Bonjour mes chers Cobayes,
Vous me manquiez fort, je vous ai donc rédigé un petit chapitre. (Elle est mignoooone !)
Je prend beaucoup de plaisir à découvrir à chaque avancée du scénario vos avis et spéculations, vous êtes des amours de cobayes.
J'ai un petit sondage à faire, je vous en reparle en bas.
Bonne lecture !
- Depuis quand cette obsession vous hante-t-elle ?
- Depuis quand Will vous hante-t-il ?
Hannibal ne put retenir un sourire. Aussi improbable cela soit-il, le psychiatre commençait à s'habituer au caractère de son invité. Ses remarques sarcastiques, son arrogance et sa capacité à répondre à une question par une question ; l'ensemble le rendait finalement plutôt attachant.
- Nous sommes ici pour votre cas, Loki, non pour le mien.
Le prince d'Asgard se renfonça dans son siège, boudeur.
- Je suis sûr que la réponse est la même, c'est pour ça que j'ai tendance à établir ce type de corrélation. Depuis notre première rencontre, je dirais. Ou un peu après ; depuis que j'ai échoué à le corrompre.
- Dites-m'en plus.
Loki s'exécuta, le regard vaguement perdu dans ses souvenirs. Il raconta Thanos, Asgard, les Chitauris et l'invasion planifiée. Il raconta la lance de pouvoir, qui corrompait les âmes, et qui avait rencontré son premier échec en la personne de Tony Stark.
- J'étais chez lui. Il m'a proposé un verre – j'aurais dû accepter, je regrette à présent. Mais peu importe. Lorsque la lance à effleuré son corps…
Il suspendit sa phrase.
- Il a quelque chose…ici. En métal.
Ses doigts se posèrent sur sa poitrine, au niveau du cœur.
- Pour une raison qui me dépasse, ça l'a protégé de ma magie.
- Un réacteur ark, si je me souviens bien, commenta Hannibal. Tony Stark est un génie. Il n'est pas improbable qu'il ai trouvé un moyen de contrecarrer votre puissance. Une partie, de votre puissance, ajouta-t-il alors que son patient le fusillait du regard.
- J'en suis bien conscient. Alors, si ma magie ne peut le corrompre, mes mots devront le faire. Je suis un maître dans l'art de la manipulation et du mensonge. D'ordinaire, mes dons d'hypnose me viennent en aide, mais là, seule mon éloquence me servira d'arme. Tout comme vous…
- J'utilise également l'hypnose, reconnut Hannibal avec humilité.
Un sourire moqueur ombra les lèvres du Jotun, qui traduisait tout le mépris qu'il avait pour les talents du praticien en la matière.
- Je vous apprendrai, vraiment.
- Quelles sont vos ambitions, à court terme ?
- Je vous ai dit, j'apprends de vous, j'applique votre méthode…
La lumière illumina soudain l'esprit d'Hannibal.
Que j'ai pu être aveugle, c'était pourtant l'évidence.
- Vous allez le faire accuser de vos meurtres.
- Exactement.
Hannibal médita un instant cette réflexion et ce qu'elle impliquait.
- Sur la deuxième scène de crime, notre ami Jack trouvera de l'ADN appartenant à Steve Rogers.
- Et l'eau ?
Loki répondit par un sourire énigmatique.
- Gardez-donc un peu de surprise, Dr Lecter.
- Je ne suis pas friand de surprises.
- Ca tombe bien, j'en ai une pour vous !
Joignant le geste à la parole, Loki fourragea un instant dans les poches de sa veste. Avec précautions, il en sortit un papier plié en quatre, et se pencha vers le psychiatre pour le lui tendre.
Hannibal, intrigué, défroissa la feuille. On pouvait distinctement y lire un numéro de téléphone, suivi d'un simple message : « Appelez-moi. »
Hannibal reconnut facilement le numéro de Will Graham.
- Il semblerait que votre ami ait un faible pour le Dr Logan, commenta Loki avec humour.
- Que comptez-vous faire ? s'enquit froidement Hannibal, déposant le document sur la table basse du bout des doigts.
- L'appeler, bien évidement. Et glisser subrepticement dans son esprit l'idée que Tony Stark puisse être le Marionnettiste. Je préférais jouer franc-jeu avec vous.
Hannibal ne répondit rien. Il doutait fortement que Loki joue franc-jeu avec qui que ce soit. L'idée de laisser l'Asgardien s'approcher davantage de sa proie ne lui plaisait guère.
- Ne vous inquiétez pas, mon ami, poursuivi le prince en se redressant. Je travaillerais pour vous. Je le pousserai dans la direction que vous souhaitez le voir emprunter. En échange, bien entendu, de votre coopération pour mes desseins.
Le psychiatre se leva à son tour. La tournure des événements ne semblait pas s'améliorer.
- Je travaille seul, d'ordinaire.
Loki s'approcha de son interlocuteur, jusqu'à effleurer du bout des doigts l'angle de sa mâchoire.
- Et la solitude vous va à ravir. Mais Will Graham fait partie de ma stratégie, aussi, je me vois dans l'obligation de vous l'emprunter. Je crains que vous n'ayez guère le choix.
- Il semblerait que je n'ai pas le choix depuis votre arrivée, souligna Hannibal.
- Il demeure certains domaines ou je vous laisse votre libre arbitre. Vous devriez en être reconnaissant, je n'ai pas toujours cette prévenance…
La menace implicite prenait d'autant plus d'ampleur qu'elle était susurré d'un ton calme et mesuré. N'importe quel autre mortel aurait jugé préférable pour son espérance de vie de ne rien ajouter à cela. Hannibal, pour la deuxième fois en très peu de temps, se saisit délicatement du poignet de Loki pour mettre fin au contact des doigts gelés sur sa peau.
- Je vous en sais gré. Je n'ai encore jamais commis de déicide, et il me serait fâcheux de devoir commencer.
Un petit rire lui répondit, puis un « Nous en reparlerons, mon ami », suivi du silence.
Hannibal était de nouveau seul dans son cabinet.
Il aurait dû être furieux, d'être ainsi malmené par l'Asgardien.
Il n'en était rien.
D'une manière semblable à celle dont le faisait Will, Loki éveillait son instinct de prédateur. Et jamais encore il n'avait eu pour allié – et pour adversaire- un Dieu. Le jeu promettait d'être passionnant…
- Dr Logan ?
- Je vous en prie, appelez-moi Lloyd.
Will, pris de court, s'effaça pour inviter le nouveau venu à entrer.
- Je n'aime pas le téléphone, reconnut Loki, parfaitement à l'aise dans son rôle de scientifique brillant, mais suffisamment perdu pour être désarmant. J'espère que mon irruption ne vous paraît pas trop incongrue ?
Le profiler rosit légèrement.
J'ai laissé mon numéro dans la veste de cet homme. Quel genre d'idées a bien pu lui traverser l'esprit… ?
- Pas du tout. Vous êtes le bienvenu ici.
A ces paroles, quelques chiens jappèrent bruyamment. L'un d'eux s'approcha en grognant.
Loki déglutit avec difficulté.
Si les chats l'adoraient, les chiens le détestaient. C'était comme si leur brave âme fidèle parvenait à sentir le mensonge et la trahison émaner de lui.
- Winston, file donc ! Je suis désolé, ils sont quelque peu nerveux…
- Ils doivent sentir que j'ai peur d'eux, reconnut Logan.
Il fallut quelques secondes à l'ancien agent du FBI pour comprendre ce qu'impliquait cette phrase, et il entraîna ses bêtes dans la cuisine, libérant un espace considérable dans le salon. Il oubliait vite que tout le monde n'était pas aussi rassuré que lui par la présence de molosses.
Les deux hommes s'installèrent autour d'un feu. Will avait longtemps réfléchit à la meilleure manière d'aborder le sujet. Il avait pensé à une approche subtile, mais son hôte était bien trop fin pour ne pas voir venir le piège. La méthode directe lui paru donc la meilleure.
- Votre séjour chez le Dr Lecter se déroule bien ?
- A merveille. Je ne l'avais pas vu depuis des années, il n'a pas changé.
La phrase qu'il avait préparée était bien plus dure à prononcer qu'il ne l'avait prévu. Et si l'ami d'Hannibal refusait de le croire ? Dans le pire des cas, il parlerait à son compagnon des doutes de Will à son sujet. Mais ce ne serait rien de très nouveau pour lui… Il allait enchaîner, enfin décidé, lorsque Lloyd le prit au dépourvu :
- Will, je suis désolé de vous parler de ça, mais… Pensez-vous toujours qu'Hannibal soit l'éventreur de Chesapeake ?
Loki se félicita intérieurement de son jeu d'acteur. Le regard détourné, l'air légèrement coupable, les mains s'entrecroisant comme s'il était sujet à une légère pointe de stress…
Surpris, le profiler hésita à répondre.
- Je comprends votre réticence à me répondre, mais… Je pense qu'il existe une possibilité que vous ayez raison.
Malgré le surplus de conditionnel dans cette affirmation, Will sentit ses muscles se détendre.
Alors c'était ainsi, Lloyd avait deviné.
- Qu'est ce qui vous fait dire…
- Je suis désolé, s'empressa de l'interrompre Loki, je n'aurais pas dû mentionner ceci, c'est déplacé et…
- Je le pense toujours coupable, trancha Will, désireux d'inciter l'autre à lui faire part de ses découvertes.
Loki soupira de soulagement. Il accepta, les mains tremblantes, le verre d'eau de vie que lui tendit le jeune homme.
- Il éprouve quelque chose pour vous, qui l'oblige à vous maintenir en vie, même si vous avez émis des doutes à son sujet. Je ne jouis pas de cette protection, et s'il venait à apprendre que…
- Restez-chez moi quelques temps.
La proposition avait échappé à Will avant qu'il n'ait vraiment pris le temps d'y réfléchir. Il savait pertinemment que le Dr Logan avait raison. L'idée de le laisser retourner se jeter dans la gueule du loup lui glaçait les sangs.
Il n'eut en retour qu'un sourire triste.
- Malheureusement, je crois que rien ne serait plus suspect que cela.
Will passa les mains sur son visage en pleine réflexion.
- Avant votre arrivée, j'avais un plan…
Loki se pencha en avant, toute ouïe.
- Puisqu'il est impossible de le traquer, je voulais… l'appâter.
- Avec ?
- Moi.
Loki jubila intérieurement. Ce Will Graham était proprement fascinant.
-Comme vous l'avez dit, il… ressent des choses à mon égard. Je crois qu'il me voudrait à ses côtés pour… Eh bien, faire ce qu'il fait.
Si Hannibal entendait ça… Je pourrais le lui dire, bien évidement, mais ce serait tellement moins intéressant.
-Vous comptez le rejoindre dans sa folie ? S'enquit Lloyd, visiblement inquiet.
- Faire semblant tout du moins. M'approcher de lui, jusqu'à être suffisamment prêt pour pouvoir le faire tomber.
- Cela m'apparaît terriblement dangereux.
- Je pense que lorsqu'il s'agit de l'éventreur de Chesapeake, les moyens à notre disposition sont très limités…
Un silence s'installa, alors que les deux hommes s'absorbaient dans leurs réflexions.
- Pourrais-je vous aider ?
- Probablement. Vous connaissez bien notre suspect. Je vais devoir lui faire croire que je deviens un meurtrier, cela ne se fera pas sans mal…
- On croit facilement aux choses que l'on souhaite voir se produire…
L'heure s'écoulait à une rapidité incroyable. Will invita son hôte à partager une collation. Les deux hommes s'enfoncèrent dans le profond canapé qui faisait face à la cheminée. D'un accord tacite, ils discutèrent de sujets plus légers. Loki travaillait au mieux, jouant sur le don d'Empathe de Will pour l'émouvoir. Il fallait que le profiler tombe sous son charme, complètement. Alors, à ce moment précis, il mentionnerait Tony Stark. Mais pas avant.
La discussion fila de l'astrophysique à la médecine, en passant par le prix Nobel de la paix et les derniers remous politiques. Il était plus de quatre heures du matin lorsqu'ils se découvrirent une passion commune pour l'art victorien.
L'horloge indiquait plus de six heures lorsque Loki s'exclama :
- Dieu du ciel mon ami, le jour se lève !
Comme s'il sortait d'une transe, Will revint à la réalité. Il lui semblait que cette discussion n'avait duré qu'un battement de cil, se déroulant hors du temps. Troublé, il raccompagna son aîné devant la porte.
- Hannibal risque de se demander ou vous avez bien pu passer votre soirée, constata Will, les sourcils froncés. Et votre nuit. Et bientôt même votre début de matinée.
Lloyd lui répondit, dans un sourire :
- Il sait que j'étais chez vous.
Devant l'air stupéfait de son compagnon, il se justifia dans un sourire :
- Je lui ai dit que vous me plaisiez.
Will marmonna un vague « oh », mais Lloyd était déjà à sa voiture et lui adressait un petit signe par la fenêtre.
Une fois le ronronnement du véhicule loin de Wolf Trapp, Will resta encore un instant sur le pas de la porte, hébété. Derrière la ligne des sapins, un soleil rose se levait paresseusement.
Mais qu'est ce qui se passe, avec cet homme ?
L'espace d'un instant, il craint de sombrer à nouveau dans la folie. Mais c'était peu probable ; le reste de son quotidien paraissait absolument normal. En revanche, dès que le Dr Logan se trouvait dans la même pièce que lui, son sixième sens s'affolait. Pas comme il le faisait lorsqu'Hannibal était présent, ou lorsqu'il se glissait dans la peau d'un tueur. Non, aux côtés de Lloyd, la sensation était plus intense, mais plus agréable également. Ce n'était pas ce sentiment de méfiance qui l'animait depuis des années.
Je crois que je ferais mieux de dormir.
Voilà pour aujourd'hui, j'espère que vous appréciez cette fin particulièrement brutale xD Bon j'ai pas trouvé mieux alors chut. Choisir d'aller dormir c'est toujours une bonne conclusion de toute façon !
Pour revenir au sondage, j'ai une petite interrogation à vous soumettre. J'ai déjà bouclé ma trame scénaristique, je sais donc ou je vais ( ouf xD ). Cependant, certains " détails" ne sont pas fixés, car peu important quant au scénario global. Par "détails", vous pouvez traduire "lemon". Pour le moment je n'en ai pas spécialement prévu - car ça n'apporte pas grand chose à l'intrigue en soi-, mais je me suis dit que ça pourrait être un bonus, en quelques sortes. Du coup ma question est la suivante, pensez vous que ce soit intéressant d'inclure ça dans mon scénario, ou au contraire pensez-vous que ca pourrait desservir cette fiction?
Comme je l'écris avant tout pour vous et pour vous faire plaisir, je m'en remettrais à vos avis =)
Je vous embrasse,
Laukaz.
