Je suis vraiment navrée de poster en retard, j'espère que vous me pardonnerez.

Je présente également mes plus plates excuses à JOD et Camerisier. Je m'en veux énnormément de ne pas avoir eu le temps de répondre à vos reviews. Et je vous promet de le faire dès que j'en aurais le temps. Cependant sachez qu'elles m'ont fait très plaisir et m'ont redonné le sourire après le travail :)
Je vous remercie énormément ainsi que toutes les autres d'en avoir laisser. Et aussi d'être là chaque semaine :)

Je suis également navrée pour ce chapitre qui j'ai malheureusement du boucler en catastrophe et qui est un peu court. Pour me faire pardonner je vous ai sortit la masse de spoiler et d'infos j'espère que ça vous plaira :)

Au programme donc cette fois-ci : l'histoire d'une femme extraordianaire, la soeur de Robin et un flash-back de plus de vingt ans en arrière.

Disclaimer : l'univers de One Piece n'est pas mien mais appartient à l'extraordianire Eiichiro Oda.

J'espère que vous aimerez :) Bonne lecture.


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''Partie 1 : Vies croisées''

''Chapitre 7 : Les fantômes du passé : Promesses''

J'ai l'impression que les murs m'étouffent. J'ai passé des heures dans cette pièce et, pour la première fois, je m'y sens à l'étroit. Je n'entends plus aucun bruit dans le couloir, l'heure de passage est terminée. Je ne me sens pas seul, j'ai le temps de réfléchir au moins. Je reprends ma lecture, les mots glissent sur moi. Et me ramènent en arrière, aux temps où j'étais heureux, aux temps où rien n'avait eu lieu.

7mai, 21h15

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Deux ans plus tôt

Shanks avait été obligé de quitter l'hôpital comme tous les visiteurs une fois les heures de visite passées. Luffy se retrouvait donc seul avec ses gaufres. Il n'allait pas se plaindre pour autant, il adore les gaufres. De plus son père lui a apporté sa console de jeux. Bon, sans le chargeur mais ça partait d'une bonne intention. Heureusement pour l'éternel hyperactif, il a la télévision dans sa chambre. Après une demi-heure passée à zapper d'une chaîne à l'autre le jeune découvre soudain un nouveau jouet sous la forme de la cloche d'alarme permettant d'appeler une infirmière. Avec un sourire sadique, Luffy pressa compulsivement l'interrupteur une dizaine de fois. Les pas précipités dans le couloir le firent rire et au moment où deux infirmières entrèrent, paniquées, dans la chambre, elle firent face à un Luffy plus fier de lui que jamais, souriant du fond de son lit. Il aurait presque eu l'air innocent.

La fenêtre de la chambre de Luffy s'ouvrit toute seule alors que Luffy commençait à s'ennuyer profondément, ayant épuisé toutes les possibilités de distractions offertes par ce qu'il avait rebaptisé sa ''salle aseptisée de confinement''. Le jeune homme se redressa dans son lit et soupira en remarquant qu'il n'avait pas le bras assez long pour refermer la vitre récalcitrante. Alors qu'il s'apprêtait à appeler une infirmière, un pied passa par l'ouverture, très vite suivit de deux jambes et d'un corps tout entier. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Ace se tenait, triomphant devant le blessé. Luffy aurait sûrement été plus étonné s'il n'était pas toujours sous morphine, ce qui annihilait considérablement ses capacités de réflexions. Ce qui expliquait également qu'il avait relégué dans un coin inaccessible de son cerveau la lettre de l'après-midi.

«- Tu sais ce qui m'est arrivé ?

- Tu ne t'en souvient plus ?»

Ace n'en revenait pas. C'était une chance inespérée. Peut-être qu'après avoir subit le passage à tabac de l'après-midi il avait enfin mérité une petite récompense.

«- Au et puis tu sais quoi ? Actuellement je m'en fiche, mon cerveau ne répond plus.

- Parce qu'il répond parfois ?»

Ace éclata de rire devant l'air courroucé de son vis-à-vis. Décidément ce gosse démarre vraiment au quart de tour.

«- Parle moi de toi plutôt que de te moquer.»

L'aîné fût relativement surpris par cette demande. Il ne l'aurais pas été autant s'il avait su que, dans sa tête, Luffy avait déjà échafaudé tout un plan visant à découvrir la vérité sur son passé. Dans l'incapacité, momentanée il l'espérait, de se rendre à l'ancienne prison pour fouiller dans les dossier de son père, Luffy avait décidé de questionner Ace dans l'espoir qu'il se trahisse. Bien que n'étant pas homme à se confier, le pyromane s'assit sur le bord du lit.

«- Qu'est-ce que tu veux savoir curieux ?

- J'sais pas moi. C'est quoi ton lien avec mon père pour commencer ?

- Disons que nous avons des intérêts communs.

- Lesquels ?

- Change de disque gamin la piste de celui-là est finie.»

Le message était relativement clair : il n'obtiendrait pas plus d'infos sur ce sujet. Il tenta autre chose.

«- Parle moi de ton enfance alors.

- Il n'y a rien de bien intéressant à dire.

- Moi ça m'intéresse.»

Ace se tourna, surpris, vers Luffy. Il était suffisamment rare qu'on s'intéressa à lui pour que le fait soit souligné. La vérité c'est qu'il avait toujours eu envie de parler à quelqu'un mais que personne n'avait jamais voulu l'écouter alors maintenant que se tenait devant lui quelqu'un qui ne demandait que ça, pourquoi hésiter ? Tout simplement parce que justement il ne s'était jamais confié. Et qu'il en était venu à refuser sa confiance aux gens. Peut-il vraiment faire confiance à Luffy ? Ne va-t-il pas regretter ses mots plus tard ? Heureusement pour la curiosité de Luffy la confiance en lui d'Ace lui revint vite.

«- J'ai un père et une mère...

- Fascinant.

- C'est moi qui raconte et quand je raconte c'est à mon rythme mal élevé. Je disais donc que j'ai eu une enfance à peu près normale jusqu'à ce que mon père nous quitte lorsque j'avais huit ans.

- Je suis désolé.

- Ne le sois pas, sans ça je n'aurais jamais rencontré Sabo.»

Luffy doutait qu'une quelconque rencontre, aussi belle fût-elle puisse minimiser la perte d'un père. Mais il était trop curieux pour interrompre Ace et débattre de ce point de détail.

«- C'était deux jours après la disparition de mon père. Je me suis rendu au lac de Northwood, comme souvent, et c'est là que je l'ai rencontré pour la première fois. Il avait à peu près mon âge et on s'est tout de suite entendus. On faisait les quatre cents coups ensembles et pas une fois on ne s'est disputés...»

Luffy voyais bien, tandis qu'Ace lui racontait les mille et une brimades que Sabo et lui avaient reçu, qu'il tenait sincèrement à lui. Ace semblait plus vivant que jamais, ses yeux brillaient et s'écarquillaient tels ceux d'un enfant tandis qu'il parlait du blond.

«- Ça a l'air d'être un type génial.

- Il l'était, oui.

- Est-il…?

- Non. Je ne l'ai juste plus vu depuis des années.»

L'instant magique était passé. Ace s'était de nouveau renfermé. Mais la curiosité de Luffy était encore plus piquée qu'avant cette déclaration. Comment peut-on, du jour au lendemain, couper les ponts avec quelqu'un que l'on estime autant ?

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Les bureaux du FBI était plus calmes en soirée. C'est sûrement la raison pour laquelle Robin aime tant travailler tard le soir, au moins c'est moins bruyant. L'effervescence de la journée à tendance à la stresser plus qu'autre chose. L'inspectrice bailla et s'étira, assise sur sa chaise, sous le regard moqueur de son partenaire. Il ne cesse de lui dire qu'elle travaille trop, on dirait qu'il estime avoir eu la confirmation de ses soupçons. Daz Bones sourit avant de se lever et d'aller récupérer sa veste, abandonnée sur un chaise. Robin observa l'ancien chasseur de primes(1) n'avait rien perdu de son air menaçant, il n'inspire pas la confiance mais la jeune femme sait qu'elle peut compter sur lui. En une année complète il l'avait plus d'une fois sortie du pétrin.

«- Bon. Je décolle moi. Tu reste bosser ?

- À ton avis ?

- Un jour je parviendrais à te convaincre de vivre en dehors du travail. Bonne nuit.

- Bonne nuit Daz, à demain.»

L'homme, qui s'éloignait déjà dans le couloir, leva la main en l'air pour saluer sa partenaire qui sourit en retour avant de se pencher de nouveau sur ses dossiers. Depuis quelques semaines son supérieur s'intéresse à la mort d'une femme en cure de désintox'. Smoker avait mis tous ses hommes sur ce cas. À première vue, le cas n'a rien d'extraordinaire mais quand on creuse en profondeur les rapports d'autopsie et ceux du centre, on se rend vite compte qu'elle a été empoisonnée. Robin planchait plus que quiconque sur le dossier.

Son téléphone la sortie soudain de ses réflexions en sonnant. Le nom de sa sœur s'affichait sur l'écran et Robin paniqua tout d'un coup. Elle avait oublié qu'elle devait aller la chercher à l'aéroport. Elle rédigea un rapide message pour la prévenir qu'elle arrivait avant d'éteindre la lumière, de ramasser son sac, ses papiers et de partir en courant dans le couloir. Ne voulant pas perdre de temps à attendre l'assesseur elle dévala les escaliers vers le parking.

Elle ne perdit pas de temps à respecter les limitations de vitesses et, grâce à la rocade relativement débouchée à cette heure tardive, arriva en moins d'une demi-heure au terminal aéroportuaire. La jeune femme se gara sur le parking et pénétra dans le bâtiment. Elle ne perdit pas de temps à chercher sa sœur. Celle-ci était, comme à son habitude, entourée d'une pile d'une discrétion discutable et d'hommes à la discrétion tout aussi discutable. Robin s'immobilisa, croisa les bras sur sa poitrine et attendit patiemment que sa chère sœur daigne lui accorder un regard. Elle n'attendit pas longtemps, dès que celle-ci la vit elle se jeta sur elle pour l'enlacer.

«- Tu n'imagine pas comme tu m'as manqué.

- J'imagine très bien. Je suis désolée d'être en retard.

- Ne t'en fais pas va ! Je suis sûre que ce n'est pas de ton fait. Ton boss t'a encore retenue durant des heures.»

Robin se garda bien de démentir, autant éviter d'encourir les foudres de son aînée en avouant qu'elle l'avait oubliée. Il faut bien avouer que lorsqu'il s'agit d'en faire des tonnes Hancock n'est jamais en reste.

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«- Toi Eustass Kidd tu connais une femme qui compte suffisamment à tes yeux pour que tu lui ai fait la promesse de passer ta vie à tenter de la venger ?

- Comme quoi tout arrive.»

J'avoue que ça paraît, en effet, inconcevable. Je suis sous le choc. Je me demande qui est cette femme.

«- Tu vas m'en dire plus sur elle ou faut que je devine ?

- Elle s'appelait Jewelry…

- ''S'appelait'' ?

- Oui.

- Désolé.

- Pourquoi ? C'est ta faute ?»

Il essaye de plaisanter mais je vois bien qu'il souffre. Je n'en revient pas, je ne pensais pas que Kidd puisse tenir autant à quelqu'un. On dirait moi à la mort de Thatch.

«- Mon meilleur ami a été assassiné et j'ai juré de le venger.

- Alors on est dans le même cas.

- Comment t'as connu ta gonzesse ?

- Un peu de respect crétin ! C'était pas MA gonzesse.»

Je sens bien qu'il a besoin de vider son sac alors je le laisse parler. Les mots coulent sur moi et me rappellent Thatch.

«- Je l'ai rencontrée il y a bientôt quatre ans, le douze avril...»

Bon sang ça l'a marqué à ce point. Je ne me souviens même pas du jour où j'ai rencontré Thatch et Marco. Bon d'accord c'était le onze septembre.

«- Elle avait été intégrée le matin même au centre de désintoxication.

- T'as été en désintox' ?

- J'te l'avais jamais dit ?

- Non. Mais bon ça m'étonne pas tant que ça.

- Bref. Son mari venait de l'envoyer au centre et elle était dévastée.

- Ou défoncée…

- Fais pas d'humour là-dessus Ace. Elle a été manipulée.

- Comment ça ?

- Je ne sais pas tout mais son mari l'a droguée pendant des mois pour la rendre folle et s'assurer qu'elle ne divulguerait jamais ce qu'elle savait.

- Et qu'est-ce qu'elle savait ?

- Et bien sur ce point le plan de cet enfoiré à fonctionné.»

Si on m'avait dit que je me prendrait aussi facilement d'affection pour une inconnue j'aurais éclaté de rire mais cette femme semble avoir souffert. Comment est-ce qu'on peut sciemment droguer sa propre femme.

«- Comment est-elle morte ?

- Overdose.

- Alors quelque part c'est son mari qui l'a tuée ?

- Oui. Et je lui ai promis de la venger.

- Tu vas tuer ce salopard ?

- Oh oui. Mais d'abord je vais m'assurer de divulguer au monde entier tous les sales petits secrets qu'il a voulu lui faire oublier.»

Et bien, j'en connaît un qui est déterminé. Je suis bien content de ne pas être la cible de cet air de prédateur sadique.

«- Et bien je vais te faire une promesse Kidd.»

Il se tourne vers moi en haussant un sourcil face à mon air résolu.

«- Je ferais tout pour que tu tiennes ta promesse.»

Il baisse les yeux un instant puis plante son regard dans le mien.

«- Je te fais la même promesse vieux.»

Et je sais qu'on réussira. Car comme disait Edmund Burke : ''Ceux qui ont tout à espérer et rien à perdre seront toujours les plus dangereux.''.

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L'assistante de Shanks referma doucement la porte du bureau de son patron avant de s'éloigner dans le couloir. Elle eu tôt fait de rejoindre le couloir de l'unité. Le soldat qui surveillait la vitre de la salle semblait aspiré dans sa lecture. La jeune femme observa les trois hommes présents dans la salle, pas plus inquiétée que ça par l'absence du cinquième membre du groupe. Le rouquin débraillé était affalé dans un canapé, une bière à la main, absorbé par son programme télévisuel, le gros barbu bronzé semblait se préparer à sortir et Law...la fixait. Elle n'en revenait pas, il devait avoir un sixième sens pour deviner les présences si vite. Elle le fixa en retour. Bien qu'elle l'observa tous les jours depuis son arrivée au sein du groupe de recherches elle avait l'impression de le revoir pour la première fois. Sans doute car c'est la première fois qu'elle le regarde dans les yeux depuis longtemps.

Il n'a gère changé bien qu'il soit plus vieux de six ans. Les traits de son visage se sont affermés mais n'ont pas varié. Il a sûrement encore un peu grandi. Son regard est plus sombre. C'est la première chose que la jeune femme a remarqué. Il semble encore plus monstrueux qu'auparavant, plus sadique, plus froid et distant aussi.

De l'autre côté de la vitre Law aussi observe. Il ne peut pas la voir à cause de la vitre teintée mais distingue la présence de la jeune femme. Il ne cesse de se demander comment elle a pu le retrouver si vite. Doflamingo a été efficace sur ce coup, il n'a pas tardé à envoyer ses chiens sur ses traces. Tant mieux, ça va corser les choses. Law aime tout planifier ce qui rend l'imprévu inexistant. Or une merveilleuse occasion s'offre à lui, il allait devoir jouer serrer, prendre son adversaire de vitesse. Intégrer l'équipe de Shanks était un coup de maître. Mais Law ne s'en faisait pas, il jouait très bien aux échecs et avait déjà placé tous ses pions en prévision de ce jour.

L'assistante détourna le regard quand son téléphone vibra dans sa poche. Décidément son patron avait un don pour l'appeler à chaque fois qu'elle venait voir Law. Elle extirpa le portable de sa poche, un seul message s'afficha sur l'écran.

''Akainu passera voir ''Red Hair'' demain. Donnes-lui le dossier de Kidd.''

L'assistante fût surprise et signifia son étonnement à son chef. Depuis quand est-ce qu'il s'intéressait à Eustass Kidd ? La réponse ne tarda pas.

''J'ai un deal avec Akainu. Rien qui ne te regarde.''

Message reçu cinq sur cinq. Elle a l'habitude de se faire rembarrer.

Law devina plus qu'il ne vit la jeune femme s'éloigner dans le couloir. Un sourire narquois étira ses lèvres.

Ravi de te revoir ma chère Monet.

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Sakazuki est là, il me sourit d'un air de pitié derrière la vitre de ma chambre. Pourquoi ?

Ils me regardent tous comme si j'étais folle, je ne comprends pas. Je vais bien. Le médecin dit que je mettrais du temps à évacuer. À évacuer quoi ? L'héroïne ? Mais non ils ne comprennent pas c'est Sakazuki qui m'en donne depuis plusieurs mois, il dit que c'est bon pour moi. Pourquoi il ne leur explique pas ? Il faut qu'il leur dise que j'en ai besoin, ce n'est pas une addiction. Il parle avec un homme en blouse blanche, les autres se tiennent un peu en arrière, ce doit être le responsable des lieux. La femme dans la chambre à côté m'a dit que le directeur de l'unité de désintox s'appelle Vegapunk, c'est sûrement lui. Pourquoi je suis en désintox ? Je ne comprends rien. Pourquoi Sakazuki m'a-t-il fait enfermer ici ?

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Vegapunk referme le dossier de Jewelry et lève les yeux vers moi.

«- Vous êtes sûr de votre décision amiral Akainu ? Une fois que vous aurez signé ces documents vous ne pourrez plus revenir en arrière.»

Oui je suis sûr, j'aurais aimé ne jamais avoir à en venir à de telles extrémités mais elle ne m'a pas laissé le choix. Je tourne les papiers dans ma direction et j'appose mon nom au bas du dossier de ma femme puis je date et signe. Voilà, c'est fait.

«- Bien. Je vous remercie de votre confiance amiral, ne vous en faites pas votre femme sera bien traitée ici.»

Pas trop bien non plus j'espère, je ne la bourre pas d'héroïne depuis plusieurs mois pour rien. Évitons qu'elle soit soignée trop vite. Je me lève, Vegapunk fait de même. Il me précède dans le couloir et me raccompagne vers l'entrée. C'est sans doute la dernière fois que je viens ici avant longtemps.

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(Vision d'Ace)

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Luffy dormait depuis maintenant une bonne heure. Je me demande pourquoi il voulait que je lui parle de moi. Bon en fait je m'en doute un peu, il a du parler avec Marco. Pourtant il ne m'a parlé ni de lui ni de Thatch. Je me demande ce que Marco lui a dit. Il m'a laisser entrer dans sa chambre sans sembler effrayé donc le poulpe n'a pas du lui dire grand-chose. Mais pourquoi Marco se serait-il retenu de parler ? De toute évidence il a un plan en tête et ça ne me rassure guère.

Je ne vais pas passer la nuit ici non plus. Je me lève et, après un dernier coup d'œil au blessé, je ressort par la fenêtre avant de la refermer derrière moi. Les rues sont désertes et les bruits de l'hôpital s'éloignent vite dans mon dos. Je me retrouve seul dans le silence et dans le noir. J'aime bien ça. Je lève les yeux vers le ciel, je le préfère bleu mais je l'aime aussi noir. Le bleu de la veste de Sabo et le noir de mes cheveux. C'est ce que l'on disait toujours étant enfants. Il était le jour et moi la nuit, et ce n'était pas qu'une métaphore. Parler de lui m'a fait du bien. J'aimerais bien le revoir.

J'entends des pas venir vers moi dans une rue adjacente et je me fige. Les pas son légers, réguliers mais légèrement précipités. Leur propriétaire ne doit pas aimer traîner dans les rues de nuit. Elle débouche au coin de la rue et bifurque, s'éloignant de moi sans même me voir.

Ça fait longtemps que je n'ai pas joué avec une fille ramassée dans la rue.

Désolé Luffy je te fais une petite infidélité. Avant de m'occuper de toi. Je vais m'occuper d'elle. Un sourire narquois s'étire sur mes lèvres. Je sens que je vais passer une bonne nuit moi.

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Vingt-deux ans auparavant

Elle n'osait pas entrouvrir les portes de l'armoire, de peur que les soldats soient toujours dans la pièce. Les larmes lui brûlaient les yeux mais elle ne devait pas pleurer. Elle devait rester forte pour sa fille. La petite sanglotait dans ses bras. Prenant son courage à deux mains, elle pressa le visage de sa fille contre sa poitrine et sortit du meuble. Le corps de son mari était abandonné, inanimé, sur le sol. Son cœur se serra à cette vue et elle détourna les yeux, quittant la pièce au plus vite afin d'épargner sa fille.

La ville était déjà ravagée par les flammes quand la silhouette de la jeune femme émergea de l'hôpital en portant sa fille, emmaillotée, dans ses bras. Le feu avait atteint tous les quartiers moins d'une heure après l'arrivée des soldats. Paniquée, elle accéléra sa course afin d'atteindre les bâtiments de réserve. La panique régnait partout, les survivants côtoyant les corps inanimés, éparpillés à tous les coins de rue. La fumée masquait tant le ciel qu'on se serait cru en pleine nuit, les lueurs rougeâtres des flammes n'empêchant pas l'obscurité ambiante. La ville-basse était déjà entièrement consumée et la mère vit bien, du haut de la colline, l'orphelinat en proie aux flammes. Elle ferma les yeux un instant, ravala ses larmes et se remit en route.

Le soldat surgit derrière elle sans qu'elle ne l'entende arriver à cause des crépitements des flammes et des cris agonisants des victimes. Elle entendit la déflagration. Elle ne sentit pas le projectile transpercer ses chairs, pas plus qu'elle ne senti son corps heurter violemment le sol, écrasant sa fille sous son poids. Le soldat reprit sa route sans même voir l'enfant. Mais la petite fille était trop affaiblie par la maladie pour parvenir à s'extirper de la prison que constituait le corps inanimé de sa mère sur elle. Elle eu beau tout tenter, poussée par l'énergie du désespoir, elle ne parvint pas à bouger d'un iota. Elle resta prisonnière de celle qui avait tout tenté pour la sauver.

Elle était toujours prisonnière quand les flammes embrasèrent la ville-haute. Elle était toujours prisonnière quand les brasiers s'allumèrent dans les habitations les plus proches. Et elle resta prisonnière, y compris lorsque ses propres vêtements commencèrent à brûler.

Et les cris d'agonie de Lamy furent noyés au milieu de ceux des autres victimes.

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" Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette.''

- Confucius

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(1): Les chasseurs de primes exercent une profession légale aux États-Unis encore de nos jours. En revanche leur droits et prérogatives varient d'un État à l'autre. Ils doivent, pour exercer, disposer d'une licence.

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J'espère que ce chapitre vous a plu :)

Je vous présente encore une fois toutes mes excuses pour la situation un peu brouillonne des semaines à venir.

Dans le prochain chapitre...le retour de Garp !

Le chapitre de la semaine prochaine sera posté entre 19h et 21h, navrée de ne pas pourvoir vous donner un horaire.

Merci encore de m'avoir lue,
Affectueusement,

Hinata