Bonjour. Je me suis dite qu'il était probablement temps que je vous offre un nouveau chapitre. Alors en voici un. En espérant que vous l'aimerez. :)

Les personnages sont à Masami Kurumada.

Désolée pour les fautes d'orthographe.

Bonne lecture :)


Je suis en sueur, couché à même le sol frais de mon Temple. Mon menton tremble, mes lèvres se troussent sur mes dents sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit, mes sourcils s'arquent. J'ai chaud au visage, mes yeux me piquent. Qu'est-ce qui m'arrive ? J'ai peur. Pourquoi mon visage se défigure-t-il de la sorte ? Pourquoi est-ce que mes muscles faciaux se crispent-il ainsi, de manière aussi désordonnée ? Je ne comprends pas. Mon incompréhension accroit ma peur, ma douleur. Oui, j'ai mal. Je passe mes mains sur mon visage et cache ma bouche de mes mains. J'ai envie de me rouler en boule sur le sol : coller mes jambes contre mon torse, cacher mon visage de mes mains, prendre le moins de place possible, disparaître entre les visages morts. Ce sentiment de faiblesse ne m'est pas inconnu. Vais-je pleurer ? Non, je ne peux pas me le permettre. Ce serait avouer ma défaite contre moi-même. Je dois résister, retrouver mon calme, me ressaisir. J'inspire profondément. Je porte la main au cœur et sent sous mes doigts son battement insoutenable. J'en suis à espérer ne plus le sentir propulser le sang dans mon corps, souhaiter qu'il s'arrête. Je ferme les yeux et m'allonge en croix. Je m'offre au ciel. Reprenez-moi !

Mon souffle devient régulier, mais la peur ne me quitte pas. Quand ? Quand ? Quand trouverais-je la paix ? Ma plus grande peur, c'est de ne jamais me réveiller. M'endormir à jamais. Vivre dans le cauchemar de mes crimes jusqu'à ce que mon corps s'éteigne. Et si mon Enfer était de revivre perpétuellement mes mauvaises actions ? Et si, je devais, pour expier mes crimes, revoir la souffrance que j'ai commise ? Si mon paradis n'était accessible qu'au prix de ma culpabilité ? Non ! Plutôt vivre que de subir cela !

Les visages sont froids sous ma joue. Le silence qui règne dans mon Temple s'oppose au bruit dans ma tête. J'entends des cris, des pleurs, des supplications, des prières, des menaces, des malédictions, du feu, du sang, de la pluie, du vent, des hommes, des femmes, des enfants, des corps qui tombent au sol, de la douleur, de la peur, de l'indifférence, de la haine, du doute j'entends mon cœur qui bat au rythme de la souffrance et du plaisir. J'entends des pas qui avancent, qui voudraient partir, qui hésitent, qui s'arrêtent, puis continuent des pas qui quittent à peine le sol, des talons qui martèlent le plancher à chaque pas, un cadence régulière qui finalement cesse. J'entends l'attente. Puis, j'entends plus rien…

« Tu ne t'es pas rendu jusqu'au lit ? » J'ose à peine ouvrir les yeux. J'ai peur de ce que je verrai. Quelle sera sa forme ? Quelle partie de son visage sera manquante ? Quelle quantité de sang coulera sur son corps, souillera mon plancher, s'incrustera dans chaque orifice des visages humains qui tapissent ma maison ? Quelle douleur vivrai-je ? J'en ai assez d'halluciné ! « Camus ? » Ma voix est tremblante, sans conviction. Je ne m'attends à aucune réponse. Je le distingue de peine et de misère. Ma vision est floue. Il se penche vers moi. Sa main se pose sur ma joue. « Tu semble épuisé. Mal dormi ? » J'aurais voulu rire, attraper sa main, la tirer, le jeter au sol avec moi et l'embrasser. J'ai toutes les misères du monde à faire le moindre geste. Je tourne la tête et pose mes lèvres sur son poignet glacial. « J'ai pas dormi. » Ma réponse ne semble pas le surprendre. Il se redresse et me tend la main pour que j'en fasse autant. Je prends une grande inspiration, histoire de reprendre un peu de contenance. Je ne peux être si abattu. Je suis DeathMask du Cancer ! Et le DeathMask du Cancer que je connais n'a jamais l'air faible. Je ferme les yeux pour mieux les rouvrir. Tout s'est découpé, tout est clair. Je me lève par moi-même et l'enlace. Je passe mes bras autour de sa taille. J'approche mon visage du sien. « Tu sens l'alcool. T'as bu hier ? » Je me contente d'hocher positivement la tête. Il me repousse doucement. « Va te laver. » D'un geste sec, il se défait de mon étreinte. Il me tourne le dos et je l'entends soupirer. Fatigue ? Découragement ? Un habile mélange des deux ? Je ne le laisserai pas s'en tirer ainsi. Se détourner ainsi de moi, c'est inacceptable. Je marche vers lui, à grande enjamber et le force à se retourner. J'attrape son visage de mes deux mains et le force à m'embrasser. Je le pousse vers le mur le plus proche contre lequel je le coince. Il tente de s'exprimer entre mes lèvres. Un rire m'échappe. Mon bassin collé au sien, une de mes jambes entre les siennes, je brime ses chances de fuite. Je passe une de mes mains sous son chandail et commence à caresser sa peau laiteuse. Il finit par se laisser faire. Il enroule ses bras autour de mes épaules alors que nos langues glissent l'une sur l'autre. Je parcours son torse et son dos avec passion, lui arrachant parfois quelques soupirs de plaisir. Il passe ses doigts dans mes cheveux, les désordonnant davantage si cela est possible. Il frotte son sexe contre ma cuisse. Il s'excite sur mon corps. Je descend mes mains sur son pantalon et agrippe ses fesses, le forçant à souder son corps au mien. Un gémissement salue mon geste. Je sens sa queue qui durcit contre moi. J'abandonne un moment sa bouche pour baiser son cou de mes lèvres. Il gémit, soupire, embrasse ma tempe et agrippe mes épaules. Il glisse ses lèvres contre mon oreille, gémit si près de moi. Ça m'électrise de le savoir si près et si soumis entre mes mains.

« Je t'aime. » Ces mots font écho dans ma tête. Je cesse tout mouvement et prend conscience d'un silence qui s'installe entre nous. Je plante mon regard dans le sien et lui sourit. Je me détourne de lui et quitte, en route vers l'intérieur de mon Temple. « Death ? » Il m'appelle. Camus, tu dois te demander ce qui se passe. Pourquoi est-ce que je décide soudainement de quitter. On était dans l'acte, ou du moins dans les préliminaires… Je faisais grandir ton désir pour moi, je te savais exciter par mon corps, contre mon corps, pour mon corps… Et me voilà à fuir. Non, pas fuir. Me voilà à quitter. Je me tourne vers lui et lui sourit. Lui fait un clin d'œil et reprend mon bout de chemin.

J'arrive à la salle de bain. Je me débarrasse expressément de mes vêtements. Je les sais sales, souillés. Je les portais avec Mu plus tôt. J'ai frotté une autre personne contre moi, contre ce linge. Je me sens abject de coller le désir de Camus à celui de cette pute qu'est Mu. Camus mérite mieux que d'être rabaissé au même niveau que ce misérable Bélier. J'allume l'alimentation de la douche. Pendant que l'eau se réchauffe dans la cabine de douche, je vais devant le miroir et observe mon corps, vérifier qu'il ne comporte pas de marques de mes ébats avec l'autre pourriture qui m'a servi de jouet cette nuit. Rien, mon corps est parfait. Je soupire de soulagement. L'idée du Bélier me rend amer. Autant que j'ai pu le désirer plus tôt, autant maintenant il me répugne. Mais quelle bipolarité !

J'entre sous le jet puissant de la douche. J'espère que l'eau bouillante saura décaper mon corps, le purifier, le laver de ses péchés.

Je retourne au salon pour m'y étendre mais j'y trouve Camus qui, assis à même le sol, rempli son rapport de mission. Il se lève lorsque j'entre et viens à ma rencontre. Il me regarde et fais une esquisse de sourire. Je détourne le regard. Il pose ses mains de chaque côté de ma tête et baisse mon visage pour pouvoir me fixer dans les yeux. Je soutiens la dureté de son jugement. Je pince les lèvres. Pourquoi ai-je l'impression qu'il peut lire mon âme en ce moment ? « Je me sentais sale. Je voulais pas te souiller.

-Tu l'as déjà fait. »

J'écarquille les yeux, ne m'attendant nullement à cette réponse. Surtout pas au tac-o-tac. Je m'humecte les lèvres et hoche stupidement la tête sans dire un mot. « Tu devrais aller te coucher.

-Je peux pas dormir sans toi. »

Ma réponse est si franche, si simple, si directe qu'il semble déstabiliser. Il recule d'un pas et ramène ses mains vers lui. Il baisse la tête. Il semble chercher quoi dire. Il ne peut rien répondre à cela. Il doit se demander comment interpréter cette déclaration. Comme une marque d'amour de ma part ? Comme un cri de désespoir ? Non. C'est simplement la réalité toute crue. Si seulement il savait ce qui se passait dans ma tête, dans mes songes en son absence. Je voudrais lui dire que j'ai mal sans lui, que je ne peux être moi que lorsqu'il est dans ma vie. Mais ces phrases sont si faciles à mal interpréter que j'aurais peur qu'il s'y attache. Je tend le bras et vais prendre sa main dans la mienne. Il lève les yeux vers moi et plonge son regard dans le mien. Nous restons ainsi un long moment, main dans la main, à simplement nous regarder.

Il fait un pas vers moi, brisant la distance et ce moment étrange qui vient de se produire. Il lève la tête vers moi et m'embrasse du bout des lèvres, doucement. Je pose mon autre main sur sa nuque. Je presse davantage mes lèvres contre les siennes. Il pose sa paume libre contre mon torse pour finalement la glisser dans mon dos. Nos lèvres se séparent pour mieux se retrouver. Je lâche sa main et met la mienne au niveau de ses reins. Il cambre un peu le dos, écrase son torse contre le mien. La fraicheur de son corps se colle à la chaleur du mien.

Il va poser ses lèvres dans mon cou et y dépose quelques faibles baisers. Voulant surement se moquer de moi, il me dit : « Je t'ai manqué. » Je ris doucement. Si tu savais Camus. Si tu savais. Oui, tu m'as manqué. Mais seulement mentalement. Je t'ai remplacé physiquement. Émotionnellement, tu n'as jamais existé pour moi. Mais tu m'as manqué mentalement, ta capacité à me calmer, à rendre ma vie paisible m'a manquer. Je devrais peut-être le lui dire un jour. Lui expliquer la vraie raison pour laquelle je me suis mis en couple avec lui. Ça lui ferrait surement mal, mais il semble si attaché à moi que j'ai l'impression qu'il acceptera ma confession. Je crois même qu'il accepterait n'importe quoi, tant que ça vient de moi. Es-tu si attaché à moi, ton cœur est-il si faible, que tu accepterait tout pourvu que tu a l'impression que je tiens à toi ? C'est dommage. J'ai presque de la pitié pour toi.

Je souris et glisse mes lèvres jusqu'à son oreille. Il frémit sous la caresse. Je lui suce doucement le lobe, ce qui lui arrache un petit gémissement. « Laisse mon corps te montrer à quel point tu m'as manqué. » Pour seule réponse, il prend ma min et m'entraine vers la chambre. À mi-chemin, je l'attrape par la taille et l'embrasse. Il ne cesse pourtant pas de marcher. Je le plaque contre le mur, impose mes caresses sur son corps. Il s'échauffe lentement. Je sais qu'il aime quand je le brutalise un peu, que je mets une démarcation nette entre nos deux forces physique. Il plaque son bas-ventre contre le mien. Sa main glisse sur mon torse, jusqu'à la lisière de mon jeans. Ma langue va à la recherche de la sienne. Il frotte son corps contre le mien. Il gémit contre mes lèvres. Il plaque ses mains dans mon dos alors que je frotte mon sexe dur contre le sien. Sa tête part vers l'arrière. J'embrasse son cou, son oreille, son visage. Je retrouve mon chemin vers ses lèvres. Sa main coule vers mon sexe qu'elle masse pardessus mon pantalon. J'attrape sa lèvre inférieure entre mes dents. Je retourne explorer sa cavité buccale avec ma langue. Il pose ses deux mains à plat sur mes pectoraux et me repousse. Il met une distance entre nos deux corps. Son regard est flou, ses joues sont rouges, ses lèvres sont entrouvertes et je peux sentir la difficulté qu'il a à se retenir de se jeter sur moi. Je lui fais un petit sourire. Il glisse ses doigts sur mon torse et passe son pouce jusque sous l'élastique de mon boxer. Il me tire ainsi jusqu'à la chambre. Une fois entré, il ferme la porte avec son pied et passe ses bras atour de mon cou et m'embrasse à nouveau. Il pose son front contre le mien et me regarde droit dans les yeux. Son souffle se heurte au mien. « Je pourrai jamais me lassé de tes baisers. » Pour confirmer ce qu'il venait de dire, il baisa mes lèvres des siennes. Nos corps se réunirent à nouveau. Nous nous déplaçons jusqu'au lit où je l'assois. Je m'accroupis pour ne pas briser notre baiser. Me voilà à genou devant lui. J'abandonne ses lèvres pour parcourir son corps pâle. Je descends dans son cou, où je m'attarde un moment, avant de repartir caresser ce corps qui m'est offert. Je lui ôte son chandail. Je passe mes mains sur son torse, dans son dos avant de les poser au niveau de ses reins. Il glisse les doigts de sa main droite dans mes cheveux.

Je fais sauter le bouton de son pantalon et, avec mes dents, mon regard posé dans le sien, j'en descends la fermeture éclaire. Il soupire et tremble d'anticipation. Il lève les fesses et me permet ainsi de lui retirer à la fois son pantalon et son sous-vêtement. Il est là, offert, les cuisses écartées, devant moi, pour moi. Il appui légèrement sur ma tête pour me faire comprendre qu'il veut que je le prenne en bouche. Je lui sourit, passe ma langue sur mes lèvres, puis m'exécute. Je fais coulisser son membre dans ma bouche, tantôt rapidement, tantôt avec plus de volupté. Je fais frotter son gland contre mon palais, il aime. Une de mes mains branle la base de son sexe alors que l'autre glisse sur ses cuisses, puis jusqu'à ses couilles. Les doigts de Camus sont crispés dans mes cheveux. Il gémit, soupire, me parle en français. Je comprend pas ce qu'il me dit, mais j'image qu'il me fait savoir son plaisir. « Arrête, je vais jouir. » Il pose sa main sous mon menton et je retire son membre de ma bouche. J'ai encore la bouche ouverte lorsqu'il se penche vers moi et m'embrasse. Sa langue fouille ma bouche jusqu'à trouver la mienne. Je me relève, ne rompant toutefois pas le contact entre nos lèvres, et m'allonge sur lui. Il enroule ses longues et blanches jambes autour de ma taille. Il fait glisser ses doigts dans mon dos. Il gémit contre mes lèvres à seulement me sentir contre lui, à lui, sur lui. Il pousse doucement sur mon épaule pour me faire comprendre de me virer sur le dos. Je m'exécute et il vient se placer à califourchon sur mon corps. Il embrasse mon visage, lèche mon cou, ne s'y attarde pas. Il descend sur mon torse, baise mes muscles de ses lèvres. Il va en ligne droite jusqu'à ma verge. Il la prend dans sa main et commence à la branler. Il la met ensuite dans sa bouche. Il me pompe pendant deux minutes. J'émets un bâillement qui a tôt fait de calmer ses ardeurs. Il lève les yeux vers moi, retire mon membre nullement tendu et soupire. Il remonte jusqu'à mon visage et j'embrasse ses lèvres lorsqu'il arrive à la hauteur. « Je t'excite pas ?

-Je suis trop fatigué. »

J'essaie peut-être de le consolé un peu en lui disant cela. Oui, la fatigue a peut-être son mot à dire dans cette histoire, mais pas au point où mon plaisir soi quasi nul. Je veux pas qu'il perde confiance en lui et en ses capacités. Sinon, il va douter et sa technique quand il me ferra une pipe la prochaine fois va en pâtir. Je veux qu'il garde son assurance. Je monte de nouveau sur lui et recommence à le caresser et à le parcourir de mes lèvres et de ma langue. J'atteins de nouveau son sexe et m'empresse de le sucer. Tout en lui procurant ce plaisir certain, je fait glisser mes doigts vers son cul que j'investie à son grand plaisir. J'y entre d'abord un doigt que je sors, puis entre à nouveau, que je tourne. Je le frotte contre les parois du corps de mon amant. Il aime. Il gémit, m'encourage de la voix. Lorsque j'entre un deuxième doigt, il émet un cri de plaisir. Ça peut sembler étrange à dire, mais Camus est sensible de la prostate. Un fois que j'ai mit le doigt dessus – littéralement -, je sais comment lui donner mille plaisirs. Je le suce vigoureusement, tout en le pilonnant de mes doigts. Il s'époumone, crie, gémit, me dit à quel point c'est bon, qu'il aime ça.

Après à peine quelques minutes de se traitement, je sens son corps qui se raidit, son cri se bloque dans sa gorge, ses muscles se tendent, son dos se cambre et son sperme m'inonde la bouche. Levant les yeux au ciel, j'avale quand même. J'ai goûté meilleur dans ma vie. Je lèche un dernière fois son sexe pour bien le nettoyer, puis remonte à ses lèvres que je baise avec passion et envie. Il reprend son souffle puis me fixe un moment, ou du moins jusqu'à ce que je daigne lui accorder mon attention. Je lui demande, d'un signe de tête, ce qu'il me veut. « Tu veux que je réessaie ? » il me propose ça, l'air un peu gêné. Non merci. Je secoue la tête de droite à gauche et le serre contre mon torse. Il se libère de mon étreinte pour pouvoir aller chercher la couverture et le jeter sur nos deux corps bientôt enlacés. Il se blottit dans mes bras et me dit dans le creux du cou : « Je t'aime. » Je ne répond rien et me contente de déposer un baiser sur son front.

Je me réveille difficilement en sentant qu'on me secoue. J'ouvre les yeux et voit Camus qui, le regard inquiet, soupire lorsque j'émerge. Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je m'assois et l'interroge du regard. Il se couche sur mon corps et m'embrasse. Il m'a réveillé pour m'embrasser ? ilIl est bizarre ce mec ! Vraiment. Je l'enlace contre mon corps. « Tu m'as fait une de ces peur, Death.

-Comment ça ?

-Je sais pas à quoi tu rêvais, mais tu as commencé à hurler. Je croyais que tu te faisais assassiné à côté de moi. Ça faisfait trente minutes que je tente de te réveiller. C'est la première fois que tu me fais un coup pareil, je savais pas quoi faire. »

L'entendre dire ça, ça me glace le sang. Et si… Non. Je veux pas imaginer ça. Ça n'arrivera pas. Camus, tu me protègeras de l'irréalité de mes songes, hen ? Je l'embrasse pour prendre courage, pour le rassurer, pour espérer.

Je me réveille sans encombre le lendemain. Je me sens un peu vidé. Je dois avoir faim. Je ne me suis pas très bien nourrit durant la mission de Camus. J'ai oublié. À côté de moi, Camus dort paisiblement. Je pose un baiser léger sur son front puis m'extirpe des draps, avant de faire mon chemin jusqu'à la salle de bain où je me lave en vitesse pour ensuite descendre aux arènes, plus par habitude que par envie.

Je suis quand même surpris d'y voir Shura, assis seul au milieu de l'endroit. Je marche vers lui, il lève les yeux vers moi et me fait un demi-sourire. J'ai envie de lui demander ce qu'il fait là. Ça viendrait à lui poser un question vraiment débile étant donné qu'il est Chevalier et qu'il vient surement pour s'entrainer. Ce qui est logique. Toutefois, j'ai une certaine envie de poser cette question stupide et aussi évidente que le nez dans le milieu de sa face. La réponse pourrait peut-être me surprendre. « Qu'est-ce que tu fais là ? » Je sens un certain dédain dans ma voix. Est-ce que je le mépriserais ? Pas à ma connaissance, ou du moins peut-être qu'inconsciemment je lui en veut. Bof, pas que ça m'importe vraiment. Il lève son visage vers moi et me fait un faible sourire. Il semble fatigué. Mal dormi ? J'ai de la compétition dans le concours de sommeil raté ? « Tu veux la vérité ?

-Non, juste une réponse qui va me faire plaisir.

-Ok. En fait, je suis venu m'asseoir ici pour regarder le Sanctuaire une dernière fois parce que je pars aujourd'hui.

-C'est sensé me faire plaisir ?

-Je sais pas.

-La vérité ?

-J'avais envie de te voir pour te parler. On s'est quitté de manière étrange la dernière fois. Avec ce qui s'est passé, je voudrais qu'on s'explique. Qu'est-ce que ça représentait pour toi ? Est-ce que tu vas en parler Camus ? Est-ce que tu veux que je lui en parle moi-même ? Est-ce que t'as fait ça parce que tu me désirais vraiment ? Est-ce que le sexe entre nous était quelque chose que tu planifiais, que tu désirais, que tu souhaitais ?Ou tu t'es juste amusé parce que t'étais vraiment saoul ? Est-ce que tu crois qu'on peut continuer à être amis malgré ce qui s'est passé ? Est-ce qu'on est ami, parce que c'est quand même la question de base avant de poser l'autre que j'ai posé avant celle-ci ? Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? Est-ce que je parle trop vite pour toi ? Est-ce que mes questions sont claires ? Est-ce que notre relation est claire pour toi ? Est-ce que tu sais ce que t'attend de nous ? Je sais qu'on est pas un couple, de toute façon j'ai pas envie de me mettre en couple avec toi, mais euh… Où est-ce que je m'en allais avec ça, moi ? Enfin, euh, oui ou non ?

J'ai les yeux écarquillé à l'impossible, j'ai le cerveau en compote de pomme, j'ai les oreilles qui saigne à trop entendre de mots en un si court laps de temps, j'ai rien compris de tout ce qu'il a dit. Il m'a débité des mots à une vitesse hallucinante et malgré mes capacités de Chevalier, c'est rentré par une oreille et c'est sorti par l'autre. De quoi il parlait, lui déjà ? Il a dit ami, couple, sexe… Oui, il a bel et bien dit le mot sexe. J'en suis persuadé. S'il y a bien un mot que je retiens, c'est lui. « Le sexe ?

-Ouais… euh… peut-être que toi tu considères pas ça comme du sexe… j'avoue qu'on a pas fait grand chose la dernière fois… On s'est juste… On a juste… Et je veux qu'on en reste là.

-Assurément. »

Il me sourit. Ça doit être la réponse qu'il attendait en venant ici. Je ne veux pas coucher avec lui, c'est trop dangereux. Il n'est pas du genre aà garder le silence, surtout que je n'aurais aucun chantage possible avec lui, ce qui peut être mon problème dans un tel cas. Il irait voir Camus, qui m'en voudrait à cause de ça. Je veux pas avoir Camus à dos, ça ne vaut pas la peine. Pas pour Shura. Oui, Shura est beau et bien fait, mais il est inutile. Une partie de sexe contre l'éternité cauchemardesque. L'échange n'est pas équivalent.

Il se lève et vint à côté de moi. Il me propose qu'on commence notre entrainement. Je lui souris et acquisse. Et on se met en action. C'est un bon partenaire d'entrainement, le meilleur que j'ai essayé. Il est capable de tenir mon rythme, pas comme Aphrodite. Lui-là… Je me suis juré que je ne m'entrainerait plus jamais avec lui. C'est le pire. Monsieur a trop pur de s'abimer. Moi je finis un entrainement couvert de terre, de sable, de poussière et parfois avec du sang, mais pas lui. Pire qu'une femme avec sa mise en pli. Je me suis toujours dit qu'un jour je devrais aller dans son Temple en pleine nuit pour lui couper les cheveux de manière épouvantable. Lui refaire la coupe à ma manière. Il me tuerait, ou du moins essayerait, mais je suppose que sa réaction en vaudrait la peine. Ma vie est assez négligeable pour gâcher celle du Poisson pendant quelques mois, même des années avant que ses cheveux ne retrouvent lui longueur actuelle. Je les ai, moi, les plans diaboliques qui ne valent rien.

On termine sans encombre notre entrainement au moment où la majorité des gens commencent à arriver. On se rend aux douches. Je passe à côté de Milo qui me dévisage. « T'as des saletés sur le visage, me dit-il.

-Je me suis entrainer avec Shura. Tu t'attends à quoi ?

-T'as mordu la poussière. T'es bon qu'à ça de toute façon. »

Il crache à mes pieds et me fixe de son regard arrogant. Je serre les dents et me jette sur lui. On commence à se battre. Pour aucune véritable raison. Parce qu'il est insolent, parce que j'ai pas de patience, parce qu'il a mauvais caractère, parce que j'ai pas de sang-froid, parce qu'il me jalouse, parce que je veux le faire taire. Je crache du sang par la bouche, il s'effondre au sol. Je suis un meilleur assassin que lui. Je connais les points de pression sur le corps. J'ai coupé le courant entre sa moelle épinière et le reste de son corps. Il s'est étendu de toute sa longueur dans la poussière des arènes. Aldébaran s'arrête à côté de nous. Il me pousse plus loin alors que Milo a quelques spasmes. Ça pique, hen ?, quand le contact se fait de nouveau. Le Scorpion finit par s'asseoir et me fustige du regard. Je lui souris en essuyant le sang que me barbouille le menton. J'avale une pleine gorgée de mon sang et grimace. Je tourne les talons et part rejoindre Shura aux douches.

Il est là, déjà nu, à se savonner énergiquement. Je me déshabille et m'adosse dans le cadre de la porte séparent le vestiaire des douches. Je le regarde, j'admire les muscles en action, je l'entends exhaler sous le maigre effort que ça représente. Il a les yeux fermés. Il dois se douter que je l'observe, mais ne veut peut-être pas se l'admettre. S'il y a bien un chose que je n'ai jamais dite à quiconque c'est ça : à quel point j'ai fantasmé sur ce corps. Les autres étaient toujours trop jeunes, Saga était déjà acquis, mais Shura ce modèle de droiture, de naïveté, d'obéissance absolu, mais ce corps fait pour tuer mais qui n'a pas l'âme pour le faire. Si Shura savait le nombre de litres de sperme que mon sexe a craché pour lui, il en serrait surement dégouté. Shura, Shura, Shura… Le nombre de fois que j'ai soupiré ton nom à l'adolescence, alors que je me masturbait seul dans mon Temple, couché à même les draps de mon lit, le pantalon encore à mes cheville, le sexe fièrement pointé vers le ciel, le poignet vigoureusement en action, tout ça à la seule image de ta main remplaçant la mienne, de ton corps allongé à côté du mieux, de ton regard perçant fixant mes envies au travers de mes yeux. J'ai toujours été envieux de tes traits qui rapidement sont devenus ceux de l'adulte que tu es alors que moi j'ai gardé mes traits juvéniles jusqu'au début de ma vingtaine, jusqu'à ma majorité internationale.

Si souvent, je t'ai imaginé me plaquer contre un mur avec une dureté qu'à présent je sais que tu n'as pas, m'embrasser presque de force, briser mon ego en me soumettant à des volontés lubriques auxquelles le véritable toi n'aurait jamais pensé, me forcer à hurler ton nom pour que tu puisses mieux jouir de cette situation, puis m'abandonner là avec pour seul conseil de ne jamais en parler à personne en signe de représailles. Tout ça parce que tu m'avais heurté malencontreusement à l'entrainement et que j'avais ensuite frapper le mur de mon épaule. À l'époque, ton indifférence à mon égard équivalait à l'ignorance que tu avais de ma personne. Tu ne me connaissais pas : tu ne m'appréciais pas. Et ça, oui ça, ça agrémentait largement mes fantasmes. Mais je n'ai rien fait vers toi, de peur que tu ne sois pas à la hauteur de mes envies, de l'idéal que je m'étais fait de toi. Non, à la place je me contentais de Saga. Certains diraient que Saga vaut plus que toi, mais à mes yeux tu étais l'inconnu. Saga je le connaissais, Arles à la limite était parfois surprenant et spontané, mais toi, mon cher toi, tu étais… fantasmagorique, digne de figurer dans mes rêveries libertines.

J'entre dans la douche allume l'alimentation d'un des jets et m'installe en dessous. Je commence à me savonner, mais malgré moi mon regard bifurque souvent vers Shura. Lui grade les yeux fermés, mais il sourit. Il se masse la nuque, les épaules, les bras. Sois qu'il joue avec moi consciemment, soit que ce massage qu'il se donne en vaut la peine. Ce que j'aime du jet que j'ai choisi, c'est qu'il fait en sorte que je suis dos à la porte, comme un mur en vitre qui sépare l'endroit en plusieurs sections. Je peux regarder Shura et c'est tout à fait justifié par le fait qu'il est face à moi.

Il ouvre les yeux et me sourit. Il perd rapidement sn sourire et me fixe avec interrogation. Je lève un sourcil. « Quoi ? » Il se mord la lèvre et plisse les yeux. Je m'adoseadosse à la paroisà la paroi en verre et l'observe. Il lève le bras et devant son torse je le vois l'armer. Mais qu'est-ce qu'oil fait ? Froid ! Je baisse les yeux et vois que l'eau à mes pieds s'est gelée et que je suis prit là. Je vais me tourner pour voir ce qui se passe. Le seul responsable que je vois c,estc'est Camus. Il peut pas entrer dans unune douche sans faire mourir tout le monde d'hypothermie ? « Camus ? »

Le mur éclate derrière moi, je sens la vitre pénétrer ma peau. Un cri s'échappe de ma gorge et fend l'air de ma douleur. Je tombe vers l'avant et arrête ma chute en posant mes mains au sol. J'intensifie mon Cosmos pour faire fondre la glace qui m'emprisonne. Je me libère du piège et fait volte-face vers le Verseau. « C'est quoi ton problème ? T'aurais pu me tuer ! » Il est là, très droit, sans expression. Un vent glacial me transperce. Shura tombe à genou et expire difficilement. Camus baisse son regard vers Shura, puis le remonte vers moi. Je vois une haine glacée dans son regard. Il secoue lentement la tête puis quitte les douches. Je me laisse tomber au sol, la tête entre les mains. Ceci n'était pas un cauchemar. Ça ne peut pas en être un : je suis en vie.


Voici la fin de ce chapitre. Comme le titre le dit, c'est le 6.1. Ce qui veut dire qu'il y a une autre partie qui s'en vient le plus tôt possible.

Si vous avez aimé, laissez-moi savoir. :)

Bonne journée