Chapitre 07 : I need you.

Les jours qui s'en suivirent après le procès étaient irritants, les journalistes nous harcelaient pour avoir l'exclusivité de l'affaire, ainsi que le témoignage exclusive de la bluette. Au début, j'avais réussi à éloigner cette charogne de ma bien aimée. Mais ces trois agresseurs avaient mis en lumière l'identité de celle qui leur faisait un procès. J'ai dû faire appel à des gardes du corps, ainsi qu'une sécurité monstre pour surveiller les environs. Nous avions de la chance que notre maison soit entourée d'un immense portail, que l'accès ne se faisait que par une sécurité de fer, et des caméras environnant toute la propriété. Je ne voulais pas de tout cela, vivre de cette façon, depuis mon enfance, je voulais de la simplicité. Mais il semblerait que mes parents aient raison de nous protéger de la sorte.

En parlant de mes parents, ils m'avaient offert une offre que je ne faisais que ressasser depuis des jours. Ils me donnaient la possibilité de travailler dans une de nos filiales en Espagne. Nous avions un hôtel que nous devons organiser en son ensemble, il fallait faire des travaux, réorganiser son personnel, et faire du chiffre d'affaire, et tout gérer. Je savais que je ne pouvais pas seulement apprendre sur le tas, que je devais faire des études sur l'économie et l'hôtellerie. Normalement, je n'aurai jamais pensé à ce plan de carrière, toutefois, aujourd'hui j'avais changé, et je voulais partir du Japon avec derrière moi les mauvais souvenirs. Néanmoins, je ne voulais pas partir sans Natsuki. C'était impensable.

En parlant de ma douce, je ne l'avais pas entendu de toute l'heure. Je ne pense pas qu'elle était en train de se reposer, peut être une petite sieste, depuis qu'elle était enceinte, j'étais son esclave (et c'était complètement volontaire de ma part, c'était même un plaisir). Je ne pouvais m'empêcher de lui offrir des cadeaux, de lui donner des attentions. Je lui faisais des gâteux, je savais qu'elle adorait cela, je commandais des plats thaïlandais, ce qu'elle arrivait à manger en ce moment c'était le épicé. J'avais même embaucher un cuisiner. Pour le bébé, je ne faisais qu'acheter des peluches, gros nounours, des jouets, et des objets pour une mère, tire lait, des couches, vêtement, un landau, rocking-chair et tellement d'autres objets inutiles au premier abord. Je crois que je possède dans une de mes chambres un magasin. Mais je ne pouvais m'empêcher de me rappeler les paroles de Takeda. J'aurai dû le briser quand j'avais eu l'occasion. Il voulait un test de paternité, car si c'était son bébé alors il voulait l'élever. Il ne voulait pas que son enfant soit entourée de deux lesbiennes. J'étais incrédule à cette remarque. Il était hors de question que ce malade s'approche de ma famille ! J'avais même fait appel à un autre brillant et onéreux avocat que celui qui était incompétent. Il m'a dit que je ne devais pas m'inquiéter, car si Takeda faisait ce test, alors cela prouverait qu'il avait agressé sexuellement la louve, et en plus d'aller en prison, il n'aurait aucun droit sur l'enfant par parjure à une cour.

J'enlevais mes lunettes de vue, je déposais des papiers sur mon bureau, je signais en bas, puis je m'étirais. J'avais planifié de tout au bout ma vengeance, et les fruits de mes machinations n'allaient que me tomber dans les bras. L'entreprise Kanzaki, dorénavant, elle m'appartient totalement, plus de 80 %, j'ai utilisé une société écran pour l'acquérir. Elle m'appartenait depuis ma naissance, ma grand-mère me l'avait donné, mais très peu le savaient. On va dire que les affaires étaient dans mon sang. Alors utilisons-les pour faire de bonne chose. J'allais vendre l'entreprise, et avec l'argent, je ferai une donation pour cette association pour les femmes célibataires et élevant seule un enfant, mais n'ayant aucune ressource ou entourage pour survivre correctement.

Je me levais, et je me mis à sourire, j'allais rendre visite à ma louve. Je ne fis que quelques mètres, et je me retour vais déjà devant sa porte. Je toquais, et j'entrais aussitôt. Ma gaieté s'évapora. Ma bien aimée n'était pas dans son lit, il était défait, et mon cœur s'emballa. Je vis une lettre sur l'oreiller, et je m'en emparai. Des mains tremblotantes, je lis :

Chère Shizuru,

Je ne sais que dire à part merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je sais que je ne le mérite pas. Je ne mérite pas que sacrifie ta vie pour une personne aussi inutile que moi. Je sais que je vais gâcher ton avenir si tu continues de t'occuper de moi. J'ai tellement envie de te dire tout ce que je ressens, tout ce que tu es pour moi. Mais je ne peux pas, pas maintenant alors que ma vie à pris une direction opposée à mes espérances Je sais que tu es une personne généreuse et si adorable, et je sais aussi que tu ne m'abandonneras jamais, et je dois partir, te rendre ta vie avant que je ne la chamboule encore plus. Je ne peux t'imposer ma vie et celle du bébé. J'espère que tu me pardonneras, mais je ne suis pas aussi forte que tu le penses. J'ai peur, j'ai peur que Reito, Takeda ou Takumi me fasse du mal, te fasses du mal. Il faut que j'en finisse une fois pour toute, et tout ira bien, je te le promets. Tu oublieras tout, ce sera comme si je n'avais jamais existée.

Je suis sincèrement désolée.

Adieu…ta Natsuki.

Je relâchais la lettre sur le sol, et j'entendis un bruit qui me perturba, ce n'était pas loin d'où je me trouvais. De l'eau qui coulait dans la salle de bain….

NON ! J'ouvrais la porte en grand, et j'ai cru que mes genoux allaient s'effondrer sous moi. Je me précipitais vers la baignoire dans l'eau débordait jusqu'à mes pieds, la main devant ma bouche, je vis le corps de Natsuki se noyer dans le rouge de son sang….ses poignets étaient ouverts et couverts d'hémoglobine. Je l'attrapais dans mes bras, alors que l'eau glaçante me couvrait entièrement le haut de mon corps. Je sortais la bluette de ce cercueil humide. Je la reposais délicatement sur le sol. Les larmes aux yeux, j'hurlais à l'aide, qu'on appelle les secours. Je pris des serviettes pour la réchauffer et couvrir, je vis son ventre qui avait pris du volume.

Comment as-tu pu faire cela Suki ? Je ne te pardonnerai jamais si tu ne te réveilles pas !

J'observais l'amour de ma vie, son visage avait perdu toute couleur, et c'était bleuit par le froid. J'écoutais contre sa poitrine. Mais aucun battement perceptible. La respiration était aussi inexistante. Je commençais à prodiguer les gestes de premier secours. D'abord ce fut le massage cardiaque.

Elle bougea seulement sous mes gestes.

Je relevais sa tête vers le haut.

J'aurai espéré que la première fois que j'aurai posé mes lèvres contre les siennes soient d'autres circonstances que celle-ci. J'aurai souhaité pleurer pour une autre raison que celle-ci. J'aurai aimé lui avouer mon amour seulement lorsqu'elle était consciente…et non à crier de vivre parce que je l'aimais. Elle ne semblait pas reprendre ses esprits, et je m'acharnais encore et encore. Mais sans résultat, je tapais du poing contre sa poitrine, en hurlant contre celle-ci.

« Natsuki ! » Gémissais-je comme un animal blessé.

Je me réveillais hurlant de terreur et nageant dans ma sueur, j'étais déboussolée par ce terrible cauchemar que je venais de faire. Car c'était un cauchemar…aussi effroyable que lorsque que ma louve s'était fait violé…et là, je la vis soucieuse, juste en face de moi. Je ne croyais pas en cette image qui me faisait face. J'attrapais dans mes mains son visage. Je sentis sous mes doigts sa chaleur corporelle. J'embrassais tout son visage. Je l'agrippais dans mes bras, plus jamais je n'allais la laisser partir. Nous étions toutes les deux allongées dans son lit. Elle se laissa faire, alors que j'hoquetais contre son épaule. Elle caressait maladroitement mon dos, et j'explosais de souffrance.

Je réalisais que Natsuki n'avait pas besoin de moi, ou de mon soutien, qu'elle était capable de s'en sortir seul à l'avenir, elle était forte. Et c'était cela qui me faisait le plus peur, que j'avais plus besoin d'elle, que le contraire...qu'après qu'elle est son bébé, dont je m'étais attaché comme jamais, et que j'aimais autant que ma louve, qu'il était comme le mien. Qu'un jour, elle partirait pour faire sa vie, et que je me retrouverai toute seule.