Un nouveau chapitre ! ~

Je tiens à préciser quand dans les chapitres 2, 3 et 4, j'ai remplacé le nom de la petite amie de Colin par Mandy Brocklehurst, car il se trouve que Pansy Parkinson était une Serpentard... Je ne sais pas trop ce que j'ai fichu en écrivant ma fic y a deux ans, mais bon, le tord est maintenant réparé ! 8')

Enfin bon, comme d'habitude, merci de me lire, ça me fait très plaisir ! Pleins de petits cœurs sur vous ! :3

Bonne lecture !


Chapitre 7: Need love…

« C'est une blague ? Non mais parce que même toi je t'ai entendue en faire des meilleures Granger. »

Celle-ci soupira, excédée par l'attitude redevenue moqueuse de son homologue. Il semblait réellement persuadé qu'elle plaisantait. Ou alors c'était peut-être qu'il n'acceptait absolument pas une telle idée.

« C'est bien ce que je pensais Malefoy, tu ne peux pas le faire. Tant pis. Tu devras faire avec cette marque et avec les ordres de Voldemort. Moi je vais me coucher. »

Voulant rentrer dans sa chambre dont la porte encore entre-ouverte, il la retint par la manche. Décidément c'était une véritable habitude.

« Attend. Tu veux dire qu'il faut vraiment que j'aime quelqu'un ? »

Il semblait désappointé. L'ancienne Gryffondor le comprenait. Elle-même avait eu, au début, du mal à penser que cela pourrait réellement marcher. Puis elle avait réfléchi. Elle avait repensé à Harry, qui avait survécu à un sortilège de mort, à sa victoire sur Quirrell en première année… Et elle n'avait trouvé rien d'autre d'envisageable.

« Oui, Malefoy. Je n'ai pas d'autre idée à te proposer. »

Le blond sembla perdu dans ses pensées pendant quelques secondes, avant de sourire. Ce fameux sourire en coin si désarmant pour la plupart des filles, mais tellement horripilant au goût d'Hermione.

« Ça ne va pas être dur. Poudlard entier est à mes pieds !

-Paye ta modestie surtout ! Je te signale que beaucoup des élèves le sont simplement parce que tu es un allié de Voldemort, et que tout le monde le sait.

-Premièrement Granger, je ne le suis plus. Secondement, si les filles m'aiment c'est grâce à mon charme, que tu ne le reconnaisses ou non. Tout simplement. Tu en as déjà fait les frais… »

Il se rapprocha dangereusement d'elle, son regard toujours planté dans les yeux chocolat de la jeune fille. De plus en plus, il la força à se plaquer contre le mur. Quand il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, elle sentit son cœur battre à tout rompre sous le regard provocant du prince des serpents. Elle réussit avec une volonté surhumaine à se décaler, brisant son attitude charmeuse. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui résiste, cela se voyait alors qu'il fronçait les sourcils. Elle devait avouer qu'elle comprenait pourquoi. Dès la troisième année du Serpentard, les filles qui n'avaient pas peur de son sale caractère et ne s'intéressaient qu'à son physique s'étaient mises à lui courir après. Et il avait l'air d'avoir appris à charmer les demoiselles avec efficacité.

« Et ça m'avait suffi merci bien. Et réussir à mettre les filles dans ta poche ou… dans ton lit… ne signifie pas qu'elle t'aime sincèrement. Et encore moins que tu les aime. »

Ayant récupérer son attitude hautaine –comment faisait-il pour changer de comportement avec tant de facilité et aussi rapidement ?- il haussa les sourcils en répondant simplement :

« T'inquiète pas Granger, ça n'a rien de compliquer de faire tomber une fille amoureuse. »

Elle leva les yeux au ciel. Quelle attitude suffisante !

« Tu oublies que c'est tout aussi important c'est que tu tombes amoureux toi. Donc tu vas essayer ?

-Je vais même faire mieux Granger ! Je vais réussir.

Il rajouta alors, tel un avertissement :

« Mais si ça ne marche pas, tu vas m'entendre… »

Hermione haussa les épaules, celle-ci était persuadée que de toute façon il n'arriverait pas à quoi que ce soit s'il continuait comme ça.

Mais elle devait avouer qu'elle était très étonnée par le choix de Drago de se rebeller… Elle se rappela soudain son altercation dans le couloir avec lui, en septembre, le jour où elle avait deviné que Voldemort n'avait eu que faire d'une demande de sa part. Si ce n'était pas la première fois, ce n'était pas étonnant qu'il ait été frustré. Mais au point de tout arrêter… La lionne se décida à rester prudente, et se promit de faire attention aux détails pouvant trahir un mauvais coup. Mais si c'était dénué de ce genre d'idée, alors elle devait avouer que Drago remontait dans son estime.

~°oOoOoOoOo°~

Le lendemain matin, Hermione s'éveilla dans sa chambre de préfète, dans laquelle elle n'avait définitivement pas l'habitude d'ouvrir les yeux. D'abord perdue, elle se rappela ensuite les évènements de la nuit. Elle s'était couchée juste après sa discussion avec Malefoy –c'était pour dormir qu'elle était venue ici après tout !- et était tombée de fatigue. Elle avait dormi toute habillée, bien qu'elle fut dans une chambre à elle. En effet, elle le faisait habituellement car dans le dortoir des Seprentard elle avait été obligée de prendre cette résolution, à cause des mauvaises blagues matinales auxquelles elle avait droit parfois.

Il devait être l'heure de se lever maintenant… Elle jeta un coup d'œil vers sa montre. Une tâche noire l'empêchait de distinguer les aiguilles. Alors qu'elle se demandait si sa vue était troublée par son réveil récent, son corps lui avait déjà compris, et elle cria quand son cerveau saisit le problème.

Une monstrueuse araignée s'était installée sur la montre qu'elle avait posée sur sa table de chevet et, quelque peu arachnophobe qu'elle était, sa plainte aiguë était sortie toute seule. Elle était incapable de bouger, de peur de faire fuir la monstrueuse arachnée dans un recoin de se chambre, ce qui l'empêcherait de revenir un jour dans cette pièce. Il fallait avouer qu'elle était presque contente d'avoir été pétrifiée en deuxième année, lorsque Ron et Harry étaient partis dans la forêt interdite. Cela lui avait heureusement évité d'entrer dans le nid à araignées d'Aragog.

Sa porte s'ouvrit alors, laissant entrer un Drago torse nu au regard alarmé. Il ne tarda pas à se demander pourquoi il avait entendu crier alors qu'Hermione était simplement dans son lit. Elle hurlait pour ses cauchemars maintenant ? Mais il aperçut alors la petite bête que son homologue lui montrait d'une main tremblante. Il leva les yeux au ciel, avant de s'avancer, d'attraper la montre avec l'araignée dessus sous les yeux effarés de la fille. Il jeta finalement l'araignée par la fenêtre après l'avoir ouverte, derrière des rideaux rouge et argent.

Alors qu'il se tournait à nouveau vers elle, l'air moqueur, elle balbutia un merci.

« Une vraie gamine, Granger ! »

Mais elle ne répondit pas immédiatement. Maintenant débarrassée de cette énorme araignée, elle posa le regard sur le sorcier. Elle remarqua seulement alors que le garçon était vêtu uniquement d'un pantalon, dévoilant un torse finement musclé, et le rouge lui monta aux joues. Elle se secoua, se forçant à répondre à la provocation. Mais il la devança.

« Hé Granger, arrête de baver ! Je sais que je suis agréable à regarder mais tout de même, un peu de tenue… »

Avec un regard noir, mais tout en étant rouge comme une tomate, elle répondit :

« Je ne bavais pas ! »

Bravo la répartie… l'ancienne Gryffondor s'en serait donné des baffes. Mais elle changea d'avis en entendant Malefoy rire. C'était plutôt lui qu'il fallait gifler, pour lui apprendre la modestie. Et lui apprendre à cesser ses habituelles moqueries et sarcasmes. Cependant, au grand bonheur de la fille aux cheveux châtains, il n'insista pas, sortant de la pièce.

Alors qu'elle s'étirait, elle l'entendit dire nonchalamment :

« Au fait Granger ! Si tu veux pas être trop en retard, je te conseillerais de te dépêcher, le cours est en train de commencer… »

Celle-ci ouvrit de grands yeux surpris, se jetant sur la montre que Drago avait reposée sur sa table de nuit. Il était neuf heures deux, et elle ratait le début de son cours de sortilèges ! Se précipitant hors de son lit, elle se changea avec les habits qui se trouvait dans un tiroir de son bureau, utilisa un sort pour démêler ses cheveux de façon correct, vérifia qu'elle ne ressemblait pas à un épouvantail mal réveillé dans un miroir, enleva une plume dans ses cheveux qui venait sans doute de son oreiller, et sortit en trombe de la salle commune, laissant un Malefoy hilare. Cette fille ne savait donc qu'être sérieuse, capable de se mettre dans cet état pour un retard de cinq minutes ? Il rentra dans la salle de bain, ses habits pour les cours coincé contre lui par son coude gauche. Il ne comptait aller qu'aux cours de l'après-midi. Il remarqua alors un bâton allongé posé devant la glace.

Granger avait oublié sa baguette.

Et il était le seul à le savoir. Quand elle le remarquerait, il serait sans doute déjà trop tard, et elle serait prise au dépourvu. Drago pesa le pour et le contre, il détestait rendre service, mais après tout elle l'avait aidé. N'avait-il pas une dette ?

Fixant son reflet, Malefoy murmura :

« C'est vraiment parce que je lui dois bien ça… »

Et, enlevant son jeans, il mit ses habits d'élèves.

...

Arrivant dans la salle de classe, Hermione fut soulagée de voir que les élèves venaient vraisemblablement de s'asseoir. Cependant, elle avança tête basse dans la pièce, et s'excusa auprès d'un Flitwick qui ne tiendrait évidemment pas rigueur d'un seul petit retard à sa meilleure élève. Elle s'assit à côté d'une Ginny qui lui faisait les gros yeux. Elle lui demanda à voix basse où elle était passée, alors que le professeur Flitwick commençait sa leçon théorique.

La brune répondit évasivement.

« Trop long et compliqué à t'expliquer… »

En effet, ce n'était pas le moment d'en parler, et l'ainée hésita soudain. Devait-elle vraiment lui dire toute la vérité, y compris cette histoire de faire tomber amoureux Malefoy ? Il n'y avait pourtant aucun raison de ne pas le faire, mais elle ne pouvait s'empêcher de tergiverser.

C'est alors que le professeur de sortilèges demanda aux élèves de sortir leurs baguettes. Le visage d'Hermione se décomposa lorsqu'elle toucha sa poche, vide.

Elle avait oublié sa baguette.

« Ça va pas Hermione ? demanda Ginny. Tu es pâle d'un coup.

-Je… Je n'ai pas ma…

-Excusez-moi du retard professeur ! lança une voix depuis le fond de la classe, professeur. »

Le dit professeur ne sembla pas apprécier l'arrivée intempestive de l'élève dans sa classe. Ce n'aurait peut-être pas été le cas s'il n'était pas arrivé le sourire aux lèvres et s'il n'avait pas parlé de façon aussi provocante. Hermione se demanda pourquoi il était venu en cours. D'habitude s'il n'allait pas en cours dès le début il n'y allait pas de toute la matinée.

Comme Drago Malefoy vit qu'il avait l'attention de tous, il continua à parler.

« Bien sûr, je ne me serais pas donner la peine de venir si je n'avais pas quelque chose à faire dans ce cours… »

Sans un mot de plus, il s'approcha de la table de Ginny et Hermione, et celle-ci aperçut sa baguette dans la main gauche du blond. C'était de ça dont il parlait ? Impossible, jamais il ne viendrait en cours pour elle. Pourtant, il se dirigeait vraiment vers sa table, et s'arrêta pour lui tendre sa baguette. Il rajouta, avec un clin d'œil :

« On est quitte maintenant Granger. »

Puis il se tourna vers sa table, où Zabini le regardait attentivement faire, intrigué. Mais alors qu'il allait s'asseoir, Flitwick sembla retrouver sa voix ; depuis la chaise lui servant pour se mettre à une hauteur correct, le petit professeur aux cheveux noirs et à l'air vaguement gobelin lui dit :

« Eh bien, monsieur Malefoy, si déjà vous vous êtes donné tout ce mal pour ramener sa baguette à miss Granger, mettez-vous donc avec elle ! N'ayant aucune idée de ce qu'il va falloir faire, et monsieur Zabini n'en sachant sans doute pas plus, c'est le mieux à faire ! Miss Weasley, vous serez donc en binôme avec monsieur Zabini aujourd'hui. »

Loin d'en être incommodé, Blaise se leva donc pour aller prendre la place d'Hermione, qui allât s'asseoir à côté de Drago de mauvaise grâce. C'était clairement une punition adressé au Serpentard pour avoir fait preuve de tant de dissipation. Pourquoi avait-il fallut qu'il fasse encore le malin ?

En plus, elle avait pour une fois compté sur Ginny pour écouter le cours. Elle n'y avait prêté attention que d'une oreille, réfléchissant à toute cette histoire concernant Drago. Elle soupira. Tout ce qu'elle savait était que le but de la leçon en binôme était de réussir un sortilège de désillusion, mais avec une particularité qu'elle n'avait pas écoutée. Et si elle savait lancer le sortilège, pourtant compliqué, qui transformait un être vivant en caméléon -dans le sens où il permet de se confondre avec son environnement- elle ne pouvait pas tenter d'y ajouter une particularité qui lui avait échappé. Et avec Malefoy qui ne savait rien du cours du jour, elle était dans de sales draps… Bien sûr, il était hors de question de redemander ce qu'il fallait faire à son enseignant. Et Ginny se trouvait trop loin pour qu'elle lui demande, sans parler de tous ces Serpentard prêts à utiliser la moindre excuse pour se moquer d'elle…

Elle se mordait la lèvre, ce que remarqua et amusa le blond assis à côté d'elle.

Le changement de cours n'allait pas tarder… Il suffisait qu'elle attende ce moment, et elle serait sauvée.

« Miss je-sais-tout aurait un problème ? »

Elle sursauta en entendant la voix de son homologue, et crut même au début qu'il avait osé dire ça assez fort pour que tous entendent et rient à cette remarque. Mais il n'en était rien, il ne plaisanta qu'avec lui-même.

« Ne m'appelle pas comme ça Malefoy. Et je n'aurais pas de problème sans toi pour m'en ramener.

-Tu n'aurais pas ta baguette surtout. »

Ne voulant rien rajouter pour ne pas envenimer une sorte de trêve qu'ils avaient aussi bien remarqué l'un que l'autre, elle fixa le bois de la table, avant que son regard ne se pose sur le bras du garçon. Les manches relevées, son bras droit était nu, alors que le gauche était entouré d'un bandage, immaculé. Il avait au moins arrêté de tenter la force physique, depuis le fameux soir où Hermione l'avait retrouvé mal en point dans la salle commune des préfets.

Sans répondre à sa provocation, l'ancienne Gryffondor baissa la voix pour être sûre de n'être entendu que par le prince des serpents :

« Dis-moi, quelle fille que tu apprécies t'aime aussi amicalement ? Je veux dire, sans compter ton… influence.

-Beaucoup ma p'tite Granger.

-Ne m'appelle pas comme ça.

-A vos ordres miss je-sais-tout ! »

Hermione ressentit à la fois le besoin immédiat de mettre son poing dans la figure du garçon, pour enlever une bonne fois pour toute ce sourire en coin sarcastique, et celui de sourire. Parce que peut-être pouvait-il réellement être gentil, voir drôle, des fois ? Mais cette idée se brisa très vite quand il continua d'un air supérieur :

« Mais vois-tu, je t'appelle comme je veux Sang-de-Bourbe. »

N'était-il donc pas capable de rester correct plus de deux minutes ? Soupirant, elle laissa tomber. Observant plutôt Ginny et Blaise, elle remarqua l'air concentrée de la jeune fille, baguette levée, mais surtout, c'était le regarde de Zabini qui la fit presque sourire. Il ressemblait à ceux que Ron lui adressait, avant cet écartement.

Ron… Il lui manquait tant. En plus, il faudrait bien qu'elle lui parle de Malefoy un de ces jours. Et qu'il cesse de faire l'enfant pour qu'ils puissent à nouveau se pencher sur le sujet des horcruxes, car Hermione avait épuisé ses réserves concernant les morceaux d'âme de Voldemort.

Comme Flitwick s'approchait dangereusement de leur table, alors qu'ils n'avaient encore rien fait, Hermione prit sa baguette et fit mine d'apprendre à Drago comment lancer un sort de désillusion. A son grand soulagement, le blond joua le jeu, comprenant pourquoi elle changeait soudain de sujet. Une fois la menace passée, la brune se tut, replongeant dans ses pensées.

« Astoria. »

La jeune fille se tourna vers le blond. Astoria Greengrass ? Elle était elle aussi en septième année à Serpentard Elle se trouvait d'ailleurs quelques rangées plus loin. L'ancienne Gryffondor pouvait la voir depuis sa place.

Comme celle-ci ne réagissait pas, Drago reprit :

« Je m'entends bien avec Astoria.

-Eh bien, répondit simplement la jeune fille, parle-lui, comme tu parles à Blaise, normalement, sans tes airs charmeur. Et qui sait, sa pourrait peut-être marcher entre vous. »

Ce fut à ce moment que la fin du cours sonna, au grand soulagement de la sorcière. Tous les élèves sortirent en rassemblant leurs affaires. Hermione savait qu'elle allait devoir rapidement passer à la salle commune de sa maison d'adoption. Déjà qu'elle n'avait pas eu ses livres pour le cours de sortilège… Elle n'aurait décidemment pas du dormir dans les quartiers des préfets.

Ginny la héla, mais sa meilleure amie était trop pressée. Elle ne prit même pas la peine de lui dire que ça devait attendre, surtout si c'était pour lui demander des explications sur son problème de ce matin.

Une fois enfin en possession de ses livres et de ses cours pour la matinée, elle regagna la salle de métamorphose, où elle allait devoir passer une heure entière à côté d'un Ron maussade. Mais alors qu'elle rejoignait les élèves attendant devant la salle à temps, s'étant assez pressée pour arriver avant le début du cours, une tornade rousse passa devant elle. Avant qu'Hermione ne comprenne quoi que ce soit, elle était dans un coin à l'écart des autres.

« Bon sang Hermione, t'es pire qu'une anguille !

-Si tu veux me demander pourquoi j'étais en retard…

-Non, ce n'est pas ça Hermione. C'est bien plus important ! »

Son amie fronça les sourcils. La cadette des Weasley semblait bien surexcitée, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants. Après quelques secondes où elle ne dit rien, l'autre ancienne rouge et or s'impatienta.

« Hé bien quoi Ginny, dis-moi !

-Blaise m'a demandé d'être sa cavalière pour le bal ! Je serai avec lui !

-Le bal ? demanda Hermione, les sourcils levés. Quel bal ?

-Mais celui de Noël voyons ! Je pensais que tu étais au courant, on nous l'a annoncé ce matin au petit déjeuner… McGonagall a insisté pour qu'il se déroule malgré les sombres évènements de ces derniers temps, et tous les élèves restant pendant les vacances sont invités !

-Attends… Tu restes pour les vacances ?

-Oui ! Ron et moi restons, vu que papa a quelques… problèmes à la maison en ce moment, maman a dit préféré nous voir tranquillement au château. »

Bien que s'étant assombrie en parlant de son père, la rouquine se reprit vite. En effet, son père avait des soucis pires que jamais avec le ministère pour sa proximité avec les moldus. Et Lucius Malefoy était d'ailleurs l'un des pires fauteurs de troubles.

Hermione assuma le coup. En effet, le bal avait vaguement été évoqué par McGongall une fois à l'adresse des deux préfets-en-chef, mais rien n'était confirmé ! Mais une autre pensée vint chasser son questionnement sur le bal, si elle était plutôt heureuse ou paniquée à l'idée d'un bal. Ron restait pour les vacances ? Voilà qui lui donnerait une possibilité de se racheter auprès de son petit ami !

De plus, elle était heureuse de voir son amie aussi épanouie par cette simple invitation. Elle ne supportait pas de la voir tout le temps chagrinée par la mort d'Harry.

Le professeur de métamorphose choisit ce moment pour dire à ses élèves d'entrer en classe, et la fille brune s'assit à côté de son rouquin avec la détermination de briser la glace. Elle resta silencieuse plusieurs minutes, puis demanda à Ron avec son plus beau sourire :

« Dis Ron, je sais que ça va pas fort entre nous deux en ce moment, mais je me disais… comme tu restes pendant les vacances, ça te dirait de venir avec moi au bal de Noël ?

-Désolée Hermione, mais j'y vais avec Lavande. »

Incrédule, sa petite amie -si elle l'était toujours, ce qui ne semblait plus vraiment être le cas- le regarda, bouche-bée. Furieuse et triste à la fois, elle ravala ses larmes. Elle devait rester droite. Il s'en fichait ? Très bien, elle aussi. Même si elle hurlait au fond d'elle, elle resta de marbre.

Du moins jusqu'au dernier cours de la matinée. Lorsque vint le moment d'aller déjeuner, Hermione rejoignit d'une démarche fière la salle des préfets. Elle avait fait cela toute la matinée, se montrant le plus indifférente possible. Elle n'avait pensé qu'une phrase en boucle dans sa tête : rester droite.

Rester droite, rester droite, rester droite.

Mais une fois arrivé dans la salle, elle s'attendait à pleurer toutes les larmes de son corps. Pourtant, alors qu'elle avait passé la matinée à les refouler, les pleurs ne voulait pas venir, et elle resta prostrée, étrangement incapable d'extérioriser sa rage et sa tristesse. Ah ça, Lavande et Ron le lui paieraient.

Et elle se refusait en quelque sorte de gâcher quelque chose d'aussi uniquement beau qu'était l'amour en ces temps sombres simplement à cause d'un garçon ingrat. Elle était peut-être un peu égoïste en pensant cela. Ron avait sans doute autant souffert qu'elle, se ce n'est plus, de la distance qu'elle avait imposée sans le vouloir. Mais elle était trop en colère contre lui pour se l'avouer. Montant dans sa chambre, elle décida que, n'ayant pas faim mais avec deux heures de libres devant elle sans le moindre devoir à faire, et n'ayant pas Malefoy dans les pattes pour une fois, elle allait trouver parmi ses trois plus belles robes laquelle lui allait le mieux. Car si déjà elle se rendait seule au bal, autant s'y faire inviter une fois là-bas.

Elle se félicita d'avoir fait transférer une partie de sa garde-robe dans l'armoire secrète de la pièce, à même le mur. Elle savait qu'elle resterait les vacances scolaires à Poudlard, et devait aussi être prête à partir de là à tout moment. Stocker des vêtements quelque part avait été une évidence, et McGonagall lui avait donné un sacré coup de main, sans le savoir.

Essayant l'une après l'autre ses robes d'abord rose pales, puis bleu ciel et enfin une vert émeraude, elle craqua totalement pour cette dernière. Mettant en avant ses cheveux tombant jusqu'à ses épaules, elle n'aurait plus qu'à les lisser légèrement d'un coup de baguette magique. Histoire qu'elle n'ait pas un gros paquet de boucle indomptable. La robe, resserrée à la taille, la rendait mince sans pour autant la faire pour une anorexique, et la coupe du bas de la robe était somptueusement bien réalisée, se terminant en froufrou. Seul défaut notable, même si ce n'en était pas réellement un, était ne possédait pas de collier assorti à cette couleur. Mais bon, elle ferait sans.

Le moral un peu remonté, elle retourna se changer. Elle termina sa journée de façon moins morose qu'elle ne le pressentait depuis son cours de métamorphose.

...

Le soir même, Hermione lisait un livre sur l'histoire des ondines, couchée sur son lit dans la salle commune des Serpentard. Elle entendit soudain Drago rire, d'un rire sincère qui lui fit relever la tête. Assis avec Zabini et Greengrass, ils semblaient bien s'amuser. L'ancienne Gryffondor ressentit un pincement au cœur qu'elle ne comprit pas. Pourtant, c'était simple : elle était jalouse. Mais pas de ce que l'on pourrait croire. Elle était jalouse que, pour avoir cherché et trouvé la solution, pour s'être démenée à plusieurs reprises à la place du garçon pour leurs rôles de préfets-en-chef, pour avoir supporté son insupportable caractère… Malefoy était loin de lui être redevable. Et pourtant, elle en passait beaucoup, des raisons pour lesquelles il pourrait se montrer plus aimable. Certes, il avait fait l'effort de venir en cours pour lui rendre un service, ce qui devait sûrement être déjà beaucoup pour lui. Mais il pouvait au moins cesser ses railleries et ses moqueries ! Sans parler de son air supérieur ! La mauvaise humeur de la jeune sorcière amplifiait de plus en plus son agacement envers le garçon, qui ne faisait pourtant alors pas de mal.

Ce soir encore elle avait une ronde qui ne l'enchantait guère, vu sa fatigue ! Et puis, elle l'avait soigné, le soir où il était mal en point. Sans parler qu'elle frôlait maintenant la rupture avec son petit ami à force de surveiller le Serpentard –bon, d'accord, c'était plus de l'espionnage que de la surveillance, et alors ?!-. Tout ce qu'elle avait obtenu c'était qu'il lui avait rapporté sa baguette en cours… ce qu'elle avait apprécié, tout de même. Enfin, jusqu'à ce que ça ne faillât lui attirer des ennuis.

Décidément, il lui tapait sur les nerfs.

Seulement, ce qu'elle ignorait, c'était que Drago Malefoy faisait pour la première fois de sa vie des efforts pour quelqu'un d'autre que lui-même. Qui plus est non pas pour une seule personne, mais deux. Tout d'abord pour Astoria. Bien que pour elle ses efforts découlaient d'un but personnel, donc ça pouvait convenir à sa conduite habituelle. En plus, sa compagnie était assez agréable, du moins plus que celle de Pansy, tapant de plus en plus sur les nerfs du blond –comment avait-il pu la trouver attirante les deux années précédentes ?-.

Mais surtout, il faisait attention à ce qu'il disait à Granger. Hors de question de ne plus la faire payer pour être une Sang-de-Bourbe, comme ceux qui avaient tués sa mère. Cela dit, il avait conscience que, si l'idée de cette fille fonctionnait et qu'il était libéré du joug du Seigneur des Ténèbres –même si cela le faisait ensuite risquer des représailles- il le devrait à cette je-sais-tout. Aussi, depuis le matin, il tentait de faire bonne mesure. Mais ça avait été trop tentant, en cours de métamorphose, quand il l'avait vue sourire à sa blague. Depuis quand riait-il avec les sangs impurs ? Aussi, il avait redressé la barre.

Seulement, si elle arrêtait de l'aider à cause de ça, il n'était pas arrangé. Et il avait bien vu que ça l'avait vexée –voir même blessée-. Aussi, après une blague de Blaise, à laquelle Astoria et le prince des serpents rirent de bon cœur, ce dernier se leva et passa derrière les paravents séparant la véritable salle commune des dortoirs improvisés des ancien Gryffondor. Même s'il savait que les véritables Serpentards n'étaient pas vraiment appréciés, dans le coin.

Il rejoignit une Granger perdue dans son bouquin, ne l'ayant même pas entendu ou vu arriver.

« Granger. »

Celle-ci sursauta, levant la tête vers son homologue en l'assassinant du regard.

« Bon sang Malefoy, tu m'as fait peur !

-Heureux de toujours te faire autant d'effet ! Je voulais juste te dire que je fais la promenade, ce soir. »

La promenade. C'était ainsi qu'il appelait les rondes de préfets, surnom dérisoire pour montrer le peu d'importance qu'il y prêtait. Cependant, Hermione avait bien autre chose à penser que le nom qu'il avait donné déjà un ou deux mois auparavant à son devoir de préfet, observant avec circonspection le garçon. Depuis quand il voulait rendre service ?

Soudainement une idée qu'avait eue l'ancienne rouge et or un peu plus tôt dans la journée lui revint en tête, et elle se contenta de répondre :

« Tu m'expliquera ton soudain élan de générosité après, mais d'abord je dois te parler d'un truc. »

Il haussa les sourcils, se demandant pourquoi elle ne lui disait pas de quoi il retournait, quand elle se leva pour se diriger en silence vers la sortie de la salle commune. Hors de question que quelqu'un, surtout un Gryffondor, entende ce qu'elle avait à dire à Malefoy ! Déjà qu'elle trouvait bien étrange qu'elle le fasse…

Une fois à l'extérieur, elle avança encore, jusqu'à être sûre de le voir si quelqu'un s'approchait assez pour entendre leur conversation.

« Dis-moi. Tu restes pour les vacances de Noël non ?

-Oui. Mais comment tu le sais Granger ? Et puis qu'est-ce que ça fait ? »

En effet, comment pouvait-elle être au courant de quelque chose dont il n'avait parlé qu'à Blaise ? Elle se voyait mal lui dire que son ami en avait parlé à Ginny qui elle-même l'avait dit à sa meilleure amie. Autant dire qu'il n'apprécierait pas tellement cela. Aussi, elle évita cette question en répondant à la deuxième.

« Tu sais, le bal organisé pour Noël, le soir du 23 ? Ben je me suis dit que tu devrais y aller avec Greengrass.

-Oh mais Granger, ria ironiquement Malefoy, tu sais, je sais inviter une fille à sortir tout seul !

-Bon bon, ce n'était qu'un conseil ! »

Elle était agacée de la réaction du Serpentard. Elle qui voulait l'aider, il l'envoyait paître… Hors de question ! Et puis cet air supérieur…

« Non mais sérieusement Granger, merci du tuyau pour la marque, mais je pense quand même savoir comment séduire une fille. Occupe-toi plutôt de te trouver un cavalier, toi. »

Choquée, Hermione ne répondit pas immédiatement. D'abord, car ce qu'il avait dit l'avait aussi durement transpercée que l'aurait fait un coup de poignard dans le cœur. Et ensuite, elle se demanda d'où il pouvait savoir ça. Elle pensa alors au fait qu'il se trouvait juste derrière elle en métamorphose. Il l'avait sans doute entendu se faire jeter. Quelle humiliation ! Surtout que c'était en partie de sa faute si son couple volait en éclat ! Alors ce qu'il venait de dire, c'était la phrase de trop. Seulement, elle était incapable de répliquer quoi que ce soit, ne trouvant pas quoi répondre pour lui fermer le clapet. Le rouge au joue, elle se mordit la lèvre inférieure jusqu'au sang.

C'est en la voyant ainsi que Drago s'était dit qu'il y était peut-être de nouveau allé un peu fort. Après tout, ce qu'elle venait de dire par rapport au bal et à Astoria était pour l'assister dans son but de se débarrasser de la présence trop insistante du mage noir dans sa vie. En plus, le rouquin semblait être un sujet sensible chez la brune. Seulement, il était incapable de s'excuser, et n'était pas en mesure de dire quelque chose de gentil face à cette fille au sang impur. Pourtant, il l'avait souvent fait, même avec des Sang-de-Bourbe, utilisant son charme naturel. Mais elle y résistait, et il ne pouvait donc l'embobiner avec des paroles qu'il ne penserait que pour faire bonne mesure.

Comprenant qu'elle ne comptait rien dire, il commença à partir, lançant par-dessus son épaule juste avant de lâcher :

« Je vais faire la promenade. Et c'est Weasmoche qui est perdant, pas toi, alors trouve-toi un vrai cavalier ! »

Voilà, là, il était sincère. Si elle n'y croyait pas, c'était tant pis pour elle.

La bouche entre ouverte, les sourcils levés et une expression incrédule sur le visage, Hermione se demanda si elle avait bien entendu. Puis, elle haussa des épaules avant de se retourner pour rentrer dans sa maison. Elle avait d'autres choses à penser qu'à une remarque ayant sans aucun doute un fond moqueur. Pour le moment, elle devait parler à Ginny de ce qu'elle avait appris la nuit passée. Elle y avait réfléchi toute la journée, et avait finalement conclu qu'il n'y avait pas de raison de lui cacher ce qu'elle savait. Et puis, elle pourrait peut-être l'aider, si elle le voulait bien.

Celle-ci était d'ailleurs en pleine discussion avec Blaise quand sa meilleure amie entra à nouveau dans la salle commune. Lui faisant un signe de main, la rouquine comprit que son amie avait quelque chose à lui dire, sûrement important si elle voulait lui dire alors qu'elle était en train de parler avec le garçon à la peau chocolat. Abandonnant son ami, elle sentit la main du jeune homme lui attraper le poignet, non pas pour la retenir, mais pour serrer brièvement ses doigts dans les siens après avoir laissé glisser sa main jusqu'à celle de la Weasley.

Rougissante, elle arriva toute émoustillée devant sa meilleure amie. Cette dernière lança le sortilège empêchant les autres de les entendre. C'était maintenant habituel pour elles de le faire, et les Serpentards ne tentaient même plus de percer cette carapace insonorisante.

La jeune fille aux cheveux châtains dit alors tout à Ginny, concernant la marque des Ténèbres et la solution qu'elle avait trouvé, la discussion entre Malefoy père et fils qu'elle avait surprise, et la décision de Drago de tomber amoureux. Soupirant, elle ajouta :

« J'ai l'impression qu'il croit que ça va se faire d'un claquement de doigts…

-Ne t'inquiète donc pas pour lui, tu verras bien de toute façon.

-Oui… En fait je voulais aussi te demander un service. Je suis persuadée que de ça il ne parlera pas à Zabini. Ou pas comme il faut. Pourrais-tu lui demander d'aider Malefoy et Greengrass à se rapprocher ? »

Serrant les lèvres, elle eut peur que sa meilleure amie refuse, comme le jour où elle l'avait sollicitée pour qu'elle obtienne des informations. Certes, c'était grâce à son amie qu'elle avait pu savoir qu'il ne voulait plus être le serviteur de Voldemort, mais le fait que la rouquine ne lui eut pas dit qu'elle comptait en parler directement à Blaise l'avait fait douter. Et si désormais elle faisait passer le Serpentard avant elle ?

« D'accord, je lui en parlerait. »

Relevant la tête, elle affichait un air étonné mais soulagé. Cependant, Ginny n'insista pas sur le fait qu'elle trouvât dommage que son amie doutât d'elle. Elle savait que quelqu'un d'autre avait déjà fait du mal à la brune le matin même.

« Dis Hermione, Ron m'a dit ce qui s'était passé ce matin… Ou plutôt, je lui ai arraché la vérité lorsqu'il ne voulait pas m'expliquer pourquoi tu n'étais pas bien depuis ton cours de métamorphose et que je ne t'avais pas vu au déjeuner. Je voulais pas t'en parler au repas ce soir pour pas t'embêter, mais je voulais te dire que je suis vraiment désolée pour le comportement de mon frère, il ne sait pas le mal qu'il te fait. »

Après un sourire triste pour son amie qui semblait aussi accablée que si c'était elle qui l'avait jetée, elle la rassurât en lui disant que ça allait, et elles changèrent rapidement de sujet. Malgré cela, Hermione n'arrivait plus à se sortir Ron de sa tête. Toujours protégée par le sortilège, elles rirent à gorge déployés en imaginant Drago tombant amoureux d'une fille, spéculant des situations plus étranges pour le prince des serpents les unes que les autres.

A la fin, épuisées, elles se couchèrent, et la jeune fille brune brisa son sortilège insonorisant. Elles se souhaitèrent mutuellement bonne nuit, alors que déjà plus aucun Serpentard ne se trouvaient dans la salle commune, et que tous les autres anciens Gryffondors semblaient déjà dormir.

Ce ne fut que quand elle fut enfin couché, la tête sur son oreiller, que les premières larmes silencieuses roulèrent des yeux d'Hermione. Elles furent de plus en plus nombreuses, comme un flot reflétant sa peine : rageuse, et intarissable.