Coucou tout le monde ! Non vous ne rêvez pas, c'est bien moi, je suis revenue ! Vraiment toute mes excuses pour cette attente mais l'inspiration s'est fait la malle à plusieurs reprises (honte à moi, je sais ). Heureusement elle est revenue et m'a permis de finir d'écrire ce chapitre, en attendant de mettre le prochain en route. Je remercie encore toute les personnes qui lisent cette fic et ceux qui laissent des reviews qu'ils soient anonymes ou inscrits, en particulier Isabellelp : mon sponsor de bonne humeur !
En espérant que ce nouveau chapitre vous plaira et que vous n'aurez pas envie d'égorger l'auteur (car sinon pas de suite) je vous souhaite une bonne lecture et vous fais de gros bisous.
A bientôt,
WolfieRickmaniac
Chapitre 7 : Un pas vers la lumière.
Il ne fallut pas moins de quatre nouvelles transfusions pour que Mrs Pomfresh considère l'état de Harry comme stable et, pendant ces quatre jours, Severus avait dû subir le « gavage » forcé de l'infirmière qui veillait scrupuleusement à ce que son assiette soit toujours bien remplie et surtout à ce qu'il la finisse. Il avait rechigné pour la forme mais avait cependant accepté le traitement, après tout lui était en bonne santé contrairement au jeune Gryffondor qui n'avait pas encore repris connaissance.
Dans cet intervalle de temps, Dudley était arrivé à la prestigieuse école de Magie et de Sorcellerie. Quand sa mère, accompagnée des professeurs Dumbledore et McGonagall, était venue le chercher à l'hôpital, une expression d'ébahissement total doublée d'incompréhension s'était peinte sur le visage rondouillard de l'adolescent. En effet, il était de coutume pour un Dursley d'être irréprochable et de ne jamais, ô grand jamais faire quelque chose qui aurait pu sortir de l'ordinaire. Autrement dit un Dursley était conditionné pour faire preuve du plus strict conformisme en toute circonstance. Seulement Dudley n'avait pas encore toutes les données de l'équation pour solutionner correctement le problème. Notamment le fait que sa mère n'était plus une Dursley psychologiquement parlant, même si elle le demeurait pour l'instant au niveau administratif – étant toujours liée à l'immonde cachalot par feus les liens « sacrés » du mariage – et qu'elle comptait bien redevenir une Evans à part entière, surtout maintenant que la vie de Harry n'était plus en danger. En conséquence elle était accompagnée de deux personnes pouvant être qualifiées de tout sauf « normales » et ce, en dépit de leurs efforts vestimentaires.
Cet instant de stupéfaction passé, Dudley avait commencé à protester, ne voulant pas partir avec des étrangers tant qu'on n'aurait pas répondu à ses questions.
– Mais on va où ? Et puis d'abord où est Papa ? s'écria-t-il.
Pétunia regarda autour d'elle mais un mouvement de la tête de Dumbledore lui fit comprendre qu'un sort d'Insonorisation protégeait la pièce des Moldus indiscrets et que, par conséquent, elle ne risquait rien. Mrs Evans soupira avant de regarder son fils tout en essayant de prendre une voix détachée.
– Pour ce qui est de ton père, très franchement, Dudley, je n'en sais rien et je m'en moque ! Mais je te promets que je t'expliquerai tout une fois que nous serons arrivés à Poudlard puisque c'est là que nous allons, notamment grâce au professeur Dumbledore, ici présent, qui a aimablement et courtoisement accepté de nous offrir l'hospitalité.
Dudley sembla avoir enregistré l'information puisqu'au bout de quelques instants il fit de petits mouvements de tête en direction des deux enseignants en guise de salut. Voyant que son rejeton semblait accepter la situation, enfin le peu qu'il en savait tout du moins, Pétunia ramassa les quelques affaires dont il avait eu besoin durant son bref séjour à l'hôpital. Enfin ils sortirent tous les quatre de l'endroit immaculé, quelques infirmières et médecins lançant de temps à autre des regards interrogateurs et perplexes en direction des membres les plus âgés leur petit groupe. En tout cas s'ils les remarquèrent, les professeurs McGonagall et Dumbledore ne parurent pas s'en formaliser. Lorsqu'ils furent sûrs d'être dans un lieu où ils ne risquaient pas d'être dérangés par l'arrivée inopinée de Moldus, Albus prit le bras de Pétunia et Minerva celui de Dudley et ils les transplanèrent aux abords de Pré-au-Lard. Ils parlèrent peu pendant qu'ils marchaient en direction de l'école de Magie et de Sorcellerie. Arrivé à proximité de l'établissement, le jeune Dursley ne put retenir un cri d'émerveillement.
Le directeur sourit brièvement en direction de Pétunia qui le lui rendit. Pour l'instant les choses se déroulaient plutôt bien. Pénétrant dans le château, le professeur Dumbledore, son adjointe et Mrs Evans conduisirent Dudley vers les appartements qu'il partagerait désormais avec sa mère. Là les sorciers les laissèrent seuls, les deux Moldus avaient beaucoup de choses à se dire…
Quand Pétunia termina son récit, elle regarda son fils quelque peu anxieuse quant à sa réaction. Celui-ci était étrangement silencieux, un pli barrant son front indiquant qu'il était certainement en train de réfléchir à ce qu'il venait d'entendre.
– Et il l'a frappé comme ça… sans chercher à savoir… Mais… Pourquoi ? C'est vraiment stupide comme réaction !
Dudley n'était plus la brute sans cervelle qu'il avait été par le passé : l'incident avec les Détraqueurs avait eu au moins le mérite de le faire réfléchir et mûrir quant à son attitude vis-à-vis de son cousin et aussi vis-à-vis des autres.
– Mais alors, reprit-il finalement, si je comprends bien… d'après ce que ce Monsieur… Rogue… t'a dit… je suis un sorcier ?
Il semblait surpris et effrayé par ses propres paroles. Sa mère esquissa un sourire attendri avant de reprendre.
– Non mon chéri, ce n'est pas cela… Tu n'es pas un sorcier tout comme je ne suis pas une sorcière. C'est seulement que tu possèdes dans ton sang des gènes magiques que tu transmettras à tes descendants. En d'autres termes tes enfants seront peut-être des sorciers Dudley.
Le jeune homme la fixa un instant abasourdi puis il hocha la tête et continua :
– C'est pour cela que Papa n'est plus venu me voir à l'hôpital après votre dispute ? Je le dégoûte ? Pourtant ce n'est pas de ma faute… Je n'ai rien demandé moi…
Pétunia se mordit la lèvre.
– Je sais Dudley. Et je me suis rendue compte que c'était pareil pour Harry : nous l'avons traité injustement à cause de ce qu'il est alors que ce n'est en rien sa faute. Et j'ai agi de même avec ma propre sœur, je l'ai rejetée car j'étais jalouse d'elle et j'ai préféré la voir comme une anormale alors que j'aurais dû m'occuper d'elle, être à ses côtés comme une vraie sœur… Car ce n'est pas quelque chose que l'on choisit, on naît comme ça… C'est le hasard de la vie qui fait de toi un sorcier ou un Moldu… Ce que j'ai appris Dudley, c'est qu'il ne faut pas juger les gens selon leur naissance, mais sur leurs actes… Ce n'est pas la naissance qui fait d'une personne ce qu'elle est réellement. Et je m'en veux d'avoir mis un temps fou à le réaliser.
Une fine perle translucide roula le long de sa joue, elle l'essuya du revers de la main avant d'étreindre tendrement son fils.
– Viens, lui dit-elle finalement, allons voir comment va ton cousin. Il s'est peut-être réveillé…
Dudley acquiesça la regardant droit dans les yeux.
– J'espère qu'il ira bientôt mieux car je pense avoir des excuses à lui faire...
Pétunia sourit une dernière fois à l'adolescent et ils prirent ensemble la direction du domaine de Mrs Pomfresh.
En arrivant dans l'infirmerie Dudley hoqueta de stupeur en voyant les quelques machines auxquelles Harry était encore relié. Il ne s'attendait pas à une telle chose même si sa mère lui avait expliqué que l'état de son cousin était sérieux. Il interrogea Pétunia du regard. Cette dernière lui répondit d'un léger signe de tête. Puis ils s'installèrent dans des fauteuils de part et d'autre du lit du Survivant.
Le silence s'installa troublé uniquement par le bruit de la machine qui mesurait le rythme cardiaque du Garçon-Qui-Avait-Survécu. Un bip parfaitement régulier. Les minutes se succédèrent dans l'infirmerie toujours silencieuse. Soudain le cliquetis d'une poignée de porte qui s'abat se fit entendre. Dudley se tendit dans son fauteuil en apercevant la silhouette sombre qui venait de pénétrer dans l'infirmerie.
Lorsque Severus entra dans le domaine de Poppy Pomfresh, il perçut immédiatement la présence d'autres visiteurs auprès de celui qui – décidément – portait plutôt bien son surnom de « Survivant » même si pour l'instant c'était celui de « Belle au Bois Dormant » qui lui convenait le mieux. Il s'avança silencieusement vers les deux Moldus et Pétunia le salua d'un léger signe de tête auquel il répondit imperceptiblement. Puis le regard onyx de l'impassible maître des potions se posa sur le jeune homme qui était assis dans un fauteuil non loin de Potter. Durant le bref instant où leurs yeux se croisèrent, Severus sentit très nettement la crainte instinctive qu'il inspira à l'adolescent – ce qui n'était du reste pas une nouveauté en soi quand on connaissait son comportement envers ses élèves. Pétunia, voyant elle aussi la réaction de son fils, s'empressa de prendre la parole afin d'éviter qu'un silence pesant ne s'installe.
– Monsieur Rogue permettez-moi de vous présenter mon fils Dudley.
Severus acquiesça silencieusement. Même sans le lui dire il aurait deviné que l'adolescent n'était autre que le fils Dursley, il n'y avait qu'à voir à quel point il ressemblait à son géniteur. Cependant peut-être que la présence d'un cerveau dans la boîte crânienne du garçon serait le signe que tout n'était pas irrémédiablement perdu pour lui…
La future Mrs Evans quant à elle continua les présentations.
– Dudley voici le professeur Rogue, il enseigne les potions et c'est également grâce à lui si Harry a pu être sauvé.
Le directeur de Serpentard se contenta de hausser les épaules.
– Tout le mérite revient à Mrs Pomfresh après tout c'est elle qui a analysé tous les échantillons afin de découvrir un éventuel donneur.
– Oui mais c'est votre sang qui est compatible, répondit du tac au tac Pétunia.
– Certes.
Le maître des potions se garda bien d'ajouter qu'il se serait bien passé d'apprendre qu'il avait de près ou de loin – et il espérait sincèrement que ce soit le plus loin possible – un lien avec les Potter. Tout ce qu'il espérait maintenant c'était que le gamin se réveille vite, se rétablisse et que toute cette histoire passe enfin à la trappe. Bien sûr il ne l'aurait jamais reconnu, même sous la torture, mais il appréhendait aussi la réaction du Gryffondor quand celui-ci connaîtrait l'identité de son donneur. Quel genre de réaction stupide allait-il donc avoir ? Quelle histoire complètement farfelue se mettrait-il en tête ? Et puis les rouge et or n'étaient-ils pas les spécialistes pour ce qui était d'agir impulsivement au lieu d'étudier calmement la situation afin d'établir une stratégie efficace ?
Cependant il ne savait pas pourquoi l'état de santé de cet insupportable gamin lui tenait à ce point à cœur. Peut-être était-ce dû au fait qu'il avait partagé son sang avec le jeune homme ? Le maître des potions devait bien avouer qu'il se sentait pour le moins étrange depuis cet événement. De plus, comme l'avait fait remarquer Poppy, il fallait également que leur magie soit compatible, donc ça pouvait venir de là aussi… Toutes ces questions commençaient à prodigieusement agacer Severus mais, paradoxalement, il n'était pas sûr de vouloir de réponse…
Dans les jours qui suivirent le directeur de Serpentard retourna cependant à l'infirmerie. L'état du jeune homme s'améliorait de jour en jour même s'il ne s'était pas encore réveillé. Par ailleurs, Severus constata que le fils de la future-ex Mrs Dursley se faisait peu à peu à la vie au château même si ce dernier éprouvait toujours une sorte de malaise quand il se trouvait dans la même pièce que lui, alors il restait souvent dans les endroits fréquentés par les autres enseignants dans le but évident de ne pas se retrouver seul avec l'austère homme en noir ou bien il discutait souvent avec le professeur d'Etudes des Moldus qui était – après sa mère évidemment – la personne du château dont Dudley se sentait le plus proche.
La tante du Survivant quant à elle était à l'infirmerie où elle passait la plupart de son temps attendant que le Garçon-Qui-Avait-Doublement-Survécu ouvre enfin les yeux. Souvent elle y croisait le professeur Rogue qui lisait silencieusement dans un fauteuil non loin de son neveu. Ils échangeaient quelques formules polies, ensuite le silence emplissait à nouveau l'endroit et, dans les premiers temps, Pétunia ayant constaté le naturel peu loquace du maître des potions, n'osait briser le calme de la pièce blanche. A son égard elle ressentait toujours une vive gratitude à laquelle s'était ajoutée depuis peu une étrange impression. Comme si… Non. Elle vérifierait d'abord avant d'entrer dans des déductions hasardeuses et en attendant elle se gardait bien d'en parler à qui que ce soit. Elle restait là alors regardant la poitrine de son neveu se soulever doucement et redescendre, et réfléchissant au fait que son anniversaire se rapprochait à grand pas. Elle espérait très sincèrement qu'il ait repris conscience avant cet événement afin de pouvoir enfin le lui souhaiter comme il se devait, enfin dans la mesure où son état de santé le permettrait.
Pétunia se rendait bien compte qu'elle ne connaissait rien des goûts de Harry et cette constatation la mina un peu plus. Finalement elle secoua la tête, elle ne devait pas s'apitoyer mais plutôt mettre tout en œuvre pour que le rétablissement du jeune homme se passe dans les meilleures conditions possibles. Et quand il serait enfin réveillé, elle aurait tout le temps nécessaire pour enfin connaître réellement son neveu, ses centres d'intérêt, ses amis… Tout était maintenant une question de temps : Harry pouvait se réveiller d'ici quelques jours, quelques heures ou même quelques minutes, et elle se devait d'être là et d'ailleurs elle ne voulait être nulle part ailleurs.
SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
Les paupières du Survivant remuèrent lentement. Il avait l'impression de sortir d'un très long tunnel dans lequel il était bien et en sécurité et sentait son corps faible et douloureux, un peu comme si un Cognard s'était acharné sur lui. Mais son face à face avec son oncle lui revint en mémoire : sa chute dans les escaliers, la silhouette menaçante de Dursley s'élevant au-dessus de lui, les coups qu'il lui assenait sans autre raison que celle de se défouler, de pouvoir enfin exprimer la haine viscérale qu'il éprouvait pour son neveu. Il se souvenait aussi d'une douleur intense et diffuse, le goût métallique du sang dans sa bouche et puis plus rien, le trou noir. N'ayant pas encore la force d'ouvrir les yeux, Harry se concentra sur les vagues voix qu'il pouvait percevoir. Elles lui semblaient proches et lointaines en même temps, familières mais il peinait à les reconnaître, comme s'il était sous l'eau et qu'il pouvait entendre les autres parler à la surface. Voulaient-elles l'aider ou, au contraire, terminer ce que l'oncle Vernon avait commencé ?
Tout en réfléchissant à l'identité de ces voix, le jeune homme se demanda où il pouvait bien être. Bien sûr il avait peur de ce qu'il découvrirait quand il ouvrirait les yeux mais la question du lieu où il se trouvait était de loin la plus importante pour lui. Il se rendit alors compte que quelque chose de moelleux était placé sous sa tête : un oreiller… C'est seulement à cet instant que Harry réalisa qu'il se trouvait dans un lit. Dans un lit avec des personnes parlant autour de lui. Un hôpital ? Probablement. Mais qui aurait bien pu appeler les secours ? Sûrement pas son oncle. Alors qui ? Les bruits suspects émanant du 4, Privet Drive avaient-ils alertés les voisins ? Et ces gens autour de lui, qui étaient-ils ? Certainement des médecins car sa « famille » ne se préoccupait pas de lui et d'ailleurs les Dursley devaient en ce moment même regretter sa fâcheuse propension à survivre. En y réfléchissant, l'adolescent se demandait si c'était réellement une bonne chose de s'en être sorti. Tout aurait été plus simple si… Il aurait pu revoir Sirius, ses parents, sa mère surtout… Bref, des personnes qui tenaient réellement à lui, qui l'aimaient. Mais… il y avait aussi Ron et Hermione, les Weasley, Remus Lupin, Hagrid, McGonagall et surtout le professeur Dumbledore et, à leur manière, ils tenaient tous à lui. Et maintenant qu'il y repensait il y avait aussi cette promesse… Cependant il ne pouvait s'empêcher de penser que tout aurait été tellement plus simple : plus d'oncle Vernon, plus de Mangemorts, plus de Voldemort et surtout plus ce sentiment d'avoir sur ses épaules la destinée du monde sorcier. Harry n'avait jamais voulu tout cela : jamais voulu que cet immonde mage noir le prive de ses parents pas plus qu'il n'avait voulu devenir celui qui devait le vaincre mais la vie ne lui faisait pas de cadeau et, comble de l'ironie, c'était Voldemort qui avait involontairement fait de lui son alter ego. Tout cela à cause d'une fichue prophétie !
Les paupières toujours closes, il laissa son esprit dériver vers cette sorte de long tunnel dont il avait eu l'impression de sortir quelques instants plus tôt. Quel rêve curieux cela avait été !
Flash Back :
En ce « lieu », il éprouvait un étrange mélange de sensations, à la fois de paix, de sécurité mais aussi, paradoxalement, un sentiment de manque. Et, tandis qu'il avançait seul dans l'obscurité, ces diverses émotions toujours en lui, il lui sembla avoir entendu un bruit ou plutôt une mélodie. Harry stoppa alors sa marche pour tendre l'oreille en direction de cet air. Non, il ne rêvait pas, il s'agissait bien d'une mélodie de boîte à musique à la fois belle et triste qui lui semblait étrangement familière. Il avait vraiment l'impression de l'avoir déjà entendue mais ne parvenait pas à se rappeler quand. L'adolescent s'assit donc au milieu du tunnel pour poursuivre son écoute. Ignorant combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait stoppé son avancée, il aperçut une silhouette se dessinant peu à peu dans l'obscurité et qui se rapprochait progressivement de lui. Au début, Harry se demanda qui pouvait bien être cette jeune femme à la silhouette élancée. Mais ses doutes furent balayés lorsqu'il discerna les traits de l'apparition, ainsi que sa flamboyante chevelure rousse. Sa mère…
Les larmes coulant sans retenue de ses yeux émeraude, le jeune sorcier se releva, courut aussi vite que possible vers elle et se jeta dans ses bras. Lily l'étreignit alors tendrement, pleurant silencieusement tandis que son fils nichait son visage dans son cou. Elle était là, réelle et il pouvait la toucher !
– Maman…
– Je suis là, Harry… Je suis là mon chéri…
Il recula un peu et contempla ses yeux verts si semblables aux siens. Ca ne pouvait être vrai… A moins que…
– Mais… tu… tu es…
Elle hocha la tête en signe d'assentiment, une lueur triste passant un bref instant dans son regard émeraude.
– Oui Harry, mon esprit est là. J'ai senti que tu avais besoin de moi et je suis venue. Tu dois te battre, des gens t'aiment et tiennent à toi et plus que tu ne le penses… Ton heure n'est pas encore arrivée, mon chéri… Et elle n'arrivera pas avant de très nombreuses années… Mais tu dois me promettre que quoi qu'il puisse arriver, tu ne renonceras jamais et te battras pour ce qui est juste.
Il la regarda à nouveau dans les yeux.
– Je te le promets.
Puis Lily enlaça à nouveau son fils et déposa un baiser sur son front. Ils étaient là dans une totale quiétude, lorsque Harry brisa à nouveau l'étreinte et regarda dans la direction d'où était venue la jeune femme.
– Et Papa ? demanda-t-il hésitant. Il va venir ?
L'espace de quelques secondes le regard de Lily se troubla, mais Harry ne sembla pas l'avoir remarqué.
– Non, mon cœur, il ne peut pas… Il… Mais il croit en toi, mon chéri et il t'aime, n'en doute jamais… Il veille sur toi et te protège, tout comme je le fais… Et peut-être plus encore…
De fines larmes coulaient à nouveau sur les joues de la sorcière rousse.
– Et Sirius… Est-ce qu'il m'en veut ? C'est pour ça qu'il n'est pas là lui non plus ?
La gorge de Harry s'était nouée d'émotion en évoquant son parrain, et lui aussi eut du mal à retenir ses larmes.
Alors Lily l'attira de nouveau contre elle dans une étreinte ferme et protectrice comme seule une mère était capable de le faire.
– Non ! Non mon chéri, Sirius t'aime de tout son cœur et tu n'es en rien responsable ! Il savait ce qu'il risquait en allant au Ministère… Tu n'y es pour rien ! Il aurait voulu te le dire lui même mais son arrivée de l'autre côté est encore trop récente… Et tu n'as pas encore fait ton deuil…
Retenant difficilement les sanglots qui l'assaillaient le jeune sorcier hocha la tête. Ils restèrent un long moment ainsi, Lily murmurant à son fils des mots pleins de tendresse et de réconfort, tandis qu'elle lui caressait les cheveux et que lui avait la tête nichée dans son cou. Puis à regret, la sorcière rousse finit par s'écarter. Elle passa doucement la main sur sa joue encore humide des larmes qu'il avait versées.
– Je suis désolée mon chéri mais je suis arrivée à la limite du temps que l'on m'a accordé. N'oublie pas que je t'aime très fort et que je serai toujours dans ton cœur. Tu n'es pas seul Harry… Regarde autour de toi et même au-delà et tu verras que tu n'es pas seul. Tu as encore beaucoup de choses à partager avec toutes ces personnes et elles sont plus nombreuses que tu le crois…
Envahi par un total sentiment de bien-être l'adolescent acquiesça.
La jeune femme sourit une dernière fois à son enfant avant de faire demi-tour et de disparaître enveloppée par la brume.
Fin du Flash Back.
Emergeant de ses pensées – enfin pour autant qu'il pouvait le faire les yeux clos – il se focalisa de nouveau sur les voix qui l'entouraient. Elles lui étaient vraiment familières pourtant elles ne provoquaient pas en lui de sentiment de réconfort ou de sécurité. Ce n'était pas des voix qu'il pouvait qualifier d'amies, il en était sûr… Mais… Les paupières toujours fermées, Harry prêta encore davantage d'attention aux personnes autour de lui. Elles étaient deux : une femme et un homme. Curieusement elles devisaient sobrement, calmement, sans aucune animosité. La voix de la femme avait quelque chose de fébrile, une sorte d'attente se cachant derrière ses mots, tandis que le timbre de l'homme, bien que profond, était neutre et ne semblait dégager aucune émotion. Le Gryffondor essaya de se rappeler où il les avait déjà entendues. Etrangement, elles ne semblaient pas appartenir au même contexte bien qu'aucune des deux ne soient apparemment rattachés à des émotions particulièrement agréables. Comme si ces personnes venaient de deux mondes différents mais qu'un coup du sort avait décidé de les réunir. Lui ? Maintenant que Harry y pensait cela lui semblait évident. Il entendit nettement des bruits de pas se rapprochant de son lit et sentit une main saisir la sienne. Il se crispa à ce contact. La voix de la femme s'éleva à nouveau et sa proximité indiqua à l'adolescent que c'était elle qui lui tenait la main.
– Son anniversaire approche… Croyez-vous qu'il aura repris connaissance d'ici là ?
– Selon Mrs Pomfresh son état s'améliore de jour en jour : son organisme et sa magie se régénèrent très rapidement donc, à mon avis, le réveil de Mr Potter ne devrait plus tarder.
Le ton de la voix de l'homme résonna étrangement aux oreilles de Harry. Il avait quelque chose d'apaisant que le jeune sorcier ne lui connaissait pas. D'habitude le timbre était volontiers acerbe et ironique.
Progressivement les pièces du puzzle se remettaient en place… Et soudain, la lumière se fit dans l'esprit de Harry. Cette voix… Ces voix…
Ses yeux papillonnèrent et s'ouvrirent lentement s'acclimatant peu à peu au jour qui emplissait la pièce…
A suivre…