DIMITRI
La jeune femme lui ouvrit quelque peu dévêtue ce qui n'était pas pour déplaire à notre charmeur. Il sourit en la voyant et reprit de suite son comportement séducteur. Après une courte conversation durant laquelle Dimitri avait bien fait comprendre à son interlocutrice son mécontentement, celle-ci le laissa enfin entrer dans sa chambre, enfin sa suite.
- Entre, je te dois bien au moins quelques heures de plus.
- J'avais dit une semaine... Mais bon je suppose que quelques heures c'est tout de même mieux que rien. Mais tu ferais mieux de t'habiller...
- Un seul mauvais pas, et se sont mes épées qui viendront tâter ton corps...
- D'où l'intérêt de t'habiller pour qu'on ne finisse pas mal la soirée, dit-il en souriant imperceptiblement.Maintenant si tu veux rester dans cette tenue, ce n'est pas moi qui vais t'en empêcher mais je ne réponds plus de rien.
Cette dernière phrase avait dû faire son effet car la belle rousse décida de se munir de quelques vêtements en plus au grand dam du jeune homme mais au grand plaisir de sa survie. Pendant ce temps, le jeune homme prit le soin d'examiner la chambre dans laquelle il comptait bien dormir ce soir-là. Il apparaissait clairement qu'il se trouvait dans un salon, un grand salon même. Cette pièce comptait deux autres portes qui donnaient certainement sur la salle de bain et la chambre à coucher. Nombre de meubles servaient de décoration à ce salon grandiose. Dimitri se sentait, disons... Comme chez lui. Puis elle vint s'asseoir en face de lui emportant avec elle les deux sabres que le jeune homme avait vu bien plus tôt. Il se rendit alors compte que ce salon était en fait un lieu de stockage d'armes. Plusieurs revolvers étaient à peine cachés, ses deux sabres trônaient sur le genou de la jeune femme, quelques dagues, couteaux et autres objets coupants ponctuaient la pièce d'une pointe d'insécurité. Il avait rarement vu des chasseurs de prime aussi bien armés. Voyant son regard déconcerté, la jeune femme reprit :
-Je suppose que je te dois des explications. Je ne suis pas chasseuse de prime, je travaille en réalité pour l'Armée Révolutionnaire dans laquelle je possède un statut très particulier: celui d'assassin.
-Ça devient intéressant dis moi, je suppose que Tarja n'est pas ton vrai nom dans ce cas, je me trompe ?
Sans plus d'explication, elle fouilla dans la poche de sa veste jeta quelque chose sur la table, il s'agissait d'une carte d'identité sur laquelle le nom de Tarja était inscrit.
- C'est une fausse identité, effectivement.
-Et est-ce que j'aurais la chance de connaître la véritable identité de la jeune femme qui m'a fait vibrer ce soir ?
- Non. Ma véritable identité est décédée il y a 10 ans. Les gens me surnomment "Bloody Viper" dorénavant.
-Je vois, alors je t'appellerai également ainsi, Viper. Et donc tu cherches ce cher Geller c'est ça ?
Son expression faciale changea du tout au tout. Elle, qui semblait tout prendre d'un ton léger depuis l'arrivée du jeune homme, avait pris le visage sérieux que nécessitent les affaires importantes.
- Ma mission est effectivement de retrouver Geller. Selon mon Big Boss, il serait de mèche avec le Gouvernement Mondial. Je dois savoir ce qu'il manigance. Les traîtres... j'en fais une affaire personnelle. Il semblerait qu'il logerait dans cet hôtel... Mais dis-moi plutôt, où l'as-tu rencontré ?
-Dans un casino désaffecté pendant que j'échappais seul à mes assaillants. Il faisait du trafic d'arme si j'ai bien analysé ce que j'ai vu. Il a dit qu'elle venait d'un certain AR et il a fini par tuer son interlocuteur.
Dimitri se tut et la regarda faire. elle semblait réfléchir à la situation qu'elle venait d'entendre. Cela semblait la contrarier mais Dimitri n'en avait que faire. Lui, ce qui lui importait c'était d'être avec cette jeune femme merveilleuse qu'il avait rencontré le jour même. Il ne savait pourquoi ni comment, mais elle avait déjà une emprise sur lui. Comme si elle était devenue la maîtresse de quelque chose qui lui appartenait. Elle marmonna une chose incompréhensible, pour Dimitri du moins, et soudain, elle se leva. Elle partit dans la salle de bain et revint toute habillée. Le jeune homme était désespéré et il lui jeta un regard qui en disait long sur son état d'esprit. Elle fit pourtant fi de celui-ci et lui dit:
-Emmène-moi à ton casino désaffecté, je ne peux pas négliger cette piste.
Dimitri était anéanti. Au lieu de passer la soirée de ses rêves avec la belle Viper, il allait devoir jouer les Sherlock Holmes ou plutôt les Watson s'il avait tout bien suivi. Il se dit que la meilleure façon de passer malgré tout une bonne soirée était de se déplacer, discrètement à la manière de Viper. il décida donc de passer par les toits et ainsi, par la même occasion, lui montrer son chez soi. Arrivé sur le toit, le jeune homme fit un ample geste, empreint de superbe, de bienvenue et lui déclara :
-Bienvenue dans ma suite.
-C'est ici que tu dormais ?
-C'est ici que j'aurais dormi si je ne t'avais pas rencontré.
-Merde, fit-elle simplement.
Cette nouvelle semblait l'embêter au moins un peu, ce qui, bien évidemment, réjouit Dimitri. Ils se dirigèrent donc vers le casino désaffecté. Heureusement, il avait un bon sens de l'orientation et une mémoire photographique assez élevée. Il put ainsi mener Viper là où elle le souhaitait sans détour. Une fois arrivés au casino. Dimitri insista une nouvelle fois sur le déplaisir qu'il avait eu à se retrouver seul alors qu'il était en si bonne compagnie. Avant de descendre, la jeune femme tint à lui confier une arme, comme si notre tête blonde ne savait pas se défendre à mains nues. Mais ce n'était pas une simple arme, c'était une arme à feu, le genre d'arme que très peu de personne utilise dans leur vie.
- Tiens, tu sais te servir de ça ?
- Bien sûr, je manie des armes à feu tout les jours entre le plat de résistance et le dessert, dit-il avec ironie.Je vais apprendre sur le tas.
La jeune femme lui retira alors l'arme des mains et lui expliqua rapidement les bases à connaître pour se servir correctement de cet engin. Il essaya d'ajouter une pointe d'humour pour détendre un peu la jeune femme qu'il sentait de plus en plus tendue. Mais rien n'y fit, elle était concentrée et rien ne pourrait la détourner de son objectif. Dimitri lui montra alors la salle où s'était trouvé Geller quelques heures auparavant puis elle se rendit à l'extérieur au niveau des bennes à ordures et c'est ainsi qu'elle découvrit le cadavre.
-Max Damon. Le soit-disant membre du gouvernement. Sjneider avait vu juste, Geller vend nos armes au Gouvernement Mondial. Il faut absolument que je le retrouve.
À peine avait-elle terminé sa phrase qu'un bruit sourd se fit entendre. Il semblait venir de l'intérieur mais rien ne permettait d'en être totalement sûr. Viper fit signe à Dimitri de se faire le plus discret possible et passa devant pour retourner à l'intérieur. Ils avançaient à pas de loup dissimulant leur présence à la chose inconnue qu'ils devraient affronter. Un autre bruit. Cette fois-ci plus distinct et dont la position était indéniable : la pièce de droite. L'atmosphère devenait de plus en plus oppressante. Ni la jeune femme, ni le jeune homme ne savaient ce qu'il se trouvait derrière ce mur et chacun se demandait qui pourrait bien se trouver ici à une heure aussi tardive. Puis tout à coup : encore un autre bruit ! Il fut suivit de prêt par des chuchotements.
-Putain mais Aogust ! Fais gaffe ça fait trois fois que tu te prends les pieds dans un truc !
-Ouais ouais, désolé !
-Bah nan pas désolé nan, t'es chiant sérieux !
Lorsqu'il entendit ces jeunes, Dimitri sourit et décida de prendre les choses en mains. Il savait exactement ce qu'il allait faire pour venir à bout de ces gamins. Ils n'avaient pas l'air bien méchants mais malgré tout, ils étaient une gêne plus que contraignante pour mener à bien leur enquête. Ils avaient déjà certainement piétiné quelques indices, les rendant ainsi inutilisables. Le séducteur sortit alors de sa cachette et s'approcha d'eux adoptant une attitude de voyou et apparentant son langage au leur.
-Wesh les bouseux !
-C'quoi ton problème à toi, t'es qui d'abord, qu'est-c'tu fous là ?
-Qui j'suis ? C'moi qui devrait vous poser c'te question, z'êtes sur mon territoire là et vous me déranger avec ma meuf !
Si Viper avait eu une réaction, et il était pratiquement sûr qu'elle en avait eu une, il fit bien attention à ne pas y prendre garde, il s'amusait bien trop pour qu'on lui gâche son plaisir.
-Tu t'fous d'moi ! On est arrivé avant toi ! C'toi qui dégage.
-Franchement j'ai des gros doutes là-dessus ! Sérieusement, allez vous faire voir !
Il laissa délibérément dépasser une partie de son revolver pour intimider les jeunes. L'un deux le vit, et prévint celui qui s'opposait farouchement à Dimitri. Étrangement, la conversation prit un tout autre ton.
-Bon ça va pour cette fois, on te laisse mais la prochaine fois, tu ne nous échapperas pas.
-C'est ça, répondit Dimitri montrant très clairement que le groupe de jeune ne lui faisait pas plus peur qu'un lapin.
Il ne revint même pas vers Viper lorsque les gamins s'en allèrent, il se mit de suite à faire les recherches nécessaires pour mettre la main sur quelques indices, quels qu'ils soient. Il était évident qu'il tentait de manœuvrer du mieux qu'il pût pour éviter d'engager la conversation avec la belle rousse sachant pertinemment qu'elle pourrait lui être fatale. Il se concentrait donc sur le sol, les murs, les tables de jeu à la recherche d'une quelconque trace du passage de Geller. Ils passèrent plus de deux heures à scruter les moindres recoins de ce casino mais ils restèrent bredouilles. La fatigue ne les aidait d'ailleurs pas. Voyant les premières lueurs du jour, ils décidèrent, d'un commun accord, de mettre un terme aux investigations et de retourner à l'hôtel. Une seule chose avait attiré le regard de Dimitri, une sorte de boucle d'oreille d'argent en forme de cavalier. Cependant Viper et lui estimèrent qu'elle ne devait pas être d'une grande importance. Néanmoins, notre tête blonde décida de le garder en souvenir car il trouvait le travail d'orfèvre exceptionnel.
Une fois à l'hôtel, le jeune homme raccompagna la jeune révolutionnaire à sa chambre puis dit simplement :
-Bonne... Journée ! C'est plus approprié à cette heure. Repose-toi bien... À la prochaine.
Il espérait vraiment échapper à cette conversation. Mais Viper allait-elle le laisser faire ?
