Arizona se tenait droite, les mains sur les hanches en contemplant avec fierté sa maison qui se trouvait juste en face d'elle. Cela faisait trois jours à peine que les travaux avaient commencés et elle était presque terminée grâce à tous ces hommes qui l'avaient aidé. En tout cas, elles purent toutes les trois y dormir la nuit passée, et pour leur ancien appartement, les clefs ont déjà été rendues à son propriétaire.
Depuis qu'elle était toute petite, Arizona adorait planifier les choses. Elle aimait avoir le contrôle. Elle soupçonnait son père de lui avoir refilé cette manie mais elle était comme ça.
Et évidemment elle n'avait pas eu autant de chance dans ce domaine car presque tout dans sa vie était justement, hors de contrôle.
Ses plans tombaient à l'eau littéralement un par un, successivement.
Les grandes études, Jessica, Callie, l'Iraq, le SSPT, Tim qui mourrait au front, et le second bébé qu'elle planifiait d'avoir avec Callie mais les tests qui n'aboutissaient toujours à rien… Il y en avait encore des tas d'autres mais le pire de tout, était cette maladie. Arizona ne pensait pas tomber plus bas.
Mais pour la première fois en 38 ans, une chose essentielle qu'Arizona planifiait, se déroulait à merveille. Ces simples quatre murs là, lui avaient redonnés confiance en elle.
Absolument tous les détails étaient méticuleusement planifiés et exécutés à son envie.
Alors forcément, elle était d'excellente humeur malgré le fait qu'elle savait que ça n'allait pas durer.
Elle sentit des petits bras entourer sa cuisse par derrière ce qui la fit sortir de sa contemplation. Elle baissa les yeux et vit sa fille qui lui lançait un sourire qui lui arrivait presque jusqu'aux oreilles.
« Hey, regardez qui est là ! Mon petit bébé. Comment s'est passé l'école ? » Arizona se baissa pour la porter sur sa hanche.
« C'était super ! J'ai reçu une invitation à l'anniversaire de Grace, elle est dans la voiture ! Il y a des ballons et beaucoup de couleurs ! Il faut que je te la montre ! » Elle s'agita dans les bras de sa mère pour qu'elle puisse descendre et une fois qu'elle eut les pieds au sol, elle s'empressa d'aller chercher la carte.
Callie venait juste de sortir de la voiture et emporta la carte avec elle sachant très bien que sa fille voudrait la montrer à son autre maman.
Elles rejoignirent toutes les deux Arizona qui se tenaient toujours devant le pavillon avec une tasse de café à la main.
« Montre-moi ça. » demanda Arizona en prenant la carte.
C'était une horrible carte mais il fallait s'y attendre en sachant que c'était une petite fille qui allait fêter son sixième anniversaire, qui l'avait faite.
Enfin, Arizona fit semblant qu'elle adorait la carte et la rendit à sa fille pour se tourner ensuite vers sa femme qui s'approchait d'elle.
« Salut, toi. » dit-elle pour accueillir une Callie ravissante qui portait une robe noire à pois blanc et qui s'arrêtait juste au niveau de ses genoux. Elle était moulante sur la partie supérieure de son corps mais juste en dessous de sa poitrine, la robe était évasée. « Comment tu vas ? »
Callie lâcha un soupir et se mit à côté de sa femme pour regarder leur maison. Elle ne savait pas qu'est-ce qu'Arizona faisait dehors avec un temps pareil mais elle préféra d'abord se plaindre. « Les effets ne s'estompent pas. Ils empirent. »
« Les effets ? » demanda Arizona en fronçant les sourcils.
« Ouais, tu sais… Les hormones. » répondit-elle en baissant le regard vers son ventre.
« C'est comme ça que t'appelle tes sauts d'humeur ? Des effets ? » Arizona rit et but une gorgée de son café.
« Hey, je t'interdis de te moquer ! Tu ne sais pas ce que c'est d'abriter un bébé dans son ventre- »
« Non, mais je sais ce que c'est d'avoir une femme enceinte qui vit sous le même toit que moi… » dit Arizona dans sa barbe pour ne pas interrompre Callie d'évacuer ce qu'elle avait à dire.
Callie la regarda de travers mais continua quand même. « J'hurle sur des internes sans raison valable- » Seulement sur les internes ? se questionna intérieurement Arizona en se sentent bien plus visé. « Je vais aux toilettes 20 fois dans la même journée. Mes seins ont carrément triplé de volume et mes jeans ne me vont déjà plus. C'est pour ça que je ne porte que des robes en ce moment ! Et tu veux savoir le pire ? J'ai sans arrêt envie de faire l'amour. » Les yeux d'Arizona s'écarquillèrent aussitôt et se reposèrent sur sa femme qui arborait un regard sérieux et dirigé vers Sofia qui entrait dans la maison. « Ouais, tu m'as bien entendu. Je veux du sexe, tout le temps. Pourtant tu me connais, j'adore le sexe et jamais je ne t'ai refusé un moment de plaisir. Quoique… Tu te souviens de ma grossesse avec Sofia ? Je ne voulais pas que tu me touches parce que j'avais peur de lui faire mal. »
Un peu qu'Arizona s'en souvenait. Elles n'avaient pas couché ensemble pendant une durée totale de 8 mois et 12 jours. Elle avait même compté. C'est vrai que quand elle se trouvait outre-mer, Arizona avait survécu sans sexe pendant bien plus longtemps mais lorsqu'elle avait Callie tout le temps à ses côtés et qu'elle était toujours magnifique, cela relevait d'un tout autre niveau de self control. D'après Teddy, c'était un record.
« J'essayais de repousser cette envie le plus loin possible de mon esprit mais là tu vois, je n'y arrive pas. Je me fiche du bébé, ok ? Là j'ai juste besoin de ça maintenant et si on ne le fait pas, je sens que je vais exploser de l'intérieur. J'ai juste- Oh mon dieu. » s'exclama Callie en mettant sa main devant sa bouche. « Ne me dit pas que je viens juste de dire que je me fichais du bébé. Oh mon dieu. Je suis une horrible mère qui fait passer ses besoins avant le bien être de ses enfants-»
« Hey, Callie. Callie, écoute-moi. » Arizona déposa sa tasse sur une petite table de jardin et se plaça rapidement devant sa femme pour la prendre par les épaules et attirer son attention. « Tu n'es pas une mauvaise mère. Tu es juste une femme… Qui a des envies… »
Arizona scanna ses alentours et vit qu'il n'y avait personne de leur petit quartier pour les écoutait alors elle reposa ses yeux sur Callie.
« T'es sûre tu veux le faire ? »
« Oui, enfin… Il a 13 semaines. Il ne sentira rien n'est-ce pas ? Même s'il a déjà développé le sens du touché à ce stade et a déjà tous ses organes formés. Oh Arizona, t'imagine… Notre petit bébé a déjà tous ses organes… » Son visage paniqué et excité s'était adoucit d'une seconde à l'autre. « Et on a passé le cap des trois mois, ce qui veut dire qu'il y a peu de chance que je fasse une fausse couche… » ajouta-t-elle en glissant la paume de sa main sur son ventre rond et en souriant radieusement.
« Alors, tu veux le faire ou… ? » Arizona haussa un sourcil ne voyant pas où Callie voulait en venir.
La Latina leva les yeux vers Arizona en fronçant les sourcils pour lui lancer un regard de travers. « Mais j'en sais rien ! » Elle fit retirer les mains d'Arizona sur ses épaules et s'avança vers l'entrée de la maison. « Et j'espère que tu n'as pas oublié que la semaine prochaine on doit se rendre à Thermopolis chez tes parents pour Thanksgiving ! »
Elle avait totalement oublié…
Arizona se mordit l'intérieur de la joue et rejoint rapidement Callie et Sofia à l'intérieur pour suivre Callie de près.
« Tu sais, tu n'es pas la seule à vouloir désespérément le faire. »
« Peut-être mais tu n'es pas bourrée aux hormones. »
Arizona soupira et se plaça à côté de sa femme qui sortait les casseroles pour préparer le dîner.
Sa vie devenait de plus en plus ennuyeuse depuis qu'elle avait terminé la maison et qu'elle n'avait rien d'autre à faire. Elle ne dirait pas non à un peu d'action.
Callie ferma les yeux en sentant Arizona s'approcher et placer ses mains sur ses hanches.
« Sofia est à la maison, Arizona. Et elle ne dort pas. »
« Cette robe te va à merveille. » murmura Arizona dans son oreille et commença à la tripoter en ignorant ce que venait de dire Callie.
« Elle pourrait descendre d'une minute à l'autre. »
« Ca ne t'ennui pas toi, qu'on a emménagé dans cette maison et qu'on y a toujours pas fait l'amour. Je dois avouer que c'est une honte. Pourquoi ne pas commencer sur le comptoir, huh ? » persista-t-elle
Arizona mordilla le lobe d'oreille de Callie et donna des baisers en-dessous en sachant parfaitement que c'était son point faible.
La respiration de La latina commença à s'haleter et elle inclina la tête vers le côté pour encourager Arizona à continuer. Callie leva sa main et la déposa sur la nuque de sa femme pour l'empêcher de bouger.
« J'adore quand tu portes des robes. » dit Arizona dans un murmure, sans arrêter ses baisers et commença à masser sa poitrine à travers sa robe. « Tu veux savoir pourquoi ? » Callie gémit en sentant les mains de sa femme partout sur son corps mais pas là où elle les souhaitait le plus.
Arizona fit tourner Callie pour qu'elles soient face à face et la souleva pour qu'elle se retrouve assise sur le comptoir derrière elle. Elle se plaça aussitôt entre les jambes de Callie en les écartant. « C'est beaucoup plus rapide qu'avec un pantalon. » dit-elle sans hésiter à lui remonter la robe jusqu'à son ventre et glisser sa main à son noyau pour sentir son humidité à travers sa culotte noire. « Oh, je vois que tu es prête pour moi. » ajouta Arizona avec un sourire arrogant.
« Seigneur, Arizona. Pas le temps pour jouer. Fais-le vite. » plaida-t-elle.
Arizona ne perdit pas de temps et décala rapidement la culotte vers le côté pour poser à plat la paume de sa main sur son sexe pour ensuite la pénétrer. Mais à la seconde même, quelqu'un sonna à la porte.
« Oh merde… Non, non, non ! J'étais à deux doigts ! » se plaignit Callie en gémissant et en regardant au ciel.
« Euh, j'avais planifié de commencer avec un seul mais la prochaine fois j'attaquerais immédiatement avec deux, si t'insiste. » dit Arizona en souriant.
Callie la fusilla du regard, pas du tout dans l'humeur de blaguer et redescendit du comptoir avec l'aide de sa femme.
« Je vais ouvrir, pendant ce temps, sors ce qu'il faut pour le dîner. » dit Callie en se dirigeant vers l'entrée.
Arizona se lava rapidement les mains en soupirant et commença à préparer le dîner. Elle entendit la voix de sa femme et celle d'une autre mais ne pu reconnaître à qui elle appartenait. Elle se dirigea alors vers l'entrée et aperçut, à sa grande déception, la sœur de sa femme, Aria entrain de serrer Callie dans ses bras. Elle était toujours habillée aussi classe, avec ses gants en cuir, son long manteau à fourrure et ses cheveux noir toujours parfait. Presque rien n'avait changé depuis la dernière fois, sauf peut-être quelques rides qui apparaissaient sur son visage.
« Woah, Callie ! T'es encore enceinte ?! J'arrive pas à croire que tu ne m'ais rien dit ! »
Callie rit. « Et bien… Surprise ! Tu m'as tellement manqué ! »
« Tu m'as aussi manqué… Tiens, t'es toujours là, toi ? » demanda sarcastiquement Aria en remarquant Arizona qui était figée sur place. « Je pensais que ma sœur t'avait largué depuis tout ce temps. Etant donné que je ne l'entendais plus se plaindre à ton sujet. » ajouta-t-elle en souriant fièrement.
« Haha. Très marrant…. C'est vraiment triste, tu sais. Tes partenaires sexuels t'ont tous lâché et maintenant que tu te retrouves seule, tu viens te réfugier chez ta petite-sœur pour te sentir aimé…» cracha Arizona d'un ton condescendant.
« Vous allez arrêter, oui ?! » intervint Callie avant que ça ne dégénère. « Arizona, elle vient juste de faire un long voyage, tu veux bien monter sa valise ? »
« Certainement pas. »
« Arizona ! »
« Oh oui, Arizona. Je suis tellement fatiguée… » dit Aria en feignant un bâillement et en tendant son manteau à Callie.
« Vous avez l'air de deux gamines. » ajouta Callie en faisant entrer sa sœur à l'intérieur et laissa la porte ouverte pour qu'Arizona aille chercher la valise qui semblait toujours être dans le taxi garé dans l'allée.
« C'est la vieille chieuse qui a commencé. » marmonna Arizona dans sa barbe en lançant un regard noir en direction d'Aria qui l'ignorait et qui demandait où se trouvait sa nièce.
Arizona regarda suspicieusement le chauffeur de taxi qui n'était toujours pas parti alors que la valise se trouvait sur le pavé. Elle s'approcha pour porter la grosse valise mais le chauffeur de taxi se plaça devant en tendant sa main vers Arizona en signe de stop.
Arizona fronça les sourcils et attendit que le chauffeur qui avait une moustache s'explique. « Femme a dit d'attendrrre ici pourrrr arrgent. Femme a dit que vous payer. Pas payer. Pas valise. » dit-il d'un accent d'Europe de l'est.
Arizona secoua la tête en se murmurant des jurons et retourna à l'intérieur pour prendre son portefeuille.
Elle lui tendit trente dollars en pensant que ça fera l'affaire mais le chauffeur tendit encore sa main en s'attendant à ce qu'elle donne plus.
« 80 dollarrrrs. »
« 80 ?! Vous plaisantez ? L'aéroport est à peine à 15 minutes d'ici. »
« Madame souhaitait fairrre tourrrr de la ville. »
« Fait chier. » murmura-t-elle et lui tendit un billet de 50 dollars de plus.
Il s'en alla finalement et elle récupéra l'énorme valise qui devait contenir des tas d'affaires inutiles. Elle la laissa dans l'entrée et referma aussitôt la porte pour empêcher que tout l'air chaud de la maison ne s'envole.
« Sofia ! Tu veux bien descendre ? Quelqu'un aimerait te rencontrer ! » s'écria Callie. « En temps normal elle est la première à ouvrir la porte lorsque quelqu'un sonne mais comme elle a eu sa nouvelle chambre… »
« Bien sûr ! » répondit Aria en comprenant parfaitement. « Elle va devenir une diva comme sa tante. »
Arizona leva les yeux ciel en priant en un dieu qu'elle ne croyait pas, que ça n'arrivera pas.
« Au faite, comment tu as su la nouvelle adresse ? On a peine emménagé hier. » demanda Arizona en se frottant la paume de ses mains l'une contre l'autre pour se réchauffer du vent frigorifiant de novembre.
Elle remarqua aussitôt le regard coupable sur le visage de sa femme lorsqu'elle baissa les yeux au sol.
« Oh c'est pas vrai. Tu savais qu'elle arrivait et tu ne m'as rien dit ? »
« Oh, oh. » s'exclama Aria en se dirigeant vers les escaliers pour éviter d'être mêlé et se mit à la recherche de sa nièce qu'elle venait rencontrer pour la première fois qui n'était pas une conversation au téléphone.
« Arizona, je suis désolée… J'étais sûre de te l'avoir dit pourtant ? Tu as peut-être oublié ? » dit Callie en jouant la carte de l'innocence.
« Oh non. C'est vraiment la seule chose que je risquais de ne pas oublier et tu le sais… Combien de temps elle reste ? »
« Je sais pas… Elle m'a dit qu'elle avait un cas à l'hôpital, peut-être une semaine. J'en sais rien. »
Arizona grogna et passa sa main dans ses cheveux. « Ecoute- »
Callie la coupa. « On ne pourrait pas avoir cette conversation plus tard, s'il te plaît ? J'ai vraiment envie de rattraper le temps perdu. » Et elle se rendit aussitôt en haut des escaliers.
Arizona secoua la tête une nouvelle fois et se dirigea dans la cuisine.
Aria était chirurgien traumatologue et faisait partie des médecins sans frontière. Elle était plus âgée de cinq ans de plus qu'Arizona et avait vécu plus de chose dans sa vie que n'importe qui d'autre. Elle avait toujours de très bonnes histoires à raconter et devait être la meilleure tante du monde aux yeux de Sofia car elle la bombardait toujours de cadeaux qu'elle faisait livrer par téléphone.
Arizona ne pouvait pas dénier le fait qu'elle avait un bon fond mais lorsqu'il s'agissait d'elle, sa belle-sœur, elle tournait en une véritable garce. Principalement parce qu'elle était très rancunière.
Arizona fit revenir les oignons en attendant que les trois Latinas pensent à descendre pour la rejoindre pour préparer le dîner, si elles ne l'avaient pas oublié évidemment. Elle pensa ensuite à la raison même pour laquelle Aria la détestait tant.
~Flashback~
7 ans plus tôt
« Hey, Arizona. Je vais passer cinq minutes à l'hôpital pour voir mon patient et faire un coucou à Callie. Elle m'a dit qu'elle avait une pause. De toute façon tu dois te rendre à la base, non ? » demanda Aria depuis l'entrée de l'appartement.
Aria était arrivée hier à Seattle pour rendre visite à sa sœur, et Arizona et elle s'entendait parfaitement bien jusque là, donc c'était cool…
Arizona lui dit alors 'à ce soir' et elle s'en alla.
Il restait encore deux à trois heures avant qu'elle n'ait à se rendre à la base militaire. Elle se changea alors dans son uniforme et se posa sur le canapé devant la télé. Tout doucement le sommeil la gagna et se dit que ce n'était pas une si mauvaise idée de faire une petite sieste maintenant. Puisqu'elle n'avait pas réussit à dormir cette nuit.
Elle se coucha finalement sur le canapé et reposa ses yeux quelques minutes mais elle s'endormit rapidement.
Elle avait déjà dit à Callie qu'elle faisait des cauchemars et que ces cauchemars étaient en fait des flashbacks de sa vie quand elle était au front. Ca lui paraissait si réel que parfois même elle si croyait encore. Des bruits de tirs incessants. Des explosions assourdissantes. L'odeur… L'odeur de la mort et des cadavres gisant sur les lieux des combats. Mais le pire de tout, étaient les cris. Arizona les entendait même quand elle était éveillée.
Elle avait fermé les yeux quelques secondes mais elle entendit Mason crier son nom. Alors elle se leva et réajusta son casque pour qu'il reste bien sur sa tête. Elle tint fermement l'arme légère contre sa poitrine et s'accroupis derrière une barricade pour se couvrir des tirs.
« On ne peut pas rester là, Robbins. Dan s'est fait buté et il ne reste que nous deux contre aux moins dix ennemis. On doit bouger ! »
« Non ! On doit sécuriser la zone ! »
« T'es tarée, Robbins ! On va se faire tué comme des rats. »
« Ferme-là, David. C'est nous qui allons les tuer en premier, tu m'entends ? On va sécuriser cette putain de zone pour qu'on puisse ramener Dan à sa famille, c'est clair ? »
David Mason, son coéquipier pour cette mission, hocha la tête sans grande conviction et écouta le plan d'Arizona.
« Je vais les surprendre par derrière. Couvre-moi. »
« Attend. » Il jeta un rapide coup d'œil derrière la barricade pour repérer les ennemis et donna ensuite le feu vert. « Fait gaffe à tes fesses, Robbins. »
« Toi aussi. » répondit Arizona en courant déjà avec le dos courbé pour se couvrir.
Elle avait peut-être David qui la couvrait mais il était seul avec une seule arme légère d'assaut. C'était loin d'être suffisant. Mais elle courut de toute façon. Elle devait les surprendre par derrière en faisant le tour malgré le fait qu'elle pouvait rapidement se faire repérée.
Elle s'accroupie et s'appuya sur le camion derrière lequel elle s'était arrêté pour voir où était David.
Elle sentit tout à coup une main sur son épaule et son cerveau ne réfléchit pas. Elle se trouvait dans une zone ennemie alors elle se tourna d'un geste vif et avec la crosse de son arme, elle le frappa de toutes ses forces. Elle l'entendit grogner et n'hésita pas à se jeter sur lui pour lui donner des coups de poing dans la figure.
Mais quand elle essaya de lui donner un deuxième coup de poing, quelque chose l'en empêcha.
Elle était sur le dos, complètement déboussolée, cherchant à savoir où elle était. Rien qu'en sentant la température, elle savait qu'elle n'était plus là-bas. La chaleur suffocante et le soleil qui tapait fort n'étaient plus présents. Elle cilla des yeux plusieurs fois et entendit une porte claquée avec quelqu'un qui suppliait de la rouvrir.
Elle n'était plus sur le canapé. Elle se trouvait au sol et elle ne sentait plus sa main droite. Elle était engourdie. Elle leva alors sa main devant elle et y vit un peu de sang sur les phalanges. Elle se leva alors rapidement, alertée par le sang, et chercha à savoir que ce qu'il s'était passé.
Elle vit Aria être face à la porte de la salle de bain en appelant Callie et en cherchant à savoir si elle allait bien.
Arizona ne comprit pas, elle fit un pas en direction de la sœur de sa petite-amie pour demander si Callie allait bien mais Aria se tourna vers elle.
Quand Aria vit Arizona debout avec les phalanges de sa main droite en sang, elle perdit ses moyens.
« Je vais te tuer, Arizona. Tu m'entends ! Je vais te tuer de mes propres mains ! »
Aria s'avança vers elle d'un pas déterminé et Arizona comprit aussitôt. Elle avait fait du mal à quelqu'un. Et cette personne se trouvait être la personne qu'elle aimait le plus.
Elle se prépara à l'attaque d'Aria qui se précipitait vers elle pour l'étrangler surement, en mettant ses mains devant elle. Mais avant que la Latine en furie n'atteigne la blonde, elles entendirent la porte de la salle de bain se déverrouillée.
Elles tournèrent leur regard vers Callie qui apparut derrière la porte. Elle avait du sang qui coulait de son nez et son œil était anormalement rouge et enflée et prenait de plus en plus une couleur violacée.
Arizona sentait les larmes coulées toutes seules de ses yeux en pensant que c'était elle qui avait abîmé ce visage dont elle voulait voir tous les matins et s'endormir après avoir embrassées ces lèvres. Mais elle lui avait fait du mal.
« Calliope. Je suis désolée- » Elle fit un pas vers Callie en tendant ses bras mais Aria la stoppa violemment par les épaules, l'empêchant de s'approcher d'elle.
Elle ne se défendit pas et se laissa faire mais ne quitta pas des yeux Callie bien que sa vue était floue à cause de ses larmes.
« Calliope, je suis désolée. Je savais pas- Qu'est-ce que- … Calliope, s'il te plaît. Je suis désolée… »
Contre toute attente, Callie fit un pas vers Arizona. Mais Aria intercepta à nouveau se plaçant entre le couple terrorisé par ce qu'il venait de se passer.
« Non, Callie. Il est hors de question que tu t'approches de cette femme à nouveau. » dit Aria en regardant sa petite sœur. « Et toi tu as intérêt à dégager ta face de rat de l'appart' de ma sœur ou je te jure que- » Elle commença à menacer cette blonde qui servait de petite-amie à sa sœur en la regardant dans le blanc de l'œil mais elle fut interrompu quand Callie accouru vers Arizona pour la prendre dans ses bras.
« Calliope… Je suis désolée. S'il te plaît, crois-moi. Je- »
« Shhh. C'est bon, tu vois je vais bien. Je suis là. C'était un cauchemar. C'était juste un cauchemar. »
Arizona entoura aussitôt ses bras autour de Callie et la serra fort contre elle en enfouissant son visage dans ses cheveux noirs et écouta seulement la voix de Callie qui répétait sans cesse que tout irait bien.
Aria regarda la scène complètement horrifiée et dégoutée parce qu'elle voyait. Elle ne pouvait pas le croire que Callie se jetait dans ses bras alors qu'elle venait de se faire battre par cette même femme. C'était pour elle, juste inadmissible.
X
« Je ne veux plus jamais te voir avec cette femme ! »
« Je t'ai dit que c'était un cauchemar, Aria. C'est pas si horrible que ça en a l'air. »
« Ouais ! Pas moins que le fait que tu l'ais prise dans tes bras après ce qu'elle t'a fait ! »
« Mais qu'est-ce qui s'est passé ?! » demanda Mark en débarquant dans la salle d'examen et en interrompant la discussion entre les deux sœurs.
« Elle s'est fait tabassée. » déclara Aria à Mark.
« QUOI ?! » demanda-t-il, aussitôt alerté en voyant le visage de Callie. Il enfila rapidement des gants en latex et commença à l'examiner.
« Je ne me suis pas fait tabassée. Arrête de raconter n'importe quoi. Je me suis… Cognée contre la porte. Il faisait encore nuit- »
« C'est encore plus horrible si tu la défends. » intercepta aussitôt Aria pour stopper ses mensonges.
« Comment ça ? Elle s'est fait tabassée par qui ? » demanda Mark ne sachant rien de ce qui s'était passé.
« Par Arizona. »
« Qu- »
« Les gars, arrêtez. Je vais bien. Donne-moi juste une compresse et ça va aller. C'est pas si grave. » Elle tendit le bras vers une compresse mais Mark l'en empêcha.
« Il est hors de question que tu retournes chez elle, Callie. On ne te laissera pas faire ça. » dit Mark d'un ton ferme.
« Mais ça ne se reproduira pas, je vous dis ! C'était juste une seule fois- »
« C'est comme ça que ça commence Callie. A chaque fois. Ils disent que ce n'était qu'une seule fois. Et puis ils recommencent et toi tu la laisseras faire ! Ca commence toujours comme ça. Tu ne te rappelles pas de Tante Juanita ? Son mari la frappait et elle le défendait à chaque fois jusqu'à ce soir où il était rentré complètement bourré et l'a frappé à mort. Tu t'en souviens ?! »
« Ne compare pas Arizona avec lui, Aria. Elle n'est pas comme ça. Elle a vécu des choses horrible- »
« Tu crois que c'est parce que c'est une femme qu'elle ne va pas recommencer ? Tout le monde s'en fou que ce soit une femme ! Elle est une putain de marine et tu n'arriveras pas à te défendre si jamais ça tourne mal. »
« Je viens de te dire qu'Arizona n'est pas comme ça ! »
Aria lança un regard glacial à sa petite sœur pour lui dire qu'elle ne la croyait pas. Mark ne dit rien et se contenta de nettoyer le visage de Callie et lui insérer un produit à l'aide d'une aiguille.
« Aïe ! » s'exclama-t-elle lorsqu'il lui enfonça l'immense aiguille dans la paupière enflée de Callie.
Quelques secondes passèrent à peine, qu'on toqua à la porte de la salle d'examen. Tous les regards se tournèrent naturellement vers la porte, révélant Arizona. Son visage était littéralement décomposé mais Mark s'en foutait. Tout ce qu'il savait c'était que cette femme avait frappé sa meilleure-amie.
« Tu dégages ! » dit-il en se levant de la chaise pour se placer entre le lit où Callie était installée et Arizona.
« Je veux juste savoir comment elle va… J'ai- » répondit Arizona en retenant ses larmes mais fut interrompu.
« Tu dis un mot de plus et je te jure que j'utiliserais la force. » répondit Mark en élevant la voix.
« Mark… » dit Callie en essayant de le calmer. « Vous pouvez nous laisser seules ? S'il vous plaît ? » implora-t-elle.
Aria et Mark lui tournaient le dos devant elle, comme une sorte de bouclier… Mais Callie n'avait pas besoin de ça. Elle n'avait pas besoin de bouclier lorsqu'il s'agissait d'Arizona.
Ils hésitèrent un instant mais Mark céda.
« On sera juste derrière la porte. Tu m'appelles et je serais là, ok ? »
Callie hocha la tête et vit finalement le visage d'Arizona quand Mark et Aria quittèrent la pièce en lui lançant évidemment un regard noir pour la prévenir de ne rien tenter.
Quand elle entendit la porte se fermée, Arizona fit un pas précipité vers Callie qui était assise sur la table d'examen mais au lieu de s'approcher de plus près, elle s'arrêta net.
Elle n'avait pas le droit. Elle lui avait fait mal. Physiquement. Et jamais elle arriverait à se le pardonner. Callie avait certes l'air de vouloir lui pardonner… Elle pouvait le lire son visage meurtri. Mais elle ne le méritait pas.
Arizona baissa son regard pour voir ses mains comme si elle ne croyait pas que c'étaient ses mains qui lui avaient fait du mal. « Pourquoi j'ai fait ça ? »
« C'était un cauchemar. » répondit calmement Callie.
« Pourquoi j'ai fait ça ? » répéta encore Arizona en l'ignorant. « J'ai- »
« C'était un cauchemar, Arizona. Tu m'en as parlé. Je savais. »
« Tu savais quoi ? Que j'allais te frapper ?! » haussa la blonde d'un ton et fit sursauter Callie. « Oh mon dieu… » dit-elle en plaça la paume de sa main devant sa bouche en se rendant compte qu'elle s'était emportée une fois encore. « Je… Je dois partir. Je… Je dois partir loin de toi- »
« Quoi ? Partir où ? » demanda Callie en fronçant les sourcils.
« Je dois partir. Ou ça risque de tourner mal. »
Arizona tourna les talons pour quitter la pièce mais Callie l'interpella.
« N'ose même pas y penser, Arizona ! Je t'interdis de me quitter à nouveau ! »
Arizona stoppa tout mouvement et se tourna pour refaire face à Callie.
« Je ne peux pas, Calliope. J'aurais pu… » Arizona n'osa même pas terminer sa phrase car elle savait que si elle ne s'était pas réveillée, il se serait passé une chose bien plus abominable.
« Mais tu t'es réveillée et je vais bien. Tu vois ? Ce n'est rien. »
« Ce n'est pas rien, Calliope. »
« Je sais. Mais on trouvera un moyen, d'accord ? Partir n'est pas la solution. On va traverser ça ensemble. »
Arizona resta figée quelques secondes mais s'approcha finalement un peu plus près de Callie, mais pas trop. Elle ne voulait pas effrayé à nouveau sa bien aimée. Elle tenta de tendre sa main. Elle ne savait pas pourquoi elle avait besoin d'un contact physique. Elle avait juste besoin de la sentir. Mais elle relaissa tombé sa main sachant très bien que Callie refuserait tout contact après ce qu'elle avait fait.
Callie l'observa quelques secondes. Arizona avait les yeux baissés au sol et paraissait très hésitante. La Latina se leva alors de la table d'examen et se mit en face d'elle. Arizona ne bougeait toujours pas alors elle fit le seul pas qui les séparaient. Leurs poitrines se touchaient et Callie s'inclina pour que leur front se colle aussi. Elles sentaient toutes les deux leur respiration s'accélérée dû à la proximité du corps de chacune.
Callie prit finalement ses mains dans les siennes même si elle sentit qu'Arizona avait hésité.
« Je ne veux pas te faire de mal. » dit la blonde en reculant.
« Je sais. »
« Si jamais quelque chose t'arrivait à cause de moi… Je ne me le pardonnerais jamais. »
« Rien ne m'arrivera. »
« Mais- »
« Tais-toi ! » la coupa Callie subitement. « Je connais mes limites, Arizona. Je sais quand dire stop. » Elle marqua une pose pour s'approcher encore d'Arizona et entoura ses bras autour de sa taille. « On est là-dedans ensemble. »
Arizona regarda dans ses grands yeux chocolats et plaça sa main sur sa joue en dessous de son œil meurtri. Elle la caressa doucement avec son pouce.
« Comment va ton nez ? » demanda-t-elle avec une voix pleine de regrets et de tristesse.
« Je vais passer une radio tout à l'heure. »
« Je suis désolée. »
« Arrête de t'excuser. »
Arizona ne répondit pas mais inclina sa tête plus près du visage de Callie pour tenter de l'embrasser. Voyant que Callie ne reculait pas son visage pour refuser son baiser, Arizona déposa délicatement ses lèvres sur les siennes en veillant à ce que son nez ne touche pas celui de Callie.
De l'autre côté de la porte, Aria jeta un œil par la fenêtre pour voir si tout allait bien et vit que Callie avait ses mains sur la nuque d'Arizona et que cette dernière la tenait pas les hanches en attirant son corps contre le sien. Pendant qu'elles s'embrassaient.
« Oh, nom de dieu. C'est pas vrai ! »
Mark se tourna à son tour pour voir qu'est-ce qui mettait Aria dans un tel état. C'était sûr qu'il était contrarié. Mais il savait qu'elles s'aimaient et qu'elles étaient les intentions d'Arizona avec Callie. Blondie avait merdé et devra faire un sacré chemin pour se rattraper mais elle était sur la bonne voie, à son avis.
« Il faut mettre fin à tout ça. C'est ridicule. » s'exclama encore Aria.
« Je pense que tu devrais rester en dehors de ça. Callie est peut-être ta petite sœur mais c'est une adulte. Laisse la faire ses propres choix. »
Aria tourna son regard vers lui, incrédule.
« Ne me dis pas que tu viens juste de dire ça ? » Elle secoua la tête, n'en croyant pas ses oreilles. « C'est pas parce qu'on a couché ensemble que ça te permet de me dire ce que je peux faire ou pas. Tu étais plus sexy quand tu gardais ta bouche fermée. »
La latina s'en alla laissant Mark, bouche bée.
~Fin Flashback~
Elle ne pouvait pas la blâmer après tout, elle ne voulait que protéger sa petite-sœur. Mais Arizona avait changé depuis ce temps là et espérait qu'Aria le verrait un jour.
Evidemment à chaque fois qu'elle faisait une remarque déplacée, Arizona répondait systématiquement et parfois même, c'est elle qui commençait les embrouilles et ça a toujours été comme ça depuis ce fameux soir. Le fait qu'elles se détestaient n'était un secret pour personne.
Heureusement pour Arizona, Aria était une femme très occupée et elles ne se voyaient que rarement mais à chaque fois qu'il y avait une rencontre, leurs petites disputes pouvaient aller très loin. Certains commentaires pouvaient être très méchants.
Enfin, il y avait aussi Callie qui essayait d'intervenir mais au bout d'un moment elle en avait ras-le-bol et les laissa s'entre-tuer.
Environ quinze minutes plus tard, les Latinas décidèrent enfin de la rejoindre dans la cuisine pour terminer ce qu'Arizona avait commencé et la blonde en profita pour aller au salon le temps de passer un coup de fil.
Au bout de la quatrième sonnerie, on répondit.
« Hey, um. Je me demandais si on ne pouvait pas se voir demain au lieu d'après-demain ? »
« Pourquoi, tu crois que Callie va s'amuser à te suivre jusqu'à l'hôpital pendant son jour de congé ? » dit Teddy en bloquant le téléphone entre son oreille et son épaule pour donner à manger à son fils qui n'arrêtait pas de babiller de contentement parce qu'il recevait à manger.
« La sœur de Callie est arrivée et je veux en terminer avec ça avant qu'elle ne trouve une excuse pour me mettre Callie à dos. »
« Elle va te faire la gueule de toute façon si elle apprend que tu lui as menti pendant des mois alors pourquoi ça changerait quelque chose. »
« Oui mais si elle apprend que je vais… » Arizona jeta un œil autour d'elle pour s'assurer qu'elle était seule dans son grand salon et commença à chuchoter au téléphone. « Tu sais… Elle ne sera pas fâchée puisqu'il ne lui restera que quelque temps avec moi, alors… »
« Oh tu crois ça ? » rit sarcastiquement Teddy. « Après toutes ces années que tu la connais, tu penses qu'elle va t'épargner alors que tu joueras la carte de la maladie? Ahh ! Tu te mets les pieds dans le plat, ma vielle. »
« Peu importe… C'est possible ou pas ? »
« Il faudrait que j'annule un de mes rendez-vous ou sinon je te prendrais au moment de ma pause déjeuner. Ca ne me dérange pas. Mais ta femme travail demain, t'es sûre tu veux le reporter à demain ? Tu n'as pas peur qu'elle le découvre ? »
« Attention Teddy. Tu semble passer de mon côté. »
« N'importe quoi ! Je ne veux toujours pas- » Arizona l'interrompit.
« Oui, je sais. Mais pour l'instant c'est important pour moi que Callie ne sache rien. »
« Que Callie ne sache quoi ? » intervient la voix d'Aria derrière elle.
« Et merde… Um oui, tu me rappelles demain matin, s'il te plaît ? Oui, ok. Salut ! » Et Arizona raccrocha aussitôt en se levant subitement du canapé pour voir Aria qui se tenait debout, les bras croisés autour de sa poitrine. « Uh… Le dîner est prêt ? Ok, j'arrive tout de suite, le temps que je me lave les mains. »
Arizona fit mine de rien et lui lança un sourire forcé avant de se précipiter en haut des escaliers, dans sa chambre pour ingurgiter les médicaments. Elle avait carrément eu une mini crise cardiaque lorsqu'elle entendit la voix d'Aria derrière elle et son cœur continuait de palpiter à fond. Elle but au robinet de la salle de bain de sa chambre pour l'aider à les avaler et sentit les battements de son cœur revenir tout doucement à la normale.
Elle inspira un bon coup d'air et redescendit pour rejoindre sa famille dans la cuisine.
Le rendez-vous était un contrôle de routine pour savoir à quelle vitesse son cœur dégringolait. Arizona souhaitait le faire autre part, dans un autre hôpital ou dans une clinique mais Teddy insista qu'elle voulait le faire elle-même. Alors Arizona n'eut d'autre choix que de le faire à l'hôpital même si elle sentait déjà son cœur battre à tout rompre rien que de penser que Callie le découvre.
C'était ça son combat. Faire en sorte que Callie n'ai aucun soupçon.
C'était son choix de la garder dans l'ignorance malgré que ça devenait de plus en plus difficile de tout masquer. Ses symptômes empiraient, elle commençait à fatiguer… Et les allez et retours entre l'hôpital et la maison risquaient de devenir plus fréquents pour passer ses contrôles.
Surtout qu'Aria venait d'arriver, ce qui risquait de tout chambouler. Disons qu'elle était une vraie fouteuse de merde et ce, depuis qu'Arizona avait perdu sa confiance. Elle cherchait toujours un prétexte pour que Callie et Arizona se séparent même après 6 années de mariage…
Mais cette fois Arizona ne se laissera pas faire.
Aria et Sofia étaient toutes deux installées à table pendant que Callie remplissaient les assiettes.
Arizona s'éclaira bizarrement la gorge et regarda partout sauf vers Aria qui devait la fusiller du regard en ce moment. Elle prit place, comme à son habitude en bout de table et commença à creuser dans son assiette.
« Alors, » commença Callie. « Aria raconte-nous, quand est-ce que tu es arrivé aux Etats-Unis. L'avant dernière fois que nous nous sommes parlées, tu étais au Cambodge ? »
« Oui. Heureusement les cas de tuberculose ont diminué. Prochaine destination dans cinq jours en Liberia. Ebola. » ajouta-t-elle. « Alors raconte-moi, poussin. Tu sais déjà lire ? » Elle n'aimait pas trop parler de son métier en présence d'enfant alors elle décida de changer de sujet.
« Je reconnais seulement quelques mots. Mais ça ne va pas tarder. Bientôt je lirais les dossiers de mami. » dit-elle, ravie que sa tante porte son attention sur elle.
Le reste du dîner était relativement calme si on oublie le fait qu'Arizona avait littéralement été ignorée par les trois Latinas. Sa propre fille l'avait trahit…
Enfin… Elle décida de ne pas en faire une grosse affaire et ramassa les couverts et les assiettes pendant que Sofia alla montrer ses jouets à sa tante dans sa nouvelle chambre et que Callie prépare le lit pour sa sœur dans la chambre d'amis qui n'était pas tout à fait terminé. Il y avait encore deux autres chambres libres, mais une était vide car elle allait entre la chambre du bébé et l'autre pièce était comme leur garage. Remplie de carton de leurs anciennes affaires, photo, vaisselles et encore tout un tas de truc que Callie avait décidé de garder.
Arizona monta à l'étage une fois qu'elle eu terminé pour aller prendre une douche. Elle enfila rapidement un pyjama et un débardeur pour être à l'aise et se rendit dans la chambre de Sofia pour jouer avec elle. Malheureusement la place était déjà prise, par Aria évidemment et toute son attention portait sur elle.
Elle s'assit quand même à côté d'elles et essaya de participer et de parler mais vainement…
Callie arriva ensuite dans la chambre et se plaça derrière Arizona.
« Hey, les filles, ça vous dit de regarder un film avec du popcorn ? » proposa Callie et tout le monde répondit avec un grand oui.
Sauf que leurs films étaient perdus dans des cartons au fond du garage et tous les DVDs étaient des dessins animés.
Alors évidemment, Aria proposa de louer un film et tout le monde vota que c'était à Arizona de se rendre en ville pour aller louer le film dans une de ces bornes automatiques.
« Mais je suis déjà en pyjama ! » protesta-t-elle.
« Je ne crois pas que tu as vraiment le choix là. C'est la première fois que je viens à Seattle donc je risque de ne pas trouver de bornes, Callie est en enceinte et Sofia ne sait pas conduire. Tu es la seule qui soit en mesure d'en chercher. » dit Aria avec un sourire.
« Très bien, j'y vais… » grogna-t-elle. Et tout le monde poussa des cris de joie.
Elle retourna avec le film et tout le monde était déjà installé dans le salon. Elle inséra le CD dans le lecteur et vint s'asseoir sur le bout du canapé en face de la télévision où Callie lui avait réservé la place. Callie se rapprocha d'Arizona et prit son bras pour l'entourer autour d'elle et posa ensuite sa tête sur l'épaule de sa femme. Aria était allongée sur l'autre canapé avec un verre de vin rouge à la main et Sofia était assise par terre, juste devant la télé, avec les jambes croisées en indien.
« Tu veux un verre de vin, chérie ? » demanda Callie mais Arizona refusa. Ce qui était louche mais la Latina n'y prêta pas attention. Elle lui vola un baiser sur les lèvres et repositionna sa tête sur son épaule.
La soirée se termina finalement bien à part le fait qu'Arizona dut aller rendre le DVD aussitôt qu'il fut terminé.
Quand elle rentra à nouveau chez elle, les lumières étaient déjà toutes éteintes.
Elle se rendit dans la chambre de Sofia et lui donna un bisou sur la joue, même si elle dormait déjà profondément.
Arizona voulut aussitôt tomber dans les bras de sa femme pour dormir mais se ravisa en pensant à leur discussion de tout à l'heure.
« Arizona. Je sais que tu es contrariée que je ne t'ai rien dit à propos d'Aria, mais c'est ma grand sœur elle peut venir quand elle veut pour nous rendre visite. »
« Et tu crois que j'allais refuser ? Même si elle est une vraie garce envers moi et sous mon toit, en plus, elle fait partie de la famille. Jamais je n'aurais l'idée de ne pas l'inviter. »
« Désolée… » s'excusa Callie en s'approchant lentement du côté du lit d'Arizona. Elle entoura sa taille avec son bras et lui donna un bisou dans le cou. Arizona ne dit rien mais lui sourit et déposa sa main sur l'avant bras de Callie qui se trouvait sur son ventre. « Je vous aime toutes les deux énormément et j'en ai marre de vous voir vous disputer… Ca me brise le cœur… Tu ne veux pas lui parler pour arranger les- »
« Quoi c'est moi qui aller la voir ?! Hors de question. C'est elle qui ne me supporte pas, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? »
« Ca fait des années que ça s'est passé, Arizona. Peut-être qui si elle avait une discussion, en adulte, avec toi, elle changerait d'avis à ton sujet ? »
Arizona soupira et leva les yeux au ciel. « Je lui parlerai. »
« Merci ! »
« Mais je ne promets rien. » Arizona leva son index pour la prévenir de ne pas trop espérer au cas ou cette conversation ne mènerait à rien, ou qu'elle empire les choses…
« Bien sûr. Vous discuterez, simplement. » dit-elle en souriant. « Oh et demain, il va falloir que tu déposes Sofia à l'école et aussi la récupérer à cinq heures. »
« Ah oui ? »
Callie hocha la tête. « Je dois déposer mon tailleur tôt au pressing et on ira directement à l'hôpital avec Aria. Il faudra d'ailleurs que tu le récupère en fin de journée. Je parle de mon tailleur, au pressing… Mais tu dois aussi récupérer Sofia à cinq heures. »
« Ok, j'ai compris… » répondit-elle ennuyée.
« Et il faudrait faire quelques courses aussi. Ca ne te dérange pas ? Demain soir après le boulot, Aria et moi sortons boire le café. Elle veut me parler de quelque chose. Et puis après demain on pourra faire quelque chose en famille puisque j'ai mon jour de congé ? »
« D'accord. »
Après quelques secondes de silence, Arizona se redressa et se repositionna pour que son visage soit face au petit ventre rond de Callie. Elle souleva son t-shirt et commença à parler.
« Salut, toi. C'est ta maman qui te parle. J'ai hâte de te rencontrer, tu sais. Je ne sais pas ce que la vie te réserve mais sois-en sûre que ce sera un cauchemar à cause de ton autre maman qui te porte là. » Callie rit et lui donna un coup de poing ludique sur l'épaule. Elle commença ensuite à lui caresser distraitement ses cheveux blonds pour l'inciter à continuer à parler au bébé. « Mais ne t'en fait pas. Je serais là pour la calmer quand tu décideras d'avoir ta première soirée pyjama chez tes amis. »
Arizona sourit faiblement et donna un petit bisou au niveau de son estomac. « Je serais là… »
Elle se remit face à Callie et lui donna un baiser de bonne nuit sur les lèvres puis ferma les yeux pour s'endormir.
« J'aime quand tu fais ça. » dit soudainement Callie.
« Quoi ? »
« Quand tu parles au bébé. Tu es tendre et douce, et j'aime ça. »
Arizona sourit et lui donna un autre baiser. « Tu sais ce que j'aime moi ? »
« Hm ? Quoi ? » demanda avidement Callie.
« Tes seins qui ont triplé de volume. »
« Arizona ! » s'exclama-t-elle en la poussant légèrement vers l'arrière. Elle sourit même si elle s'attendait à quelques mots de tendresse. En même temps elle aurait dû s'en douter, c'était Arizona après tout.
« Ben quoi ? Les femmes adorent qu'on complimente leur corps, ne le nie pas. »
« Dire que mes seins sont énormes est un compliment ? » demanda Callie en haussant les sourcils.
« Bien sûr ! »
« Oh d'accord. Alors moi j'adore aussi tes gros seins, ils sont parfaits. Pas pour rien que Mark n'arrêtait pas de lorgner dessus. »
« J'arrive pas à croire que tu mentionnes Mark alors qu'on s'apprête à faire l'amour. » Arizona se plaça aussitôt entre les jambes de Callie et se supporta à l'aide de ses mains de chaque côté de la tête de sa femme pour ne pas écraser son ventre.
« On s'apprête à faire l'amour, huh ? C'est pas un peu présomptueux de ta part ? » dit-elle en souriant et en glissant ses mains de son cou jusqu'à ses épaules.
« Présomptueux ?! Tu viens juste de me dire que mes seins étaient parfaits et tu t'attends à ce qu'on s'endorme gentiment après ça. »
« Mhmm… J'aime votre façon de penser, Lieutenant. » dit Callie d'un ton joueur.
Arizona remua ses sourcils de haut en bas avec un sourire et s'inclina pour l'embrasser. Elles se retirèrent ensuite mutuellement leurs vêtements pour passer le reste de leur soirée à faire l'amour, même si Arizona n'arrêtait pas de penser aux mots qu'elle avait dits à son bébé plus tôt. 'Je serais là.' Une promesse qu'il ne valait mieux pas faire lorsqu'on savait qu'il serait presque impossible de la tenir…
Arizona se trouvait dans une salle d'examen en attendant Teddy pour qu'elle revienne avec les résultats. C'était son premier contrôle après qu'elle apprit la nouvelle ce qui faisait environ sept semaines déjà. Elle avait passé toute une série d'examen, ECG, échographie cardiaque et IRMC et elle essayait de lancer des blagues par-ci par-là mais Teddy arborait toujours un air sérieux et semblait profondément en réflexion.
Elle fit rebondir sa jambe répétitivement sur le sol. Ses mains étaient moites, signe de nervosité… Il fallait qu'elle reste calme si elle ne voulait pas mourir à la minute même. Mais c'était difficile en sachant que sa femme qui n'avait aucune idée qu'elle passait des tests, se trouvait à l'étage au-dessus.
Mais quelles étaient les chances que Callie passaient par hasard à l'étage de cardiologie ? Proche de zéro, non ?
Heureusement, quelques secondes plus tard, Teddy entra dans la salle et ferma aussitôt les volets ainsi que la porte en prenant soin de la verrouillé.
« Alors, comment je vais, doc ? » dit-elle en offrant un sourire nerveux.
Teddy ne dit rien et s'approcha de la blonde puis plaça le stéthoscope dans ses oreilles et écouta le cœur d'Arizona pour la quatrième fois depuis qu'elle était venue passer ses tests.
Ses battements cœurs étaient ultra rapide, ce qui n'était pas bon. Pas bon du tout.
« Arizona ? »
« Oui ? » répondit-elle soudainement, comme si elle était ailleurs.
« Um… » Teddy fit les cents pas devant Arizona et continua. « La cardiomyopathie veut dire littéralement 'maladie du muscle cardiaque'. Il en existe différent type… Et jusqu'à maintenant, je pensais que c'était du type dilaté. »
« Tu pensais ? Oh, alors je ne vais pas mourir c'est ça ? » dit-elle en riant. Mais Teddy ne paraissait pas du tout amusée et ignora sa remarque.
« Est-ce que l'un de tes grands-parents sont morts jeunes ? De 50 à 60 ans ? Peut-être ? »
« Um, mon grand-père s'est noyé à 28 ans. A la guerre, en sauvant 19 autres hommes. »
« Non pas ça ! Je veux parler de cause inconnue ? »
« Non, je ne crois pas. Les parents de ma mère sont morts à environ 80 ans dans leur sommeil. » Arizona sourit en pensant à eux.
« Et la mère de ton père ? »
« Je ne l'ai jamais connue. Mon père ne me parle pas souvent d'elle. Si tu veux je peux l'appeler tout à l'heure. Pourquoi ces questions ? »
Teddy soupira et posa sa main sur sa hanche pour prendre l'appui. « Oh seigneur… Je suis tellement stupide ! Je suis le meilleur chirurgien cardio de ce foutu hôpital ! De toute la côte Ouest, pour l'amour du ciel ! » dit-elle en se donnant une tape sur le front.
« Quoi ? Teddy, explique-moi ? »
Teddy prit une inspiration et se mit face à Arizona qui attendait une réponse. « Si ce que je pense est vrai… Il est possible que ton type de cardiomyopathie soit génétique et peut éventuellement être héréditaire ; ta grand-mère. Et c'est rare. Une personne sur mille naisse avec cette anomalie. Ca expliquerait tes pertes de connaissances et tes arythmies. Et aujourd'hui j'ai découvert que ton myocarde était hypertrophié… » Teddy baissa son regard vers le sol et ramena sa main à sa bouche.
« Teddy... Sans vouloir te vexé. Je ne comprends absolument rien à ce que tu me racontes. » avoua-t-elle en haussant les sourcils. Teddy regarda dans le vide quelque seconde en ignorant totalement Arizona.
« Enlève ton pantalon. » dit-elle finalement en ne lâchant pas du regard les jambes d'Arizona.
« Quoi ?! Mais pourquoi ? »
« Arizona ! Fais ce que je te dis ! »
La blonde la regarda suspicieusement mais se leva finalement et défit sa ceinture pour ensuite baisser son pantalon jusqu'à ses chevilles.
« C'est quoi ces bleus ? » demanda Teddy en se baissant pour se mettre à niveau.
« Oh Callie a voulut une table basse dans le salon et à chaque fois je me cogne… »
« Et tu peux m'expliquer pourquoi c'est enflé au niveau des mollets et des chevilles aussi ? » demanda Teddy en levant les yeux vers Arizona.
« C'est enflé ? » demanda-t-elle n'ayant même pas remarqué.
Teddy secoua la tête et soupira en se relevant.
« Cardiomyopathie hypertrophique. Tu as de l'arythmie, des douleurs inexpliquées à la poitrine, pertes de connaissances, essoufflement, œdèmes au niveau des jambes. »
« Teddy… Qu'est-ce que ça nous apprend de plus de savoir de quel type il s'agit. Je vais mourir de toute façon… » dit-elle d'une voix las en remontant son pantalon et en bouclant sa ceinture.
« Les médicaments que je t'ai donné n'avait absolument aucun effet ! Enfin la plupart. Heureusement que je t'ai donné ce qu'il fallait pour l'insuffisance cardiaque. Mais c'est quand même un tout autre traitement ! »
« Oh. Merde alors. »
« Oh mon dieu. J'arrive pas à croire que je me suis trompée sur ton diagnostique. C'est pas vrai ! » s'exclama-t-elle en enfouissant son visage dans ses mains.
« Hey, Teddy. Ca va aller. Dis-moi c'est quoi le traitement et on repart de là, hein ? » dit-elle d'une voix douce pour la rassurer.
« Non, Arizona tu ne comprends pas. Tous tes symptômes indiquent que tu as beaucoup plus de chances d'avoir une mort subite. »
« Tu veux dire que je pourrais mourir là, maintenant, tout de suite ? »
« C'est possible. » répondit Teddy avec des larmes dans les yeux.
« Oh wouaow… » Arizona prit un instant pour reprendre ses esprits et s'assit sur la table d'examen.
« Si tu n'avais pas été dans mon bureau l'autre jour… Tu aurais pu… » Et Teddy serra fort ses paupières pour éviter que les larmes ne tombent.
Arizona se releva et prit Teddy dans ses bras pour la réconforter.
« Non !" s'exclama-t-elle en reculant brutalement "Comment tu peux réagir calmement comme ça… C'est toi qui es mourante, c'est toi qui devrais pleurer… Je… Ma meilleure-amie est vraiment entrain de mourir… » Et Teddy sanglota de plus belle.
« Hey. Arrête de pleurer… J'ai… J'ai besoin de mon chirurgien, Teddy. Pas de mon amie. J'ai besoin que tu redeviennes mon chirurgien… » dit-elle toujours d'une voix douce même si ça la brisait de la voir comme ça.
« Tu as raison, tu as raison. Je suis désolée… Excuse-moi. » Elle essuya ses larmes et inspira un bon coup.
« Mais il n'y a vraiment rien qu'on puisse faire ? » demanda Arizona après quelques minutes de silence, en essayant de ne pas trop désespérer.
« Um… Attend. » Elle réfléchit quelques secondes et reprit la parole. « Uh… Il est trop tard pour essayer avec d'autres médicaments. On ne peut que procéder par des méthodes invasives. »
« Qui sont… ? » demanda-t-elle pour l'inciter à élaborer. Elle ne semblait pas vouloir partager ce qu'elle savait sur les traitements invasifs.
« Pour réduire les chances d'avoir une mort subite, on pourrait placer un pacemaker mais les chances de survie sont de… Environ 30%. »
« C'est tout ? »
« Non… Evidemment, à long terme, la transplantation a plus de chance de survie. Sinon, il y a la myectomie septale pour te réséquer le muscle enflé mais pour ça, il va falloir que je t'ouvre le torse et en plus, ce n'est que provisoire. Le muscle pourrait gonfler à nouveau. L'ablation septale est moins invasive. Ca consiste à introduire un cathéter dans le cœur et on y fait traverser de l'alcool pour créer un infarctus et rétrécir alors l'endroit où le muscle est hypertrophié. »
« Un infarctus ? »
« Et il faut que tu sois éveillée. C'est très douloureux mais c'est la meilleure option que nous ayons. »
« Il faut donc réserver un bloc… Et Callie le saura. » Arizona soupira et baissa les épaule.
« Il est temps, Arizona. Si tu veux vivre… » Teddy laissa échapper un souffle avant de continuer. « Si tu veux vivre, il faut le lui dire. Le plus rapidement possible. Et je veux que t'emmène ça avec toi, partout où tu vas. » Elle lui tendit un sac à dos bleus. « Il y a des palettes et l'équipement nécessaire pour te réanimer. A la seconde où tu ressens une douleur au niveau de la poitrine. Je veux que tu trouves quelqu'un et que tu leur demandes de te réanimer à la seconde où tu perds connaissance. C'est très important, Arizona… » Arizona hocha la tête en prenant le sac pour lui montrer qu'elle avait comprit mais tout ce qu'elle voulait faire c'était sortir mais Teddy lui attrapa le bras pour lui dire une dernière chose. « C'est provisoire. Si dans deux jours, tu ne reviens pas avec Callie en disant que tu veux l'intervention, je te déclare inapte à prendre des décisions concernant ta santé, et je t'enchaînerais s'il le faut… » dit-elle d'un ton menaçant. Mais son visage s'adoucit lorsqu'elle remarqua le regard terrorisé qu'avait Arizona. « C'est ta vie, Arizona. Je ne crois pas que ça vaut la peine de la perdre seulement pour préserver ta femme. »
Arizona lui lança un regard défaitiste et un instant plus tard, elle claquait la porte de la salle d'examen.
Wow les choses se corsent vraiment là… Dites-moi ce que vous pensez !
Et un merci à mon vieil ami google pour les termes scientifiques : )
