes qui n'ont plus de maître… Ils ont été libérés.
Il avait prononcé le dernier mot avec le même effroi que si c'était le nom de Voldemort. Autour de lui, tous les elfes frissonnèrent. Elisa fronça les sourcils :
– Est-ce qu'ils veulent rester libres ?
– Non ! couina l'elfe tandis que ses camarades poussaient divers exclamations d'horreur. C'est terrible pour un elfe d'avoir été libéré !
Elle s'en doutait un petit peu. La Poufsouffle hocha la tête, puis vérifia quand même :
– Donc ils veulent avoir un autre maître ?
A ce point, l'elfe devant elle semblait à court de mots, ses grands yeux marron remplis de larmes et ses oreilles semblables à des ailes de chauve-souris s'agitant avec détresse :
– Oui, mais, Miss… ! Leur maître les a renvoyés… Personne ne veut d'un elfe qui a si terriblement déçu son maître…
Ce qui posait la question de ce que devenait les elfes libérés. Elisa avait un jour posé la question à Chappy (d'où sa connaissance sur le lien magique unissant sorciers et elfes) mais son elfe ne lui avait pas donné de réponse très claire. Il semblait considérer qu'un elfe libre était un elfe presque mort… Et Elisa ne l'avait pas questionné davantage, puisque le sujet faisait presque pleurer Chappy.
Pourtant, elle aurait dû creuser la question. La jeune Poufsouffle fronça les sourcils, se souvenant vaguement que Dobby avait cherché du travail après avoir été libéré par Lucius Malefoy. Mais c'était parce qu'il avait cherché un travail payé, pas un travail d'elfe. Et l'elfe des Croupton, comment s'appelait-elle… Whisky ? Avait-elle cherché du travail avant d'être employée par Poudlard ?
– Que font les elfes libres, alors ?
Plusieurs elfes eurent l'air épouvantés, d'autres baissèrent les oreilles d'un air mortifié, et l'un d'eux se mit même à pleurer. Horrifiée, Elisa leva les mains d'un geste qu'elle espérait apaisant : ce n'était pas la peine de se mettre dans un tel état ! Mais l'un des elfes, un vieux ridé aux yeux très verts et remplis de larmes, avait déjà commencé à parler.
– Ils vont au Ministère, chuchota-t-il comme si c'était une histoire d'horreur. Si personne ne veut leur donner une maison… Alors ils vont au Département de Régulation des Créatures Magiques. Et on ne les revoit plus jamais.
Elisa ne s'attendait certainement pas à ça, et elle sentit les cheveux se dresser sur sa nuque. Ça avait l'air… Morbide.
Oh, elle doutait fortement que le Ministère exécutait les elfes. Puis elle se rappela soudain que le Ministère employait Macnair, un adepte de la hache qui serait le futur bourreau de Buck l'hippogriffe. Et la voix tremblante du vieil elfe, la crainte dans le regard de ses camarades… Les elfes y croyaient, eux. Alors c'était possible, non ? Terrifiant et très glauque, mais possible…
– Mais les elfes libres arrivent à trouver des maisons, non ? finit-elle par dire.
Les elfes se regardèrent. Elisa s'aperçu avec un sursaut que la foule d'elfes autour d'elle avait grandi : presque tous les elfes des cuisines étaient là, à présent.
– Parfois, chevrota la voix d'une vieille elfe. Parfois un druide accepte les services d'un elfe libre. Parfois les elfes viennent à Poudlard pour servir. Parfois l'elfe trouve une bonne famille qui pardonne sa faute, et il leur donne ses vêtements, et il peut travailler à nouveau comme un vrai elfe.
Elisa sourcilla. Quoi, un elfe pouvait à nouveau retomber en esclavage ? Et apparemment ce n'était pas ce qui se passait quand un elfe était embauché par un druide ou par Poudlard ?
Ah, mais oui. Un druide, ou le château de Poudlard… Ces deux entités devaient avoir une magie différente, qui leur permettait d'avoir un lien avec des elfes libres (comme Dobby et Whisky-truc !). La magie druidique était une magie à part, et le château de Poudlard avait sa magie propre.
Mais entrer au service d'un sorcier requérait la servitude de l'elfe. Du coup, il devait y avoir une sorte de rituel, non ? Un truc qui déclencherait la formation du lien classique de soumission. L'elfe devait renoncer à sa liberté pour que le lien se forme… Ou quelque chose comme ça. En tous cas, ça serait logique.
– C'est ça que je vais faire, décida-t-elle. Vous pouvez parler aux autres elfes, non ? Ceux qui cherchent du travail, ou… une maison ?
Les elfes hochèrent la tête, leurs grands yeux larmoyants fixés sur Elisa et leurs oreilles de chauve-souris battant avec le geste. Vu qu'ils étaient presque soixante-dix autour d'elle, l'effet était assez déconcertant.
– Je dois encore en parler avec ma mère, réfléchit-elle. Parce que je ne sais pas si je peux posséder moi-même un elfe, vu que je ne suis pas majeure et qu'on a déjà Chappy. Mais je veux que vous le disiez à d'autres elfes, d'accord ? Je vais embaucher des elfes, et je peux leur, euh… Leur retirer leur liberté, s'ils veulent. Je m'en fiche qu'ils aient été libérés, ou dans quelles circonstances, tant qu'ils sont prêts à travailler dur pour moi et à m'être loyal.
Yep, la loyauté était un élément important. Un élément-clef, même. Emportée par son élan, Elisa continua en énumérant sur ses doigts :
– Il va y avoir beaucoup de boulot cet été, trop pour Chappy et moi. Je fabrique de MagicoGlisseurs et j'ai besoin d'aide pour le travail du bois, et pour trouver les bonnes planches… Et c'est un travail qui doit être fait pendant toute l'année, donc il faudra des elfes pour faire ça à l'extérieur de Poudlard et pour m'apporter discrètement les planches dans mon atelier pour que je fasse les finitions.
Elle marqua une pause, réfléchissant à la question, puis reprit :
– D'ailleurs, j'aimerai bien me construire un atelier dans la forêt derrière ma maison, parce que ma chambre risque d'être vite trop petite pour mes expériences. Et j'aurais un invité, peut-être deux. Et je vais avoir besoin d'un elfe qui sache transplaner sur de longues distances, puisque je ne sais pas encore transplaner seule… Bref, le travail ne va pas manquer. J'aimerai bien avoir au moins trois elfes qui travaillent pour moi, mais je peux en embaucher plus…
Sa voix s'éteignit quand elle réalisa que les elfes la fixaient tous, leurs grands yeux remplis d'émerveillement incrédule comme si elle était Jésus-Christ réincarnée. Le Jésus-Christ des elfes.
– Miss va redonner une maison à des elfes ? fit l'un d'eux d'une voix tremblante.
– Même s'ils ont été chassés ? bredouilla le vieil elfe ridé qui semblait au bord des larmes.
Elisa haussa les épaules, un peu mal-à-l'aise :
– Je pense que les gens, et les elfes, méritent qu'on leur donne une chance.
Le premier elfe fondit en larmes, embrassant les genoux d'Elisa, et celle-ci sursauta si fort qu'elle faillit tomber. Ce fut comme un signal, et tous les elfes se mirent crier, pleurer, la remercier, l'étreindre (enfin, étreindre ses jambes), dans une cacophonie de sanglots et de bégaiements émerveillés sur sa bonté et sa miséricorde.
Pour Elisa qui n'aimait pas les pleurs et les moments d'émotions, ce fut l'une des expériences les plus inconfortables de sa vie.
(Et, bien plus tard, dans son lit alors qu'elle repensait à ce moment embarrassant, elle eut une révélation bien plus inconfortable : si cette toute petite offre avait bouleversé les elfes à ce point, est-ce que ça voulait dire que personne, jamais, n'avait pensé à faire preuve de compassion envers eux ? Etait-ce si inattendu, qu'elle accorde une pensée aux elfes de Maison ?
… Tout d'un coup, elle commençait à comprendre pourquoi Hermione avait été si indignée par l'indifférence des sorciers vis-à-vis de la condition des elfes. Le monde sorcier était vraiment indifférent à la souffrance des autres…)
oOoOoOo
Elisa termina le Saphira à la toute fin du mois d'avril, le remit à Ruth Sullivan, et augmenta son pactole d'une grosse quantité de Gallions. Elle commençait à travailler deux adaptations du Salamandre, et une autre version du Skywalker. Plus important, elle avait écrit à sa mère, qui avait accepté qu'elle embauche des elfes… A condition qu'ils ne la dérangent pas, et que Chappy ait autorité sur eux à la maison. Ce qui était assez logique : Isabelle tenait à sa routine, et comptait sur Chappy pour la faire respecter.
Ça convenait très bien à Elisa. Après tout, ces elfes l'aideraient essentiellement pour ses… projets professionnels, pas pour la vie à la maison.
D'ailleurs, en parlant de projets professionnels…
– Hey, Harry ! Ron, Hermione. Vous avez cours ?
– On vient de finir la Botanique, sourit Hermione. Et toi ?
Deux jours plus tôt, le Trio d'Or avait été surpris dans les couloirs du château en pleine nuit et avait fait perdre cent-cinquante points à leur Maison. Elisa était pratiquement sûre que c'était parce qu'ils avaient confiés le dragon d'Hagrid à Charlie le dragonnier, mais elle pouvait difficilement raconter cette histoire au reste des élèves, non ?
Bref, les Gryffondor étaient en rogne contre Harry et ses amis, et les autres élèves se moquaient d'eux allégrement pour cette bourde magistrale. Seule Elisa n'avait pas changé d'attitude, et les trois petits Gryffondor semblaient discuter avec elle avec un véritable soulagement. Ça devait être un vrai baume au cœur, comparé à l'hostilité incessante des autres élèves.
– J'ai Divination dans une demi-heure, fit Elisa avec un geste vague en direction de la tour de Trelawney. J'ai pas mal d'avance dans cette matière, vu que ma mère lit l'avenir dans les étoiles, mais… Bon sang, la prof est nulle. Il paraît qu'elle prédit la mort d'un élève chaque année. Dans ma classe, elle insiste qu'Angelina Johnson va mourir à chaque fois qu'elle passe devant notre table !
Autant dire qu'Angelina, qui passait ses cours à somnoler, n'en avait absolument rien à péter de ses prédictions.
– Enfin bref, soupira-t-elle en secouant la tête. Harry, je voulais te parler au sujet des vacances, cet été ! Ma mère viendra nous chercher à la gare, et elle partira en Afrique le lendemain matin. Elle ne reviendra qu'en août. Toi, tu restes aussi longtemps que tu veux, mais il me faut la permission de tes gardiens. Une lettre écrite et signée de leur main suffira, tu penses que tu peux te la procurer ? Je peux l'envoyer à ma mère pour qu'elle poste la lettre par la voie Moldue, si tes gardiens n'aiment pas les chouettes. Pas mal de Moldus paniquent en voyant un hibou s'introduire chez eux.
Le visage d'Harry passa de la stupeur à l'émerveillement, puis à la reconnaissance.
– C'est vrai ? Je peux venir chez toi tout l'été ?
– Yep, sourit Elisa. Dès que j'ai l'autorisation de tes gardiens.
– Je vais écrire la lettre dès ce soir, promit aussitôt Harry. Et je te la donnerai demain pour que tu puisses la poster façon Moldue.
La Poufsouffle hocha la tête, puis demanda innocemment :
– Tu as une préférence pour ta date de départ ? Maman peut nous emmener directement chez moi dès que le Poudlard Express arrivera en gare, mais je comprendrai si tu voulais passer du temps avec ta famille, ou aller récupérer tes affaires chez eux.
Comme elle s'y attendait, Harry secoua vivement la tête, sa réticence écrite sur son visage. Aller les Dursley était bien la dernière chose qu'il voulait.
– Je préfère qu'on aille directement chez moi. Moins on se voit, les Dursley et moi, et mieux on se porte. De toute façon, j'ai rien à récupérer chez eux. Tout ce que j'ai est dans mon coffre.
– Tout ce que tu as, répéta Elisa.
Elle vit Hermione et Ron échanger un regard, et se félicita mentalement de leur avoir fait remarquer que c'était bizarre. Dans la saga originale, personne n'avait remarqués les signes évidents d'abus que présentait Harry. Il était temps de changer ça.
Puis Elisa changea de sujet, voyant qu'Harry avait baissé les yeux avec embarras :
– Cet été je vais essayer de construire un endroit pour fabriquer des MagicoGlisseur. Une sorte d'atelier, si tu veux. Et puis je vais aussi beaucoup travailler sur la fabrication des Glisseurs. Ça ne te dérange pas ?
– Pas du tout ! se hâta de répondre le Survivant.
– Cool, sourit la Poufsouffle. Je te promets que tu ne vas pas t'ennuyer. Vu que je peux utiliser la magie à la maison, je pourrais peut-être même t'apprendre deux ou trois sorts cools.
– Vraiment ? souffla Harry en ouvrant de grands yeux émerveillés.
– Les élèves n'ont pas le droit de faire de la magie hors de Poudlard ! protesta Hermione.
Elisa fit la moue :
– Techniquement non. Mais le Ministère ne détecte la magie que dans les lieux Moldus. Quand un sort est jeté dans un endroit habité par une famille de sorciers, ils assument que c'est l'un des parents qui a jeté le sort… Ou, si c'est l'enfant, que les parents sont capables de gérer la situation.
Hermione eut l'air complètement scandalisée.
– Alors les enfants de parents sorciers peuvent s'entraîner pendant l'été, mais pas les enfants de Moldus ? C'est injuste !
Ron et Harry échangèrent un regard incertain (l'idée ne leur avait apparemment jamais traversée l'esprit), mais Elisa se contenta de hausser les épaules. La discrimination était en bas de l'échelle des priorités du Ministère. On ne pouvait pas compter sur le gouvernement pour assurer l'équité ou la justice, dans ce pays. C'était bien pour ça qu'Elisa avait décidé de s'en charger elle-même.
– Le but de cette loi n'est pas de protéger les petits sorciers de possibles accidents de magie, c'est de protéger le Statut du Secret. Les enfants de sorciers qui font de la magie chez eux peuvent compter sur les adultes de leur famille pour effacer la mémoire des Moldus qui auraient vu l'incident, ou réparer les dégâts causés. Les enfants de Moldus ne peuvent pas faire ça, et donc si jamais ils causent un accident, c'est au Ministère de s'impliquer. Du coup, pour le Ministère, c'est plus simple d'interdire la magie pour les mineurs vivant chez des Moldus.
– C'est pas stupide, réfléchit Ron.
– C'est quand même injuste, marmonna Hermione.
– Mais tout le monde pourra pratiquer la magie dans la colonie de vacances que tu veux créer, non ? pointa judicieusement Harry.
Il était malin, le petit. Elisa acquiesça avec un large sourire. Immédiatement, Hermione sembla plus bienveillante à l'idée d'un camp de vacances pour sorciers. L'idée de pouvoir en apprendre davantage sur la magie pendant l'été semblait l'enthousiasmer.
Comme quoi, elle était facile à corrompre.
Comme promis, Harry remit le lendemain une lettre à Elisa afin qu'elle l'envoie à sa mère pour qu'elle-même la poste de façon Moldue. C'était une missive assez laconique, constata Elisa. « Quelqu'un à l'école m'invite pour tout l'été, je ne reviendrais pas chez vous avant fin août, pouvez-vous envoyer votre permission écrite à cette adresse ? » Suivie de l'adresse de chez Elisa.
La jeune Poufsouffle ne dit rien. Il n'empêche que pendant les jours qu'ils suivirent, elle laissa tomber quelques mots bien placés à l'égard de Ron et Hermione, leur demandant s'ils savaient comment les Dursley traitaient Harry, quelles étaient leurs relations, s'il avait mentionné des problèmes. Elisa ne pouvait pas elle-même faire irruption chez les Dursley et montrer au monde entier quelles personnes immondes ils étaient, parce que Dumbledore l'aurait sans doute fait taire : mais si quelqu'un d'autre le remarquait, comme un Weasley… Ou Hermione, si encline à se confier à McGonagall… Eh. Dans ce cas, c'était une autre affaire, hein ?
Elisa n'avait cependant pas que ça à faire. Harry était une de ses préoccupations, oui, mais pas la seule. Après tout, elle se préparait à une guerre possible et une chasse aux Horcruxes certaine.
Cette année, elle comptait stopper Voldemort en le laissant tomber dans le piège de Dumbledore. Ses souvenirs du premier tome de la saga originale étaient assez flous, mais elle était sûre que le miroir du Riséd était supposé stopper ou même emprisonner le mage noir. Il suffisait d'empêcher Harry de se jeter à sa poursuite, et boum ! Problème réglé.
Bien sûr, stopper le Trio reposait essentiellement sur le fait d'avoir un bon timing, et sur ce point… Elisa était désavantagée. Maudite mémoire ! Pourquoi est-ce que ses souvenirs de la saga originale ne pouvaient pas être plus précis ?!
Enfin bref. Qu'elle réussisse à stopper le Trio ou pas, ses projets ne s'arrêtaient pas là. Il y avait encore sept bouts d'âmes de Voldy, et pas mal de Mangemorts, qui se baladaient dans la nature…
Elle devait mettre la main sur le journal de Jedusor pour se donner à elle-même un alibi quant à sa connaissance des Horcruxe et sa chasse aux bouts d'âmes de Voldy. Oh, et elle devait capturer Pettigrew, aussi. Sirius Black, malgré ses travers, ne méritait certainement pas de croupir à Azkaban pour le meurtre des Potter. Bon, il aurait dû être condamné après avoir tenté de tuer Rogue de sang-froid, d'après Elisa (c'était un des passages de la série originale qui l'avait le plus choqué : que Sirius parle sans le moindre remords d'avoir tenté de tuer violemment un camarade de classe, et qu'Harry le voit quand même comme un saint) : mais douze ans en compagnie des Détraqueurs pour un crime qu'il n'avait pas commis ? Personne ne méritait ça.
Bref. Le journal, puis Pettigrew, puis empêcher Cédric de mourir pendant le Tournoi, puis organiser l'AD, puis… Elle serait diplômée, et soit ça serait la guerre, soit elle aurait réussi à l'éviter. Dans les deux cas, elle voulait être riche et s'assurer une certaine protection. Et pour ça, elle devait s'y mettre tôt. Et elle trouvait qu'elle jonglait plutôt bien entre ses différentes tâches.
– Tu ne t'entraînes pas assez au duel, Magister !
… Apparemment, ce n'était pas un avis partagé par tout le monde.
Elisa roula des yeux, mais releva le nez de sa carte du ciel pour se tourner vers l'intruse. De toute façon, elle avait presque totalement fini d'annoter la constellation du Dragon.
– Il n'y a pas que le duel dans la vie, Helen.
– C'est vrai, fit Cédric en hochant gravement la tête. Il y a le Quidditch aussi.
La Serdaigle eut l'air complètement scandalisée. A côté d'elle, Takashi et Aaron étouffèrent discrètement un rire, et Heather leur donna un coup de pied sans lever les yeux de son grimoire. Ils étaient une dizaine à partager l'une des grandes tables à la bibliothèque, alors si l'un d'eux attirait l'attention de Mrs Pince, ils allaient tous se faire virer.
– Est-ce que tu as toujours été aussi obsédée par le duel ? demanda Trisha avec curiosité. Tes parents n'ont pas peur qu'un jour tu décides de tout plaquer pour devenir tueuse à gage ?
Helen haussa les épaules :
– Ils se sont fait une raison. C'est pas nouveau. Quand j'étais petite je voulais être une licorne pour poignarder les gens avec ma tête.
Il y eut un court silence. Trisha décala sa chaise de quelques centimètres pour mettre une distance de sécurité prudence entre elle et la Serdaigle à tendances homicides.
– Là n'est pas la question, finit par déclarer dignement Helen. Le Challenge, ça ne consiste pas seulement à s'asséner des sortilèges comme des bourrins. On a les Gryffondor pour ça.
Thelma Holmes et Angelina Johnson, les deux seules Gryffondor de la tablée, levèrent un regard mauvais sur Helen. C'était quand même Helen la brute de la promo, avec son amour du duel et son affection prononcée pour le maléfice de Confringo qui avait le même effet qu'une grenade ! Du coup, la Serdaigle se hâta de faire machine arrière :
– Mais bon, c'est un cliché ! Personne n'y croit vraiment, hein ?
Elisa roula des yeux et reporta son attention sur sa carte du ciel, terminant de nommer les étoiles qui constituaient la tête de la constellation du Dragon :
– Et sinon, quel est l'objectif du Challenge ?
– Nous rendre meilleur en Défense, évidemment ! Et on ne peut pas s'améliorer avec seulement des matchs. Les gens se réunissent et s'entraînent, et je constate que tu n'assise à quasiment aucun de ces entraînements, Magister !
Elisa ouvrit la bouche pour protester, puis la referma en plissant le front d'un air songeur. Effectivement, Helen n'avait pas tort. La plupart des élèves s'entraînaient hors du Challenge, mais Elisa… Elisa se contentait d'aller au Challenge à proprement parler, et ça lui suffisait.
Mais toutes les après-midi, Rhonda et Helen s'appropriaient une des cours intérieures du château et s'exerçaient ensemble. Mais elles ne faisaient pas que se jeter des sorts ! Elles n'hésitaient pas à faire des démonstrations à ceux qui leur demander conseil, ou à leur expliquer comment ajuster le mouvement de leur baguette, ou corriger leur prononciation d'une incantation.
Elisa était passée à plusieurs reprises devant ce genre de spectacle. Beaucoup de Serdaigle ou de Poufsouffle venaient assister à leurs matchs. Heidi et Tamsin venaient assez souvent, elles aussi…
– Je pourrais me joindre à un autre entraînement que le tien, protesta-t-elle faiblement.
Angelina Johnson haussa les sourcils :
– Ah bon ? Je ne t'ai pas vu à ceux des Gryffondor.
– Les Gryffondor ont des entraînements ? demanda bêtement Trisha.
Angelina toussota, un peu gênée.
– Oui, bon. C'est surtout une partie de chacun pour soi où on finit par tous se liguer contre les jumeaux Weasley, mais bon. Ça compte.
Elisa essaya de visualiser le genre de chaos que les jumeaux pourraient provoquer avec une dizaine de Gryffondor surexcité et une totale liberté pour se jeter des sorts. Pas étonnant que Fred et George soient collés depuis une semaine. Ils avaient dû se faire chopper par un prof en train d semer la zizanie.
– Je pourrais m'entraîner avec les Serpentard ! finit-elle par dire.
Tous les regards se tournèrent vers Heather et Tabitha. Heather fit mine de ne rien entendre, plongée dans son grimoire. Tabitha, elle, haussa les épaules avec indifférence :
– On s'entraîne chacun de notre côté.
Elisa se demanda avec qui s'entraînait Terence pour être si redoutable. Puis elle se morigéna. Question stupide. Il s'entraînait sans doute avec Adrian Pucey. Ces deux-là étaient inséparables. On ne les voyait jamais l'un sans l'autre. Même pendant les vacances, ils trouvaient toujours un moyen de se retrouver.
Elisa aurait cru qu'ils passeraient leurs vacances l'un chez l'autre, mais apparemment leurs parents s'y refusaient. Elle ne savait pas pourquoi. Peut-être que les Pucey et les Higgs avaient une vieille rancune. Ou peut-être que les Pucey auraient espéré voir leur fils Sang-Pur traîner avec de meilleurs fréquentations qu'un Sang-Mêlé…
Enfin bref.
– Tu ne t'amélioreras jamais si tu ne t'entraîne pas, lâcha doctement Helen. Le meilleur entraînement est bien sûr de disputer un match, pour que les gestes de défense ou d'attaque deviennent automatiques. Mais il faut aussi travailler sa diction, pour prononcer correctement les sorts. Et s'entraîner à les lancer, pour bâtir son endurance magique !
Rien que d'en parler, ça avait l'air fatiguant.
– Elisa peut se passer d'entraînement parce qu'elle a un avantage, fit soudain Rhonda. Et toi aussi, Heather. Vos familles voyagent beaucoup, non ?
Elisa et Heather se regardèrent, puis posèrent un même regard méfiant sur Rhonda. Voyager était considéré comme excentrique pour un sorcier. Qu'un jeune diplômé fasse le tour du monde, c'était traditionnel, c'était une lubie acceptable. Qu'un sorcier adulte quitte son pays régulièrement, pour le travail ou pour le fun, c'était regardé comme un choix de vie assez instable.
Les sorciers avaient beau avoir plein de moyen de transports géniaux qui allaient du balai volant au Portoloin, ils étaient affreusement sédentaires.
– Et alors ? fit prudemment Elisa.
– Et alors vous devez connaitre des sorts étrangers ! pointa Rhonda. Des incantations en français ou en russe, qui prendraient votre adversaire autant au dépourvu que si vous utilisiez un informulé !
Trisha se pencha en avant, intéressé :
– Ou du Vaudou ! Ça serait cool le Vaudou !
Trisha s'était plongé dans la fabrication d'amulettes avec passion. Avec un peu trop de passion, même. Elle avait déjà utilisé presque un tiers des matériaux d'Elisa, et son projet actuel était de faire une poupée Vaudou du professeur Sinistra pour lui donner la grippe et lui faire annuler ses cours. Trisha détestait les cours d'Astronomie qui empiétaient sur son temps de sommeil.
– Je me demande si le Vaudou pourrait être utilisé en duel, fit pensivement Helen.
Elisa ouvrit la bouche pour protester, mais renonça en voyant l'air enthousiasmé de Trisha. Au lieu de ça, elle se contenta de passer sa carte d'Astronomie à sa meilleure amie (qui se mit à la recopier, et lui passa son devoir de Potions pour qu'Elisa puisse copier à son tour), et échangea un regard avec Heather.
La Serpentard haussa les épaules :
– Ça vaut le coup d'y jeter un œil.
– Excellent ! s'écria Rhonda (et Elisa se demanda d'un coup si elle n'était pas tombée dans un piège). Tu nous feras une démonstration de magie étrangère au prochain Challenge, alors. Et si tu gagnes, alors ça voudra dire que tu n'as pas besoin de t'entraîner avec nous !
– Euuuh…
– Merveilleux, je savais que tu serais d'accord. Tu veux qu'on décale le Challenge de deux jours pour te laisser davantage de temps pour te préparer ? Et toi aussi, Heather ! Tu pourras nous montrer à quel point c'est efficace de s'entraîner chacun de son côté !
Heather eut l'air très alarmée. Helen, elle, était manifestement morte de rire, tandis que Rhonda semblait très fière d'elle-même. Elisa, elle, fit la grimace. Et voilà, elle se retrouvait embarquée dans un nouveau projet. Comme si elle n'avait pas déjà assez de trucs sur le feu !
oOoOoOo
Avant le Challenge suivant, Elisa et Heather allèrent donc potasser leurs connaissances respectives sur la magie venant d'autres pays. Elisa savait que le père d'Heather bossait pour un collectionneur, elle était donc pratiquement sûre qu'Heather allait miser sur les objets enchantés.
Et même si Isabelle Bishop ramenait toujours des tas de bibelots de ses voyages… Elisa n'était pas sûre qu'elle accepte de lui donner des trucs dangereux. Elle savait avec certitude que le set de couteaux de lancer amérindiens qu'Isabelle avait ramené d'une réserve Cheyenne sept ans plus tôt était toujours sous clef.
Alors pour sa part, Elisa ne devait pas miser sur des objets. Elle avait donc le choix entre deux choses : jeter des sorts en langue étrangère, et donc apprendre des sorts étrangers… Ou utiliser des rituels.
Vous voyez, la magie est une chose complexe. Il y a plusieurs branches. Elle peut venir de vous-même, puisée soit par votre baguette. Elle peut venir de votre environnement, puisé par des Runes par exemple. Elle peut être issue de certains matériaux seulement, avec les potions… Ou avec un rituel.
Bon, dans le canon de l'histoire, le seul rituel jamais mentionné était celui que Pettigrew utilisait pour ressusciter Voldemort. Et c'était de la magie noire. Extrêmement noire. Du coup Elisa n'avait jamais vraiment été intéressée par les rituels… Jusqu'à ce qu'il s'avère que, juste après l'utilisation d'objets magiques, c'était la magie étrangère la plus facile à utiliser.
Tout ça à cause des différences de langage.
Il était difficile d'apprendre la magie d'un autre pays, parce que les sorts étaient liés au langage. Apprendre un sort français, allemand, italien ou espagnol était à la portée d'Elisa, parce que ces différents pays utilisaient le latin comme racine commune pour leurs incantations. Le latin, c'était à la portée de n'importe quel européen. Mais l'Inde, le Pakistan, le Bengladesh et le Tibet utilisaient une autre langue, par exemple. Le Japon, la Corée, le Vietnam, la Chine et une partie de la Polynésie avaient également une autre racine commune à leurs sortilèges. Même chose pour les pays de la côte Ouest de l'Afrique, ou pour le Moyen-Orient. Chacun avait sa langue magique propre.
Aucune de ces zones géographiques n'utilisait le latin. Ils utilisaient d'autres langues, aux consonnes plus prononcées ou aux voyelles traînantes, aux sons presque soufflés. Alors, quand la moindre erreur d'accent pouvait ruiner une incantation, apprendre un sort dans une langue qui n'était pas la sienne, c'était voué à l'échec.
Elisa pouvait donc jeter des sorts en espagnol ou en français sans trop de problème. En revanche, jeter un sort dans une autre langue nécessitait de l'apprendre, tout comme on apprenait n'importe quel Sortilège.
Et apprendre une brassée de maléfices en moins de trois jours, c'était… assez difficile.
Du coup Elisa avait décidé de se rabattre sur autre chose. En plus, les Sortilèges en langue étrangère étaient difficiles, voire même impossible, à faire circuler d'un pays à l'autre. Mais les artefacts, les livres, les rituels… Ça, par contre, ça circulait plutôt bien. Pour preuve, Elisa avait un livre en hongrois chez elle qui parlait de l'immortalité, et elle était pratiquement sûre d'y trouver une mention des Horcruxes.
Mais bref. Elisa avait donc chez elle des objets magiques, des livres de théories ou d'histoires traditionnelles… Et des grimoires portant sur des rituels.
– Tu pourrais juste donner raison à Helen et aller t'entraîner avec le reste des Poufsouffle et des Serdaigle, pointa Trisha.
Elisa fut indignée :
– Jamais de la vie ! Je veux pas aller à ses entraînements, moi ! J'ai du boulot !
– Tu pourrais te permettre de sécher ses entraînements si tu avais un bon niveau, lâcha Cédric. Là, tu es seulement dans la moyenne de la promotion.
Effectivement. Elle connaissait plein de sorts, mais elle avait la réactivité d'un hamster mort et toute l'adresse d'un phoque échoué. Pas étonnant qu'elle n'arrive jamais à aller au-delà de la deuxième ou troisième manche.
– Mais j'aime pas faire des efforts, geignit Elisa.
– Quelle feignasse, marmonna Cédric. Et puis, c'est faux. Tu sue sang et eau quand tu as une idée que tu veux réaliser. Tu ne vas pas me faire croire que tes Glisseurs sont tombés du ciel, non ?
Certes.
– J'ai trop de travail, argumenta Elisa en changeant d'angle d'approche. Je n'ai pas le temps de m'entraîner au duel avec tout ce que je fais !
Trisha haussa les sourcils d'un air narquois :
– Et tu as le temps de compulser des bouquins de six-cent pages en allemand ? Avoue, tu te raccroche aux branches.
Effectivement. Elisa avait demandé à Chappy de lui apporter un livre qu'elle se souvenait avoir lu quelques années plus tôt, un bouquin allemand avec des rituels de protection qui avait été écrit par un sorcier ayant perdu sa baguette et ayant été obligé de faire appel à des méthodes moins conventionnelles pour se défendre. Et elle passait son temps à le lire, à répéter les formules, à s'imprégner du rythme des paroles.
Si elle avait consacré tout ce temps à s'entraîner, elle aurait sans doute fait des tas de progrès.
… Oui, mais elle avait décidé qu'elle allait utiliser un rituel et sécher les entraînements, alors voilà. Elle s'enfonça dans son bouquin en faisant mine de ne pas entendre ses amis, et fit la sourde oreille à leurs moqueries.
Passer tout ce temps à étudier porta ses fruits et, lorsque le Challenge suivant eu lieu le dixième jour du mois de mai, elle se sentait relativement prête. Elle aurait un bon score, et Helen verrait qu'elle n'avait pas besoin de s'entraîner beaucoup pour être décente en duel. De toute façon, ce n'était pas comme si Elisa voulait devenir une championne ou quelque chose comme ça.
– Prête à perdre ? lança Heather d'un ton jovial en croisant Elisa au début du Challenge.
– Parle pour toi, riposta joyeusement la Poufsouffle.
– ASSEZ DE BAVARDAGES ! clama Helen qui avait lancé son Sonorus. ON VEUT DE L'ACTION ! PREMIÈRE MANCHE : C'EST PARTI !
Les matchs débutèrent. Trisha affronta Cédric, et se fit éliminée. Takashi élimina Tabitha, puis Trudy élimina Heidi, et les duels se succédèrent à toute allure, explosions de lumières et d'éclairs entrecoupés d'acclamations et d'explosions. Heather remporta son premier match, contre Thelma Holmes. Elle utilisa des Sortilèges classiques, mais également un foulard enchanté qui s'entortilla autour des jambes de son adversaire.
– C'est réglementaire ? sourcilla Elisa.
Helen haussa les épaules :
– Pour cette fois, on dira que oui.
Le premier match d'Elisa fut contre une Serdaigle qu'elle battit sans trop de problème avec quelques Sortilèges Explosifs. Elle n'eut même pas besoin d'utiliser sa magie allemande. A vrai dire, si elle avait le choix, elle préférait ne l'utiliser que contre un adversaire vraiment sérieux. Elle ne maitrisait pas à 100% les effets de son rituel…
Helen devait s'en douter.
– DEUXIÈME MANCHE ! s'écria la Serdaigle. C'EST PARTI ! PREMIER MATCH : THATCHAM CONTRE… BISHOP !
Elisa et Heather se regardèrent, et la Poufsouffle ne put s'empêcher de rigoler devant l'air ahuri de la Serpentard. Apparemment elle se demandait à quoi allait lui servir son foulard magique contre une experte en trucs qui font boom.
Oh, si elle savait…
Les deux filles se placèrent au centre de l'arène, se tournant autour. Helen sautillait presque sur place. Lorsque le signal du départ fut donné, Heather bondit en avant… Et Elisa bondit en arrière, commençant son incantation à toute allure :
– O großer Wind ! entonna-t-elle en esquivant un premier sort. Nehmen mein Wärme während sechzig Herzschlag! Gib mir Flügel und agil Füße!
Elle eut soudain très froid, et son prochain saut de côté fut si rapide qu'elle-même faillit s'étaler par terre. Elle esquissa un sourire triomphant. Les rituels étaient une histoire d'échange temporaire. Elle échangeait sa chaleur corporelle pour la vitesse du vent. Elle n'avait pas beaucoup de temps avant que le rituel ne cesse de faire effet, mais d'ici là, personne ne pourrait la toucher.
Elle bondit vers Heather, esquivant sans difficulté son foulard enchanté qui cherchait à l'attaquer comme un serpent, mais la Serpentard frappa juste à temps :
– Expulso !
Elisa fut obligée de bondir en arrière pour esquiver, et son geste créa un mouvement d'air qui fit voler cheveux, capes et écharpes en tous sens, comme si une puissante bourrasque s'était engouffrée dans la tour. Il y eut des cris de surprise.
– Vous êtes sûr que c'est sous contrôle ? demanda quelqu'un dans le public.
Elisa préféra de ne pas répondre. Elle n'en était pas très sûre elle-même…
– Petrificus Totalus ! attaqua Heather à nouveau.
Elisa esquiva à nouveau, si rapide que l'œil peinait à la suivre. Si rapide, même, qu'elle faisait s'écraser contre un mur. Son déplacement créa à nouveau appel d'air semblable à un puissant coup de vent, qui fit tanguer plusieurs élèves et leur arracha des cris de frayeur.
Elisa serra les dents. Avoir la vitesse du vent, c'était beau et poétique et tout, mais c'était vachement dur à contrôler ! A ce rythme, elle allait s'aplatir toute seule contre le balcon sans qu'Heather n'ai à lever le petit doigt !
– Tarentella ! cria Heather. Rictumsempra ! Immobilis !
Elisa zigzag à toute allure entre les sorts, créant une véritable tornade à l'intérieur de la pièce, et manqua de percuter de plein fouet un des murs avant de changer de tactique et de se ruer droit vers Heather. Les deux filles se percutèrent violemment, roulant au sol, et Elisa essaya de désarmer son adversaire à mains nues.
– FAUTE ! rugit Helen ! FAUTE ! CONTACTS PHYSIQUE INTERDITS !
– On s'en fout ! s'écria quelqu'un dans les tribunes. On veut du spectacle !
Mais Heather n'avait pas dit son dernier mot et repoussa Elisa d'un coup de pied, lançant sur elle son foulard enchanté puis tira de sa ceinture une boule métallique percée de trous. Quand elle lança l'objet sur le sol, la boule se mit à émettre une puissante fumée noire et opaque, comme si de l'encre infusait l'atmosphère. C'était complètement respirable mais totalement aveuglant.
– Poudre d'Obscurité Instantanée ! s'écria Heather tandis que l'obscurité gagnait toute l'arène. Ta vitesse ne te servira à rien si tu ne me vois pas !
Elisa plongea pour éviter le foulard enchanté avec un juron, puis se mit à quadriller à toute allure l'arène pour retrouver Heather. Les coups de vent soulevés par son déplacement faisaient trembler le balcon qui supportait les spectateurs. Elisa commençait à claquer des dents : une minute sans générer aucune chaleur corporelle, ça commençait vraiment à faire froid.
Miraculeusement, elle finit par tomber sur Heather (assez littéralement d'ailleurs) juste au moment où son rituel prenait fin. La chaleur lui revint d'un coup, et à peine une seconde après elle percuta Heather de plein fouet, se prit les pieds dans le foulard enchanté, et filles et foulard se cassèrent la figure en plein milieu du nuage d'obscurité.
– Y a du bruit, elles se battent ! cria quelqu'un parmi les spectateurs.
– Mais on voit rien ! geignit quelqu'un d'autre.
– FAIS LUI SA FÊTE ELISA ! beugla Trisha.
– Deux Mornilles sur Thatcham !
– Tenu !
– Y A FAUTE ! continuait de protester Helen avec véhémence. Y a faute ! Que quelqu'un me dissipe ce nuage !
– Bonne chance avec ça, marmonna Heather tout en se tortillant pour essayer d'échapper à la prise d'Elisa.
La Poufsouffle émit un reniflement amusé, suivi d'un glapissement de douleur quand Heather lui donna un coup de coude dans le ventre. Le foulard se faufila entre ses chevilles et lui ligota les jambes, et Elisa prit une grande inspiration et énonça à toute allure :
– O großer Wind ! Nehmen dieser Tuch und gib mir Sturm !
Juste après, elle se rappela que peut-être échanger au Vent un tissu enchanté contre une tempête n'était peut-être pas une bonne idée.
Le foulard devint inerte et sans vie, ça c'était le bon côté.
Le mauvais côté c'est qu'un véritable ouragan sembla exploser dans la pièce, séparant Heather et Elisa et faisant voler en éclat le nuage de Poudre d'Obscurité Instantané. Le vent hurlait, et la Poudre qui s'était dissipé dans toute la pièce obscurcissait les lampes : les gens criaient, et des écharpes, des sacs, des capes, des papiers volaient en tous les sens, tournants autour de la pièce avec le vent furieux. Les vitres volèrent en éclat, faisant redoubler les hurlements des élèves. Des sorts se mirent à fuser, les gens tentant d'arrêter la tornade, sans aucun succès.
Puis tout s'arrêta. Comme ça, d'un coup. Dix secondes de vent, puis plus rien. Les objets emportés par le vent retombèrent par terre, les élèves ballottés par la tempête se cassèrent la figure, et tout le monde regarda autour de soi d'un air ahuri.
Elisa retint une grimace de soulagement. Heureusement que le foulard enchanté ne contenait pas davantage de magie, ou bien l'ouragan aurait envahi tout le château.
– Rien de cassé ? lança Heather qui avait réussi à s'accrocher à l'escalier et qui se remettait péniblement debout.
Elisa était sur le dos en plein milieu de l'arène, et elle s'assit avec un grognement. Son serre-tête avait disparu, et sa belle chevelure châtain était devenue une crinière sauvage. Elle repoussa quelques mèches derrière ses oreilles pour se dégager la vue, puis parcouru la scène du regard avec appréhension.
– Tout le monde va bien ? hésita-t-elle.
Fred (ou George) pencha la tête par-dessus le balcon pour lui adresser un large sourire :
– Au poil ! Dis-moi Betty, c'était absolument génial cette tornade de poche, comment t'as fait ?
– J'ai sacrifié aux esprits du vent le Charme de Lévitation du foulard d'Heather, répondit la Poufsouffle
C'était la vérité, en plus. Mais comme elle s'y attendait, Fred (ou George ?) émit un reniflement amusé :
– C'est ça, garde le secret. C'était quand même cool !
Elisa promena ostensiblement le regard sur la destruction de la pièce. Sacs envolés, vitres fracassées, lampes bancales… C'était comme si un ouragan s'était déchaîné ici. Ce qui était d'ailleurs exactement le cas.
– Est-ce que ça veut dire qu'Elisa gagne ? fit Rhonda avec hésitation.
Vive comme l'éclair, Heather pointa sa baguette sur la Poufsouffle :
– Expelliarmus !
La baguette d'Elisa lui échappa et atterrit dans les mains tendues de la métisse de Serpentard. Elisa se renfrogna. Rhonda, quant à elle, étouffa un fou-rire.
– Je suppose que non. Helen, verdict ?
La Serdaigle avec les cheveux en pétard et sa cravate s'était fait la malle, mais elle semblait autrement indemne.
– La victoire est à Thatcham, accorda Helen. Elisa, tu peux te lever ou tu es morte ?
La Poufsouffle se laissa retomber sur le dos au milieu de l'arène avec un grognement de découragement. Tu parles d'une victoire ! Elle s'était bien collé la honte. Elle n'avait pas sur-dosé un sort depuis qu'elle avait dix ans, et voilà qu'aujourd'hui elle faisait exploser le siège du Challenge.
Bon, d'accord, elle avait utilisé un rituel et pas un sort, mais c'était le même principe. Elle avait fait exploser le truc comme une débutante. Bouh.
– Ok, soupira-t-elle. J'admets, j'ai foiré.
Helen s'accroupit à côté d'elle avec un ricanement.
– C'est le moins qu'on puisse dire. A partir du mois prochain, les objets magiques et les rituels seront bannis du Challenge. On ne peut pas se permettre de faire exploser davantage de vitres.
– J'avais les choses bien en main pendant presque trente secondes entières ! plaida Elisa.
– Tu manques de précision et de contrôle, critiqua Helen. Et ton endurance magique est tout juste passable. Regarde, là, tu es hors d'haleine ! Tu peux finir un duel rapidement si tu lance assez d'explosion, mais pour peu que tu t'épuises face à quelqu'un qui a de bons boucliers, tu perdras, c'est garanti. Il faut absolument que tu travailles ton endurance ! Et tu sais comment faire ça ?
Elisa gémit, puis ferma les yeux et admit sa défaite.
– En m'entraînant ?
Helen lui tapota la tête avec satisfaction.
– Bonne réponse. Rendez-vous mardi après-midi dans la cour intérieure centrale. Ne sois pas en retard, Magister.
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... Helen me rappelle tellement Scorpius Malefoy de Renouveau, des fois. On voit que son perso a été inspiré d'Alva ! xD
