Bonjour ! ^^'
Je sais, je n'ai pas réussi à publier avant... C'est même un miracle que je sois parvenue à trouver un temps pour le faire... Je suis encore très débordée dans mes projets de Noël. Désolée ! ^^'
De toute façon, cette fic se termine. :D Il ne reste qu'un tout petit chapitre de conclusion après celui-ci et, une fois encore, je vais tenter de le poster le plus rapidement possible, mais il se peut que ça doive attendre après Noël... :S En attendant, les commentaires sont toujours très appréciés. Je saute haut de joie chaque fois que j'en reçois ! ^^ Même si c'est pour pester contre Bellatrix ou Remus. XP Merci beaucoup à vous : Alienor-fantastic, Euphie31, Bouyachaka et Claire-de-plume. Je vous adore ! ^^
Je remercie également L0uisalem pour avoir ajouté cette fic dans ses favoris ! ^^
Et naturellement, je remercie aussi tous ceux qui me lisent toujours ! :)
(Ce monde magique et les personnages appartiennent à J.K. Rowling)
Prêts pour la grande finale de l'histoire ? :D Oh, je sens qu'on va me détester... Bon, je ne sais pas si vous allez aimer, mais... heu... oui, bon... Je vous souhaite... heu... une bonne lecture...
*part se cacher*
Huitième chapitre ― Bellatrix Lestrange
— Ralf, où vas-tu ?
— Ah bon, tu ne m'appelles plus par mon prénom ? releva Remus avec sarcasme.
― C'est l'habitude, se justifia-t-elle sèchement.
Bellatrix le suivait alors qu'il s'éloignait du camp à grandes enjambées. Il voulait trouver le moyen de transplaner en secret sans qu'elle s'accroche à lui. Il avait l'idée d'atterrir au quartier général de l'Ordre. Ainsi, il en avertirait les membres et Bellatrix serait alors capturée et remise à sa place dans sa geôle.
― Je m'en vais faire un tour, mentit-il maladroitement.
― Là ? s'étonna Bellatrix. Maintenant ? Encore ?
― Pourquoi pas ?
― Mais on n'a même pas encore parlé de l'état de ta jambe...
― On en reparlera plus tard, lança Remus sans s'arrêter.
Mais Bellatrix l'empoigna par le bras et le força à s'immobiliser. Déstabilisé, Remus manqua de tomber en bas de son bâton, mais il parvint de justesse à s'accrocher à une branche basse.
― C'est parce que j'ai dit du mal de ta chère Tonks, c'est ça ? interrogea Bellatrix avec mépris. Tu m'en veux d'avoir dit que j'avais envie de la torturer ? Saches que je suis désolée, d'accord ? Je suis profondément désolée !
Néanmoins, rien dans son expression ne laissait croire qu'elle éprouvait vraiment du remords.
― Ça n'a rien à voir, marmonna Remus en retirant distraitement une écharde qui s'était plantée dans son doigt.
― Oui, c'est ça, tout à fait ! ricana Bellatrix avec ironie. Tu l'aimes encore, hein ?
Remus la regarda d'un air sinistre en balayant une feuille morte sur sa chemise.
― Tonks est mon amie, répondit-il.
― C'est ça !
― Elle est mon amie ! répéta-t-il d'un ton catégorique.
Tous deux échangèrent un regard venimeux, puis Remus lança :
― Tu es jalouse ?
Le teint de Bellatrix vira au rouge brique.
― Cette femme n'a rien à t'apporter de bien, affirma-t-elle avec agressivité. C'est pour ça que je t'ai conseillé de l'oublier. Elle est malsaine.
― Elle n'est pas malsaine !
― Si, elle l'est, crois-moi, je le sens !
― Évidemment ! s'exclama Remus en levant les yeux au ciel. C'est parce que vous êtes toutes les deux ennemies. C'est normal que tu ressentes de la haine envers elle. Elle fait partie de ton camp adverse : le mien !
Et il fit volte-face afin de poursuivre son chemin. Il n'eut pas le temps de faire trois pas que Bellatrix l'arrêta de nouveau en le forçant à lui refaire face.
― Qu'est-ce que tu manigances, Ralf ? demanda-t-elle d'un air menaçant, le nez à quelques centimètres du sien. Si ta jambe te faisait encore mal, tu ne marcherais pas dessus avec autant d'aisance. J'espère que tu ne prévois pas transplaner vers elle et ainsi me laisser seule derrière ?
Les entrailles de Remus se contractèrent.
― Dis-moi que tu n'as pas cette idée-là dans la tête, Ralf, continua Bellatrix, serrant si fort le bras de Remus que celui-ci ne sentait déjà plus ses doigts. Tu n'oserais pas faire ça, hein ? Tu n'oserais pas ?
― Non, pas du tout, répondit-il sans ciller.
Cependant, Bellatrix vrilla son regard du sien en pinçant les lèvres. Elle savait qu'il mentait. Ses yeux s'étaient mis à étinceler dangereusement.
― Espèce de... sale... SALOPARD ! hurla-t-elle.
Remus n'eut pas le temps de réagir qu'il se prit une violente gifle au visage.
― JE CROYAIS QUE TU AVAIS PLUS DE CONSIDÉRATION POUR MOI QUE ÇA ! NATURELLEMENT, C'EST ELLE QUE TU AIMES TOUJOURS PLUS QUE MOI !
D'un geste tremblant, elle plongea la main sous ses robes pour en retirer sa baguette qu'elle pointa droit sur lui. Remus recula de plusieurs pas vacillants.
― Bellatrix, non !
― ET MOI QUI ME SUIS ÉPRISE DE TOI COMME UNE PARFAITE IMBÉCILE !
― J'ai... je n'avais pas l'intention de...
― ENDOLORIS !
― AAAAAARGH !
Remus fut projeté par terre, entre les racines d'un arbre, et se mit à se tortiller dans tous les sens. Tous ses os étaient en ébullition, sa tête sur le point d'éclater.
― J'AVAIS CONFIANCE EN TOI ! beuglait Bellatrix au-dessus de lui. J'AVAIS CONFIANCE !
Pour un instant, Remus ne savait plus où il se trouvait. Ses yeux, comme devenus fous, ne cessaient de rouler dans leur orbite. La douleur était intense, déchirante, dévorante...
Enfin, Bellatrix leva sa baguette et la torture s'interrompit. Remus resta étendu sur le sol, agité de tremblements, les poumons en feu.
― Vous êtes... tellement... cruelle... Bellatrix..., haleta-t-il d'une voix faible.
― Non, c'est toi, le monstre ! répliqua-t-elle, le visage écarlate. Comment as-tu pu penser à laisser une pauvre femme amnésique toute seule ici ? Sale égoïste, tu n'as pas de cœur !
Remus pouffa alors d'un rire impulsif.
― Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! gronda sèchement Bellatrix.
Et comme Remus continuait à s'esclaffer, elle s'avança et lui infligea un coup de pied dans les côtes. Remus poussa un cri de douleur avant de s'écrier avec colère :
― Voyez qui est-ce qui parle !
Il roula sur lui-même tant bien que mal et se redressa à genoux.
― La pauvre femme qui torture les gens pour le simple plaisir de les voir souffrir. Et c'est elle qui ose me dire que MOI, je n'ai pas de cœur, que je suis... égoïste !
Il la regarda en hochant la tête, puis éclata à nouveau de rire. Un rire froid et exaspéré. Bellatrix crispa les mâchoires et resserra ses doigts sur sa baguette qui pendait au bout de sa main.
― J'avais confiance en toi, répéta-t-elle dans un murmure.
― Oui, et je me demande bien comment avez-vous pu avoir confiance en quelqu'un que vous avez torturé pendant presque une semaine, lança Remus, cinglant. L'idée ne vous a jamais traversé l'esprit que je puisse vouloir me venger ?
― Mais c'est pour ça, justement, que j'ai décidé de me montrer plus aimable envers toi ! s'exclama Bellatrix, la respiration sifflante. Tu n'as pas remarqué que j'avais cessé de te torturer depuis hier ? Quand je t'ai vu essayer de transplaner ce matin-là, j'ai eu peur. J'ai réalisé que tu pouvais à tout moment partir sans moi alors...
― Alors tout ça n'était qu'un jeu, comprit Remus.
Une sensation glacée se répandit en lui et un bruit sourd lui palpita dans les oreilles.
― Tu n'es jamais tombée amoureuse de moi, dit-il d'une voix vibrante. En vérité, tu essayais de me tromper en me le faisant croire afin que...
― Non ! s'exclama précipitamment Bellatrix. Enfin, si... Au début, oui, je l'avoue... Mais quand on a... quand on a...
― Quand on a baisé comme deux bêtes sanguinaires ? acheva Remus qui sentait à présent la fureur bouillonner au creux de son estomac.
Bellatrix se mordit la lèvre inférieure. Soudain, elle avait l'air d'une petite fille sur le point d'éclater en sanglots.
― Remus, je..., dit-elle en tripotant sa baguette entre ses doigts. Je n'avais jamais ressenti ça avec personne d'autre avant et...
Mais Remus l'interrompit en poussant une exclamation de dédain.
― C'est normal ! Vous avez perdu la mémoire !
― J'ai peut-être perdu la mémoire, mais ces choses-là, je les sens ! protesta-t-elle, vexée. Et je ne joue pas un jeu, c'est vrai ! Remus, je...
― Cessez de m'appeler par mon prénom, coupa-t-il en lui jetant un regard polaire. Je préfère Ralf, finalement.
Bellatrix s'empourpra. Les yeux emplis de larmes, elle leva sa baguette, visiblement sur le point de déverser à nouveau toute sa rage sur lui, mais elle l'abaissa aussitôt, comme si elle savait que ça ne servait plus à rien. Elle avait perdu la partie.
Remus la regarda se détourner et s'étrangler en sanglots. Il essaya de ne pas éprouver de remords, mais à son grand dam, il en fut incapable. La voir s'effondrer plus loin, au pied d'un buisson d'épine, pleurant de frustration, les mains dans le visage comme pour tenter d'arrêter le flot de ses larmes, lui tordit le cœur de chagrin. Il se sentait coupable malgré lui. Pourquoi ne pouvait-il pas rester de marbre devant la tristesse d'un maudit Mangemort ?
Toujours en colère, Remus ramassa son bâton et se releva avec peine. Tandis que Bellatrix ne le regardait plus, c'était le moment de filer. Mais au lieu, il resta immobile comme un idiot. On aurait dit que ses membres s'étaient changés en pierre. Il se sentait comme indigne de transplaner maintenant. Longuement, il observa Bellatrix Lestrange se morfondre dans ses émotions au pied du buisson, puis la compassion le submergea sans qu'il parvienne à la réprimer. Les mots s'échappèrent de sa bouche de façon machinale :
― Je suis désolé, Bellatrix...
Celle-ci, en reniflant, émit un petit rire dédaigneux.
― De toute manière, dit-elle en essuyant ses joues ruisselantes, mes amours n'ont jamais été réciproques... D'abord, lui... ensuite toi...
Remus fronça les sourcils.
― Qu'est-ce que vous voulez dire ?
― Ça fait des années que j'espérais... Je rêvais qu'il me prenne dans ses bras, qu'il me dise à quel point il était fier de moi et qu'il... qu'il...
Elle étouffa un sanglot.
― Mais il ne m'aimait pas comme je voulais qu'il m'aime ! s'exclama-t-elle, le visage crispé. Il ne m'aimait pas et je savais qu'il ne m'aimerait jamais.
Remus eut l'impression de sentir son cœur sombrer dans le fond de sa poitrine.
― Qui ça ? interrogea-t-il avec appréhension.
― Je ne sais pas, hoqueta-t-elle. Je n'ai fait que ressentir cet amour impossible à l'intérieur de moi... Quand tu m'as dit que j'étais mariée, j'ai cru un moment que c'était lui... Mais ce n'était pas lui... je le sais... C'était un autre...
Elle leva son regard larmoyant vers Remus qui était resté à distance.
― C'était l'homme pour qui je travaillais, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en affichant un sourire dolent. C'était lui, non ? Je sais que c'était lui...
Remus ne répondit pas, se tenant toujours immobile.
― Trop absorbé par ses projets, il se fichait complètement de ceux qui l'entouraient... Il ne voyait pas... Il ne se rendait pas compte que je... que j'éprouvais...
Elle s'interrompit en fermant les yeux un instant, puis elle poursuivit :
― Mes sentiments pour lui se sont tous effacés lors de nos moments intenses passés ensemble, Ralf. J'ai réalisé que j'avais besoin de ça dans ma vie ; que j'avais besoin de quelqu'un comme toi. Je m'étais sentie vivre, tout à coup. La première fois était jouissive. Et ce ne fut que plus merveilleux la seconde fois... et perturbant en même temps...
Elle éclata soudain d'un rire amer.
― De la tendresse ! s'exclama-t-elle au ciel, en faisant sursauter Remus. Mais c'est quoi ça, de la tendresse ?
Puis elle le regarda avec colère, les poings serrés sur sa robe.
― Il n'y a personne qui m'avait donné de la tendresse avant toi, Ralf ! Je ne savais pas ce que c'était. Apparemment, on m'a privé de ça depuis mon enfance. Ensuite, on vient me reprocher que je sois cruelle, que je sois une immonde femme !
Elle éclata à nouveau de son rire fou.
― Mais bien sûr que je le suis ! vociféra-t-elle. Je n'ai connu que la cruauté et le mal durant toute ma vie ! Comment veux-tu que j'en sois autrement ? Ça doit être parce que je ne suis qu'un monstre que personne ne m'aime !
Et avec véhémence, elle empoigna une branche cassée près d'elle et la lança de toutes ses forces au loin avant de fondre à nouveau en pleurs.
Comme paralysé, Remus ne bougea pas pendant de longues minutes, puis il décida enfin de s'approcher d'elle. Lentement, il se déplaça entre les racines, faisant craquer les feuilles mortes et les brindilles sous ses semelles. Bellatrix était maintenant silencieuse. Ses larmes avaient fini par se tarir et elle fixait d'un air sombre une mouche qui marchait, tête en bas, le long d'une épine du buisson. Lorsque Remus s'arrêta près d'elle, sans le regarder, elle murmura :
― Tu peux me tuer avant de partir, Ralf ? J'aimerais mieux ça plutôt que de sécher ici toute seule.
Remus tiqua. Il ne savait pas très bien ce qu'il devait faire, mais son instinct lui intima de lui tendre la main.
― Viens, dit-il d'un ton impénétrable.
Bellatrix posa un œil méfiant sur lui. Elle hésita un court instant, puis se releva en évitant de toucher aux doigts de Remus. Une fois l'un en face de l'autre ― lui l'observant fixement alors qu'elle, fuyant son regard ―, il y eut le silence le plus long qui ne s'étaient jamais installé entre eux.
Au bout d'un moment qui semblait s'être éternisé, Bellatrix s'impatienta :
― Bon, il se passe quoi, là ? interrogea-t-elle de sa voix dure et sèche. Tu ne t'en vas pas ? Tu changes d'idée ? Ou bien tu es en train de réfléchir aux moyens de me tuer ? Défonce-moi le crâne à coups de bâton, suggéra-t-elle d'un regard animé de démence. Tu me verras me tordre de douleur à tes pieds et alors...
― Je ne vais pas te tuer, coupa Remus d'un ton calme.
Bellatrix eut une expression confuse. On aurait dit qu'elle était partagée entre la déception et le soulagement.
― Je vais te ramener à L'impasse du Tisseur, poursuivit Remus, le visage toujours impénétrable, bien que dans sa tête, sa conscience fût en train de lui hurler de ne pas perdre la raison. Je t'indiquerai la maison où habite Severus Rogue et tu pourras alors te rendre chez lui. Il pourra t'aider. Il est l'un des tiens.
Bellatrix battit des paupières d'un air surpris.
― Tu... tu es sérieux ? dit-elle. Tu ne te moques pas de moi ? Tu as vraiment changé d'idée ?
Remus respira profondément en fermant les yeux. Évidemment qu'il n'était pas sérieux. Il se laissait guider par ses sentiments. Il était faible, bon sang ! Il s'était laissé toucher par les doléances de Bellatrix. Mais amnésique ou pas, Bellatrix Lestrange restait Bellatrix Lestrange et, par conséquent, il fallait qu'elle retourne à Azkaban. Il le fallait !
Cependant, il répondit :
― Oui, j'ai changé d'idée. Je t'emmène avec moi. Je suis incapable de te laisser ici...
Bellatrix le dévisagea, scrutant un œil à l'autre, comme si elle essayait de percer le mensonge dans l'un d'eux. Lorsqu'elle découvrit qu'il disait la vérité, un sourire illumina son visage.
― Je savais que tu avais fini par t'attacher à moi, Remus, dit-elle, à la fois soulagée et radieuse. Je le savais... Tu... tu m'aimes, si ?
Remus avala difficilement sa salive. Jamais il n'avait été aussi effrayé de répondre à une question. Par surcroît, l'image mentale de Tonks était revenue s'imposer dans son esprit, l'empêchant momentanément de réfléchir.
― Je... je ne sais pas..., bredouilla-t-il avec malaise. Enfin... je... peut-être... mais...
Mais Bellatrix l'interrompit d'un baiser fougueux qui lui fit l'effet d'une décharge électrique. Fébrile, Remus l'enlaça contre lui. Ils s'embrassèrent à pleine bouche durant un long moment, puis Bellatrix le repoussa afin de le regarder dans les yeux.
― Est-ce qu'on va pouvoir se revoir ? demanda-t-elle, le souffle court.
Le cœur de Remus se serra, de plus en plus mal à l'aise.
― Non, je ne crois pas, répondit-il d'une voix crispée. Si tu retournes avec les tiens, tu retrouveras assurément la mémoire et alors tu ne voudras plus me...
Mais une fois encore, Bellatrix le fit taire d'un baiser ardent. Remus s'accrocha à elle, humant l'odeur de sa peau, savourant le goût de ses lèvres... tout en se reprochant d'aimer ça...
Lorsqu'ils se séparèrent, Bellatrix, le regard intense, dit à voix basse :
― Remus, je te promets que je n'oublierai pas les sentiments que j'ai pour toi. Je te le promets. Nous nous reverrons... tu es à moi...
Puis elle prononça enfin les mots qui finirent par achever Remus :
― Je t'aime...
La déclaration lui fit l'effet d'un violent coup de poing dans le cœur. Bellatrix vint se blottir dans ses bras et il resta raide debout, sans bouger.
Elle l'aimait... Ça y était, elle venait de le lui confirmer... Pour la première fois de sa vie, une femme l'aimait, et aussi absurde que cela puisse paraître, c'était Bellatrix Lestrange...
Un étrange vide s'installa alors dans sa tête. Tonks disparaissait peu à peu de son esprit. Il se retrouva bientôt seul avec la femme qu'il berçait dans ses bras ; l'unique femme au monde, hormis sa mère, qui l'aimait malgré sa lycanthropie. Trop d'émotions nébuleuses se heurtaient en lui. Il était si confus qu'il ne prit même pas conscience des mots à peine audibles, qu'il chuchota à l'oreille de Bellatrix :
― Moi aussi, je t'aime...
Une légère pression dans son dos lui signifia qu'il l'avait émue. Remus l'entendit étouffer quelques rires de joie dans son épaule. Elle fut sur le point de le regarder de nouveau dans les yeux quand, soudain, elle poussa un cri de douleur.
― Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta aussitôt Remus, alerté.
Bellatrix recula en frottant son avant-bras, les sourcils froncés.
― C'est la marque, répondit-elle. Depuis ce matin, elle n'a pas arrêté de me démanger. Mais cette fois, ça me fait mal...
― Oh non..., souffla Remus.
― Qu'est-ce que ça veut dire ?
Remus se gratta anxieusement la nuque tandis que Bellatrix retroussait sa manche pour examiner la Marque des Ténèbres de plus près. Le tatouage était devenu d'un noir de jais sur sa peau blanche.
― Qu'est-ce que je fais ? demanda-t-elle, un peu effrayée.
― Je... je ne sais pas, avoua Remus. C'est lui qui t'appelle, je présume.
― Qui ça, lui ?
Bellatrix leva un regard effaré vers Remus.
― Tu veux dire que c'est lui qui m'appelle depuis ce matin ?
Remus ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son n'en sortit. Il ne savait pas quoi dire.
― Ralf, pourquoi j'ai l'impression qu'il va me punir sévèrement pour ne pas avoir répondu immédiatement à son appel ?
― Du calme, tempéra Remus en lui tendant une main apaisante, bien qu'il s'affolât lui-même. Cette marque ne sert qu'à rallier ses partisans. Elle ne peut pas lui dévoiler l'endroit où tu te caches. Si tu veux, je t'emmène chez moi et...
― Ses partisans..., murmura Bellatrix d'un air pensif, comme si elle venait de se rappeler quelque chose.
― Bellatrix, tu n'es pas obligée de retourner auprès de lui, continua Remus qui ne réfléchissait plus du tout. En général, Dumbledore pardonne à ceux qui se repentent de leurs erreurs...
― Dumbledore..., répéta Bellatrix, toujours songeuse.
― Bellatrix...
― Aïe ! cria-t-elle en portant de nouveau sa main sur sa marque. Il est en colère, je le sens... Il déteste que ses serviteurs le fassent attendre... Il n'hésite pas à nous frapper d'un sortilège impardonnable pour nous punir lorsqu'on n'obtempère pas... Il est pire que personne...
Les yeux fixés sur son avant-bras, elle caressa délicatement du bout du doigt son tatouage, en passant la pointe de sa langue entre ses lèvres. Soudain, une horrible appréhension assaillit Remus. Il tendit la main vers elle.
― Donne-moi ta baguette, exigea-t-il abruptement, le cœur battant. Vite, donne-la-moi !
― Je me suis toujours dévouée pour lui...
― Donne-moi ta baguette, répéta Remus en esquissant un geste pour s'en emparer.
Mais Bellatrix fit un bond en arrière et le regarda d'une drôle de manière, la tête légèrement penchée de côté. Remus remarqua une terrible lueur de compréhension qui s'illuminait dans son regard. Sa mémoire lui revenait...
― Bellatrix, s'il te plaît..., implora Remus.
― J'étais sa plus fidèle Mangemort...
― Bellatrix !
Remus se rua sur elle et tenta une seconde fois de se saisir de sa baguette. Mais encore, elle le repoussa brutalement.
Puis, les yeux flamboyants, elle lâcha enfin le nom de son maître :
― Le Seigneur des Ténèbres !
Remus sentit que tout s'effondrait autour de lui. Il avait même l'impression que son cœur s'était arrêté de battre. Les traits du visage de Bellatrix s'étaient durcis, refroidis. Tout l'amour qu'elle avait éprouvé pour lui quelques minutes plus tôt s'était volatilisé comme dans un coup de vent. Elle ne manifestait plus que du dégoût, une grande et violente répugnance à son égard qui semblait lui donner la nausée.
― Bellatrix..., répéta Remus, la gorge nouée. Non, Bellatrix...
Il la perdait... Il l'avait perdue... Elle n'était plus celle avec qui il avait passé près d'une semaine sur cette île. Comme il l'avait redouté, elle était redevenue l'épouvantable et fanatique Bellatrix Lestrange d'autrefois qui avait torturé les Lestrange ; mais en pire. Ses yeux noirs crachaient des éclairs plus que jamais et sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration saccadée. Levant sa baguette dans les airs, elle poussa un effroyable rugissement de fureur qui fit reculer Remus d'un pas trébuchant.
― Bellatrix, non, attends, s'il te plaît ! paniqua-t-il, terrifié, une main levée devant lui pour tenter en vain de l'arrêter. Tu... tu m'as dit que tu ne me tuerais pas... Tu m'as promis que tu n'oublierais pas les sentiments que tu éprouvais pour moi...
Mais il ne fit qu'empirer son état de démence folle. Aucune pitié ne transparaissait dans l'horrible expression de son visage défiguré par la rage et l'aversion profonde alors qu'elle hurlait à nouveau, les dents découvertes, son cri suraigu se répercutant en écho dans toute la forêt. Elle leva un peu plus sa baguette au-dessus de son épaisse chevelure hérissée et, de sa voix la plus glaciale et incisive, elle cracha alors la formule mortelle :
― Avada Kedavra !
Heu... alors... ?
D'accord, je retourne me cacher...
Merci quand même d'avoir lu. ^^'
