Blabla de moi :
Et oui, je sais, les mises à jour sont plus espacés, mais c'est pour permettre un envoie régulier des chapitres. Je manque vraiment de temps pour écrire, et je vous assure que je fais au maximum.
La bonne nouvelle (parce qu'il en faut une quand même hihihihi) c'est que mon inspiration est revenue de ses vacances improvisées… donc, j'avance doucement mais sûrement dans l'histoire )
J'ai pas grand-chose à vous raconter d'autre… si ce n'est que je m'excuse encore et toujours de cette attente.
En espérant que ça vous plaise toujours et encore !
Bises à tous !
PS : Je voudrais juste faire un GROOOOOOOOOOOOS BISOUS à ma tite Meo, ma tite Celeb et ma tite Choupy, ma tite Iso et ma jum bien aimée qui se reconnaîtront toutes )
Je vous adore les filles !
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Chapitre 8
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POV Lola
Je cours dans la rue le plus vite possible pour rejoindre ma maison et m'arrête au milieu de la chaussée en voyant la lumière de la cuisine allumée… comme l'a si bien deviné Bill, mon frère doit m'attendre de pied ferme. Je pousse la lourde porte d'entrée et rien qu'au regard que me lance Dre, je sais qu'il est vraiment exaspéré. Et je décide d'étouffer la révolte dans l'œuf… ou du moins de tenter.
- Pour notre dernier soir, s'il te plait, je voudrais vraiment éviter une scène.
Bon, c'était peut-être pas la phrase à dire vu sa mâchoire qui se contracte mais j'ai reçu assez de violence pour la soirée, merci bien !
- T'étais où ?
- Avec les jumeaux, il fallait que je règle certains détails pour demain.
Quand je vous dis que je ne lui mentais jamais… disons que j'arrange un peu la vérité à ma sauce. J'accroche mon manteau sur la patère de l'entrée et le dépasse pour rentrer dans le salon, à la recherche de mon lecteur mp3. C'était sans compter sur l'obstination que mon frère tient ancrée dans ses gènes.
- Me prend pas pour un con, ils étaient chez Marco ce soir !
Je me retourne alors vers lui, un peu exaspérée quand même. J'ai toujours eu du mal à supporter ces crises de « grand frère » aigues.
- Et bien ils sont rentrés ! Ne me saoule pas Dre !
Il s'apprête à me répondre sauf que je vois ses yeux passer sur le pansement que j'ai au dessus du sourcil. Il se rapproche alors rapidement pour regarder de plus prés mon arcade.
- Mais qu'est ce qui t'est arrivée encore ?
Je repense alors aux paroles de Bill… quand je m'étais bouffé le placard dans le tour bus…
- Rien, Tom a ouvert un placard alors que j'étais juste derrière et bam !
Dire qu'il est suspicieux est, je pense, une information totalement inutile alors j'enfonce un peu le clou.
- Ecoute, si tu ne me crois vraiment pas, appelle-les… qu'on en finisse !
Il grogne un peu et bat finalement en retraite pour s'installer de tout son long sur le canapé en repliant un bras sur ses yeux… il a l'air épuisé. Et je sais que j'en suis la seule fautive. S'il n'avait pas besoin de m'attendre jusqu'à pas d'heure, il dormirait sans doute plus. Mon dieu que ça me fait mal de le quitter… je ne me comprends plus. J'ai l'impression d'être complètement détraquée.
- Dre… promets-moi… juste que… que je ne pars pas pour rien.
Il redresse la tête et toute une mèche blonde lui passe sur le nez avant qu'il ne la replace d'un coup de tête.
- Comment ça ?
- Tu vas cartonner pas vrai ? Tu vas leur prouver que tu as ta place là-bas… donne un sens à tout ça, ok ?
Un sourire timide apparaît sur son visage avant qu'il ne reprenne la parole.
- C'est toi qui donnera un sens à tout ça… tu verras.
Je ne comprends pas vraiment ce qu'il sous-entend par là mais il met un terme lui-même à la conversation en me souhaitant bonne nuit avant de se retirer dans sa chambre et je pousse un énorme soupire de soulagement en remerciant Bill et son fond de teint.
Maintenant, il faut que je m'attaque à mes valises qui m'attendaient sagement dans un coin de ma chambre. Ils n'auraient pas pu me dire ça avant les frangins franchement ?
Je mets finalement dans mon sac « fourre-tout » mes affaires personnelles, ma musique, des crayons pour dessiner, du papier, une dose de mon calmant personnel… bref, du bordel. Dans une petite valise, j'y entasse mes affaires de première nécessité ainsi que ma trousse de toilette et dans le plus gros sac de voyages, mes fringues.
Le fait que mes vêtements ressemblent plus à une masse compacte informe noire ne me fait ni chaud, ni froid. Si je vous disais les fonds de tiroirs que j'ai dû faire pour trouver des fringues passe-partout… vous seriez étonnés ! J'avais un look plutôt déjanté avant... enfin bref.
Lorsque je termine tout ça, mon radio réveil indique presque 3h du matin et je me demande comment le temps peut passer à une vitesse aussi folle ?
Me connaissant, je préfère donc prendre ma douche tout de suite… je sais que je suis insortable du lit au réveil, il vaut mieux que je prévois un minimum. Je file donc à la salle de bain, me lave rapidement et m'allonge quelques minutes sur mon lit, encore enroulée dans mon peignoir. Je laisse alors mille pensées envahir mon esprit.
- Mais qu'est ce qui m'a pris d'accepter ce délire ?
Je ferme les yeux une seconde et….
TOC… TOC… TOC
J'ouvre un œil, que je pense venir de fermer, en entendant des coups frappés vraiment fort sur ma porte… mais mes yeux se referment dans la microseconde qui suit à cause de la lumière.
- LOLA, T'ES LA ?
Hein ? Quoi ? Questcequiya ? Et dans un délire dû à ma tronche dans le cul, je lance un presque joyeux
- Oui, oui, vas-y, rentre.
Je suis certaine que mon subconscient à dû me jouer un tour en reconnaissant la voix, mais dans l'immédiat je suis bien incapable de penser à quoi que se soit. La porte s'ouvre enfin, pour laisser entrer un bonnet énorme précédent…
- Putain mais ça fait un quart d'heure qu'on t'attend ! Tu te rends compte qu'on a un putain de planning à respecter !
- Tom… arrête de gueuler merde…
Je me redresse alors sur les coudes pour le regarder, et je réalise soudain que je suis toujours en peignoir. Je baisse mon regard et referme immédiatement les pants qui étaient très légèrement ouvert sur ma poitrine avant de fusiller le guitariste du regard.
Et je suis presque étonnée de voir ses joues rosir alors qu'il baisse les yeux.
- Ok… heu… bah habille-toi et heu… on t'attend dehors. Fais vite steuplé, y'a Joe qu'est en train de péter un câble.
Il reste obstinément à regarder le parquet de ma chambre et bat en retraite dans le couloir.
- Heu… à tout de suite.
Dés que la porte se referme enfin, je jette un œil à mon réveil… simplement parce que je ne comprends rien à ce qu'il vient de se passer.
Oh merde… 5h47… je me suis endormie comme une merde.
Je saute sur mes pieds, toutes mes idées remisent en place. Je prends le premier pantalon qui me tombe sous la main, avec le pull et le tee-shirt au dessus de la pile de vêtements que j'avais décidé de laisser ici, enfile mes baskets et me retrouve sans le couloir en trois minutes chrono.
J'entends alors les garçons rouspéter après moi depuis le salon. Je me sens vraiment conne de m'être endormie sans mettre de réveil… il manquait plus que ça ! Je file dans la salle de bain sans demander mon reste pour me brosser les dents avant de la ranger dans ma trousse de toilette et entraîne mes valises pour enfin retrouver les jumeaux et mon frère.
- Et bah c'est pas dommage ! Je vais te faire avaler un réveil moi ! – M'accueille Bill.
Putain… ça commence bien. Alors déjà que quand je viens de me lever, je ne suis pas à prendre avec des pincettes mais alors quand en plus, je me fais agresser, merci bien.
- Bon et quoi ? Vous aviez qu'à partir sans moi ! – Je réponds un peu énervée quand même.
J'ai rien demandé à personne et on trouve encore le moyen de me faire chier. Ca commence à bien faire ! Sauf que Monsieur Bill à l'air d'être d'aussi bonne humeur que moi.
- Hey oh, pètes un coup tu veux ! T'es à la bourre alors assumes.
Tom et Andreas se font tout petit dans un coin… ils nous connaissent suffisamment pour savoir que ça va partir dans tous les sens. Mes disputes avec Bill font presque toutes partie de nos mémoires. D'ailleurs, je lâche brutalement ma valise qui s'écrase par terre en un bruit sourd.
- Mais j'assume rien du tout ! Je te rappelle que je vous ai pas supplié de m'embarquer avec vous alors vient pas me faire chier !
Le brun s'approche de moi en deux enjambées et s'apprête à me saisir par le bras. Par réflexe je rentre ma tête entre les épaules et ferme les yeux le plus fort possible en me préparant au choc… qui ne vient pas. A la place, j'entends un très retentissant « Bill, arrête ! » venant de son jumeau.
J'ouvre un œil après quelques secondes de flottement et retrouve le chanteur en train de me fusiller du regard.
- On va mettre les choses au point tout de suite Lola. Tu as accepté de venir, ce qui veut dire que tu joues le jeu. On risque gros en t'embarquant avec nous et je crois que tu ne t'en rends pas vraiment compte. C'est notre boulot, on part pas en vacance. Ce qui veut dire qu'on n'aura pas une minute à nous alors t'es mignonne mais tes sautes d'humeur, tu les ranges au placard. C'est clair ?
Un silence de plomb s'installe dans la pièce, Bill et moi nous fusillons toujours du regard et je cherche désespérément un truc à lui répondre. Mais y'a rien à dire… je suis fautive, je ne me suis pas réveillée et je suis un boulet qu'ils vont se trainer pendant des jours.
Mes mains se mettent doucement à trembler en même temps que je sens des larmes me monter aux yeux. Merde… il faut que je retourne dans ma chambre… il me faut une putain d'excuse pour y aller… et tout d'un coup ça fait tilt !
Je me retourne, tournant le dos à Bill sans plus faire attention à lui et pars en direction du couloir en cachant mes mains dans mes poches.
- Tu vas où encore ? – Me lance Andreas.
- J'ai oublié mon appareil photo ! J'arrive.
Parce qu'en plus, c'est vrai. J'ai pensé à prendre mille choses pour dessiner alors que mon meilleur ami de toujours est resté sur son étagère. C'est une excuse des plus parfaites.
Je rentre dans ma chambre et ouvre la porte tellement fort qu'elle cogne contre le mur… je m'en fiche, j'ai pas vraiment le temps d'être discrète. Me voila en quelques pas accroupis devant ma table de nuit dont je déverse le contenu du tiroir sur ma couette pour aller plus vite. J'étale des bouts de papiers, des mouchoirs usagés, des confiseries périmées, une calculette et au milieu de ce foutoir je trouve enfin ce que je cherche. Rien que le fait de la tenir dans mes mains me fait presque me sentir mieux mais putain ce que je m'en veux d'avoir besoin de ça.
- Ton appareil photo est sur l'étagère… pense à prendre le chargeur aussi.
Je sursaute en laissant tomber le sachet de drogue sur le sol et me retourne vers Tom qui est appuyé contre le chambranle de la porte. Il regarde rapidement dans le couloir en contorsionnant son cou avant de reporter son attention sur moi.
- Ton frère n'est pas vraiment loin, tu pourrais faire un peu plus gaffe.
- Putain mais tu veux me faire faire une crise cardiaque ou quoi ! Qu'est ce que tu fais là ? – Je demande sans vraiment réagir à son commentaire.
Il se redresse et fini de rentrer dans ma chambre avant d'en fermer la porte. Mon amie l'angoisse s'invite alors dans tout mon corps…
- Soutenir une amie. – Dit-il simplement.
Il part s'installer sur ma chaise de bureau et je me laisse moi-même tomber comme une merde par terre après avoir récupérer mon sachet que je tiens de nouveau enserrer dans mon poing. Je ramène alors mes jambes contre moi et pose ma tête sur les genoux.
- Tu n'as pas d'amie ici.
Je suis morte de l'intérieur… ne le voit-il pas ? Comment peut-il avoir une opinion de moi si positive alors que je n'arrive même pas à me supporter ?
- Si j'en ai une… il faut juste qu'elle se rappelle de moi.
Putain mais faite le taire… n'importe qui… on dirait que ça lui fait plaisir de me faire me sentir mal. Après ce que m'a balancé Bill, le fait que j'ai dormi un peu moins de 2 heures cette nuit et que je stresse complètement du voyage à venir… c'est trop pour moi. Je laisse une larme glissée, puis une seconde avant que toutes leurs sœurs ne se joignent à la fête.
- Ne prends pas ça… tu n'en as pas besoin.
Au milieu de toutes ces larmes, j'arrive encore à rire de sa remarque… je crois que c'est un des meilleurs moments pour que j'en prenne justement.
- J'en ai rarement eu autant besoin que maintenant Tom.
Mais je me sens tellement minable.
- Steuplé… tu veux bien sortir ? – Je lui demande presque implorante.
Il a l'air étonné de ma requête et ne fait absolument pas mine de se lever. Au contraire je crois même qu'il se tape l'incruste. Puis finalement il pose la question qui lui brûle les lèvres et à laquelle je n'ai pas vraiment envie de trouver une réponse.
- Et pourquoi ? C'est pas comme si je t'avais jamais vu fait ton affaire devant moi.
Je le sais ça et à ce moment là je m'en foutais qu'il me voit… alors pourquoi est ce que maintenant je me sens encore plus mal de faire ça devant lui ? Je m'essuie les joues et me frotte les yeux pour me donner un peu d'aplomb.
- J'ai plus envie que tu me vois comme ça, c'est tout.
Il joue avec son piercing en fixant le vide et finalement se relève, mais reste un instant face à la porte avant de l'ouvrir.
- Je voulais te dire… Bill… ne prend pas mal ce qu'il t'a dit tout à l'heure. La forme manquait de tact mais le fond était important. C'est toute notre vie que tu as entre tes mains… et si… si t'as besoin : je serais là ok ?
Il n'attend cependant pas de réponse et sort rejoindre nos amis en prenant soin de refermer la porte derrière lui.
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POV Bill
Putain mais moi aussi j'ai dormi que quelques heures… faut pas pousser ! Je sais que je viens pas vraiment d'être diplomate ni dans mon attitude, ni dans mes mots, mais je refuse de foutre en l'air tout ce qu'on a bâti avec le groupe parce que Mademoiselle aura foutu le bordel.
Je sais que Tom à eu raison de stopper mon geste… une crise devant Andreas et tout serait tombé l'eau. Sans parler de la santé de Lola. Mais au moins j'ai dit ce que j'avais à dire et je la regarde maintenant avec insistance, attendant qu'elle réponde quelque chose… n'importe quoi… mais au moins qu'elle réponde.
Et au lieu de ça, je vois ses yeux rougirent et se remplir d'eau. Putain ça y est, je m'en veux.
Et la seconde d'après, elle me tourne le dos et se casse… au hasard je dirais dans sa chambre. Tom, Andreas et moi nous regardons bêtement, sans vraiment comprendre son attitude et cette fois, c'est son frère qui s'y colle.
- Tu vas où encore ?
Elle continue sa marche et nous lance depuis le couloir qu'elle a oublié son appareil photo. Je geins de désespoir en regardant l'heure et m'angoisse des gentillesses que Gustav ne va pas manquer de nous envoyer dans les dents lorsqu'on arrivera enfin.
- Putain mais l'avion va pas nous attendre…
Je parle plus pour moi-même mais mon jumeau a parfaitement compris que je suis au bord de lui claquer de beignet à la demoiselle. Et comme souvent, c'est lui qui décide d'arrondir les angles. De toute façon, elle n'acceptera une intrusion que de sa part à lui alors autant fermer ma gueule… pour une fois.
- Ok, je vais la voir. Appelle Joe, qu'il prenne les bagages… on est là dans 3 minutes.
Puis il disparait à la suite de Lola dans les entrailles de la maison. Ok Billou, on inspire… on expire… on inspire… on expire…
- Tu sais… t'es pas obligé de faire ça.
J'ouvre un œil, perturbé dans ma méditation par Andreas… qu'est ce qu'il raconte encore ? Il fait un geste vers la chambre de Lola et reprend.
- Je vois bien que tu n'arrives pas à la supporter… et je veux pas prendre le risque que cette histoire vous apporte plus de problème qu'autre chose.
J'expire puissamment tout l'air que j'avais dans mes poumons et lui demande le plus simplement du monde de ferme sa putain de gueule.
- Si c'est pour dire des âneries pareilles, tu peux tout aussi bien économiser ta salive. Ta sœur vient avec nous, un point c'est tout. Et crois-moi bien quand je te dis que je l'aime plus que ce que je veux bien lui montrer.
Tom est là pour l'aimer… même s'il ne s'en rend pas encore compte. Si lui et moi commençons à être complaisants avec elle, elle ne s'en sortira jamais. Alors je vais endosser le rôle de méchant puisque c'est dans l'ordre des choses. Mais tout ça, je ne peux malheureusement pas l'avouer à mon meilleur ami.
Bref, je préfère terminer maintenant cette conversation qui ne sert à rien et vais finalement prévenir Joe qui est resté dans le véhicule à nous attendre. Lorsque je rentre avec lui de nouveau dans la maison, j'avise mon frère dans le salon et… seul.
- Elle est où ? – Je demande sèchement.
Tom me lance alors un regard franchement agacé avant de me dire qu'elle arrive. Quoi ? Qu'est ce que j'ai dit encore ? Je regarde Andreas qui soulève les épaules en signe d'impuissance pour toute réponse.
- Au passage… Ca serait cool si tu pouvais éviter de l'agresser à chaque fois qu'elle ouvre la bouche.
Mon jumeau me dit ça l'air de rien mais il ponctue sa phrase en se passant un doigt discret sur une narine… ok, je commence à comprendre. Mais ça n'empêche pas mon sarcasme de transpirer dans ma voix quand je reprends la parole.
- Si elle cherche son appareil photo à chaque fois que je lui fais une réflexion, ça risque de considérablement décaler notre emploi du temps.
- Juste… ce voyage la stresse et elle va être intenable sans ça. Je ferais en sorte que son appareil photo ne soit plus un problème.
J'ai toujours pensé que mon frère était trop sûr de lui, je pense que j'en ai la preuve flagrante.
- Je vois pas comment son putain d'appareil photo ne pourra plus être un problème. Elle ne peut pas s'en passer !
Andreas nous regarde, Tom et moi, à tour de rôle, ne comprenant pas vraiment notre conversation de sourd. Mais de toute façon, Lola réapparait avec son fameux appareil à la main. Je suis presque effrayé de voir ses yeux si vitreux et ne comprends pas comment Andreas a fait pour passer à côté de ça si longtemps.
- Ok… heu… bah je suis prête.
Super : on a déjà une demi-heure de retard. C'est juste… dramatique.
J'enlace rapidement mon ami pour prendre congés, étant donné qu'on s'est dit tout ce qu'on avait à ce dire hier soir, pensant ne pas se revoir d'ici quelques mois. Tom fait de même et j'aperçois Lola du coin de l'œil murmurer quelque chose à l'oreille de son frère avant de le prendre dans ses bras sans que lui ne fasse un geste… à part simplement fermer les yeux de douleur.
Ça manque un peu de chaleur et je ne comprends pas leur attitude. Si je venais à me séparer de mon frère pendant des mois… je crois que je n'arriverai pas à le lâcher.
C'est comme ça qu'on s'est retrouvé dans le véhicule, à regarder dans la lunette arrière la silhouette d'Andy nous faisant coucou alors qu'il rapetissait inexorablement. Et dés qu'on n'arrive plus à le distinguer, je me cale confortablement dans mon siège.
On va se faire couper en six par tout le monde si le chauffeur n'appuie pas un peu sur le champignon histoire de nous faire rattraper ce massacre. Je déteste quand une journée commence si mal, je déteste quand le planning n'est pas respecté, je déteste quand les choses ne sont pas sous contrôle et je déteste…
- Bill…
Etant à la place du mort, je me tourne doucement vers l'arrière pour regarder Lola qui vient d'ouvrir la bouche pour la première fois depuis qu'on est partie. Et je pense immédiatement à mon frère quand mon sourcil nerveux se met en accent circonflexe automatiquement.
- Je suis désolée… pour ce matin.
Hein ? J'ai une hallucination auditive ou quoi ?
Je la détaille bien malgré moi et constate qu'elle a toujours les yeux vitreux mais je comprends d'avantage pourquoi Tom l'a laissé prendre sa merde… elle a l'air plus détendu que tout ce que j'ai pu voir durant la semaine qui vient de s'écouler.
- J'attends pas que tu parles… juste que tu le saches.
Et elle replace les écouteurs de son lecteur mp3 sur les oreilles avant que je n'aie pu ouvrir la bouche. Je lance un regard interrogateur vers Tom qui n'a pas l'air d'en savoir d'avantage et chacun est repartie dans ses pensées jusqu'à l'arrivée à l'aéroport. Et je suis franchement étonné de voir que nous arrivons dans la discrétion la plus totale. On a exterminé la race des fans ou quoi ? En tout cas, c'est pas moi qui vais me plaindre de pouvoir faire quelques pas sans avoir une horde de femelle en chasse en train de me hurler mon prénom aux oreilles.
Joe gare le véhicule le long du trottoir et Tom est le premier dehors pour détendre ses jambes. Je le rejoins rapidement en le narguant.
- Aahh rien de tel qu'un petit trajet bien installé.
Je rigole intérieurement alors que lui me lance un regard de tueur.
- Vas-y moque-toi… le prochain voyage, c'est toi qui te plie en quatre pour grimper à l'arrière.
- Gna gna gna – Je réponds de façon très mature en lui tirant la langue.
Et je replonge ensuite dans l'habitacle pour récupérer mon gros sac… que mes amis ont tendances à appeler « sac à main » pour me mettre en boîte… connards ! Tom fait pareil avec une espèce de sac de sport qu'il jette sur son dos en le tenant par les hanses et on attend quelques secondes avant que Saki n'arrive vers nous en trottinant.
- Putain les gamins, magnez-vous… David devient intenable… qu'est ce qui vous est arrivé ?
Lola sort à ce moment-là de la voiture, son sac de toile en bandoulière.
- Oh… toi, tu dois être ma nouvelle protégée ? – Se renseigne notre grand nounours personnel.
- Je… heu… j'en sais rien en fait.
Je vois les joues de notre amie se colorer doucement alors qu'elle bafouille naïvement. Se creuse alors un sillon dans le front de notre garde du corps, signe d'une réflexion intensive.
- C'est bien toi Lola ? – Demande-t-il finalement.
Tom et moi nous regardons avec le même sourire en coin devant la gêne qui émane de la sœur d'Andreas alors qu'elle acquiesce. Quand je pense qu'il n'y a pas si longtemps, elle aurait sauté sur Saki pour lui faire une espèce de câlin dont elle seule avait le secret…
- Ok, on est donc d'accords. Tu es Lola, donc tu es ma nouvelle protégée. J'espère que t'es plus sage que les quatre autres zigotos.
- HEY ! – S'exclame Tom. – Y'a pas plus sage que nous.
Saki le regarde alors d'un œil sceptique avant de répondre très exagérément :
- Mais oui biensûr…
Puis il nous laisse en plan pour s'arranger avec Joe qui commence déjà à descendre nos valises. C'est maintenant à moi d'intervenir !
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POV Lola
Putain de bordel de merde… une nounou… et format géant en plus. Il manquait plus que ça pour parfaire mon bonheur. Il a l'air gentil remarque mais bon… nounou quand même. Je détourne finalement mon attention du groupe un peu atypique que forment Saki, Bill et ce fameux Joe.
De là où je suis, je suis presque certaine qu'ils manigancent quelque chose mais je préfère les laisser faire leur vie… après tout, je rêve qu'il me laisse faire la mienne.
Je fais quelques pas, profitant de l'air frais de mon pays et vois du coin de l'œil Tom s'approcher de moi. Le voir se mettre automatiquement en évidence pour éviter de me braquer me donne la nausée… je suis un putain de boulet.
- Ca va ? – Demande-t-il simplement.
Que répondre à ce genre de question… après tout, ce n'est qu'une phrase de convenance. Généralement, les gens s'attendent à ce qu'on réponde « oui, ça va et toi ? », alors c'est ce que je fais. Un blanc… avant qu'il reprenne la conversation, si conversation il y a.
- Tu me prends pas un peu pour un con des fois ?
Moi qui portais attention à un moineau qui picorait nerveusement une miette de pain, je m'étonne de sa question. Et finalement… je l'élude.
- Pourquoi on prend l'avion, je pensais me retrouver coincé avec vous dans un bus.
Tom se renfrogne immédiatement m'expliquant à quel point il aurait préféré se retrouver bloqué dans le bus.
- Mais l'avion nous fait gagner du temps. Au moins pour arriver en France. Le bus nous attend là-bas.
Et je me rappelle soudain qu'il a une sainte horreur de l'avion. Mais je n'ai pas le temps de me moquer de lui que Saki nous demande de le suivre pour retrouver les autres. Naïvement, que dis-je… très naïvement, je pensais que les « autres » se traduisait par Georg et Gustav mais quand j'ai vu l'armada de gens qui entourait les deux autres membres du groupe, j'ai cru que j'allais tourner de l'œil.
C'est quoi tout ce monde ?
- Ça ? Bah c'est notre équipe pourquoi ?
Woups. Aurai-je parlé à haute et intelligible voix ? Peu importe. Tom court vers Gustav qui parlait avec une magnifique blonde, Bill m'abandonne aussi pour rejoindre une autre gonzesse et je reste plantée comme une conne à peu prés à cinq mètres du troupeau… que je trouve plus que bruyant.
Des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes… en fait, Tokio Hotel, c'est pas un groupe de musique, c'est une entreprise ma parole.
- Hey… salut.
Je me tourne vers la source de cette voix et me retrouve en face du bassiste.
- Oh Georg. Bonjour.
On reste côte à côte sans que sa présence ne me pose de réel problème. Ne me demandez pas pourquoi mais c'est une des rares personnes qui ne me mette pas mal à l'aise. Sans doute parce que je suis encore sous effet de ma drogue mais il y a autre chose… quand il est là, je n'ai pas la sensation qu'il veut absolument me faire parler. Il est juste là.
- Alors, prête pour le grand voyage ?
Je fais encore un tour d'horizon des personnes en face de moi avant de faire la moue.
- Ouai, t'as pas l'air convaincu on dirait.
J'apprécie ses efforts pour que je ne me sente pas à l'écart mais… ils forment tous un groupe vraiment uni. Quoi qu'il fasse, je pense que je n'aurais jamais ma place au milieu de tout ça. Je suis comme le grain de sable qui vient coincer les rouages d'une machine bien huilée.
- Tu devrais mettre ton tour de cou avant que quelqu'un te mette dehors.
- Oh.
Tant d'exubérance dans mes réponses me scie les pattes. Bref, je farfouille dans mon sac à la recherche de la fameuse enveloppe Kraft et en ressort le précieux sésame avant de me le coller au dessus de mon tee-shirt après avoir enlevé mon pull. C'est qu'il fait chaud dans cette petite salle bondée.
S'enchaînent alors plusieurs événements. Le premier étant un homme de taille moyenne s'approchant de moi. Voyant que je me crispe un peu, Georg me murmure qu'il s'agit de David, leur manager.
- Bonjour Lola. Je voulais me présenter, je suis…
- David c'est bon, on lui parlait de toi. – Le coupe gentiment Georg.
- T'aurais pu me laisser ce plaisir. Sale gosse va !
Je suis un peu sidérée de les voir se chamailler comme des gamins et finalement, David reprend son sérieux.
- Tiens au fait, ta carte d'embarquement. Si tu as besoin de quoi que se soit, n'hésite pas à venir me voir. Je sais que les garçons ont décidé de t'encadrer comme il se doit mais on ne sait jamais. On fera en sorte que ton séjour parmi nous se passe bien ok ?
- Heu… oui. Merci.
Il me lance un sourire avenant puis se détourne pour retrouver d'autres membres de son équipe. Je m'apprête à regarder la dite carte d'embarquement lorsque le second événement de la matinée se produit. J'entends distinctement Georg lancer un « Oh, oh… » qui annonce clairement une catastrophe.
Et il s'éloigne imperceptiblement de moi alors que la fille avec qui parlait Gustav vient également à ma rencontre. Jusque-là, rien d'inquiétant sauf qu'une mega valise cabine se trouve sur sa trajectoire et qu'elle n'a pas l'air de l'avoir vu.
J'ai alors le réflexe d'aller vers elle pour la prévenir mais elle marche plus vite que moi et ce qui devait arriver arriva : Elle se prend les pieds dans le bagage mal placé et me renverse la moitié de son café brûlant sur le tee-shirt.
Je me mords les joues lorsque le liquide chaud rentre en contact avec ma peau et lâche un couinement ridicule pour éviter d'ameuter tout le monde, sauf que la demoiselle maladroite est beaucoup moins discrète que moi.
- Oh mon dieu, je suis désolée. Ca va ?
J'ai envie de lui expliquer qu'elle n'a pas besoin de me hurler au visage pour que je l'entende, mais les personnes les plus proches de nous commencent à se retourner les unes après les autres.
- Mince vient par là ! – M'ordonne-t-elle.
Elle sort un mouchoir de sa poche qu'elle tapote sur la tâche qui se distingue discrètement sur mon tee-shirt informe noir.
- Tu devrais vraiment aller y passer un peu d'eau, sinon tu n'arriveras jamais à le récupérer.
« Récupérer » mon haut est vraiment le cadet de mes soucis, mais m'éloigner de cette folle furieuse fait partie intégrante de mes priorités. J'empoigne mon sac sans regarder derrière moi et me dirige vers les premiers toilettes que j'aperçois.
J'appuie sur le bouton du robinet qui se met à cracher un jet puissant et rince un peu la tâche… mais l'odeur de café reste persistance sans compter que la moitié de mon tee-shirt est maintenant trempé. Putain mais quelle conne cette blondasse, elle pouvait pas faire gaffe ? J'hallucine qu'une personne puisse être si maladroite.
Je ne tiens pas particulièrement à mon vêtement, mais je vais me retrouver à fouetter le café toute la journée alors merci du cadeau.
J'en suis là de mes grognements lorsque j'entends taper à la porte avant qu'elle ne s'ouvre sur Tom. Le fait que se soient les toilettes des dames n'a pas l'air de lui poser un réel problème.
- Alors comme ça, tu as fait connaissance avec Nina ?
J'arrache un nouveau morceau d'essuie main pour continuer d'essuyer la tâche avant de me retourner vers lui.
- A parce que c'est comme ça qu'elle s'appelle Miss catastrophe ?
Tom et moi nous fixons un temps suite à ma question et éclatons finalement d'un rire discret.
- Ton tee-shirt est foutu. – Constate-t-il platement.
Je fais face à la glace après avoir jeter le dernier morceau de papier et pousse un soupir en constatant que Tom à raison.
- C'est pas grave, je l'aimais pas de toute façon.
- Bah pourquoi tu le mets alors ?
Je pousse un nouveau soupire et préfère me laver les mains plutôt que de lui répondre. Je pensais retrouver son visage à l'identique en le regardant de nouveau après m'avoir sécher les mimines mais je le trouve bizarrement tendu. D'ailleurs, il regarde si toutes les cabines sont vides avant de revenir vers moi. Son attitude me stresse vraiment pour le coup…
- Je… tu sais, ce que tu prends…
Il a l'air vraiment mal à l'aise et en y réfléchissant un peu, j'ai l'impression que ça a commencé hier soir… je passe mécaniquement deux doigts sur le pansement qui orne mon arcade depuis qu'il me l'a soigné. Je ne pensais pas qu'il pouvait être si délicat… j'ai toujours vu Thomas comme le bourrin de service mais hier… je sais pas…
- Lola tu m'écoute ?
Je me secoue la tête et ré-atterri d'un puissant coup dans la vraie vie. Ce que je prends ? Oh… ça. J'acquiesce lentement en ne le quittant pas des yeux.
- Je veux rien savoir mais… on est dans un aéroport et on va passer les mêmes portes de sécurités que les autres voyageurs. Si on trouve quoi que se soit dans notre équipe, ça risque de faire les choux gras de la presse et…
- T'inquiète pas. – Je le coupe. J'ai pigé ce que tu voulais me dire.
Encore une boulette à mettre sur la liste de celles que j'enchaîne depuis ce matin. Je vais vraiment avoir du mal à me faire à leur vie.
- T'as fini de nettoyer ton truc ? – Change-t-il de sujet.
On s'est compris tous les deux, c'est le principal. Je baisse alors les yeux sur mon sac…
- Oui mais... je vais faire pipi avant d'embarquer je crois… j'arrive.
Il me fait signe qu'il m'attend dehors et alors qu'il sort de la pièce, je m'enferme dans une cabine et me met à farfouiller dans mon sac à la rechercher d'une chose bien particulière. Forcement, c'est tout au fond que je le trouve et l'en sort délicatement pour éviter de rompre la poche fragile.
J'emmène le minuscule sachet à hauteur de mes yeux et regarde cette poudre comme si elle m'avait hypnotisé. Comment je vais faire pendant les 15 jours à venir… se sont les seuls mots qui dansent dans ma tête alors que je déverse le contenu au fond de la cuvette avant de tirer la chasse.
Comme me l'a si délicatement fait remarquer Bill ce matin, j'ai accepté de venir… il va falloir s'y faire.
Bref, il est temps de retourner dans la cohue qu'est le monde extérieur. Je ne sais pas du tout comment j'aurais vécu cette arrivée en n'ayant rien pris ce matin, mais en étant sincère, je crois que je serais partie à toute jambe loin de tout ce bordel.
A peine ai-je posé un pied en dehors de mon château-fort que la dite Nina me saute à nouveau dessus en me tendant un sachet en plastique.
- Je suis vraiment désolée tu sais ? Je voulais pas te tâcher, en fait comme ta tête m'était inconnue j'ai demandé à Gustav qui m'a signalé que tu ferais partie de l'équipe pour la tournée française alors je voulais simplement me présenter et comme tu as pu le voir je suis assez maladroite. Je t'ai trouvé un autre tee-shirt pour que tu puisses te changer étant donné que les bagages ont été enregistrés. Je suis désolé si la couleur ne te plait pas mais le choix était plutôt restreint et…
Je lui arrache le sachet des mains en la regardant avec de grands yeux effrayés. Elle parle plus que Bill… je ne savais même pas que ça pouvait exister.
- OK ! Merci.
Elle stoppe son flot de parole et me regarde impatiemment. Elle attend peut-être que je j'ouvre son fameux cadeau.
Je plonge ma main dans le sachet opaque et en ressort un haut… blanc ? Super ! Je le déplie maladroitement mais je ne suis pas au bout de mes surprises en constatant l'hilarité de Bill et de Tom qui me regardent au loin. Je tourne le tee-shirt pour voir ce qu'il y a de si drôle et manque de fondre en larme.
Un tee-shirt blanc… le premier truc que je vois, c'est un gros cœur rouge bien flashi… avant de constater qu'il est encadré d'un I majuscule et du nom de notre capitale… I love Berlin…
Je meurs tout de suite ou j'attends un peu ?
- Tu verras, ça ira super bien avec ton jeans. Va te changer, toute l'équipe nous attend !
Elle fait demi-tour et part retrouver les quatre garçons qui sont maintenant tous mort de rire. Je sens que cette journée va être très, très, très longue.
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Et voila…. Tout le monde est sur le départ ! Nina rentre dans la partie… une nouvelle tête. Je ne sais pas trop encore le rôle qu'elle aura mais bon, j'aimerai bien développer son personnage hihihi
Qu'en avez-vous pensé ?
BISOUS à tout le monde !!!!!!!!!
