Partie 3 : sur Terre
Chapitre 3
Je fus réveillé en sursaut par des coups violents frappés à ma porte d'entrée. J'entendis Grimmjow gémir et s'enfouir encore un peu plus sous la couette. Je décidais de me lever et d'aller gueuler sur l'connard qui osait bousiller ma grasse mat'. Merde ! Surtout une grasse mat' avec un mec sexy dans mon lit ! Je rentrais dans mon gigaï et sortis de la chambre, vêtu de mon T-shirt nocturne et d'un caleçon. J'ouvris en grand la porte et m'apprêtais à gueuler mais je stoppais net en voyant qui se tenait devant moi.
-Qu'est ce…
-Bonjour, bonjour Hasekawa, chantonna Urahara-san, caché derrière son éventail. Je te réveille peut être ?
-P'tain ! Mais qu'est c'vous foutez là ?
-Je suis venu voir comment tu te portais.
Et il força le passage pour enter chez moi. Légèrement choqué, je le laissais faire. Il enleva ses getas et commença à visiter mon appart en commençant par la cuisine. Je réagis quand je le vis prendre la direction de la chambre. Je me mis entre lui et la porte, les bras croisés sur la poitrine.
-Ce n'est pas que je n'aime pas votre compagnie, Urahara-san, mais j'aimerais savoir c'qui vous amène de si bon matin chez moi ?
-Tu n'es pas seul ?
Il semblait s'amuser. Il commençait à m'énerver. Ch'uis pas du matin et puis s'en est des manières d'emmerder les gens comme ça?
-Effectivement ch'uis pas seul. Alors si vous pouviez me dire …
-Non mais c'est quoi c'bordel ?
Je me retournais et me figeais en voyant Grimmjow, debout et nu, dans l'encadrement de la porte. Non mais c'est pas vrai ! Il aurait pas pu rester au lit cui'là !
-Mais regardez moi ça ! qu'avons nous là si ce n'est notre cher Jaggerjack-san !
-P'tain t'es qui toi ?
Je sentais la tension commencer à monter. Je décidais de couper court à tout ça. Je plantais mon regard dans celui du blond.
-Grimm … retourne dans la chambre et habille-toi s'il te plait.
Je l'entendis grommeler puis fermer la porte. Pour une fois, il fit ce que je lui demandais. Il n'avait pas sauter au cou de notre invité surprise pour l'étrangler et c'était déjà ça. Je tendis le bras pour indiquer à Urahara-san la cuisine. Il se dirigea vers elle un petit sourire aux lèvres.
-Café ? demandais-je.
-Thé, si tu as, me répondit-il en s'asseyant.
Je me retournais et mis la cafetière en route. Puis, je me mis à chercher de quoi faire du thé. Nous restâmes silencieux. Je me servis une tasse de café. Le frémissement de l'eau mit fin au silence. Je lui servis une tasse de thé et je m'assis en face de lui. Puis je vis Grimmjow venir s'installer à coté de moi. Il était douché, habillé et calme apparemment. Il posa sa main sur ma cuisse et je sentis dans son geste tout le réconfort et le courage qu'il voulait me transmettre.
-Bien … je vois que tu n'as pas l'intention de nier, déclara-t-il.
-Pourquoi j'le f'rais ? Vous l'avez vous vu, non.
-Comment en es-tu arrivé là ?
Il posa son éventail sur la table et porta la tasse de thé à sa bouche pour en boire une gorgée. Je le regardais faire. S'il croyait que j'allais lui raconter quoi que ce soit, il se fourrait le doigt dans l'œil. Profond, très profond. Grimmjow se contentait lui d'écouter. Ses doigts caressaient doucement la peau de ma cuisse. Je bus une gorgée du liquide amer que contenait ma tasse avant de la reposer.
-Demandez donc à Kenpachi Taïcho, déclarais-je.
-Ooohhh ! ! ! ! Et que vient donc faire le Taïcho de la 11eme division dans cette histoire ?
-Vous n'aurez qu'à lui demander, fis-je évasif.
-Tu n'y met pas beaucoup du tien.
Il avait reprit son éventail et se cacha derrière.
-Ne me dites pas que vous n'êtes au courant de rien, rétorquais-je. Tout c'bordel a commencé dans vot' magasin, y a 4 ans.
-Vraiment ?fit-il d'un voix mielleuse.
-P'tain, jura Grimmjow. Tu vois pas qu'il t'cuisine pour en savoir plus.
Le bleuté se retourna vers le marchand et lui lança son regard le plus noir. Ce qui lui fit ni chaud ni froid.
-Vous allez m'balancer ?
-Oh, voyons Hasekawa, pourquoi ferais-je une chose pareille ?
La lueur malicieuse qui brillait dans son regard n'arguait rien de bon pour mon avenir.
-Parce que ch'uis un Espada ? ironisa Grimmjow.
-Pour l'instant je n'ai aucun intérêt à dire quoi que se soit à qui que se soit … mais … si jamais j'ai besoin d'un coup de main …
Il laissa sa phrase en suspens. Mais il n'était pas dur de deviner la suite.
-Ok, répondis-je.
Je vidais ma tasse de café et plantais mon regard dans le sien.
-Et si on en venait au but de votre visite ?
Tout d'un coup il redevint sérieux, posa son éventail sur la table. Son regard se perdit dans sa tasse de thé avant qu'il ne la finisse.
-Réunion générale. Le Soutaïcho rappelle tous les shinigamis en poste sur Terre. Dans trois jours, se déroulera les tests pour le choix des Taïcho des 3eme, 5eme et 9eme division. Il y aura une redistribution des postes de fukutaïcho aussi.
Son regard sur moi se fit plus insistant. Ce qui m'agaça. Grimmjow sentit que quelque chose lui échappait.
-Ça veut dire quoi, ça ?
-Oh ! Tu ne l'a pas informé de ta position ?
-Non, chuchotais-je. On parle pas boulot.
-Sun, gronda Grimmjow, ça veut dire quoi ?
Je baissais la tête. Il prit mon menton d'une main pour m'obliger à le regarder. Je détournais les yeux. Je ne voulais pas qu'il l'apprenne comme ça.
-J'ai des chance de passer fukutaïcho et donc de quitter ce monde-ci.
Il accusa le coup, croisant les bras sur sa poitrine. Urahara-san semblait bien s'amuser à nous regarder. Je focalisais mon attention sur lui.
-C'est tout ? demandais-je au marchand.
-Tu pars demain … avec Kuchiki-san.
-Très bien … j'vous raccompagne pas … vous connaissez la sortie.
Il se leva, nous salua et sortit. Je restais à écouter les bruits décroissants de c'porteur de mauvaises nouvelles. Un claquement de porte confirma le départ du blond.
-Tu vas pouvoir m'expliquer p'etre maintenant ? gronda Grimmjow.
Son regard noir me fit frissonner. Je n'aimais pas le voir comme ça. Ça n'arguait rien de bon pour la suite.
-Grimm …
-Tu comptais m'en parler quand ?
Il se leva en s'enfuit dans la chambre. J'entendis la porte claquer. Je soupirais. J'allais encore avoir doit à une crise ! Je posais mes bras sur la table et y enfouis ma tête.
Je dus m'endormir car ce fut Grimmjow qui me réveilla. Je sursautais quand il posa sa main sur mon épaule.
-Sun, dit-il tout bas.
-Grimm.
J'enfouis mon visage dans son ventre et y déposa quelque baisers. Le sentant répondre positivement à mes attentions, je les continuais en faisant courir ma langue sur ses abdos. Je posais mes mains sur ses fesses et commençais à les caresser doucement. Sa respiration s'accéléra un peu.
-Suuunnn, gémit-il.
-Oui ?
-Pourquoi t'as rien dis ?
Je stoppais tout mais ne bougeais pas.
-T'as si peu confiance en moi ? continua-t-il.
-Non … c'est pas ça, commençais-je. Si j't'ais rien dis … j'voulais pas t'en parler tant que c'était pas sur … tant que rien n'était confirmé … j'voulais croire que ça n'arriverait jamais.
Je détachais mon visage de son corps de rêves et me levais pour me blottir dans ses bras. Il les referma sur moi, emprisonnant mon corps dans son étreinte, comme il avait déjà emprisonné mon cœur.
-Et si tu continuais c'que t'as commencé, me lança-t-il avec un sourire pervers collé sur le visage.
Je me détachais de lui et l'entraînais dans la chambre.
J'avais laissé un Grimmjow passablement énervé sur terre et je me retrouvais passablement énervé à mon tour en voyant qui se dirigeais vers moi. La 11eme division en force ! J'étais seul. Je me rendais dans ma division après avoir quitter Sona et la 6eme. Je me trouvais sans possibilité de couper. Et merde ! Il m'avait vu et reconnu.
-Sun !
-Oui … Kenpachi Taïcho.
Un sourire carnassier sur ses lèvres et la lueur dans son regard n'arguaient rien de bon pour moi.
-Content de te voir.
-Pas moi. Si vous le permettez, je dois rejoindre mon Taïcho.
-Oh t'en fait pas Ukitake n'dira rien si t'es en retard.
Il se dressait face à moi, son petit lieutenant sur l'épaule, Madarame et Ayasegawa de part et d'autre de leur Taïcho, prenant ainsi toute la largeur du passage. Ils semblaient avoir été mis au courant. Ils me regardaient d'un air de défi. Pour eux, je n'étais que le jouet que désirait Kenpachi.
-C'est pas que j'm'ennuie avec vous Taïcho … mais j'ai autre chose à faire.
Je fis volte face et partis par où j'étais venu.
-Où tu vas comme ça ? cria le chauve.
Je le vis atterrir devant moi et me barrer la route. Je secouais la tête et soupirais.
-J'ai pas d'temps à perdre avec toi. Dégage !
-Et tu crois qu'tu m'fait peur ?
-Tu devrais, grondais-je.
Je n'avais plus rien à voir avec l'humain qu'il avait rencontré ou avec l'âme récemment morte que j'étais la dernière qu'il m'avait vu. S'il ne voulait pas me laisser passer, il allait voir de quoi j'étais capable. Et apparemment, c'est ce qu'il voulait. Il dégaina son zanpakuto et se mit en position.
-Montre-moi ça, me défia-t-il.
-Avec plaisir.
Je sortis Taiyoufuu de son fourreau et me mit en position. J'ancrais mon regard dans le sien et attendis qu'il attaque. Aucun de nous ne bougeait. Il semblait attendre que je l'attaque, mais il n'aurait pas ce plaisir. Je vis la rage s'inscrire sur son visage et il s'élança sur moi. Je parais ses coups avec la plus grande facilité. Certes ils étaient violents, mais rien en comparaison de ceux de Kurosaki. Il semblait déconcerté de me voir accuser et parer ses coups aussi facilement. Il continua encore un moment puis se recula de moi et me fixa profondément.
-C'est n'importe quoi … tu ne fait que parer … comment tu veux qu'j'ai peur comme ça ? me lança-t-il ironiquement.
Ce qu'il ne savait pas comment je me battais. Le première phase était toujours la même : observation. La suivante : attaque. Je bondis donc sur lui, mais en utilisant le shunpo. Avec si peu de distance entre nous ça s'avérait déstabilisant pour lui. J'apparaissais pour lui porter un coup puis disparaissait pour lui en porter un autre à un autre endroit. Il paraît comme il pouvait. Je sentais ses efforts pour garder le contrôle de ses gestes et ne pas céder à un certain défaitisme. Il m'avait sous-estimé et il semblait s'en rendre compte. Je voulais en terminer rapidement. Je redoublais donc d'effort avant qu'il ait l'idée de passer en shikai. Je ne voulais en venir là avec lui. Je ne voulais pas le libérer avant de me battre avec Kenpachi. Je voulais lui laisser la surprise.
Je portais un coup plus violent que les autres et envoyais mon adversaire dans un mur. Il y causa un sacré trou mais ne se releva pas.
-Ikkaku ! hurla le brun qui se précipita sur son camarde.
Le chauve était à peine conscient et Ayasegawa ne semblait pas vouloir être le suivant.
-Ch'uis assez impressionné, j'dois dire.
Je me retournais au son de sa voix grave et du compliment. J'essayais de reprendre ma respiration le plus discrètement possible. Le combat m'avait fatigué. Il n'avait pas volé son siège.
-T'as vu Ken-chan comme il est fort ! s'exclama joyeusement la petite fille, toujours perchée sur l'épaule de son Taïcho.
-Ouais j'ai vu, déclara-t-il laconiquement. Yumichika emmène Ikkaku se faire soigner.
Le brun se retourna vers sa montagne de muscles de Taïcho.
-Mais Taïcho …
-Va … je m'occupe de lui.
-Oui Taïcho.
Le brun prit le chauve dans ses bras, le souleva doucement et disparut en shunpo.
-Bien, fit Kenpachi dans un grand sourire. Yachiru ?
-Oui Ken-chan ! s'exclama-t-elle en sautant pour aller se percher sur un mur blanc et ainsi pouvoir observer le combat qui allait se dérouler. Kenpachi avait compris que j'me laisserai pas faire, que j'avais beaucoup changé depuis la dernière fois où on s'était vu. Et je ne savais pas c'qui l'excitait le plus : me combattre ou me sauter. Je voyais bien qu'il avait envie des deux. Oui je voyais dans son regard qu'un fois qu'il m'aurait battu, il s'amuserait avec moi à un tout autre jeu.
-J e suis avec toi , me souffla Taiyoufuu.
-Je sais, lui répondis-je.
Et je décidais de passer à l'attaque. je savais comment combattait Kenpachi, j'avais déjà assisté à plusieurs de ses combats avec Kurosaki et j'en avais discuté avec le roux. Je n'avais donc pas besoin de la première phase. Il répondait à mes coups avec violence, un énorme sourire sur le visage. Je parais et attaquais comme je pouvais. Je me rendais compte de ma limite et décidais de libérer mon zanpakuto. Je bondis loin du Taïcho de la 11eme division. Il m'observait reprendre mon souffle.
-Alors c'est tout ce dont tu es capable ? tu vas pas aller loin si tu te bats pas à fond contre moi.
-Kinikakera Taiyoufuu !
Il sembla surpris un instant puis se ressaisit comme il remarquait que rien n'avait changé. Sauf qu'il se trompait. Taiyoufuu a la capacité de créer des illusions en manipulant les ions et les électrons présents dans l'air. Je contrôle ainsi ce que voit mon adversaire mais pas se qu'il peut entendre ou toucher. La lame de mon zanpakuto avait disparu, je gardais juste la garde en main. D'un mouvement du bras, je créais un déplacement d'air qui entailla le bras de Kenpachi. Pour lui, je n'avais pas bougé.
-Bordel !
Il regardait la plaie saignante. Puis reportât son attention sur moi.
-Illusion, hein, renifla-t-il. C'est vraiment pour les gonzesses !
N'appréciant pas la remarque, je recommençait et une nouvelle coupure apparue sur son torse, cette fois.
-Tu comptes te battre comme ça ! Très bien !
Et il bondit sur moi. Il enchaînait les coups de plus en plus violemment et de plus en plus fort. Je parais comme je pouvais. Mon illusion finit céder face à la pression de Kenpachi. Je bondis alors loin de lui pour reprendre mon souffle.
-Je ne le laisserais pas faire, me souffla Taiyoufuu. Il ne nous aura pas encore une fois.
-Alors nous sommes d'accord. Tu proposes quoi ?
-Je te donne ma force. Je te donne ma puissance. Fais en bonne usage.
Je venais de recevoir la soumission de mon zanpakuto. Je vis un mouvement d'air à coté de moi, comme l'été au dessus du bitume des routes surchauffées. Elle était venu se matérialiser pour me permettre de le battre et de lui échapper.
Je posais mes 2 mains sur sa garde. Un regain d'énergie et d'assurance afflua en moi.
-Bankai ! hurlais-je.
Le sourire de Kenpachi s'agrandit encore plus et il fonça sur moi. Il ne fit que deux pas avant de s'écrouler. Je venais de lancer Taiyoufuu sur lui. Elle s'abattit sur lui, le coupant et le transperçant à plusieurs endroits instantanément. Je regardais le corps agonisant de ce monstre de la nature quand le petit lieutenant apparut à coté de moi.
-Merci, me dit-elle. Grâce à toi Ken-chan s'est bien amusé.
Et elle s'inclina vers moi.
-Je vais prévenir la 4eme division, lui dis-je.
Et je partis vers les quartiers de Unohana Taïcho, ayant moi même besoin de soin et de repos.
