Salut salut, chers lecteurs fantômes !
Je tiens à m'excuser du temps qu'a pris ce fichu chapitre à paraître : il faut croire qu'en trois semaines sans écrire ou presque, je me suis rouillée ! Honnêtement, j'aurais pu le publier plus tôt, mais il n'aurait pas été très long et pas du tout intéressant.
Donc me revoilà, merci de votre patience !
Bonne lecture !
Il pleut.
Il pleut tout le temps en ce moment. C'est assez énervant, en vérité. Il est impossible de faire un seul pas dehors sans être totalement trempé. Forcément, du coup, vus qu'on est tous confinés à l'intérieur, ça n'arrange pas notre humeur. Pas du tout, même. Les intentions meurtrières des élèves –et pas que, d'ailleurs- n'ont jamais été aussi palpables. Et si les regards pouvaient tuer… Il est fort probable qu'on est un monceau de cadavres sur les bras.
Voyons le bon côté des choses : au moins, les Mangemorts n'aurait pas eu à se salir plus les mains !
…
L'optimisme, même ironique, ne me va pas, hein, Abby ?
Les jours défilent à une lenteur exaspérante. Novembre se finira bientôt, pourtant. Et je ne rentrerai pas pour les vacances de Noël. Pour la première fois.
Quitter Poudlard, même s'il est gouverné par des sbires de Tu-Sais-Qui, est trop dangereux en ce moment. Mon père nous interdit catégoriquement de sortir, à William et moi. Noël risque d'être bien triste, à Poudlard comme à la maison. Pour nous comme pour tous les autres.
Je devrais me considérer comme chanceuse, pourtant. Au moins, j'ai encore une famille à qui acheter des cadeaux. Et les cadeaux qu'elle apprécierait ne sont pas des cadavres fraîchement tués, ce qui un plus non négligeable.
Si tu savais comme je t'envie, Abby.
Ironique, non ? Tu es morte, je suis vivante. Des deux, c'est certainement toi qui devrais m'envier.
Et pourtant, et pourtant…
Je t'envie parce que tu n'as jamais entendu les hurlements des torturés, je t'envie parce que tu n'as pas à craindre tous les jours une lettre t'annonçant une énième mort, je t'envie parce que tu n'as pas à entendre les sanglots de ton frère quand il voit tous ses repères tomber, je t'envie parce que tu n'as pas à composer avec des amitiés fragilisées par la guerre… Oh, je t'envie parce que tu n'as pas connu la guerre, c'est tout. Tu n'as pas connu les sourires cruels des Carrow, tu n'as pas vécu l'inquiétude omniprésente qui m'accompagne partout, tu n'as pas traversé les cauchemars et les insomnies que moi j'ai supporté. Toi, tu as connu la mort de Cédric, un élève gentil, mais qu'on ne connaissait pas, et de Dumbeldore, un directeur qu'on respectait mais qu'on aimait pas, et moi j'en ai connu des dizaines d'autres, celle de ma mère, de ma meilleure amie, de cet ami de mon père qui venait dîner avec nous et dont je ne me souviens pas le nom, de mon oncle, ma tante, de ma cousine et de son jumeau avec qui nos parents s'était brouillé et que je n'ai jamais pu rencontrer, et d'autres, tant, tant d'autres morts, de proches et d'inconnus, tant que je n'ai pas assez de mémoire pour me rappeler de tous ce que je savais d'eux, et si tu savais, Abby, si tu savais comme je m'en veux de les oublier…Toi, t'as connu les articles un peu alarmistes de la fin de notre sixième année, moi je lis les articles défaitistes qui annoncent des morts par poignées.
Mais merde, c'est pas normal que je t'envie, Abby. Parce que t'es morte ! Tu connaîtras jamais le contenu de nos cours de septième année, tu passeras jamais tes ASPICS, tu feras jamais tes études d'Histoire… Tu plaisanteras plus jamais avec Hannah, tu râleras plus après Rachel, tu ne soupireras plus devant les disputes incessantes de Susan et Justin, tu ne discuteras plus d'Astronomie et de de Runes avec Lukas, et tu ne feras plus tes devoirs avec Zacharias. Et moi j'aurais l'occasion de le faire !
Oh, Abby, pourquoi c'est toi qui est morte ? Pourquoi pas moi ? Tu t'en sortirait mieux, Abby, j'en suis sûre. Toi, tu te disputerais avec personne, toi, tu n'écrirais pas de lettres aux morts, toi, tu serais optimiste au lieu de de broyer du noir ! Tu serais restée dans le dortoir toi, tu saurais consoler Rachel quand elle pleure, tu saurais rassurer Lukas et Zach' quand ils s'inquiètent pour leurs familles ! Tu comprendrais quand Hannah ne va pas bien, quand Susan veut être seule ! Moi, je ne sais rien faire de tout ça !
Oh, Abby...
Tu me manques.
Et voilà ! Vivi a l'air de manquer sacrément de confiance en elle ! Et de faire une grosse dépression, aussi. Mais en même temps, elle donne cet effet depuis le début de l'histoire, non ? Quoique, dans certains moins que d'autres...
J'espère que vous avez aimé !
Amazaria
