Bonjour tout le monde ! Vous êtes de plus en plus à commentez cette fiction, je vous en remercie de tout mon coeur :D

Dans ce chapitre, les sentiments de Ja'far sont mis en avant. J'espère donc que vous apprécierez ce chapitre comme les précédents. Merci encore pour lire cette fiction. Bonne lecture.


Sous les pétales de cerisiers

Semaine huit – Les non-dits


Ja'far avait pratiquement connu Sinbad depuis toujours ; ce dernier avait emménagé non loin de chez lui lorsqu'il débutait sa formation pour devenir enseignant. Ils ne devaient même pas être majeurs à cette époque-là. Et maintenant Sinbad allait sur la trentaine. Ja'far l'avait donc vu débuter, l'avait vu s'effondrer pour se redresser, pour tout de suite repartir et persévérer. Au tout début de leur rencontre, Ja'far n'avait pu supporter ce voisin bruyant qui ramenait souvent du monde dans son petit appartement. Lui aussi devait étudier pour aboutir à ses rêves, et le vacarme causé un peu plus loin l'en avait souvent empêché. Plusieurs fois d'ailleurs, il avait appelé la police pour avoir un peu la paix. De ce fait, il recevait souvent des mauvais retours de la part des amis de Sinbad, mais jamais de ce dernier qui lui souriait toujours gentiment lorsqu'ils se croisaient. Parfois, ses vitres étaient brisées à cause des cailloux lancés ou des œufs avaient été lancés sur sa porte, Sinbad alors s'excusait et venait l'aider à nettoyer ou réparer les dégâts encourus.

Il avait mis un certain temps avant de se familiariser avec le violacé, encore plus pour être agréable avec lui et commencer à sourire lorsqu'il le voyait à l'autre bout de la rue. Au fil des jours où ils se croisaient et discutaient ensembles, des soirs où Sinbad venait lui demander l'hospitalité car plus rien ne se trouvait dans son réfrigérateur, ou bien lorsque le week-end le violacé le forçait à sortir pour prendre l'air, Ja'far avait appris à mieux le connaître et le juger avec plus de considération. Pour finalement en tomber amoureux sans s'en rendre compte, absorbé par ses yeux ambrés tournés vers l'avenir et ce sourire qui pouvait tout ravager sur son passage. Sinbad était tout ce qu'il ne serait jamais, et ce encore à ce jour.

Confiant. Débrouillard. Courageux.

Et c'était pour toutes ces multiples raisons, de ces nombreuses années passées à ses côtés à l'expier de près, que Ja'far savait lorsque Sinbad se dérobait ou lui mentait. Il lisait en lui comme dans un livre ouvert. Au fil des années, une complexité entre eux s'était instaurée et s'était aussi vu renforcée lorsqu'ils avaient décidé de se mettre ensembles, après qu'une fois encore Sinbad ait bataillé pour le faire céder.

Mais tout ce qu'il pouvait penser concernant Sinbad, tout le respect mais aussi l'amour qu'il lui portait, personne d'autre que lui-même n'en était au courant. Pas même Sinbad. Surtout pas Sinbad. Comment se comporterait celui-ci s'il savait toutes ces choses intimes et gênantes ? Ja'far ne pouvait formuler ses pensées à l'égard du violacé à voix haute. Il n'était pas assez fort, pas confiant du tout et surtout il n'était absolument pas courageux. Il était même ce genre de personne à se tasser dans un coin d'une petite pièce, les yeux fermés et recroquevillé sur lui-même lorsqu'un danger était tout proche. Jamais l'idée de prendre les armes et de combattre ce danger ne lui viendrait à l'esprit.

« Où étais-tu ? »

Sa voix claqua dans leur salon, s'étant réveillé sans la présence du violacé à ses côtés. Ce dernier arrivait tout juste chez eux, dans cet appartement un peu plus grand pour qu'ils puissent y vivre confortablement à deux. Il était onze heures passé et Sinbad se trouvait étrangement habillé d'un costard. Il était donc impossible qu'il soit parti faire les courses ou autre bricole pour leur bien-être. Et à ce qu'il sache, Sinbad n'avait pas besoin de trouver un nouvel emploi.

« J'étais avec un élève, je lui fais prendre des cours particuliers pour qu'il réussisse l'examen trimestriel. Tu es levé depuis longtemps ? »

Ayant déchaussé ses chaussures à l'entrée, Sinbad se rapprocha de lui qui se trouvait assis autour du Kotatsu entreposé entre la cuisine et le salon, permettant ainsi peu de mouvement pour prendre quelque chose dans le réfrigérateur et pouvoir regarder la télé en même temps. Une fois rapproché de lui, Sinbad passa sa main dans ses cheveux argentés comme il avait l'habitude de le faire pour lui montrer qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Cependant, Ja'far n'était pas rassuré pour autant.

« Quel élève ? » Demanda-t-il aussitôt en se retournant pour suivre la trajectoire de Sinbad du regard.

Il vit ainsi son amant entrer dans leur chambre commune et retirer petit à petit ses vêtements pour simplement se retrouver en caleçon. Ja'far se souvint alors du fait que Sinbad n'aimait pas porter des vêtements serrés au corps et en porter surtout par obligation, comme à leur lieu de travail. Le conseiller laissa tout de même traîner son regard sur ce corps qui lui était offert, se baladant à moitié nu dans leur chambre à la recherche d'autres vêtements plus confortables. Ja'far s'était toujours demandé ce que pouvait bien lui trouver Sinbad ; lui qui était si musclé, si viril, si sociable. Sinbad avait tout pour lui, autant dans sa personnalité que dans son physique. Il était quelqu'un d'aimable mais aussi intelligent et beau. Il pourrait tant avoir de meilleurs amants que lui.

Finalement, Sinbad opta pour un haut large ainsi qu'un pantalon signalant le fait que le propriétaire ne comptait plus sortir aujourd'hui. Personne hormis lui, et peut-être leurs quelques amis proches, avaient vu Sinbad vêtu de la sorte. Lui qui normalement était toujours élégamment habillé et distingué. A la maison, Sinbad se relâchait. Et il était souvent le seul à voir ça.

« Le petit Alibaba, tu sais ses moyennes sont catastrophiques et il risque de redoubler. Tu pensais à qui ? Rétorqua-t-il en s'asseyant aux côtés de Ja'far tout en prenant la télécommande pour l'allumer.

— Judal. »

Face à l'honnêteté du conseiller, Sinbad marqua un temps de silence. Il dirigea ensuite son attention sur Ja'far qui l'observait sous toutes les coutures afin de chercher la moindre faille. Pourtant, Sinbad finit par sourire et se montrer le plus convainquant possible.

« Judal n'a pas besoin de mon aide, ses résultats sont en continuelle progression et il touche presque la perfection sans mon aide.

— Mais il y a ses cousins et le reste de sa famille qui vivent sous le même toit que lui. »

Sinbad fronça des sourcils, Ja'far l'aurait-il déjà démasqué ? Non ce n'était pas possible. Il n'avait pas averti Sharrkan du fait qu'il allait exécuter son idée et il n'en avait parlé à personne d'autre. De plus, cette femme lui avait ordonné de tenir ces rendez-vous secret. Ce n'était donc pas possible que son amant l'air découvert si rapidement.

« Je te dis que j'étais avec Alibaba, tu veux que je te passe le numéro de sa mère pour vérifier ? » Bluffa-t-il en regardant directement Ja'far dans les yeux.

C'était par-là le meilleur moyen pour convaincre Ja'far, le regarder directement dans les yeux alors qu'il disait quelque chose. Aussi, Ja'far soutint leur échange afin de voir s'il allait craquer ou non. Mais Sinbad ne comptait pas faiblir, il en valait pour son couple mais aussi pour sa petite enquête. Il ne désirait pas perdre Ja'far ni être obligé d'abandonner ses analyses de la famille Ren. Il était évident que quelque chose n'allait pas.

« Tu ne me mentirais pas, n'est-ce pas ? » S'enquit tout à coup Ja'far d'une voix légèrement tremblante.

Ce qui eut le mérite de pincer le cœur de Sinbad qui pourtant agita sa tête de droite à gauche avant de reprendre.

« Je t'assure que je ne donne pas de cours particuliers à la famille Ren. »

Ja'far acquiesça alors, s'excusant de se montrer sous ce jour. Sinbad passa ensuite sa main dans les cheveux de son amant et reposa ensuite son attention sur les informations qui circulaient lors des émissions journalistiques proposées par le programme de la télévision. Le reste de la journée se déroula tranquillement, Sinbad prépara ses prochains cours tandis que Ja'far suivait les actualités ou se mettait à lire dans un coin, rejoignant de temps à autre le violacé qui lui demandait son avis sur telle et telle astuce pour parvenir à quelque résultat.

Le quotidien de ces personnes se déroula ainsi pacifiquement ; Judal n'assistant pas à tous les cours que donnait Sinbad à sa cousine. Le violacé fut même permit de rejoindre la chambre de la jeune fille qui avait failli s'évanouir à cette nouvelle qu'avait annoncée sa Mère, afin d'être plus tranquille pour ses propres affaires. Au lycée, Judal ne semblait pas avoir évoqué le fait qu'il venait couramment chez lui puisque personne ne venait lui poser des questions et surtout Ja'far continuait à croire que son élève était Alibaba. Peut-être que seul le regard d'Hakuryuu aurait pu le trahir, mais encore cette fois-ci le lycéen se montrait très silencieux et le fixait simplement méchamment lorsqu'ils se rencontraient dans un couloir. Le message de sa part était clair, mais Sinbad ne comptait pas délaisser l'affaire pour autant. Ce fut de la sorte que les semaines défilèrent les unes après les autres pour enfin arriver aux examens trimestriels.

Quelques jours après le redoutable examen, les résultats furent affichés et dans tout l'établissement scolaire se fit entendre la grande nouvelle. Posté devant le panneau d'affichage, sa veste de lycéen toujours attachée autour de sa taille et quelques boutons de sa chemise défaits, Judal regardait les résultats avec un sourire carnassier. Il était premier. Il était passé devant Hakuryuu et devant tant d'autres encore.

Se retournant pour partir à sa salle de cours, son sourire toujours accroché aux lèvres, Judal croisa au même moment Ja'far qui sortit de son bureau afin de pouvoir faire des photocopies. Bien sûr que le conseiller d'orientation avait consulté les notes des élèves, et savait donc que le brun se trouvait en haut de l'affiche, mais le voir élaborer un pareil sourire l'énerva bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Aussi inconsciemment, Ja'far s'arrêta après que Judal l'ait fait afin de lui faire face. Puisque les résultats venaient d'être affichés, peu de monde circulait en ce moment dans ces couloirs.

« Si tu attends des félicitations, va te faire voir, grinça le conseiller avec sa pile de documents tenus par ses bras et ramenés contre son torse.

— Oh mais te voir de mauvais poil suffit à mon enchantement, mon petit Ja'far ! »

Ce dernier jura une nouvelle fois, se remettant alors en mouvement afin de s'éloigner de cet élément perturbateur. Mais alors que Ja'far se mettait en chemin pour passer à côté de Judal, ne pouvant passer de l'autre côté puisque celui-ci ne le mènerait nulle part, Ja'far sentit son sang tourbillonner à folle allure dans ses veines et tempes lorsque la voix horripilante de Judal reprit la parole.

« Bientôt, Sinbad sera à moi. »

Judal fut alors celui qui s'éloigna pour ensuite disparaître, son sourire s'amplifiant sur son visage. Quant à Ja'far, ce dernier se retourna par l'assurance et surtout la persévérance dont faisait preuve ce gamin. N'avait-il toujours pas compris que Sinbad était avec lui et qu'il ne le quitterait jamais pour aller avec quelqu'un comme ce lycéen ? Pourquoi Judal s'acharnait-il à ce point ? L'emprise de Ja'far sur les nombreux documents se resserra donc, rapportant son attention sur le sol à ses pieds. Une voix dans sa tête le mettait en alerte, que quelque chose n'allait pas.

Et bien vite, une boule se créa dans son estomac pour ne plus le quitter.

De son côté, maintenant assis à son bureau, Judal était extrêmement fier de lui. Dorénavant, cette femme relâcherait un peu sa surveillance et il pourrait de nouveau s'échapper au cours des vendredis soir comme avant. Néanmoins, le jeune homme était surtout fier d'un fait en particulier : Sinbad lui portait de plus en plus d'attention bien malgré celui-ci. Judal l'avait remarqué un soir où il était resté dans sa chambre, puisque maintenant le violacé travaillait dans la chambre de sa cousine. Il était sorti de son antre un court instant afin de se trouver quelque chose à se mettre sous la dent, la porte menant à la chambre de Kougyoku étant ouverte pour permette à n'importe qui de vérifier ce que faisait le professeur avec son élève. Durant le cours trajet, Sinbad ne l'avait pas lâché du regard et même une autre fois il s'était levé pour le rejoindre et lui demander de participer au cours. Soit disant pour mettre en confiance Kougyoku et lui montrer de façon évidente ses progrès ; le but étant de démarrer tous deux le même exercice de façon séparée et voir lequel d'entre eux le terminerait en premier. Au début, Judal la battait dès qu'elle posait son crayon sur la feuille pour débuter. Mais maintenant, il devait reconnaître que sa cousine l'impressionnait bien qu'elle soit encore très loin de le battre.

Souvent aussi, Judal emmenait Sinbad à l'extérieur et lui proposait toujours de venir dans sa chambre. Après tout, il n'avait rien à perdre. Une fois alors qu'il était descendu car cette femme l'avait appelé pour lui parler sérieusement, Judal avait retrouvé Sinbad, ayant terminé son cours particulier, devant la porte close menant à sa chambre. La main sur la poignée d'autant plus. Cette fois-là, Judal n'avait pas pu s'empêcher de rire à gorge déployée et faire partir Sinbad sans un mot de plus.

Dorénavant, le jeune homme était certain d'avoir une chance. Sinon pourquoi l'enseignant agirait-il de la sorte ?

De bonne humeur, Judal profita de ces instants afin de pouvoir se relaxer un moment. Il avait tout de même bossé certaines matières pour pouvoir être le premier. Maintenant, il pouvait bien s'accorder un peu de répit. Et puis ses professeurs pourront bien comprendre qu'après ses efforts, il pouvait bien se lâcher un peu. Judal passait donc la plupart de sa journée à rêvasser sur son bureau au lieu de participer au cours comme il en avait donné l'habitude.

Le midi comme à leur habitude, Sinbad et ses amis se rejoignirent à leur petite brasserie qui ne se trouvait pas bien éloignée de leur lieu de travail. Ja'far se trouvait assit aux côtés du violacé, se laissant davantage aller au mutisme depuis sa rencontre avec Judal. Le conseiller n'était pas parvenu à sortir une autre phrase, soufflant simplement quelques mots afin de participer à la conversation lorsque des questions lui étaient posées. Son état avait inquiété Sinbad, mais comme Ja'far ne disait rien d'autres que « oui » ou « non », le violacé attendait maintenant que son amant s'explique de lui-même. S'il n'avait pas envie d'en parler, il ne le forcerait pas. En face d'eux ensuite se trouvait comme d'habitude Yamuraiha, Sharrkan et Masrur, toujours aussi silencieux.

« Vous avez vu ? Judal est arrivé premier aux examens, s'écria Sharrkan toujours ébahi par cet exploit.

— Vous êtes sûr qu'il n'a pas triché ? S'enquit ensuite Yamuraiha, peu convaincue.

— De ce que je sais avec ma matière, Judal a d'énormes facilités. Ça ne m'étonne pas, il fallait juste qu'il y mette du sien, confessa Sinbad en attendant que leur commande leur soit servie.

— Et puis son comportement s'est amélioré aussi, non ? Il n'a plus séché un seul cours de sport ! Moi qui pensais que c'était ce genre d'intellectuel qui sont forts en calcul mais nul en sport… En plus, il a ramené de si jolies filles ! »

Sharrkan se tortilla un instant sur place en repensant au moment où ces adorables lycéennes venaient voir sauter le lycéen afin de l'encourager. La côte de popularité de Judal avait grimpé au plafond suite à son changement de comportement.

« Oui enfin ça m'étonnerait que Judal apprécie leur engouement pour lui, haha ! Souffla Sinbad tout en remerciant la serveuse qui vint leur apporter petit à petit leurs plats.

— Oh tu sais, au début je pensais qu'il était comme vous deux avec Ja'far. Un gay qui court après tous les hommes certes, mais un gay tout de même. Mais en fait, il est très à l'aise avec les filles aussi, expliqua Sharrkan en mangeant comme si de rien n'était.

— Il doit être bi, pour pouvoir toucher à tout lorsqu'il est en manque. » Railla Yamuraiha, ne mâchant pas ses mots à l'égard du brun.

Pendant un instant Sinbad cessa de penser, se plongeant dans ses réflexions sans s'en rendre immédiatement compte. Judal, bi ? Pourtant cette fois-ci au parc, il l'avait vu entre les mains d'un homme. Mais se pourrait-il vraiment que son amie ait raison ? Sinbad n'avait pas le souvenir d'avoir vu le lycéen aux côtés d'une jeune fille au cours des années précédentes, hormis peut-être de Kougyoku sa cousine lorsque celle-ci pensait être l'amie du brun.

« Tu étais pareil à son âge, railla à son tour Ja'far tout en continuant à regarder ses plats.

— Eh ? S'écria alors Sinbad, choqué.

— Quand nous n'étions que voisins et que tu faisais tous les week-ends des soirées dans ton appartement. Tu le faisais aussi partout, à un tel point que j'avais simplement à ouvrir ma fenêtre pour te voir avec quelqu'un.

— Oh-oh ! Notre petit Sinbad aurait donc satisfait pleinement sa libido d'adolescent, se moqua Sharrkan en se rapprochant pour dégoter d'autres ragots de la sorte.

— La ferme ! Je n'étais pas comme ça, rappela-t-il alors en se tournant pour faire face à son amant qui mangeait toujours calmement.

— Si. Un matin même je t'ai retrouvé complètement nu dans mon jardin, en train de dormir. »

Des sueurs froides prirent tout à coup Sinbad qui se souvint de ce moment, enfin surtout du fait qu'il avait failli y laisser sa vie car Ja'far l'avait roué de coups. L'expression de son visage fit alors beaucoup rire ses amis, hormis Ja'far qui restait imperturbable, Masrur qui souriait simplement, et Sinbad lui-même qui tentait tant bien que mal de rattraper la situation.

Le cours des choses aurait très bien pu continuer de la sorte seulement la vie était bien connue pour y ajouter son grain de sel. Rien ne pouvait être tout beau tout rose trop longtemps. Ce jour où la vie décida de se mêler au destin, tomba sur un vendredi. Comme d'habitude, après les cours il était prévu que Sinbad rejoigne la maison des Ren. La mère de cette grande famille l'avait appelé afin qu'il poursuivre ses cours particulier avec la petite Kougyoku, très satisfaite par les progrès de cette dernière qui se trouvait dans le classement des cinquante meilleurs élèves. Kougyoku était donc très heureuse d'avoir encore un peu rien que pour elle le beau professeur, décidant d'y mettre encore plus d'efforts pour être dans le top trois la prochaine fois.

Ce soir-là, Sinbad et Ja'far ne rentrèrent pas ensembles. Ainsi pendant que Sinbad flânait en ville pour attendre que l'heure arrive afin de se rendre à l'arrière de la maison des Ren, Ja'far avait un dernier rendez-vous prit à la dernière minute ; un élève voulait le voir impérativement afin de décider de son avenir prochain. Ses résultats n'étaient pas du tout bons et il ne savait pas quoi faire plus tard.

Cet élève était Alibaba Saluja.

De son côté, Sinbad entendit le bruit d'une bagarre et vit plusieurs citoyens s'enfuir en courant après avoir prononcé les mots de yakuzas et de règlement de compte. Courant à l'inverse des citadins vers l'endroit où se déroulait le combat, son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il identifia la silhouette de Judal entouré par tant d'hommes armés jusqu'aux dents.

Car les mensonges sont connus pour n'amener rien de bons avec eux, entraînant par la suite tout un tas de problèmes, les non-dits eux étaient bien plus effroyables et irréversibles. Ce midi-là au lieu de se taire et attendre que Ja'far vienne à lui, Sinbad aurait dû insister et s'inquiéter davantage pour son amant qui aurait fini par céder comme toutes les autres fois. Si Sinbad avait parlé de ses rencontres journalières chez les Ren à quelqu'un de confiance, peut-être même autre que Ja'far, il aurait pu trouver un moyen de s'en sortir. Mais n'étant pas le seul fautif, si Ja'far avait fait part de ses craintes, Sinbad aurait compris dans quel mal-être il vivait ces derniers jours et l'aurait aidé à aller mieux.

Et si la famille Ren toute entière avait parlé, la vie de tous serait bien plus simple et libre.