Devant l'urgence de la situation (et l'impatience de ses collègues), Mai décide de raconter tout ce qu'elle sait de la demeure, y comprit la part de son passé qu'elle aurait voulu garder dans l'ombre.
Chapitre 8
« Vraiment…je suis desolée…je voulais pas vous mentir »
Pour une fois, Naru décida de jouer la carte de la patience et ça se voyait sur son visage. Mai comprit que cette patience ne durerait pas longtemps et décida de commencer son récit.
« Je vous ai déjà dit que ma mère était une des femmes qui ont disparu… » elle scruta les visages de ses camarades et se rendit compte qu'ils savaient déjà ce qu'elle allait leur dire. « La vérité c'est que j'étais avec elle lorsque des hommes sont apparus et l'ont enlevée. Pour que ne les décrive pas à la police, ils m'ont emmenée aussi .»
Je me souvient parfaitement de cette journée. Il faisait beau et nous avions décidé de marcher jusqu'au parc plutôt que de prendre la voiture. Mauvaise idée, très mauvaise idée. Une voiture avec les vitres teintées et l'odeur de chlorophorme, qui a encore le don de me faire paniquer aujourd'hui.
« Il nous ont ammenées ici et nous ont faites descendre à la cave. Il y avait beaucoup d'autres femmes enchaînées et du sang partout. Les hommes ont attaché ma mère et m'ont entraînée dans un coin de la pièce. Là, ils ont utilisé une grosse chaîne pour me lier la cheville, pour que je ne m'enfuis pas. »
A ce moment, elle vit les regard plein de doute de ses camarades. Bien sûr qu'ils sont sceptiques, après tout je suis là devant eux. Naru et Lin étaient les seuls à ne montrer aucun signe de doute. Pour une raison quelconque (dont il ne vaut mieux pas parler), cela encouragea la jeune fille à continuer.
« Tous les soirs, l'un d'eux venait avec un long fouet et choisissait une victime. De temps en temps, il y en avait un qui m'ordonnait de me lever et de lui tourner le dos…c'était…affreux. » Mai lutta contre les larmes qui menaçaient de couler pendant quelques secondes, avant de décider qu'elle s'en fichait et qu'il valait mieux continuer. « Les autres ne m'approchait jamais, en me disant que j'étais trop jeune. Ils m'ont dit qu'ils avaient l'intention de me laisser mourir de faim car je leur étais inutile mais il y en avait un qui m'apportait parfois à manger, le même qui venait le soir suivant pour me torturer. »
A ce moment là, je me suis dit qu'il était peut-être pédophile en plus d'être complètement fou. Plus la douleur était intense et plus mon bourreau était ravi. Je crois que c'est ça qui me faisait le plus peur.
« Les autres femmes n'étaient pas mieux traitées, elles pouvaient manger tous les soirs mais elles devaient aussi supporter la torture, parfois même pire. Au bout d'un long moment, je me suis rendue compte que les soirs sans lune, le chef, enfin je pense que c'était le chef, venait et arrachait le visage d'une des femmes, avant de la tuer. Ensuite, il y avait une odeur horrible dans toute la maison, une odeur de brûlé. Le soir où ils ont tué ma mère, je n'ai pas arrêté de crier, à tel point qu'ils m'ont baillonée. En quelques mois, les horreurs que je voyais et que subissais m'ont complètement détruite psychologiquement, je ne pouvais plus parler ni manger ou boire. »
Il semblerait qu'il ne me reste plus qu'à leur dire comment je me suis échappée mais après ça, je suis sûre qu'ils vont me regarder comme un monstre…
« L'homme qui préfèrait les enfants venait de plus en plus souvent mas il me fouettait de moins en moins. En fait, il donnait l'impression qu'il se concentrait sur une de ses tares, en laissant l'autre de côté. Je me suis servie de ça. Lorsqu'il venait me voir, je le laissait faire ce qu'il voulait mais agissait toujours cmme si ma cheville était trop douloureuse à cause de la chaîne pour pouvoir lui répondre. Au bout d'un moment, il a commencé à me détacher chaque fois qu'il venait et je lui donnait ce qu'il voulait. »
Mai s'attendait à voir tout le monde dégoûté par ses actions mais ses amis ne réagirent pas du tout comme ça. Ayako la serra un peu plus fort contre elle (elle ne l'a pas lâché durant tout le récit) tandis que Bou-San maudissait l'homme qui lui avait fait ça. John semblait perdu dans ses pensée, ou peut-être bien qu'il priait. Naru et Lin ne disaient rien mais leur regard semblait triste et désolé.
« Enfin bref, un beau jour, enfin plutôt une nuit, je l'ai assommé avec la chaîne que j'ai ensuite enroulé autour de son cou, avant de m'enfuir par la fenêtre, qui était juste assez grande pour me laisser passer après tout le poids que j'avais perdu. J'ai erré dans la forêt jusqu'à ce que l'inspecteur qui était là l'autre jour me retrouve. Bien sûr, j'étais dans un état catastrophique. Je ne parlais pas et j'avais peur de tout ou presque. Il m'a fallut beaucoup de temps pour guérir et je dois avouer que c'est la première fois que j'en parle à qui que ce soit… »
Mai de tût, consciente du malaise qui avait envahi ses amis. Même Naru le narcissique semblait mal à l'aise. Quoi de plus normal puisque c'est lui qui m'a demandé de tout leur dire.
_ « Je veux qu'elle s'en aille, dit doucement Ayako
_ Pardon, s'étrangla Mai qui recommença à pleurer, je savais que j'étais dégoûtante.
_ Matsuzaki-San, précise ta pensée. »
Naru venait de s'approcher du canapé et posa sa main sur l'épaule de sa jeune assistante, qui continuait de sangloter. Ayako se rendit immédiatement compte de son erreur et se redressa, paniquée. « Non, c'est pas ce que je voulais dire, mais … une bonne partie des esprits retenus ici sont des gens qu'elle a connu et qui, pour certain, lui ont fait du mal. Je crois juste qu'elle est en danger ici. »
Bou-San s'approcha à son tour et murmura un vague « elle est toujours en danger » avant de se pencher pour se mettre au niveau de la jeune fille.
« Personne ne te trouve dégoûtante. Personnellement, je pense que tu as été très courageuse ».
Ces mots semblèrent la calmer et elle fût bientôt complètement remise de ses larmes. Naru observait les traces humides qu'elles avaient laissées sur ses joues et décida qu'il ne voulait pas qu'elle s'en aille à un endoit où personne ne pourrait la protéger. Malgré tout, Ayako avait raison, elle était en danger, comme à peu près à chaque fois qu'elle était avec eux. Il retint le sarcasme qui menaçait de sortir, laissant la décision à l'adolescente.
Lorsqu'elle fût finalement calmée, elle se redressa et déclara d'une voix forte qu'il était hors de question qu'elle s'en aille. Rassuré, Naru décrèta qu'il était temps de se mettre vraiment au travail, pour pouvoir partir plus vite.
« Comme nous ne sommes pas payés à rien faire, il faudrait peut-être commencer à faire le travail qui nous a été demandé »
Cette simple phrase lui valût un regard noir de toute l'équipe, sauf bien sûr John, qui ignorait sans doute jusqu'au mot, et Lin, qui savait très bien comment fonctionnait le cerveau de son jeune associé. Difficile pour lui de ne pas vouloir partir le plus tôt possible lorsque Mai était en danger.
_ « Matsuzaki-San, Takigawa-San et Hara-San faites le tour du bâtiment et essayez de trouver où les esprits se cachent.
_ On a rien trouvé la première fois, répondit calmement Masako, et ça m'étonnerait beaucoup qu'on trouve quoi que ce soit cette fois.
_ C'est pas nécessairement vrai, lança Mai, qui évitait toujours les regards de ses compagnons, je sais qu'il y a une pièce où ils gardaient les corps en attendant de les faire brûler. Enfin, c'est plutôt une supposition basée sur le fait qu'il y a eu un décalage de plusieurs jours entre le moment où ils ont pris son corps et celui où il y a eu l'odeur de brûlé qui emplissait parfois le sous sol.
_ D'autres informations dont tu voudrais nous faire part ? demanda Naru cyniquement.
_ Quand ils emmenaient un cadavre, il y avait un grand bruit, comme un truc très lourd qui coulisse, répondit l'assistante en lançant à son patron un regard noir.
_ Donc, pour résumer, faites le tour de la maison en regardant particulièrement les murs.
_ Roger ! »
Pendant que la miko, le moine et la médium se mettait au travail, il fût décidé que Yasuhara, John et Mai iraient vérifier toutes les caméras, tandis que Lin et Naru resteraient dans la base pour surveiller les écrans et faire quelques recherches sur les affaires de disparitions.
***
Mai ne comprenait vraiment pas : Pourquoi son patron voulait-il qu'on vérifie les caméras. Sale bâtard arrogant, il aime juste faire bosser les autres. Esclavagiste !
Comme souvent, elle était très énervée, mais cette fois, Bou-San n'était pas là pour la calmer et l'empêcher de frapper quelqu'un (en générale son boss). Ce furent donc John et Yasuhara qui durent s'en charger, sans grand succès.
« Tanyama-San, commença Yasuhara, tu vas finir par faire peur aux esprits qu'on cherche. »
Il regretta aussitôt ses paroles lorsque Mai se retourna et lui lança un regard noir, avant de balancer son poing contre un mur. Le sang commençait à couler tandis qu'un grondement sourd se faisait entendre. Le mur pivota, entraînant avec lui la jeune fille qui tomba à la renverse.
N/A : encore un chapitre de terminé (malgré un petit blocage). Il ne reste qu'1 ou 2 chapitres avant la fin de l'histoire alors continuer de me soutenir SVP (toujours grâce au bouton vert des reviews) : c'est grâce à ça que je trouve la motivation de continuer. Au fait pour ceux qui voulait des chapitres un peu plus long, j'ai fais un effort.
