Chapitre 8 :You could be the hero
chanson :hall of flame- the scripts
Les entraînements s'enchaînaient, et Jack n'était pas réellement sûr de s'améliorer ni en tant que soldat, ni en tant que chef. Son instinct et ses stratégies pourtant réfléchies ne compensaient pas son manque de vision du terrain, et chaque réussite se soldait par la constatation douloureuse que seules les indications de Gabriel à son oreille lui avaient sauvé la vie. Au moins, il savait pourquoi c'était lui qui dirigeait l'escouade, remarqua la petite voix amère dans sa tête. Jack leva les yeux au ciel, épuisé contre lui-même.
Évidement que Gabriel était meilleur, il avait une ancienneté et un entraînement absolument inégalables. Comme la plupart, Reyes était un militaire de métier et non pas une recrue de service militaire. Il avait été sur le terrain avant même que Jack ne songe à s'engager. Il avait été commandant lors que lui faisait encore ses classes. Que Reyes soit meilleur que lui était absolument naturel, mais cela renforçait le sentiment désagréablement ancien du blond d'être une erreur de recrutement.
Bien sûr, le latino l'encourageait. Mais Jack se sentait mal de ne pas atteindre son niveau. C'était idiot et il était le premier à le savoir. Il se laissa tomber sur sa chaise du mess, perdu dans ses pensées circulaires et agacé.
Gabriel, voyant son second se morfondre, secoua la tête et se leva, quittant la pièce après avoir rangé son plateau à demi-entamé.
Malgré la frustration d'être forcé de rester à l'arrêt alors que sa blessure avait totalement guéri, cela lui avait permis de prendre du repos sans doute nécessaire après la mission. Gabriel se sentait plus serein et à l'écoute, en particulier envers Jack à qui il essayait d'apprendre le commandement, le traitant plus comme un élève que comme son second par moment.
Il avait également passé la semaine à travailler sur un problème de poids : le manque de vision de Jack, qui, en plus de le rendre moins efficace sur le terrain, par son absence de d'évolution visible, rongeait son moral. Le latino n'avait pas eu besoin de gros effort pour comprendre que Jack n'arrivait pas à voir qu'il progressait.
Aucun entraînement, aussi intensif soit-il, ne pouvait permettre une évolution aussi rapide. Gabriel le savait. Or il avait besoin d'un second opérationnel, et ça ne pouvait plus attendre.
Il poussa la porte de l'armurerie, les deux ingénieurs qui travaillaient sur les armes et les armures de la section expérimentale le saluèrent poliment. Comme les médecins, ceux-ci étaient des scientifiques civils, travaillant exclusivement pour le programme.
L'équipe était composée d'un jeune homme qui passait sa vie à programmer des gadgets, tellement capable de créer tout et n'importe quoi que Gabriel le voyait comme une réincarnation de Batman, et un autre un peu plus âgé qui parlait de ses inventions avec un sourire presque paternel. A son entrée, les deux étaient assis devant leurs écrans, leurs plateaux-repas posés à côté d'eux. De larges plans de travail encombrés de matériaux insolites et de pièces d'armure s'étalaient dans leurs dos. Les larges écrans offraient des visualisations 3D des inventions et des différentes armes de l'escouade.
Le plus jeune posa son repas et se leva de sa chaise pour se diriger vers lui :
« Capitaine, je crois que j'ai fini votre recherche, il reste de petits calibrages, mais j'aimerais voir cela avec celui qui va le porter. Car vous m'aviez dit que c'était pour quelqu'un d'autre que vous, c'est cela ? »
« Le soldat Morrison », avoua le capitaine en rentrant les mains dans ses poches, un peu curieux de ce que le jeune homme lui avait créé.
« Je vois, il devra l'essayer et se faire à sa présence avant de venir me voir pour régler les détails. Je vous déconseille un véritable champ de bataille pour une première utilisation », souligna le jeune scientifique, en sortant l'appareil qui semblait se fixer au niveau de l'oreille et amener un écran fin et transparent devant l'œil.
« Évidement », crut bon de préciser Gabriel.
Le jeune armurier lui montra comment le régler et présenta ses différentes fonctionnalités.
La latino -assez curieux, il fallait l'admettre- le glissa sur son œil droit, laissant son œil directeur libre et l'alluma, essayant de s'habituer à cet écran bleu qui teintait tout ce qu'il voyait. Il battit de la paupière, affichant les différentes vues offertes par l'appareil pour marquer les cibles. C'était un entraînement en soi de comprendre comment cela fonctionnait. Mais il était certain d'une chose : ça allait le faire.
Gabriel éteignit finalement l'appareil et le posa :
« Félicitations, Zackary, il est parfait. »
Le jeune ingénieur secoua la tête, agitant ses mèches blondes, et sourit, lui évoquant un instant Jack par ses réactions :
« Pas encore parfait, justement, mais disons que c'est un très bon prototype, on l'améliora avec le temps », annonça-t-il avec un petit air fier, quoi qu'il en dise.
Après les remerciements de rigueur, Gabriel quitta la pièce, se dirigeant vers la salle d'entraînement où il supposait trouver ses hommes et un blondinet au yeux bleus en particulier.
Il trouva Jack en pleine conversation avec un grand brun, étudiant une stratégie viable dans un milieu non-urbain. Arland était un ancien Marine, et sa connaissance dans ce genre de stratégie était sans doute intéressante. De fait, l'écoute et la prise en compte de Jack étaient relativement exemplaires. Il n'avait peut être pas une très bonne vision du terrain mais il savait donner confiance en ses hommes à défaut de le faire pour lui-même.
Gabriel s'approcha et écouta en silence les arguments des deux parties et l'échange de savoir entre les deux hommes. Arland le vit en premier et s'interrompit pour le saluer : « Capitaine. » Jack le regarda sans trop de nervosité, se félicita Gabriel.
« Arland, puis-je t'emprunter Jack avant l'entraînement ?» questionna-t-il, s'essayant au tact et à la diplomatie.
L'homme hocha la tête. « Évidement. »
En le regardant s'éloigner, Gabriel regretta sincèrement qu'Arland ait exprimé que ce que leurs grades respectifs exigeaient et non pas ce qu'il souhaitait. La voix de Jack coupa ses pensées :
« Tu voulais me parler ? Tu veux reprendre le commandement ? » espéra ouvertement ce dernier.
Gabriel secoua la tête.
« Non, je dois continuer la musculation que la médecin m'a prescrite avant de reprendre le combat. Je voulais te confier un truc », expliqua Gabriel, minimisant le fait que sa mise à pied l'agaçait profondément.
Jack fronça les sourcils en voyant l'appareil
« C'est quoi ? »
« Une visière tactique. Une petite innovation technologique pour t'aider. Offerte par notre armurier. J'aimerais que tu l'essayes. »
Jack observa l'objet avant d'oser le prendre. En le retournant entre ses mains, il objecta : « Je ne devrais pas être une exception. »
« Tu en es déjà un, tu fais partie des 25 soldats américains modifiés génétiquement, Morrisson. Tu es une exception ! », gronda-t-il gentiment
Jack le regarda, se doutant de ce que voulait arriver à faire Gabriel, puis céda face aux yeux sombres et déterminés de son ami. Il saisit l'objet et le plaça à son oreille. Le boyscout se dirigea vers le champ de tir pour essayer de se faire à cette nouvelle aide. Il saisit le fusil à impulsion et activa les robots, d'abord à un niveau intermédiaire. Sous le regard scrutateur de Gabriel, il se mit en mouvement, rapidement rejoint par quelques autres membres de l'escouade sans doute curieux. Gabriel, sans jamais commenter, augmenta la difficulté. Certains soldats sourirent de la blague de leur commandant alors que d'autres plaignaient à mi-voix le blondinet d'avoir un mentor pareil.
Gabriel ne les écoutait pas. Son regard ne quittait pas le blondinet.
Jack se pensait peut-être en dessous de la moyenne du SPE, mais Gabriel, lui, voyait les immenses progrès qu'il avait déjà accomplis. Ses mouvements étaient mesurés et assurés. Les quelques instants d'hésitation dus à la visière avaient laissé place à une dangereuse efficacité. Gabriel voyait clairement ce que les instructeurs avant lui avaient perçu : un potentiel et une capacité d'adaptation qu'il aurait été criminel de ne pas exploiter.
Une faute que Gabriel n'était pas prêt à commettre.
Son sourire s'étira légèrement en voyant les scores s'afficher à la fin de la simulation : il avait réussi son pari.
Appuyé sur son arme, reprenant déjà son souffle, Jack le regardait : « Tu peux monter le niveau ? »
Un rire parcourut l'assemblée alors que Gabriel plantait ses yeux noirs dans ceux bleu océan de son ami : « Je crois que c'est trop tard pour ça, je l'ai déjà fait. »
Jack écarquilla les yeux, surpris, mais ne trouva rien à répliquer ni de raison valable de s'énerver devant cette preuve de confiance de son ami. Il s'intéressa enfin à son score, et secoua la tête incrédule. 98/100
Alors que certains cachaient sans doute leur jalousie en le taquinant pour son air niais, Gabriel intervint : « Je crois qu'il est grand temps de faire une vraie simulation, allez, en place ! »
Jack hocha la tête et rejoignit ses troupes. Certain que son ami serait à la hauteur, Gabriel se retira pour exécuter à la lettre la série d'exercices que lui avait fermement imposé le médecin pour reprendre sa forme. Il finit sa musculation avant de passer la main sur son flanc gauche où la cicatrice claire se détachait sur sa peau sombre.
On lui avait retiré la balle dans l'avion, car les modifications génétiques faisaient que la chair commençait déjà à se reconstruire autour de ce corps étranger. Gabriel se souvenait des médecins s'agitant autour de lui comme dans un rêve halluciné. Mais sans les anesthésiants rapides, il aurait pu continuer à se battre, il en était presque certain. De fait, trois heures plus tard, la peau s'était totalement refermée comme une promesse.
Bon, oui je suis fière de l'histoire que j'ai mit derrière la visière de Jack (oui je me suis amusé.) Pour teaser un peut le prochain, on va reparler un peut de combat et de guerre
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