Avertissement : la plupart des personnages et des situations de cette histoire appartiennent à Marvel Comics, Fairview Entertainment, Dark Blades Films, NBC, et autres entités, et je n'ai pas la permission de les emprunter. Aucune intention d'infraction de quelque manière, et cette histoire est à but non-lucratif. Tous les autres personnages m'appartiennent, et si vous voulez les emprunter, vous devez me le demander en premier. Toutes les erreurs sont les miennes, rien que les miennes, et non vous ne pouvez pas en avoir.
Cincoflex et Laura27md font de cette histoire quelque chose de mieux que je ne pourrais le faire seule !
Lorsqu'elle se réveilla, il faisait nuit. Virginia se frotta les yeux, essayant de comprendre où est-ce qu'ils étaient, mais la rue n'était pas éclairée. Cela lui prit un moment pour réaliser que la forme obscure sur le côté était l'océan.
« Hey, la marmotte, dit doucement Trish. Vous deviez vraiment être fatiguée »
Virginia regarda derrière elle. Il était difficile de distinguer quoi que ce soit, mais à en juger par l'absence de bruit provenant des sièges arrière, tout le monde était aussi endormi. « Je pensais que nous allions nous arrêter chez les gardes forestiers » dit-elle, gardant sa voix basse.
Trish ria doucement. « Nous l'avons fait. Leur ligne téléphonique était à plat, et vous étiez déjà en train de dormir, alors on n'a pas pris la peine de vous réveiller »
Virginia s'étira un peu et fronça les sourcils, se sentant coupable. Merde, je suis désolée, Tony. Elle jeta un autre coup d'œil par la fenêtre. « Est-ce que c'est la route 1 ?
— Ouaip. On est à peu près à dix minutes de Malibu.
— Oh… ». Elle ne savait pas quoi dire. « Je pensais…
— Mike et moi avons décidé qu'on pouvait facilement vous déposer chez vous, et vous épargner l'attente pour faire le trajet. Les filles dorment à poings fermés et ce n'est pas très loin de chez nous »
C'était un trajet d'une heure, dans le noir, et Virginia réalisa que ce n'était pas quelque chose de facile, même si Trish en parlait avec légèreté. « Je… Merci ». Elle secoua la tête. « Vous n'étiez pas obligés »
Tris haussa les épaules. « Je ne sais pas ce qu'il vous est arrivé là-bas, et il est évident que vous ne voulez pas en parler, mais ceci n'est pas un problème »
Elle jeta un coup d'œil à Virginia, puis se concentra de nouveau sur la route devant elle. « C'est une sorte de tentative pour effacer une dette que j'avais »
Virginia déglutit, malgré le nœud dans sa gorge qui s'était formé suite à cette démonstration d'une gentillesse simple, et gênante. « Merci » répéta-t-elle, et elle reposa sa tête en arrière de nouveau.
L'horloge du tableau de bord affichait dix heures trente-deux le temps que le SUV se gare devant l'appartement de Virginia. Ils avaient effectué le reste du trajet dans un silence paisible, seulement rompu par Trish qui demanda l'adresse de Virginia. Et alors qu'elle glissa de son siège, Virginia sortit trente dollars de son argent séché au soleil.
Trish fit le tour du SUV alors que Mike, réveillé, passait par-dessus sa plus jeune fille pour sortir ils échangeaient de conducteur. Virginia tendit l'argent à Trish. « Pour l'essence »
Pendant un instant, Virginia pensa que Trish allait refuser, mais elle prit l'argent. « Je devrais protester, mais la vie est chère ces jours-ci » murmura-t-elle avec amusement, et Virginia sourit.
« Mercie encore, dit-elle. Vous m'avez sauvé la vie »
Peut-être littéralement.
Mike haussa les épaules gaiement, essayant de dissimuler un bâillement. « C'est notre bonne action du mois. Prenez soin de vous, d'accord ? Ça va aller ?
— ça ira ». Elle était à quelques minutes de sa douche, de son lit. Sans parler d'un téléphone. Je dois appeler Tony…
« Bien »
Il serra la main de Virginia une fois de plus. Tris ne tendit pas sa main, mais elle sourit à Virginia et se hissa dans le siège arrière.
Virginia fit un signe de la main, et se tourna vers la porte du bâtiment, sortant sa clé magnétique et déverrouilla l'entrée pour rentrer. Lorsqu'elle se retourna, les portes du SUV étaient fermées, mais il était toujours là probablement pour s'assurer qu'elle soit bien rentrée.
Elle agita de nouveau la main, et le véhicule s'éloigna. Souriante, elle se dirigea vers l'ascenseur. Je parie qu'ils pensent qu'ils ne vont jamais savoir qui je suis ni ce que je faisais dans la forêt.
Eh bien, ils vont avoir un choc.
Elle connaissait leurs noms, et avec les ressources de Jarvis, les retrouver serait un jeu d'enfant. Même s'ils avaient une dette à effacer, Virginia avait l'intention de témoigner de sa gratitude d'une façon plus tangible.
Cela peut attendre demain. Je dois vraiment appeler Tony. Elle sortit de l'ascenseur à son étage et franchit le couloir, se demandant ce que cela pouvait dire d'elle le fait que la première personne qu'elle ait besoin de rassurer soit son patron.
Il n'est pas juste mon patron, plus maintenant. Je ne suis pas sûre de ce qu'il est d'autre, mais…
Elle aurait pu pleurer à la vue de son appartement, silencieux et sombre comme il était. A la place, elle verrouilla la porte derrière elle et laissa échapper un énorme soupir. Puis elle déposa son sac sur le sol et elle se pencha pour retirer les chaussettes et les chaussures qu'elle avait dérobées.
J'ai tellement besoin d'une douche. Mais… téléphone en premier.
Heureuse d'être pieds-nus, Virginia prit son téléphone là où elle l'avait laissé, sur le bureau de son salon, pour finalement se rendre compte qu'il n'avait plus de batterie après cinq jours loin de sa base. En soupirant, elle se dirigea vers sa chambre, où elle trouverait l'autre partie du téléphone.
Ses pieds douloureux appréciaient la douceur du tapis. Virginia tâtonna jusqu'à sa table de nuit et alluma la lampe qui y était posée, diffusant une douce lumière dans la pièce. Elle tendit la main pour se saisir du téléphone… et se figea.
La prise de conscience qu'il y avait quelqu'un dans son lit, et le fait de reconnaitre Tony, furent presque simultanés. Elle se redressa et baissa les yeux pour le regarder, partagée entre l'amusement, l'exaspération, la perplexité et le sentiment de victoire.
Elle avait l'habitude qu'il fasse l'inattendu, si cela était possible et alors qu'il pouvait toujours fournir une explication pour ses actions s'il était d'humeur à le faire, ses motivations étaient le plus souvent ce qu'une personne normale considèrerait comme, disons, farfelues. Ou exagérées. Ou juste complètement étranges.
Elle fut submergée par la tendresse à mesure qu'elle le regardait. Mais qu'est-ce qu'il fait là ? Il a l'air tellement mal…
Et c'était le cas. Son visage n'était pas rasé, et marqué par l'inquiétude malgré son inconscience Virginia reconnu les traits tirés par le manque de sommeil et d'alimentation.
Secouant sa tête tendrement, elle s'assit sur le bord du lit et se pencha pour lui secouer l'épaule. « Tony ? Tony, réveillez-vous »
Il renifla et ouvrit les yeux, la regardant. Ils passèrent de presque fermé à grands ouverts, puis encore plus grands, jusqu'à ce que cela devienne douloureux c'était le regard d'une personne qui ne croyait pas ce qu'elle voyait. Elle lui sourit, un peu désabusée. « Je demanderais bien ce que vous faites ici, mais… »
Tony tendit le bras lentement et toucha sa cuisse comme s'il s'attendait à ce que ses doigts passent au travers d'elle. Sa paume lissa le jeans, rencontrant de la chaleur…
Il bougea avec une rapidité qui arrivait encore parfois à étonner Pepper. En un clin d'œil, elle fut enveloppée dans une étreinte si serrée qu'elle pouvait à peine respirer, soudainement regardant par-dessus l'épaule de Tony alors que son poids pressait son dos contre la tête de lit, et il enfouit son visage dans son épaule. « Pepper… » Hoqueta-t-il.
Après un moment d'étonnement, Virginia l'enlaça en retour, car il était évident, qu'importe ce qui n'allait pas chez lui, que Tony en avait besoin. Alors que les mains de Virginia atteignirent sa colonne vertébrale, il resserra son étreinte, et un étrange bruit étouffé arriva à ses oreilles et son cœur se serra lorsqu'elle réalisa qu'il pleurait.
« Tout va bien » murmura-t-elle inutilement. « Tony, ça va ». Son étreinte était presque douloureuse et son arc creusait un trou dans sa poitrine, mais elle ne fit pas un geste pour se libérer. En fait, son étreinte était étonnamment réconfortante, et elle frissonna, sa gorge se resserrant devant cette preuve qu'elle avait manqué à quelqu'un.
Ses cheveux étaient doux contre sa joue et contre son cou. Virginia frotta le dos de Tony en cercles lents, essayant de délier les muscles tendus qui la tenaient si fermement. Petit à petit, ils se relâchèrent un peu, assez pour qu'elle puisse prendre une grande inspiration, et elle sourit par-dessus son épaule. « Vous allez bien ? »
Tony leva la tête. Ses cils formaient des paquets et étaient humides, ses lèvres rougies, et ses yeux trouvèrent les siens avec un air de désespoir qu'elle n'avait jamais vu avant, pas chez lui.
Et puis il se pencha de nouveau, capturant sa bouche dans un baiser qui était aussi désespéré que son regard. Elle eut un petit bruit de surprise, mais elle n'avait aucune prise, ni d'espace pour s'échapper.
Ceci ne ressemblait pas au baiser qu'ils avaient presque échangé sur le toit il y avait eu de l'ardeur, de la sensualité et une sorte de curiosité impatiente. Celui-ci avait de l'angoisse, de la passion et paraissait comme une supplication et de la possession à la fois les lèvres de Tony glissèrent sur les siennes comme s'il essayait de lui donner quelque chose, et alors que son odeur emplissait son nez, les oreilles de Virginia commencèrent à bourdonner.
Une vague d'émotions étranges la submergea, quelque chose d'effroyablement chaleureux et puissant qui le réclamait. Elle gémit, ses doigts s'accrochant au tissu de son t-shirt, et Tony lui répondit, une main passant dans ses cheveux dans une caresse qui était presque aussi effrénée qui son baiser.
Mais qu'est-ce que l'on est en train de faire ? Ses pensées étaient presque incohérentes, mais Virginia bougea et parvint à reculer suffisamment pour les séparer. « Tony… »
Sa respiration soufflait sur ses lèvres, et puis il baissa la tête, pressant son visage contre sa gorge, comme s'il devait toucher sa peau. Son bras continuait de la serrer fort, son autre main faisant des allers-retours entre ses cheveux et sa nuque. Et elle se contenta de le tenir, sentant sa moustache frotter son cou et ses muscles trembler.
Ils restèrent assis de cette manière pendant un long moment. Lentement, Tony se détendit, et Virginia laissa une de ses mains monter caresser ses cheveux, en se demandant ce qui pouvait bien lui prendre. Elle savait qu'elle avait de l'importance pour Tony ; elle le savait depuis des mois.
Mais je ne savais pas que c'était aussi fort.
Elle se sentit perdue, en quête de stabilité. Le Tony qu'elle connaissait était sûr de lui presqu'à tous les coups et jamais, non jamais, n'était-il vulnérable. Il pouvait plaisanter et flirter, et même éprouver de la honte ; mais son coeur était toujours barricadé, si ce n'était caché.
Et alors qu'elle savait qu'il la trouvait attirante – cela n'avait jamais été questionné – et même s'il avait à un moment envisagé une relation...
Elle ne l'avait jamais vu comme ça.
Virginia ne savait juste pas quoi penser. Ou même quoi ressentir.
Finalement, Tony laissa échapper un long, long soupir, qui fit frissonner sa peau et lui donna la chair de poule jusqu'à l'oreille, et il releva la tête. « Potts, dit-il d'une voix rauque, je ne vous laisserai plus jamais hors de ma vue »
Ça, elle pouvait faire avec. Virginia libéra une main pour balayer ses cheveux sur son front, et elle sourit. « Ça va rendre la vie un peu compliquée si vous devez vous envoler pour une mission »
Il ferma ses yeux brièvement, et fit semblant d'être vexé, mais son sens de l'humour disparu rapidement. « Vous allez bien ? Vous n'êtes pas blessée ou... quelque chose d'autre ? »
La façon dont sa mâchoire se crispa la poussa à vite le rassurer. « Je vais bien. Quelques bleus et mes pieds sont à l'agonie, mais... je vais bien »
Tony la relâcha et s'assit sur ses talons. Elle frissonna lorsqu'elle laissa son autre bras tomber, se sentant étrangement perdue. Mais il attrapa rapidement son visage dans ses deux mains. « Vous êtes sûre ? Parce que si...
— Je vais bien ». Virginia essaya d'être ferme, mais la caresse de ses pouces sur ses joues rougies faisait frissonner sa peau. « Tony... est-ce que Happy va bien ? »
Ses sourcils se levèrent. « Ouais... ouais, il va bien. Il a mal au crâne, mais il va bien. Merde, il faut que je l'appelle. Il faut que j'appelle Rhodey. Et Jarvis...
— Vous bafouillez » dit-elle tendrement, de retour sur un terrain qu'elle connaissait. « Je vais les appeler »
Tony la laissa, et Virginia se pencha pour attraper le téléphone, essayant de ne pas réagir lorsqu'il resta là où il était, accroupi si proche d'elle que ses genoux appuyaient contre sa cuisse. Le numéro de Rhodey avait pour raccourci la touche quatre, et elle entendit deux sonneries et demie avant qu'il ne décroche.
« H'lo ? » demanda une voix endormie, et elle sourit.
« Salut, Jimmy »
« Pepper ? ». Un bruit sourd atteignit ses oreilles, puis un juron étouffé, et Virginia pouffa de rire. Après ça, la voix de Rhodey était de nouveau distincte. « Pepper, est-ce que c'est toi ?
— Tu as fait tomber le téléphone, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle, son sourire s'élargissant.
De l'autre côté de la ligne, Rhodey commença à rire sans pouvoir s'arrêter. « Merde. C'est toi ! Pepper, est-ce que tu vas bien ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ?!
— Je me suis enfuie ». Elle cligna des yeux, essayant de déterminer comment expliquer. « C'est... plutôt une longue histoire.
— J'imagine ». Virginia pouvait parfaitement l'imaginer, secouant sa tête en signe d'incrédulité. « Sérieusement, tu vas bien ?
— Je vais bien, répéta-t-elle. Un peu amochée, mais rien de grave, je te promets »
Le téléphone lui fut arraché des mains, et Tony le porta à son oreille, levant les sourcils devant son regard mécontent. « Elle va bien, je confirme ». Il se tut pendant quelques secondes. « Non, je ne l'ai pas entendu non plus … il y a seulement quelques minutes ». Ses lèvres s'étirèrent pour former un sourire. « Oui, je t'entends »
Elle croisa les bras, mais Tony ignora l'avertissement. « Ok. Demain, ouais. D'accord ». Il pressa le bouton pour raccrocher.
« J'étais au plein milieu d'une conversation, Tony » dit-elle sèchement.
Il l'ignora, composant rapidement un autre numéro et il leva le téléphone de nouveau. « Hogan, dit-il après quelques secondes, il y a quelqu'un ici qui voudrait vous parler »
Il tendit le combiné à Virginia.
Elle leva les yeux au ciel et le prit. « Happy, vous allez bien ? »
Sa conversation avec lui fut aussi courte, et elle pouvait entendre la rudesse dans la voix de Hogan qui laissait paraitre le même soulagement dont faisait preuve Tony. Elle promit de le voir dès que possible, et elle sourit légèrement alors qu'il lâchait un 'au revoir' hâtif et rauque. Je crois qu'il pleure…
En soupirant, elle reposa le téléphone sur son chargeur. « Qui d'autre est au courant ? »
Tony leva les épaules. « C'est partout dans les médias » dit-il, sa propre voix toujours basse. « Y a-t-il quelqu'un d'autre que vous devez appeler ? »
Elle y réfléchit, mais la seule personne qui serait affolée était Jacquie, et son ancienne colocataire d'université vivait sur la côte Est. « Il est deux heures du matin à Boston, décida-t-elle. Je l'appellerai dans la matinée »
Tony approuva son regard ne quittait jamais son visage. « Êtes-vous sûre que vous n'avez pas besoin d'aller à hôpital ou quelque chose d'autre ? »
L'intensité de son regard la vida de tout agacement. « Je vais bien, lui répéta-t-elle. J'ai mal partout, je sens mauvais et mes pieds sont dans un sal état, mais la grande partie de mes problèmes peut être résolue avec une douche »
Tony tiqua légèrement, et se laissa glisser du lit pour s'accroupir à côté. Elle tressaillit lorsqu'il prit son pied gauche, mais il ne le lâcha pas et le leva avec précaution pour le regarder de plus près.
« Effectivement, ça a l'air douloureux » lâcha-t-il après un moment, une trace de son humour habituel refaisant son apparition. Un de ses doigts hésita au dessus d'une blessure mais il ne la toucha pas. « Je ne pense pas que vous porterez vos chaussures habituelles pendant quelques jours »
« Des tongues, je pense » accepta Virginia. Elle dégagea son pied. « Tony, ce n'est pas que je ne suis pas contente de vous voir, mais qu'est-ce que vous faites dans mon appartement ? »
Il leva les yeux jusqu'à elle, et se leva lentement, plongeant les mains dans ses poches et il réussit à ressembler à un écolier fautif malgré sa barbe. « Je, euh, je n'arrivais pas à dormir à la maison »
Oh. Elle ne savait pas quoi faire de cette déclaration, pas plus que de son baiser, parce qu'il était effectivement en train de dormir lorsqu'elle est arrivée. Et qu'est-ce que cela voulait dire ? Peut-être que je ne suis pas la seule Boucle d'Or ici.
« Pepper… ». Son expression était solennelle. « J'ai compris pas mal de choses pendant que vous étiez absente, et… »
Virginia leva les deux mains. « Tony, je…, je ne… je viens de rentrer » dit-elle très vite, alors que ses yeux trahissaient combien il était blessé. « J'ai besoin de récupérer un peu avant… avant que vous me viriez ou quoi »
La légère plaisanterie sembla l'apaiser, et Tony cligna des yeux, un coin de sa bouche s'étira. « Vous avez raison ». Il tendit une main, et Virginia y mit la sienne et le laissa la relever. Cela semblait naturel, et c'était étrange, car ils ne se touchaient que très rarement, et encore moins de peau à peau. Sa main était chaude et forte et elle résista à l'envie de s'y agripper. « Est-ce que vous voulez que je parte ? »
Non. La réponse fut si rapide qu'elle refusa d'y penser, ou à la douleur qui était retourné sur son visage.
« Tony ». Elle le poussa légèrement. « Je veux une douche. Je veux une salade. Je veux de la vraie nourriture. Je veux savoir que je n'ai pas à m'inquiéter pour vous pour au moins quelques heures »
Elle leva un sourcil, comme pour le mettre au défi de contester. « Vous restez hors de mon chemin et allez me chercher la nourriture, et après ça, on pourra discuter des mesures de sécurité pour votre limousine »
Son sourire fut lent, mais sincère, et ses yeux retrouvèrent leur étincelle. « Tout ce que madame voudra »
Avant qu'elle ne puisse esquiver, il se pencha l'embrassa sur la joue, puis se redressa et s'éloigna. « Vous avez faim comment ?
— Je meurs de faim »
Virginia marcha jusqu'à sa commode pour récupérer des affaires propres. « Mais j'ai l'intention de passer au moins quarante-cinq minutes dans la douche en premier »
Tony hocha la tête et marcha en direction de la porte, puis s'arrêta avec une main sur l'encadrement. « Pepper… »
Elle se tourna pour le regarder, et ce regard intense était de retour, rendant flou tout ce qui était autour d'elle. « Je suis content que vous soyez de retour saine et sauve »
Virginia inspira. « Moi aussi » réussit-elle à dire.
Il hocha de nouveau la tête et partit.
Elle rassembla une pile de vêtements et rejoignit la salle de bain avec la ferme intention de l'embuer. Et elle mit de côté, autant qu'elle le put, le puzzle qu'était Tony Stark.
Juste pour un court moment.
Tony attendit derrière la porte de la salle de bain jusqu'à ce qu'il entendit l'eau s'allumer, puis il se laissa glisser maladroitement pour s'asseoir un moment sur le sol. Son esprit était toujours sens dessus dessous, essayant d'accepter le fait que Pepper ait surgi de nulle part. Cela lui avait demandé un véritable effort pour la laisser prendre une douche par elle-même.
Il ne savait toujours pas comment elle était parvenue à s'enfuir, ni ce qui lui était arrivé entre-temps, ni où est-ce qu'elle avait déniché les vêtements qui lui donnaient l'air d'avoir voulu se faire passer pour un épouvantail, mais Tony voulait bien attendre un peu pour ces réponses.
Elle est de retour. Elle est de retour. Elle est de retour.
Ces mots défilaient dans sa tête en boucle, comme une sorte de prière, de stupéfaction, de soulagement et d'une joie perplexe, montant en flèche. Pepper, Pepper…
Il posa une main à plat sur la porte qui les séparait. Une part de lui savait qu'elle était tout aussi perplexe face à sa réaction, mais il ne voulait pas y penser maintenant. Pas alors qu'il était toujours sous le choc.
De la nourriture. Elle veut de la nourriture. Finalement, il s'écarta de la porte et se leva pour aller vérifier ce que Pepper avait dans son frigo. Normalement, il aurait commandé quelque chose de l'extérieur, c'était plus facile, mais il était plus de onze heures et il n'y avait plus grand-chose d'ouvert à cette heure.
Tony n'arrivait pas à trouver assez d'ingrédients encore comestibles pour faire une salade, mais il y avait un beau bouquet de brocoli dans le tiroir à légumes de Pepper, et un steak dans son congélateur. Il alluma le grill et mit le steak à décongeler dans le micro-onde, puis il commença à reproduire la marinade spéciale de Rhodey. Contrairement à l'idée commune, Tony savait cuisiner, et plutôt bien seulement la plupart du temps, il ne s'en donnait pas la peine.
L'accompagnement traditionnel pour le steak était des pommes de terre, mais Pepper ne semblait pas en avoir, alors il se contenta de pâtes, avec un peu de beurre, et de l'ail. Préparer le repas le gardait occupé, et le prévenait de se tracasser de trop à propos de ce qu'il ne savait pas encore.
Il était toujours épuisé, mais la joie était un bon remède, et il était hors de question que Tony franchisse la porte de Pepper maintenant, qu'importe combien il était fatigué. La nourriture va aider.
Une fois que le steak fut sous le grill, il sortit son téléphone de la poche et composa le numéro que Donovan lui avait donné. La voix qui lui répondit était celle d'un homme qu'il ne reconnut pas, mais les bégaiements du fanboy furent rapidement interrompus et remplacés par la voix de l'agent. « Ici Donovan, M. Stark.
— Hey ». Le mécontentement habituel de Tony vis-à-vis de l'agent était tempéré par la joie qu'il ressentait. « Pepper vient de rentrer à son appartement, saine et sauve »
Il y eut un moment de silence, et puis Tony entendit Donovan soupirer de soulagement, ce qui le fit éprouver un peu plus de sympathie envers l'agent. « Ceci est une excellente nouvelle.
— En effet »
Tony se frotta le front, conscient encore une fois de combien il avait été tendu. « Je ne sais pas comment elle est arrivée ici, mais elle semble être ok.
— Je vous fais confiance pour vous assurer qu'elle l'est »
Donovan dit quelque chose que Tony ne put entendre, apparemment à quelqu'un derrière lui, puis il reprit le téléphone. « Nous aimerions la voir dès que possible, tout particulièrement parce qu'un de ses agresseurs est toujours dans la nature.
— Demain. Si elle se sent de le faire, répondit fermement Tony. Nous vous appellerons.
— M. St… » Commença Donovan, mais Tony coupa la connexion et composa le numéro de la maison. Lorsque la voix chaude de Jarvis répondit, Tony ne put s'empêcher de sourire.
« Pepper vient de rentrer, Jarvis. Annule la recherche de pisteurs et averti Cédric dans la matinée.
— Très bien »
Jarvis n'était pas exactement programmé pour exprimer de l'émotion, mis à part un léger sarcasme, mais il parvint de quelque manière à avoir l'air content. « Je suis heureux d'entendre que Mlle Potts a été retrouvée.
— Moi de même, Jarvis. Moi de même »
Tony ferma le portable et commença à rincer le brocoli.
Il n'entendit pas la douche s'arrêter, mais le son de la porte de la salle de bain qui s'ouvrait atteignit ses oreilles, et Tony se retint d'aller voir comment allait Pepper. A la place, il mit la table. Il y avait du jus d'orange dans le frigo, et alors qu'il avait l'habitude de le boire avec de l'alcool, Tony servit deux verres sans accompagnement sans hésitation.
Quelques minutes plus tard, Pepper entra dans la cuisine en trainant des pieds. Elle portait de gros chaussons duveteux et son peignoir était négligemment enfilé par-dessus un t-shirt et un short. Tony prit conscience de ses blessures sur ses tibias en grimaçant, mais alors que son regard remontait, ce fut ses cheveux qui, d'une certaine manière, le frappèrent le plus leur coupe irrégulière dénotait sur cette femme dont l'organisation était pratiquement légendaire.
Ses yeux picotèrent, et Tony fit trois pas en avant, puis leva la main pour toucher doucement les mèches mutilées. « Vos cheveux… »
Pepper soupira d'un air contrit, son expression mélangeant l'outrage et l'humour. « Oui, ce n'était… pas génial »
Elle haussa les épaules. « Ça aurait pu être pire, cependant »
Tony sentit un muscle de sa mâchoire se crisper à cette idée, et il recula. « Le dîner est prêt »
Pepper survola du regard la table. Tony avait un peu fouillé pendant que la nourriture chauffait, et il avait réussi à trouver une nappe et un grand vase. En m'absence de vraies fleurs, il en avait fabriqué une en pliant un filtre à café et en utilisant un spaghetti comme tige. Elle se penchait à l'extérieur du vase comme une œuvre d'art moderne.
A la vue des fossettes de Pepper, Tony sentit son cœur s'alléger. « Je ne sais pas comment vous faites pour toujours trouver ce que vous voulez » fut tout ce que dit Pepper, mais elle se glissa sur un banc avec empressement. « Ça sent bon »
La regarder manger ce qu'il avait préparé rendait Tony… satisfait. C'était une nouvelle sensation, mais une agréable elle avait clairement faim.
Cela ne passa pas inaperçu, cependant. Au bout d'un moment, Pepper agita une fourchette de brocoli devant lui. « Vous me rendez nerveuse, Tony. Mangez.
— Désolé » répondit-il, même s'il ne l'était pas du tout. Tony coupa son steak et essaya de garder ses coups d'œil discrets.
« Où est-ce que vous avez appris à faire ça ? »
Elle toucha délicatement la fleur en papier. « Je ne savais pas que vous saviez faire des origamis.
— J'ai appris quelques trucs »
Il les avait principalement utilisés pour attirer l'attention des filles durant les cours les plus ennuyants à l'université, en fait. « Mais le gars qui m'a appris à faire ça… je n'ai jamais entendu son nom »
Pepper haussa un sourcil, et entortilla ses pâtes autour de sa fourchette. « Ça a l'air d'être une sacrée histoire »
Tony haussa les épaules. « Pas vraiment. On était à la même table de blackjack à quelque chose comme cinq heures du mat', et l'endroit était quasiment désert… je pense que c'était Noël. Bref, on a commencé à discuter, et on est allé prendre un café ensuite dans un petit restaurant. On était tous les deux très énervés à cause du manque de sommeil »
Le souvenir le fit sourire. « Il a convaincu la serveuse de lui donner un filtre à café et il a fait une démonstration »
Pepper ria. « Vous savez, une des choses que j'admire chez vous est que vous n'êtes jamais snobe.
— Seulement lorsque les gens sont ennuyants »
Tony prit une gorgée de son jus d'orange. Pepper avait meilleure mine que lorsqu'il s'était réveillé. Elle était plus détendue, et même si elle n'avait pas été vraiment pâle, la nourriture ajoutait un peu de vitalité à son visage qui en avait manqué auparavant. « Allez-vous me dire ce qui s'est passé ?
– Oui… vous ne les avez pas payés, non ? »
Pepper posa sa fourchette et se redressa.
Tony cligna des yeux. « Non. Ils… Pepper, ils vous ont enlevé par erreur »
Elle plissa les yeux. « Quoi ?
— Ils pensaient avoir kidnappé Sylvia Pointreaux. Elle a des cheveux roux et prend la même route pour aller travailler, et elle a presque la même limousine »
Pepper le fixa, puis elle laissa tomber sa tête dans ses mains. « C'était une erreur ? dit-elle, d'une voix étouffée. Tout ça pour une erreur ?
— ça ressemble à ça »
Tony remua sur son siège, inquiet. « Pepper, croyez moi, j'aurais payé tout ce qu'ils demandaient pour vous libérer, mais je n'en ai jamais eu la possibilité »
Elle secoua la tête, et commença à rire. Le son avait plus qu'une simple note d'hystérie, et Tony glissa hors de son siège pour s'asseoir à ses côtés, posant une main sur sa jambe. « Pepper ? »
Elle continuait à rire, ses épaules tremblantes. « Je ne peux pas y croire, hoqueta-t-elle. La rivière, la cellule… mes cheveux…
— Ils vont repousser » dit Tony, tâtonnant à la recherche d'un moyen de l'apaiser. Il leva la main pour caresser ses cheveux et sentit les mèches glissantes et humides sous ses doigts. « Ça va…
— Non, ça ne va pas ! »
Pepper laissa tomber ses mains ses yeux lançaient des éclairs et son visage rougit derrière ses coups de soleil. « Ils m'ont fait traverser tout ça pour quoi, pour… Ils ne pouvaient même pas faire ça bien ? »
La rougeur était due à de la colère, réalisa Tony. « Je pensais qu'ils allaient me tuer. Tout ce temps, je ne savais pas ce qui allait se passer lorsque la porte s'ouvrait, et… oh merde… »
Elle donna un coup dans la table, la poussant en arrière, et Tony s'écarta alors que Pepper se leva et courut presque pour s'éloigner du salon. Sautant sur ses pieds, il la suivit, de plus en plus inquiet.
Elle ne s'enfuit pas à la place, elle commença à faire les cent pas dans la cuisine, jurant avec l'éloquence qu'elle ne démontrait qu'à de rares occasions. Tony s'adossa contre le mur et la regarda bouger il voulait aider, mais il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire. La laisser extérioriser est probablement la meilleure chose à faire…
Finalement, Pepper arriva à court d'injures. « S'il vous plait, dites moi au moins que vous les avez attrapés »
Ses poings étaient serrés et sa respiration rapide.
« L'un d'entre eux. Un autre s'est enfui. Et l'autre était mort lorsque nous sommes arrivés.
— Oh »
Cela sembla la faire redescendre. « Qu'est-ce que…
— On lui a tiré dans la tête. Je ne sais pas lequel des deux autres l'a fait »
Pepper grimaça. « A quoi est-ce qu'il ressemblait ? »
Tony réfléchit un moment il n'avait pas fait beaucoup attention à ce moment là. « Grand, mince… des bottes de motard, il me semble »
— Oh » répéta-t-elle.
Ses épaules tombèrent et sa colère s'évanouit. « Cela ressemble… Je l'ai appelé Numéro Deux dans ma tête. Ils ne me laissaient pas voir leur visage »
Tony essaya de contrôler sa voix. « Est-ce qu'il vous a fait du mal ?
— Non »
Pepper sourit faiblement. « Il était… il était plutôt sympa avec moi, en fait »
Elle haussa les épaules. « Pour un kidnappeur, de toute façon »
Elle se saisit des extrémités de son peignoir et les serra autour d'elle comme si elle avait froid. « Maudit soient-ils.
— Je suis d'accord »
Tony s'éloigna du mur. « Allez, Potts. Finissez votre repas »
Il la guida jusqu'à la table, et lorsqu'elle se contenta de fixer son assiette, il prit sa fourchette et entortilla des pâtes avant de la lui rendre. « Vous allez me faire croire que vous n'aimez pas ma cuisine »
Pepper retroussa les lèvres, les yeux plissés, et elle prit la fourchette. « Je peux sentir l'influence de votre mère »
Elle enfila la nourriture dans sa bouche, et Tony s'enfonça dans son siège, satisfait.
« C'est vrai. Lorsque je la suppliais de faire des cookies, elle me forçait à l'aider, et rapidement j'ai pris le coup. Je ne l'ai pas fait souvent depuis qu'elle est morte, cependant ».
Il haussa les épaules. « Ce n'est pas très amusant de cuisiner pour moi-même. Et ces jours-ci, je n'ai pas le temps de toute façon »
Pepper hocha la tête, elle piqua un morceau de viande et chassa un reste de sauce avec. « Eh bien, vous êtes bon à ça. Cuisiner, je veux dire.
— Si je dois faire quelque chose, j'aime le réussir »
Tony lui sourit d'un air suffisant, et Pepper leva les yeux au ciel, essayant clairement de réprimer un sourire face à la chanson familière.
Il l'observa alors qu'elle mangeait ce qu'il restait dans son assiette, enroulant une à une les pâtes restantes autour de sa fourchette d'une manière absente. Lorsqu'elle eut terminé, Pepper reposa sa serviette avec un soupir. « Je me sens mieux.
— Bien »
Tony tendit le bras pour prendre son assiette, mais elle lui donna une tape sur la main.
« Vous ne faites plus rien. Vous avez cuisiné, je nettoie. Laissez-moi juste me brosser les dents en premier »
Tony la regarda de travers alors qu'elle se levait. « Je ne savais pas que vous étiez aussi militante pour ce qui est de l'hygiène dentaire, Potts »
Pepper pouffa de rire. « Tony, j'ai passé trois jours sans brosse à dents. Je vais savourer la possibilité de me brosser les dents pendant un moment »
Elle quitta la pièce avec un mouvement de peignoir, et Tony sourit de nouveau, puis commença à débarrasser la table malgré ses ordres. Il lui fallut seulement deux minutes pour remplir le lave vaisselle, et le temps que Pepper revienne, il avait de l'eau savonneuse jusqu'aux avant-bras, et frottait la plaque du grill.
Pepper soupira de manière théâtrale. « Ne me dites rien : votre mère vous forçait à nettoyer derrière vous aussi »
Elle décrocha un torchon de son crochet et saisit la casserole sur le séchoir.
« Elle essayait, mais généralement, Dolores faisait briller la maison avant qu'elle n'ait le temps de se retourner »
Voyant le regard inquisiteur de Pepper, il expliqua : « Elle était notre femme de ménage. Elle prenait son travail très au sérieux.
— Ah »
Pepper hocha la tête, et essuya la casserole avant de la mettre de côté. Tony rinça la plaque du grill et la laissa sécher sur l'égouttoir, puis il lui prit le torchon.
« Je dois savoir ce qui est arrivé, Pepper »
Elle récupéra le torchon avec un regard exaspéré, mais elle se contenta de l'accrocher de nouveau. « Oui, eh bien, moi aussi »
Tony soupira. « Venez alors, et je vais vous le dire »
Ils s'installèrent dans le salon, chacun sur un côté du canapé de Pepper. Tony était un peu inquiet à propos de ses changements d'humeur, mais il n'allait pas en parler. Etant donnée la situation, elle est dans son droit.
« Voulez-vous commencer, ou est-ce moi ? » demanda-t-il doucement alors que Pepper ramenait ses jambes sous elle et qu'elle se recroquevillait sous son peignoir.
Elle haussa les épaules maussadement. « Je ferais mieux de commencer »
Tony étendit un bras sur le dossier du canapé et s'installa contre l'accoudoir, prêt à écouter.
« Qu'est-ce que Happy vous a dit ?
— Qu'il avait été arrêté par quelqu'un déguisé en policier, et qu'il a sauté sur le gars dès qu'il eut jeté une grenade à gaz, commença Tony. Il a pris un coup dans la figure et c'était terminé »
Pepper hocha la tête. « Je ne me souviens pas de beaucoup plus que ça, dit-elle d'une voix si basse qu'il dû tendre l'oreille pour l'entendre. Je me suis réveillée dans… dans une pièce, il me semble, je ne l'ai jamais vu. Ils m'avaient couvert les yeux »
Elle frissonna, enroula ses bras autour d'elle et Tony dû bloquer ses muscles pour s'empêcher de glisser vers elle et de la serrer. « L'un d'entre eux – je l'ai appelé Numéro Deux – m'a dit que si je ne coopérais pas, ils allaient me faire du mal. Et finalement, ils m'ont déplacé dans une autre pièce avec un lit, une table et une chaise.
— Je l'ai vu, reconnu Tony d'une voix légèrement rauque.
— Alors vous savez »
Un peu de la tension s'effaça du visage de Pepper. « Ce n'était pas si terrible, vraiment… ils m'ont nourrie et ils m'ont donné ce que je demandais, comme des vêtements propres. C'était juste vraiment, vraiment ennuyant »
Le ton léger qu'elle essayait d'adopter n'était pas très convaincant, et Tony pouvait combler les vides que trop facilement. Ennuyant, oui, enfermée dans une cellule sans rien à faire, mais aussi terrifiant. « Je suis surpris que vous ne soyez pas devenue folle sans votre BlackBerry » réussit-il à articuler, en faisant la moue.
Pepper sourit. « Ne commencez pas. Flûte, je vais devoir le remplacer.
— En fait, je l'ai retrouvé, la police l'a en ce moment. Pour les empreintes »
Tony fit un geste de la main. « Je peux vous en obtenir un autre si vous voulez. Quelque soit le nouveau modèle.
— Le mien fera très bien l'affaire, dit-elle. Aïe, ma boîte mail a dû lâcher et brûler depuis….
— Inquiétez-vous-en demain »
Ou peut-être la semaine prochaine. Tony se demanda si elle allait le laisser la mettre en congé maladie.
« Bien. Evidemment, je n'avais pas mon téléphone. Ils ont pris mes chaussures, aussi, et mon sac. Même si finalement ils m'ont laissé l'avoir »
Pepper ria et secoua la tête. « Une bonne chose aussi.
— Ah bon ? demanda Tony en haussant un sourcil.
— Oui, j'ai fini par le cannibaliser pour en faire des chaussures »
Pepper changea de position, croisa les jambes et se redressa. « Le plus effrayant, c'est lorsqu'ils ont pris mes cheveux, je pense »
Tony sentit sa gorge se serrer au souvenir de cette bobine de cheveux dorés. « Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Ils m'ont fait mettre le bandeau, ils m'ont attaché les mains, et ils m'ont emmené dans l'autre pièce. J'ai dû dire quelque chose pour un enregistrement, et Numéro Trois a coupé ma queue de cheval »
Sa voix était monotone, et cachait en fait de manière évidente une plus grande émotion.
La colère était de nouveau là, et Tony ne voulait qu'une chose : trouver l'homme au couteau et le pulvériser, avec ou sans armure. « Pointreaux l'a. Et l'enregistrement aussi »
Pepper secoua la tête. « Je ne peux toujours pas y croire, murmura-t-elle.
— Ajoutez-le à la liste des personnes à appeler demain » soupira Tony.
Pepper resta silencieuse un moment. « Enfin, dit-elle toujours sans émotion, après ça, je les ai entendu se disputer, et j'ai su qu'il y avait quelque chose… qui ne tournait pas rond »
Ses mains s'emmêlèrent. « Alors j'ai rassemblé mes affaires, et lorsque Numéro Deux est entré, je l'ai frappé et j'ai couru.
— Bien »
Tony repensa au corps longiligne sans regret.
Pepper grimaça. « La seule porte dont j'avais la connaissance était à l'arrière, enfin j'imagine… ça ressemblait à ça, de toute façon. J'ai couru… Ils m'ont poursuivie, mais ils ne sont jamais arrivés très près de moi, ou alors ce sont vraiment de mauvais tireurs »
Tony hocha la tête fermement. « On a suivi votre trace jusqu'à la colline, et puis vous avez tout simplement… disparu »
Pepper ria, un son si inattendu qu'il sursauta presque. Elle recouvrit sa bouche d'une main. « Désolée. C'est juste que… j'étais en train de nager à travers la rivière, et puis il m'est venu à l'esprit, pourquoi ne pas suivre tout simplement le courant ? »
Tony sentit sa mâchoire se décrocher. « Vous voulez dire, vous avez juste nagé… »
Il mima, remuant la main comme un poisson, et Pepper laissa tomber son bras et fit un large sourire.
« Exactement. Je savais qu'il allait probablement m'attraper si je la traversais, sachant en plus que j'étais pieds nus. Mais en descendant le courant, je pouvais nager sous l'eau pendant un moment, et m'éloigner plus rapidement »
Elle haussa les épaules. « Cela aurait été plus simple de traverser les rapides avec un tuba ou quelque chose d'autre, mais j'y suis parvenue »
Il secoua la tête. « Je n'arrive pas à croire que l'on n'y ait pas pensé. On avait des gens qui vous cherchaient partout de l'autre côté, et on n'arrivait pas à trouver une piste »
Pepper retrouva son sérieux. « Je suis désolée… j'ai dû descendre sur plusieurs kilomètres avant de sortir de l'eau c'était l'après-midi »
Tony se pencha en avant et serra son genou brièvement. « Ne vous excusez pas. Vous êtes en vie »
Il n'en avait rien à faire si elle avait développé des branchies. L'eau l'avait mise hors de portée de ses agresseurs, et si le prix devait en être les trois jours de recherche, cela en valait toujours le coup, parce qu'elle était saine et sauve devant lui.
Pepper lui sourit timidement. Tony se rassit, bien qu'il n'en ait très envie, et essaya de prendre un air encourageant. « Alors vous avez descendu le courant, déconcertant ainsi vos poursuivants, plusieurs pisteurs professionnels, et votre génie de patron, et puis quoi ?
— J'ai transformé mon sac en chaussures, en quelque sorte »
Pepper laissa échapper un soupir. « Cela n'a pas vraiment marché, mais cela m'a permis d'arriver à un campement abandonné le lendemain matin. Hier ? J'ai l'impression que c'était l'année dernière »
Elle se frotta un pied de manière absente. « Je ne savais pas où est-ce que j'étais, mais je continuais d'avancer au cas où ils étaient toujours derrière moi. Il y avait un campement… il était désert depuis des semaines, il semblait, mais il y avait de la nourriture »
Pepper secoua la tête. « Cela m'a sauvé, Tony. Je n'avais rien mangé depuis un jour à ce moment là, et je savais que je ne pourrais pas avancer beaucoup plus. Il y avait de la nourriture, des vêtements, et de vraies chaussures. Et je n'ai aucune idée à qui était cet endroit.
— On peut peut-être chercher, si vous voulez, proposa doucement Tony.
— Ce serait bien »
Pepper fit une pause de nouveau, l'air songeur. « Il y avait un sentier, alors je l'ai suivit jusqu'à ce que je rejoigne la route, et puis j'ai continué jusqu'à une aire de repos. J'y ai passé la nuit, et le lendemain, j'ai trouvé un autre campement »
Elle sourit de nouveau. « C'était une famille, et ils allaient m'emmener à la cabane des gardes forestiers, mais à la place, ils m'ont déposé à la maison »
Tony décida instantanément qu'il allait devoir les retrouver eux aussi. Pour avoir aidé Pepper, ils méritaient n'importe quelle récompense qui était en son pouvoir.
Pepper haussa les épaules. « C'est tout. Je suis rentrée, et j'allais vous appeler, mais vous étiez endormi sur mon lit. J'imagine que vous avez pris les clés de mon bureau.
— C'est ça, oui »
Tony la regarda. Elle avait enroulé ses bras autour d'elle de nouveau et semblait avoir froid. « Vous allez bien ? »
Elle haussa les épaules de nouveau. « Je pourrais vous demander la même chose »
Tony haussa un sourcil. Elle regardait ses mains, et il réalisa que ses poings étaient serrés, posés sur ses cuisses, les jointures de ses doigts blanches sous l'effet de la pression.
« Ça ne va pas, commença-t-il, surpris par sa propre honnêteté. Ça a été un enfer sans vous. Ne pas savoir où vous étiez ou si vous alliez bien »
Il força sa main gauche à s'ouvrir, paume sur le dessus. « C'est juste que… Pepper, je ne peux pas… »
Il ne savait pas quoi dire, comment s'exprimer pour ne pas qu'elle s'éloigne. Il était vraiment fatigué, et toujours en colère, et effrayé parce qu'elle avait l'air si fragile… Et il voulait désespérément la tenir jusqu'à ce que la peur s'évanouisse…
Une de ses mains aux longs doigts recouvrit la sienne, la paume glissant contre l'autre. « Vous êtes épuisé » dit Pepper d'un ton professionnel.
« Est-ce que vous avez pu dormir ? »
Tony leva la tête et croisa son regard. Et derrière le sourire en coin, il y avait une véritable inquiétude, ce qui souleva son cœur. « Quelque chose comme six heures au total »
Pepper soupira. « Allez » dit-elle, et elle se leva sans lâcher sa main. Tony fit de même et la suivit avec obéissance, déterminé à faire n'importe quoi tant qu'il ne s'agissait pas de la quitter.
Le lit était dans le même état qu'ils l'avaient laissé, toujours fait, mais avec un oreiller de tiré. Pepper lâcha sa main et le poussa vers le bas, jusqu'à ce qu'il soit assis sur le matelas. Puis, elle fit le tour et grimpa elle aussi sur le lit.
« Est-ce que ça vous dérange si je laisse la lumière allumée ? » demanda-t-elle, en sortant l'autre oreiller.
Tony secoua la tête, toujours sans voix alors qu'il la regardait s'allonger sur le côté, son peignoir enroulé autour d'elle. Pepper plaça l'oreiller sous sa tête et tendit sa main de nouveau. Tony s'allongea face à elle, glissa sa main dans la sienne et sentit un peu de sa tension disparaitre sous le contact de ses doigts.
Pepper lui sourit, et ferma les yeux. « Dormez un peu » lui dit-elle doucement, toujours d'un ton raisonnable.
« Oui m'dame » murmura-t-il en retour.
Il essaya de garder les yeux ouverts pour pouvoir l'observer, mais de nouveau, le sommeil l'emporta.
