Bonjour tout le monde ! Ou bonsoir plutôt ! Je vous poste enfin la suite d'Appel à l'aide ! Désolée pour le petit retard, mais je croyais poster bien avant… seulement voilà : il s'est révélé que j'ai été incapable de couper ce chapitre et maintenant, il faut plus de 32 pages word ! Soit un peu plus de 10000 mots ! Hum… désolée pour toutes celles qui n'aiment pas les longs chapitres ! Peut-être devrez-vous le lire ne plusieurs fois ! lol !
J'espère que vous aimerez tout de même (surtout qu'il y a tout plein de moments Edward et Bella, juste pour vous) et un énorme merci pour vos reviews sur le chapitre 6. Vous avez toutes apprécié que Bella se prenne en main ! Pour ce qui est d'Edward, vos réactions sont mitigés, mais je crois que vous le comprendrez un peu plus après votre lecture parce qu'il nous montre un peu ses sentiments…
Sur ce, il ne me reste qu'à vous souhaitez une bonne (et longue) lecture et n'oubliez pas les reviews, j'adore lire vos commentaires !
PS ; pour ceux qui ont lu Guerre de famille, je n'ai pas renoncé à l'idée d'écrire une suite, mais ce ne sera pas pour tout de suite. J'ai de la difficulté à poster régulièrement avec seulemetn deux fics en cours alors je préfère attendre avant de commencer de nouveau projet. Désolée pour celles qui l'attendent : (
CHAPITRE 7- Première étape
Fixant la porte devant moi, je prends une grande inspiration pour me donner du courage, puis j'entre dans le département de musique, la tête haute.
Voilà : première étape, la plus facile, exécutée.
Il ne me reste maintenant qu'à rencontrer le mentor d'Edward et à décrocher le boulot ! Rien que ça !
À cette pensée, je sens la nervosité me gagner de nouveau et j'essuie mes mains moites sur mon pantalon.
Allez Bella ! Tu es capable ! Confiance est le mot d'ordre : tu peux réussir tout ce que tu désires ! C'est le mantra que Jasper me fait répéter depuis deux jours et même si pour l'instant les effets sont plutôt mitigés, je ne perds pas espoir.
Je peux gagner en assurance et en positivisme aussi. J'en suis capable.
Malgré ma nervosité, je marche d'un pas assuré jusqu'au bureau de monsieur Pettrelli, mon futur patron où je cogne sans hésitation, refusant de penser à ce que je suis en train de faire.
Jasper serait fier de moi ! Son lavage de cerveau marche plutôt bien en fait.
Et puis, ce que je m'apprête à faire ressemble à une peccadille à côté de ce que Jasper m'a obligé à faire au cours des deux derniers jours… oui une peccadille, parce que le monsieur qui se dit mon ami a des idées légèrement tordues !
Il a commencé plutôt lentement, me demandant simplement de parler de sujets banaux avec des inconnus dans des lieux publics… demander l'heure, parler du mauvais temps, ce genre de choses. Puis il m'a obligé à répondre à au moins une question par cours pendant un après-midi complet, ce qui s'est révélé très difficile pour moi et j'ai eu l'air d'une idiote bégayante plus souvent qu'autrement.
Ça, c'était le premier jour.
Parce qu'hier, il est allé beaucoup plus loin ! Après m'avoir bandé les yeux, il m'a fait enfilé des vêtements par-dessus ce que je portais et il m'a amené dans un endroit secret… qui s'est révélé être le plus gros centre commercial de New-York ! Rien que ça ! Et bien sûr, il m'avait vêtu d'une robe ridicule qui appartenait à ma grand-mère, un châle en peau de renard (oui il semble que ça existe) et un chapeau affreux. Puis il m'a demandé de rester plantée là jusqu'à ce que je n'en puisse plus…
Qu'est-ce que cela a à voir avec la confiance et l'assurance ?
C'est exactement ce que je lui ai demandé. Toujours pragmatique, il m'a répondu que si j'arrivais à passer outre le fait que j'avais l'air ridicule, à ne pas me soucier de l'opinion des autres… alors ce serait gagner. Je pourrais être moi-même sans avoir peur que les autres me jugent.
Au début, j'ai eu envie de pleurer.
En fait, tu as pleuré.
Oui, j'ai pleuré, j'ai supplié… mais Jasper a été intraitable. Si je veux passer outre ma timidité, si je veux prendre confiance en moi, si je veux récupérer Edward… je dois suivre ses instructions à la lettre. Alors j'ai obéi, même si je l'ai soupçonné de travailler pour le dit Edward qui cherchait peut-être à prendre sa revanche…
Puis au bout d'un moment, je me suis reprise. Et petit à petit, j'ai fait fit des regards moqueurs ou dégoûtés que les gens posaient sur moi. Je ne rougissais presque plus, je suis même arrivée à soutenir le regard de quelques personnes.
Jasper a dit que la prochaine fois, j'arriverai même à m'amuser.
La prochaine fois mon cul ! Ce sera son tour de porter la robe affreuse !
Je repousse ma voix, parce que je sais que Jasper a fait cela seulement pour mon bien. Il est même resté avec moi pendant toute l'heure passer au centre commercial, prenant sur lui la honte de traîner avec une fille attifée comme je l'étais.
Et cela n'a même pas semblé le perturber !
J'ai alors décidé que je pouvais avoir la même force et la même assurance que lui… et c'est pour cela que j'ai enfin foncé, me décidant à prendre rendez-vous avec le mentor d'Edward, monsieur Petrelli.
D'ailleurs la porte s'ouvre devant moi, laissant place à un homme dans la quarantaine, dont les courts cheveux bruns commencent à grisonner. Il me sourit, puis retourne aux pas de course dans son bureau et me fait signe d'entrer.
-Venez, venez miss Swan. Je n'ai pas beaucoup de temps mais je cherche désespérément quelqu'un…
J'entre timidement dans la pièce, puis je vais m'asseoir dans un fauteuil face à son bureau.
-Si vous acceptez le poste, vous commencerez dès lundi. Je ne peux vous offrir que le salaire minimum et ce travail prendrait 15 heures de votre temps par semaine. Cela vous va-t-il ?
Je le regarde un long moment, sans comprendre.
-Hum… vous ne voulez pas voir mon curriculum vitae ? demandai-je, perdue.
-Oh ! Si vous l'avez, j'y jetterai un œil, mais ce n'est pas nécessaire.
-Je… j'ai l'emploi ? lançai-je, ayant du mal à y croire.
Cela avait été facile, trop facile. Monsieur Petrelli relève alors la tête des papiers posés devant lui et il m'observe en déposant une main sur son menton.
-Il y a un problème miss Swan ?
-Non, je… je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi facile, c'est tout ! Je croyais que vous me poseriez des questions, que vous examineriez mes antécédents…
-Oh !
Il fit un geste vague de la main, repoussant mes doutes.
-Pas besoin. Vous devez vous douter que j'ai lu votre dossier d'admission. Puis, je fais entièrement confiance au jugement de monsieur Cullen qui est notre élève le plus prometteur cette année, je dois l'avouer. Et il vous a chaudement recommandé. Alors voulez-vous cet emploi ?
Arrête de poser des questions et accepte avant qu'on se retrouve à la rue !
-Oui, bien sûr que oui !
-Très bien, dit-il avec un air soulagé. Bienvenue parmi nous miss Swan.
Il se lève, me tend une main que j'accepte, puis se rassoit avant de me donner un emploi du temps vierge.
-Vous ferez vous-mêmes vos horaires selon vos cours. Écrivez-moi je vous prie les périodes où vous viendrez travailler et ma deuxième assistante fera de même.
Je m'exécute aussitôt, ravie, remerciant Edward pour ce travail tombé du ciel. Le salaire n'est pas énorme, mais cela suffira. Pour un temps du moins et le plus chouette, c'est que je n'aurai même pas à voyager entre les cours et le travail et que j'aurai toutes mes fins de semaine de libre.
Génial ! Un peu plus de temps pour s'apitoyer sur notre sort !
Non. Je ne m'apitoierai plus sur mon sort parce que bientôt, je serai avec Edward. Je dois y croire pour que ça marche !
Je termine d'écrire mon horaire et je redonne la feuille à mon nouveau patron qui l'examine rapidement.
-Tout est parfait pour moi. Je suis désolé de ne pouvoir vous accorder plus de temps, mais je donne un cours de piano dans quelques minutes. Quelqu'un vous fera visiter nos installations et vous expliquera votre travail, lundi à… disons 18 heures ?
-Oui ! Je… parfait ! Merci beaucoup monsieur.
Il me serre une dernière fois la main et je sors de son bureau, hébétée. Wow ! Tout cela a été si facile ! Et le plus fantastique, c'est que j'ai à peine bégayé !
Et tu as entendu ce qu'il a dit ? Edward t'a chaudement recommandé !
Je souris pour moi-même. Oui, j'ai entendu. Et vivement que la phase de pré-séduction, aussi appelée Bella prend confiance en elle, soit terminée pour que le véritable défi commence. Surtout, pour que je puisse enfin revoir Edward que je n'ai même pas aperçu depuis mardi, lorsqu'il m'a offert ce poste.
Deux longs jours sans le voir alors que je le sais si près de moi…
Je dois dire que je n'ai pas eu vraiment le temps. J'ai passé chaque moment libre avec Jasper et nous ne sommes pas retournés une seule fois manger à la cafétéria. Jasper croit que c'est une partie non-négligeable du plan : selon lui, la jalousie sera notre meilleure alliée contre l'entêtement d'Edward, tant qu'elle n'est pas poussée trop loin.
Mais mon ami a bien pris soin de préciser à Edward qu'il passait beaucoup, beaucoup de temps avec moi… ce que celui-ci n'a pas apprécié, toujours selon le dit Jasper.
Mon sourire s'agrandit.
Edward est jaloux. Chaque fois que j'y pense, je ne peux m'empêcher de me sentir heureuse. Edward est jaloux à cause de moi…
-Et bien, tu es perdue dans ton monde Bella !
-Hein ?
Je sursaute et relève la tête. Je me sens alors rougir sous le regard émeraude trop intense qui m'examine.
-Je… qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je stupidement.
-Tu es devant la porte de mon professeur, dans mon département, répond Edward avec son sourire tordu. Et j'ai cours dans quelques instants avec monsieur Petrelli.
-Oh oui ! Bien sûr !
Je secoue la tête pour me remettre les idées en place.
Et bien, si j'ai l'air aussi idiote chaque fois que je discute avec lui, tout n'est pas gagné.
Non, non, non ! Je dois être positive et en confiance ! Je suis capable d'être drôle et spirituelle. Je suis capable de me montrer séduisante et mystérieuse.
Ou au moins… je peux essayer.
-Désolée; question idiote ! Mais j'étais très loin dans mon monde et tu m'en as sorti plutôt brusquement.
Edward rit et je ne peux m'empêcher de sourire en entendant ce son merveilleux.
-Je me demande bien ce qu'il y a dans le monde imaginaire de Bella Swan…
Toi, nu, alors que je te chevauche sauvagement…
Je me sens rougir de ces pensées peu catholiques et je secoue la tête, autant pour les chasser que pour répondre à Edward.
-Tu préfères ne pas le savoir.
-Trop effrayant pour moi ? demande-t-il d'un ton amusé.
-Exactement.
Nous restons un instant en silence, nos yeux fixés l'un sur l'autre, un sourire aux lèvres. Puis Edward semble reprendre ses esprits. Son visage se ferme et il détourne la tête.
Il se méfie encore de moi, il garde ses distances. Jasper a raison : il essaie de se protéger. J'ai alors une révélation, une chose à laquelle j'aurais dû penser dès le début.
Mon comportement lui a fait du mal. Lui aussi a souffert de ce qui s'est passé entre nous.
Il n'avait pas l'air trop mal en point lorsqu'il flirtait avec Rosalie.
Et il a peut-être pensé que je n'avais pas l'air trop mal en point moi non plus lorsque je suis arrivée main dans la main avec Jasper ! répliquai-je à ma conscience.
Bella 1- Voix intérieure plus qu'exaspérante 0
La voix (véritable et non imaginaire celle-là) d'Edward me tire de mon débat intérieur.
-Alors ? Tu es là pour l'entretien d'embauche ?
-C'est fait, répondis-je en lui souriant nerveusement. Je commence lundi.
Edward hoche la tête, puis il enfonce ses mains dans ses poches, me gratifiant d'un regard intense qui enflamme tout mon corps.
-Très bien. Je suppose donc qu'on va se revoir bientôt ?
Puis sans attendre ma réponse, il se détourne de moi et cogne à la porte du professeur. J'entends la voix de son mentor lui dire d'entrer et Edward disparaît dans la pièce.
Je soupire, de déception ou de contentement, je ne sais plus trop, puis je m'éloigne à pas lents. Je repense à la conversation que nous venons d'avoir, Edward et moi.
Suis-je heureuse ou déçue de ce qui vient de se passer ?
Ce n'était que quelques mots, mais… c'est déjà une évolution, non ? Après tout, nous avons discuté comme deux adultes normaux sans qu'il n'y ait ni dispute, ni mensonge. C'est un bon pas en avant pour nous !
Je sors à l'extérieur du bâtiment, ragaillardie. Edward m'a souri à plusieurs reprises, il a même ri à une de mes remarques ! Il ne m'a pas semblé furieux, il n'a pas fait semblant de ne pas me connaître et le plus beau, c'est qu'il a dit qu'on allait se revoir bientôt !
Retombe de ton nuage l'amoureuse transie ! Il n'aura pas le choix de te revoir : tu travailles dans son département et tu es l'amie de Jasper !
Bon sang ! Ce que ma conscience m'énerve ! Elle ne s'est pas ce qu'elle veut et puis j'en ai assez de me parler à moi-même ! N'est-ce pas un signe de folie ?
Je décide donc d'ignorer ma voix et de continuer à flotter sur mon nuage. Après tout, c'est Edward qui m'a trouvé ce travail. Il devait pourtant bien être conscient que cela l'obligerait à me côtoyer souvent. Et si…
Une idée folle traverse mon esprit, mais je la repousse aussitôt.
Non. Il ne faut quand même pas exagérer. Edward ne m'a pas proposé ce job pour me garder plus près de lui. Je ne dois pas prendre mes rêves pour la réalité quand même !
J'arrive à ma camionnette où une silhouette familière m'y attend, appuyé contre ma portière. Je souris.
-Jasper ! Tu es à l'avance ! lançai-je, ravie.
Mon ami me sourit en retour.
-Et toi, tu sembles de bien bonne humeur. J'en conclus donc que tu as eu le boulot ?
-Yep. Bien deviné Watson.
-Whitlock, mon nom est Whitlock ! Tâche de ne pas l'oublier Swan !
Je lève les yeux au ciel, faussement exaspérée.
-Et quoi d'autre ? me demande-t-il alors, me prenant de cours.
-Hein ?
-Il y a autre chose que le travail Bella ! Tu as les yeux qui brillent et un sourire idiot aux lèvres…
Je me sens rougir et je fixe mes chaussures, mal à l'aise.
-Et bien… je m'en suis sortie comme une chef pendant l'entrevue ! Je n'ai même pas bégayé et…
-Tu as vu Edward, conclut mon ami, me coupant la parole.
Je relève la tête si rapidement que je me fais mal au cou et je le fixe, la bouche ouverte.
Mais comment fait-il pour toujours tout savoir ?
Jasper éclate de rire devant mon expression, je ressemble sûrement à un poisson, puis il dépose une main sur mon épaule.
-Désolé Bella, mais c'était plutôt évident. Et je dois te dire que tu sembles complètement mordue !
-Hum… ouais… heu… on peut y aller maintenant ? dis-je tentant de me tirer de cette conversation embarrassante.
Jasper rit de plus belle.
-Bien sûr. Mais… es-tu certaine que tu veux faire ça ? demande mon ami en retrouvant soudainement son sérieux. Tu n'es pas obligé d'aller jusque là…
-Sûr et certaine Jasper alors arrête de me demander et grimpe dans la camionnette ! le coupai-je avec détermination.
Il lance un regard presque dégoûté vers ma voiture.
-Pas question de me faire conduire là-dedans. On prend MA voiture !
Je croise les bras sur la poitrine, insultée. Mais qu'ont-ils tous contre ma voiture ?
-Pas question ! Je l'ai récupéré seulement ce matin et j'ai envie de la conduire…
-Tu n'arrives pas à monter à plus de 80 kilomètres à l'heure avec cette antiquité…
-Et alors ? Qui a besoin de rouler à une telle vitesse ? Vaut mieux aller lentement, mais sûrement !
-Avec ma voiture, on ira rapidement et sûrement… ça te va ?
Je me renfrogne un peu plus.
-Non. Prends ta voiture et je prends la mienne. On se retrouve au centre commercial.
Jasper me fait un sourire amusé qui me fait grogner.
-Très bien. À tout à l'heure et tâche de ne pas te perdre en chemin !
Il me fait un signe de la main avant de s'éloigner pour entrer dans sa Mercedez. Je le regarde partir, les dents serrées alors qu'il démarre à toute vitesse.
-Sale frimeur, marmonnai-je avant d'entrer dans ma camionnette.
Je démarre, beaucoup plus lentement que ne l'a fait Jasper, et je me dirige vers notre point de rencontre.
À la vitesse d'une tortue.
Et alors ? Ma voiture roule à présent et c'est l'important non ? Je dois avouer d'ailleurs que les mécaniciens de monsieur Hale sont vraiment doués parce qu'elle fonctionne comme une neuve maintenant… enfin mis à part le fait que je dois respecter les limites de vitesse (et même parfois aller en-deçà), tout est parfait ! Et en plus, je n'ai pas eu à débourser un sous.
Ce qui m'a mise plutôt en colère je dois avouer.
Pauvre Jacob Black ! Il n'a rien fait le pauvre, mais c'est lui qui a reçu toute ma colère ! Mais peu importe à quel point j'ai hurlé sur lui, il n'a pas fléchi. Ce n'était pas sa décision, mais celle du grand patron… ou plutôt de la Grande Patronne, madame Hale qui semble avoir tout pouvoir sur son mari.
Je l'ai donc contacté pour la remercier, mais aussi lui signifier que j'allais tout lui rembourser. Ce qu'elle a refusé avec force, me demandant simplement de repasser la voir dès que je pourrais parce qu'elle me trouve, et je le cite : tout simplement charmante.
J'ai accepté, à contre-cœur, la simple idée de me retrouver dans la maison de mademoiselle Hale me donnant la nausée.
Mais ne dit-on pas qu'il faut apprendre à connaître ses ennemies pour les atteindre ? Et Rosalie est clairement mon ennemie. Quiconque convoite Edward est mon ennemi… mais Rosalie encore plus parce qu'elle est simplement détestable.
Et qu'elle semble avoir toutes ses chances avec Edward.
Oui, ça aussi je dois l'avouer. Savoir qu'il ne lui est pas indifférent me fait bouillir le sang et pour m calmer, je dois me répéter qu'il ressent la même chose envers Jasper. Ou du moins, quelque chose de ressemblant.
J'arrive enfin devant le centre commercial, mais ne trouvant pas de place ou me garer tout près, je dois marcher plusieurs minutes pour arriver enfin au point de rendez-vous. Jasper se fera un plaisir de se moquer de moi et de ma voiture, mais tant pis ! Je n'allais pas laisser ma pauvre camionnette garé sur le stationnement du campus !
J'aperçois enfin mon ami, mais avant d'avoir pu esquisser un sourire, je me fige.
C'est une blague ou quoi ?
La, devant moi, Jasper discute avec Rosalie, tous deux tout sourire.
TRAÎTRE !
Non, Jasper n'aurait pas fait ça ! Il est mon ami ! Il sait ce que je ressens envers Rosalie et il sait que c'est réciproque ! Il n'aurait pas fait…
-Bella ! Tu es enfin là ! s'écrie soudain Jasper et je recule d'un pas.
-Qu'est-ce qu'elle fait là, ELLE ?
Tiens, c'est justement ce que j'allais demander.
-Calme-toi Rose. Je t'ai dit que j'avais besoin d'aide.
La fureur me gagne alors et je sers les poings pour empêcher les larmes d'envahir mes yeux. Elle, il lui a demandé à elle de m'aider !
Je sais que Jasper est un peu étrange et parfois… un peu plus que cela, mais là, il dépasse les bornes !
-Hors de question que je l'aide ! Pas cette… garce ! s'exclame Rosalie avec dédain.
-Parfait, parce que je n'avais pas l'intention d'accepter ton aide de toute façon ! répliquai-je d'un ton dur.
Puis je me tourne vers Jasper et pointe un doigt accusateur vers lui.
-Et toi, je te déteste !
Je tourne les talons et je me dirige vers la sortie, bousculant les gens sur mon passage. Mais alors que je suis presque arrivée à destination, une main m'empoigne fermement le poignet.
-Alors tu t'en vas comme ça ? Sans même prendre la peine de m'écouter ?
-Je n'ai pas besoin : j'ai déjà tout compris ! m'écriai-je en tentant de me défaire de la poigne de mon faux ami qui est plus fort qu'il n'y paraît.
-Ah oui ? réplique Jasper avec calme. Tu crois ? Et tires-tu toujours des conclusions aussi hâtives? Parce que ça ne t'a pas aidé dans le passé, si tu te souviens…
Je plisse les yeux, furieuse qu'il ramène mes erreurs avec Edward sur le tapis. Jasper pousse alors un soupir et il me relâche.
-Désolé, je n'aurais pas dû dire ça. Ce n'était pas très fair-play… mais si j'ai fait venir Rosalie, c'est pour toi.
-Tu crois que m'humilier devant elle va m'aider ?
-Rosalie n'est pas comme tu le penses. Je sais qu'elle s'est montrée vache avec toi, mais…
-Ce n'est pas ça ! Ce n'est pas pour ça !
Je prends une grande inspiration, consciente d'avoir crié un peu trop fort, puis je reprends dans un murmure :
-Elle veut Edward… et si je ne l'arrête pas, je sais qu'elle va l'avoir.
Jasper fronce les sourcils, puis il jette un regard par-dessus son épaule, vers la blonde qui nous toise d'un regard noir. Je croise les doigts, avec l'espoir fou qu'il me contredira, me dira que Rosalie est amoureuse d'un autre, qu'elle a un petit ami ou je ne sais quoi, mais il se contente de soupirer de nouveau.
Mes espoirs tombent en morceau.
-Je ne sais pas ce qui se passe entre eux, mais ce dont je suis certain, c'est que c'est toi qu'Edward veut…
-Les hommes changent facilement d'avis, répliquai-je.
Surtout devant une magnifique blonde à grosse poitrine.
-Écoute Bella, tu m'as parlé de ton désir de changer de look et…
-Tu as proposé de m'aider, le coupai-je avec force.
-C'est ce que je fais : j'ai amené Rose et c'est la meilleure dans ce domaine. Croyais-tu vraiment que j'allais t'aider à t'acheter des fringues et autres trucs pénibles dans ce genre ? Enfin Bella… je suis un mec !
Je pousse un gémissement. Sa logique est indiscutable, mais… je déteste magasiner, je hais aller chez le coiffeur, l'esthéticienne et tous les autres trucs de filles de ce genre. Alors le faire en compagnie de Rosalie Hale : cela relève de l'impossible !
C'est juste trop pour moi !
-D'accord, je comprends tes raisons, mais je ne peux pas. Pas avec elle.
Jasper hausse les épaules.
-Pas de problème Bella. Je t'ai dit que de toute façon, tu n'en avais pas besoin : tu es magnifique comme tu es.
Je me sens rougir, mais je garde ma position renfrognée. Il lui faudra plus que des compliments pour me faire oublier ça !
-Je vais lui donner son congé, dit alors mon ami avant de me tourner le dos.
Bon et bien il semble que je vais devoir rester simplement moi… ou alors me débrouiller seule, comme une grande. Ce qui risque fortement de se révéler une catastrophe. Alors autant rester comme je suis…
Et pourquoi ne pas accepter son aide ? me souffle ma voix. Imagine sa tête si elle te poussait elle-même dans les bras d'Edward ?
Hum… oui. J'aime bien l'idée.
Je pouffe, puis tousse pour cacher mon hilarité aux passants qui me lancent de drôle de regard. En fait, je trouve cette idée géniale ! Barbie, battue à plate couture par son élève ! Si seulement ce rêve pouvait devenir réalité !
Je regarde Jasper et Rosalie discuter, prenant soudainement ma décision.
Qui ne tente rien n'a rien.
Je pars alors à la course vers eux, prenant soin de ne pas m'étaler sur le sol. Il ne faut quand même pas en ajouter : l'humiliation sera déjà assez grande !
Je m'arrête alors devant eux, essoufflée.
-J'ai changé d'avis, lançai-je. J'accepte son aide.
Rosalie a un claquement de langue agacé.
-Jazz…
-S'il-te-plaît Rose.
Celle-ci me détaille des pieds à la tête, puis elle pousse un grognement furieux.
-Il y aura du travail à faire…
Je sers les dents, me retenant de répliquer. Ce qu'on ne ferait pas pour séduire celui qu'on aime!
-… mais j'accepte. Ce sera le plus grand défi de ma courte vie : faire de toi une femme séduisante !
Ok. Cette fois, elle va un peu trop loin…
-Je vais le faire. Je vais le faire parce que Jazz est mon ami.
-Merci. Trop d'honneur, marmonnai-je, plus qu'agacée.
-Je sais… mais tout se paye de nos jours et en échange de mes services, je vais te demander une promesse.
Je fronce les sourcils, méfiante. Tout ça ne sent pas bon.
-Laquelle ?
-Je veux que tu promettes, sur ton amitié avec Jasper, que tu n'iras pas voir Edward. Tu ne t'approches pas de lui…
Je reste un instant silencieuse, ne sachant quoi répondre. Après tout, le but de la manœuvre est justement de séduire Edward…
Mens ! Qu'est-ce que tu en as à faire de cette fille de toute façon ?
Je me mords la lèvre, anxieuse. Je suis si peu douée pour mentir que ça en est affligeant. Peut-être que je devrais retourner chez moi, tout simplement ! Mais à ce moment, Jasper me fait un petit signe de tête, me poussant à accepter le marché. J'hésite quelques instants de plus, avant de décider de faire confiance à mon ami.
-Très bien. Je te promets sur mon amitié pour Jasper de ne pas m'approcher d'Edward.
Rosalie me jauge un instant, puis une certaine tension semble tomber de ses épaules.
-Très bien. Alors allons-y ! On va avoir besoin de TOUTE la soirée pour arriver à nos fins !
Sans plus nous porter d'attention, la blonde tourne les talons et se dirige à grands pas vers une destination inconnue. Je la suis plus lentement, mon ventre crispé par l'angoisse. Ma torture est sur le point de commencer.
Maigre consolation : Jasper m'emboîte le pas, semblant décidé à m'accompagner pendant cette longue soirée de trépas.
-Ne t'en fais pas, ça va aller, me murmure-t-il.
Je lui jette un regard en coin.
-Je lui ai promis de…
-Je sais. Et tu tiendras ta promesse : tu n'aurais pas à aller vers Edward… c'est lui qui viendra à toi.
-Parfait, c'est parfait ! m'écriai-je en donnant un coup de poing sur mon volant.
Je n'arrive pas à le croire ! Quelle soirée de…
Je pousse un cri rageur, puis laisse tomber ma tête contre mon siège, découragée. Il ne me reste plus qu'à appeler une dépanneuse et à l'attendre pour qu'elle amène cette foutue bagnole que je commence à beaucoup moins apprécier, pour la deuxième fois en moins d'une semaine !
Je n'arrive pas à croire que ma camionnette a encore flanchée, quelques jours seulement après avoir été réparé par des mécaniciens qui me semblaient pourtant très doués.
Et avec Jasper qui vient de me poser un lapin, la soirée est vraiment parfaite ! Un vendredi soir comme je les aime !
Comme je m'empare de mon téléphone pour appeler un garagiste, il sonne, me faisant sursauter. Le nom de l'appelant apparaît sur mon afficheur et je grince des dents.
-Tu as intérêt à avoir une bonne excuse ! m'écriai-je sans saluer Jasper. Je te signale que je suis restée après les cours pour t'attendre et que tu n'es pas là…
-J'ai une bonne raison de te faire faux-bond, s'excuse mon ami et je sens le sourire dans sa voix.
-Ah oui ? Laquelle ? aboyai-je.
-Tu n'as pas des ennuis de voiture par hasard ?
-Je… que… comment sais-tu ça ?
Là, je commence à être clairement suspicieuse. Qu'a-t-il donc mijoté ?
-Parce que c'est moi qui en suis à l'origine…
-Quoi ?
-Tu te souviens de ce qu'on a parlé hier soir ? De la phase 1 du plan séduction ?
-Oui, répondis-je avec hésitation, ne voyant pas où il veut en venir.
-Et bien, Edward sortira du bâtiment devant lequel tu te trouves dans quelques minutes… peut-être même quelques secondes. Et toi, tu seras là, en détresse et il ne pourra pas s'empêcher de te venir en aide !
J'ouvre la bouche, puis la referme, incapable de parler, figée par la panique. Puis je LE vois sortir du bâtiment et mon cœur s'affole.
-Je… il n'est pas seul, murmurai-je à Jasper, bien qu'Edward ne puisse m'entendre. Il est avec une fille…
-Ce n'est pas Rosalie, spécifie aussitôt mon ami. Je lui ai parlé il y a quelques minutes : elle est chez elle, se préparant pour la fête.
-D'accord, mais il est quand même avec une fille.
Une fille que je n'arrive pas à distinguer avec la noirceur et la distance. Elle est grande, presque aussi grande qu'Edward, et élancée.
-Qu'est-ce que je fais ? continuai-je, au bord de la crise de nerfs.
Merci Jasper de nous avoir mise dans cette situation !
-Confiance Bella, confiance ! dit mon ami avec calme. Tu en es capable ! Peu importe qui est la fille, tu vaux mieux qu'elle ! Allez, lance-toi et… à demain !
-Ouais, c'est ça… faux ami !
Je raccroche sur le rire de Jasper et je sors lentement de ma voiture, les dents serrés. Edward et sa mystérieuse compagne se rapprochent de moi. La tête fixée sur le sol, je marche vers eux d'un pas hésitant, puis je m'arrête complètement lorsque je reconnais la voix féminine et je pousse un soupir de soulagement.
-Tanya ! m'exclamai-je avant d'avoir pu penser, trop contente de retrouver mon amie plutôt qu'une autre concurrente.
Tanya et Edward s'arrêtent, surpris. Visiblement, ils ne m'avaient pas vu.
-Bella ! Qu'est-ce que tu fais là ? dit Tanya, et j'ai la désagréable impression qu'elle n'est pas vraiment ravie de me voir.
Ils s'approchent de moi et mon amie vient me faire la bise.
-Wow Bella ! Tu es… wow !
Je passe une main dans mes cheveux plus courts, en rougissant.
-Et bien… merci.
Jusqu'à maintenant, je n'étais pas certaine du choix de Rosalie quand à ma coupe de cheveux… elle a insisté pour faire un changement radical, mais je n'ai pas cédé à la sorcière, ayant la nette impression qu'elle serait plus que ravie que je me retrouve avec une tête affreuse. Nous avons donc trouvé un compromis : mes cheveux autrefois si longs s'arrêtent maintenant juste au-dessus de mes épaules et on a accentué leur dégradé, me gardant une frange plus longue sur le devant de mon visage. En plus de tout ça, Rosalie a fait ajouter une touche de couleur, rehaussant mes reflets auburn.
Le changement n'est pas si radicale, mais il m'a perturbé, moi qui a la même coupe depuis l'âge de 14 ans… cependant je suis maintenant heureuse du coup de main que Rosalie m'a donné (et cela me fait mal au cœur de l'admettre) parce que d'après le regard qu'Edward pose sur moi, il apprécie le changement.
-Tu es magnifique, confirme-t-il d'une voix rauque et cette fois, je dois ressembler à une véritable tomate.
Tanya se racle la gorge, puis elle me sourit.
-Mais dis-moi, qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as pas de cours dans ce département il me semble !
Je secoue la tête et prends une grande inspiration, me préparant à mentir.
-Non, mais Jas m'a donné rendez-vous ici… puis il a annulé et quand j'ai voulu partir… et bien… ma voiture ne veut pas démarrer !
Voilà ! Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sortie ! Je m'en suis tenue à une presque vérité et ils ont l'air de ne pas remettre ma parole en doute.
-Oh Bella ! Pas étonnant vu l'état de ta voiture, se moque gentiment Tanya.
-Je sais, grognai-je. Mais je l'adore cette voiture !
-J'aimerais bien t'aider, mais tu sais que je n'ai pas d'autres moyens de transport que le métro et le taxi.
-Oui, c'est pratique d'habiter à côté du campus.
Je gigote, mal à l'aise. La présence de Tanya ruine tous mes plans, si plan il y avait, et je dois me retourner rapidement. De toute évidence, je ne peux pas supplier Edward de m'aider devant elle ni essayer de le… draguer. Bien que je ne sois pas certaine de savoir comment m'y prendre. Surtout que depuis qu'il m'a dit que je suis magnifique (je m'empourpre de nouveau rien que d'y penser), il ne m'a plus regardé. La phase 1 du plan de séduction devra donc attendre !
-Écoutez, oublier ça. Je vais appeler une remorqueuse et ensuite je rentrerai chez moi en taxi.
-Ce ne sera pas nécessaire, dit alors Edward avec désinvolture. J'ai ma voiture… je te ramène si tu veux.
Je me tourne vers lui et remarque qu'il tripote quelque chose au fond de sa poche, les yeux fixés sur le sol. Visiblement, son calme n'est qu'apparent et cela me fait sourire.
-J'habite plutôt loin tu sais…
Il hausse les épaules et relève la tête pour me faire un sourire en coin.
-Avec moi comme chauffeur, tu y seras en quelques minutes.
Hum… d'accord. Est-ce que cela doit me rassurer ? Je veux dire : je suis presque effrayée maintenant.
-Heu…
-Et notre café ? dit alors Tanya. On le remet à plus tard ?
Je plisse les yeux en les observant. Un café ? Eux ? Et depuis quand se connaissent-ils ? Et pourquoi Tanya est-elle dans ce département avec lui ?
-Oui… à moins que Bella veuille nous accompagner.
Et comment qu'elle le veut !
Tanya me fait un petit signe négatif de la tête, mais je fais semblant de ne pas l'avoir vu, de plus en plus soupçonneuse.
-Bien sûr ! Pourquoi pas ? Je n'ai rien de mieux à faire, dis-je avec un désintéressement que je suis loin de ressentir.
-Ah oui : ton chevalier servant est pris ce soir, lâche Edward avec une aigreur qu'il n'arrive pas à dissimuler. Tu n'as pas peur de te le faire voler ? Il y a des filles qui n'ont pas froid aux yeux dans ce genre de soirée et la tentation peut être grande…
Je l'affronte du regard, furieuse.
-Et toi ? Tu ne crains pas de perdre blondie au profit d'un autre gars plus…
Je fais un geste vague de la main, ne trouvant rien à ajouter.
-Blondie ? répète-t-il en riant. Rosalie tu veux dire ?
-C'est ce que j'ai dit : blondie.
Edward rit de nouveau, puis il secoue la tête.
-Je peux te le certifier : je ne crains pas du tout de me faire voler Rosalie ! Bon, on y va ?
Sans attendre notre réponse, il se dirige à grands pas vers sa voiture et Tanya me jette un regard indéchiffrable avant de le suivre aux pas de course. Nous nous engouffrons ensuite dans sa volvo argent (est-ce qu'il n'y a que moi qui conduise une antiquité ?) où Tanya se dépêche de prendre la place à l'avant, à côté d'Edward.
Ce qui confirme tous mes soupçons.
Et merde !
Tu l'as dit ! Parce que si en plus d'écarter la reine des glaces il faut se battre contre Tanya… tout est foutu !
Rosalie la pétasse, c'est une chose ! Elle est belle, plus que cela même, je dois l'avouer : elle est magnifique, sexy. Elle ressemble tout simplement à un foutu mannequin, mais malgré tout cela, elle est exécrable… Et je ne peux pas croire qu'Edward pourrait tomber amoureux d'une fille comme elle.
Tanya, elle, est belle et… gentille. Intelligente. Douce.
ARGH !
Et comment je fais moi maintenant ? Hors de question que je renonce à Edward, mais d'un autre côté, je n'ai pas envie d'une compétition avec Tanya. Même si je la connais depuis peu, je la considère comme une amie.
Tu es dans la bouse ma belle !
Je sais et la seule solution est peut-être… de raconter toute l'histoire à Tanya. Si elle sait tout sur nous, sur mes sentiments pour Edward, alors peut-être qu'elle renoncera à le courtiser… non ?
-Dis-moi Tan, tu as des cours dans le département de musique ? lançai-je, interrompant sans scrupule la conversation entre Edward et elle.
Elle se tourne vers moi.
-Oui, tu ne te souviens pas ? Je t'ai dit qu'une de mes options était guitare.
Ah non, je dois avouer que j'avais oublié ce détail… qui n'en est plus un finalement si cela lui fait un point commun avec Edward.
-Et devine quoi ? On va travailler ensemble tous les trois, m'annonce-t-elle alors, tout sourire.
Je reste un instant bouche-bé.
-Je suis la nouvelle assistante de monsieur Petrelli, avec toi bien sûr. Génial, non ?
Ah oui ! VRAIMENT génial !
-Oui, super, dis-je avec le plus d'enthousiasme possible. Et c'est comme ça que tu as connu Edward ? ajoutai-je, consciente de ne pas être du tout subtile.
Je vois même Edward me jeter un regard par le rétroviseur, mais je fais semblant de l'ignorer, fixant Tanya.
Je me rappelle soudain qu'après notre rencontre, lorsqu'Edward m'avait proposé ce travail, Tanya m'avait posé des tonnes de question sur lui : qui c'était, ce qu'il me voulait, quels cours il suivait, comment je le connaissais…
J'avais menti bien sûr, lui disant simplement que c'était un ami de Jasper, que je le connaissais peu, qu'il étudiait en musique et qu'il m'avait proposé un travail dans son département. Sur le coup, je n'avais pas vraiment porté attention à l'interrogatoire de Tanya, trop occupée à penser à Edward et à comment j'arriverais à gagner son amour.
Mais à la lueur des nouvelles informations que j'avais, il était clair que Tanya avait flashé sur lui dès le premier regard. Et je ne pouvais que la comprendre !
-En fait, on s'est croisé par hasard après mon entrevue. Il se souvenait m'avoir vu avec toi et moi je me rappelais de lui aussi… alors après avoir parlé un peu, on a convenu de se retrouver ce soir.
Elle me fait un regard entendu et je déglutis difficilement. Oh ! Bon sang ! Elle semble déjà bien accrochée !
À ce moment, Edward se gare devant le café où je me plais à me retrouver avec Jasper et je me demande si c'est un hasard ou s'il sait que j'aime cet endroit.
Comme pour répondre à mon interrogation, Edward se tourne vers moi et me sourit.
-Jazz m'a dit beaucoup de bien de cet endroit…
-Oui, c'est sympa, confirmai-je. Heu… ça te dérange si je reste une minute dans la voiture ? J'aimerais appeler…
-Jasper ? suggère-t-il.
-Oui, répondis-je en l'observant de biais.
J'ai le plaisir de voir sa mâchoire se contracter, mais il ne répond rien et sort de la voiture. En quelques enjambés, il se trouve de l'autre côté et il ouvre la portière à Tanya avec un sourire.
-Après vous madame, dit-il d'un ton séducteur et cela me rend malade.
J'attends qu'ils se soient tous deux éloignés et je compose frénétiquement le numéro de Jasper. Mon ami répond à la première sonnerie.
-Bella ? Ça se passe mal ?
-OUI ! criai-je, à la limite de l'hystérie. C'est affreux Jasper ! La fille avec lui… c'est Tanya. Ils allaient prendre un café ensemble et maintenant, nous y allons tous les trois ! Elle a le béguin je crois et… et … qu'est-ce que je vais faire maintenant ?
Et voilà ! Adieu la nouvelle Bella calme et en confiance… adieu avant même qu'elle soit réellement apparue à la vérité.
-Ouch ! Ça, ça fait mal ! répond Jasper, résumant assez bien la situation.
-Tu l'as dit !
-Mais ça ne change rien : c'est toi qu'Edward veut Bella. Tu dois seulement le pousser un peu pour qu'il te tombe dans les bras…
-Jasper, est-ce que tu m'as bien regardé ? Je veux dire : peu importe à quel point Blondie a fait du bon travail hier, je n'arrive ni à sa cheville, ni à celle de Tanya !
Mon ami pousse un soupir sonore à l'autre bout du fil.
-Tu es ridicule Bella. Tu es très belle et en plus, là n'est pas la question ! Je ne te parle pas de physique, mais d'amour.
Je secoue la tête, des larmes perlant au coin de mes yeux.
-Je n'ai aucune chance et… oh mon dieu ! Je les ai laissés seuls !
Je me prends la tête d'une main, tenant le téléphone de l'autre.
-Bella, grogne Jasper, exaspéré. Tu es un cas désespéré ! Vraiment désespéré !
-Je sais que tu dois aller à la fête, mais Jazz… viens me chercher s'il-te-plaît ! Je suis même prête à t'accompagner là-bas s'il le faut, mais je ne pourrai pas supporter de le voir encore flirter avec une autre fille !
Non, je ne le pourrai pas. Et s'il fallait que j'affronte des tas de collégiens saouls et de la mauvaise musique qui jouait à tue-tête, j'y étais prête.
Plus que prête même.
Tout plutôt que de voir Edward avec une autre… une autre qui le mérite, elle, contrairement à Rosalie. Et à moi. Du peu que je sais de Tanya, elle est parfaite. Parfaite pour lui.
-Quoi ? Tu abandonnes aussi facilement ? Après tout ce que tu as fait au cours des trois derniers jours ?
-Elle est mieux pour lui que moi, tentai-je de me justifier dans un murmure.
-Non, gronda Jasper et je ne l'ai jamais entendu prendre un ton aussi furieux. C'est toi qu'il aime Bella !
-Arrête de dire ça ! Je n'ai pas…
Jasper pousse un autre grondement, presque animal, et je me tais.
-Merde ! Isabella Swan, qu'est-ce que tu ne me fais pas faire ? lança-t-il d'une voix noire. J'avais promis de ne rien dire et à cause de toi…
Il pousse un soupir et sa colère semble retomber.
-Tu te souviens que j'ai discuté avec Edward et qu'il m'a tout raconté ?
-Bien sûr, couinai-je d'une petite voix.
Je présage soudain ce qu'il veut me dire et mon cœur s'accélère jusqu'à en devenir douloureux. Non. Impossible. C'est impossible.
-Il m'a raconté votre histoire, mais il m'a surtout parlé de ses sentiments. Ses sentiments pour toi Bella. En six mois, il ne t'a jamais oublié. Il n'a jamais pensé à une autre fille. Et tu crois que maintenant que tu es là, près de lui, il va y arriver ?
Je ne réponds pas, incapable de prononcer le moindre mot, submergée par l'émotion. Edward m'avait dit au téléphone qu'il ne m'avait jamais oublié, lors de cette première et merveilleuse conversation, mais j'avais cru que ses paroles étaient fausses, après tout ce qui s'était passé par la suite.
Et maintenant, Jasper me dit la même chose. Je ne vois pas pourquoi il me mentirait, mais d'un autre côté, j'ai de la difficulté à croire que c'est la vérité…
-Et si ça ne suffit pas à te convaincre, alors je rajouterais que la chose qui lui a fait le plus de mal dans tout ça… c'est lorsque tu lui as crié au téléphone que tu es amoureuse de lui. Parce qu'il croit que c'est faux et qu'il aurait tellement voulu que ce soit vrai. Ce sont ces propres mots Bella.
D'accord… vrai ou pas, je dois essayer. Juste au cas où Jasper ne ment pas… Je dois savoir. J'ai besoin de savoir si Edward pense vraiment cela.
-Je dois y aller, soufflai-je, ne trouvant rien d'autre à dire. Merci Jasper.
-Bonne chance Bella.
Je raccroche, puis je sors en trombe de la voiture, courant presque jusqu'au café ou Edward et Tanya sont assis l'un en face de l'autre. Je me dirige vers eux et lorsqu'il m'aperçoit, Edward se lève debout et il tire la chaise à côté de lui.
Surprise, je lui souris et le remercie. Puis je retire mon manteau avant de m'assoir.
-Re wow Bella ! C'est… tout un changement ! s'exclame Tanya en me fixant d'un regard éberlué.
Je fronce les sourcils, sans comprendre.
-Quoi ?
-Ton look ! Ton look Bella ! Où sont passé les t-shirt, les jeans et…
Elle jette un regard sous la table.
-Les espadrilles qui étaient ton lot quotidien ?
J'observe alors mes vêtements et je me souviens. Je porte la chemise bleue à manche courte et à long décolleté en v, les pantalons noirs qui moulent mon corps et les ballerines à talons plats (parce que je ne suis pas suicidaire) que j'ai acheté la veille avec Rosalie.
Blondie tu veux dire ?
Même chose… mais je crois que je la déteste moins depuis qu'elle ne m'apparaît plus comme la principale menace. Je dois avouer aussi, contre mon gré, qu'elle a été presque sympa pendant notre virée des magasins. Presque…
-Oh ça ! dis-je avec un rire intimidé. J'avais envie de changement, c'est tout. Un nouveau départ…
-Et bien, c'est super. Ça te va vraiment bien.
Je sens le regard d'Edward tourné vers moi, mais je refuse de lui accorder de l'attention. Cela me rendrait trop consciente de sa présence près de moi. Présence bien assez envahissante. De là ou je suis, j'arrive à sentir l'odeur de son après-rasage et je dois me retenir pour ne pas humer l'air comme je l'ai fait la dernière fois.
Tu veux dire : cette fois où tu t'es ridiculisée ?
Oui, cette fois là.
-Merci beaucoup Tanya. Hum… vous n'avez pas commandé ?
-Non, répond mon amie dans un rire. Edward trouvait qu'il serait malpoli de le faire sans toi… c'est un vrai gentleman, non ?
Elle bat exagérément des cils en disant cela et j'ignore si j'ai envie de vomir tant cela me semble ridicule ou de pleurer parce qu'elle a définitivement plus de talent pour la drague que moi.
Je me tourne alors pour la première fois depuis que je me suis assise vers Edward et je plante avec détermination mon regard dans le sien.
-Oui, il l'est, affirmai-je avec toute la conviction dont je suis capable.
Edward soutien mon regard; j'ai soudain chaud, excessivement chaud. J'ai l'impression que ses yeux enflamment chaque parcelle de ma peau et je me mords la lèvre pour retenir un gémissement. C'est fou l'effet qu'il a sur moi sans même me toucher…
Et imagine s'il posait les mains sur toi.
Cette fois, je ferme les yeux pour me défaire de l'emprise de son regard avant de flancher et de me jeter sur sa bouche pour l'embrasser. Je reporte mon attention sur Tanya, croyant la trouver nous fixant avec étonnement, mais ce n'est pas le cas. Notre petite incartade a sûrement duré moins longtemps que je ne le croyais parce que mon amie semble n'avoir rien remarqué. Plongée dans le menu, elle lève une main pour faire signe à la serveuse qui s'approche.
Nous passons notre commande, demandant chacun notre dose de caféine et dès que la serveuse approche, Tanya se lance dans un interrogatoire sur les cours de musique d'Edward, sur ses goûts musicaux et ses autres passe-temps.
Je bois mon café à petites gorgés, ne pouvant m'empêcher de me sentir exclue de la conversation. Je sais que Tanya ne le fait pas exprès… du moins, je l'espère, mais cela me met tout de même mal à l'aise. Puis à un moment, après un deuxième café, lorsque Tanya laisse enfin une pause de quelques minutes entre deux questions, Edward se tourne vers moi.
-Alors Bella… Jasper n'a pas réussi à te convaincre d'aller à la fête ce soir?
Je grimace.
-Beurk ! Non !
Je n'ai pas pu… je veux changer, mais ça, c'est trop pour moi. Même si Jasper pensait que c'était l'occasion idéale pour rendre Edward fou de jalousie, je ne suis pas encore prête à ça. Peut-être ne le serais-jamais. Et puis, Edward n'aime même pas les fêtes alors…
-Quoi ? Tu n'aimes pas les fêtes Bella ? demande Tanya, surprise.
-C'est une torture pour moi ! Je ne suis même pas allée au bal de fin d'année de terminale !
-Tu veux rire ?
Edward éclate de rire à ce moment.
-Je n'y suis pas allé non plus, dit-il en souriant. Moi et ma copine de l'époque, on l'a fêté… autrement.
-Tu n'aimes pas non plus ?
Tanya se penche sur la table, visiblement intéressée.
-Pas vraiment, non.
-Pourtant, lâcher son fou de temps en temps, ça ne fait pas de mal ! Je ne suis pas du genre à courir les fêtes à toutes les semaines, mais parfois, j'en ai besoin…
-Et bien moi, mon exutoire, c'est mon piano.
Puis il se tourne à nouveau vers moi, se reculant sur sa chaise et j'espère que c'est une façon de s'éloigner de Tanya.
-Et toi Bella, quel est le tien ?
J'aimerais bien que ce soit toi… ou plutôt toi et moi…
-Je n'en ai pas vraiment, répondis-je avec un haussement d'épaules. Tu te souviens de ce que je t'ai dit ? Je ne suis douée en rien de précis…
-Oui, je me souviens. Mais je n'arrive pas à le croire.
-Tu es la personne la plus douce et la plus gentille que je connaisse Bella… c'est un don, non ? À mon avis, encore mieux que de faire du dessin ou un autre truc du genre…
Je reporte mon attention sur Tanya et lui sourit. Être gentille n'est pas aussi sympa qu'elle le dit, et puis je ne vois pas du tout ça comme un talent, mais ses mots m'ont touché. Comment lui en vouloir d'essayer de me voler Edward lorsqu'elle me dit des trucs aussi gentils ?
-J'aurais préféré quelque chose d'autre… quelque chose de plus évident, tu vois ? Au moins être passable dans un domaine, mais ma mère a tout essayé : danse, gymnastique, peinture, piano… je suis complètement nulle !
Edward fronce les sourcils avec une moue sceptique tout simplement adorable.
-Tu étais petite : ce n'était peut-être pas le bon moment, pas avec les bons professeurs : mais si tu as envie, je te donne des cours de piano quand tu veux. Je suis certain que tu vas te révéler très… douée.
Il me sourit et je suffoque.
Oh. Mon. Dieu.
Là, c'était plutôt clair, non ? Du moins, j'ai eu l'impression que sa phrase était pleine de sous-entendus. Mais peut-être est-ce seulement mon esprit tordu qui imagine tout ça. Oui parce qu'imaginer ses longs doigts qui jouent du piano sur tout mon corps me file des frissons incontrôlables.
-Heu… je… oui, pourquoi pas ? bredouillai-je, le visage enflammé.
Edward pouffe, puis il dépose son bras sur la table et s'appuie dessus, le visage tourné vers moi. Il me fait un sourire si éclatant que mon cœur explose dans ma poitrine. Puis son doigt se dépose sur ma joue et y trace une longue ligne de feu.
-J'adore quand tu rougis, murmure-t-il.
Et là, il retire sa main soudainement, comme si mon contact le brûlait et il se remet sur pieds d'un bond agile, le visage tordu dans une expression d'angoisse.
-Je… je reviens. J'en ai pour quelques minutes seulement.
Il disparaît alors vers le fond du café, là ou se trouve la salle de bain, partant comme s'il avait le diable aux fesses.
C'est peut-être toi qu'il voit comme le diable.
Je gémis et laisse tomber ma tête contre la table. J'étais si près du but… tellement près…
-Heu… Bella ?
Je me redresse pour faire face à Tanya, dont j'avais oublié la présence, je dois l'avouer. Mon amie me fixe, plongée dans une intense réflexion qui semble la rendre plutôt triste.
-Qu'est-ce qu'il y a entre Edward et toi ? me demande-t-elle avec perspicacité.
Je me mords la lèvre, anxieuse. Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée d'en parler tout de suite, avec Edward qui peut revenir d'un moment à l'autre.
-Je… c'est compliqué, marmonnai-je, cachant mon visage derrière mes cheveux.
Tanya pousse un soupir.
-Alors il y a vraiment quelque chose ?
-Je crois. Nous n'avons pas vraiment discuté, mais…
Allez! Dis-lui ! C'est la seule façon de l'éloigner de lui !
-Je l'aime. Je suis amoureuse de lui, avouai-je à demi-voix.
Tanya dépose sa main sur la mienne et serre mes doigts dans un geste rassurant.
-C'est ce que je craignais.
Je tente un regard vers elle. Sa mine est soucieuse et sombre.
-Et toi ? Tu as le béguin pour lui, non ? demandai-je en espérant vainement qu'elle me répondra non.
-C'est plus que ça Bella : j'ai eu… un coup de foudre. Dès que je l'ai vu, je… je… J'ai marché sans but dans le département de musique, dès que j'avais un instant de libre, espérant tomber sur lui. Et je me suis proposée pour le travail alors que je n'ai pas besoin d'argent, juste dans l'espoir que cela me permettrait de le revoir ! Mais je n'ai jamais cru… enfin, je pensais que Jasper et toi…
-Je t'ai dit que non, protestai-je aussitôt.
-Je sais, mais tu n'es pas le genre à parler de tes sentiments et tu as passé beaucoup de temps avec lui cette semaine…
Nous nous regardons, puis soupirons à l'unisson.
-Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
-Je l'ignore. J'aimerais te dire que je vais renoncer à lui pour toi, mais… je ne peux pas. Je n'ai jamais vécu ça Bella, je n'ai jamais ressenti ce que lui me fait ressentir en un sourire ! C'est insensé !
-Je ne peux pas te blâmer, murmurai-je, déçue. Il me fait le même effet.
Les doigts de Tanya se resserrent plus fortement sur les miens et les larmes me montent aux yeux. Je n'ai pas envie de la perdre. Jasper et elle sont mes premiers véritables amis…
Si elle était ton amie, elle laisserait tomber pour Edward…
Elle pense peut-être la même chose de moi, répliquai-je à ma conscience.
-Je n'ai pas envie qu'on se dispute Bella. Avec Kate, tu es ma seule amie ici.
-D'accord, mais je ne pourrai pas renoncer moi non plus.
Une larme coule sur ma joue. Je suis ridicule, je le sais, mais c'est tellement injuste ! Pourquoi a-t-il fallu qu'elle voie Edward ce jour-là ? Pourquoi a-t-il fallu qu'elle en tombe amoureuse ?
-Et si on le laissait décider ? On a qu'à…
Elle se tait soudain et je devine qu'Edward est sûrement sorti des toilettes. Il en aura mis du temps ! Tanya sert mes doigts une dernière fois, puis elle me libère et je m'empresse d'essuyer mon visage. Edward s'arrête derrière sa chaise et il nous observe en fronçant les sourcils.
-Ça va ? demande-t-il en nous regardant l'une après l'autre.
-Ça va, répond Tanya en lui souriant.
-Vous êtes prêtes à partir ? Je dois me lever tôt demain matin alors…
Je me relève précipitamment, faisant tomber ma chaise sur le sol et tanguant dangereusement. Une main ferme m'attrape par le coude et me retient contre un torse de pierre. J'halète dangereusement devant la proximité d'Edward, mais il me relâche aussitôt.
-Fais attention Bella, lance-t-il d'un ton brusque.
Puis il se penche et remet ma chaise debout dans un geste agacé. Je fronce les sourcils, hébétée.
Et bien, il semble que le gentil Edward ait disparu au profit du Edward sombre et taciturne. Il a de nouveau remonté sa garde mais… il me reste encore tout le trajet jusqu'à chez moi pour la faire tomber !
Je ressens un soudain élan de culpabilité envers Tanya pour cette pensée, mais j'essaie de me convaincre que je fais la bonne chose. C'est de moi dont Edward est amoureux… Jasper me l'a dit. Et j'ai envie d'y croire.
Cela dit, ça ne veut pas dire que ses sentiments ne peuvent pas changer…
Ce qui veut dire que c'est maintenant ou jamais.
C'est donc tout aussi nerveuse que je remonte à l'arrière dans la voiture d'Edward, mais pour une raison tout autre qu'à l'allée.
Je vais essayer de séduire Edward et je ne sais pas trop comment je vais m'y prendre.
Et si tu réussissais à le convaincre de monter chez toi… dans ta chambre plus précisément ? Ou même sur le sofa ? Pourquoi pas sur la table ?
Non ! Il ne faut pas aller trop vite ! Nous n'en sommes qu'à la phase 1 du plan de séduction ! Il ne faut pas sauter des étapes !
Au diable le plan, les phases et les étapes ! Tu lui sautes dessus, tu lui bouffes les amygdales et tu le ramène chez toi. Un point c'est tout !
Mon esprit m'envoie alors des images plutôt explicites d'Edward et moi dans mon appartement, puis dans la voiture, sur la même banquette sur laquelle je suis assise.
Je me tortille, mal à l'aise, alors que le feu se réveille dans mon ventre.
Je sers les dents, tentant de retrouver mon calme. Je n'arriverai pas à discuter avec Edward si je suis dans cet état.
Qui t'a parlé de discuté ?
Je grogne contre ma voix, j'ai l'impression de ne plus faire que ça depuis quelques jours, mais mon regard se pose sur la nuque d'Edward et mon désir monte en flèche. Je voudrai me pencher et y déposer des baisers aussi légers que des papillons… et passer ma main dans sa tignasse pour sentir sa douceur sous mes doigts…
Et après…
Je me laisse tomber contre le dossier, les yeux fermés, fredonnant l'air d'une comptine d'enfant pour retirer toutes ses idées salaces de ma tête. Plutôt difficile avec l'odeur d'Edward qui flotte dans l'habitacle, mais j'y arrive petit à petit. Jusqu'à ce que…
-Bella ?
Je sursaute, puis ouvre les yeux. Sur le siège passager, Tanya est tournée vers moi.
-Désolée, j'étais perdue dans mes pensées.
Mon amie me sourit.
-Je suis chez moi et je voulais savoir si on se voit toujours demain… pour faire la tournée des musées ?
Je l'observe un instant, hésitante.
-Je crois… oui. Si tu as encore envie.
-Bien sûr ! réplique-t-elle aussitôt. Alors à demain.
Elle dépose un baiser sur la joue d'Edward puis sort de la voiture. Mes mains deviennent aussitôt moites et je déglutis difficilement. Ça y est. Je suis maintenant seule avec Edward.
Seule. Avec lui.
-Tu peux venir à l'avant si tu veux. Je ne te mordrai pas.
La voix d'Edward claque, sèche et rauque. Je m'exécute aussitôt, mes doigts serrés l'un contre l'autre pour en calmer les tremblements.
Il démarre et nous restons plongés dans un silence lourd pendant un long instant, alors que mon esprit se démène pour sortir de cette situation.
-Alors où vis-tu réellement ?
Il a appuyé sur le dernier mot et j'ai pu sentir toute sa rancœur derrière cette simple question.
-220 troisième avenue. À Hoboken. Au New-Jersey.
Edward hoche la tête sans m'accorder un regard et la vitesse de la voiture augmente, jusqu'à me faire agripper le bord de mon siège à deux mains. Je tente un coup d'œil discret vers lui et je remarque ses poings serrés sur le volant, sa mâchoire contracté, ses yeux plissés.
Il est furieux et je me demande si j'ai fait quelque chose ou si c'est simplement le rappel de mon mensonge avant qui le met dans cet état… je penche pour la deuxième optio. Et là, j'ai une idée de génie : c'est le moment idéal pour discuter avec lui. Au diable la séduction : je vais simplement lui dire la vérité et il sera bien obligé de m'écouter. Après tout, il n'a nulle part où aller.
Résolue, je me tourne complètement vers lui et sans le vouloir, mes yeux se posent sur le compteur de vitesse. Mon cœur fait un bond prodigieux.
-Bon sang Edward ! couinai-je, terrifiée. Je suis désolée de t'avoir menti, mais s'il-te-plaît : ralenti !
-Quoi ?
Edward sursaute, puis il jette lui aussi un coup d'œil au compteur de vitesse et il lève les yeux au ciel.
-Ne t'en fais pas Bella : je suis un conducteur hors pair.
-Je me sentirais quand même mieux si tu ralentissais un peu…
Il pousse un soupir, mais je sens la voiture reprendre une vitesse normale et ma tension se relâche… un peu.
-Merci, soufflai-je en fermant les yeux.
-Pffff… je déteste rouler à la vitesse d'un escargot.
-100 km à l'heure, c'est une vitesse d'escargot pour toi ?
-Ouais, grogna-t-il. À cette vitesse, je n'arrive pas à me vider l'esprit…
-Hum… je préfèrerais que tu gardes ton esprit focussé sur la route !
Edward me jette un regard oblique, ses poings se serrant de nouveau sur le volant.
-Désolé, mais je n'y arrive pas en ce moment.
Je me mords la lèvre, anxieuse.
-À cause de moi ? osai-je demander, me surprenant moi-même.
Edward reste silencieux un instant, semblant débattre avec lui-même pour décider si oui ou non il va me répondre. Je me croise les doigts, espérant de tout mon cœur qu'il va le faire et qu'on aura enfin l'occasion de discuter sincèrement tous les deux.
-Oui, dit-il enfin, à voix si basse que je tends l'oreille pour l'entendre. C'est à cause de toi… je crois que…
Il s'interrompt pour reprendre son souffle, comme si avouer tout cela lui était pénible.
-J'ai essayé Bella ! s'écrie-t-il tout à coup en donnant un coup rageur sur le volant. Dieu m'en soit témoin : j'ai essayé ! Je voulais… je me disais qu'au moins, de cette façon, tu ferais partie de ma vie et en plus, comme tu sembles proche de Jasper, je me suis convaincu que je n'avais pas le choix. Si je devais te fréquenter, au moins que ce soit cordial et agréable non ? Alors j'ai essayé de toutes mes forces… j'ai cru que… mais j'ai fait une erreur : on ne peut pas être amis…
-Amis ? Mais je ne veux pas être ton amie ! Je veux être bien plus que cela Edward !
Il secoue frénétiquement la tête, me gratifiant d'un regard noir et mon cœur se sert : il n'a pas l'intention de me laisser m'expliquer.
-Edward… s'il-te-plaît… laisse-moi…
-Non.
Son ton est dur et sans appel, mais j'insiste tout de même.
-Accorde-moi seulement quelques minutes ! Je veux seulement discuter : il y a eu un terrible malentendu et…
-Non, répète-t-il, la voiture poussant un rugissement presque au même moment.
Je me détourne de lui, dissimulant ainsi les larmes de peine et de rage qui coulent sur mon visage.
Reviens à ton plan initial : séduis-le. Ça fonctionnait bien mieux que cette histoire de lui dire la vérité !
Oui, ça semblait fonctionner mais je n'ai plus la tête à cela. Et puis je me vois mal lui faire du rendre dedans alors qu'il vient de me repousser ainsi…
Et c'est tellement injuste ! Il ne veut même pas écouter ce que j'ai à lui dire ! Serait-ce si difficile de mettre son orgueil de côté pour quelques minutes ? De me laisser le bénéfice du doute ?
C'est une foutue tête de mule !
Oui, encore pire que moi ! Parce que moi au moins, j'ai essayé de comprendre, je me suis remise en question… et j'ai fini par déduire que c'est moins qui était en tort ! Mais lui est tellement certain d'avoir tout compris ! Me voit-il comme une si horrible personne ?
Je passe le reste du trajet à ruminer alors qu'Edward fait de même de son côté et l'ambiance est plus lourde que jamais lorsque la volvo s'arrête enfin devant mon bloc appartement.
-Tu es arrivée, lâche-t-il sèchement.
-Merci, répondis-je sur le même ton.
Je dépose une main sur la portière pour sortir, mais je change d'avis au dernier instant.
-Dis-moi : qu'est-ce que Rosalie va penser de tout cela ? demandai-je de ma voix la plus mesquine.
Je sais que je ne devrais pas parler de ça, je sais que je glisse sur une pente dangereuse, mais je m'en fiche. Je suis trop en colère pour réfléchir calmement et ne pas faire de bêtise.
-De quoi ? demande Edward sans me regarder.
Je croise mes bras sur la poitrine et le toise d'un regard noir.
-De toi et moi. De toi et Tanya. Elle ne sera sûrement pas ravie de savoir qu'autant de filles gravitent autour de son petit ami…
Un sourire étire ses lèvres, mais il refuse toujours de me porter attention.
-Je crois qu'il y a eu méprise : Rose n'est pas ma petite amie.
-Mais elle le voudrait bien, répliquai-je en grinçant des dents.
Edward hausse simplement les épaules, désintéressé. Mes dents s'entrechoquent, me donnant mal à la mâchoire.
-Et toi ?
-Moi quoi ? demande Edward, faussement innocent.
Je suis certaine qu'il comprend ma question, mais je précise tout de même, n'en revenant pas de mon audace :
-Est-ce que toi tu veux sortir avec elle ?
Edward se tourne enfin vers moi et il plonge son regard insondable dans le mien, me coupant le souffle.
-Qu'en penses-tu Bella ? Est-ce que je veux sortir avec elle ?
Je reste un instant silencieuse, hypnotisée par ses yeux, l'esprit vide.
-Je… je…
Je prends une grande inspiration, tentant de remettre mes idées en place. Ce moment est trop important pour que je le gâche.
-J'en sais rien en fait, avouai-je en baissant les yeux, me dérobant à son regard. J'ignore ce que tu ressens.
-Exactement. Tu ne sais rien du tout.
-Ce n'est pas parce que je ne le veux pas ! C'est toi qui refuse que nous discutions !
-Ça ne servirait à rien.
Je dépose une main sur le bras d'Edward et tout son corps se tend.
-Je t'en prie Edward : je ne sais pas si tu ressens quelque chose pour moi, mais si c'est le cas, laisse-moi une chance de tout réparer…
Il se dégage vivement de ma prise, s'éloignant de mon contact, puis il dit d'une voix sans émotion :
-Tu as ta réponse à présent : sors.
Je me fige un instant, avec l'impression que mon cœur tombe en miettes. Je retiens difficilement un sanglot et je sors en trombe de la voiture, non sans avoir lancé un dernier regard à Edward qui fixe un point devant lui, aussi immobile qu'une statue de marbre.
Je me détourne de cette vision et je cours jusque chez moi, mon corps secoué par mes pleurs hystériques.
J'ai tout fait rater ! Encore une fois ! J'aurais dû écouter ma conscience ! Elle avait raison pour une fois : j'aurais mieux fait de m'en tenir au plan ! J'entre dans mon appartement et me laisse tomber contre ma porte, poussant un gémissement de douleur.
Bella pathétique : prise 3. Ou 4… je ne sais plus.
Je donne quelques coups de tête sur la porte, espérant vainement que cela me rende mes esprits. Il faut que je me reprenne. Je ne dois pas abandonner maintenant ! Je ne peux pas retourner me cacher sous le lit !
Appelle Jasper. Lui il t'aidera.
Oui ! Ça c'est une bonne idée ! J'ouvre mon sac, y cherchant fébrilement mon cellulaire lorsqu'on cogne à la porte.
Je sursaute en poussant un petit cri aigu, laissant tomber mon sac à main sur le sol. Puis j'essuie rapidement mon visage, tentant de reprendre un visage présentable et j'ouvre la porte, persuadée qu'il s'agit de la visite de l'un de mes voisins…
Mais ce n'est pas le cas.
Edward se tient devant moi, les cheveux plus en bataille que lorsque je l'ai quitté, comme s'il c'était frénétiquement passé les mains dedans, et un air torturé crispant son beau visage.
-Edward ? murmurai-je, n'arrivant pas à croire qu'il soit là.
-Je suis désolé de m'être montré aussi brusque Bella. Je ne voulais pas te faire pleurer…
Il laisse tomber sa tête contre le battant, les yeux fermés. Il me semble si en détresse que je n'ai qu'une envie : le serrer dans mes bras et lui dire que tout ira bien.
Alors je croise les bras autour de mon corps, tentant de résister à cet élan.
-Je n'arrive pas à te suivre : tu es furieux, puis tu fais comme si on ne se connaissait pas et tu te montres mesquin. Ensuite tu es gentil, tu me trouves même un travail pour finalement me repousser comme si tu me détestais… Qu'est-ce que je dois comprendre de tout ça ?
Edward soupire et il passe une main dans sa tignasse emmêlée. Ses yeux s'ouvrent et se posent sur moi, me brûlant par leur intensité.
-Il n'y a rien à comprendre. Je ne sais pas… je ne sais pas comment réagir en ta présence. Je n'ai jamais été aussi paumé de ma vie ! J'ai envie de t'ignorer, de t'engueuler et de t'embrasser… tout cela à la fois. Et je n'arrive pas à décider ce qui serait le mieux.
-Moi je le sais, dis-je dans un murmure.
Et avant d'avoir pu changer d'avis, d'avoir réfléchi à ce que je fais, je me jette sur lui, m'emparant sauvagement de ses lèvres.
Il répond aussitôt à mon étreinte et je pousse un gémissement à l'unisson avec le sien, enivrée par ce goût de paradis.
Edward passe ses bras autour de ma taille, me serrant contre lui à m'étouffer, mais j'en demande encore plus. Mes mains remontant dans ses cheveux que j'empoigne presque avec violence pour l'attirer un peu plus à moi et ma langue s'introduit dans sa bouche sans demander l'autorisation. Edward pousse un grognement rauque avant de me plaquer contre le chambranle de la porte.
Une de ses jambes vient se placer entre les miennes et sa main glisse sur ma cuisse. Puis il l'empoigne et la ramène autour de sa taille, nous collant encore plus l'un à l'autre dans une position plus qu'érotique.
Mais ce serait bien mieux si nous n'avions plus nos vêtements.
Enfin ! Il était temps ! exulte ma voix et je ne peux qu'être d'accord avec elle.
Mes mains se glissent sous le manteau, puis le chandail d'Edward, avides de retrouver la douceur de sa peau. Je sens ses abdominaux durs sous mes doigts et je gémis de nouveau.
Je suis de retour chez moi. Edward est mon chez moi. Le seul que je veuille vraiment.
Et on va prendre notre pied !
Mais à ce moment, ma bulle éclate. J'entends un rire étouffé derrière nous, puis une porte qui se ferme rapidement. Je sursaute et Edward s'éloigne soudain de moi pour regarder par-dessus son épaule.
-Sûrement un de mes voisins qui vient d'arriver, dis-je le visage rouge.
Edward continue de fixer un point indéterminé derrière lui.
-Tu… hum… tu veux entrer ? proposai-je en bégayant.
Il reporte son attention sur moi et mon cœur tombe en chute libre. Sans même qu'il ait besoin de prononcer un mot, je sais qu'il va refuser.
-Non. Je dois retourner chez moi. Je… bonne nuit Bella.
Il me tourne le dos et se sauve en quelques enjambés gracieuses. Je le regarde partir, méditative.
Et bien, notre nuit vient de tomber à l'eau !
Oui, mais ce n'est pas grave. Enfin, pas si grave. Edward m'a embrassé et cela a semblé le… perturber. Je crois que Jasper a raison : il va lui en falloir peu pour craquer.
Et je dois battre le fer pendant qu'il est chaud.
Je retourne à l'intérieur de mon appartement et reprends mon sac qui est tombé sur le sol. Je sors mon téléphone et envoie un sms à Jasper composé d'une seule phrase :
Que fais-tu demain soir ?
Je souris pour moi-même : la phase 2 du plan séduction vient d'être enclenchée.
Voilà ! Un long chapitre qui fait pas mal avancé l'histoire. ; ) Certaines d'entre vous auraient peut-être aimé voir la séance de shoping entre Bella et Rosalie, mais je dois avouer que je n'avais pas envie de l'écrire. Et puis, il y a tellement de scènes de ce genre dans toutes les fics… mais pour celles qui aiment voir les deux femmes s'affronter, vous serez servis au prochain chapitre. Celles qui aiment les rapprochements entre Edward et Bella aussi… ah ! Et puis celles qui adorent Jasper ou Emmet ou même les deux aussi…
:P
Je vous dis donc à bientôt pour la suite ! Phase 2 du plan de séduction…
