Ziva se réveilla d'excellente humeur. Elle, qui était une habituée des cauchemars les plus terrifiants, venait de faire un rêve réconfortant. Elle avait parlé avec Tali de Tony. Elle savait pertinemment que ce n'était pas un souvenir, car sa soeur était décédée bien avant qu'elle ne travaille aux Etats-Unis. Toutefois, elle était convaincue que si cette foutue bombe n'avait pas explosé, Tali lui aurait tenu le même type de discours.

Elle réalisa avec contentement que Tony l'enlaçait toujours. En espérant ne pas le réveiller, elle se retourna pour mieux l'observer dans son sommeil. Elle se blottit contre sa poitrine, sa tête reposait maintenant sur son torse, ce qui lui permettait d'entendre les battements réguliers de son cœur.

Elle n'avait jamais auparavant autant partagé d'intimité avec Tony, et pour une fois elle se sentait pleinement confiante et heureuse. Elle ferma les yeux et glissa sa main sous son tee-shirt et entreprit de lui caresser le ventre et le torse.

Au contact de Ziva, Tony qui était à peine éveillé, posa délicatement sa main au creux de ses reins et caressa tendrement le bas du dos de sa partenaire.

Ziva approcha sa bouche du cou de Tony et apposa dessus de tendres baisers.

Tony, qui sortait péniblement des brumes du sommeil, eut soudainement un éclair de conscience.

Dans quel pétrin, je me suis foutu, se dit-il intérieurement en retirant sa main du dos de sa coéquipière, soit j'arrête tout, et elle va m'en vouloir à vie, soit je cède à ses avances et cela ruinera à coup sûr toute notre relation. Si j'avais su comment cela finirait, je n'aurais jamais interrompu sa soirée avec Georges.

Ziva s'aperçut rapidement que Tony restait maintenant immobile sous ses baisers et semblait comme pétrifié.

« Je te fais si peur que cela, Tony ? » lui susurra-t-elle, tout en entreprenant d'embrasser tendrement son visage.

Il murmura un faible non et sentait maintenant son désir l'emportait sur sa raison.

Il se reprit toutefois en prenant le visage de Ziva dans ses mains et la força à le regarder droit dans les yeux :

« Ce qui me fait peur, c'est quand je suis le plus rationnel et le plus raisonnable des deux » lui asséna-t-il

« Quel est le problème, Tony ? » lui demanda-t-elle incrédule en se mettant sur le flanc toujours collée à lui.

« On va tout foutre en l'air pour une histoire d'envie et de sexe »

« Depuis quand es-tu devenu un homme avec des principes quand il s'agit de sexe ? » lui répliqua-t-elle en colère

Tony, vexé que Ziva le voit toujours comme un coureur de jupon, lui dit avec un air provocateur :

« Ok, Ziva, on a qu'à le faire, finalement que tu baises avec moi, Georges ou n'importe quel mec rencontré dans un bar, ça n'a pas bien d'importance » dit-il en l'attirant vers lui.

« Avec toi, Tony, j'aurais fait l'amour et ça aurait eu de l'importance » lui affirma-t-elle sur un ton triste. Elle se dégagea de son étreinte et se mit en boule à l'autre bout du lit. D'habitude, une conversation pareille l'aurait mise en rage et elle serait sortie comme une furie de la chambre mais là elle était juste abattue par une tristesse profonde qui l'empêchait de se mouvoir.

Tony était sous le choc des derniers propos tenus par Ziva. A sa manière, elle venait admettre qu'elle avait des sentiments à son égard. Tony était confus mais il se dit rapidement que la seule chose à faire était de réparer ce qui pouvait encore l'être avec elle.

Il se déplaça tout près d'elle, il la frôlait presque et posa la main sur son épaule :

« Ziva, je suis… » dit-il dans un soupir

Elle rejeta sa main d'un coup d'épaule et lui dit sèchement

« Je n'ai pas besoin de ta pitié, Tony ! »

« S'il y a bien une chose que je n'éprouverai jamais pour toi, Ziva, c'est de la pitié » lui répliqua Tony

« Ecoute, Ziva, tu m'as un peu pris de court, là et avec toi, je ne sais jamais sur quel pied danser. Je ne sais jamais si c'est un oui, un non, un peut-être, un jamais »

« Là, Tony, c'était un oui » lui murmura Ziva

« Et un oui à quoi ? » lui demanda-t-il

« Je ne sais pas » lui répondit-elle franchement

Un long silence s'en suivit et Tony fut le premier à reprendre la parole.

« Je m'étais imaginé que s'il se passait quelque chose entre nous, c'est que on aurait été saoul tous les deux ou qu'une mission sous couverture aurait dégénérée, ce genre de truc ! »

« Tu regardes trop de films, DiNozzo » lui asséna sèchement Ziva.

« C'est sûrement vrai. Tu sais, Ziva, toi et moi, depuis le début, on a une relation compliquée qui ressemble à celle de Georges Clooney et Jennifer Lopez dans « hors d'atteinte ». Tu as déjà vu ce film ? »

Ziva resta silencieuse.

« Tu vois au moins qui sont les acteurs ? »

« Tony, je vis aux Etats-Unis depuis plus de 3 ans, Clooney c'est le type des publicités pour le café et la fille, elle est connue pour avoir de grosses fesses » répondit une Ziva exaspérée par la teneur de leur discussion actuelle

« Bref, pour revenir au film, c'est la rencontre et la relation improbable entre une flic latino au caractère bien trempée et un cambrioleur séducteur qu'elle doit arrêter »

« Depuis quand tu t'identifies à un repris de justice ? » l'interrogea circonspecte Ziva

« Je dis pas qu'on leur ressemble mais on a en commun le fait de vivre une relation compliquée, où chacun hésite à faire le premier pas et à faire confiance à l'autre »

Il laissa passer un certain temps avant de poursuivre

« Tu vois peut-être un peu mieux où je veux en venir ? » dit-il en l'attirant vers lui.

Ziva se laissa faire et se retrouva dans la même position, qu'elle avait adoptée après son réveil.

« Et comment ça se termine ce film ? »

« Pas super bien, mais c'est pas ça le plus important » dit-il doucement en caressant la chevelure de sa partenaire. « Le plus important, c'est qu'ils soient parvenus à briser leurs barrières pour passer un moment ensemble »

« Et comment ont-ils fait alors ? » le questionna Ziva en passant à nouveau la main sous son tee-shirt.

« Ils ont fait comme s'ils se rencontraient pour la première fois sous une nouvelle identité et ils se sont donnés une nuit pour vivre leur histoire »

« Tu voudrais vraiment que l'on fasse semblant d'être d'autres personnes ? » s'exclama Ziva

« Non, j'aimerai seulement qu'on parvienne à faire table rase du passé et qu'on oublie que l'on travaille ensemble »

« C'est d'accord » acquiesça Ziva en hissant son visage tout près de celui de son partenaire, plaçant ses lèvres à quelques centimètres de celles de Tony. « Je peux t'appeler Georges, si tu y tiens » dit-elle en collant sa bouche à celle de son partenaire qui resta impassible.

Il fit basculer Ziva pour être cette fois-ci au dessus d'elle « Mais dans ce cas-là je t'appelle Jen, voire Jeanne, si tu préfères ! » lui répliqua-t-il en l'embrassant.

Ziva recula sa bouche et prit son visage entre ses mains pour le regarder droit dans les yeux :

« Ok, on va éviter les noms d'emprunts » lui dit-elle en lui souriant

Ils approchèrent leur bouche l'une de l'autre, leurs lèvres s'entrechoquèrent un peu violemment et s'ouvrirent rapidement, laissant rapidement leur langues s'entremêler avec empressement.

Ils se déshabillèrent et en instant ils se trouvèrent imbriquer l'un dans l'autre. Finalement faire l'amour ensemble, se révela bien plus simple et naturel, qu'ils ne l'avaient imaginé tous les deux. Leurs corps s'accordaient et se complétaient parfaitement, ce qui leur permit d'éprouver un intense plaisir simultanément.

Enlacés et encore sur leur petit nuage, ils se regardèrent et lirent dans le regard de l'autre, ce que chacun savait déjà dans son fort intérieur, il ne s'agissait pas d'une aventure sans lendemain.

Fin


Merci pour les nombreuses reviews. Je vous souhaite à tous/toutes une excellente année 2009 avec du Tiva de bonne qualité, plein de subtilité et de légerté!